La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
22 septembre 2008
L’esprit de Munich est toujours vivant
Lorsque Chamberlain est revenu de Munich en Septembre 1938 avec un torchon de papier signé par A. Hitler qui « garantissait » la paix, tout le monde a applaudi, tant en France qu’en Grande-Bretagne. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui « l’esprit munichois », c’est-à-dire un aveuglement collectif qui, au nom d’une détestation légitime de la guerre, préfère fermer les yeux sur l’inacceptable. Aujourd’hui, en France, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, surtout depuis l’assassinat de dix soldats dans une embuscade talibane. Les Français font la guerre dans un pays qui n’est pas le nôtre et nous n’en voulons pas, tel est le sentiment de ces groupes pacifistes. Or, l’ancien régime Taliban était le berceau dans lequel a grandi et s’est organisé le terrorisme à grande échelle d’Al-Qaida. Aujourd’hui, les Talibans défaits se sont regroupés et se réorganisent dans les zones tribales et de non-droit situés à la frontière pakistanaise. Ces zones sont, en plus d’être le paradis du trafic d’armes et de la drogue, des lieux d’entraînement pour les terroristes. Sans la présence militaire occidentale, il y a longtemps que les talibans auraient reconquis la totalité de l’Afghanistan, multipliant ainsi les bases arrière du terrorisme mondialisé. Depuis cette intervention militaire et la mise en place des systèmes de surveillance, les Talibans ont perdu nombre de camps d’entraînement. Doit-on le regretter ? Peut-on se désengager de l’effort des démocraties occidentales pour lutter contre le terrorisme et sous-traiter à d’autres le soin de tenter de mettre la France à l’abri ? La peur de tentatives de rétorsions terroristes doit-elle inciter la France à fermer les yeux ? Cette peur doit-elle nous conduire à démissionner de nos responsabilités collectives, en nous réfugiant dans un neutralisme qui voudrait nous éviter la guerre ? Les arguties médiatiques consistant à savoir si « nous sommes en guerre ou pas » et l’attitude toujours aussi incompréhensible et confuse du Parti Socialiste qui, à la question « La France doit-elle rester en Afghanistan ? » vote non mais ajoute aussitôt qu’il n’est pas question de se retirer, ajoutent à la confusion des esprits. Il convient de se rappeler ce que disait W. Churchill au retour de Chamberlain : « Vous aviez le choix entre la honte et la guerre. Vous avez choisi la honte … et vous aurez la guerre ».
20 septembre 2008
La main qui étrangle
La folie financière de cette semaine a, une fois de plus, mis en lumière le rouage fondamental du fonctionnement du capitalisme libéral : laisser quelques particuliers accumuler d’énormes profits et laisser aux contribuables le soin d’éponger les dettes. Les responsables et les traders des sociétés financières américaines ont engrangé d’énormes profits personnels grâce à une dérive immorale de leur politique d’emprunts (les subprimes) allant jusqu’à mettre en faillite leur propre entreprise. Comme le réel finit toujours par s’imposer au virtuel, l’impossibilité des Américains à rembourser leurs emprunts a provoqué une série de faillites dans le domaine bancaire et financier anglo-saxon. Pouvez-vous me dire si une quelconque sanction a été prise envers les dirigeants et responsables de ces entreprises ? Aucune. Par contre, devant le risque croissant d’un effondrement généralisé du système bancaire, le gouvernement de G. Bush vient de lancer un plan de refinancement de ce dernier à hauteur de sept cents milliards de dollars. Qui va payer ? Le contribuable américain. Les gains resteront privés, les pertes seront publiques. Le patron de Freedie mac et celui de Fannie Mae vont continuer à dormir sur leur matelas de dollars pendant que les contribuables auront non seulement perdu leur logement mais vont voir leurs impôts augmenter. Autre leçon à tirer de ce qui se passe : on peut être le chantre invétéré du libéralisme et du laisser-faire, la réalité impose l’intervention de l’État. D’ailleurs, partout des voix s’élèvent pour demander un contrôle du marché financier. Qui demande un interventionnisme accru des États ? La droite, auparavant chantre du libéralisme pur et dur. La main invisible d’Adam Smith est, finalement, une main qui étrangle les plus vulnérables. L’économie virtuelle sera le poison mortel de l’économie réelle. Lorsque les organismes financiers proposent des produits dérivés qui permettent de gagner de l’argent en faisant un pari sur les mouvements à la hausse ou à la baisse des cours de bourse, cela s’appelle une économie de casino. Et il est bien connu que l’on perd toujours au casino, sa règle de fonctionnement étant "pile, je gagne ; face, tu perds".
16 septembre 2008
Politique et Religion
Et Dieu dans tout ça ? Voilà une question qui a retrouvé de la vigueur avec la venue récente du Pape à Paris. Poussé, comme d’habitude, par l’irrépressible besoin de parler de lui, le Président de la République a saisi l’occasion de donner aux Français sa vision des relations entre le pouvoir politique et le religieux. C’est-à-dire entre la vie sociale et la foi. Cette casuistique n’est-elle pas la mission de tout directeur de conscience ? Assurément. Nicolas Sarkozy se comporte comme le directeur de conscience des Français. Est-ce son rôle ? Assurément pas. Le discours du Président devant le Pape relevait davantage de la disputation que de la politique. La France a choisi la stricte séparation de l’Église et de l’État, quelle que soit l’Église. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne doit y avoir aucun dialogue entre le pouvoir politique et le monde religieux. Mais le contenu de ce dialogue, lorsqu’il n’est plus individuel mais prend un caractère collectif comme lorsque le Président parle au nom du peule français, doit respecter une règle simple. L’État doit garantir que toute religion trouve en France les moyens de son libre exercice à une double condition : que ne se cache pas une secte sous le couvert du religieux et que l’exercice de chaque religion se fasse dans le strict respect des lois de la République. Il n’est pas interdit au Président de faire de la philosophie et de réfléchir sur le rôle de la religion au sein de la société, mais cette réflexion fait partie de son domaine personnel et ne doit absolument pas en sortir. L’éthique ne relève pas de la religion mais de la morale. La laïcité oblige l’État à donner à chaque enfant un instituteur mais laisse à l’individu le choix de trouver son prêtre. L’histoire de l’Occident imbrique étroitement la religion chrétienne dans la vie des citoyens, cette imbrication étant d’ailleurs la cause de beaucoup de violence et de sang versé. Les luttes entre la papauté et la France ou le Saint Empire Germanique remontent au Moyen-Age et sont le symbole de la lutte de l’Église pour conserver le pouvoir et la puissance. Le principe de laïcité naît difficilement avec la Révolution Française pour aboutir finalement à la Loi de 1905 qui officialise la séparation des Églises et de l’État. C’est donc un long cheminement qui a abouti dans la souffrance à l’état actuel des relations entre le pouvoir politique et le religieux. Certes, plus d’un siècle s’est écoulé depuis la promulgation de cette loi. Ce n’est pas une raison suffisante pour remettre en cause un principe fondamental. Aujourd’hui, la France est consensuelle sur ce point. Il est toujours dangereux de vouloir remettre en cause, sans précaution, un consensus. Il y faut, de toute façon, une légitimité que le Président de la République ne possède pas. Il n’est pas le Président des seuls catholiques, mais de tous les Français y compris des agnostiques et des athées Il n’y a pas de laïcité positive ou négative, concept d’ailleurs confus : il y a LA laïcité, un point c’est tout ! Et elle ne s’occupe pas de la parousie. On sait trop ce qu’il advient lorsque la séparation stricte entre le pouvoir politique et la religion n’existe pas. L’intégrisme, voie royale vers le terrorisme, est à l’affût de cette confusion.
14 septembre 2008
Le chaos en physique
Le lancement récent du LHC de Genève a mis les projecteurs de l’actualité sur la physique fondamentale. Or, celle-ci se trouve aujourd’hui dans un état proche de la confusion. Il y a près d’un siècle, les physiciens croyaient avoir expliqué le monde. Aujourd’hui, ils n’y comprennent plus rien et se contentent d’appliquer des règles dont ils ne comprennent pas la signification. En cosmologie, seule une infime partie du contenu de l’Univers nous est perceptible, 90% de ce contenu étant un incompréhensible mystère : il existe mais on ne sait pas de quoi il s’agit. Dans le monde microscopique, le comportement des particules subatomiques est, lui aussi, devenu incompréhensible. Ces particules ont des comportements étranges que la physique arrive à décrire mais dont elle est incapable d’expliquer la raison et la cause. Par exemple, la physique quantique se contente de décrire la dualité onde/particule sans pouvoir expliquer les raisons de ce phénomène. Il en est de même pour la non-localité ou « l’effondrement de la fonction d’onde ». Ces comportements n’existent pas dans le monde macroscopique qui est le nôtre sans que l’on sache vraiment pourquoi. Cela conduit les physiciens à des manipulations mathématiques, telle la « renormalisation », pour que le résultat de leurs équations coïncide avec les observations. C’est un peu ce qu’avait fait Einstein lorsqu’il introduisit sa constante cosmologique dans ses équations de la Relativité Générale. Mais il eut la lucidité de reconnaître que c’était là « la plus grande erreur de sa vie ». Cela conduit au mieux les physiciens à accepter sans comprendre et au pire à sombrer dans un ésotérisme qui ressemble davantage aux élucubrations de la science-fiction et qui ne convainc pas grand monde, comme de déduire « mathématiquement » que le monde que nous connaissons n’existe que parce que nous le regardons (c’est l’explication donnée à l’effondrement de la fonction d’onde). Ces physiciens tombent dans un jeu pervers qui consiste à avancer des hypothèses qui resteront à jamais invérifiables. Devant de tels comportements, Einstein doit se retourner dans sa tombe ! Enfin, comme la physique ne sait pas expliquer pourquoi ces particules (dites élémentaires) sont ce qu’elles sont, les physiciens ont « inventé » une théorie dite des cordes (ou des supercordes) qui restera non falsifiable et non vérifiable. Or une vraie théorie doit être falsifiable, c’est-à-dire que l’on doit avoir la possibilité de démontrer qu’elle est éventuellement fausse ; elle doit être vérifiable, c’est-à-dire qu’elle doit permettre de faire des prévisions susceptibles d’être testées par l’expérience. Tout ce que la théorie des cordes ne permettra jamais. La situation est donc la suivante : nous ne comprenons pas l’Univers, nous ne savons pas clairement comment se comporte un atome, nous ne comprenons pas le monde subatomique. Dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit s’installe la confusion. Le LHC ne supprimera pas cette confusion. Tout ce qu’on peut en attendre est la vérification d’une hypothèse de la physique des particules sur la façon dont celles-ci acquièrent leur masse. Peut-être aura-t-on quelques lumières sur les raisons qui ont donné la priorité à la matière sur l’anti-matière. Rien de plus.
Au 19ème siècle et au début du 20ème siècle, la science triomphante a obligé la religion à abandonner sa propre explication du monde pour accepter celle des physiciens. L’Église acceptait enfin Galilée. Et c’est au moment où la science perd pied et où son interprétation du monde devient hésitante, voire confuse, que l’on voit ressurgir le fondamentalisme dans pratiquement toutes les religions avec un retour aux anciennes croyances, tels le créationnisme ou l’hypothèse du « dessein intelligent » aux Etats-Unis ou l’islamisme radical musulman. Ce n’est vraisemblablement pas un hasard.
Au 19ème siècle et au début du 20ème siècle, la science triomphante a obligé la religion à abandonner sa propre explication du monde pour accepter celle des physiciens. L’Église acceptait enfin Galilée. Et c’est au moment où la science perd pied et où son interprétation du monde devient hésitante, voire confuse, que l’on voit ressurgir le fondamentalisme dans pratiquement toutes les religions avec un retour aux anciennes croyances, tels le créationnisme ou l’hypothèse du « dessein intelligent » aux Etats-Unis ou l’islamisme radical musulman. Ce n’est vraisemblablement pas un hasard.
12 septembre 2008
Le cimetière des éléphants
Mitterand a pris le parti socialiste avant de prendre la France, De Gaulle a pris la France en se moquant totalement des partis politiques. Le trait commun entre ces deux hommes (entre autres) est qu’ils ont été ressentis immédiatement comme étant des leaders habités, certes d’une ambition, mais surtout d’une véritable vision pour la France. Aujourd’hui, nous assistons au triste spectacle d’un parti socialiste encombré d’ambitions personnelles et mortifères mais sans aucun leader naturel. Comme il n’y a qu’un tout petit pas entre l’ambition politicienne et les combinaisons, le Parti Socialiste nous offre le même spectacle que nous a donné l’ensemble des partis politiques de la IVème République. Alliances de circonstances et éphémères, intérêts personnels primant sur l’intérêt national, combinaisons politiciennes et contre-nature, reniements de convictions, on sait où cela a mené la IV ème République : à son effondrement et sa disparition. Les mêmes causes produisant, la plupart du temps, les mêmes effets, il est à craindre qu’il en soit de même pour le Parti Socialiste d’aujourd’hui. Sa disparition n’est pas certaine, elle n’est sûrement pas souhaitable. Mais il est évident que ce parti, miné par des guerres picrocholines malgré des discours hypocrites sur le nécessaire rassemblement, n’est pas actuellement un parti de gouvernement. Contrairement à son discours répétitif, le Parti n’est pas riche de personnalités, il est rongé par des ambitions personnelles égoïstes. Discuter à longueur d’interviews pour savoir s’il faut un secrétaire général du parti qui soit ou non un futur candidat à la Présidence de la République n’est qu’un faux-semblant de raisonnement pour essayer de justifier l’injustifiable. Si le Parti ne possède pas de leader naturel qui s’impose à tous, alors toutes ses combinaisons ne le porteront sûrement pas au pouvoir. Nicolas Sarkozy peut dormir tranquille, sa réélection est assurée car elle se construira sur le cimetière des éléphants du Parti Socialiste.
29 août 2008
L’addiction électronique
Ils ont à peine dix-huit mois. Déjà, ils savent allumer la télévision et utiliser le téléphone. Ils regardent une vidéo avec attention et sont capables de la réclamer tout en allumant le lecteur de DVD. Ceux qui ont dix ans savent parfaitement naviguer sur Internet. Mes petits-enfants font partie d’une nouvelle civilisation. Pour ma part, je n’ai su me servir d’un téléphone qu’à l’âge de 12 ans. Les statistiques américaines fournissent des chiffres qui laissent rêveur : les enfants de moins de 21 ans ont passé 20.000 heures devant la télévision, 10.000 heures au téléphone, 10.000 heures devant des jeux vidéo, ont envoyé et reçu 250.000 courriels. 70% des enfants de moins de 4 ans ont utilisé un ordinateur. Aujourd’hui, le monde virtuel, invention des adultes, dévaste le monde des enfants. Plus les adolescents se perdent sur Internet, moins ils parlent. Nous vivons dans une société de communication qui a supprimé la parole et, dans les cas les plus graves, le contact avec l’environnement. L’addiction constatée n’est pas différente d’un autisme « électronique ». La relation avec les parents se distend jusqu’à disparaître, surtout lorsque la démission de ces derniers favorise cet anéantissement dans le virtuel. L’excuse de l’exutoire à la violence est un bel exemple de langue de bois. Permettre aux enfants de laisser exprimer leur violence dans le monde virtuel n’a jamais empêché que certains l’expriment dans la vraie vie comme s’ils participaient encore à un jeu sans réelles conséquences. Le virtuel plongent les enfants dans un monde réversible qui déresponsabilise complètement puisque tout peut être effacer et qu'à tout moment il est possible de revenir au point de départ. Il ne faut pas s’étonner de voir certains d’entre eux utiliser des armes à feu contre les pompiers ou les forces de l’ordre. Et les dégâts sur le psychique de ceux qui ne franchissent pas « la ligne blanche » n’ont jamais été sérieusement mesurés, car il est difficile d’analyser la relation de cause à effet. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Mais comment imaginer qu’un enfant qui passe la moitié de ses journées à exterminer virtuellement ses semblables ressorte de cette expérience sans dégât ? Il a fallu de nombreuses années pour arriver à limiter l’influence des fabricants de tabac dont le marketing n’avait pour but que de créer l’addiction chez les plus jeunes pour générer d’énormes profits grâce aux adultes. La situation est exactement la même avec les producteurs de jeux virtuels. Les enfants sous addiction électronique deviennent des adultes qui se perdent dans les mondes virtuels comme « Second Life » (en 2006, MySpace a reçu 60 millions de visiteurs) et qui préfèrent correspondre par téléphone portable plutôt que directement. La distance leur sert d’écran protecteur … au détriment de leur intimité qu’ils n’hésitent pas, par ailleurs, à exposer aux oreilles étrangères qui les entourent lorsqu’ils communiquent dans la rue ou les transports en commun. Les techniques informatiques et de communication ont profondément modifié le fonctionnement du monde. Mais toutes les inventions humaines ont fait naître des falsificateurs dévoyant celles-ci en utilisations dangereuses dans le seul but de profits importants et rapides. Accrocher les enfants par l’intermédiaire de jeux vidéo ou de pages « web » relève du même objectif.
24 août 2008
Médaille d’or et dérision
Les jeux olympiques de Pékin se terminent (enfin !!). Chacun rentre chez soi en faisant le compte de ses médailles. Et chacun de ces bibelots, tout important et symbolique qu’il soit pour le sportif qui le possède, restera un témoignage d’un nationalisme exacerbé dont ces jeux auront été l’apothéose. La Chine (je ne parle pas des chinois) a définitivement enterré « l’esprit olympique » (s’il a jamais existé) pour le remplacer par l’expression d’un nationalisme vindicatif et truqueur. Certes, le marquis de Coubertin n’était pas un parangon de démocrate, mais il a dû mourir une seconde fois devant le spectacle de ces jeux : entraînement de (trop) jeunes athlètes relevant de la torture, déplacement de population, truquage des images vidéo, mensonge sur l’âge des sportifs, censure de l’information, et tout ce que l’avenir dévoilera encore. Décidément, le CIO n’est plus capable de remplir sa mission et les considérations financières ont eu raison de toute déontologie sportive. Il n’y a plus que les athlètes pour croire encore dans ces jeux qui sont devenus une foire commerciale et nationaliste. La Chine (je ne parle pas des chinois) a, incontestablement, remporté non seulement le plus grand nombre de hochets mais surtout la médaille d’or de l’hypocrisie. Plus vite, plus haut, plus loin, certes. Mais le marquis faisait allusion aux performances sportives et non pas aux étalages financiers et chauvins. Certes, à partir du moment où le CIO a supprimé la compétition entre individus pour la remplacer par la compétition entre équipes nationales, voire entre nations, la dérive cocardière était inévitable. Mais d’inévitable, elle est devenue excessive. Et donc, comme tout ce qui est excessif, dérisoire.
17 août 2008
À l’Est, rien de nouveau !
En Mars 1938, Hitler envahit et annexe l’Autriche, de Septembre 1938 à Mars 1939 il annexe le protectorat de Bohème et de Moravie, en Septembre 1939 le 3ème Reich envahit la Pologne et tout cela sous les yeux des occidentaux qui restent sans réaction, tétanisés par la pusillanimité. On sait ce à quoi cette absence de courage a conduit. Mais les leçons de l’histoire sont toujours gênantes. Aujourd’hui, nous assistons à l’invasion d’un pays souverain et démocratique par la Russie de Poutine qui, après avoir détruit l’Afghanistan et ravagé la Tchétchénie sous de fallacieux prétextes, s’apprête à annexer la Géorgie sous les regards embarrassés des occidentaux qui, de rodomontades en rodomontades, laissent finalement la Russie faire la loi dans ce pays. Sarkozy à Tbilissi et Moscou fait résonner dans les mémoires Chamberlain à Munich. Poutine est un dictateur sanguinaire, digne successeur de Staline qui, protégé par l’impérieux besoin ressenti par l’Occident du gaz russe, se permet tous les crimes contre l’humanité pour asseoir son impérialisme sanglant, n'hésitant pas à se parer de la qualité de soi-disant casques bleus pour légitimer son invasion. L’imbécillité criminelle du Président de Géorgie ne peut légitimer cette invasion. Qui aura le courage de le dire ?
13 août 2008
Une brêve … comparaison
Dans son édition du 27 Juillet dernier, Le Monde expliquait les états d’âme des militants du Labour du Royaume Uni. Ces militants, nous dit-on, sont consternés de voir leur parti « englué dans une analyse introspective effectuée par ses hiérarques », de constater que cette analyse ne fait que déboucher « sur une liste des courses », de regretter de voir que la préoccupation essentielle du Labour est, comme toujours, la préparation « de son traditionnel congrès » et que « les militants du Labour se réunissent à huis clos pour établir le programme du Parti ». Ne croirait-on pas que l’on parle du Parti Socialiste Français ? Décidément, les vieux partis politiques ont besoin d’un sérieux coup de jeune !!
12 août 2008
Un éternel retour
La politique est l’art de gouverner les hommes. Il n’y a pas de politique universelle puisque les hommes ne constituent pas un ensemble unique et homogène. De tout temps, ils se sont rassemblés en groupes distincts, depuis le clan, la tribu, jusqu’à la nation et la communauté de nations, ce que les historiens nomment une civilisation, groupements humains partageant un lieu géographique plus ou moins étendu, une identité artistique, un ensemble de règles de vie en commun, souvent des croyances ou une religion. Il y a donc eu, pendant des siècles, autant de politiques que de communautés, chacune d’elles se distinguant des autres par le choix des valeurs et des perceptions de l’environnement différents, par ses projets de développement. Le monde a fonctionné et évolué par l’intermédiaire des échanges qui se sont institués entre les communautés, que d’aucun appelle les peuples. Ces échanges furent, le plus souvent, agressifs et violents. Deux grandes classes d’échanges peuvent se distinguer nettement : la guerre (sous toutes ses formes : batailles rangées, invasions, croisades, …) et le commerce (dans tous ses aspects : produits, services, finance, hommes, idées, …). Ces rapports ont permis à certains groupes de prendre l’ascendant sur d’autres, de les assimiler, voire de les exterminer. Ils ont été les vecteurs principaux des changements et c’est par eux que les communautés humaines sont passées du stade du clan à celui de nation. Avec le temps, les échanges commerciaux sont devenus de plus en plus prépondérants. Peut-être parce qu’ils sont apparus très vite comme beaucoup plus efficaces que la guerre pour tenter de dominer les autres peuples ! Les différentes colonisations en sont une belle démonstration. Ce qu’aujourd’hui on appelle mondialisation (ou globalisation) est l’extension à la planète entière de l’hégémonie des échanges commerciaux et, parmi ceux-ci, des échanges financiers. Nous sommes passés (assez brusquement) d’une politique de civilisation (au sens donné par E. Morin) centrée sur la communauté à une politique de gestion du profit centrée sur les flux, essentiellement financiers. C’est ce que l’on peut appeler une politique capitalistique de civilisation. C’est aussi une machine sans morale qui s’emballe, créant des distorsions de plus en plus grandes entre les peuples et donc des tensions de plus en plus nombreuses et dangereuses. La guerre avait ses lois (et donc ses crimes). L’hégémonie financière n’a pas de lois ; il lui reste les crimes. Les crises de tous ordres se multiplient (financière, énergétique, alimentaire, écologique, climatique, de fonctionnement, morale, …) et rien ne semble pouvoir freiner un processus qui nous conduit vers une nouvelle recrudescence des conflits. Ainsi, le monde des hommes est passé du stade du clan et des guerres à celui des nations avec leurs guerres et leur commerce, puis à celui espéré des nations et du seul commerce, pour revenir peu à peu, il faut le craindre, à celui des nations et de la guerre. Ce qui s’est passé en Tchétchénie et ce qui se passe aujourd’hui en Géorgie, en Irak ou en Afghanistan en est une preuve flagrante. Le cycle est bouclé ! À ceci près que l’arme nucléaire et l’attentat suicide ont remplacé le javelot…
10 août 2008
De l’art de compliquer
Avez-vous lu le dernier ouvrage de J.F. Kahn, intitulé « Où va-t-on, comment on y va ? », portant en sous-titre l’amusante formule « Théorie du changement par recomposition des invariances » ! Que dit cet ouvrage avec, faut-il le dire, une assez forte propension à la redite ? Que, finalement, la « rupture » n’existe pas et que ceux qui s’y réfèrent sont des illusionnistes. Tout processus ne peut accepter que des évolutions à la marge qui préservent le corpus de son organisation de base. C’est le sens de l’oxymore du sous-titre de l’ouvrage qui agglomère changement et invariance. Le sens véritable de cet ouvrage est, à la fois, caché et transparent. Personne ne doute, en effet, de l’anti-sarkozysme de l’auteur. Et l’étendard du Président de la République est, précisément, la « rupture ». Voilà donc un ouvrage de trois cent soixante dix pages pour nous dire que Nicolas Sarkozy est un falsificateur. Etait-ce vraiment nécessaire ? Quelqu’un a dit que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Voici deux exemples tirés de l’ouvrage en question : « Ce que dit l’évolution c’est la nécessité de rester soi pour devenir autre mais un autre soi qui ne soit pas un autre que soi » ! Ou encore (accrochez-vous bien !) : « La prise de conscience par une œuvre de la nature de la façon dont la nature œuvre indique que ce retour de la conséquence sur la cause et sur elle-même, et donc sur la dynamique qui a permis de passer de la cause à la conséquence, ne saurait permettre à la conséquence de s’émanciper du processus grâce auquel elle s’est découverte comme conséquence d’une cause » !! Tout ça pour dire que l’évolution se fait nécessairement à partir de l’existant et que le discours politique est toujours manichéen. Il doit falloir un certain talent pour être capable de construire des phrases aussi compliquées pour dire des choses aussi simples. C’est ce qui doit faire la différence entre le journaliste et l’écrivain.Que voulez-vous, tout le monde ne s'appelle pas Henri Calet ou François Mauriac !
25 juillet 2008
Inconséquence
Les Français sont décidément inconséquents. Il faut dire que l’exemple vient de haut. Que n’a-t-on entendu, sur les bancs de l’Assemblée et de l’opposition, à chaque discussion budgétaire, qu’il était absolument indispensable d’augmenter le budget de l’Éducation Nationale ou de tout autre service public en sacrifiant un porte-avion ou la réalisation d’un nouveau char, en faisant les économies nécessaires sur le budget militaire, à une époque où la guerre froide étant morte, il n’était plus nécessaire d’entretenir une armée !! Et voilà que le gouvernement et le Président de la République engagent un vaste effort d’économies sur le budget militaire en supprimant plusieurs dizaines de régiments et 50.000 postes environ, en regroupant des unités pour réaliser des économies logistiques et administratives. Que croyez-vous qu’il se passe ? On n’entend plus que récriminations et condamnations, maires des communes concernées en tête, suivis de toute l’opposition socialiste. Il est vrai que cette dernière a voté contre une réforme constitutionnelle qu’elle avait elle-même demandée et à laquelle a participé un de ses membres éminents. Elle n’est donc pas à une contradiction polémique près. Un parti qui conçoit ainsi la politique de la nation ne peut, en aucun cas, prétendre être un parti de gouvernement. La démocratie ne peut fonctionner qu’à la condition que les élus soient à la hauteur de leur tache. Il est grand temps que Messieurs F. Hollande et J.M Ayrault passent la main pour que vive un Parti Socialiste modernisé et responsable.
15 juillet 2008
Un état des lieux
Les hommes étaient 1 milliard en 1800. Ils seront 9 milliards en 2050. L’espèce humaine est en pleine expansion. Elle envahit la planète et cette invasion se fait au détriment des espèces qui, pour beaucoup d’entre elles, étaient présentes bien avant l’homme. Les espèces en danger ou en voie de disparition sont invraisemblablement nombreuses. La liste qui suit n’est pas exhaustive mais elle est inquiétante :
Le bar sauvage, le saumon sauvage, les 27 espèces d’esturgeon, le thon rouge, la baleine bleue, la baleine à bosse, la baleine blanche (le béluga), la baleine franche, le dauphin des rivières (le botosse), le narval, le rhinocéros noir, le rhinocéros blanc, le rhinocéros de Sumatra, le lamantin (le dugong), l’orang-outan, le gorille, le bonobo, le panda géant, le petit panda, les 32 espèces de lémuriens de Madagascar, le tigre, le tigre blanc, le tigre de Sibérie, le lion, le guépard, le léopard (la panthère), la panthère nébuleuse (léopard tacheté), le léopard des neiges, le jaguar, l’ours brun, le grizzli, l’ours blanc (à cause de la fonte de la banquise), l’ours des Pyrénées (disparu), le bison, la praire, la loutre, la loutre de mer, le castor, l’éléphant, le loup gris, le loup de Tasmanie (disparu depuis 20 ans), l’aigle royal, le faucon crécerelle, le gypaète barbu, le crapaud doré (disparu en 2000), le quetzal royal, les coraux, l’oryx, l’ours brun à collier, le phoque moine, l'ocelot, le vison, le caméléon, le koala, le cabillaud, le manchot, le merlu, le merlan, le requin bleu, le requin pèlerin, le phoque gris, le triton crêté, la salamandre, le dragon de Comodo, le protèle, la grande outarde, la loutre géante, le loup à crinière, la poule coco de Rennes, l'ortolan, l'écureuil roux, le milan royal, le dauphin de Chine (disparu), le python de Birmanie, l'effraie, la limule, la grue du Japon, la grenouille dendrobate, le hérisson, la bernache néné, l’outarde(disparue), l’hirondelle, le martinet, la perdrix grise, l'ours à lunette, le caméléon de Jackson, la tortue luth à carapace de cuir, le faisan de wallich, le cerf des marais (du père David), l'érismature (canard) à tête blanche, le aye-aye, l'éléphant de mer austral, l'otarie à fourrure, le géco (de l'île ronde), le tamarin lion, le tapir, le crabe des cocotiers, le kiwi, le macareux moine, le pigeon rose, l'antilope addax, le canard mandarin, le flamand rouge des caraïbes, la mygale, le vautour moine, le vautour des Pyrénées, l'hippocampe, le calao, l'axolotl, le lion d'Asie, le cheval de Przewalski, la conure à gros bec, le perroquet gris d'Afrique, l’aras bleu, l'escargot partula, le boa de Cuba, le pélican frisé, la roussette de Rodrigues, le cacatoès des Philippines, le lion de mer de Nouvelle Zélande, le maquis, la raie d'eau douce, le dauphin de Commerson, le crotale diamant, le ouistiti à tête jaune, le requin baleine, le lycaon, la tortue étoilée, le singe araignée, la limule, le tigre de Tasmanie (disparu), la souris à miel, le bandicoot, le noumbaat, le walabi, le rat kangourou à long nez, le bilbise, le grand duc, le caïman noir, le lynx pardelle, l'ours paresseux, l'ours des cocotiers, le fossa, le condor des Andes, l'uruhbu, le pygargue, l'aigle impérial, l'aigle royal, le circaète, le coq de bruyères, l'oie naine, le narval, le morse, le bœuf musqué, le puma, le cougard de Floride, la tortue marine caretta-caretta, le caracaras, la hyène brune, le gavial, le porc noir gascon, le chameau, le bouquetin des Pyrénées, l’hippopotame, le grand hamster d’Alsace, 40 % des 18.000 espèces de poissons soit 7200 espèces, le dodo (disparu) et bien d'autres encore !!
Force est de constater que la diversité biologique de la planète s'appauvrit à un rythme sans précédent. Les études les plus dignes de foi ont montré qu’environ 16.000 espèces sont menacées d'extinction, chiffre sous-estimé car seule une petite partie des espèces connues ont fait l'objet d'une évaluation. En résumé, 90% des grands poissons pélagiques ont déjà disparu et 50% des espèces auront vraisemblablement disparu en 2050. Aujourd’hui, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens, 70% des plantes sont menacés. Tout cela à cause de la déforestation (150.000 km2/an dans la forêt d'Amazonie), de l'urbanisation, du braconnage, de l'agriculture, des incendies volontaires, de la pollution urbaine, industrielle et maritime, des marées noires, du déballastage, de la sur-pèche, du tourisme, des barrages hydroélectriques, et des conséquences du réchauffement climatique. Et tout le monde s’en fout !! L’Homme est une toute petite partie de l’arbre de la vie. Il appartient au domaine des eucaryotes, au règne des animaux, au phylum des cordés (à colonne vertébrale), à l’embranchement des vertébrés, à la classe des mammifères, à l’ordre des primates, à la famille des hominidés, au genre « homo », et à l’espèce « sapiens ». Une toute petite partie mais qui détruit ce qui lui a permis d’exister. Préparons-nous à raconter à nos petits-enfants ce qu’étaient un tigre ou un mélèze, ce qu’était un monde où l’on entendait le chant des oiseaux, où les forêts n’étaient pas constituées uniquement de palmiers à huile !
Le bar sauvage, le saumon sauvage, les 27 espèces d’esturgeon, le thon rouge, la baleine bleue, la baleine à bosse, la baleine blanche (le béluga), la baleine franche, le dauphin des rivières (le botosse), le narval, le rhinocéros noir, le rhinocéros blanc, le rhinocéros de Sumatra, le lamantin (le dugong), l’orang-outan, le gorille, le bonobo, le panda géant, le petit panda, les 32 espèces de lémuriens de Madagascar, le tigre, le tigre blanc, le tigre de Sibérie, le lion, le guépard, le léopard (la panthère), la panthère nébuleuse (léopard tacheté), le léopard des neiges, le jaguar, l’ours brun, le grizzli, l’ours blanc (à cause de la fonte de la banquise), l’ours des Pyrénées (disparu), le bison, la praire, la loutre, la loutre de mer, le castor, l’éléphant, le loup gris, le loup de Tasmanie (disparu depuis 20 ans), l’aigle royal, le faucon crécerelle, le gypaète barbu, le crapaud doré (disparu en 2000), le quetzal royal, les coraux, l’oryx, l’ours brun à collier, le phoque moine, l'ocelot, le vison, le caméléon, le koala, le cabillaud, le manchot, le merlu, le merlan, le requin bleu, le requin pèlerin, le phoque gris, le triton crêté, la salamandre, le dragon de Comodo, le protèle, la grande outarde, la loutre géante, le loup à crinière, la poule coco de Rennes, l'ortolan, l'écureuil roux, le milan royal, le dauphin de Chine (disparu), le python de Birmanie, l'effraie, la limule, la grue du Japon, la grenouille dendrobate, le hérisson, la bernache néné, l’outarde(disparue), l’hirondelle, le martinet, la perdrix grise, l'ours à lunette, le caméléon de Jackson, la tortue luth à carapace de cuir, le faisan de wallich, le cerf des marais (du père David), l'érismature (canard) à tête blanche, le aye-aye, l'éléphant de mer austral, l'otarie à fourrure, le géco (de l'île ronde), le tamarin lion, le tapir, le crabe des cocotiers, le kiwi, le macareux moine, le pigeon rose, l'antilope addax, le canard mandarin, le flamand rouge des caraïbes, la mygale, le vautour moine, le vautour des Pyrénées, l'hippocampe, le calao, l'axolotl, le lion d'Asie, le cheval de Przewalski, la conure à gros bec, le perroquet gris d'Afrique, l’aras bleu, l'escargot partula, le boa de Cuba, le pélican frisé, la roussette de Rodrigues, le cacatoès des Philippines, le lion de mer de Nouvelle Zélande, le maquis, la raie d'eau douce, le dauphin de Commerson, le crotale diamant, le ouistiti à tête jaune, le requin baleine, le lycaon, la tortue étoilée, le singe araignée, la limule, le tigre de Tasmanie (disparu), la souris à miel, le bandicoot, le noumbaat, le walabi, le rat kangourou à long nez, le bilbise, le grand duc, le caïman noir, le lynx pardelle, l'ours paresseux, l'ours des cocotiers, le fossa, le condor des Andes, l'uruhbu, le pygargue, l'aigle impérial, l'aigle royal, le circaète, le coq de bruyères, l'oie naine, le narval, le morse, le bœuf musqué, le puma, le cougard de Floride, la tortue marine caretta-caretta, le caracaras, la hyène brune, le gavial, le porc noir gascon, le chameau, le bouquetin des Pyrénées, l’hippopotame, le grand hamster d’Alsace, 40 % des 18.000 espèces de poissons soit 7200 espèces, le dodo (disparu) et bien d'autres encore !!
Force est de constater que la diversité biologique de la planète s'appauvrit à un rythme sans précédent. Les études les plus dignes de foi ont montré qu’environ 16.000 espèces sont menacées d'extinction, chiffre sous-estimé car seule une petite partie des espèces connues ont fait l'objet d'une évaluation. En résumé, 90% des grands poissons pélagiques ont déjà disparu et 50% des espèces auront vraisemblablement disparu en 2050. Aujourd’hui, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens, 70% des plantes sont menacés. Tout cela à cause de la déforestation (150.000 km2/an dans la forêt d'Amazonie), de l'urbanisation, du braconnage, de l'agriculture, des incendies volontaires, de la pollution urbaine, industrielle et maritime, des marées noires, du déballastage, de la sur-pèche, du tourisme, des barrages hydroélectriques, et des conséquences du réchauffement climatique. Et tout le monde s’en fout !! L’Homme est une toute petite partie de l’arbre de la vie. Il appartient au domaine des eucaryotes, au règne des animaux, au phylum des cordés (à colonne vertébrale), à l’embranchement des vertébrés, à la classe des mammifères, à l’ordre des primates, à la famille des hominidés, au genre « homo », et à l’espèce « sapiens ». Une toute petite partie mais qui détruit ce qui lui a permis d’exister. Préparons-nous à raconter à nos petits-enfants ce qu’étaient un tigre ou un mélèze, ce qu’était un monde où l’on entendait le chant des oiseaux, où les forêts n’étaient pas constituées uniquement de palmiers à huile !
13 juillet 2008
Ils se trompent toujours !
Le Parti Socialiste s’élève contre la présence du Président Syrien en France à l’occasion des fonds baptismaux de l’Union pour la Méditerranée. Une fois de plus, les socialistes se trompent, emportés dans une polémique systématique avec Nicolas Sarkozy. Certes, le Président Syrien n’est pas un homme de bonne compagnie. Mais aucune paix ne pourra jamais s’instaurer au Moyen-Orient si la Syrie n’est pas partie prenante. Tout le monde le sait. La « real-politique » n’a pas toujours une odeur de sainteté mais, lorsque la paix et la vie de millions de Palestiniens et d’Israéliens sont en jeux, seuls les résultats comptent vraiment. Traverser l’infestation est le prix à payer pour déboucher enfin dans un monde apaisé et ceux qui tentent la traversée ont plus de mérite que ceux qui restent sur le bord en ricanant. Seuls, les socialistes (j’oublie les autres partis d’opposition sans importance : les communistes, les verts, …) ne comprennent pas cela.
09 juillet 2008
Qu’est-ce que je voulais dire ?
Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais parlé de moi dans ce blog. Je trouvais cela un peu indécent. Et j’étais (je suis encore) persuadé que mes problèmes n’intéressaient personne. Pourquoi alors écrire ces lignes ? La notion de temps est mystérieuse. Même les physiciens, qui ne peuvent vivre sans cette notion, ne savent pas très bien de quoi ils parlent quand ils évoquent ce concept étroitement et étrangement intriqué avec celui d’espace. Ce que je sais (je ne suis pas le seul) c’est que le temps mesuré par les horloges n’a pas grand-chose de commun avec le temps psychique ressenti. Lorsque (et de plus en plus souvent) j’appelle mes souvenirs à mon secours pour supporter la vie, j’ai la sensation qu’ils appartiennent à un passé tellement proche que je m’étonne d’en être sorti. En fait, je ressens deux sentiments quelque peu contradictoires. J’ai, à la fois, l’impression que ce passé est tout juste d’hier et que je l’ai traversé sans me rendre suffisamment compte de la valeur qu’il avait au moment où je l’ai vécu. Lorsque je regarde mes petits-enfants, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ne se rendent pas compte de la richesse du temps qu’ils sont en train de vivre. Comment leur faire comprendre ? Le subjectif nostalgique du grand-père a peu de poids devant l’effervescence prodigue de l’enfance. Que n’ai-je retenu ce sable aurifère qui coulait entre mes doigts et dont je n’ai pas vu les paillettes ? Aussi justifiée soit l’ardeur qu’ils mettent dans leurs discours, lorsque des gens me parlent de leur métier avec ou sans enthousiasme, je ne peux m’empêcher de le trouver dérisoire, un peu comme si c’était eux qui passaient à côté de l’essentiel. Encore faut-il savoir où il se cache ! Je vis aujourd’hui un temps où les projets sont moins nombreux que les souvenirs. Et je constate, avec étonnement, les effets du temps, visibles et cachés, qui rapprochent l’horizon de mon avenir. Mon espace-temps personnel se rétrécit, contrairement à l’espace-temps cosmologique qui bénéficie d’une énergie mystérieuse lui permettant une expansion permanente. L’avenir se précise, alors que le passé s’estompe. Ça me rappelle cet acteur connu … comment s’appelle-t-il déjà ? … Mais si, vous savez bien ! Il jouait dans ce film dont le titre m’échappe, qui se passait à … dans cette station balnéaire bien connue ! Vous voyez bien de qui je parle ! Mais … qu’est-ce que je voulais dire ?
07 juillet 2008
A la manière de ...
Le scorpion et la grenouille
Un scorpion, habité de morbides pensées,
De fort mauvaise humeur
Et prêt à tout dépenser
Sortit de son repaire en quête du bonheur.
Allant de-ci de-là, sa promenade
Fut arrêtée par le cours d'un ruisseau.
Or, le cœur battant la chamade,
Il n'osait se jeter à l'eau.
La vie, se dit-il,
Est bien difficile.
Elle ne vaut point d'être vécue
Si, à chaque moment, on se trouve déçu.
Sur le point qu'il était de retourner bredouille
Ne voulant endurer les angoisses d'un bain,
C'est alors que, dans l'herbe, il vit une grenouille
Faisant des moucherons véritable festin.
Mon amie, lui dit-il, à travers cette eau vive,
Pourriez-vous me porter jusqu'à l'autre rive ?
Du tout, je ne saurais
Répondit la reinette.
Qui me garantirait
Qu'étant votre estafette
Après être monté sur mon échine
Vous n'y planteriez point votre mortelle épine ?
Me prenez-vous pour un fou ?
Bougonna le scorpion.
Si, de mon dard, je vous piquais
Sitôt vous couleriez
Et, sur votre dos accroché
Du même temps, je me noierais.
Convaincue par cet argument
La grenouille accepta d'accomplir le transport.
Mais au milieu du gué, bien évidemment,
Repris par ses idées de mort,
Le scorpion piqua la grenouille.
Sans avoir le temps de dire "ouille",
Par le fond, elle coula aussitôt
Entraînant le scorpion dans les flots.
A croire que chacun
Avec raison se comportera,
Les plus grands risques
On encourra.
Un scorpion, habité de morbides pensées,
De fort mauvaise humeur
Et prêt à tout dépenser
Sortit de son repaire en quête du bonheur.
Allant de-ci de-là, sa promenade
Fut arrêtée par le cours d'un ruisseau.
Or, le cœur battant la chamade,
Il n'osait se jeter à l'eau.
La vie, se dit-il,
Est bien difficile.
Elle ne vaut point d'être vécue
Si, à chaque moment, on se trouve déçu.
Sur le point qu'il était de retourner bredouille
Ne voulant endurer les angoisses d'un bain,
C'est alors que, dans l'herbe, il vit une grenouille
Faisant des moucherons véritable festin.
Mon amie, lui dit-il, à travers cette eau vive,
Pourriez-vous me porter jusqu'à l'autre rive ?
Du tout, je ne saurais
Répondit la reinette.
Qui me garantirait
Qu'étant votre estafette
Après être monté sur mon échine
Vous n'y planteriez point votre mortelle épine ?
Me prenez-vous pour un fou ?
Bougonna le scorpion.
Si, de mon dard, je vous piquais
Sitôt vous couleriez
Et, sur votre dos accroché
Du même temps, je me noierais.
Convaincue par cet argument
La grenouille accepta d'accomplir le transport.
Mais au milieu du gué, bien évidemment,
Repris par ses idées de mort,
Le scorpion piqua la grenouille.
Sans avoir le temps de dire "ouille",
Par le fond, elle coula aussitôt
Entraînant le scorpion dans les flots.
A croire que chacun
Avec raison se comportera,
Les plus grands risques
On encourra.
04 juillet 2008
Ça y est, ça commence !
« Ça y est, ça commence » sont les premières paroles d’Ingrid Bétancourt lors de la conférence de presse tenue à l’Elysée le jour de son retour en France. Cela prouve le décalage entre la dignité de cette femme, otage pendant plus de 6 ans en pleine brousse et soumise aux humiliations les plus ignobles, et la soif journalistique et médiatique de la recherche du scandale. Rien n’a suffisamment de dignité et d’émotion qui puisse empêcher les médias de trouver la trace du soupçon de l’éventualité du scandaleux. Toute cette conférence de presse a montré à l’envi le décalage énorme entre la dignité d’une femme ayant traversé la pire des épreuves et l’attitude de ceux que F. Mitterrand appelait les chiens qui reniflent de la truffe pour découvrir les effluves de charognes éventuelles. Décidément, la société est malade et elle a les médias qu’elle mérite.
Pornographie médiatique
L’épisode Ingrid Bétancourt démontre, une fois de plus, l’extraordinaire manque de retenue des médias en face d’évènements qui provoquent, à juste titre, l’émotion publique. Que se soit pour des évènements dramatiques comme le World Trade Center ou la guerre du Koweit, ou que se soit pour des évènements plus réjouissants comme la libération d’otages. On a assisté, ces derniers jours, à des émissions de télévision de deux heures sur le sujet alors qu’aucune information sérieuse n’était encore connue et qui n’étaient donc que du remplissage et de la manipulation émotionnelle. La course à l’audience provoque toutes les déviances, même les plus obscènes. On a même eu le privilège d’entendre des émissions de trente minutes pour savoir si, à l’occasion de la libération d’Ingrid Bétancourt, les médias n’en faisaient pas trop ! N’ayant plus rien à dire, on discute du discours ! Il faut bien faire durer l’impact de l’évènement pour préserver l’audience ! A la recherche du sensationnel, il s'est même trouvé un journaliste d'une chaine publique pour évoquer l'hypothèse que nous étions soumis à un large complot, l'otage ayant été libéré depuis quelques temps et secrètement afin de pouvoir mettre en scène les images de sa libération ! Il ne s’agit plus là d’information mais d’une espèce de pornographie médiatique bien plus nocive que la publicité à la télévision.
Une phrase de trop
« Nicolas Sarkozy n’est absolument pour rien dans la libération d’Ingrid Bétancourt ». C’est ce qu’a déclaré, de façon péremptoire, Madame Ségolène Royale. Sur un terrain de football, un joueur marque un but. D’après Madame Royale, les dix autres joueurs ne sont absolument pour rien dans ce succès. Ils ne servent donc à rien, il faut les supprimer ! Ulcérée par sa sévère défaite aux élections présidentielles, Madame Royale est imprégnée d’une haine profonde envers celui qui l’a battu. Cette haine cherche à s’exprimer par tous les moyens, même les plus consternants. Ce n’est évidemment pas le comportement que l’on attend d’une personnalité politique visant la charge suprême. Les Français ont donc bien fait d’écarter Madame Royale de la responsabilité présidentielle. Lorsque les sentiments personnels étouffent tout raisonnement objectif, que la haine aveugle et brouille la perception des évènements, il est certain que celle ou celui qui fait montre d’un tel comportement ne doit, en aucun cas, être chargé de la magistrature suprême. Comme l’ambition sans limites de Madame Royale va pousser celle-ci à se représenter en 2012, il faut absolument que les Français n’oublient pas ce comportement inexcusable pour l’écarter à nouveau et, espérons-le, définitivement.
03 juillet 2008
Barack Obama, une leçon de démocratie
Décidément, l’Amérique est une grande démocratie. La candidature officielle de Barack Obama en est une preuve éclatante. Il n’est pas certain que cet homme noir devienne le prochain président des États-Unis, mais que le fait que le Parti Démocrate l’ait choisi comme candidat à la magistrature suprême est une preuve suffisante.
Le choix de Barack Obama n’est pas seulement le signe d’une volonté d’oublier la sombre période de G.W Bush. C’est un geste démocratique envoyé au monde entier. Imagine-t-on la même situation en France ? Je ne le pense pas. De nombreux pays européens, la France en particulier, ont un passé colonial que les USA ne possèdent pas. Et cette Histoire a vraisemblablement inscrit profondément dans l’inconscient national une image des peuples noirs teintée d’infériorité et de soumission. Certes, le racisme existe aux États-Unis et le Ku-Klux-Klan en est une sinistre manifestation. Mais la caractéristique essentielle du peuple américain reste sa grande capacité historique d’intégrer une immigration diverse et importante. À partir de 1820, plus de 20 millions d’Européens immigrèrent aux États-Unis en soixante-dix ans : Britanniques, Allemands, Scandinaves, Italiens, Russes, Slaves qui font passer la population de 50 à 80 millions d’habitants. L’accueil et l’intégration sont inscrits dans les gènes du peuple américain, forgés par l’Histoire. Ainsi, l’immigration américaine a développé le pouvoir d’intégration de cette société. Dans le même temps, « l’importation » des noirs africains a développé le racisme. C’est l’énorme contradiction de ce peuple et le choix d’Obama est une sorte d’exorcisme qui donne définitivement la priorité au pouvoir de ce pays d’intégrer les immigrés en leur donnant toutes les chances de réussite.
Lorsqu’on voit comment le parti démocrate américain a choisi son candidat, on rigole en regardant les convulsions du Parti Socialiste Français
Le choix de Barack Obama n’est pas seulement le signe d’une volonté d’oublier la sombre période de G.W Bush. C’est un geste démocratique envoyé au monde entier. Imagine-t-on la même situation en France ? Je ne le pense pas. De nombreux pays européens, la France en particulier, ont un passé colonial que les USA ne possèdent pas. Et cette Histoire a vraisemblablement inscrit profondément dans l’inconscient national une image des peuples noirs teintée d’infériorité et de soumission. Certes, le racisme existe aux États-Unis et le Ku-Klux-Klan en est une sinistre manifestation. Mais la caractéristique essentielle du peuple américain reste sa grande capacité historique d’intégrer une immigration diverse et importante. À partir de 1820, plus de 20 millions d’Européens immigrèrent aux États-Unis en soixante-dix ans : Britanniques, Allemands, Scandinaves, Italiens, Russes, Slaves qui font passer la population de 50 à 80 millions d’habitants. L’accueil et l’intégration sont inscrits dans les gènes du peuple américain, forgés par l’Histoire. Ainsi, l’immigration américaine a développé le pouvoir d’intégration de cette société. Dans le même temps, « l’importation » des noirs africains a développé le racisme. C’est l’énorme contradiction de ce peuple et le choix d’Obama est une sorte d’exorcisme qui donne définitivement la priorité au pouvoir de ce pays d’intégrer les immigrés en leur donnant toutes les chances de réussite.
Lorsqu’on voit comment le parti démocrate américain a choisi son candidat, on rigole en regardant les convulsions du Parti Socialiste Français
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