On ne peut qu’être frappé par la simplification, voire le simplisme, et par la répétitivité du discours politique, construit à partir de formules usées jusqu’à la corde à force d’être répétées (la logique comptable, la politique du chiffre, changer le projet de société, dans ce pays, il faut être en capacité, ce que veulent – ou ne veulent plus – les Français, il faut faire bouger les lignes, etc …). Dès qu’un homme politique, quelle que soit son appartenance, prend la parole, nous connaissons d’avance les grandes lignes et le ton général de son discours, les formules qu’il va utiliser. Pourquoi ce schématisme réducteur, quelles en sont les raisons ? Il existe une petite quinzaine de partis politiques (depuis le NPA d’extrême gauche jusqu’au FN d’extrême droite) mais on identifie facilement trois types de discours politiques seulement : le discours sectaire des extrêmes fait essentiellement d’anathèmes et de provocations, le discours de l’opposition construit sur la seule contestation systématique du pouvoir, le discours de la majorité réduit à l’apologie chattemite, voire la justification sommaire, des actions gouvernementales et présidentielles. Chaque type de discours est construit à partir d’idées figées une fois pour toutes, agrémentées d’expressions préfabriquées. Quinze partis et trois types de discours donnent la preuve de cette simplification du propos politique. Il n’y a pratiquement aucune différence entre les discours d’un député vert et d’un socialiste, entre ceux d’un député UMP et du Nouveau Centre. La polémique remplace le débat d’idées. Il est légitime de se poser la question de savoir quelle est la cause de cet appauvrissement du discours. L’homme politique a en charge la vie de la cité et de ses processus de régulation. Or les problèmes de la cité sont d’une technicité et d’une complexité croissantes qui sont la cause d’une difficulté d’appréhension dans un cadre qui s’élargit et se mondialise, où la multiplicité des groupes est elle-même croissante (partis politiques, associations, clubs de réflexion et « think tanks », …). De plus, l’information immédiate et mondialisée, la pression permanente des médias, imposent à l’homme politique une réaction immédiate sans avoir le temps d’une analyse sérieuse. Il devient de plus en plus difficile pour cet homme politique de maîtriser tous les aspects de la vie économique et sociale du pays. Faute de cette maîtrise, ce dernier a de plus en plus de mal à formuler des idées qui, non seulement, abordent l’ensemble des problèmes dans toute leur complexité, mais qui puissent être exposées clairement au citoyen dont la démocratie impose l’intervention. Le citoyen n’a, quant à lui, ni le temps ni la capacité intellectuelle de comprendre et d’assimiler la complexité du monde. Faute de développer des idées et devant la difficulté d’expliquer et de se faire comprendre, l’homme politique aligne ainsi les anecdotes dans un exercice de « storytelling » et se limite aux critiques simplistes. Il est plus simple et plus facile, plutôt que de présenter une analyse débouchant sur une idée originale, de se contenter de qualifier une initiative d’opportuniste à cause de la proximité d’une élection, argument facile car, compte tenu des nombreuses élections, européennes, régionales, cantonales, législatives, présidentielles, on est toujours proche d’une élection. Il est plus aisé de se cantonner à des critiques sur la personne plutôt que de participer à un véritable débat d’idées. Ainsi, l’homme politique a tendance à tenir un discours à la fois catégoriel pour obtenir plus facilement l’adhésion de son auditoire, et en même temps très général et se réduisant à des critiques doctrinaires pour éviter de s’aliéner d’éventuels soutiens. Nous sommes dans l’ère du superficiel et de l’immédiat et un monde qui ne réfléchit plus est un mode sans âme.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
01 décembre 2009
Le discours politique
On ne peut qu’être frappé par la simplification, voire le simplisme, et par la répétitivité du discours politique, construit à partir de formules usées jusqu’à la corde à force d’être répétées (la logique comptable, la politique du chiffre, changer le projet de société, dans ce pays, il faut être en capacité, ce que veulent – ou ne veulent plus – les Français, il faut faire bouger les lignes, etc …). Dès qu’un homme politique, quelle que soit son appartenance, prend la parole, nous connaissons d’avance les grandes lignes et le ton général de son discours, les formules qu’il va utiliser. Pourquoi ce schématisme réducteur, quelles en sont les raisons ? Il existe une petite quinzaine de partis politiques (depuis le NPA d’extrême gauche jusqu’au FN d’extrême droite) mais on identifie facilement trois types de discours politiques seulement : le discours sectaire des extrêmes fait essentiellement d’anathèmes et de provocations, le discours de l’opposition construit sur la seule contestation systématique du pouvoir, le discours de la majorité réduit à l’apologie chattemite, voire la justification sommaire, des actions gouvernementales et présidentielles. Chaque type de discours est construit à partir d’idées figées une fois pour toutes, agrémentées d’expressions préfabriquées. Quinze partis et trois types de discours donnent la preuve de cette simplification du propos politique. Il n’y a pratiquement aucune différence entre les discours d’un député vert et d’un socialiste, entre ceux d’un député UMP et du Nouveau Centre. La polémique remplace le débat d’idées. Il est légitime de se poser la question de savoir quelle est la cause de cet appauvrissement du discours. L’homme politique a en charge la vie de la cité et de ses processus de régulation. Or les problèmes de la cité sont d’une technicité et d’une complexité croissantes qui sont la cause d’une difficulté d’appréhension dans un cadre qui s’élargit et se mondialise, où la multiplicité des groupes est elle-même croissante (partis politiques, associations, clubs de réflexion et « think tanks », …). De plus, l’information immédiate et mondialisée, la pression permanente des médias, imposent à l’homme politique une réaction immédiate sans avoir le temps d’une analyse sérieuse. Il devient de plus en plus difficile pour cet homme politique de maîtriser tous les aspects de la vie économique et sociale du pays. Faute de cette maîtrise, ce dernier a de plus en plus de mal à formuler des idées qui, non seulement, abordent l’ensemble des problèmes dans toute leur complexité, mais qui puissent être exposées clairement au citoyen dont la démocratie impose l’intervention. Le citoyen n’a, quant à lui, ni le temps ni la capacité intellectuelle de comprendre et d’assimiler la complexité du monde. Faute de développer des idées et devant la difficulté d’expliquer et de se faire comprendre, l’homme politique aligne ainsi les anecdotes dans un exercice de « storytelling » et se limite aux critiques simplistes. Il est plus simple et plus facile, plutôt que de présenter une analyse débouchant sur une idée originale, de se contenter de qualifier une initiative d’opportuniste à cause de la proximité d’une élection, argument facile car, compte tenu des nombreuses élections, européennes, régionales, cantonales, législatives, présidentielles, on est toujours proche d’une élection. Il est plus aisé de se cantonner à des critiques sur la personne plutôt que de participer à un véritable débat d’idées. Ainsi, l’homme politique a tendance à tenir un discours à la fois catégoriel pour obtenir plus facilement l’adhésion de son auditoire, et en même temps très général et se réduisant à des critiques doctrinaires pour éviter de s’aliéner d’éventuels soutiens. Nous sommes dans l’ère du superficiel et de l’immédiat et un monde qui ne réfléchit plus est un mode sans âme.
20 novembre 2009
18 novembre 2009
Le temps du tragique et du dérisoire
Nous vivons une époque formidable. Le pays traverse une crise sans précédent et les socialistes passent leur temps dans la détestation les uns des autres. L’opposition, en panne d’idée de gouvernement, passe son temps à se quereller sur des questions de préséance en s’invectivant à qui mieux mieux. Ségolène Royale se comporte comme une garce populiste, une harpie démagogique, une institutrice acariâtre morigénant des élèves dissipés et plonge le parti socialiste dans une scène de ménage ridicule. Le pays manque de politiques à la stature d’homme d’État et voilà que Patrick Sébastien veut créer son parti ! Les clowns veulent prendre le pouvoir. Le petit bonhomme en mousse est sûrement le programme le plus adapté au pays en ce moment… Les Français plébiscitent comme futur Président de la République un homme, DSK, dont on ne connaît absolument rien de sa vision politique et de son éventuel programme. En Argentine, 45.000 personnes meurent de faim chaque année parce que les terrains agricoles sont envahis par les cultures de soja destinées aux biocarburants. Les hommes sont sacrifiés pour faire rouler les bagnoles ! La prédation des terrains agricoles se généralise (20 millions d’hectares), privant les populations locales de leurs ressources alimentaires en supprimant les cultures vivrières. Un milliards d’hommes souffrent de la faim pendant que l’obésité devient une véritable pandémie occidentale. Les terrains de football sont pourris par l’argent, envahis par la violence et le racisme, mais la foule reste fascinée par ce milieu en déliquescence. Pendant que s’entassent dans les tribunes des individus sans avenir et sans repères, sur la pelouse évoluent d’autres personnages dont la Ferrari dort sur le parking du stade. Dans ces jeux du cirque modernes, les condamnés sont dans les tribunes. Les Grands de ce monde tiennent de beaux discours sur la protection de la planète et, d’une année sur l’autre, le taux de CO2 dans l’atmosphère continue d’augmenter. On nous annonce, avec force détail, la fin des paradis fiscaux et de la spéculation bancaire et tout continue comme avant. On nous promet, après le scandale d’Outreau, une réforme de la Justice et tout continue comme avant. On nous promet d’empêcher les délocalisations et tout continue comme avant. Dormez, braves gens !
16 novembre 2009
L’Identité Nationale
Le débat actuel sur l’identité nationale mobilise le microcosme politique et les médias et donne ainsi l’occasion d’entendre n’importe quoi, des opinions qui relèvent davantage du bavardage ou de la polémique. Tout ce tohu-bohu ne viendrait-il pas du fait que le mot est en lui-même un oxymore ? En effet, le mot identité, dans l’acception qu’il prend par exemple dans l’expression « carte d’identité », recouvre ce qui est spécifique à chacun, ce qui est propre et appartient à chaque individu, qu’il ne partage pas. Mais identité a la même racine que le mot « identique » (racine latine idem), qui évoque ce qui est commun, ce qui n’est pas discernable d’un individu à l’autre, ce qui se partage. Le même mot est donc utilisé pour deux significations pratiquement opposées. Il n’est guère étonnant que la confusion s’installe alors dans le débat sur « l’identité nationale ». Le problème est d’identifier, si tant est que cela soit possible, ce qui est commun à tous les individus vivant à l’intérieur d’un pays délimité par des frontières et acceptant les règles de vie commune établies par le pouvoir politique légitime, à un moment donné, à l’intérieur de ces mêmes frontières. Or, les frontières géographiques d’un pays, variables dans le temps, ainsi que le pouvoir politique associé, sont le résultat de toute une Histoire ( « l’Histoire c’est ce qui fout le bordel dans la Géographie » !). Cela entraîne le fait que l’Identité Nationale est variable dans le temps, car elle dépend des faits historiques eux-mêmes. La Gaule a peu de chose en commun avec la France d’aujourd’hui, ni les frontières ni la langue. Et pourtant, nous demandons aux écoliers d’ânonner, sans réfléchir, que nos ancêtres étaient gaulois, même pour ceux dont les parents viennent d’ailleurs. Ce qui est légitime de demander à tout citoyen se réclamant de la nationalité Française (et donc d’exiger de ceux qui la demandent) est d’accepter sans réticence l’Histoire du pays, ses pages glorieuses comme ses moments noirs. Il est impossible de « faire le tri » dans l’Histoire pour se revendiquer des faits historiques consacrés et teintés de grandeur comme la Révolution de 1789 et la Déclaration des Droits de l’Homme et rejeter, dans le même temps des évènements moins glorieux comme la colonisation. Il faut remplacer l’expression « Identité Nationale », trop confuse, par celle « d’Appartenance Nationale » qui fait référence au sentiment de faire partie d’une même communauté, vivant à l’intérieur des frontières du moment et acceptant les mêmes règles de vie commune.
28 octobre 2009
Le virus de la bêtise.
L’univers du Web est, décidément, celui du meilleur et du pire. La grippe A(H1N1) en est un exemple supplémentaire édifiant. Lorsqu’on donne au genre humain la possibilité de s’exprimer anonymement alors l’abject émerge inéluctablement. Les blogs, commentaires et sites dédiés à cette possible pandémie fleurissent sur le Web et les parcourir plonge le lecteur dans l’ahurissement le plus complet. Quelques commentaires que l’on peut trouver à ce sujet :• La grippe porcine de 1970 a eu lieu pendant la présidence de Jimmy carter, démocrate, et voilà une nouvelle épidémie sous Obama démocrate également! Quelle coïncidence ! Il n’y a pas de fumée sans feu…
• Le virus H1N1 n’existe pas, c’est une invention de l’industrie pharmaceutique pour prospérer sur la panique mondiale. Les médias sont, d’ailleurs, complices par l’excès de communication fait sur le sujet, participant ainsi à l’intoxication menée par la « clique » médiatico-politico-industrielle ! La preuve en est que, si la pandémie était réelle, les États fermeraient leurs frontières ! Les industries pharmaceutiques sont devenues des marchands d’armes utilisant la pandémie H1N1 pour permettre la fabrication à très grande échelle d’un vaccin peut-être inutile car la grippe n’est pas dangereuse, tout le monde sait cela ! Il est certain, d’ailleurs que les industries pharmaceutiques n’hésitent pas à « inventer » en laboratoire de nouvelles maladies pour prospérer !
• L’alerte pandémique est une diversion opportune au moment où de plus en plus de gens sombrent dans la misère, la précarité, le chômage, et où les états se sont lourdement endettés pour éponger les pertes des banques au casino boursier.
• Le vaccin contient des agents nanotechnologiques destinés à modifier le patrimoine génétique humain.
• La durée de péremption du Tamiflu a été volontairement écourtée pour permettre au laboratoire américain fabricant d’en vendre davantage.
• Le virus est un « échappé » d’un laboratoire pharmaceutique à la suite de manipulations dangereuses sur des vaccins.
• Les Francs-maçons et les Illuminati ont « élaboré » le virus pour réduire drastiquement la population mondiale. D’ailleurs, ce sont eux les vrais responsables du 11 Novembre 2001. Une journaliste suisse a porté plainte contre l'OMS, les firmes pharmaceutiques fabriquant le vaccin, mais aussi contre Obama, David Rockefeller, George Sorros et la banque Rothschild pour tentative de génocide.
• Les juifs sont à l’origine de la pandémie !! (tiens, tiens … voilà que l’antisémitisme pointe son nez puant !)
Heureusement, à côté du pire, existe aussi le meilleur et certains sites, tenus par des professionnels de la santé, apportent une véritable information. Mais il faut les chercher. Il n’en reste pas moins que cette affaire est formidablement rentable pour l’industrie pharmaceutique qui prospère de façon éhontée.
23 octobre 2009
Lette ouverte à Mr. N. Sarkozy
Monsieur le Président,Vous avez montré un dynamisme certain au début d’une crise financière ayant mis en péril de système bancaire mondial. Vous avez été un acteur essentiel du G20 où ont été prises des décisions concernant ce secteur. Pourtant, aujourd’hui, il faut bien constater que la cible a été manquée. En effet, alors que l’activité économique peine à trouver un début de redémarrage et où le chômage continue d’augmenter, nous assistons à une restauration de l’activité bancaire qui frise la provocation. Cela montre, de façon irréfragable, que l’activité financière des banques (en dehors de la gestion des dépôts et des prêts aux entreprises) est complètement déconnectée de l’activité économique réelle. On peut donc se poser légitimement la question de son utilité. Réduire ou encadrer les bonus des traders ou les émoluments des managers du secteur financier ne sert à rien pour empêcher qu’une crise analogue à celle que nous avons connue ne se reproduise de façon encore plus dramatique. En effet, le problème est ailleurs. Les banques se sont livrées à des activités spéculatives de plus en plus risquées et ont inventé la titrisation pour diluer le risque et le rendre invisible. Et lorsque l’on prend, de façon répétée, un risque devenu non mesurable, il est statistiquement démontrable que ce risque sera avéré un jour ou l’autre. C’est ce qui s’est produit et c’est ce qui est entrain de recommencer. Les banques proposent à leurs clients, à la place des produits toxiques telles les subprimes, des produits nouveaux nommés « structurés » qui sont tout aussi risqués et donc toxiques que les précédents. Ce qui vient de se passer encourage d’ailleurs les banques à se lancer dans une spéculation frénétique puisqu’elles sont assurées maintenant que le contribuable viendra les sauver en cas de crise ! Pourquoi se gêner lorsque les bénéfices sont privés et les pertes publiques. La rapidité avec laquelle les banques remboursent le prêt que les États leur ont consenti est le signe d’une volonté de se débarrasser de toute tutelle publique pour pouvoir recommencer leurs anciennes activités. Ce n’est donc pas les rémunérations qu’il faut encadrer (il suffit de les imposer) mais ce sont les activités spéculatives qu’il faut encadrer de façon drastique, voire interdire. Ne pas le faire est le signe que le pouvoir de l’État est de peu de poids devant le lobby financier.
21 octobre 2009
Il n’y a pas de dessein intelligent
Pendant près de 1800 ans, la pensée Aristotélicienne (384-322 Av.JC) s’est imposée au monde, malgré quelques intuitions fulgurantes mais vite oubliées comme celle d’Anaximandre (VIe Av.JC) et de l’infinitude de l’Univers ou d’Aristarque (310-230 Av.JC) et de l’héliocentrisme. Cette description d’un monde centré sur la Terre, c’est-à-dire sur l’Homme, s’est perpétuée jusqu’à Ptolémée (127-151) qui l’a doté du mécanisme sophistiqué des épicycles, lui donnant ainsi des lois qui faisaient de l’Homme le centre de l’Univers, autour duquel tout s’organise. Puis vint Copernic (1473-1543) qui, construisant une vision héliocentrique, repoussait l’homme à la périphérie d’un monde fini ayant le Soleil pour centre et principe organisateur. Puis le perfectionnement des outils d’observation permit à Galilée de comprendre que nous faisions partie d’un vaste ensemble appelé la Voie Lactée, repoussant ainsi le Soleil et son cortège de planètes, dont la Terre et l’Homme, dans la grande banlieue du monde. C’était porter injure à la création divine dont le grand dessein s’incarne dans l’Homme, centre et maître de l’Univers. L’Église ne pouvait que s’insurger contre une telle construction et força Galilée à se renier. Kepler (1571-1630) et Newton (1642-1727) donnent alors au monde ses lois qui envoient dans l’oubli les épicycles de Ptolémée. Puis, l’observation minutieuse du ciel, s’appuyant sur celles de Tycho Brahé (1546-1601), dévoile l’impensable : la plupart des étoiles n’en sont pas, mais sont, en fait, des organisations galactiques analogues à la Voie Lactée. Giordano Bruno en déduit un Univers infini qui renvoie définitivement aux oubliettes de l’histoire le modèle d’Aristote. L’homme se voit alors relégué à la périphérie d’une galaxie, près d’une étoile secondaire parmi des milliards d’étoiles, elle-même perdue au milieu d’une centaine de milliards d’autres galaxies. L’Univers est non seulement infini, mais il n’a pas de centre. Bien entendu, Giordano Bruno sera brûlé vif sur ordre d’une Église qui ne supporte pas que l’Homme soit devenu un « accident » perdu dans une immensité qui vit la loi des grands nombres et qui laisse penser que la vie n’est pas l’apanage de la seule Terre. Le cosmos est traversé, en permanence, de corps voyageurs dont certains, en grand nombre, ont bombardé la Terre, apportant avec eux les semences de la vie (la panspermie). Comment peut-on croire un seul instant que, seule, la Terre ait eu le privilège de cet ensemencement ? Il y a plus d’une centaine de milliards de galaxies, chacune contenant une centaine de milliards d’étoiles. De tels nombres donnent le vertige. La vie ne peut être qu’un phénomène banal du cosmos. Rien, plus rien, ne distingue la Terre des autres corps de l’Univers et, même si l’apparition de la vie est une suite invraisemblable d’évènements improbables, tout laisse à penser que d’autres planètes vivent, ou ont vécu, une histoire analogue. La Terre, et l’homme sur la Terre, n’ont rien d’exceptionnel et ne peuvent relever ni d’un destin choisi ni d’un « dessein intelligent ». L’Homme a émergé par hasard dans l’immensité indifférente de l’Univers.
17 octobre 2009
La première fois
Le temps est assassin,Il emporte avec lui
Le rire des enfants
Et les Mistral gagnants
(Renaud)
C’est tout d’abord la première enfance, l’âge du premier cri, de la première dent, de la première bougie, du premier pas.
Puis vient l’enfance, l’âge de la première école, de la première fois qu’on quitte sa maman, de la première fois qu’on voit la mer.
Ensuite la prime adolescence est le temps des premiers émois amoureux, du premier vélo, des premiers devoirs à la maison.
Le temps difficile de l’adolescence est l’époque du premier baiser, du premier rapport amoureux, de la première « boum », du premier alcool, du premier chagrin d’amour.
L’âge adulte est celui du premier travail, du premier bulletin de salaire, de son premier logement, du premier engagement, du premier enfant.
L’âge mûr est celui du premier renoncement, du premier licenciement, de la première séparation.
Enfin, la vieillesse est l’âge où il n’y a plus de premier, c’est celui du dernier soupir.
11 octobre 2009
F.M.
La récente « affaire » Frédéric Mitterrand, aussi soudaine qu’éphémère, suscite, pour le moins, un certain nombre de questions. La liste qui suit n’est pas exhaustive, mais les contempteurs, prompts à la vindicte, auraient été bien inspirés de se les poser avant d’exprimer leur indignation.• Tout d’abord, parmi tous ceux qui ont exprimé une indignation vraie ou feinte, combien ont lu le livre de Frédéric Mitterrand, « La mauvaise vie » ?
• Pourquoi faire ressurgir des faits qui ont eu lieu il y a près de 40 ans, mettant en cause des adultes prostitués (payés et consentants), et racontés dans un livre à succès publié il y a 4 ans ? Lorsque François Mitterrand était président de La République, tout le monde avait « oublié » que, quarante ans auparavant, il avait été décoré de la Francisque.
• Peut-on croire, un seul instant, à la sincérité de l’indignation du Front National ? Le livre ne contient aucune apologie du tourisme sexuel, bien au contraire, ni de la pédophilie qui n’est absolument pas le sujet du livre. Il ne s’agit, bien évidemment, que d’essayer de récupérer, parmi les électeurs de l’UMP, ceux d’entre eux qui ont quitté de F.N. lors des dernières élections. Près de la disparition, les managers du F.N. sont prêts à toutes les démagogies et les diffamations pour tenter de survivre.
• Il est plus difficile de répondre à la question de savoir quelle a pu être la motivation réelle des « quadras » du P.S. à enfourcher aussi promptement le cheval du F.N. ! Imprudence ou désir infrangible de se démarquer de la prudence des éléphants ?
• Condamne-t-on l’homosexualité d’une figure politique emblématique pour de basses raisons électorales ?
• Quelle différence y a-t-il entre payer les services d’un(e) prostitué(e) à Bangkok ou Rue Saint Denis à Paris ? Combien y a-t-il de parlementaires qui ont (ou qui feront) appel aux services d’une péripatéticienne ?
• Se laisser porter par l’intime conviction sans rechercher des preuves objectives a conduit aux désastres d’Outreau et de Bruay en Artois.
07 octobre 2009
Démocratie participative, une arnaque ?
La récente et soi-disant consultation populaire au sujet de La Poste a relancé l’idée de démocratie participative, sans que personne n’ait vraiment réfléchi à ce que recouvre ce concept. Les politiques qui le manipulent sans vergogne, ou bien n’ont pas réfléchi à ce qu’il veut vraiment dire et ce qu’il implique ou bien trompent hypocritement les citoyens. En effet, lorsqu’ils invoquent ce mode de gestion du pays, ils expliquent que les citoyens seront « consultés » pour toute prise de décision, plus ou moins importante. Mais une véritable démocratie participative impose, comme son nom l’indique, une participation des citoyens à l’élaboration de la décision et non pas uniquement à son approbation ou son rejet. Imagine-t-on alors le peuple impliqué dans l’élaboration d’un texte de loi ? Imagine-t-on l’ensemble des citoyens transformés en questeurs ? On atteint l’acmé du ridicule. Par quel mécanisme pourrait-on éviter l’enlisement, la cacophonie et l’incohérence ? Par quel miracle le citoyen ordinaire aurait-il la compétence pour participer utilement à cette élaboration ? Il n’y a qu’une solution praticable qui est la démocratie représentative ! Mais le référendum, dira-t-on, est un moyen simple de faire participer le peuple. Certes, mais la réponse attendue est alors une simple alternative entre oui ou non ce qui n’est pas un sommet de la participation, limitée alors à sa plus simple expression. On sait aussi que les citoyens ne répondent jamais à la question posée mais se servent du référendum pour exprimer leur désaccord sur autre chose. Enfin, il est très facile d’orienter la réponse à un référendum en choisissant la meilleure façon de poser la question. La dernière « votation » organisée sur l’avenir de La Poste en est un remarquable exemple.
05 octobre 2009
Vénalité !
Qu’y a-t-il de commun entre le référendum irlandais de cette semaine et l’Éducation Nationale Française ? A priori, rien. Pourtant, lorsque l’on regarde de plus près, on trouve entre ces deux éléments une même conception du monde des hommes. En effet, le référendum irlandais a donné une victoire indiscutable au OUI au traité de Lisbonne avec des résultats inverses de ceux qui avaient donné la victoire au NON il y a un an environ. À quoi est dû ce renversement ? Serait-ce que les Irlandais seraient brusquement devenus europhiles ? Trouveraient-ils, enfin, dans le projet européen, un avenir enthousiasmant ? La réalité est tout autre et beaucoup plus prosaïque. La crise économique qui vient de s’abattre sur le monde est la cause réelle de ce retournement. L’Irlande a pratiqué pendant des années un dumping fiscal éhonté en abaissant le taux d’imposition sur les sociétés de 50% à 12,5 % afin d’attirer sur son sol un maximum d’entreprises tentées par la délocalisation. Mais la mondialisation d’une économie malade a mis ces entreprises en grandes difficultés comme toutes les autres. Le dumping fiscal ne mets pas à l’abri de la récession mondiale. La conséquence immédiate est une chute spectaculaire de l’activité économique irlandaise qui recule de 12% entre 2008 et 2010, un recul du PIB de 7% en 2009 et une très importante augmentation du chômage. Atteints au portefeuille, les Irlandais découvrent alors les bienfaits d’une Europe à laquelle, non contents d’avoir obtenus des dérogations illégitimes aux règles communes, ils pourraient demander de les protéger des difficultés soudaines par un soutien financier salvateur. Après les europhiles, les europhobes et les eurosceptiques, voilà les europportunistes ! L’argent et la peur sont le seul moteur de ce revirement soudain.Quel rapport avec l’Éducation Nationale Française, direz-vous ? Celle-ci vient de lancer une expérimentation qui laisse pantois. Dans certains établissements, minés par un absentéisme anarchique des élèves, il est mis en place un système qui vise à récompenser les élèves les plus assidus par un mécanisme pécuniaire. Une classe qui verrait son taux d’absentéisme diminuer de façon appréciable se verrait affectée une somme d’argent destinée à financer une récompense commune à toute la classe. L’argent devient ainsi le moteur de la motivation des élèves. Jusqu’à présent, on pouvait croire que l’envie des élèves à suivre leurs cours se nourrissait de la capacité de leurs professeurs à les intéresser, voire à les passionner ! On pouvait croire que la motivation désintéressée des professeurs trouvait ses racines dans la passion de la transmission du savoir ! Naïfs que nous étions ! L’argent est le seul nerf de la guerre ! Personne n’oserait mettre en cause la pédagogie du professeur et sa capacité à passionner ses élèves. Le plus navrant, dans cette histoire, est que cette carotte pécuniaire risque d’être efficace.
S’invertir dans un projet d’avenir, l’Europe pour les Irlandais et la vie pour les élèves, devient secondaire et, seul, à l’image des traders qui ont plongé le monde dans la débâcle, le bénéfice financier immédiat a de l’importance. Vénalité, quand tu nous tiens !!
24 septembre 2009
Le mirage de la voiture électrique
Au salon de Francfort, les constructeurs d’automobiles jouent à celui qui fera l’annonce la plus fracassante sur la réalité de la voiture électrique, solution évidente d’avenir selon eux. On peut tout d’abord se demander pourquoi il a été nécessaire d’attendre cette crise économique pour que les constructeurs s’intéressent enfin à une solution alternative au moteur thermique à essence ou au diesel. D’autre part, il est à craindre qu’il ne s’agisse là que d’une posture destinée à rassurer les gouvernements qui ont massivement investi dans cette industrie pour éviter des faillites retentissantes. Peut-on réellement croire que la solution de la voiture électrique à pile lithium-ion soit une alternative crédible ? Il se pose, en effet, un certain nombre de questions. Tout d’abord, l’autonomie qui atteint péniblement 200 kilomètres environ (et ce n’est qu’un effet d’annonce des constructeurs) confine l’utilisation de cette voiture électrique à une utilisation urbaine ou à petits déplacements. C’est-à-dire qu’il s’agit, à l’évidence, d’une seconde voiture pour un ménage ayant des envies de déplacements plus importants (déplacements professionnels, vacances, etc …). Or, ceux qui ont la possibilité d’acquérir plus d’un véhicule font partie de ce que l’on appelle les privilégiés. Cette solution est donc discriminatoire puisqu’elle va pénaliser, par la taxe carbone, les ménages qui seront dans l’obligation de conserver une voiture à plus grande autonomie. Jusqu’ici, les performances médiocres confinent la voiture électrique dans des dimensions qui ne permettent pas son utilisation par plus de 4 personnes. Les familles avec 3 ou 4 enfants ne trouveront dans ce véhicule qu’une seconde voiture. Discrimination encore par l’argent. De plus, si le temps de rechargement de la pile n’excédait pas le temps d’un plein d’essence dans n’importe quelle station-service, il serait possible d’envisager de longs parcours avec ce véhicule à pile. Hélas, les temps de rechargement partiel les plus courts (toujours un effet d’annonce) sont de l’ordre d’une heure. Qui peut envisager un voyage demandant un arrêt d’une heure tous les 200 kilomètres, qui accepterait de mettre 9 heures au lieu de 5 pour se déplacer de 500 kilomètres ? Ce n’est pas sérieux. Pour recharger complètement la pile, le temps nécessaire atteint alors 6 à 8 heures. Ce rechargement doit donc se faire à domicile. Pour tous ceux qui habitent dans un immeuble dont le parking souterrain abrite leur voiture, il n’y a pas de prise électrique, protégée d’une utilisation pirate par un usurpateur indélicat, au droit de chaque emplacement. Il n’y a donc que dans les garages particuliers de pavillons que ce rechargement peut être envisagé dans des conditions acceptables. Il y a donc, là aussi, une discrimination. Tous les ménages habitant en immeuble collectif et n’ayant pas les moyens d’avoir une seconde voiture sont exclus de cet avenir radieux … et ils sont nombreux ! Enfin, les constructeurs présentent leur véhicule comme n’émettant aucun gaz à effet de serre mais omettent de parler des processus de fabrication des piles, consommateurs d’énergie dont la provenance n’est pas exempte de questions. De plus, cette solution à pile lithium-ion remplace une ressource fossile non renouvelable (le pétrole) par une autre (le lithium) tout aussi fossile et non renouvelable. Les gisements exploitables de lithium sont très peu nombreux et sont essentiellement localisés en Bolivie et au Chili. À quand le remplacement de l’OPEP par l’OPEL (Organisation des Pays Exportateurs de Lithium) ? À l’évidence, la voiture électrique à pile classique n’est pas une solution à long terme. D’autres recherches doivent impérativement être menées, notamment sur la pile à hydrogène dont le combustible principal peut s’obtenir à partir de l’eau qui est une ressource inépuisable. L’avenir automobile n’est pas encore radieux, n’en déplaise aux constructeurs d’automobiles.
17 septembre 2009
Suicides et entreprises
Depuis plusieurs années, les entreprises (surtout les grandes) modifient en permanence leur organisation pour s’adapter à la mondialisation et à la financiarisation de l’économie. La mondialisation les incite à augmenter en permanence leur productivité face à des concurrents dangereux ; la financiarisation les oblige à réduire drastiquement leurs coûts pour améliorer leurs profits pour le plus grand bénéfice des actionnaires. Ces contraintes ont une conséquence directe : la mise sous pression de plus en plus forte du salarié. Le stress et l’angoisse sont le bien commun de ces entreprises. Le salarié est, en permanence, poussé à la performance par tous les moyens dont certains relèvent de la torture morale afin d’obtenir le départ des moins performants. Les moyens sont variés. Mettre le salarié en demeure d’atteindre des objectifs contradictoires en est un. Dévaloriser le salarié sous prétexte de réorganisation en est un autre. Détruire les temps et les espaces collectifs pour isoler le salarié et le fragiliser est encore un de ces moyens. La suppression des collectifs de travail aboutit à l’individualisation des objectifs, un sentiment obsidional et remplace la compétition externe par une compétition interne tout aussi sauvage. Le résultat en est que la chasse aux temps « morts » se paie par des salariés « suicidés ». Les décisions à très court terme remplacent la réflexion à moyen terme, sacrifiant ainsi la préservation de l’employabilité du salarié sur l’autel de la rentabilité immédiate et de son arme préférée : le licenciement ou la démission imposée. Comment s’étonner alors des 23 suicides en 18 mois dans une entreprise qui compte dans ses effectifs des employés au statut de fonctionnaire, inaptes à supporter de telles contraintes inconnues dans le secteur public ? Par contre, on peut s’étonner du silence assourdissant du Medef sur ce sujet … Pourquoi, également, un tel bruit médiatique pour France Télécom et un tel silence pour les 20 suicides annuels au sein du ministère de l'Equipement ?
13 septembre 2009
Vox Internet, vox Dei
Qu’est-ce qu’une conviction ? La définition du dictionnaire est : certitude raisonnée. C’est-à-dire une certitude qui se construit sur un raisonnement, nourri par la recherche de l’information. Mon expérience personnelle est que, pour se construire une conviction réellement argumentée, il faut lire énormément. La recherche de l’information, sa lecture attentive, une réflexion approfondie et parfois longue, sont indispensables à la formulation d’un avis quelque peu fondé. Aujourd’hui, la recherche d’une information utilise souvent, et –hélas- parfois exclusivement, les pages Web d’Internet. Pour beaucoup d’adicts d’Internet, ce que l’on trouve sur ce réseau a plus de valeur et de crédibilité que tout ce que l’on peut obtenir d’un quelconque expert ou par la lecture attentive de livres ou de journaux : il vaut mieux, par exemple, chercher sur Internet des sites dits médicaux plutôt que de consulter son médecin ; il suffit d’interroger Wikipédia plutôt que de lire des livres spécialisés. Les blogs font flores. Leur lecture est instructive. Ils sont généralement accompagnés de commentaires d’une indigence étonnante. Mal formulés, mal écrits, faux, mensongers, grossiers, vulgaires, insultants, la plupart de ces commentaires sont révélateurs du danger que représente la « vox populi ». Il n’y a rien de plus dangereux que l’opinion de la foule, car celle qui s’exprime est souvent la plus extrémiste. C’est sûrement ce que l’on va me reprocher à la lecture de cet article, à ceci près que je ne suis pas majoritaire dans l’expression de ce point de vue. Dire que l’expression de milliers d’internautes vaut bien plus que l’avis d’un seul expert est un terrible contresens. Si F. Mitterrand s’était aligné sur le souhait populaire de l’époque, jamais il n’aurait imposé la suppression de la peine de mort. N’oublions jamais ce fait. C’est en ignorant la « vox populi » et en forgeant sa conviction personnelle que F. Mitterrand a fait faire à la société française une évolution majeure. S’en remettre uniquement à ce que l’on trouve sur le Web au détriment d’une réflexion personnelle et d’un travail singulier est un terrible appauvrissement intellectuel. Il y a, chez les adicts d’Internet, un certain intégrisme consistant à exclure toutes autres voies d’information, ou du moins à les considérer comme obsolètes. Cette attitude comporte de grands dangers. Internet fournit le meilleur comme le pire et il est absolument nécessaire de garder un esprit critique qui s’alimente à d’autres sources d’information. Pour preuve, voilà ce que l’on peut lire sur le portail de la secte Scientologie : l’homme est immortel, il vit plusieurs vies, ses capacités sont illimitées, l’homme est foncièrement bon. Uniquement des contrevérités et des énormités.
27 août 2009
Les banques et la morale
Décidément, le monde de la finance ignore la morale la plus élémentaire ! Il y a un an à peine, les banques françaises recevaient de l’État, c’est-à-dire en partie du contribuable, 25 milliards sous forme d’aide directe ou de prêts aux conditions particulièrement intéressantes qui feraient rêver tout citoyen ordinaire. Mais, voilà : les financiers ne sont pas des citoyens ordinaires. En effet, ils ne connaissent pas le respect de la parole donnée. Ils n’ont pas respecté l’engagement d’augmenter de 3 à 4 % le volume de crédits accordés aux entreprises, aux PME en particulier, en contrepartie de l’aide considérable qu’elles ont obtenue de l’État. Les États, au premier chef les États-Unis et la France, ont exhorté les dirigeants des organismes financiers à la modération dans les modes et l’ampleur des rémunérations. Avec un cynisme écœurant, ces mêmes dirigeants ont repris leurs pratiques condamnables en se moquant ouvertement de l’opinion publique. La BNP prévoit un milliard de bonus en 2009 pour ses traders. Prévoir de telles sommes veut dire qu’elle récompense cyniquement des pratiques boursières dangeureuses, celles-là même qui ont provoqué la crise sans précédent que nous connaissons. Les 9 plus grandes banques américaines ont reçu 175 milliards de $ pour éviter leur effondrement, ce qui ne les empêche pas de verser, en 2008, 33 milliards de $ alors que, dans le même temps, elles ont perdu 100 milliards de $ dans la spéculation de produits financiers toxiques (Meryl Lynch a perdu 28 milliards de $ à elle seule !). L’activité financière s’est entièrement mondialisée et sait bien que, pour la réguler, il faudrait qu’un consensus international s’instaure pour empêcher ses pratiques condamnables, ce qui est totalement exclu compte tenu des égoïsmes nationaux et des courtes vues de la plupart des chefs d’État. En fin de compte, les activités financières constituent, pour une grande part, une activité parallèle nocive qui n’a rien à envier aux activités frauduleuses et criminelles des trafics illicites divers (drogue, armes, médicaments, organes, contrefaçon, etc…). Malgré le fait que la loi n’a pu empêcher ces différents trafics, cela ne devrait pas interdire à ceux qui légifèrent d’interdire certains produits financiers et toute spéculation à court-terme. Le trader qui spécule sur la tonne de blé en l’achetant à 9 heures pour la revendre à 12 heures n’a pas enrichi d’un centime l’économie réelle. La tonne de blé pèse toujours mille kilos et elle n’a pas bougé de son silo. De plus, ce petit jeu pervers perturbe le fonctionnement du marché, basé sur une loi de l’offre et de la demande entre de véritables vendeurs et de réels acheteurs. Le trader n’est ni l’un ni l’autre. Il a fallu l’intervention personnelle du Président de la République pour que les banquiers français acceptent de limiter le montant des bonus à verser aux traders. On croit rêver ! Il faut que les plus hautes instances du pays se fassent entendre pour que les patrons des banques consentent à réviser à la baisse leurs extravagances ! Cela montre bien que la simple morale est une valeur obsolète dans le monde financier. S’il faut que l’État intervienne, qu’il le fasse en prenant des décisions aussi contraignantes que nécessaires pour les rendre efficaces. Limiter les rémunérations n’est pas suffisant. Il faut interdire certaines pratiques boursières. On peut toujours rêver ! C’est tout ce qui reste au pauvre contribuable !
21 août 2009
Il est temps
Je reviens sur les réflexions sur le temps que j’ai développées le 21 Octobre 2008. Nous vivons apparemment au sein d’un monde à quatre dimensions (merci Mr. Einstein !) qu’on appelle l’espace-temps. Ce concept décrit le monde comme un espace construit à partir de trois coordonnées d’espace et d’une coordonnée particulière que l’on appelle le temps. Nous percevons parfaitement (et nous comprenons) l’existence des coordonnées d’espace à travers nos mouvements et déplacements. Nous disposons librement de ces trois dimensions ; elles nous appartiennent en quelque sorte. Que se passerait-il si une de ces trois coordonnées venait à disparaître ? Notre monde à trois dimensions (dont nous-même) deviendrait un monde plat sur lequel nous serions condamnés à ramper, comme une bactérie sur un « plan » de table. Supprimons encore une dimension. Le monde se réduit alors à un « fil » sur lequel nous ne sommes tristement plus capables que de faire des allers et retours monotones. Ces situations sont absurdes, mais nous parvenons facilement à les conceptualiser et à les imaginer. Mais qu’en est-il du temps ? Tout d’abord, le temps ne nous appartient pas. Nous ne pouvons pas user librement de cette coordonnée, contrairement aux coordonnées spatiales. Ensuite, que se passerait-t-il si le temps venait à disparaître ? Nous irions alors vers l’Apocalypse ! En effet, tout mouvement n’existe que si le temps existe. C’est ce que nous démontrent les lois de la Nature et de la Relativité Générale (encore merci Albert !). Donc, si le temps venait à disparaître, le monde s’immobiliserait à tout jamais. Plus encore, tout processus, quel qu’il soit, ne se déroule que dans le temps puisqu’il n’est qu’une succession d’évènements. Donc, non seulement tout s’immobilise, mais tout processus s’arrête. Or, la conscience ne vient à l’homme que grâce aux processus physico-chimiques existant dans notre cerveau. Ainsi la disparition du temps entraîne celle de la conscience. Nous n’aurions aucune conscience de l’Apocalypse. La vie n’existerait tout simplement plus puisque tout processus vital s’arrêterait. Cela veut-il dire que le monde disparaîtrait ? Un monde sans vie ni conscience peut-il exister ? Un monde de matière figée ? Il est très difficile de conceptualiser ce monde, tellement le temps imprègne notre vie. Ce monde à quatre dimensions est né au cours d’un phénomène singulier que l’on appelle, à tort, le big-bang. A tort, car il n’y a jamais eu de « bang ». A tort également, car l’Univers est né avant le big-bang. Quelques milliardièmes de milliardièmes de milliardièmes de seconde auparavant (10-35 seconde) certes, mais avant quand même. Au point « zéro », rien n’existait. Ni l’espace ni le temps. Or, il a bien fallu qu’un processus, qui nous échappe, se déroule depuis ce point « zéro » jusqu’au moment du big-bang, c’est-à-dire débute, alors que le temps n’existait pas. Il est donc nécessaire que le temps ait été « créé » à ce moment initial fondamental ou qu’une physique inconnue y déroule ses lois. Il y a là un premier mystère d’une insondable profondeur. En même temps que le temps (!), a été créée une « bulle » d’espace en expansion inflationnaire. Si nous arrivons à conceptualiser cette bulle, il est beaucoup plus difficile de répondre à la question : dans quoi cette bulle était-elle en expansion ? La réponse est : dans rien ! C’est un second mystère tout aussi insondable que celui ci-dessus. Enfin (last but not the least !), pourquoi ce point zéro ? Pourquoi quelque chose plutôt que rien (Leibniz) ? C’est une question à jamais sans réponse car les lois de la Nature n’ont plus lieu dans les conditions physiques de ce point zéro et sont donc incapables d’apporter la moindre explication. Nous ne saurons jamais pourquoi nous sommes là.
10 août 2009
Une République dictatoriale de plus
Comment se nomme un régime qui tue ses opposants dans le secret de ses prisons, qui matraque et assassine les manifestants, qui recherche dans un soi-disant complot international les causes de ses difficultés, qui extorquent des aveux imposés dans des parodies de procès staliniens et sans témoins à tous ceux qui osent protester, qui truque massivement de fausses élections affublées d’un faux-nez démocratique, qui muselle la presse et la critique et qui use et abuse de l’intoxication ? La réponse est simple : une dictature. Le régime iranien qui se présente comme une fausse République islamique est une vraie dictature. C’est un régime qui n’a rien à envier à celui des pires régimes de l’Histoire et que la communauté internationale tout entière devrait condamner violemment. Le chantage qu’exerce l’Iran et son dictateur sur le détroit d’Ormuz n’est qu’un mirage. En effet, l’Iran importe la plus grosse part de son pétrole car ce pays ne possède pas des capacités de raffinage suffisantes pour sa propre consommation. Il ne peut donc durablement entraver l’approvisionnement des pays occidentaux sans se mettre lui-même en péril. En effet, devant un blocage du détroit d’Ormuz, les pays occidentaux cesseraient immédiatement d’importer en Iran le pétrole raffiné dont ce pays a besoin. Ahmadinejad est un dictateur dans toute l’acception du terme et aucun pays civilisé ne devrait avoir le moindre contact avec lui. Son pouvoir politique ne tient que par la terreur, le mensonge et le meurtre. On ne peut lui serrer la main sans se souiller.Plaignons le peuple iranien d'être aux mains sales d'un tel régime.
24 juillet 2009
Qui doit payer la taxe Carbone ?
Le réchauffement et les dérèglements climatiques sont dus, pour partie, au dioxyde de carbone émis par les activités humaines. Pour essayer de limiter (un peu) les effets de ce réchauffement, le gouvernement français nous concocte une machine fiscale dont l’objet est de taxer l’utilisation des produits émetteurs de ce gaz nocif. C’est-à-dire que le consommateur va payer la lutte contre le réchauffement climatique. Est-ce raisonnable ? Ce n’est pas le paiement d’un impôt supplémentaire qui va réduire l’émission du gaz. L’idée est que cette taxe devrait dissuader le consommateur d’utiliser des produits émetteurs de CO2. Mais encore faudrait-il que le consommateur ait la possibilité d’utiliser des produits alternatifs. Or, pour ne prendre qu’un seul exemple, existe-t-il une alternative réelle à l’utilisation du moteur à explosion ? La voiture électrique ou à l’hydrogène est encore dans les cartons et les expériences existantes n’ont toujours pas les caractéristiques nécessaires pour proposer une alternative crédible. Ainsi, le consommateur va payer le fait que les constructeurs d’automobiles n’ont pas voulu développer à temps une alternative viable à la voiture (et au camion) à essence ou au gasoil. Non seulement, le consommateur paie déjà un impôt carbone au moment de l’achat de son véhicule, mais il va devoir payer en plus son utilisation journalière sans pouvoir faire un choix radicalement différent. Il y a là une profonde injustice qui va sérieusement pénaliser ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture ou leur tracteur pour travailler et vivre tout simplement. Les vrais fautifs sont ceux qui fabriquent ces produits émetteurs de CO2 et non pas ceux qui les utilisent, faute d’alternative. Cet impôt carbone devrait donc être entièrement à la charge de l’industrie. Mais, la crise étant là pour longtemps, taxer l’industrie française risque de la mettre encore plus en difficulté et d’aggraver le chômage. De plus, il semblerait kafkaïen d’avoir aidé l’industrie automobile par des prêts massifs pour reprendre cette aide par une taxe supplémentaire. Il y a donc là une aporie apparente. Le gouvernement a donc choisi la voie la plus facile, celle de faire payer un peu plus le contribuable. La vraie voie consisterait à trouver des règles fiscales obligeant les constructeurs automobiles à proposer très rapidement une alternative réelle au moteur à énergie fossile, aux industriels de capter leurs émissions de carbone. Certes, cela peut demander une dizaine d’années avant de réussir, mais ce délai est-il déraisonnable devant l’évolution du climat ? Est-ce que, dans dix ans, le climat sera très différent de ce qu’il est aujourd’hui ?
18 juillet 2009
Le Bien et le Mal
Partons d’une interrogation : Les nombreuses catastrophes qui inondent ce monde sont, à n’en pas douter, l’œuvre de la bêtise des hommes. Pourquoi Dieu, s’il existe, fait-il supporter aux hommes – qu’il est soi-disant venu libérer du mal – autant de maux et de souffrances ? En d’autres termes, Dieu est-il étranger et indifférent à ces souffrances ou en est-il la source ? Deux réponses à cette question :
1 - L’Apocalypse (les hommes sont la cause des maux qui les accablent)
C’est un texte de Jean l’Evangéliste de Patmos, disciple de Jean l’Ancien ou le Précurseur ou le Baptiste, dernier livre du Nouveau Testament. Apocalypse (Apo = loin et Calypso = le voile) signifie le voile qui cache l’avenir, les choses cachées, le futur avènement de Dieu qui revient parmi les hommes pour chasser définitivement les forces du mal. Dieu a créé un monde que les hommes ont perverti. Le mal du monde des hommes est leur œuvre, Dieu n’y est pour rien. Dans l’avenir (proche), Dieu reviendra pour chasser définitivement le mal.
L’Apocalypse est l’annonce de la fin imminente des temps. C’est le récit du retour prochain de Dieu qui vient combattre et abattre les symboles du mal en déclanchant des fléaux puis en vainquant « la Bête de l’abîme, la Bête de la Terre et le Dragon ». A l’issue du combat, descendra sur terre la « nouvelle Jérusalem » et Dieu habitera désormais parmi les hommes.
L’Apocalypse est ainsi une vision temporelle de l’avenir de l’homme. C’est une vision « horizontale » qui « regarde » au-devant, vers le futur.
2 - La Gnose (Le Dieu de l’Ancien Testament est la source des maux)
La Gnose désigne une « connaissance » salvatrice destinée aux initiés leur donnant la certitude du salut. C’est la connaissance des mystères du monde divin et de l’âme révélant aux initiés privilégiés les secrets de leur origine et les moyens de la retrouver. Elle explique les raisons de la présence de l’homme sur Terre (la génération) alors qu’il est d’un monde transcendant où il doit retourner (la régénération). Comme le croient les adeptes du marcionisme, cette connaissance précise que le monde est mauvais parce qu’il est une création démoniaque du Dieu de l’Ancien Testament. Le Dieu transcendant et bon, le Dieu Suprême, n’a rien à voir avec ce monde et est la source du monde spirituel (idée reprise par certaines tendances du catharisme). C’est la collaboration entre la grâce divine et l’esprit humain qui permet la création de l’âme et permet d’avoir la certitude du salut. Dieu est au-dessus de l’âme humaine qui cherche à l’atteindre. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu pour délivrer les âmes des élus, c’est-à-dire de ceux qui « savent ». Cette connaissance assure le salut. La Gnose est une vision dans l’espace, en ce sens qu’elle regarde vers Dieu, c’est-à-dire vers « le haut ». Les âmes des hommes possédant « la connaissance » sont d’essence spirituelle et émanent du Dieu Suprême qui envoie le Christ pour délivrer ces âmes en leur donnant la connaissance de la géographie céleste et des mots de passe indispensables au franchissement des frontières entre le monde sensible et celui du Dieu Suprême. Dans ce voyage, l’âme remonte vers l’origine en s’échappant du monde d’ici-bas où elle est tombée. C’est une vision verticale. Elle ressemble à la doctrine du manichéisme (Mani – 14/4/216) qui développe une gnose élargie et grandiose, fondée sur le Bien et le Mal.
Les gnostiques puisent cette connaissance dans les traditions confiées en secret par le Christ aux Apôtres (Jean et Jacques – Le Livre secret de Jean), c’est-à-dire « ce qui est, ce qui était, ce qui sera », qui les transmirent d’initiés en initiés jusqu’aux gnostiques d’aujourd’hui.
1 - L’Apocalypse (les hommes sont la cause des maux qui les accablent)C’est un texte de Jean l’Evangéliste de Patmos, disciple de Jean l’Ancien ou le Précurseur ou le Baptiste, dernier livre du Nouveau Testament. Apocalypse (Apo = loin et Calypso = le voile) signifie le voile qui cache l’avenir, les choses cachées, le futur avènement de Dieu qui revient parmi les hommes pour chasser définitivement les forces du mal. Dieu a créé un monde que les hommes ont perverti. Le mal du monde des hommes est leur œuvre, Dieu n’y est pour rien. Dans l’avenir (proche), Dieu reviendra pour chasser définitivement le mal.
L’Apocalypse est l’annonce de la fin imminente des temps. C’est le récit du retour prochain de Dieu qui vient combattre et abattre les symboles du mal en déclanchant des fléaux puis en vainquant « la Bête de l’abîme, la Bête de la Terre et le Dragon ». A l’issue du combat, descendra sur terre la « nouvelle Jérusalem » et Dieu habitera désormais parmi les hommes.
L’Apocalypse est ainsi une vision temporelle de l’avenir de l’homme. C’est une vision « horizontale » qui « regarde » au-devant, vers le futur.
2 - La Gnose (Le Dieu de l’Ancien Testament est la source des maux)La Gnose désigne une « connaissance » salvatrice destinée aux initiés leur donnant la certitude du salut. C’est la connaissance des mystères du monde divin et de l’âme révélant aux initiés privilégiés les secrets de leur origine et les moyens de la retrouver. Elle explique les raisons de la présence de l’homme sur Terre (la génération) alors qu’il est d’un monde transcendant où il doit retourner (la régénération). Comme le croient les adeptes du marcionisme, cette connaissance précise que le monde est mauvais parce qu’il est une création démoniaque du Dieu de l’Ancien Testament. Le Dieu transcendant et bon, le Dieu Suprême, n’a rien à voir avec ce monde et est la source du monde spirituel (idée reprise par certaines tendances du catharisme). C’est la collaboration entre la grâce divine et l’esprit humain qui permet la création de l’âme et permet d’avoir la certitude du salut. Dieu est au-dessus de l’âme humaine qui cherche à l’atteindre. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu pour délivrer les âmes des élus, c’est-à-dire de ceux qui « savent ». Cette connaissance assure le salut. La Gnose est une vision dans l’espace, en ce sens qu’elle regarde vers Dieu, c’est-à-dire vers « le haut ». Les âmes des hommes possédant « la connaissance » sont d’essence spirituelle et émanent du Dieu Suprême qui envoie le Christ pour délivrer ces âmes en leur donnant la connaissance de la géographie céleste et des mots de passe indispensables au franchissement des frontières entre le monde sensible et celui du Dieu Suprême. Dans ce voyage, l’âme remonte vers l’origine en s’échappant du monde d’ici-bas où elle est tombée. C’est une vision verticale. Elle ressemble à la doctrine du manichéisme (Mani – 14/4/216) qui développe une gnose élargie et grandiose, fondée sur le Bien et le Mal.
Les gnostiques puisent cette connaissance dans les traditions confiées en secret par le Christ aux Apôtres (Jean et Jacques – Le Livre secret de Jean), c’est-à-dire « ce qui est, ce qui était, ce qui sera », qui les transmirent d’initiés en initiés jusqu’aux gnostiques d’aujourd’hui.
12 juillet 2009
Chinois et nazis, même combat
Les chinois se sont comportés, et se comportent aujourd’hui, avec les Ouïgoures du Turkestan oriental comme les nazis avec les juifs : annexion, exactions, tortures, exécutions sommaires, privations de droits, expropriations, camps de concentration, humiliations, procès truqués, etc …, etc …Le monde a regardé et regarde encore ces crimes contre l’humanité sans réaction, au nom de la « real-politique », prêt à fermer les yeux et payer le prix de l’hypocrisie pour quelques airbus ou quelques centrales nucléaires.
Partout où le communisme sévit, les pires exactions s’exercent contre les minorités. Nous nous sommes émus lors des derniers évènements tibétains uniquement parce que le Dalaï-Lama a su être le porteur habile de la cause de son peuple. Il n’en est pas de même pour les Ouïgoures. Leur civilisation est en voie de disparition. Pendant ce temps, nous fermons les yeux et essayons de dormir tranquilles.
Partout où le communisme sévit, les pires exactions s’exercent contre les minorités. Nous nous sommes émus lors des derniers évènements tibétains uniquement parce que le Dalaï-Lama a su être le porteur habile de la cause de son peuple. Il n’en est pas de même pour les Ouïgoures. Leur civilisation est en voie de disparition. Pendant ce temps, nous fermons les yeux et essayons de dormir tranquilles.
10 juillet 2009
Peut-on justifier la prescription ?
Depuis plus de 4000 ans, l’homme s’est efforcé de remplacer la vengeance par la justice. Le code d’Ur-Nammu date de 2100 ans avant JC. La nécessité de la vengeance est un sentiment tapi au plus profond du cerveau reptilien de l’homme, là où se situent les centres de décisions de fabrications hormonales, qui relève ainsi du réflexe. Et parce que le réflexe peut conduire à des actes disproportionnés avec ceux qui l’ont provoqué, il est devenu nécessaire de codifier la vengeance. Cette codification s’appelle la Justice. Longtemps arbitraire et relevant du pouvoir d’un seul homme, que ce soit l’Empereur de Rome ou le Roi de France, la Justice d’aujourd’hui nous vient du 1er Empire. Napoléon 1er est à l’origine d’importantes et nombreuses créations institutionnelles. Il a, en effet, créé les organismes nécessaires au fonctionnement d’un État centralisé : préfectures, municipalités, Conseil d’État, corps législatif et Sénat, tribunaux hiérarchisés… ainsi que l’ensemble des textes fondamentaux permettant leur fonctionnement, en particulier le Code Civil et le Code Pénal. Aujourd’hui, le Garde des Sceaux est un ministre du gouvernement qui veille au bon fonctionnement et à la gestion des tribunaux. Il propose les réformes de la Justice pour l’adapter aux évolutions de la société, mais n’intervient pas dans les décisions de justice. Bien que sophistiquée, la Justice reste une légalisation de la vengeance. Cependant, quand un certain temps s’est écoulé depuis la condamnation sans que le ministère public ait pu faire exécuter la peine, une dispense définitive de la subir se produit en faveur du condamné. Les arguments ayant conduit à cette disposition sont essentiellement les suivants :1° Lorsqu’un certain temps s’est écoulé depuis la condamnation, sans le que le ministère public ait fait exécuter la peine, le souvenir de l’infraction s’est éteint. L’opinion publique ne réclame plus satisfaction.
2° Une sanction trop éloignée de la faute serait peu conforme aux exigences de la justice. Le condamné, pour se soustraire au châtiment, a dû mener une vie cachée faite de privations et d’angoisses, qui constitue, par elle-même, une expiation. Lui infliger, plus tard, une peine serait équivalent à l’application d’une double peine.
3° La société encourage la bonne conduite du condamné en lui offrant la perspective de l’impunité si, pendant un temps suffisamment long, il s’abstient d’attirer l’attention publique sur sa personne, ce qui inclue évidemment la non-récidive.
Ces arguments restent bien fragiles et sont difficilement admis par les victimes. Le premier point est manifestement faux en ce qui concerne la victime qui demande réparation. L’expérience montre que le deuxième point est souvent faux. Les criminels nazis ont mené des vies faciles, parfois luxueuses, en Amérique du Sud. Quant au troisième point, il est parfaitement spécieux. Encore une fois, les criminels nazis sont restés cachés et silencieux dans les pays qui les ont acceptés. Certes, les crimes contre l’humanité ne bénéficient pas de la prescription, mais ce qui s’est produit pour ces criminels peut se produire (et se produit) pour des criminels plus ordinaires. La mère ou le père dont l’enfant a disparu parce qu’assassiné ou enlevé, ne fait pas de différence entre le criminel responsable de cette disparition et un coupable de crime contre l’humanité. C’est pourquoi la prescription d’une peine est toujours ressentie comme une injustice, comme une vengeance inassouvie. La durée de la prescription est de 20 ans en matière criminelle. À l’occasion de dramatiques accidents, les psychologues font toujours référence à la nécessité pour les victimes de « faire leur deuil », c’est-à-dire d’accepter finalement la disparition d’un être cher. En conséquence, il est certain que l’exécution de la condamnation par le criminel est un élément essentiel de cette acceptation. Ainsi, lorsqu’au bout de 20 ans d’attente dans la souffrance, la prescription plonge la victime dans la déréliction en la privant de cette acceptation, c’est-à-dire de la recouvrance d’une certaine paix intérieure, elle est nécessairement ressentie comme une monstrueuse injustice et les arguments justificatifs évoqués ci-dessus paraissent dérisoires, voire attentatoires à la morale tant il est difficile de renoncer à une vengeance légitime.
04 juillet 2009
Jade Goody, vous connaissez ?
Jade Goody, vous connaissez ? C’est une création et une créature de la télé-réalité anglosaxone et qui est décédée le 22 Mars en direct sur le petit écran. La télévision, toujours à la recherche du sordide, parce que c’est finalement le Graal du public, a accepté de filmer pour un million d’Euros la mort de cette fille atteinte d’un cancer foudroyant de l’utérus dont elle a appris l’existence en direct durant une émission de télévision et qui l’a emportée en un mois. Pour cette somme, destinée à faire vivre ses enfants, elle a autorisé la télévision anglaise à la filmer vingt-quatre heures sur vingt-quatre jusqu’à son décès. On atteint là le summum de l’ignoble dans lequel a sombré la société occidentale. Tout se monnaye, tout peut être « marchandiser », y compris la mort. Devant un tel scandale, ce n’est pas tellement cette malheureuse qui est à condamner, mais une société qui a accepté cette sinistre mise en scène et n’a pas permis à cette femme de trouver un autre moyen d’assurer la vie de ses enfants. Les médias ne se contentent pas de courir derrière les fantasmes de leurs clients, mais ils façonnent pernicieusement les esprits en supprimant, peu à peu, toute retenue et en faisant du voyeurisme le parangon du spectacle. Il faut bien dire que le terrain est favorable : qui n’a vu des foules de curieux vicieux s’arrêter sur les routes uniquement pour regarder un accident ? Comment expliquer autrement la longévité du scandale télévisuel que constituent les émissions de Jean-Claude Delarue donnant à voir la misère humaine dans ce qu’elle a de plus sordide ? Peut-être la société actuelle a-t-elle tellement peur de la mort qu’elle recherche un exorcisme dans le spectacle de ceux qui meurent ? À côté de l’horrible mise en scène de la mort en direct, les violences des séries américaines ne sont que des bluettes !
03 juillet 2009
L’impasse mortelle
En panne de convictions, le Parti Socialiste entonne, une fois de plus, le couplet du projet. Rien n’est plus urgent que de construire un projet, là est l’unique voie du salut ! Charles De Gaulle pourrait s’esclaffer : « On peut toujour sauter sur sa chaise comme un cabri en disant le projet, le projet, le projet, cela ne sert à rien et cela ne mène à rien ! ». Le PS est très exactement dans cette situation. Mais le problème profond est qu’il n’a aucune idée de ce que pourrait bien être ce fameux projet. Il est tellement en panne d’idées que l’on voit même quelque personnalité socialiste évoquer, sans riere, des « primaires du projet » ! Faute d’idées, il faut aller chercher celles des autres. Cela rappelle fâcheusement la « démocratie participative » d’un certain désir d’avenir. En fait de désir d’avenir, il s’agit surtout du désir irréfragable des ambitions personnelles d’une pléthore de candidats à la candidature ! En suivant obstinément ce chemin, le PS s’engage immanquablement dans une impasse. Hélas !
L’adhésion d’un peuple, ou de la majorité de celui-ci, ne peut se faire qu’autour d’un homme imprégné de convictions personnelles qui ne varient pas au gré des évènements et qui ne relèvent pas simplement de slogans accrocheurs, et incarnant sa vision de la société. Mais ceci suppose que cette vision soit le fruit d’une profonde et longue réflexion et d’un travail totalement personnel qui cherchent leurs racines non seulement dans l’histoire mais aussi dans le parcours personnel. Il ne peut, en aucun cas, s’agir d’une vision collective construite en raboutant des idées éparses comme les pièces d’un puzzle, en espérant obtenir par miracle une image cohérente et significative. Il en a été ainsi pour tous les présidents de la Vème République, y compris pour le Président actuel. Le Parti n’est qu’une « machine de guerre » électorale au service du candidat, il ne peut en aucun cas être le maître à penser de celui-là. Faute d’identifier un tel homme en son sein, qui s’imposerait comme une évidence, les ambitions personnelles se déchaînent et se combattent dans une guerre mortifère entraînant tout le Parti sur un chemin sans issue. Le projet, posé comme un préalable, n’est en fait qu’un alibi pour étouffer l’émergence d’un vrai leader.
L’adhésion d’un peuple, ou de la majorité de celui-ci, ne peut se faire qu’autour d’un homme imprégné de convictions personnelles qui ne varient pas au gré des évènements et qui ne relèvent pas simplement de slogans accrocheurs, et incarnant sa vision de la société. Mais ceci suppose que cette vision soit le fruit d’une profonde et longue réflexion et d’un travail totalement personnel qui cherchent leurs racines non seulement dans l’histoire mais aussi dans le parcours personnel. Il ne peut, en aucun cas, s’agir d’une vision collective construite en raboutant des idées éparses comme les pièces d’un puzzle, en espérant obtenir par miracle une image cohérente et significative. Il en a été ainsi pour tous les présidents de la Vème République, y compris pour le Président actuel. Le Parti n’est qu’une « machine de guerre » électorale au service du candidat, il ne peut en aucun cas être le maître à penser de celui-là. Faute d’identifier un tel homme en son sein, qui s’imposerait comme une évidence, les ambitions personnelles se déchaînent et se combattent dans une guerre mortifère entraînant tout le Parti sur un chemin sans issue. Le projet, posé comme un préalable, n’est en fait qu’un alibi pour étouffer l’émergence d’un vrai leader.
27 juin 2009
L’immoralité dans les crampons
Un grand nombre de salariés ont perdu leur emploi, tous les autres ont perdu le sommeil. La crise économique est devenu si profonde qu’elle s’est transformée en crise sociale. L’angoisse du lendemain devient le pain quotidien du plus grand nombre. En face, les émoluments mirobolants de certains patrons de grandes entreprises ont provoqué, à juste titre, une indignation légitime, ont été ressentis comme une provocation et un scandale insupportables. Mais il existe un plus grand scandale encore : le pourrissement du monde du football par l’argent. Il circule, dans ce milieu, des sommes tellement considérables qu’elles en perdent toute signification aux yeux du commun des mortels. Comment accepter que les salaires mensuels de certains joueurs atteignent plusieurs millions d’Euros, pour simplement taper du pied dans un ballon !! Cette situation est un vrai scandale et devrait soulever la même indignation populaire que celle due aux parachutes dorés patronaux. Or curieusement, il n’en est rien. Les médias en général et la télévision en particulier en sont les complices objectifs. Le nombre invraisemblable d’articles, de reportages télévisés, d’émissions radiophoniques, impriment dans les esprits un message subliminal qui donnent aux acteurs de ce sport (il n’est pas sûr que le mot soit adapté) le statut de vedettes extra-terrestres auxquelles tout est permis. Le football a remplacé les jeux du cirque et les réactions du public y sont tout aussi violentes, allant de l’invective raciste à l’imbécillité mortelle. Tout spectateur qui entre dans un stade pour assister à un match, laisse son cerveau au vestiaire et se transforme soudain en une brute épaisse, prête à toutes les injures et toutes les violences, conforté par l’anonymat que fournit à bon compte la foule. Le plus curieux, dans cette affaire, est que ces spectateurs qui s’enthousiasment pour les coffres-forts qui courent sur la pelouse, sont ceux-là même qui s’indignent des salaires patronaux.
11 juin 2009
La mort est-elle au bout du chemin ?
La déroute du Parti Socialiste, une de plus, semble n’être une surprise que pour les socialistes. Il suffit de réfléchir un tout petit peu pour comprendre que ce parti est complètement dépassé par les impératifs de l’époque actuelle. Ils sont toujours avec une vision de la société et de la Nation qui relève d’une philosophie du siècle dernier. Les références à Léon Blum ou à Jaurès sont de références effectives alors qu’elles ne devraient être qu’historiques. Le monde s’est arrêté pour le Parti Socialiste aux années 1920. Après leur défaite aux élections européennes, on entend les socialistes rabâcher, une fois de plus, qu’ils vont se réunir pour discuter de la refondation de leur programme ! La signification profonde de cet aveu est que ce Parti n’a plus aucune vision nationale de l’avenir du pays. La question qui se pose à eux est de savoir si une vision, comme celle que De Gaulle ou Mitterrand avaient de la France, se construit dans des assemblées de militants, voire dans des réunions dites de démocratie participative. Il n’est jamais rien sorti de ce genre de forum, sinon une cacophonie dont on ne peut rien conclure sauf une sacro-sainte synthèse inodore et sans saveur. Le Parti Socialiste n’a pas assimilé deux principes fondamentaux : un pays ne s’enrichit que s’il gagne plus qu’il ne dépense et une vision d’avenir national s’incarne dans un leader naturel. Aujourd’hui, il n’a ni l’un ni l’autre. Certes, la rénovation du « projet » est importante, mais alors il faut prendre cette rénovation au sérieux et ne pas la confondre avec une liste de courses établie rapidement, en quelques jours, sur un coin de table, comme le Parti l’a fait plusieurs fois, pressé qu’il était de répondre à la critique justifiée de son manque de propositions. Aujourd’hui, la France est en face de trois défis : la protection sociale (la sociologie de la population a changé et les besoins de protection ont considérablement augmenté), le changement climatique et la protection de l’environnement, l’Europe politique et le leadership au sein des institutions européennes. Pour faire face à ces trois défis, il n’y a qu’un seul moteur, la croissance. Pour pouvoir mettre en œuvre une politique sociale de redistribution efficace, encore faut-il avoir quelque chose à répartir et ne pas se contenter de vivre à crédit en creusant, chaque jour, une dette qui compromet dangereusement l’avenir des générations futures. Et, enfin, pour faire tourner le moteur, il n’y a plus qu’un seul carburant : l’innovation. C’est sur ces trois défis, sur le fonctionnement du moteur et l’accès au carburant innovation que l’on attend, en vain, depuis des années un vrai leader du Parti Socialiste qui sache s’imposer et faire taire les ambitions personnelles et mortifères de tous les vieux caciques qui l’encombre. Ceux-ci n’ont, aujourd’hui, pas d’autre objectif que d’étouffer dans l’œuf toute naissance éventuelle d’un vrai leader qui pourrait mettre en danger leur propre ambition. Tant que le fonctionnement interne du Parti favorisera cette pratique, lentement mais sûrement, il avance vers sa disparition.
08 juin 2009
Espèces en voie de disparition
Défaite électorale du Parti Socialiste et effondrement du Modem, tels sont les principaux résultats des élections européennes 2009. Une secrétaire générale en grandes difficultés et un président de parti ayant perdu tout avenir politique, telles en sont les conséquences. Est-ce réellement une surprise ? Lorsqu’un parti politique est miné de l’intérieur par des ambitions personnelles et des confrontations stériles et sans fin, lorsqu’un candidat déclaré aux futures élections présidentielles se trompe de campagne et se penche dans les poubelles de l’Histoire, est-il vraiment étonnant que la sanction populaire se manifeste avec éclat ? La gauche française est éclatée en mille morceaux, l’opposition ne porte aucun message crédible et n’a aucun leader capable d’entraîner une majorité de Français. En ce qui concerne le Parti Socialiste, les vrais responsables sont devenus soudainement silencieux et invisibles depuis quelque temps. Où sont passés Fabius, Strauss-Kahn, Lang, Ayrault, Guigou et consort ? Les rats ont-ils quitté le navire ? Contrairement à Jospin qui a préféré fuir après sa défaite, Martine Aubry reste seule, comme un capitaine sur la vigie d’un bateau qui fait naufrage. Elle ne doit compter sur aucun secours. Les éléphants sont réellement en voie de disparition. Enfin !!
07 juin 2009
Abstention-Europe : 1- 0
Les seuls français satisfaits des dernières élections européennes sont les hommes politiques de tous bords, puisqu’ils clament tous qu’ils ont obtenu un franc succès ou une leçon salutaire qui n'est qu'une péripétie. Même les « petites » listes ont atteint leur objectif financier, le seul qui réellement comptait. Il n’y a guère que ce soi-disant succès qui soit grand, car l’intelligence s’est effondrée sous les coups de boutoir de la langue de bois. La seule et grande gagnante de ces élections est, comme attendu, l’abstention qui a atteint un record de 60%. Durant la campagne, les medias lui ont fait tellement de propagande qu’il n’est pas étonnant que les individus aient été convaincus qu’il était totalement inutile de se déplacer. Mais, au-delà de ce fait, cette abstention massive pose une sérieuse question sur l’avenir de l’Europe. La doxa consiste à se plaindre que l’Europe ne protège pas assez le citoyen contre les dangers de la mondialisation et de la crise financière et économique. Il faut bien dire que les euro-sceptiques clament sur tous les tons que la commission européenne passe son temps à légiférer sur la longueur des concombres ou le diamètre des tomates. À force d’entendre ces discours caricaturaux, tout le monde finit par y croire et, il faut bien l’avouer, il n’y a rien là qui puisse alors soulever l’enthousiasme de l’électeur, ni le rassurer sur les protections que peut lui apporter l’Europe. Les hommes politiques ont également un discours qui est, la plupart du temps, complètement abscons. Les phrases du genre : « Il faut faire avancer l’Europe vers la justice sociale » ou bien « Nous allons construire un projet dans la cohérence » ou encore « Nous allons retrouver le chemin de l’Europe sociale », « Il faut un bouclier social », forment le fond du discours politique ambiant qui reste ainsi complètement incompréhensible pour le citoyen. Quelle que soit la liste électorale candidate, il était possible de lire sur ses affiches des slogans comme : « Changer l’Europe, vers une Europe sociale, Votez pour une Europe qui vous protège, … » et autres banalités sans signification. Il n’est guère étonnant que l’électeur ne sente pas concerné ou reste profondément sceptique sur l’utilité de son vote. Il y a plus grave encore. À force d’avoir truffer leurs discours d’attaques contre le gouvernement, mais surtout contre le Président de la République (anti-sarkozisme radical, psychopatologique, viscéral, pavlovien), les politiques ont poussé ceux qui ont fait l’effort de voter à le faire pour des motifs de pure politique nationale et partisane. Les enjeux européens sont totalement absents de leurs réflexions. Enfin, les très rares débats contradictoires organisés par les médias ont systématiquement tourné, comme d’habitude, à la foire d’empoigne et au brouhaha incompréhensible avec attaques personnelles et injures, donnant, une fois de plus, une image absolument déplorable des politiciens aux discours indigents où la médiocrité le dispute à l’incantation et à l’insulte. Ajoutons qu’il existe une contradiction apparente entre l’indifférence des électeurs et la multiplicité extravagante des listes électorales qui se sont présentées à ces élections. N’en a-t-on pas compté jusqu’à 28 en Île-de-France ? Cette floraison de listes n’a fait finalement qu’ajouter à la confusion du discours et au désintérêt de l’électeur. Confusion des discours, méprise sur les véritables enjeux, discrédit des hommes politiques. La question fondamentale est la suivante : comment construire un projet européen lorsqu'il n'y a que des listes purement nationales ne comportant que des nationaux et se présentant sur des circonscriptions également nationales ? L’Europe est malade. Une vraie démocratie doit trouver lieu de cité au sein de l’organisation européenne. Le sentiment ressenti par les citoyens est que les décisions sont prises par une commission sur laquelle ils n’ont aucun contre-pouvoir. Ces règles doivent impérativement changer. Ceux qui ont voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne doivent être considérés comme les grands responsables de ce désastre.
25 mai 2009
Réponse
Je viens de recevoir un commentaire sur le petit article ci-dessous et intitulé "Guignol, mon ami"... anonyme, bien sûr ! Ce torchon dit ceci "Quand arrêterez-vous de polluer le net avec des commentaires d'un autre âge ?". Voilà bien le commentaire d'un véritable imbécile ! Il se reconnaîtra surement.
24 mai 2009
Guignol, mon ami
L’âge fait retomber en enfance, dit-on. C’est vrai ! Je n’ai jamais autant fréquenté les théâtres de marionnettes que depuis quelque temps. L’art d’être grand-père comporte beaucoup de satisfactions et nombre d’obligations. Parmi celles-ci, retrouver le chemin de Guignol, perdu depuis si longtemps, est incontournable. Bien des théâtres de marionnettes existent, mais tous ne se valent pas. Là comme ailleurs existe une hiérarchie. Il en est, pour ces spectacles, comme pour le cinéma : des hauts et des bas, du bon et du moins bon. J’ai le sentiment qu’un « guide » des Guignols manque, comme existent les guides gastronomiques. Pour juger de la qualité d’un spectacle de marionnettes, il faut tenir compte de l’originalité du scénario, de l’inventivité de la manipulation des marionnettes, bien sûr, mais se limiter à cela serait très superficiel et ferait montre d’un amateurisme inacceptable. Un spectacle comporte tout un cérémonial qu’il serait criminel de négliger. Il y a tout d’abord la ruée des poussettes à l’entrée comme à la sortie. Il y a le regard légèrement méprisant des mamans observant les énervements des enfants qui ne sont pas les siens. Il y a la présence du loup qui fait pleurer un ou deux enfants pendant le spectacle. Il y a les cris qui atteignent leur acmé lors de l’apparition du loup rodomont ou du bandit, les battements de mains enfantins suscités par l’inévitable danse des grenouilles, des lapins ou des petits cochons. Il y a les parents qui, refusant de s’éloigner quelque peu de leur progéniture, refusent de quitter le banc réservé aux plus petits. Mais ce n’est pas tout. En effet, il faut être attentif à l’existence et la facilité d’accès du garage à poussettes, à la durée du spectacle, à l’existence ou non d’un entracte pendant lequel les enfants et les parents se bousculent devant le distributeur de bonbons et de pop-corn, à la ponctualité, à l’esthétique du décor non seulement de la salle mais aussi du spectacle, à la plus ou moins grande difficulté d’insérer ses fesses dans le siège, à l’interactivité suscitée entre la marionnette et les enfants (il est, en effet, attendrissant de voir son petit-fils applaudir de concerve avec les autres enfants), et à bien d’autres choses encore. C’est donc toute une expertise qu’il faut avoir pour choisir un théâtre de Guignol. Pour ma part, concernant les spectacles parisiens, je ferai le classement suivant : le Champ de Mars (****), le Luxembourg (***), le Parc Floral (***), le lac de Saint-Mandé(**), le parc Montsouris (*), les Champs Elysées (*). Mais ceci est purement personnel. Et j’ai besoin d’améliorer mon expertise !
18 mai 2009
Morale et profits
Le Président de la République a relancé une idée du Général De Gaulle, à savoir la juste répartition des bénéfices de l’entreprise entre les investissements, les actionnaires et les salariés. Ce fut, à l’époque, le lancement de l’intéressement et de la participation. Le rapport Cotis, remis ces jours-ci au gouvernement, précise ce que tout le monde sait depuis longtemps, à savoir que les salariés sont mal traités depuis une quinzaine d’années. Il suffit d’être salarié pour savoir cela ! Toutefois, les chiffres fournis par le rapport ont le mérite de donner du corps et une réalité objective à un sentiment confusément ressenti. Que se soit l’évolution salariale, la part des salaires dans la valeur ajoutée ou la répartition des bénéfices, le salarié est, dans tous les cas, le parent pauvre de l’entreprise. Du statut de personnel (à connotation individuelle), il est descendu à celui de ressources humaines (conglomérat anonyme dont on gère la consommation) pour sombrer finalement dans celui de variable d’ajustement (consommables et produits jetables). La crise actuelle n’est que le révélateur d’une situation qui s’est développée depuis les années 1980. C’est à cette époque que l’on a vu fleurir le concept de gouvernance dans les entreprises, pour le seul bénéfice des actionnaires. Derrière cette politique d’entreprise, se cachait l’action des fonds de pension anglo-saxons qui, au sein d’une compétition intensive, promettaient à leurs clients des taux de rendements extravagants. Pour obtenir ces rendements, ils ont soumis les grandes entreprises, dont ils détenaient les actions, à une pression de plus en plus importante pour obtenir des dividendes de plus en plus élevés et complètement déconnectés des performances réelles des entreprises. Ces dernières, soumises à un véritable chantage économique, ont recherché tous les moyens possibles pour augmenter la valeur des actions : réduction des investissements au profit des dividendes, utilisation des bénéfices pour racheter leurs propres actions afin d’en augmenter la valeur, recherche drastique d’économies de fonctionnement par utilisation de la variable d’ajustement que sont devenus les salariés, délocalisations vers des sites à coûts salariaux minimaux, investissements dans des produits toxiques à haut rendement et à hauts risques, etc … L’entreprise doit, bien sûr, faire des bénéfices, mais il est temps de se poser la question de savoir quelle est sa véritable raison d’être : une machine à faire de l’argent ou un organisme intégré dans une vie sociale ? Dans ce dernier cas, elle doit impérativement avoir une morale et fonctionner selon des principes qui respectent tous les acteurs internes et externes. Le comportement récent de certains patrons de grandes entreprises montre qu’il semble qu’ils l’aient oublié.
15 mai 2009
12 mai 2009
L’humanité en danger ?
Lorsque l’on évoque les animaux en danger, tout le monde pense aux éléphants et autres félins en voie de disparition. Peu de monde songe aux abeilles. Et pourtant …
Voilà un petit insecte sympathique qui porte sur lui le destin de l’humanité. En effet, si les abeilles disparaissaient totalement, 30% de notre nourriture disparaîtrait également ! Et, plus particulièrement, disparaîtraient les cultures maraîchères, les fruits et légumes naturels qui ont besoin de la pollinisation pour exister. Qui sait que les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, les fleurs sauvages, etc… dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation ? Or, on constate une disparition massive et inquiétante des abeilles domestiques qui peut atteindre 70% de leur population. Pour ce qui concerne les abeilles sauvages, il est à peu près certain que le même phénomène existe également, même s’il est plus difficile à mesurer. En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés, c’est-à-dire aux États-Unis, en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, en Grèce, en Pologne, et aux Pays-Bas. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu'à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche. L’ampleur du phénomène est indiscutable, même s’il passe inaperçu. Les raisons de cette disparition sont multiples mais non indépendantes. On identifie, parmi elles, le virus IAPV, les acariens parasites Varroas ou la loque européenne qui, profitant de l’affaiblissement des abeilles, provoquent parmi elles une mortalité élevée. Mais, ainsi que le montre le schéma ci-dessous, les causes premières sont l’utilisation intensive des produits phytosanitaires et celle des OGM, c’est-à-dire que la grande responsable du phénomène est l’agriculture intensive.

On ne peut exclure qu’existent d’autres causes comme la saturation de l’environnement en ondes électromagnétiques (télévision, téléphones portables, Wi-fi, radio, satellites, etc …) qui pourraient désorienter les abeilles qui ne retrouveraient plus le chemin des ruches. Mais il est incontestable que l’utilisation massive des insecticides, des fongicides et des pesticides est une cause fondamentale de cette hécatombe.
De même que les pêcheurs nient l’évidence de l’effondrement du stock de certains poissons, les agriculteurs de grandes exploitations nient l’effet de leurs produits phytosanitaires et de leurs semences OGM. L’égocentrisme fait des ravages. Une fois de plus, on voit qu’une somme d’intérêts particuliers ne sert jamais l’intérêt général.
Peut-être est-il temps que l’on repense nos manières de vivre ?
Voilà un petit insecte sympathique qui porte sur lui le destin de l’humanité. En effet, si les abeilles disparaissaient totalement, 30% de notre nourriture disparaîtrait également ! Et, plus particulièrement, disparaîtraient les cultures maraîchères, les fruits et légumes naturels qui ont besoin de la pollinisation pour exister. Qui sait que les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, les fleurs sauvages, etc… dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation ? Or, on constate une disparition massive et inquiétante des abeilles domestiques qui peut atteindre 70% de leur population. Pour ce qui concerne les abeilles sauvages, il est à peu près certain que le même phénomène existe également, même s’il est plus difficile à mesurer. En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés, c’est-à-dire aux États-Unis, en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, en Grèce, en Pologne, et aux Pays-Bas. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu'à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche. L’ampleur du phénomène est indiscutable, même s’il passe inaperçu. Les raisons de cette disparition sont multiples mais non indépendantes. On identifie, parmi elles, le virus IAPV, les acariens parasites Varroas ou la loque européenne qui, profitant de l’affaiblissement des abeilles, provoquent parmi elles une mortalité élevée. Mais, ainsi que le montre le schéma ci-dessous, les causes premières sont l’utilisation intensive des produits phytosanitaires et celle des OGM, c’est-à-dire que la grande responsable du phénomène est l’agriculture intensive.

On ne peut exclure qu’existent d’autres causes comme la saturation de l’environnement en ondes électromagnétiques (télévision, téléphones portables, Wi-fi, radio, satellites, etc …) qui pourraient désorienter les abeilles qui ne retrouveraient plus le chemin des ruches. Mais il est incontestable que l’utilisation massive des insecticides, des fongicides et des pesticides est une cause fondamentale de cette hécatombe.
De même que les pêcheurs nient l’évidence de l’effondrement du stock de certains poissons, les agriculteurs de grandes exploitations nient l’effet de leurs produits phytosanitaires et de leurs semences OGM. L’égocentrisme fait des ravages. Une fois de plus, on voit qu’une somme d’intérêts particuliers ne sert jamais l’intérêt général.
Peut-être est-il temps que l’on repense nos manières de vivre ?
05 mai 2009
Consternant !
Plongés dans le maelström de la crise, les Français souffrent (pas tous !), certains – de plus en plus nombreux – perdent leur emploi en même temps que tout espoir d’en retrouver, les difficultés pour garder un logement s’accroissent, les files d’attente aux associations caritatives s’allongent, l’inquiétude se diffuse, la jeunesse sans emploi en perspective est à la dérive, les parents s’angoissent sur l’avenir compromis de leurs enfants …Et pendant ce temps, les patrons des grandes entreprises s’enrichissent d’une manière scandaleuse, au mépris de toute morale. Ils détournent une part croissante de l’investissement pour leur profit personnel (« golden hello », parachute doré, retraite chapeau, stock options, salaires faramineux,…). Dotés d’une imagination sans borne, les sommes qu’ils s’octroient par tous les moyens imaginables sont absolument consternantes et dépassent l’entendement. Les sommes en jeux sont tellement énormes qu’elles perdent toute signification pour le commun des mortels. Simultanément, les banquiers continuent de mentir, de réclamer des aides publiques tout en refusant de prêter aux PME en difficulté et aspirant à reprendre leur jeu pervers le plus tôt possible, espérant que tout le monde oubliera qu’ils sont responsables de la crise actuelle.
Et pendant ce temps, les hommes politiques de tous bords qui comptent dans la vie de la Nation ont une unique préoccupation : leur candidature à la Présidence de 2012. Obnubilés par cette échéance, ils n’ont d’autre ressource que de critiquer à outrance celui qui sera leur principal concurrent, le Président actuel, au détriment de la recherche de l’intérêt général. La crise n’est, pour eux, qu’un simple prétexte de campagne électorale, pain béni en quelque sorte ! Simplifiant à l’extrême le discours politique en rendant le Président en place coupable de tous les maux et responsable finalement de la crise mondiale, ces politiques donnent un spectacle affligeant.
Et pendant ce temps, les mandarins hospitaliers, les magistrats, les professeurs népotiques d’université s’insurgent pour conserver leurs privilèges.
La conséquence de tout cela est que le sentiment d’abandon, la consternation et la colère montent chez les citoyens, certains d’entre eux versant dans la violence, écœurés par l’omniprésence de l’ambition personnelle des politiques et de la voyoucratie financière des plus riches. Il est certain que, la détresse se transformant en violence, les actes de révolte vont se multiplier (n'oublions pas qu'en 1948, les violences eurent un tel degré qu'il fallut faire appel à l'armée)et que des opportunistes sans scrupule trouveront là un tremplin pour leur arrivisme politique. Ils vont essayer de faire pousser sur le terreau de la violence le cactus de leurs ambitions personnelles. Consternant !
02 mai 2009
Décidément !
Je dois avouer mon désarroi. Jamais l’Europe n’a connu de crise aussi profonde et grave. Jamais les Européens n’ont plus attendu de l’Europe qu’elle leur apporte une certaine protection devant les difficultés grandissantes. À cette attente n’a répondu qu’un assourdissant silence de la Commission Européenne et de son président. On attendait que la commission soit proactive dans la définition et la mise en œuvre d’un ensemble de mesures communes aux différentes nations européennes pour résister à la crise économique et sociale. On attendait que la commission pousse les nations à mettre en pratique rapidement les principes arrêtés au dernier G20 afin que celui-ci ne se solde pas uniquement par un ensemble de vœux pieux. Il ne s’est rien passé. Nous sommes à quelques semaines des élections européennes et personne n’en parle vraiment. Les médias sont silencieux, les discours politiques restent confidentiels et lorsqu’ils sont publics, ils sont totalement dévoyés pour n’être que débats franco-français. Encore une fois, le Parti Socialiste va se tromper de cible. Les Français se désintéressent de ces élections, faute de comprendre le fonctionnement de l’Europe et de son Parlement. Ils ne comprennent rien aux regroupements politiques formant les différentes composantes du Parlement, ils ignorent ses prérogatives et méconnaissent ses pouvoirs, mais surtout ils n’entendent aucun discours leur expliquant en quoi et pourquoi l’Europe est un enjeu d’avenir. Les socialistes vont brouiller encore davantage la vision des Français en transformant ces élections en vote sanction contre le Président de la République, c’est-à-dire en substituant un enjeu de politique purement nationale à l’enjeu européen. Pour fédérer le plus largement possible, le Parti Socialiste joue la carte anti-Sarkozy. Cela lui permet de ne pas préciser quelle est sa vision européenne, comme il fait avec la politique nationale. Caricaturer la politique gouvernementale sans faire de propositions alternatives lui permet de ne pas faire de propositions, empêtré qu’il est dans ses courants contradictoires et paralysé par des ambitions personnelles multiples. Décidément, le Parti Socialiste n’est pas près de (ni prêt à) redevenir un parti de gouvernement. Une vraie campagne pour les élections européennes devrait être pédagogique avant tout et devrait essayer de faire naître une attente et non pas un vote sanction. Celui-ci devrait être cantonné aux élections nationales et le melting-pot ne peut que semer la confusion et la désillusion. À force de caricatures, le Parti Socialiste va finir par faire croire qu’il ne supporte pas d’avoir un Président de la République d’origine étrangère !! Pour être juste, il faut bien dire que, du côté de la majorité, tenir un discours plébiscitaire concernant le Président de la République et se contenter de dénoncer le manque de propositions de l’opposition n’est pas, non plus, particulièrement à la hauteur des enjeux européens. L’Europe risque de mourir des nationalismes étroits qui sévissent partout.
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