24 juillet 2009

Qui doit payer la taxe Carbone ?

Le réchauffement et les dérèglements climatiques sont dus, pour partie, au dioxyde de carbone émis par les activités humaines. Pour essayer de limiter (un peu) les effets de ce réchauffement, le gouvernement français nous concocte une machine fiscale dont l’objet est de taxer l’utilisation des produits émetteurs de ce gaz nocif. C’est-à-dire que le consommateur va payer la lutte contre le réchauffement climatique. Est-ce raisonnable ? Ce n’est pas le paiement d’un impôt supplémentaire qui va réduire l’émission du gaz. L’idée est que cette taxe devrait dissuader le consommateur d’utiliser des produits émetteurs de CO2. Mais encore faudrait-il que le consommateur ait la possibilité d’utiliser des produits alternatifs. Or, pour ne prendre qu’un seul exemple, existe-t-il une alternative réelle à l’utilisation du moteur à explosion ? La voiture électrique ou à l’hydrogène est encore dans les cartons et les expériences existantes n’ont toujours pas les caractéristiques nécessaires pour proposer une alternative crédible. Ainsi, le consommateur va payer le fait que les constructeurs d’automobiles n’ont pas voulu développer à temps une alternative viable à la voiture (et au camion) à essence ou au gasoil. Non seulement, le consommateur paie déjà un impôt carbone au moment de l’achat de son véhicule, mais il va devoir payer en plus son utilisation journalière sans pouvoir faire un choix radicalement différent. Il y a là une profonde injustice qui va sérieusement pénaliser ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture ou leur tracteur pour travailler et vivre tout simplement. Les vrais fautifs sont ceux qui fabriquent ces produits émetteurs de CO2 et non pas ceux qui les utilisent, faute d’alternative. Cet impôt carbone devrait donc être entièrement à la charge de l’industrie. Mais, la crise étant là pour longtemps, taxer l’industrie française risque de la mettre encore plus en difficulté et d’aggraver le chômage. De plus, il semblerait kafkaïen d’avoir aidé l’industrie automobile par des prêts massifs pour reprendre cette aide par une taxe supplémentaire. Il y a donc là une aporie apparente. Le gouvernement a donc choisi la voie la plus facile, celle de faire payer un peu plus le contribuable. La vraie voie consisterait à trouver des règles fiscales obligeant les constructeurs automobiles à proposer très rapidement une alternative réelle au moteur à énergie fossile, aux industriels de capter leurs émissions de carbone. Certes, cela peut demander une dizaine d’années avant de réussir, mais ce délai est-il déraisonnable devant l’évolution du climat ? Est-ce que, dans dix ans, le climat sera très différent de ce qu’il est aujourd’hui ?

18 juillet 2009

Le Bien et le Mal

Partons d’une interrogation : Les nombreuses catastrophes qui inondent ce monde sont, à n’en pas douter, l’œuvre de la bêtise des hommes. Pourquoi Dieu, s’il existe, fait-il supporter aux hommes – qu’il est soi-disant venu libérer du mal – autant de maux et de souffrances ? En d’autres termes, Dieu est-il étranger et indifférent à ces souffrances ou en est-il la source ? Deux réponses à cette question :1 - L’Apocalypse (les hommes sont la cause des maux qui les accablent)

C’est un texte de Jean l’Evangéliste de Patmos, disciple de Jean l’Ancien ou le Précurseur ou le Baptiste, dernier livre du Nouveau Testament. Apocalypse (Apo = loin et Calypso = le voile) signifie le voile qui cache l’avenir, les choses cachées, le futur avènement de Dieu qui revient parmi les hommes pour chasser définitivement les forces du mal. Dieu a créé un monde que les hommes ont perverti. Le mal du monde des hommes est leur œuvre, Dieu n’y est pour rien. Dans l’avenir (proche), Dieu reviendra pour chasser définitivement le mal.
L’Apocalypse est l’annonce de la fin imminente des temps. C’est le récit du retour prochain de Dieu qui vient combattre et abattre les symboles du mal en déclanchant des fléaux puis en vainquant « la Bête de l’abîme, la Bête de la Terre et le Dragon ». A l’issue du combat, descendra sur terre la « nouvelle Jérusalem » et Dieu habitera désormais parmi les hommes.
L’Apocalypse est ainsi une vision temporelle de l’avenir de l’homme. C’est une vision « horizontale » qui « regarde » au-devant, vers le futur.

2 - La Gnose (Le Dieu de l’Ancien Testament est la source des maux)

La Gnose désigne une « connaissance » salvatrice destinée aux initiés leur donnant la certitude du salut. C’est la connaissance des mystères du monde divin et de l’âme révélant aux initiés privilégiés les secrets de leur origine et les moyens de la retrouver. Elle explique les raisons de la présence de l’homme sur Terre (la génération) alors qu’il est d’un monde transcendant où il doit retourner (la régénération). Comme le croient les adeptes du marcionisme, cette connaissance précise que le monde est mauvais parce qu’il est une création démoniaque du Dieu de l’Ancien Testament. Le Dieu transcendant et bon, le Dieu Suprême, n’a rien à voir avec ce monde et est la source du monde spirituel (idée reprise par certaines tendances du catharisme). C’est la collaboration entre la grâce divine et l’esprit humain qui permet la création de l’âme et permet d’avoir la certitude du salut. Dieu est au-dessus de l’âme humaine qui cherche à l’atteindre. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu pour délivrer les âmes des élus, c’est-à-dire de ceux qui « savent ». Cette connaissance assure le salut. La Gnose est une vision dans l’espace, en ce sens qu’elle regarde vers Dieu, c’est-à-dire vers « le haut ». Les âmes des hommes possédant « la connaissance » sont d’essence spirituelle et émanent du Dieu Suprême qui envoie le Christ pour délivrer ces âmes en leur donnant la connaissance de la géographie céleste et des mots de passe indispensables au franchissement des frontières entre le monde sensible et celui du Dieu Suprême. Dans ce voyage, l’âme remonte vers l’origine en s’échappant du monde d’ici-bas où elle est tombée. C’est une vision verticale. Elle ressemble à la doctrine du manichéisme (Mani – 14/4/216) qui développe une gnose élargie et grandiose, fondée sur le Bien et le Mal.
Les gnostiques puisent cette connaissance dans les traditions confiées en secret par le Christ aux Apôtres (Jean et Jacques – Le Livre secret de Jean), c’est-à-dire « ce qui est, ce qui était, ce qui sera », qui les transmirent d’initiés en initiés jusqu’aux gnostiques d’aujourd’hui.

12 juillet 2009

Chinois et nazis, même combat

Les chinois se sont comportés, et se comportent aujourd’hui, avec les Ouïgoures du Turkestan oriental comme les nazis avec les juifs : annexion, exactions, tortures, exécutions sommaires, privations de droits, expropriations, camps de concentration, humiliations, procès truqués, etc …, etc …Le monde a regardé et regarde encore ces crimes contre l’humanité sans réaction, au nom de la « real-politique », prêt à fermer les yeux et payer le prix de l’hypocrisie pour quelques airbus ou quelques centrales nucléaires.
Partout où le communisme sévit, les pires exactions s’exercent contre les minorités. Nous nous sommes émus lors des derniers évènements tibétains uniquement parce que le Dalaï-Lama a su être le porteur habile de la cause de son peuple. Il n’en est pas de même pour les Ouïgoures. Leur civilisation est en voie de disparition. Pendant ce temps, nous fermons les yeux et essayons de dormir tranquilles.

10 juillet 2009

Peut-on justifier la prescription ?

Depuis plus de 4000 ans, l’homme s’est efforcé de remplacer la vengeance par la justice. Le code d’Ur-Nammu date de 2100 ans avant JC. La nécessité de la vengeance est un sentiment tapi au plus profond du cerveau reptilien de l’homme, là où se situent les centres de décisions de fabrications hormonales, qui relève ainsi du réflexe. Et parce que le réflexe peut conduire à des actes disproportionnés avec ceux qui l’ont provoqué, il est devenu nécessaire de codifier la vengeance. Cette codification s’appelle la Justice. Longtemps arbitraire et relevant du pouvoir d’un seul homme, que ce soit l’Empereur de Rome ou le Roi de France, la Justice d’aujourd’hui nous vient du 1er Empire. Napoléon 1er est à l’origine d’importantes et nombreuses créations institutionnelles. Il a, en effet, créé les organismes nécessaires au fonctionnement d’un État centralisé : préfectures, municipalités, Conseil d’État, corps législatif et Sénat, tribunaux hiérarchisés… ainsi que l’ensemble des textes fondamentaux permettant leur fonctionnement, en particulier le Code Civil et le Code Pénal. Aujourd’hui, le Garde des Sceaux est un ministre du gouvernement qui veille au bon fonctionnement et à la gestion des tribunaux. Il propose les réformes de la Justice pour l’adapter aux évolutions de la société, mais n’intervient pas dans les décisions de justice. Bien que sophistiquée, la Justice reste une légalisation de la vengeance. Cependant, quand un certain temps s’est écoulé depuis la condamnation sans que le ministère public ait pu faire exécuter la peine, une dispense définitive de la subir se produit en faveur du condamné. Les arguments ayant conduit à cette disposition sont essentiellement les suivants :
1° Lorsqu’un certain temps s’est écoulé depuis la condamnation, sans le que le ministère public ait fait exécuter la peine, le souvenir de l’infraction s’est éteint. L’opinion publique ne réclame plus satisfaction.
2° Une sanction trop éloignée de la faute serait peu conforme aux exigences de la justice. Le condamné, pour se soustraire au châtiment, a dû mener une vie cachée faite de privations et d’angoisses, qui constitue, par elle-même, une expiation. Lui infliger, plus tard, une peine serait équivalent à l’application d’une double peine.
3° La société encourage la bonne conduite du condamné en lui offrant la perspective de l’impunité si, pendant un temps suffisamment long, il s’abstient d’attirer l’attention publique sur sa personne, ce qui inclue évidemment la non-récidive.
Ces arguments restent bien fragiles et sont difficilement admis par les victimes. Le premier point est manifestement faux en ce qui concerne la victime qui demande réparation. L’expérience montre que le deuxième point est souvent faux. Les criminels nazis ont mené des vies faciles, parfois luxueuses, en Amérique du Sud. Quant au troisième point, il est parfaitement spécieux. Encore une fois, les criminels nazis sont restés cachés et silencieux dans les pays qui les ont acceptés. Certes, les crimes contre l’humanité ne bénéficient pas de la prescription, mais ce qui s’est produit pour ces criminels peut se produire (et se produit) pour des criminels plus ordinaires. La mère ou le père dont l’enfant a disparu parce qu’assassiné ou enlevé, ne fait pas de différence entre le criminel responsable de cette disparition et un coupable de crime contre l’humanité. C’est pourquoi la prescription d’une peine est toujours ressentie comme une injustice, comme une vengeance inassouvie. La durée de la prescription est de 20 ans en matière criminelle. À l’occasion de dramatiques accidents, les psychologues font toujours référence à la nécessité pour les victimes de « faire leur deuil », c’est-à-dire d’accepter finalement la disparition d’un être cher. En conséquence, il est certain que l’exécution de la condamnation par le criminel est un élément essentiel de cette acceptation. Ainsi, lorsqu’au bout de 20 ans d’attente dans la souffrance, la prescription plonge la victime dans la déréliction en la privant de cette acceptation, c’est-à-dire de la recouvrance d’une certaine paix intérieure, elle est nécessairement ressentie comme une monstrueuse injustice et les arguments justificatifs évoqués ci-dessus paraissent dérisoires, voire attentatoires à la morale tant il est difficile de renoncer à une vengeance légitime.

04 juillet 2009

Jade Goody, vous connaissez ?

Jade Goody, vous connaissez ? C’est une création et une créature de la télé-réalité anglosaxone et qui est décédée le 22 Mars en direct sur le petit écran. La télévision, toujours à la recherche du sordide, parce que c’est finalement le Graal du public, a accepté de filmer pour un million d’Euros la mort de cette fille atteinte d’un cancer foudroyant de l’utérus dont elle a appris l’existence en direct durant une émission de télévision et qui l’a emportée en un mois. Pour cette somme, destinée à faire vivre ses enfants, elle a autorisé la télévision anglaise à la filmer vingt-quatre heures sur vingt-quatre jusqu’à son décès. On atteint là le summum de l’ignoble dans lequel a sombré la société occidentale. Tout se monnaye, tout peut être « marchandiser », y compris la mort. Devant un tel scandale, ce n’est pas tellement cette malheureuse qui est à condamner, mais une société qui a accepté cette sinistre mise en scène et n’a pas permis à cette femme de trouver un autre moyen d’assurer la vie de ses enfants. Les médias ne se contentent pas de courir derrière les fantasmes de leurs clients, mais ils façonnent pernicieusement les esprits en supprimant, peu à peu, toute retenue et en faisant du voyeurisme le parangon du spectacle. Il faut bien dire que le terrain est favorable : qui n’a vu des foules de curieux vicieux s’arrêter sur les routes uniquement pour regarder un accident ? Comment expliquer autrement la longévité du scandale télévisuel que constituent les émissions de Jean-Claude Delarue donnant à voir la misère humaine dans ce qu’elle a de plus sordide ? Peut-être la société actuelle a-t-elle tellement peur de la mort qu’elle recherche un exorcisme dans le spectacle de ceux qui meurent ? À côté de l’horrible mise en scène de la mort en direct, les violences des séries américaines ne sont que des bluettes !

03 juillet 2009

L’impasse mortelle

En panne de convictions, le Parti Socialiste entonne, une fois de plus, le couplet du projet. Rien n’est plus urgent que de construire un projet, là est l’unique voie du salut ! Charles De Gaulle pourrait s’esclaffer : « On peut toujour sauter sur sa chaise comme un cabri en disant le projet, le projet, le projet, cela ne sert à rien et cela ne mène à rien ! ». Le PS est très exactement dans cette situation. Mais le problème profond est qu’il n’a aucune idée de ce que pourrait bien être ce fameux projet. Il est tellement en panne d’idées que l’on voit même quelque personnalité socialiste évoquer, sans riere, des « primaires du projet » ! Faute d’idées, il faut aller chercher celles des autres. Cela rappelle fâcheusement la « démocratie participative » d’un certain désir d’avenir. En fait de désir d’avenir, il s’agit surtout du désir irréfragable des ambitions personnelles d’une pléthore de candidats à la candidature ! En suivant obstinément ce chemin, le PS s’engage immanquablement dans une impasse. Hélas !
L’adhésion d’un peuple, ou de la majorité de celui-ci, ne peut se faire qu’autour d’un homme imprégné de convictions personnelles qui ne varient pas au gré des évènements et qui ne relèvent pas simplement de slogans accrocheurs, et incarnant sa vision de la société. Mais ceci suppose que cette vision soit le fruit d’une profonde et longue réflexion et d’un travail totalement personnel qui cherchent leurs racines non seulement dans l’histoire mais aussi dans le parcours personnel. Il ne peut, en aucun cas, s’agir d’une vision collective construite en raboutant des idées éparses comme les pièces d’un puzzle, en espérant obtenir par miracle une image cohérente et significative. Il en a été ainsi pour tous les présidents de la Vème République, y compris pour le Président actuel. Le Parti n’est qu’une « machine de guerre » électorale au service du candidat, il ne peut en aucun cas être le maître à penser de celui-là. Faute d’identifier un tel homme en son sein, qui s’imposerait comme une évidence, les ambitions personnelles se déchaînent et se combattent dans une guerre mortifère entraînant tout le Parti sur un chemin sans issue. Le projet, posé comme un préalable, n’est en fait qu’un alibi pour étouffer l’émergence d’un vrai leader.

27 juin 2009

L’immoralité dans les crampons

Un grand nombre de salariés ont perdu leur emploi, tous les autres ont perdu le sommeil. La crise économique est devenu si profonde qu’elle s’est transformée en crise sociale. L’angoisse du lendemain devient le pain quotidien du plus grand nombre. En face, les émoluments mirobolants de certains patrons de grandes entreprises ont provoqué, à juste titre, une indignation légitime, ont été ressentis comme une provocation et un scandale insupportables. Mais il existe un plus grand scandale encore : le pourrissement du monde du football par l’argent. Il circule, dans ce milieu, des sommes tellement considérables qu’elles en perdent toute signification aux yeux du commun des mortels. Comment accepter que les salaires mensuels de certains joueurs atteignent plusieurs millions d’Euros, pour simplement taper du pied dans un ballon !! Cette situation est un vrai scandale et devrait soulever la même indignation populaire que celle due aux parachutes dorés patronaux. Or curieusement, il n’en est rien. Les médias en général et la télévision en particulier en sont les complices objectifs. Le nombre invraisemblable d’articles, de reportages télévisés, d’émissions radiophoniques, impriment dans les esprits un message subliminal qui donnent aux acteurs de ce sport (il n’est pas sûr que le mot soit adapté) le statut de vedettes extra-terrestres auxquelles tout est permis. Le football a remplacé les jeux du cirque et les réactions du public y sont tout aussi violentes, allant de l’invective raciste à l’imbécillité mortelle. Tout spectateur qui entre dans un stade pour assister à un match, laisse son cerveau au vestiaire et se transforme soudain en une brute épaisse, prête à toutes les injures et toutes les violences, conforté par l’anonymat que fournit à bon compte la foule. Le plus curieux, dans cette affaire, est que ces spectateurs qui s’enthousiasment pour les coffres-forts qui courent sur la pelouse, sont ceux-là même qui s’indignent des salaires patronaux.

11 juin 2009

La mort est-elle au bout du chemin ?

La déroute du Parti Socialiste, une de plus, semble n’être une surprise que pour les socialistes. Il suffit de réfléchir un tout petit peu pour comprendre que ce parti est complètement dépassé par les impératifs de l’époque actuelle. Ils sont toujours avec une vision de la société et de la Nation qui relève d’une philosophie du siècle dernier. Les références à Léon Blum ou à Jaurès sont de références effectives alors qu’elles ne devraient être qu’historiques. Le monde s’est arrêté pour le Parti Socialiste aux années 1920. Après leur défaite aux élections européennes, on entend les socialistes rabâcher, une fois de plus, qu’ils vont se réunir pour discuter de la refondation de leur programme ! La signification profonde de cet aveu est que ce Parti n’a plus aucune vision nationale de l’avenir du pays. La question qui se pose à eux est de savoir si une vision, comme celle que De Gaulle ou Mitterrand avaient de la France, se construit dans des assemblées de militants, voire dans des réunions dites de démocratie participative. Il n’est jamais rien sorti de ce genre de forum, sinon une cacophonie dont on ne peut rien conclure sauf une sacro-sainte synthèse inodore et sans saveur. Le Parti Socialiste n’a pas assimilé deux principes fondamentaux : un pays ne s’enrichit que s’il gagne plus qu’il ne dépense et une vision d’avenir national s’incarne dans un leader naturel. Aujourd’hui, il n’a ni l’un ni l’autre. Certes, la rénovation du « projet » est importante, mais alors il faut prendre cette rénovation au sérieux et ne pas la confondre avec une liste de courses établie rapidement, en quelques jours, sur un coin de table, comme le Parti l’a fait plusieurs fois, pressé qu’il était de répondre à la critique justifiée de son manque de propositions. Aujourd’hui, la France est en face de trois défis : la protection sociale (la sociologie de la population a changé et les besoins de protection ont considérablement augmenté), le changement climatique et la protection de l’environnement, l’Europe politique et le leadership au sein des institutions européennes. Pour faire face à ces trois défis, il n’y a qu’un seul moteur, la croissance. Pour pouvoir mettre en œuvre une politique sociale de redistribution efficace, encore faut-il avoir quelque chose à répartir et ne pas se contenter de vivre à crédit en creusant, chaque jour, une dette qui compromet dangereusement l’avenir des générations futures. Et, enfin, pour faire tourner le moteur, il n’y a plus qu’un seul carburant : l’innovation. C’est sur ces trois défis, sur le fonctionnement du moteur et l’accès au carburant innovation que l’on attend, en vain, depuis des années un vrai leader du Parti Socialiste qui sache s’imposer et faire taire les ambitions personnelles et mortifères de tous les vieux caciques qui l’encombre. Ceux-ci n’ont, aujourd’hui, pas d’autre objectif que d’étouffer dans l’œuf toute naissance éventuelle d’un vrai leader qui pourrait mettre en danger leur propre ambition. Tant que le fonctionnement interne du Parti favorisera cette pratique, lentement mais sûrement, il avance vers sa disparition.

08 juin 2009

Espèces en voie de disparition

Défaite électorale du Parti Socialiste et effondrement du Modem, tels sont les principaux résultats des élections européennes 2009. Une secrétaire générale en grandes difficultés et un président de parti ayant perdu tout avenir politique, telles en sont les conséquences. Est-ce réellement une surprise ? Lorsqu’un parti politique est miné de l’intérieur par des ambitions personnelles et des confrontations stériles et sans fin, lorsqu’un candidat déclaré aux futures élections présidentielles se trompe de campagne et se penche dans les poubelles de l’Histoire, est-il vraiment étonnant que la sanction populaire se manifeste avec éclat ? La gauche française est éclatée en mille morceaux, l’opposition ne porte aucun message crédible et n’a aucun leader capable d’entraîner une majorité de Français. En ce qui concerne le Parti Socialiste, les vrais responsables sont devenus soudainement silencieux et invisibles depuis quelque temps. Où sont passés Fabius, Strauss-Kahn, Lang, Ayrault, Guigou et consort ? Les rats ont-ils quitté le navire ? Contrairement à Jospin qui a préféré fuir après sa défaite, Martine Aubry reste seule, comme un capitaine sur la vigie d’un bateau qui fait naufrage. Elle ne doit compter sur aucun secours. Les éléphants sont réellement en voie de disparition. Enfin !!

07 juin 2009

Abstention-Europe : 1- 0

Les seuls français satisfaits des dernières élections européennes sont les hommes politiques de tous bords, puisqu’ils clament tous qu’ils ont obtenu un franc succès ou une leçon salutaire qui n'est qu'une péripétie. Même les « petites » listes ont atteint leur objectif financier, le seul qui réellement comptait. Il n’y a guère que ce soi-disant succès qui soit grand, car l’intelligence s’est effondrée sous les coups de boutoir de la langue de bois. La seule et grande gagnante de ces élections est, comme attendu, l’abstention qui a atteint un record de 60%. Durant la campagne, les medias lui ont fait tellement de propagande qu’il n’est pas étonnant que les individus aient été convaincus qu’il était totalement inutile de se déplacer. Mais, au-delà de ce fait, cette abstention massive pose une sérieuse question sur l’avenir de l’Europe. La doxa consiste à se plaindre que l’Europe ne protège pas assez le citoyen contre les dangers de la mondialisation et de la crise financière et économique. Il faut bien dire que les euro-sceptiques clament sur tous les tons que la commission européenne passe son temps à légiférer sur la longueur des concombres ou le diamètre des tomates. À force d’entendre ces discours caricaturaux, tout le monde finit par y croire et, il faut bien l’avouer, il n’y a rien là qui puisse alors soulever l’enthousiasme de l’électeur, ni le rassurer sur les protections que peut lui apporter l’Europe. Les hommes politiques ont également un discours qui est, la plupart du temps, complètement abscons. Les phrases du genre : « Il faut faire avancer l’Europe vers la justice sociale » ou bien « Nous allons construire un projet dans la cohérence » ou encore « Nous allons retrouver le chemin de l’Europe sociale », « Il faut un bouclier social », forment le fond du discours politique ambiant qui reste ainsi complètement incompréhensible pour le citoyen. Quelle que soit la liste électorale candidate, il était possible de lire sur ses affiches des slogans comme : « Changer l’Europe, vers une Europe sociale, Votez pour une Europe qui vous protège, … » et autres banalités sans signification. Il n’est guère étonnant que l’électeur ne sente pas concerné ou reste profondément sceptique sur l’utilité de son vote. Il y a plus grave encore. À force d’avoir truffer leurs discours d’attaques contre le gouvernement, mais surtout contre le Président de la République (anti-sarkozisme radical, psychopatologique, viscéral, pavlovien), les politiques ont poussé ceux qui ont fait l’effort de voter à le faire pour des motifs de pure politique nationale et partisane. Les enjeux européens sont totalement absents de leurs réflexions. Enfin, les très rares débats contradictoires organisés par les médias ont systématiquement tourné, comme d’habitude, à la foire d’empoigne et au brouhaha incompréhensible avec attaques personnelles et injures, donnant, une fois de plus, une image absolument déplorable des politiciens aux discours indigents où la médiocrité le dispute à l’incantation et à l’insulte. Ajoutons qu’il existe une contradiction apparente entre l’indifférence des électeurs et la multiplicité extravagante des listes électorales qui se sont présentées à ces élections. N’en a-t-on pas compté jusqu’à 28 en Île-de-France ? Cette floraison de listes n’a fait finalement qu’ajouter à la confusion du discours et au désintérêt de l’électeur. Confusion des discours, méprise sur les véritables enjeux, discrédit des hommes politiques. La question fondamentale est la suivante : comment construire un projet européen lorsqu'il n'y a que des listes purement nationales ne comportant que des nationaux et se présentant sur des circonscriptions également nationales ? L’Europe est malade. Une vraie démocratie doit trouver lieu de cité au sein de l’organisation européenne. Le sentiment ressenti par les citoyens est que les décisions sont prises par une commission sur laquelle ils n’ont aucun contre-pouvoir. Ces règles doivent impérativement changer. Ceux qui ont voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne doivent être considérés comme les grands responsables de ce désastre.

25 mai 2009

Réponse

Je viens de recevoir un commentaire sur le petit article ci-dessous et intitulé "Guignol, mon ami"... anonyme, bien sûr ! Ce torchon dit ceci "Quand arrêterez-vous de polluer le net avec des commentaires d'un autre âge ?". Voilà bien le commentaire d'un véritable imbécile ! Il se reconnaîtra surement.

24 mai 2009

Guignol, mon ami

L’âge fait retomber en enfance, dit-on. C’est vrai ! Je n’ai jamais autant fréquenté les théâtres de marionnettes que depuis quelque temps. L’art d’être grand-père comporte beaucoup de satisfactions et nombre d’obligations. Parmi celles-ci, retrouver le chemin de Guignol, perdu depuis si longtemps, est incontournable. Bien des théâtres de marionnettes existent, mais tous ne se valent pas. Là comme ailleurs existe une hiérarchie. Il en est, pour ces spectacles, comme pour le cinéma : des hauts et des bas, du bon et du moins bon. J’ai le sentiment qu’un « guide » des Guignols manque, comme existent les guides gastronomiques. Pour juger de la qualité d’un spectacle de marionnettes, il faut tenir compte de l’originalité du scénario, de l’inventivité de la manipulation des marionnettes, bien sûr, mais se limiter à cela serait très superficiel et ferait montre d’un amateurisme inacceptable. Un spectacle comporte tout un cérémonial qu’il serait criminel de négliger. Il y a tout d’abord la ruée des poussettes à l’entrée comme à la sortie. Il y a le regard légèrement méprisant des mamans observant les énervements des enfants qui ne sont pas les siens. Il y a la présence du loup qui fait pleurer un ou deux enfants pendant le spectacle. Il y a les cris qui atteignent leur acmé lors de l’apparition du loup rodomont ou du bandit, les battements de mains enfantins suscités par l’inévitable danse des grenouilles, des lapins ou des petits cochons. Il y a les parents qui, refusant de s’éloigner quelque peu de leur progéniture, refusent de quitter le banc réservé aux plus petits. Mais ce n’est pas tout. En effet, il faut être attentif à l’existence et la facilité d’accès du garage à poussettes, à la durée du spectacle, à l’existence ou non d’un entracte pendant lequel les enfants et les parents se bousculent devant le distributeur de bonbons et de pop-corn, à la ponctualité, à l’esthétique du décor non seulement de la salle mais aussi du spectacle, à la plus ou moins grande difficulté d’insérer ses fesses dans le siège, à l’interactivité suscitée entre la marionnette et les enfants (il est, en effet, attendrissant de voir son petit-fils applaudir de concerve avec les autres enfants), et à bien d’autres choses encore. C’est donc toute une expertise qu’il faut avoir pour choisir un théâtre de Guignol. Pour ma part, concernant les spectacles parisiens, je ferai le classement suivant : le Champ de Mars (****), le Luxembourg (***), le Parc Floral (***), le lac de Saint-Mandé(**), le parc Montsouris (*), les Champs Elysées (*). Mais ceci est purement personnel. Et j’ai besoin d’améliorer mon expertise !

18 mai 2009

Morale et profits

Le Président de la République a relancé une idée du Général De Gaulle, à savoir la juste répartition des bénéfices de l’entreprise entre les investissements, les actionnaires et les salariés. Ce fut, à l’époque, le lancement de l’intéressement et de la participation. Le rapport Cotis, remis ces jours-ci au gouvernement, précise ce que tout le monde sait depuis longtemps, à savoir que les salariés sont mal traités depuis une quinzaine d’années. Il suffit d’être salarié pour savoir cela ! Toutefois, les chiffres fournis par le rapport ont le mérite de donner du corps et une réalité objective à un sentiment confusément ressenti. Que se soit l’évolution salariale, la part des salaires dans la valeur ajoutée ou la répartition des bénéfices, le salarié est, dans tous les cas, le parent pauvre de l’entreprise. Du statut de personnel (à connotation individuelle), il est descendu à celui de ressources humaines (conglomérat anonyme dont on gère la consommation) pour sombrer finalement dans celui de variable d’ajustement (consommables et produits jetables). La crise actuelle n’est que le révélateur d’une situation qui s’est développée depuis les années 1980. C’est à cette époque que l’on a vu fleurir le concept de gouvernance dans les entreprises, pour le seul bénéfice des actionnaires. Derrière cette politique d’entreprise, se cachait l’action des fonds de pension anglo-saxons qui, au sein d’une compétition intensive, promettaient à leurs clients des taux de rendements extravagants. Pour obtenir ces rendements, ils ont soumis les grandes entreprises, dont ils détenaient les actions, à une pression de plus en plus importante pour obtenir des dividendes de plus en plus élevés et complètement déconnectés des performances réelles des entreprises. Ces dernières, soumises à un véritable chantage économique, ont recherché tous les moyens possibles pour augmenter la valeur des actions : réduction des investissements au profit des dividendes, utilisation des bénéfices pour racheter leurs propres actions afin d’en augmenter la valeur, recherche drastique d’économies de fonctionnement par utilisation de la variable d’ajustement que sont devenus les salariés, délocalisations vers des sites à coûts salariaux minimaux, investissements dans des produits toxiques à haut rendement et à hauts risques, etc … L’entreprise doit, bien sûr, faire des bénéfices, mais il est temps de se poser la question de savoir quelle est sa véritable raison d’être : une machine à faire de l’argent ou un organisme intégré dans une vie sociale ? Dans ce dernier cas, elle doit impérativement avoir une morale et fonctionner selon des principes qui respectent tous les acteurs internes et externes. Le comportement récent de certains patrons de grandes entreprises montre qu’il semble qu’ils l’aient oublié.

15 mai 2009

La bêtise !

Quelle est la question la plus bête qui soit ?
« À quoi ça sert de savoir ça ? »

12 mai 2009

L’humanité en danger ?

Lorsque l’on évoque les animaux en danger, tout le monde pense aux éléphants et autres félins en voie de disparition. Peu de monde songe aux abeilles. Et pourtant …
Voilà un petit insecte sympathique qui porte sur lui le destin de l’humanité. En effet, si les abeilles disparaissaient totalement, 30% de notre nourriture disparaîtrait également ! Et, plus particulièrement, disparaîtraient les cultures maraîchères, les fruits et légumes naturels qui ont besoin de la pollinisation pour exister. Qui sait que les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, les fleurs sauvages, etc… dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation ? Or, on constate une disparition massive et inquiétante des abeilles domestiques qui peut atteindre 70% de leur population. Pour ce qui concerne les abeilles sauvages, il est à peu près certain que le même phénomène existe également, même s’il est plus difficile à mesurer. En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés, c’est-à-dire aux États-Unis, en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, en Grèce, en Pologne, et aux Pays-Bas. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu'à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche. L’ampleur du phénomène est indiscutable, même s’il passe inaperçu. Les raisons de cette disparition sont multiples mais non indépendantes. On identifie, parmi elles, le virus IAPV, les acariens parasites Varroas ou la loque européenne qui, profitant de l’affaiblissement des abeilles, provoquent parmi elles une mortalité élevée. Mais, ainsi que le montre le schéma ci-dessous, les causes premières sont l’utilisation intensive des produits phytosanitaires et celle des OGM, c’est-à-dire que la grande responsable du phénomène est l’agriculture intensive.

On ne peut exclure qu’existent d’autres causes comme la saturation de l’environnement en ondes électromagnétiques (télévision, téléphones portables, Wi-fi, radio, satellites, etc …) qui pourraient désorienter les abeilles qui ne retrouveraient plus le chemin des ruches. Mais il est incontestable que l’utilisation massive des insecticides, des fongicides et des pesticides est une cause fondamentale de cette hécatombe.
De même que les pêcheurs nient l’évidence de l’effondrement du stock de certains poissons, les agriculteurs de grandes exploitations nient l’effet de leurs produits phytosanitaires et de leurs semences OGM. L’égocentrisme fait des ravages. Une fois de plus, on voit qu’une somme d’intérêts particuliers ne sert jamais l’intérêt général.
Peut-être est-il temps que l’on repense nos manières de vivre ?

05 mai 2009

Consternant !

Plongés dans le maelström de la crise, les Français souffrent (pas tous !), certains – de plus en plus nombreux – perdent leur emploi en même temps que tout espoir d’en retrouver, les difficultés pour garder un logement s’accroissent, les files d’attente aux associations caritatives s’allongent, l’inquiétude se diffuse, la jeunesse sans emploi en perspective est à la dérive, les parents s’angoissent sur l’avenir compromis de leurs enfants …
Et pendant ce temps, les patrons des grandes entreprises s’enrichissent d’une manière scandaleuse, au mépris de toute morale. Ils détournent une part croissante de l’investissement pour leur profit personnel (« golden hello », parachute doré, retraite chapeau, stock options, salaires faramineux,…). Dotés d’une imagination sans borne, les sommes qu’ils s’octroient par tous les moyens imaginables sont absolument consternantes et dépassent l’entendement. Les sommes en jeux sont tellement énormes qu’elles perdent toute signification pour le commun des mortels. Simultanément, les banquiers continuent de mentir, de réclamer des aides publiques tout en refusant de prêter aux PME en difficulté et aspirant à reprendre leur jeu pervers le plus tôt possible, espérant que tout le monde oubliera qu’ils sont responsables de la crise actuelle.
Et pendant ce temps, les hommes politiques de tous bords qui comptent dans la vie de la Nation ont une unique préoccupation : leur candidature à la Présidence de 2012. Obnubilés par cette échéance, ils n’ont d’autre ressource que de critiquer à outrance celui qui sera leur principal concurrent, le Président actuel, au détriment de la recherche de l’intérêt général. La crise n’est, pour eux, qu’un simple prétexte de campagne électorale, pain béni en quelque sorte ! Simplifiant à l’extrême le discours politique en rendant le Président en place coupable de tous les maux et responsable finalement de la crise mondiale, ces politiques donnent un spectacle affligeant.
Et pendant ce temps, les mandarins hospitaliers, les magistrats, les professeurs népotiques d’université s’insurgent pour conserver leurs privilèges.
La conséquence de tout cela est que le sentiment d’abandon, la consternation et la colère montent chez les citoyens, certains d’entre eux versant dans la violence, écœurés par l’omniprésence de l’ambition personnelle des politiques et de la voyoucratie financière des plus riches. Il est certain que, la détresse se transformant en violence, les actes de révolte vont se multiplier (n'oublions pas qu'en 1948, les violences eurent un tel degré qu'il fallut faire appel à l'armée)et que des opportunistes sans scrupule trouveront là un tremplin pour leur arrivisme politique. Ils vont essayer de faire pousser sur le terreau de la violence le cactus de leurs ambitions personnelles. Consternant !

02 mai 2009

Décidément !

Je dois avouer mon désarroi. Jamais l’Europe n’a connu de crise aussi profonde et grave. Jamais les Européens n’ont plus attendu de l’Europe qu’elle leur apporte une certaine protection devant les difficultés grandissantes. À cette attente n’a répondu qu’un assourdissant silence de la Commission Européenne et de son président. On attendait que la commission soit proactive dans la définition et la mise en œuvre d’un ensemble de mesures communes aux différentes nations européennes pour résister à la crise économique et sociale. On attendait que la commission pousse les nations à mettre en pratique rapidement les principes arrêtés au dernier G20 afin que celui-ci ne se solde pas uniquement par un ensemble de vœux pieux. Il ne s’est rien passé. Nous sommes à quelques semaines des élections européennes et personne n’en parle vraiment. Les médias sont silencieux, les discours politiques restent confidentiels et lorsqu’ils sont publics, ils sont totalement dévoyés pour n’être que débats franco-français. Encore une fois, le Parti Socialiste va se tromper de cible. Les Français se désintéressent de ces élections, faute de comprendre le fonctionnement de l’Europe et de son Parlement. Ils ne comprennent rien aux regroupements politiques formant les différentes composantes du Parlement, ils ignorent ses prérogatives et méconnaissent ses pouvoirs, mais surtout ils n’entendent aucun discours leur expliquant en quoi et pourquoi l’Europe est un enjeu d’avenir. Les socialistes vont brouiller encore davantage la vision des Français en transformant ces élections en vote sanction contre le Président de la République, c’est-à-dire en substituant un enjeu de politique purement nationale à l’enjeu européen. Pour fédérer le plus largement possible, le Parti Socialiste joue la carte anti-Sarkozy. Cela lui permet de ne pas préciser quelle est sa vision européenne, comme il fait avec la politique nationale. Caricaturer la politique gouvernementale sans faire de propositions alternatives lui permet de ne pas faire de propositions, empêtré qu’il est dans ses courants contradictoires et paralysé par des ambitions personnelles multiples. Décidément, le Parti Socialiste n’est pas près de (ni prêt à) redevenir un parti de gouvernement. Une vraie campagne pour les élections européennes devrait être pédagogique avant tout et devrait essayer de faire naître une attente et non pas un vote sanction. Celui-ci devrait être cantonné aux élections nationales et le melting-pot ne peut que semer la confusion et la désillusion. À force de caricatures, le Parti Socialiste va finir par faire croire qu’il ne supporte pas d’avoir un Président de la République d’origine étrangère !! Pour être juste, il faut bien dire que, du côté de la majorité, tenir un discours plébiscitaire concernant le Président de la République et se contenter de dénoncer le manque de propositions de l’opposition n’est pas, non plus, particulièrement à la hauteur des enjeux européens. L’Europe risque de mourir des nationalismes étroits qui sévissent partout.

25 avril 2009

Une justice à 3 vitesses

Le Conseil Supérieur de la Magistrature vient de donner son verdict sur la faute du juge Burgaud. Rappelons nous que ce juge a mis en prison pendant quatre ans, pour pédophilie supposée, dix-sept prévenus qui ont tous été finalement acquittés car reconnus innocents. Dix-sept personnes qui ont vu leur vie détruite, l’un d’entre eux n’ayant pas supporté cette infâme suspicion a mis fin à ses jours en prison. Rappelons nous que ce juge a mené une instruction uniquement à charge et a négligé de vérifier la véracité des accusations. Déclaré coupable par le CSM d’approximations et de négligences – ce qui peut être considéré comme une faute professionnelle lourde – le juge Burgaud a été « puni d’une réprimande » ! Dans tout autre secteur d’activités, une faute lourde conduit au licenciement. Mais, pour le CSM, la réprimande est bien suffisante, malgré la destruction de la vie de dix-sept citoyens. Comme l’a si bien dit Coluche, « au bout de dix réprimandes, le juge aura un blâme et au bout de dix blâmes, il sera rétrogradé. De toute façon, le juge s’en moque puisqu’il est en bas de l’échelle ! ». Seule sa conscience pourrait le faire descendre en enfer... mais il ne faut pas rêver. Une fois de plus, le corporatisme effréné des magistrats (à ne pas confondre avec la Justice !) se sera manifesté avec éclat. Lorsqu’on apprend, de plus, que parmi les membres du CSM chargé de juger Mr. Burgaud, se trouvait un magistrat impliqué dans l’affaire pour avoir refusé une mise en liberté provisoire d’un des accusés et qu’il affirme ne pas se souvenir de cette affaire (sic !), on reste confondu devant l’hypocrisie qui gangrène le corps des magistrats. Il y a décidément une justice à trois vitesses : une pour les plus démunis, une pour les nantis ... et une pour les magistrats ! Il ne faut pas d’étonner que les citoyens doutent de la justice de leur pays.

20 avril 2009

Déontologie

Madame Royale se répand dans le monde en s’excusant à l’envi « au nom de la France et des Français ». Au nom de quelle légitimité se permet-elle de parler au nom de ses concitoyens et de se complaire dans une repentance allitérative ? Serait-ce celle de son statut de présidente de la région Poitou-Charentes, une des plus petite région française ? Dans ce cas, qu’elle se contente de présenter les excuses des Charentais. Le reste du pays n’est absolument pas représenté par Madame Royale. Cet entêtement rodomont à parler de façon illégitime au nom du pays indique que la frustration de n’avoir pas été élue à la Présidence de la République est profonde et altère sa réflexion en l’entraînant dans une gesticulation qui frise le ridicule. Il y a là une posture mégalomaniaque qui porte à douter de la capacité de Madame Royale à endosser la charge suprême.
D’autre part, s’expriment des parlementaires de la majorité comme de l’opposition pour contester la réalité des paroles que l’on prête à Nicolas Sarkozy. Cela montre que Libération, à l’origine de cette péripétie, a manqué de déontologie en omettant de s’assurer de la réalité des paroles imputées au Président. Un journaliste professionnel et sérieux aurait dû entendre tous les protagonistes avant de publier un article orienté et subjectif. Il n’aurait surtout pas dû sortir la citation de son contexte. Ce n’est pas la même chose de dire « Mr. X n’est pas intelligent » ou « Peut-être que Mr.X n’est pas intelligent, mais … ». La seconde phrase montre, à l’évidence, qu’il s’agit d’une réponse et que la critique d’origine vient d’ailleurs. Mais Monsieur L.Joffrin laisse son animadversion pour le Président de la République l’emporter sur la déontologie du journaliste.
Dans un cas comme dans l’autre, l’esprit est embrumé par des ressentiments personnels qui occultent l’objectivité de l’information et la dignité de la fonction.

18 avril 2009

Lettre ouverte aux médecins et aux enseignants

Il est un certain nombre de vérités que certains citoyens ne veulent pas entendre. En particulier, le corps des médecins et celui des enseignants. On entend aujourd’hui ces deux corporations réclamer à grands cris le « retrait du projet de loi du gouvernement » au nom d’une « vision purement comptable » ou d’une « privatisation rampante » ! Voilà des citoyens qui ne vivent que grâce à la bonne volonté du reste de la Nation et qui ne veulent tenir aucun compte des difficultés collectives. Les médecins ne vivent que grâce à la Sécurité Sociale, c’est-à-dire à la solidarité nationale, et les enseignants ne vivent que grâce aux salaires versés par l’État. Dans les deux cas, c’est donc par l’impôt que ces corporations obtiennent les émoluments qui leur permettent de vivre. Or la Nation se paupérise depuis plusieurs années. L’évolution du PIB du pays se traîne depuis plusieurs années autour de 1% avant de devenir négative alors que la croissance mondiale a atteint près de 4%. Le déficit de la Sécurité Sociale devient insupportable. La dette nationale atteint des sommets jusqu’alors inconnus. C’est donc bien le signe que la France a de plus en plus de difficultés économiques. La crise actuelle a considérablement aggravé la situation par un endettement national absolument abyssal que les générations futures auront à rembourser d’une manière ou d’une autre (inflation et/ou augmentation importante des impôts). Que peut donc faire le gouvernement, si ce n’est que d’essayer d’améliorer l’efficacité des structures de la nation, c’est-à-dire rechercher une organisation, des processus opératoires, des modes de gouvernance qui soient plus efficaces sans coûter davantage, l’État étant dans l’incapacité absolue d’augmenter ses dépenses courantes ? Médecins, enseignants, vous avez été incapables d’améliorer vous-même le fonctionnement de vos structures depuis plusieurs dizaines d’années ! Vous avez été incapables de proposer vous-même des évolutions réelles, autres que de réclamer toujours plus d’argent à la communauté ! Sclérosés par des syndicats corporatistes à l’extrême et aveugles, vous avez perdu le sens de l’intérêt général pour ne penser qu’à votre intérêt particulier, oublieux de l’effort que fait la nation tout entière pour vous permettre de vivre. Le pays traverse une crise d’une ampleur jamais connue. Pourquoi seriez-vous les seuls à ne pas s’en préoccuper ? Il est frappant de constater que les enseignants chercheurs s’opposent aux pouvoirs donnés aux présidents d’Universités et que les médecins s’insurgent envers les pouvoirs donnés aux directeurs d’hôpitaux. Comme si les uns et les autres craignaient qu’une autorité puisse porter un jugement sur leur efficacité. Comme si les spécialistes hospitaliers craignaient que quelqu’un ait le pouvoir de limiter l’exercice de la médecine privée au sein de l’hôpital public. Comme si les médecins, qui vivent grâce à la Sécurité Sociale, craignaient de se voir un jour contraints de desservir les « déserts médicaux ». Comme si les chercheurs craignaient que quelqu’un puisse favoriser les axes de recherche les plus pertinents pour la nation. Quand donc tout ce petit monde se rendra-t-il compte que le pays s’enfonce depuis des années vers l’inefficacité et la gabegie financière, que l’on ne peut pas constamment demander aux plus démunis les plus gros efforts ? Ressaisissez-vous, messieurs !

16 avril 2009

La crise était inéluctable

La crise actuelle est une démonstration de l’incomplétude de la théorie économique. La pierre angulaire de cette dernière est la fameuse loi de l’offre et de la demande. Cette loi stipule que ces deux variables économiques sont indépendantes l’une de l’autre et que leurs variations en fonction du prix varient en sens inverse, jusqu’à un prix d’équilibre. C’est ce qui s’appelle la loi du marché ou la main invisible : le marché s’autorégule. Tous les marchés sont censés suivre cette loi immuable, le marché des produites et services et le marché de la main-d’œuvre notamment. Or qu’en est-il du marché financier, c’est-à-dire des actifs boursiers en particulier ? Par anticipation et espoir d’enrichissement rapide, la demande d’actifs croit entraînant une demande croissante de crédits. Les banques, hypnotisées par l’accroissement des valeurs boursières, augmentent leur offre de crédit au risque de diminuer drastiquement leur capital de réserve et d’augmenter leur propre endettement. Ainsi, l’offre et la demande de crédits, non seulement ne sont plus indépendantes, mais surtout sont toutes deux des fonctions croissantes de la valeur des actifs. Il n’y a donc plus de point d’équilibre ! La demande d’actifs, soutenue par l’offre de crédit, entraîne la valeur des actifs à la hausse et le cercle vicieux s’enclenche de façon dramatique. Au sein des (grandes) entreprises, l’augmentation de la valeur de l’action cesse d’être le résultat d’une bonne santé économique, mais devient une stratégie qui dévoie l’investissement vers des opérations boursières afin de satisfaire les exigences de l’actionnaire. Phénomène aggravant, l’ingénierie financière, dans laquelle les traders français sont devenus des experts, constatant l’augmentation du risque pris par les banques, a « inventé » des produits dérivés sophistiqués (les CDS) qui permettent aux banques et aux organismes financiers de revendre leur risque en créant un marché de la demande et de l’offre du risque financier. Ce nouveau marché a alors joué le rôle d’un anesthésiant auprès des banques et des organismes prêteurs qui ont perdu la conscience du risque encouru. Ils ont alors accordé des prêts dans des conditions absolument aberrantes à des emprunteurs qui, n’ayant pas la capacité de rembourser, ont gagé leurs biens immobiliers pour garantir leur emprunt. Un tel mécanisme ne peut que conduire à la rupture brutale du fonctionnement de ce cycle pervers. Il faut bien constater qu’aucun économiste n’a tiré le signal d’alarme, ni aucun des organismes internationaux que sont l’OCDE, le FMI, la Banque Mondiale, restés accrochés au Consensus de Washington par l’aveuglement de leurs bureaucrates.
La stratégie de plus-value des actifs financiers a entraîné la financiarisation des entreprises qui, privilégiant l’actionnaire, ont provoqué une déflation salariale. Celle-ci entraîne nécessairement une perte de pouvoir d’achat qui se voit compensée par un endettement des individus et une demande de crédit qui deviennent excessifs. La boucle est bouclée… et la crise est devenue tellement profonde qu’il faudra longtemps pour que l’économie sorte enfin de cette phase de désordre pour retrouver une phase de redressement après une consolidation et des remises en question douloureuses. La crise sociale, fille de la crise économique, en est à ses débuts. Viendront ensuite les effets de l’invraisemblable inflation de la quantité monétaire créée par les États.

12 avril 2009

Aveugle !

Il ne fait aucun doute que nous allons revivre une fois encore un grand moment de la politique française. Les prochaines échéances électorales européennes sont précédées par un aménagement du découpage électoral dû à l’évolution et à la répartition démographiques. Le travail du ministère de l’Intérieur n’est pas terminé à ce jour que déjà on entend l’opposition hurler au « charcutage électoral » ! Ce travail prévoit actuellement la disparition de 33 circonscriptions. L’opposition compte 23 d’entre elles comme étant tenues par la gauche, le ministère de l’Intérieur n’en concède que 18. Qui dit vrai ? Je serai tenté de dire peu importe. Il n’y a vraisemblablement, dans cette indignation, que la crainte des élus actuels de perdre leur siège et les avantages qui y sont associés. Il est certain, par contre, qu’au milieu de la crise économique et sociale dans laquelle le pays est plongé, il n’y a rien de plus urgent que de s’indigner du redécoupage électoral ! Mais il faut bien que l’opposition trouve, faute d’idées et de propositions en la matière, un prétexte pour se faire entendre … et faire croire qu’elle existe encore ! L’aveuglement politicien lui fait perdre le sens commun.

10 avril 2009

Le plus beau tableau du monde

C’est le petit matin. La pluie, lourde et froide, vient juste de s’arrêter. L’air est transparent, nettoyé des poussières de la ville, soulevées par les chevaux du chemin de halage. Traversant les gros nuages, vestiges de l’averse, un rayon de soleil vient frapper la tour de la nouvelle église et les maisons voisines ainsi que le petit pan de mur jaune qui a tant frappé Marcel Proust, laissant dans l’ombre celles qui s’alignent le long du quai de Lange Geer. Le vent est tombé et l’eau du canal a retrouvé son calme, précisant les reflets bleutés de la ville et de ses remparts. La transparence de l’air donne au dessin des toits et des pignons crénelés une netteté surprenante. Rien n’arrête le regard qui traverse sans obstacle le vide du clocher de la nouvelle église. Les villageois, un moment calfeutrés pendant l’averse, sortent à nouveau et viennent, au gré des rencontres, discuter sur les bords du canal. Le chant des oiseaux matinaux, un moment interrompu, a repris et souligne le calme et la lenteur de l’instant. Le grincement des accastillages des lourds bateaux en partance pour Rotterdam et accostés sur l’autre rive du canal rebondit sur le miroir de l’eau. La journée commence…
C’est le plus beau tableau du monde.

06 avril 2009

Dieu

Dieu a créé l’homme à son image, nous dit-on. Alors, voilà son image :
• Il y a ceux qui tuent les enfants dans les cours d’école.
• Il y a ceux qui font exploser des bombes au milieu de la foule.
• Il y a ceux qui font du commerce avec des médicaments périmés.
• Il y a ceux qui prostituent des femmes et des enfants.
• Il y a ceux qui font du tourisme sexuel.
• Il y a ceux qui font du commerce avec de la drogue vendue aux enfants.
• Il y a ceux qui exterminent leur peuple pour être au pouvoir.
• Il y a ceux qui jettent leur merde à la mer.
• Il y a ceux qui empêchent les filles d’aller à l’école.
• Il y a ceux qui lapident les femmes.
• Il y a ceux qui prennent des innocents en otage.
• Il y a ceux qui s’enrichissent par la dictature.
• Il y a ceux qui font exploser les avions sur les villes.
• Il y a ceux qui font la chasse aux juifs.
• Il y a ceux qui inventent les chambres à gaz.
• Il y a ceux qui tracent des croix gammées.
• Il y a ceux qui bombardent les civils.
• Il y a ceux qui torturent.
• Il y a ceux qui tuent pour voler.
• Il y a ceux qui violent.
• Il y a ceux qui arment des enfants.
• Il y a ceux qui jettent les migrants à la mer.
• Il y a ceux qui affament le peuple.
• Il y a ceux qui sont coupables du délit de fuite.
• Il y a ceux qui recommencent.
• Il y a ceux qui transforment la religion en arme de guerre.
• Il y a ceux qui trahissent pour le pouvoir ou l’argent.
Enfin il y a les spéculateurs, les banquiers et les grands patrons.

03 avril 2009

Collapsus

La thermodynamique explicite les lois qui conditionnent le fonctionnement énergétique des systèmes et des processus qui les composent. La première d’entre elles stipule la conservation de l’énergie. L’énergie consommée lorsqu’une automobile brûle une quantité donnée de pétrole se retrouve intégralement dans le travail permettant le déplacement de l’engin et à la chaleur dispersée par tous les frottements et par les processus d’ignition et d’échauffement du moteur. C’est ce principe de conservation de l’énergie qui interdit le mouvement perpétuel c’est-à-dire la production d’énergie sous une certaine forme sans en consommer par ailleurs sous une autre forme. Nous consommons de l’énergie sous toutes ses formes, mais nous produisons des déchets. Le second principe, dit aussi principe d’évolution, s’attache à décrire l’évolution des processus irréversibles. En effet, l’expérience et l’évidence nous montrent que certains évènements ne peuvent se dérouler en sens inverse, comme la fonte d’un morceau de sucre dans une tasse de café. À ces processus, le second principe attache une fonction d’état dite entropie (introduite par Rudolf Clausius en 1865) qui ne peut que croître pendant l’évolution d’un système entre deux états successifs. Cette grandeur mesure le désordre grandissant qui s’installe dans le système. Elle mesure également l’impossibilité de décrire complètement l’état d’un système (d’après les travaux de Boltzmann), c’est-à-dire notre ignorance sur la réalité de ce système. Ainsi, plus un processus est complexe, plus notre ignorance sur son comportement détaillé est grande.
Or, l’évolution de la société humaine se traduit par une complexité croissante des processus. Il n’est que d’écouter les discours contradictoires, parfois simplistes, sur le fonctionnement économique du monde pour comprendre que la complexité réelle des processus étudiés dépasse l’entendement des plus informés. Cette incompréhension vient nécessairement du niveau d’ignorance de leur fonctionnement réel. Leur entropie est donc élevée et s’accroît constamment. Donc, si l’entropie s’accroît, le désordre également. La crise que nous vivons actuellement en est un prodrome vraisemblable. La gloutonnerie du monde en énergie est devenue incontrôlée et les processus de consommation énergétique pillent, de façon irréversible, les matières premières fossiles et l’environnement en produisant une quantité croissante de déchets dont le monde ne sait plus que faire, sinon de les déverser parmi les populations les plus pauvres qui y trouvent, non sans danger et à la grande honte du genre humain, de quoi survivre. L’entropie d’un système est directement liée aux échanges. La sophistication exponentielle de la société humaine se traduit par une explosion du nombre et de la valeur des échanges entre les différents composants du système et leur environnement. L’entropie augmente donc de façon considérable. Jusqu’où peut croître l’entropie d’un tel système emballé ? Nul ne le sait, mais il ne peut être exclu que cette augmentation inconsidérée et non maîtrisée ne conduise à un collapsus généralisé car systémique. C’est ainsi qu’à l’inconscience criminelle s’ajoute l’ignorance inavouée. L’époque actuelle cherche un moyen de se rassurer en inventant le concept de
« développement durable », sans se rendre compte que le développement porte en lui une entropie croissante et que la durabilité sans borne est impossible. Il s’agit donc d’un oxymore anesthésiant.
La mesure du désordre s’appuie sur l’expérience du mélange de deux gaz, initialement séparés. Lorsque le mélange est terminé, la diffusion réciproque des gaz entraîne une répartition au hasard des différentes molécules, preuve de l’augmentation du désordre. Mais on peut pousser un peu plus loin l’analyse de cette expérience pédagogique. En effet, après diffusion, tout volume du mélange est semblable à tout autre partie. C’est-à-dire que le désordre s’accompagne de l’uniformité. On peut constater le même effet dans la société humaine actuelle. La culture, les modes de vie, les idées, les comportements s’uniformisent et les particularités s’estompent. Nous devenons un simple mouton anonyme au sein d’un troupeau uniforme. Cette uniformisation entraîne la disparition des exceptions. Où sont, aujourd’hui, Vermeer et Monet, Michel-Ange et Camille Claudel, Montaigne et Camus, Apollinaire et Rimbaud, Mozart et Boulez, Montesquieu et Sartre, Newton et Einstein ? Ils sont morts pour la seconde fois…

29 mars 2009

Le bouclier de la discorde

L’antienne la plus entendue venant de l’opposition est l’injustice du bouclier fiscal qui, entend-on dire, favoriserait d’une manière insupportable les plus riches d’entre nous. Mais qui connaît l’ampleur de l’enjeu ? En premier lieu, l’Allemagne a inscrit dans sa constitution un bouclier fiscal à 50% du revenu...et les Allemands ne crient pas au scandale. Ensuite, le principe d’un bouclier fiscal a été élaboré par Laurent Fabius, mis en œuvre par Jacques Chirac et Dominique de Villepin et atteignait alors 60% du revenu. Qui est concerné ? Cette disposition vise essentiellement les contribuables qui possèdent un patrimoine supérieur à 15,5 millions d’Euros, c’est-à-dire 834 personnes ! Comment peut-on croire qu’accroître les impôts payés par 834 personnes peut améliorer la vie des 60 millions de Français ! Soyons encore plus précis. L’enjeu financier représenté par le manque à gagner depuis l’instauration de cette disposition est de 450 millions d’Euros, à comparer aux 1000 milliards d’Euros du total des prélèvements fiscaux payés par l’ensemble des Français ! Sur ce montant global, l’impôt sur le revenu ne représente que 5%, soit 50 milliards d’Euros. Alors, de qui se moque-t-on lorsque l’on porte comme un drapeau de la révolte la suppression du bouclier fiscal ? De qui se moque-t-on lorsque, aveuglée par son rejet viscéral du Président de la République, l’opposition s’enferme dans un débat secondaire, même si la symbolique reste forte et n’est jamais à négliger ? Cet aveuglement lui fait perdre de vue les deux problèmes fondamentaux que sont l’existence des paradis fiscaux et du « dumping » fiscal entre les pays européens. Lorsque l’on entend un banquier suisse expliquer que la protection de la vie privée est prioritaire sur la transparence fiscale, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec les intégristes islamistes qui clament que la loi de Dieu prévaut sur la loi des hommes. Lorsque la société même est menacée, il serait judicieux que les politiques de tous bords agissent de conserve. Rêvons un peu !!

28 mars 2009

Perseverare diabolicum

La loi est un ensemble de règles obligatoires établies par l'autorité d'une société, sanctionnée par la force publique et qui organisent les relations entre les hommes de cette société. C’est ainsi que les Tables de la Loi, où sont inscrits les Dix Commandements, organisent les relations entre les Chrétiens. La morale, quant à elle, est un ensemble de principes, de règles de conduite relatives au bien et au mal, de devoirs et de valeurs qu'une société se donne et qui s'imposent autant à la conscience individuelle qu'à la conscience collective. Lorsque l’on compare ces deux définitions, il apparaît que la morale a son existence propre sans que la loi n’ait à intervenir. La loi n’existe donc que lorsque la conscience s’affadit et lorsque la société est sans morale. Ainsi, lorsque des individus profèrent des insultes racistes ou négationnistes, ils piétinent la morale et les valeurs d’un humanisme nécessaire. C’est pourquoi la loi est intervenue pour interdire de tels comportements publics afin qu’une sanction puisse être prise. Lorsque la morale est absente, la loi vient combler le manque. Le microcosme financier a plongé le monde entier dans une crise si profonde que personne aujourd’hui ne sait ni quand ni comment en sortir et qui a déjà fait des millions de victimes. Le système financier est indispensable au fonctionnement de l’économie, donc à la vie de tous.Les responsables des États ont été contraints d’intervenir pour sauver les organismes financiers de la faillite. Ces mêmes organismes sont, en quelque sorte, coupables d’une tentative de meurtre sur le monde économique et d’un comportement amoral. Comme beaucoup de voyous pris « la main dans le sac » et qui nient l’évidence, on voit se multiplier des comportements de managers des organismes financiers qui, contempteurs de la morale, l’insultent en « oubliant » le désastre qu’ils ont provoqué. Les parachutes dorés, les retraites chapeaux, les bonus et les primes, les stock-options continuent de faire flores dans le monde des entreprises sous perfusion publique. L’indignation naît lorsque la morale est ainsi insultée. La loi devient donc nécessaire, même si légiférer dans le fonctionnement des entreprises peut comporter des dangers. L’État doit donc légiférer fortement dans le domaine des rémunérations de toutes sortes des managers des entreprises ayant reçues des aides publiques et laisser à l’impôt la régulation au sein de toutes les autres entreprises, quitte à prendre le risque d’encourager le déplorable et démagogique penchant des Français à vilipender « les patrons ».

25 mars 2009

Hypocrisie ou ignorance ?

Le carnet de commande d’une entreprise est une prévision d’activité pour les mois à venir. Lorsque ce même carnet montre une chute de 20 à 40% de l’activité prévisionnelle, que croyez-vous que le chef d’entreprise doive faire ? Gouverner, dit-on, c’est prévoir. Avec un carnet de commande en chute libre, il est donc du devoir de ce chef d’entreprise d’en prévoir les conséquences. La pire attitude serait de ne rien faire, ce qui conduirait infailliblement l’entreprise à la faillite. La prévision porte donc sur la mise en adéquation de l’outil de production avec le futur carnet de commande. Or le re-dimensionnement de l’outil de production a obligatoirement des répercussions sur les emplois. C’est pourquoi il n’est pas surprenant qu’une entreprise faisant des bénéfices en 2008 mais ayant un carnet de commandes 2009 en forte régression prévoit des licenciements en 2009. Ceux qui s’insurgent contre cela en criant haut et fort qu’une entreprise qui fait des bénéfices n’a pas le droit de licencier montrent tout simplement qu’ils ne connaissent rien à la gestion d’entreprise. Lorsque « ceux-là » sont des hommes politiques ou des syndicalistes, la situation devient grave. Les économistes et les prévisionnistes de tous crins et de tous bords annoncent chaque jour des prévisions de plus en plus pessimistes pour cette année, allant jusqu’à une diminution de 2 à 3% du PIB national, ce qui représente une baisse d’activité annuelle de 45 milliards d’Euros. Comment, dans ces conditions, les chefs d’entreprises ne prévoiraient-ils pas une réduction inéluctable du nombre de leurs salariés ? Qu’ont-ils d’autre comme variable d’ajustement ? Certes, ils pourraient réduire tous les salaires de 5% à 20% selon les secteurs! Qui l’accepterait ? Alors, que les hommes politiques et les syndicalistes cessent de tenir un discours qui ne peut que tromper le peuple et acceptent le fait qu’une entreprise ayant fait des bénéfices en 2008 prévoit des licenciements en 2009. Gouverner c’est prévoir. Les entrepreneurs le font, les politiques devraient le faire ! Encore faut-il que les patrons des grands groupes retrouvent le chemin de la morale et cessent de s’octroyer, par des moyens divers et variés, des émoluments scandaleux qui entretiennent un état d’esprit général défavorable à l’ensemble des entreprises. Et un pays qui n’aime pas ses entreprises prend le chemin de la récession et de la crise sociale.

24 mars 2009

De la hiérarchie des questions

La complexité croissante des organismes terrestres a permis l’avènement de l’homo-sapiens, capable de se poser des questions sur les raisons de son existence. L’ère des idées est née au même instant. L’homme est devenu capable de s’interroger sur n’importe quoi … surtout sur n’importe quoi ! Même de se questionner sur son questionnement, raisonnement par récurrence s’il en est. Dans le droit-fil de ces interrogations par récurrence, la question se pose sur la hiérarchie des questions et, donc, sur les recherches de réponses. Est-il plus important de s’interroger sur l’homme, son habitus, son hubris, sa violence, l’organisation de la société humaine ou sur le monde qui le supporte ? Est-il plus important de comprendre le fonctionnement de la nature humaine ou les lois qui gouvernent l’évolution de l’Univers ? Certes, ces deux questions méritent une certaine attention, mais alors, pourquoi certains esprits sont-ils parfaitement insensibles à l’une ou l’autre de ces deux questions ? Pourquoi certains pensent que rien n’a d’importance ni d’intérêt en dehors de l’étude de l’homme et des rapports sociaux, alors que d’autres sont convaincus que sans la compréhension de l’évolution universelle, toute autre question est superflue ? Est-il plus important de réfléchir à la désespérante insignifiance de l’homme perdu dans un cosmos dont il ne comprend rien ou à l’étonnante vivacité et volonté du petit enfant à prendre la maîtrise de son environnement ? L’importance de l’étonnement sera le même dans les deux cas.

23 mars 2009

Aveuglement

Nous venons d’assister à un événement stupéfiant sans qu’il n’ait reçu l’écho qu’il mérite. En effet, devant l’attitude invraisemblable des dirigeants américains d’AIG – qui s’octroient des bonus monstrueux alors qu’ils sont en partie responsables de la crise mondiale actuelle – les démocrates et les républicains du Congrès ont voté, presque immédiatement et ensemble, une loi confiscatoire de ces primes. Ce qu’il y a de surprenant dans ce fait est, d’une part, qu’une telle loi soit votée en quelques jours dans un pays où le libéralisme capitaliste est une religion et, d’autre part et surtout, que cette loi soit votée par la majorité et l’opposition dans un même mouvement d’indignation civique et pour le bien commun. On rêve de voir enfin, en France, une majorité et une opposition parlementaires travailler de conserve pour sortir le pays de la crise profonde où il s’enfonce, en faisant fi de leurs divergences idéologiques et polémiques. Quels drames faut-il qu’il advienne pour que les hommes politiques unissent leurs forces et leur intelligence (si elle existe !) et pour qu’ils consentent à oublier un moment leurs préoccupations électorales à court terme et à courte vue ? Mais les socialistes préfèrent polémiquer sur un bouclier fiscal dont l’enjeu atteint difficilement quelques millions d’Euros (alors que la perte d’activité nationale est prévue à hauteur de 45 milliards d’Euros environ !) et utiliser ce prétexte pour s’opposer au gouvernement, alors que l’État s’est endetté de plusieurs dizaines de milliards pour tenter de ralentir les effets de la crise. Pourquoi, si le consensus est à ce prix, le gouvernement ne prend-il pas en considération les critiques de l’opposition ? Pourquoi majorité et opposition n’arrivent-elles pas à se mettre d’accord sur le diagnostic et sur la meilleure stratégie à mettre en œuvre ? Pendant que les arrière-pensées fleurissent dans le monde politique et obèrent les chances de succès, les drames se multiplient dans le monde ordinaire du peuple qui entend un discours préfabriqué et polémique dans lequel les « petites phrases » prennent plus de place que les idées.

19 mars 2009

Indignation et préservatif

L’objectivité est fragile lorsque l’émotion est présente. L’indignation unanime suscitée par les déclarations papales concernant l’utilisation du préservatif brouille la compréhension du discours. Comprendre ne veut pas dire être d’accord, mais refuser sans comprendre est faire preuve d’aveuglement. Lorsque le pape condamne le préservatif, il ne fait que répéter, sans surprise, la position de l’Église catholique. Ce n’est pas la première fois que celle-ci se trouve en décalage avec la société ou la science. Il lui a fallu plusieurs siècles pour abandonner le créationnisme, encore qu’il subsiste des adeptes de cette ineptie. Cette posture de l’Église est donc réactionnaire et rétrograde. Mais l’indignation ne vient pas vraiment de ce refus. Tous ceux qui s’insurgent, stigmatisent l’affirmation papale soulignant que l’utilisation du préservatif aggrave la propagation du sida. À première vue, cette déclaration heurte le sens commun. C’est oublier que le pape est un intellectuel, vraisemblablement coupé des contingences ordinaires, enfermé dans son univers des idées, ce qui lui a déjà valu des déclarations critiquables et critiquées. En fait, en soutenant cette idée, le pape ne fait qu’affirmer une fois de plus, que la seule issue acceptable pour l’Église est la fidélité conjugale et l’abstinence. Benoît XVI s’élève contre l’existence même du préservatif car il y voit une facilité pour déroger, sans risque, à la loi de l’Église. Et c’est cela qu’il condamne en disant que le préservatif aggrave la situation. Ce qu’il n’accepte pas, c’est la supposée facilité, et donc la vraisemblable tentation, poussant à l’infidélité, source de la maladie. On peut ne pas être d’accord avec cette opinion, mais on ne peut pas reprocher au pape d’être en pleine conformité avec les lois de l’Église catholique. Ce que l’on peut regretter, à juste titre, est qu’il faille tant de temps à l’Église pour s’accorder avec son siècle. Quand comprendra-t-elle que le dogme n’est pas légitime lorsqu’il va à l’encontre de la lutte pour la vie et quand prendra-t-elle conscience de l’aporie existant dans la condamnation de l’avortement au prétexte de préserver la vie et celle du préservatif au risque de mettre cette même vie en péril ? Peut-être le pape ne sait-il pas que le sida a fait 25 millions de morts ? Il serait temps qu'il s'informe...

13 mars 2009

Dedans ou dehors ?

L’OTAN est né en 1949 après la seconde guerre mondiale, avec le fort assentiment français qui craignait un futur relèvement de l’Allemagne et les menaces du monde communiste organisé autour du Pacte de Varsovie. Peu à peu, cet organisme est devenu un outil à la disposition des Américains pour canaliser, voire influencer les politiques économiques et étrangères des pays occidentaux. Le général De Gaulle, arrivé au pouvoir, a pris la décision de retirer la France de cet organisme. Pour quelles raisons ? Tout d’abord, le général avait lancé la réalisation de la force de frappe nucléaire française et il n’admettait pas, à juste titre, que l’utilisation de cette arme stratégique puisse, d’une manière ou d’une autre, être soumise à l’approbation des USA, ce qui est le cas de l’arme nucléaire britannique. Ensuite le monde s’est trouvé, dans les années 60, soumis à la bipolarisation USA-URSS du fait de la guerre froide. Afin de n’être pas soumis aux contingences de ce bipolarisme, De Gaulle tente de développer une politique originale de multilatéralisme et, en 1966, se retire du commandement intégré de l’OTAN, tout en en restant membre, pour crédibiliser sa politique étrangère. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Son retrait du commandement intégré n’a pas empêché la France de participer à toutes les opérations menées par l’OTAN lorsque cet organisme a fait appel à elle, sans pouvoir participer aux choix du commandement puisqu’elle s’en est retirée : Bosnie, Kosovo, Macédoine, Afghanistan. Il n’y a guère qu’en Irak où la France a pris une position différente. De plus, la participation de l’Allemagne au commandement de l’OTAN n’a pas empêché celle-ci de refuser de participer à la guerre en Irak. Depuis l’effondrement de l’URSS, le bipolarisme a cédé la place à un multilatéralisme de fait, ce que prévoyait le Général De Gaulle. C’est-à-dire qu’une moitié des raisons du retrait de la France a aujourd’hui disparu. Reste l’arme nucléaire française. Là se situe le vrai problème posé par l’éventuelle réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Il serait inadmissible que l’utilisation de la force de frappe française ne dépende pas exclusivement du Président de La République Française qui est le chef suprême des armées. Y a-t-il vraiment un risque ? Cela n’est pas crédible.
Mais, au fait, quelle est la mission de l’OTAN aujourd’hui, le Pacte de Varsovie ayant vécu ?

10 mars 2009

La corporation des élus

Certes, en face de la crise que traverse le pays, la réforme n’a pas un caractère d’urgence évident. Cependant, lorsque l’État s’endette vraisemblablement au-delà du raisonnable, où la dette atteint 5% du PIB et où le déficit budgétaire sombre dans les abysses, il peut être important de réduire, là où cela est possible, le coût de fonctionnement de l’État. Or, d’importantes économies peuvent être facilement trouvées en éliminant l’empilement excessif des structures administratives de la France : la commune (36.000 !!), la communauté de communes, le canton, le département, la région, la communauté urbaine, l’État. À chaque étage, une armée de fonctionnaires avec des élus à sa tête, des moyens mis en œuvre souvent redondants. Ne serait-il pas raisonnable de simplifier ? C’est l’objet même de la Commission Balladur qui a remis ses propositions il y a quelques jours. Nous avons encore en mémoire les discours des hommes politiques de tout bord affirmant qu’il fallait simplifier d’urgence cet imbroglio administratif français, responsable de son inefficacité et de multiples confusions de responsabilités. À peine le travail de la Commission Balladur est-il remis à la présidence que ces mêmes politiques, de droite comme de gauche, s’élèvent avec virulence et une mauvaise foi évidente et confondante contre toute modification de la situation actuelle, animés par la peur panique de perdre leur qualité d’élus et les avantages considérables qui y sont attachés. Décidément, le corporatisme n’existe pas seulement dans les rangs syndicaux. Les parlementaires sont là pour donner l’exemple !! Quand y aura-t-il, en France, des hommes politiques qui auront le sens de l’intérêt général et le courage de le servir ? Mais, il faut bien avouer que cette attitude n’est pas propre à la France. Si nos députés préfèrent leur commune à la France, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg préfèrent la crise mondiale au lever du secret bancaire ! La courte vue est l’apanage de tous les politiques.

08 mars 2009

Incertitude infinie

Dans un précédent libelle intitulé « Le propre de l’homme » je m’interrogeais sur les différences entre l’homme et l’animal. Aujourd’hui, je voudrais apporter un correctif, ou plutôt un additif. Il existe deux caractéristiques essentielles à l’espèce humaine que j’ai oubliées d’invoquer. Nostalgique de son cocon placentaire, l’homme est constamment à la recherche d’une protection qui lui serait due (en France, cela s’appelle l’État providence et se concrétise dans un slogan : tous fonctionnaires !). De plus, poussé en cela par les religions monothéistes, l’homme se considère comme le centre du monde, c’est-à-dire qu’effectivement tout lui est dû et le monde a été créé pour lui, comme s’il avait passé un contrat synallagmatique avec Dieu. Revendication de protection et égocentrisme, voilà deux caractéristiques complémentaires de l’espèce humaine. Il est donc dans la nature des choses que la première vision que l’homme se soit construit du monde, lorsqu’il s’est interrogé à ce sujet, fut un monde clos et protecteur devant un infini angoissant, et géocentrique, c’est-à-dire dont il occupe le centre, devenant ainsi la justification même de l’Univers. L’Église a toujours invoqué un monde créé par Dieu pour l’homme et pour lui seul, dont il était naturellement le centre. Et seul Dieu pouvait tutoyer l’infini.
Cependant, de tout temps, certains hommes ont cherché à comprendre ce monde en tournant leur regard vers les étoiles. Son infinitude a toujours été une interrogation, mais surtout une difficile appréhension. Déjà, au VIème siècle avant notre ère, Anaximandre de Miles évoquait l’Apeiron, illimité et éternel, réceptacle du mondes clos des hommes. Un siècle plus tard, en écho à Parménide évoquant un monde fini, « comme une balle bien ronde », Archytras de Tarente pose, pour la première fois le paradoxe du bord : que se passe-t-il si, arrivé à la frontière du monde, je masse la main à travers elle ? Il en tire la conclusion que le monde ne peut être qu’infini. Puis vint Aristote, dont la Physique allait imprégner les siècles suivants. Pour lui, le monde n’est pas un espace, mais un « lieu » qui contient le monde clos et sphérique dont la Terre est le centre. Au-delà de la sphère des étoiles, il n’y a tout simplement rien. Pourtant, si Aristote réfute l’infiniment grand de l’Univers, il identifie paradoxalement l’infinie divisibilité d’une ligne (pour lui l’atome de Démocrite n’existe pas) et donc l’existence d’un infiniment petit potentiel. L’homme est toujours au centre. Il faut attendre Aristarque de Samos pour expulser l’homme du centre du monde et le placer en mouvement autour du soleil : le modèle héliocentrique est né mais reste fini. Avicenne et Maimonide reprendront à leur compte, au Xéme et au XIIéme siècle, le concept d’Univers fini, tentant même de déterminer sa dimension. Cette vision restera celle de Copernic au XVéme siècle. Il faudra attendre encore une centaine d’années pour que Giordano Bruno donne ses lettres de noblesse à la cosmologie infinitiste, « car Dieu aux pouvoirs infinis ne peut avoir créer qu’un monde infini ». Mais si l’Univers est infini, alors la pluralité des mondes est inévitable. Cette conclusion lui vaudra le bûcher, l’Église ne pouvant abandonner le caractère sacré de l’homme et donc son unicité. Le siècle suivant, dominé par Kepler, Galilée et Newton, conservera cette vision d’un Univers fini, même si Galilée instille un doute en affirmant « qu’il n’est pas encore décidé si l’Univers est fini ou infini ». Ce n’est qu’au XXème siècle qu’Albert Einstein jettera les bases de la cosmologie moderne en s’appuyant sur des mathématiques nouvelles (les géométries riemanniennes) pour décrire un Univers fini mais sans limites. En résolvant le paradoxe de la portée infinie et immédiate de la gravitation par une solution géométrique de l’Univers, Einstein a ouvert la voie de la cosmologie moderne d’aujourd’hui. Nous savons, à présent, que la géométrie de l’Univers, et donc sa finitude ou son infinitude, dépend de deux paramètres essentiels : la courbure (qui elle-même est fonction de la densité du contenu matériel de l’Univers) et d’un paramètre appelé constante cosmologique. L’incertitude actuelle sur la valeur de ces deux paramètres nous ramène donc à l’interrogation de Galilée : nous ne savons pas aujourd’hui, avec certitude, si l’Univers est infini ou non. Vingt-six siècles se sont écoulés depuis que l’homme s’interroge sur le cosmos et nous n’avons toujours pas de réponse. En aurons-nous jamais une ?