Les hommes vivent avec un sentiment de pérennité. Cela les rassure et leur permet de vivre en supportant les difficultés du quotidien. Pourtant, un certain nombre d’évènements vont se produire, quoi que les hommes fassent. Je distingue trois échéances que l’humanité devra affronter.
La première est la fin des énergies fossiles. L’homme aura consommé en deux siècles ce que la nature a produit en plusieurs millions d’années. C’est-à-dire que l’homme consomme dix mille fois plus vite que la nature ne crée. Il est donc inéluctable d’avoir à affronter l’épuisement des sources d’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon, uranium). Les échéances ne sont pas les mêmes pour toutes les énergies, mais elles sont toutes inéluctables. Les conséquences en sont encore imprécises. Pourtant, un certain nombre de faits tombent sous le sens. Tout d’abord, la fin du pétrole va créer un énorme problème pour tous les types de transport. Si l’on peut envisager des modes alternatifs pour les transports routiers, ferroviaires, voire maritimes, il n’en est pas de même pour le transport aérien. De toutes les énergies connues, le pétrole (en l’occurrence, le kérosène) est le carburant dont le rapport énergie potentielle sur poids (ou volume) est le plus performant. L’hydrogène est dix fois moins performant. Il faut donc un volume dix fois plus important d’hydrogène pour qu’un moteur utilisant ce système énergétique parcourt la même distance avec le même fret qu’un moteur actuel utilisant du kérosène. Cela exclut pratiquement l’utilisation de l’hydrogène pour le transport routier et pose un énorme problème de taille pour les avions qui transportent leur carburant dans la voilure. De plus, l’hydrogène n’existe pas à l’état libre dans la nature, il faut le produire. Faute de pétrole, il ne reste que le charbon pour un temps, puis l’énergie nucléaire tant que l’uranium sera disponible. Lorsque ces combustibles se raréfieront, il ne restera plus que l’énergie nucléaire de fusion, technique qui n’est pas maîtrisée à l’heure actuelle et pour laquelle la recherche a pris énormément de retard. On sait, aujourd’hui, construire une bombe nucléaire à fusion, mais on ne sait pas fournir de l’énergie de manière maîtrisée à partir de cette technique. ITER n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Le charbon perdurera plus longtemps que le pétrole, mais il est inenvisageable de l’utiliser pour le transport routier en particulier. Il servira à fabriquer de l’électricité qui fera fonctionner des moteurs à batteries électriques et/ou hybrides. Mais cette production ne fera qu’aggraver les émissions de gaz à effets de serre. Les bio-carburants font beaucoup parler d’eux en ce moment. Certains pays y voient un nouvel avenir pour l’agriculture. Mais les besoins énergétiques de la planète sont tels qu’il est parfaitement illusoire de penser que les bio-carburants pourront remplacer le pétrole. La totalité des terres agricoles n’y suffirait pas. De plus, le prix des matières premières agricoles n’a jamais été aussi élevé et la tendance ne s’inversera pas du fait de la demande croissante des pays les plus peuplés. L’avenir, dans ce domaine, est donc un monde où l’énergie sera rare et très chère.
La seconde échéance, qui n’est pas sans rapport avec la précédente, est la détérioration de l’environnement climatique. L’inertie des phénomènes climatiques est telle que le mouvement qui s’est amorcé au cours des dix dernières années ne pourra s’inverser que dans plusieurs centaines d’années, compte tenu de la lenteur avec laquelle les hommes prennent des mesures conservatives. Une conséquence incontournable de cette détérioration est l’apparition d’immigrants « climatiques ». L’eau se raréfie dans les pays qui sont atteints par une sécheresse grandissante. Déjà, un milliards d’hommes ont des problèmes d’accès à l’eau, deux milliards et demi n’ont pas accès à de l’eau potable. La migration massive des populations ainsi en danger est inévitable. Les économies en seront déstabilisées, d’autant plus que les dérèglements climatiques vont devenir plus fréquents et plus violents, créant des dégâts de plus en plus coûteux. Enfin, l’emballement de la détérioration climatique n’est pas exclu, compte tenu du fait que, par l’effet des sécheresses répétées, les forets vont cesser d’être des pièges à carbone et, tout au contraire, vont devenir à leur tour émettrices de ce gaz à effet de serre.
La troisième échéance est la déstabilisation du système économique mondial due à la financiarisation excessive de l’économie au détriment de la production réelle. À l’heure actuelle, les flux financiers sont vingt-deux fois plus importants que les flux réels et la tendance est à leur augmentation. Les décisions de gouvernance d’entreprises changent de nature ; elles sont tournées vers l’augmentation de la valeur de l’action au lieu de l’amélioration de l’efficacité de la production. Les entreprises créent aujourd’hui une valeur ajoutée virtuelle qui n’enrichit qu’artificiellement le monde, un peu comme si l’on fabriquait de la fausse monnaie. En fait, le système tend à créer des (faux) riches au lieu de créer des (vraies) richesses et cela sans régulation véritable.
Nous vivons sur un volcan en pleine activité.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
14 juillet 2007
02 juillet 2007
Nos pauvres Universités
Il semblait acquis qu’un consensus s’était formé sur l’absolue nécessité de réformer en profondeur le système d’enseignement supérieur et la recherche. Il ne s’agit, en fait … et comme d’habitude, que d’un trompe-l’œil. En effet, les intentions et les visions différent derrière le mot de réforme. Côté gauche, la réforme se réduit à la simple augmentation des moyens sans rien changer au fonctionnement actuel. Le mot d’ordre socialiste et syndical est le même : toujours plus ! Côté droit, la réforme est associée au mot de performance. Et c’est là que le bât blesse. En effet, la performance nécessite la mesure et la comparaison. Or, lorsque l’on constate que la majorité des étudiants ont le projet de devenir fonctionnaires, il devient évident que l’on se trouve devant un très gros problème. Dans le monde du fonctionnariat, le mot de performance est une grossièreté. L’inefficacité se cache derrière l’anonymat. De plus, le concept associé de comparaison conduit à celui de choix et donc de sélection. L’UNEF s’insurge par avance contre ces notions, nouvelles dans l’Université française … au motif qu’elles conduiraient à avantager … les universités les plus performantes !! Le projet du gouvernement cacherait la volonté « d’assimiler notre université au modèle concurrentiel anglo-saxon » ! Il y a là deux obscénités pour l’UNEF : concurrentiel et anglo-saxon. On croit rêver. Pendant ce temps, la situation de cette université française est devenue catastrophique. Dans le classement mondial des universités, établi par l’université Jiao Tong (Shanghaï) et reposant sur des indicateurs de notoriété, parmi les 500 premières universités mondiales, on constate que les 10 premières sont toutes anglo-saxonnes et que la première université française se trouve au 46ème rang (Paris VI-Pierre-et-Marie Curie) ! Encore un effort et l’université française disparaîtra totalement du classement. Le meilleur moyen est d’être vent debout contre tout esprit de sélection comme l’est l’UNEF, c’est-à-dire d’effort et de volonté de réussir. Comment attirer des enseignants du monde entier lorsque le poste est sans valeur ? Comment éviter que les meilleurs étudiants ne partent chercher un enseignement de haute qualité à l’étranger ? Les syndicats réclament à grands cri « un collectif budgétaire sans délai ni conditions préalables ». C’est-à-dire que la recette syndicale est toujours la même : donnez-nous de l’argent sans rien nous demander en échange ! Si l’Université est dans un si triste état, c’est quand même bien que l’Etat n’a pas su gérer correctement. Augmenter, à leur demande par ailleurs, l’autonomie des présidents des universités est donc un moyen de corriger la carence de l’Etat par quelque chose de plus performant. L’UNEF est un syndicat de gauche, quoi qu’il en dise. Il serait temps que les socialistes changent leur discours démagogique sur l’Education Nationale et entraînent les syndicats dans cet indispensable changement qui conditionne la situation du pays tout entier. L’été va passer (il faut bien préserver ses vacances !) et l’on verra à la rentrée les syndicats d’étudiants manifester pour défendre l’égalitarisme et l’inefficacité.
19 juin 2007
L’avenir du Parti Socialiste
Les déchirements, petites phrases assassines, les faux-semblants, les réconciliations hypocrites et éphémères, mais surtout les hésitations doctrinales du Parti Socialiste montre, à l’évidence, que ce dernier est à bout de souffle. La raison essentielle de cette dégringolade tient dans le fait que ce Parti n’a pas su tenir compte du fait que la lutte des classes est une notion du XIXème siècle et qu’elle est, dans un monde ouvert et en compétition féroce pour des ressources de plus en plus rares, devenue complètement obsolète. Des voix s’élèvent de temps en temps , au sein du Parti, pour réclamer un renouvellement de la doctrine, aussitôt contredites par d’autres voix qui se réclament des valeurs socialistes du Front Populaire. Manifestement, il est temps pour les socialistes de prendre conscience du fait que le Parti tente, de plus en plus difficilement, de maintenir une unité de façade entre deux courants absolument contradictoires. C’est d’ailleurs une posture que les socialistes cultivent depuis Jaures et Blum. Ce n’est donc pas d’hier, même si, aujourd’hui, la contradiction devient insupportable. Il est urgent que le Parti Socialiste se sépare de sa composante gauchiste, dont le leader opportuniste (du moins le croit-il) est Laurent Fabius, accompagné des J.L. Mélanchon, X.Emanuelli et leurs semblables pour que celle-ci fonde, avec les restes d’un parti Communiste moribond et d’un parti des Verts en voie de disparition, un nouveau parti à gauche de la gauche. N’oublions pas, en passant, que Laurent Fabius restera le fossoyeur de la position de la France en Europe et du Parti Socialiste en France. Ce qui restera du parti Socialiste, libéré alors d’un tropisme archaïque gauchiste, pourra alors faire sa révolution idéologique, comme l’a fait le Part Travailliste anglo-saxon. Ce faisant, il ne fera que prendre enfin en compte ce que les électeurs lui ont dit en réduisant à la portion congrue les partis d’extrême gauche lors des élections présidentielle et législatives. Débarrassé enfin de doctrinaires d’un autre temps, le Parti Socialiste pourra construire une doctrine rénovée et ancrée dans la réalité d’aujourd’hui, qui tiendra compte de faits incontournables comme la mondialisation des échanges, l’économie de marché, la compétition internationale, les changements démographiques. Nous assisterons alors à la naissance attendue d’un véritable centre gauche. Faute de quoi, il est prévisible que les échecs successifs que vient de subir le parti Socialiste ne soient pas les derniers.
Les récentes élections confirment autre chose : la résistance au changement est incontournable chez les Français. Ces élections étaient l’occasion de renouveler les têtes politiques et de se débarrasser de nombre de personnalités plus représentatives du passé que de l’avenir, mais, finalement elles ont pratiquement toutes été reconduites – à part J.P. Chevènement (ce qui est une bonne chose) et A. Juppé (ce qui est dommageable pour le pays) et deux ou trois autres beaucoup moins emblématiques. Comment le changement du Parti Socialiste pourrait-il avoir lieu avec les mêmes individus ?
Les récentes élections confirment autre chose : la résistance au changement est incontournable chez les Français. Ces élections étaient l’occasion de renouveler les têtes politiques et de se débarrasser de nombre de personnalités plus représentatives du passé que de l’avenir, mais, finalement elles ont pratiquement toutes été reconduites – à part J.P. Chevènement (ce qui est une bonne chose) et A. Juppé (ce qui est dommageable pour le pays) et deux ou trois autres beaucoup moins emblématiques. Comment le changement du Parti Socialiste pourrait-il avoir lieu avec les mêmes individus ?
16 juin 2007
L'habit fait le moine
Faire le portrait d’un connard est extrêmement facile : il porte une cagoule ! Tous les terroristes, de tout temps et quelle que soit la « cause » qu’ils prétendent défendre, cachent leur lâcheté sous une cagoule. Que l’on ne vienne pas me dire que ce sont des résistants et, surtout, que l’on ne fasse aucun parallèle avec la Résistance : ni Guy Moquet, ni Jean Moulin, ni Jose Flores Sanchez, ni tant d’autres ne portaient de cagoule ! Ils avaient du courage.
15 juin 2007
Producteur ou consommateur, qui doit payer ?
Un grand débat (non sans une certaine coloration hypocrite) s’ouvre sur ce que tout le monde appelle à tort la TVA sociale. L’objet de ce projet est de renouveler le financement du système social français. Aujourd’hui ce financement est assuré par les cotisations sociales payées par les entreprises et les salariés. Ce système a été instauré en même temps que la Sécurité Sociale, au lendemain de la guerre, et repose sur un choix de financement par le système productif. Bien entendu, ce choix implique que le coût de cette couverture sociale se répercute sur celui du travail et, donc, sur celui de fabrication. Lorsque les frontières nationales sont protégées de l’entrée de produits étrangers par des droits de douane, la concurrence avec des produits moins chers fabriqués ailleurs est faussée et le système peut vivre … au détriment du consommateur qui ne bénéficie pas de l’effet d’une réelle concurrence sur les prix. Ce système, dans lequel le pays se protège de la concurrence internationale, convient parfaitement lorsque l’économie d’un pays est fragile, ce qui était naturellement le cas de la France à la sortie de la guerre. C’est ce que n’a d’ailleurs pas voulu comprendre le FMI lorsque celui-ci a imposé aux pays sous-développés les règles de fonctionnement des pays développés. Depuis des décennies, on assiste à la mondialisation des échanges et, donc, à la suppression des protections douanières. La concurrence internationale a fait irruption sur le marché national, faisant bénéficier le consommateur de produits à prix attractifs (le tee-shirt chinois !!). Cette compétitivité des produits étrangers vient essentiellement du fait que le coût du travail est plus élevé en France qu’ailleurs. De plus, les caractéristiques de la société française ont changé. Le pourcentage de salariés par rapport à la population a fortement diminué, ce qui crée de gros problèmes de financement du système de Sécurité Sociale. Moins de ressources de financement social, donc, et un coût du travail trop élevé, telle est la situation actuelle. Si la population de salariés diminue (en pourcentage), il n’en est pas de même de celle des consommateurs. Le projet de TVA dite « sociale » consiste donc à reporter le financement du système social du producteur sur le consommateur : diminution des prélèvements sociaux sur le travail – ce qui diminue le coût du travail, améliore la compétitivité des entreprises et augmente le salaire net du salarié – et augmentation conjointe de la TVA acquittée par le consommateur – ce qui élargit la population participant au financement de la protection sociale. Peut-on dire que cette idée est amorale ? Tout le monde bénéficie de la protection sociale et il n’y a donc aucune moralité à ne faire supporter son coût par les seuls producteurs.
Bien entendu, si l’idée n’est pas condamnable dans son principe, il reste à étudier soigneusement son application pour ne pas aggraver la situation des plus défavorisés. Mais il n’y a pas de problème qui n’ait une solution.
Bien entendu, si l’idée n’est pas condamnable dans son principe, il reste à étudier soigneusement son application pour ne pas aggraver la situation des plus défavorisés. Mais il n’y a pas de problème qui n’ait une solution.
12 juin 2007
Suicides ?
Vous avez nécessairement entendu parler des suicides d’employés qui se sont produits à EDF ou chez Renault et PSA. Il semble qu’il y ait un consensus pour rechercher la cause de ces actes désespérés dans les conditions de travail. La question qui me semble devoir se poser est celle-ci : la responsabilité incombe-t-elle aux « conditions de travail » c’est-à-dire au type de management ou bien, comme certaines voix l’ont laissé entendre, s’agit-il d’une prédisposition ? Pour approcher la réponse, je vais tenter d’analyser l’environnement du travail que j’ai connu au sein d’un grand cabinet de conseil, d’origine française. Je suis entré dans la carrière de consultant relativement tard puisque ce fut, pour moi, une seconde carrière. J’ai quitté la position de plus jeune directeur de mon ancienne société pour le statut de « consultant âgé » chez mon nouvel employeur. Ce seul changement de « statut ressenti » fut un traumatisme. J’ai physiquement ressenti le changement de regard que les collègues portaient sur moi. De candidat potentiel à la plus haute fonction de l’entreprise, je devenais un anonyme à l’avenir douteux. Ce traumatisme premier ne relève ni des conditions de travail ni du management. Sa source se trouve plutôt dans l’évolution d’une société qui regarde avec suspicion tout individu dont l’âge lui supprime l’attribut de « jeune prometteur ». Dans la profession de consultant, il faut respecter une image type,stéréotypée, qui s’impose à tous et qui est même parfois décrite dans le détail dans les documents d’entreprise, ce qui était le cas dans le cabinet de conseil où j’exerçais. Mais le respect de l’apparence n’est pas suffisant. Il s’y ajoute des non-dits comme l’obligation de la jeunesse. De même que l’on reconnaît au premier coup d’œil un garde du corps ou un haut fonctionnaire énarque, le consultant doit avoir une apparence qui permet de l’identifier immédiatement, dont la relative jeunesse fait partie. Ce fut ma première difficulté dans ce métier et la première cause d’un « stress » qui ne devait pas me quitter. D’abord parce qu’on se sent physiquement agressé et parce qu’on se sent immédiatement fragilisé par le fait d’être en position « d’expulsable ». La première cause mais certes pas la dernière. Il faut ajouter le « management par le stress », règle obligatoire de fonctionnement dans ce genre d’entreprise. Cette règle est extrêmement simple : on exige de chacun d’atteindre au moins deux objectifs qui s’avèrent contradictoires. Si vous ajoutez à cela la règle complémentaire et indissociable du « up or out » (tu dois faire toujours mieux ou tu es foutu à la porte), on est constamment plongé dans un stress qui devient votre meilleur compagnon. Le sentiment d’insécurité et de mise en danger devient permanent et prégnant. Enfin, à cela s’ajoute le manque total d’esprit collectif propre à ces sociétés de conseil, ce qui provoque un sentiment de complète solitude. Angoisse et solitude, les deux ingrédients majeurs de cette vie de consultant et qui doit évidemment exister dans bien d’autres entreprises. Je comprends parfaitement que lorsqu’un individu fragile se trouve confronté à une telle situation, il sente naître des envies de suicide (pudiquement, les anglo-saxons ne parlent pas de suicide mais de « burn out ») et que certains y succombent. Enfin, certains managers, imbéciles, sans charisme et sans imagination, imbus d’eux-mêmes, mégalomanes, arrivistes et finalement assez lâches, ne savent exercer leur autorité et leur sentiment de puissance que lorsqu’ils imposent à leurs collaborateurs ce type de management à défaut de pouvoir leur transférer un quelconque savoir et une réelle motivation. Les suicides en milieu de travail n’ont rien d’étonnant et sont sûrement plus nombreux que l’on ne croit. La génétique n’a rien à y voir.
23 mai 2007
Vive la vie !
L’Australie meurt de soif, l’Amérique meurt de graisse, la Chine meurt de vieillesse, l’Irak meurt de folie meurtrière, le Moyen-Orient meurt de guerre civile, la Russie meurt de peur, l’Algérie meurt d’assoupissement, l’Afghanistan meurt drogué, le Nunavut meurt de chaleur, l’Europe meurt d’ennui, l’Afrique meurt de faim, de maladie et de corruption, la Malaisie et la Corée du Nord meurent d’effroi, la mer meurt de réchauffement, la Terre meurt de pollution.
16 mai 2007
Le Parti Socialiste a perdu le Nord
A peine Nicolas Sarkozy a-t-il été élu que les caciques du Parti Socialistes sont montés au créneau pour dénoncer l’Etat UMP monopolisant tous les pouvoirs et réclament à grands cris une future cohabitation, afin – disent-ils – d’équilibrer les pouvoirs, après l’avoir condamné fortement lorsqu’ils ont inversé le calendrier électoral en 1995 pour assurer au Président de la République une Assemblée Nationale cohérente. Que n’ont-t-ils reproché à Jacques Chirac de n’avoir pas tenu compte de la constitution des 80% des électeurs ayant voté pour lui en 2002 et d’avoir gouverné uniquement avec des affidés de l’UMP ! Et voilà que le nouveau Président de la République cherche à intégrer dans son futur gouvernement des membres de l’opposition ! Aussitôt des voix s’élèvent au Parti Socialiste (Hollande, Fabius et Guigou entre autres, et il y en aura d’autres bientôt) pour condamner ce procédé au nom de la « logique » des partis et de traiter – à mots couverts – de félons les socialistes qui acceptent d’intégrer le gouvernement!! Finalement, les socialistes reprochent à Nicolas Sarkozy de faire ce qu’ils reprochaient à Jacques Chirac de n’avoir pas fait. Décidément, rien ne fera changer ce Parti en perdition qui ne recule devant aucune contradiction dans ses discours au nom d’une idéologie aujourd’hui dépassée. Il existe de grandes chances pour que cela le mène à l’implosion… qui complètera la disparition du Parti Communiste, des Verts et de l’UDF ! Le paysage politique est décidément en plein bouleversement. Espérons que ce sera pour le plus grand bien de la Nation.
13 mai 2007
Amérique et énergie
L’aventure américaine de l’Irak trouve son réel prétexte dans l’opportunité que les américains ont perçue de mettre la main sur le pétrole iraquien. Implantés en Arabie Saoudite et dans les Emirats arabes depuis la guerre du Koweït, ils renforcent de façon considérable leur main-mise sur les ressources énergétiques et pétrolifères de la planète en envahissant l’Irak. Mais cela ne suffit pas à l’administration Bush. Sans que les médias n’en parlent vraiment, les américains s’implantent peu à peu dans tous les pays africains possédant des ressources énergétiques (Algérie, Niger, Nigéria, Gabon, Libye, etc…) où ils se trouvent, d’ailleurs, en concurrence avec la Chine. Quelle meilleure justification que la lutte anti-terroriste pour s’implanter dans un pays étranger ? Les attentats récents dans les pays du Maghreb, particulièrement en Algérie, vont accélérer l’implantation américaine et leur main-mise sur le gaz et le pétrole algériens. Le conflit politique permanent entre l’administration Bush et le Vénézuéla n’a pas d’autre explication que la convoitise américaine sur le pétrole d’Hugo Chavez. Gardant « sous le boisseau » leurs propres ressources énergétiques, les USA mettent, petit à petit, la main sur celles de la planète. Dans cette entreprise, les terroristes sont les alliés objectifs de l’Administration Bush et du lobby pétrolier américain.
07 mai 2007
Monsieur le Président,
Vous venez d’accéder au pouvoir suprême en France. Vous allez exercer ce pouvoir pendant cinq ans. Pendant votre campagne électorale, vous n’avez cessé d’insister sur la nécessité de rénover le jeu politique. Pour un Français comme tous les autres, rénover la politique ne veut dire qu’une seule chose : respecter ses promesses électorales. En dehors des jeux de partis, qui ne vont pas manquer afin de porter à l’Assemblée Nationale une majorité qui vous soutienne, la seule attente du peuple, comme à chaque élection, est le respect des engagements. En respectant les votres, vous rénoverez effectivement la manière de faire de la politique. Dans le cas contraire, il est à craindre que l’élan civique dont le peuple a fait preuve lors de cette campagne, et dont il attend d’être payé en retour, soit mort pour longtemps et que l’homme politique perde sa crédibilité sans espoir de retour. Votre responsabilité est donc grande car, finalement, il s’agit de la vie ou de la mort de la démocratie républicaine. Et le risque est grand, Monsieur le Président : vous avez tellement promis !
Paresseuse, la France ?
Lorsque l’on cherche des justifications dans les chiffres, on trouve toujours ceux qui vous conviennent ! La « paresse » des Français n’a jamais été un thème de la campagne, ni chez Sarkozy ni chez Royal. Par contre, le problème est la « quantité » de travail fournie par la France, d’une part parce que le nombre de chômeurs est trop élevé, d’autre part parce que le nombre d’heures travaillées est insuffisant (temps de travail faible, âge de la retraite avancé, nombre de retraités de plus en plus important). Mes propres sources de chiffres donnent les indications suivantes : en 2005, le temps de travail annuel s’établit à 617 h. en France, 677 h. en Allemagne, 736 h. en Espagne, 801 h. en Angleterre, 865 h. aux USA. On constate que les 40% d’écart entre la France et les USA correspondent exactement aux 40% d’écart entre les PIB par habitant de ces deux pays. En 1980, la France se situait au 5ème rang pour le PIB/habitant et au 17ème rang en 2005 (source OCDE). La croissance se mesure par la variation annuelle du PIB. Dans l’ensemble des pays occidentaux, seuls l’Italie et le Portugal ont une croissance inférieure à celle de la France (2,1% en 2005) (source INSEE).
On entend partout (en particulier chez les syndicats) que la productivité française est la meilleure du monde et qu’elle permet « d’absorber » les 35 heures. Nous venons de voir que la production totale est trop faible. Quant à la productivité horaire (quantité de travail fournie par heure et par travailleur), on trouve dans la littérature économique, les chiffres suivants :
Productivité horaire = 19,34 $ soit le 7ème rang des pays développés(Norvège : 28,15$).
Quant à l’antienne du « patrons tous pourris », en dehors de la démagogie grossière qu’elle porte, cette affirmation oublie le fait que la plus grande part de la production française et de l’emploi est due aux PME/TPE et que la très grande majorité des patrons de ces entreprises est compétente, intègre, et … en difficulté. Enfin, les grandes entreprises (du CAC 40) sont des entreprises qui réussissent sur le marché mondial et qui font, pour la majorité d’entre elles, la plus grande part de leur chiffre d’affaires en dehors de la France. Par contre, il est vrai de dire que ces entreprises perdent des parts de marché, ce qui signifie que « l’offre » n’est pas adaptée et qu’elle est moins performante que celle des concurrents. La France a donc deux problèmes majeurs : une production globalement insuffisante, une offre inadaptée (investissements et recherche insuffisants). Les Français ne sont pas paresseux : ils n’ont pas « inventé » les 35 heures dues à des technocrates idéologues parvenus au gouvernement. Par contre, globalement, la France est paresseuse et dépassée (ringarde ?).
On entend partout (en particulier chez les syndicats) que la productivité française est la meilleure du monde et qu’elle permet « d’absorber » les 35 heures. Nous venons de voir que la production totale est trop faible. Quant à la productivité horaire (quantité de travail fournie par heure et par travailleur), on trouve dans la littérature économique, les chiffres suivants :
Productivité horaire = 19,34 $ soit le 7ème rang des pays développés(Norvège : 28,15$).
Quant à l’antienne du « patrons tous pourris », en dehors de la démagogie grossière qu’elle porte, cette affirmation oublie le fait que la plus grande part de la production française et de l’emploi est due aux PME/TPE et que la très grande majorité des patrons de ces entreprises est compétente, intègre, et … en difficulté. Enfin, les grandes entreprises (du CAC 40) sont des entreprises qui réussissent sur le marché mondial et qui font, pour la majorité d’entre elles, la plus grande part de leur chiffre d’affaires en dehors de la France. Par contre, il est vrai de dire que ces entreprises perdent des parts de marché, ce qui signifie que « l’offre » n’est pas adaptée et qu’elle est moins performante que celle des concurrents. La France a donc deux problèmes majeurs : une production globalement insuffisante, une offre inadaptée (investissements et recherche insuffisants). Les Français ne sont pas paresseux : ils n’ont pas « inventé » les 35 heures dues à des technocrates idéologues parvenus au gouvernement. Par contre, globalement, la France est paresseuse et dépassée (ringarde ?).
02 mai 2007
Émile de Girardin, connais pas !
Qui connaît Emile de Girardin ? Homme politique du XIXème siècle, créateur du premier journal politique grand public, député de Bourges puis de Paris, il décréta une maxime qui est restée célèbre : « Gouverner, c’est prévoir ».
Qui a dit : « La meilleure façon de perdre une élection est de penser à ce que l’on fera après » ? Quel homme politique contemporain a dit cela ? Sûrement quelqu’un qui a oublié Emile de Girardin. Ou quelqu’un qui n’a pas vraiment envie de prendre le pouvoir ? De façon surprenante, il s’agit de DSK pressenti par S. Royal comme son futur Premier Ministre en cas de victoire aux élections présidentielles. Réfléchir à une stratégie et aux moyens de trouver la voie de sortie de l’impasse économique, industrielle, sociale, éducative dans laquelle la France est plongée, lui paraît prématuré à moins de 3 mois de l’entrée en action du futur gouvernement. S’agit-il d’une manière infantile de croiser les doigts pour conjurer le sort ? Ou son esprit est-il totalement accaparé par la recherche du meilleur moyen de discréditer l’adversaire de S.Royal au détriment d’une réflexion de fond sur la gouvernance de la France ? La tactique politicienne est-elle plus importante que la Politique ? Je crois plutôt que, comme d’autres, DSK y pense tous les matins en se rasant …
Qui a dit : « La meilleure façon de perdre une élection est de penser à ce que l’on fera après » ? Quel homme politique contemporain a dit cela ? Sûrement quelqu’un qui a oublié Emile de Girardin. Ou quelqu’un qui n’a pas vraiment envie de prendre le pouvoir ? De façon surprenante, il s’agit de DSK pressenti par S. Royal comme son futur Premier Ministre en cas de victoire aux élections présidentielles. Réfléchir à une stratégie et aux moyens de trouver la voie de sortie de l’impasse économique, industrielle, sociale, éducative dans laquelle la France est plongée, lui paraît prématuré à moins de 3 mois de l’entrée en action du futur gouvernement. S’agit-il d’une manière infantile de croiser les doigts pour conjurer le sort ? Ou son esprit est-il totalement accaparé par la recherche du meilleur moyen de discréditer l’adversaire de S.Royal au détriment d’une réflexion de fond sur la gouvernance de la France ? La tactique politicienne est-elle plus importante que la Politique ? Je crois plutôt que, comme d’autres, DSK y pense tous les matins en se rasant …
26 avril 2007
Cuisine, cuisine …
Le premier tour des élections présidentielles s’est articulé sur l’idée de rupture avec les errements politiques du passé, que se soit à gauche, à droite ou au centre (rappelez-vous la rupture, l’ordre juste). Tous les candidats ont dit avoir jeter aux orties les combines politiques des années passées, ont juré sans vergogne qu’ils étaient porteurs d’une nouvelle virginité politique et d’une morale incorruptible en la matière. Sûrement, ces discours ont emporté l’adhésion d’un nombre important d’électeurs, circonspects sur la sincérité des hommes politiques actuels, espérant un nouvel état d’esprit emprunt de transparence.
Mais, voilà !! Le premier tour des élections présidentielles est à peine terminé que l’on assiste au démarchage éhonté des deux candidats restant en lice vers les électeurs ayant porté leur préférence sur le candidat « centriste » ainsi que vers leurs extrêmes réciproques. L’un multiplie les références à tous les grands esprits politiques de l’histoire, faisant fi de leur appartenance, et marchande les futurs postes de députés, l’autre promet des portefeuilles ministériels conditionnés par la soumission et le ralliement. Ils utilisent tous les deux abondamment le mot de « rénovation » en lieu et place de celui de « racolage » sans que cela ne trompe personne. Chassez le naturel, il revient au galop !! La classe politique française n’est décidément pas prête au changement (et pourtant, les candidats ont usé et abusé de ce mot durant leur campagne !) et les discours restent des outils purement marketing et publicitaires. Heureusement, pour nous consoler, le leader du parti centriste se lance dans une grande entreprise : il remplace le parti « Union pour la Démocratie Française » par un tout nouveau parti « le Parti démocrate » ! Quel bouleversement !!
Mais, voilà !! Le premier tour des élections présidentielles est à peine terminé que l’on assiste au démarchage éhonté des deux candidats restant en lice vers les électeurs ayant porté leur préférence sur le candidat « centriste » ainsi que vers leurs extrêmes réciproques. L’un multiplie les références à tous les grands esprits politiques de l’histoire, faisant fi de leur appartenance, et marchande les futurs postes de députés, l’autre promet des portefeuilles ministériels conditionnés par la soumission et le ralliement. Ils utilisent tous les deux abondamment le mot de « rénovation » en lieu et place de celui de « racolage » sans que cela ne trompe personne. Chassez le naturel, il revient au galop !! La classe politique française n’est décidément pas prête au changement (et pourtant, les candidats ont usé et abusé de ce mot durant leur campagne !) et les discours restent des outils purement marketing et publicitaires. Heureusement, pour nous consoler, le leader du parti centriste se lance dans une grande entreprise : il remplace le parti « Union pour la Démocratie Française » par un tout nouveau parti « le Parti démocrate » ! Quel bouleversement !!
24 avril 2007
Finalement ….
L’écheveau des problèmes de la France est tellement complexe qu’il semble indémêlable ; le chômage, le pouvoir d’achat, le déficit des comptes de la Sécurité Sociale, la dette publique, le financement des retraites, les délocalisations industrielles, l’hôpital public, l’enseignement supérieur, le dialogue avec les partenaires sociaux, l’énergie, la compétitivité industrielle, la place de la France en Europe, la politique agricole, la pollution environnementale, le fonctionnement des institutions, le train de vie de l’Etat, la recherche fondamentale et appliquée, l’état des prisons, le fonctionnement de la justice, le niveau de l’investissement productif, le rapport Euro/Dollar, les services publics, la représentativité syndicale, etc, etc …Devant des problèmes à résoudre aussi nombreux, me revient en mémoire la réflexion de Charles De Gaulle : je vais au-devant d’une situation compliquée avec des idées simples. Simplifions donc !
De même que l’épicier du coin ne peut pas s’enrichir en achetant ses propres produits, pour qu’un pays s’enrichisse globalement il n’y a pas d’alternative au fait de gagner des parts de marché dans le monde. Or, actuellement, la France recule dans tous les domaines par rapport à ses compétiteurs internationaux. Cela a une conséquence immédiate c’est que la France s’appauvrit ce qui se traduit par l’augmentation de la dette et une augmentation du chômage. Cela a une cause, c’est que l’offre française est inadaptée, insuffisante et trop coûteuse. Inadaptée, car la recherche et l’investissement ne sont pas à la hauteur du nécessaire, ce qui entraîne une offre beaucoup moins attractive et performante que celle des concurrents. Insuffisante, parce que la France ne travaille pas assez du fait d’un chômage élevé et d’un temps consacré au travail trop limité (les 35 heures, l’âge de la retraite, l’utilisation abusive de la retraite anticipée) et parce que les incitations à l’investissement productif sont pratiquement inexistantes. Trop coûteuse car le coût du travail est trop élevé, les charges pesant sur les entreprises sur lesquelles repose la compétitivité internationale étant trop importantes. Améliorer la position de la France dans le monde lui permettrait en outre de retrouver la place qu’elle a perdue en Europe. Finalement, le diagnostic est assez simple, ce qui ne veut pas dire que le remède soit aisé à mettre en œuvre car il demandera beaucoup de courage et de sacrifices. Voilà ce qui devrait, normalement, être au centre du second tour de l’élection présidentielle. Est-ce si sûr ?
De même que l’épicier du coin ne peut pas s’enrichir en achetant ses propres produits, pour qu’un pays s’enrichisse globalement il n’y a pas d’alternative au fait de gagner des parts de marché dans le monde. Or, actuellement, la France recule dans tous les domaines par rapport à ses compétiteurs internationaux. Cela a une conséquence immédiate c’est que la France s’appauvrit ce qui se traduit par l’augmentation de la dette et une augmentation du chômage. Cela a une cause, c’est que l’offre française est inadaptée, insuffisante et trop coûteuse. Inadaptée, car la recherche et l’investissement ne sont pas à la hauteur du nécessaire, ce qui entraîne une offre beaucoup moins attractive et performante que celle des concurrents. Insuffisante, parce que la France ne travaille pas assez du fait d’un chômage élevé et d’un temps consacré au travail trop limité (les 35 heures, l’âge de la retraite, l’utilisation abusive de la retraite anticipée) et parce que les incitations à l’investissement productif sont pratiquement inexistantes. Trop coûteuse car le coût du travail est trop élevé, les charges pesant sur les entreprises sur lesquelles repose la compétitivité internationale étant trop importantes. Améliorer la position de la France dans le monde lui permettrait en outre de retrouver la place qu’elle a perdue en Europe. Finalement, le diagnostic est assez simple, ce qui ne veut pas dire que le remède soit aisé à mettre en œuvre car il demandera beaucoup de courage et de sacrifices. Voilà ce qui devrait, normalement, être au centre du second tour de l’élection présidentielle. Est-ce si sûr ?
22 avril 2007
Petits intérêts particuliers
Tous les candidats à l’élection présidentielle mettent, dans leurs priorités (ou dans leur catalogue de ventes), le développement de la recherche. Voilà ce qui devrait gagner l’unanimité de la population et des partis politiques. Il n’y a pas d’autre issue pour les pays occidentaux que de rechercher leur différenciation par rapport aux pays EPD (en plein développement) comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, etc…, dans le développement d’activités à très haute valeur ajoutée. C’est-à-dire que la recherche fondamentale et appliquée devient une obligation. L’Etat, conscient de ce fait, a le projet de développer le plateau scientifique et universitaire de Saclay pour y favoriser la création de 100.000 emplois dédiés à la recherche. On aurait pu espérer un consensus populaire sur ce projet. Il n’en est rien. Immédiatement, les associations locales et leurs élus ainsi que le parti des Verts s’opposent à ce projet au prétexte de préserver leur tranquillité. Certes, 100.000 emplois demandent de créer des infrastructures, des logements, des accès. La crainte des occupants locaux est compréhensible, en tout cas pardonnable à défaut d’être légitime. Mais cela démontre à l’évidence, l’inanité du concept de démocratie participative. L’intérêt particulier peut, comme dans cet exemple, être absolument contraire à l’intérêt général. Le rôle majeur (essentiel) du politique est de savoir, dans tous les cas, donner la priorité à l’intérêt général sur l’intérêt particulier et corporatiste. Encore faut-il que le politique ait une idée précise de l’intérêt général et qu’il ne le confonde pas avec son intérêt électoral.
16 avril 2007
Le supermarché électoral
À huit jours à peine des élections présidentielles, environ la moitié du corps électoral hésite encore sur le choix d’un candidat. Situation tout à fait particulière et nouvelle dont on peut se demander ce qu’elle signifie. Une raison pourrait être que, en dehors des « petits candidats », les « programmes » des candidats significatifs se différencient si peu que les électeurs perçoivent difficilement les différences et n’arrivent pas à fixer leur choix. Une deuxième raison peut être la suivante : les programmes des candidats ont sombré dans le détail
des actions opérationnelles en promettant une détaxe ici, un contrat particulier là, une aide spécifique ici et là, oubliant le fait qu’un projet présidentiel n’est pas un programme de gouvernement. Or, les actions de gouvernement n’ont jamais provoqué le rêve des électeurs car il n’y a pas de place à l’attente et l’espoir dans une décision gouvernementale dont l’application est immédiate. Par contre, un projet présidentiel devrait créer les conditions du rêve et de l’espérance en construisant et proposant une vision de l’avenir qui suscite l’intérêt et l’impatience de la majorité du peuple. Ce n’est pas le cas de la campagne actuelle. Le concept de « démocratie participative », dont tous les candidats se sont plus ou moins inspirés en accédant à toutes les demandes corporatistes, a entraîné ceux-ci dans les profondeurs de la démagogie. Or la démagogie ne fait que caresser le peuple dans le sens « du poil » en lui promettant de satisfaire ses besoins individuels et égoïstes. Ce qui explique que la campagne n’a abordé aucun des thèmes suivants : l’international (l’Iran, la Corée du Nord, l’Irak, l’Afghanistan, le Vénézuéla, le Darfour et l’Afrique, les relations atlantiques), l’Europe (quelle Europe pour demain ?), les orientations de la recherche et de l’enseignement supérieur, l’avenir de la Sécurité Sociale, l’avenir énergétique. Vraisemblablement conscients de cette dérive, peut-être même initiateurs réfléchis du discours démagogique, les candidats tentent, de façon dérisoire, de trouver de temps en temps des thèmes de campagne qui surprennent les électeurs. Alors ils parlent du drapeau, du gène de la pédophilie ou de la suppression de l’ENA ! Quel décalage avec le choix de l’énergie nucléaire civile et militaire par Charles De Gaulle ou la suppression de la peine de mort par François Mitterrand ! Ce mauvais positionnement du discours des candidats (de tous les candidats) est le signe de la disparition des hommes (ou des femmes) politiques d’envergure. La société se banalise en s’uniformisant et, à force de vouloir tout transformer en marchandise, il ne reste plus que des camelots.
des actions opérationnelles en promettant une détaxe ici, un contrat particulier là, une aide spécifique ici et là, oubliant le fait qu’un projet présidentiel n’est pas un programme de gouvernement. Or, les actions de gouvernement n’ont jamais provoqué le rêve des électeurs car il n’y a pas de place à l’attente et l’espoir dans une décision gouvernementale dont l’application est immédiate. Par contre, un projet présidentiel devrait créer les conditions du rêve et de l’espérance en construisant et proposant une vision de l’avenir qui suscite l’intérêt et l’impatience de la majorité du peuple. Ce n’est pas le cas de la campagne actuelle. Le concept de « démocratie participative », dont tous les candidats se sont plus ou moins inspirés en accédant à toutes les demandes corporatistes, a entraîné ceux-ci dans les profondeurs de la démagogie. Or la démagogie ne fait que caresser le peuple dans le sens « du poil » en lui promettant de satisfaire ses besoins individuels et égoïstes. Ce qui explique que la campagne n’a abordé aucun des thèmes suivants : l’international (l’Iran, la Corée du Nord, l’Irak, l’Afghanistan, le Vénézuéla, le Darfour et l’Afrique, les relations atlantiques), l’Europe (quelle Europe pour demain ?), les orientations de la recherche et de l’enseignement supérieur, l’avenir de la Sécurité Sociale, l’avenir énergétique. Vraisemblablement conscients de cette dérive, peut-être même initiateurs réfléchis du discours démagogique, les candidats tentent, de façon dérisoire, de trouver de temps en temps des thèmes de campagne qui surprennent les électeurs. Alors ils parlent du drapeau, du gène de la pédophilie ou de la suppression de l’ENA ! Quel décalage avec le choix de l’énergie nucléaire civile et militaire par Charles De Gaulle ou la suppression de la peine de mort par François Mitterrand ! Ce mauvais positionnement du discours des candidats (de tous les candidats) est le signe de la disparition des hommes (ou des femmes) politiques d’envergure. La société se banalise en s’uniformisant et, à force de vouloir tout transformer en marchandise, il ne reste plus que des camelots.
07 avril 2007
2025 n’est pas si loin
Je me lève sans allumer la lumière et me dirige grâce à la faible lueur de la rue qui entre chez moi. L’électricité est devenue beaucoup trop chère pour ne pas chercher tous les moyens de s’en passer. Je passe au cabinet de toilette où j’ai, depuis longtemps, remplacé mon rasoir électrique par un rasoir mécanique, pour la même raison. Je n’utilise plus de lotions et mon savon est un gros cube de savon de Marseille qui me sert également pour me laver les dents. Le goût est repoussant, mais il n’y a pas le choix car les dentifrices synthétiques sont interdits.
Pour déjeuner, un jus de fruit et un café en poudre avec de l’eau chauffée au gaz. En avalant mon café, j’écoute les informations. Les conflits, nés de la raréfaction de l’eau en Afrique, au Moyen-Orient, dans les Balkans, en Amérique du Sud, s’amplifient et accentuent les mouvements de population. Le prix du pétrole atteint un nouveau sommet à 250 € le baril de brent. Une manifestation monstre, rassemblant 300.000 personnes excédées, a eu lieu à Toulouse pour la défense des retraites et des salaires et qui s’est terminée par des heurts violents avec la police ; on dénombre 6 morts et plusieurs dizaines de blessés. En Indonésie, un ouragan a dévasté l’île de Java en faisant 5.000 morts. Le dernier ours blanc est mort. La sécheresse, qui sévit dans le midi de la France, s’accentue et décime le bétail. On envisage de créer des élevages de dromadaires pour en faire des animaux de bât et, pourquoi pas, des animaux de boucherie. Je ne peux m’empêcher de faire la grimace. Heureusement que j’ai déménagé, il y a 10 ans maintenant, pour m’installer à Boulogne-sur-mer à cause de la montée du niveau de la mer sur les rivages du Sud-Ouest ! Les prix du logement ont tellement augmenté que je ne pourrais plus le faire aujourd’hui. Bref, les nouvelles ne sont pas plus mauvaises aujourd’hui qu’hier.
Je quitte mon domicile, où les ascenseurs ne fonctionnent plus pour cause d’économies d’énergie et où les appartements du rez-de-chaussée sont réservés par la loi aux handicapés, et je me rends à l’arrêt du bus. Je n’attends pas trop longtemps, car les bus, fonctionnant au biocarburant, ont été multipliés pour compenser l’interdiction de l’utilisation des véhicules particuliers. Mais ils sont toujours bondés et l’inconfort du transport est pénible mais sans alternative. Nous sommes en Février. La température est clémente, mais le vent est violent. Espérons que cela ne va pas se transformer en tempête comme la semaine dernière. Les dégâts ont été importants et de nombreux palmiers des Champs-Élysées ont été déracinés.
En arrivant au bureau, je décline mon identité comme d’habitude par une reconnaissance d’empreintes digitales. L’insécurité ayant fortement progressé, des mesures ont été prises dans tous les établissements et les bureaux pour éviter l’intrusion d’inconnus. Je m’installe à la table qui m’a été réservée pour aujourd’hui et je branche mon ordinateur afin d’accéder à mes dossiers, le papier étant devenu une denrée rare à cause de la raréfaction des forêts. Depuis deux ans, la climatisation a été arrêtée, sauf pour le local des ordinateurs, pour être remplacée par une simple ventilation. Lorsque la température extérieure est importante, cette ventilation crée plus de désagrément que de confort. Je passe une grande partie de la matinée à envoyer des relances de paiement à des clients qui tardent à honorer leurs dettes, situation courante dans une économie qui s’essouffle. Je me connecte par Internet au siège social de la société qui est délocalisé depuis cinq ans maintenant à Shanghai. Je télécharge les éléments de formation continue que je dois acquérir pendant la semaine. La société à laquelle j’appartiens conçoit et vend des contrats d’assurance. Aujourd’hui tout le monde s’assure sur tout ce qu’il veut : chômage, santé, retraite, durabilité et dysfonctionnement des équipements, vieillesse, voyages, loisirs, vol, incendie, don d’organes, etc…Les compagnies d’assurances sont devenues des entreprises multinationales parmi les plus importantes. La formation que je dois assimiler consiste à comprendre le contenu et les processus de vente des nouveaux contrats d’assurance fréquemment proposés sur le marché. À midi, je déjeune au restaurant d’entreprise. Le choix est limité. Un certain nombre de plats ont disparu : le poisson, trop rare et trop cher, les frites qui consomment trop d’énergie pour leur cuisson, certains fruits comme les fruits rouges qui supportent mal les dérèglements climatiques, les fromages de pâte cuite, les préparations à base de maïs parce que trop consommateur d’eau, etc … Je me contente d’un plat de purée avec jambon. L’après-midi, je dois passer une visite médicale du travail, car l’Etat surveille de près l’extension de maladies anciennes qui ont fait leur réapparition depuis une dizaine d’années, comme la malaria et le paludisme. Le travail s’arrête à 17 heures en hiver et à 20 heures en été pour éviter d’avoir à utiliser la lumière électrique dans les immeubles de bureaux et les usines. Ce soir, je pars donc de bonne heure et je reprends un autobus bondé pour retourner chez moi. En arrivant, il faut que je fasse ma déclaration d’impôts. L’impôt sur le revenu a fortement diminué, non seulement parce que je gagne moins qu’il y a quelques années, mais surtout parce que l’impôt lui-même a globalement diminué. Par contre les taxes sur l’eau, l’électricité, l’enlèvement des ordures, le gaz, les carburants, ont augmenté considérablement, tellement que le total de mes impôts ne cesse d’augmenter, même si mes revenus stagnent. Je suis obligé d’économiser sur les loisirs et les vacances pour m’en sortir. Les prélèvements sociaux ont également augmenté pour faire face à la recrudescence des maladies dites « tropicales » apportées par des insectes qui se multiplient à cause du réchauffement du climat sur toute la planète et à cause du vieillissement important de la population.
Pour déjeuner, un jus de fruit et un café en poudre avec de l’eau chauffée au gaz. En avalant mon café, j’écoute les informations. Les conflits, nés de la raréfaction de l’eau en Afrique, au Moyen-Orient, dans les Balkans, en Amérique du Sud, s’amplifient et accentuent les mouvements de population. Le prix du pétrole atteint un nouveau sommet à 250 € le baril de brent. Une manifestation monstre, rassemblant 300.000 personnes excédées, a eu lieu à Toulouse pour la défense des retraites et des salaires et qui s’est terminée par des heurts violents avec la police ; on dénombre 6 morts et plusieurs dizaines de blessés. En Indonésie, un ouragan a dévasté l’île de Java en faisant 5.000 morts. Le dernier ours blanc est mort. La sécheresse, qui sévit dans le midi de la France, s’accentue et décime le bétail. On envisage de créer des élevages de dromadaires pour en faire des animaux de bât et, pourquoi pas, des animaux de boucherie. Je ne peux m’empêcher de faire la grimace. Heureusement que j’ai déménagé, il y a 10 ans maintenant, pour m’installer à Boulogne-sur-mer à cause de la montée du niveau de la mer sur les rivages du Sud-Ouest ! Les prix du logement ont tellement augmenté que je ne pourrais plus le faire aujourd’hui. Bref, les nouvelles ne sont pas plus mauvaises aujourd’hui qu’hier.
Je quitte mon domicile, où les ascenseurs ne fonctionnent plus pour cause d’économies d’énergie et où les appartements du rez-de-chaussée sont réservés par la loi aux handicapés, et je me rends à l’arrêt du bus. Je n’attends pas trop longtemps, car les bus, fonctionnant au biocarburant, ont été multipliés pour compenser l’interdiction de l’utilisation des véhicules particuliers. Mais ils sont toujours bondés et l’inconfort du transport est pénible mais sans alternative. Nous sommes en Février. La température est clémente, mais le vent est violent. Espérons que cela ne va pas se transformer en tempête comme la semaine dernière. Les dégâts ont été importants et de nombreux palmiers des Champs-Élysées ont été déracinés.
En arrivant au bureau, je décline mon identité comme d’habitude par une reconnaissance d’empreintes digitales. L’insécurité ayant fortement progressé, des mesures ont été prises dans tous les établissements et les bureaux pour éviter l’intrusion d’inconnus. Je m’installe à la table qui m’a été réservée pour aujourd’hui et je branche mon ordinateur afin d’accéder à mes dossiers, le papier étant devenu une denrée rare à cause de la raréfaction des forêts. Depuis deux ans, la climatisation a été arrêtée, sauf pour le local des ordinateurs, pour être remplacée par une simple ventilation. Lorsque la température extérieure est importante, cette ventilation crée plus de désagrément que de confort. Je passe une grande partie de la matinée à envoyer des relances de paiement à des clients qui tardent à honorer leurs dettes, situation courante dans une économie qui s’essouffle. Je me connecte par Internet au siège social de la société qui est délocalisé depuis cinq ans maintenant à Shanghai. Je télécharge les éléments de formation continue que je dois acquérir pendant la semaine. La société à laquelle j’appartiens conçoit et vend des contrats d’assurance. Aujourd’hui tout le monde s’assure sur tout ce qu’il veut : chômage, santé, retraite, durabilité et dysfonctionnement des équipements, vieillesse, voyages, loisirs, vol, incendie, don d’organes, etc…Les compagnies d’assurances sont devenues des entreprises multinationales parmi les plus importantes. La formation que je dois assimiler consiste à comprendre le contenu et les processus de vente des nouveaux contrats d’assurance fréquemment proposés sur le marché. À midi, je déjeune au restaurant d’entreprise. Le choix est limité. Un certain nombre de plats ont disparu : le poisson, trop rare et trop cher, les frites qui consomment trop d’énergie pour leur cuisson, certains fruits comme les fruits rouges qui supportent mal les dérèglements climatiques, les fromages de pâte cuite, les préparations à base de maïs parce que trop consommateur d’eau, etc … Je me contente d’un plat de purée avec jambon. L’après-midi, je dois passer une visite médicale du travail, car l’Etat surveille de près l’extension de maladies anciennes qui ont fait leur réapparition depuis une dizaine d’années, comme la malaria et le paludisme. Le travail s’arrête à 17 heures en hiver et à 20 heures en été pour éviter d’avoir à utiliser la lumière électrique dans les immeubles de bureaux et les usines. Ce soir, je pars donc de bonne heure et je reprends un autobus bondé pour retourner chez moi. En arrivant, il faut que je fasse ma déclaration d’impôts. L’impôt sur le revenu a fortement diminué, non seulement parce que je gagne moins qu’il y a quelques années, mais surtout parce que l’impôt lui-même a globalement diminué. Par contre les taxes sur l’eau, l’électricité, l’enlèvement des ordures, le gaz, les carburants, ont augmenté considérablement, tellement que le total de mes impôts ne cesse d’augmenter, même si mes revenus stagnent. Je suis obligé d’économiser sur les loisirs et les vacances pour m’en sortir. Les prélèvements sociaux ont également augmenté pour faire face à la recrudescence des maladies dites « tropicales » apportées par des insectes qui se multiplient à cause du réchauffement du climat sur toute la planète et à cause du vieillissement important de la population.
30 mars 2007
Irresponsables, vous avez dit irresponsables ?
Un voyageur sans titre de transport est interpellé à la gare du Nord par un contrôleur de la SNCF. Ce voyageur est un individu de 35 ans, bien connu des services de police, coupable depuis de nombreuses années de vols avec violence et sous le coup d’un avis de reconduite à la frontière. Il résiste avec une extrême violence à l’interpellation de l’agent public et se met à hurler sur le quai de la gare. Immédiatement, sans chercher à se renseigner et encore moins à comprendre, une foule de 300 personnes environ prend le parti de l’individu ce qui impose à l’agent public de faire appel à la police. Alors que celle-ci arrive sur les lieux, les téléphones portables et les SMS servent alors à rameuter les casseurs qui, en provenance des banlieues accessibles par la gare du Nord, sont toujours en nombre sur les lieux. La réaction de la foule laisse pantois et démontre à quel point celle-ci est pour le moins imbécile sinon dangereuse. Cela montre l’inanité de la « démocratie participative » qui veut faire confiance à une foule décervelée. On sait pourtant depuis deux mille ans que la foule choisit toujours de crier « Libérez Barrabas ! ».
Plutôt que de chercher à calmer les esprits, tous les politiques, en particulier les candidats à la présidence, et de nombreux journalistes se sont précipités sur l’événement avec des commentaires plus démagogiques les uns que les autres afin de faire prospérer leurs petits intérêts électoraux. L’irresponsabilité est partagée.
Le déchargement d’un bateau transporteur de gaz liquéfié exige un savoir-faire particulier. Ce savoir-faire existe parmi les collaborateurs de Gaz de France qui, sa responsabilité étant engagée lors des opérations de ce type, entend l’utiliser sur le terminal gazier du port de Marseille. La charge de travail représentée par cette activité sur le port est d’environ mille heures de travail par an, c’est-à-dire un poste de travail. Environ soixante dix employés du port et affiliés à la CGT refusent, pour d’obscures raisons, de laisser cette activité à la charge de GDF et organisent une grève qui bloque totalement l’activité du terminal d’hydrocarbures. C’est-à-dire qu’une poignée d’irresponsables, soutenus par le secrétariat général de la CGT, empêche le travail de 96% des dockers, oblige des dizaines de pétroliers à attendre au large, met en difficulté l’activité de nombreuses entreprises et coûte à la société plusieurs centaines de millions d’Euros. Tout cela pour un poste de travail ! Il est vrai que la CGT du port de Marseille s’est déjà illustrée dans un certain nombre de cas douteux…
Décidemment, ce n’est pas le bon sens qui règne, encore moins le sens de l’intérêt général. L’irresponsabilité totale fait flores.
Plutôt que de chercher à calmer les esprits, tous les politiques, en particulier les candidats à la présidence, et de nombreux journalistes se sont précipités sur l’événement avec des commentaires plus démagogiques les uns que les autres afin de faire prospérer leurs petits intérêts électoraux. L’irresponsabilité est partagée.
Le déchargement d’un bateau transporteur de gaz liquéfié exige un savoir-faire particulier. Ce savoir-faire existe parmi les collaborateurs de Gaz de France qui, sa responsabilité étant engagée lors des opérations de ce type, entend l’utiliser sur le terminal gazier du port de Marseille. La charge de travail représentée par cette activité sur le port est d’environ mille heures de travail par an, c’est-à-dire un poste de travail. Environ soixante dix employés du port et affiliés à la CGT refusent, pour d’obscures raisons, de laisser cette activité à la charge de GDF et organisent une grève qui bloque totalement l’activité du terminal d’hydrocarbures. C’est-à-dire qu’une poignée d’irresponsables, soutenus par le secrétariat général de la CGT, empêche le travail de 96% des dockers, oblige des dizaines de pétroliers à attendre au large, met en difficulté l’activité de nombreuses entreprises et coûte à la société plusieurs centaines de millions d’Euros. Tout cela pour un poste de travail ! Il est vrai que la CGT du port de Marseille s’est déjà illustrée dans un certain nombre de cas douteux…
Décidemment, ce n’est pas le bon sens qui règne, encore moins le sens de l’intérêt général. L’irresponsabilité totale fait flores.
18 mars 2007
L’air de la campagne
Charles De Gaulle, Georges Pompidou, Valery Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, les cinq présidents de la Vème République. Une vraie grandeur et un vrai sens de la Nation et de l’Etat ont caractérisé ces présidences. Le garagiste Sarkozy, sœur Ségolène, Frère Bayrou, les trois candidats d’une République qui ne sera plus jamais la même. Les temps changent. Si je vous dis : populiste, violente, destructrice, superficielle, « raz la moquette », de quoi pensez-vous que je parle ? Je vous parle de la campagne présidentielle, bien sûr, vue par les intellectuels français. Et ils n’ont pas vraiment tort. Lorsque De Gaulle parlait de la place de la France dans le Monde et des moyens de conforter sa position, lorsque Pompidou décrivait les voies d’une modernisation accélérée du pays, lorsque Giscard d’Estaing évoquait la nécessaire évolution des règles de fonctionnement de la société française et de l’Europe, lorsque Mitterrand choisissait d’imposer la suppression de la peine de mort, ils montraient tous qu’ils avaient une véritable vision de l’avenir. Aujourd’hui, nous assistons à l’évocation des recettes d’un livre culinaire, à l’incantation compassionnelle, à une philosophie vertueuse et aérienne. Il faut bien reconnaître que Chirac a ouvert la voie lors de sa campagne sur « la fracture sociale ». Déjà, les cent et une propositions de Mitterrand étaient suspectes. La dérive vers une politique de camelot était engagée. Aujourd’hui, nous sommes vraiment au milieu du marché. Aux yeux des candidats à la Présidence, nous ne sommes plus des citoyens mais des consommateurs qu’il faut allécher en leur faisant croire que la pommade populiste les soignera de tous leurs maux. Au lieu du grand orchestre de la Nation, nous avons droit à l’accordéon des catégories. La Java populiste a remplacé la valse de Vienne « d’une certaine idée de la France ».
05 mars 2007
Europe, où es-tu ? …suite
Il me paraît nécessaire de compléter mon précédent article sur Airbus, après les propos de Jean-Marie Le Pen sur le sujet. Lorsque je déplore que des considérations politiques aient été prises au détriment de l’efficacité logistique et managériale de l’entreprise, je ne veux évidemment pas dire que Airbus n’aurait jamais dû être cette belle aventure Européenne. Il est bien normal que chaque pays ayant participé à la naissance de cette entreprise participe à son fonctionnement. Il est bien normal que chaque pays trouve dans ce projet des opportunités d’améliorer sa propre situation industrielle et de l’emploi. Mais les impératifs industriels sont incontournables et les oublier (ou faire semblant) ne peut déboucher que sur des difficultés majeures. Le nouveau management s’en est d’ailleurs rendu compte immédiatement, puisque son plan de réorganisation prévoit un certain nombre de regroupements industriels pour supprimer des contraintes logistiques coûteuses et une incohérence de management. C’est pourquoi il a choisi de transférer en Allemagne la totalité de la fabrication du nouvel A320 et de regrouper à Toulouse un certain nombre d’opérations touchant au futur A380. La nécessité de réduire les coûts de fabrication se trouve derrière les choix du management actuel, ce qui est une condition de survie en face de Boeing qui a fait ces choix depuis quelques années et dont la situation économique s’est considérablement améliorée. Il est temps que Airbus en fasse autant. Le rôle de l’Etat-actionnaire n’est pas de rechercher des compromis purement politiques et nationaux, mais de veiller à ce que les choix du management soient toujours tournés vers l’efficacité industrielle et que les conséquences sociales de ces choix soient prises en compte.
04 mars 2007
Europe, où es-tu ?
Il y a 6 mois, j’écrivais ici un petit article intitulé « l’Europe est moribonde ». L’épopée Airbus est l’illustration de cette mise à mort. Cette entreprise a été citée par tous les hommes politiques comme l’exemple d’une coopération européenne réussie. Les uns pour démontrer que la seule façon de faire progresser l’Europe était de lancer des projets industriels communs, les autres pour démontrer que lorsque l’Europe se mobilise, le succès est au rendez-vous. Une fois de plus, les politiques ont regardé la réalité du monde avec les lunettes déformantes de leur idéologie. Il ne faut pourtant pas être un grand expert pour deviner qu’une entreprise multinationale gérée avec, en priorité, des considérations politiques orientées vers la satisfaction des vanités et des égoïsmes nationaux ne peut pas fonctionner correctement. Dès qu’apparaît la moindre difficulté, les prises de décisions indispensables sont reléguées au placard des fanfaronnades nationales et des réactions syndicales. Les entreprises qui délocalisent une partie de leurs activités font des choix réfléchis qui prennent en compte l’efficacité globale et non pas la susceptibilité des acteurs. Il est évident qu’une entreprise qui multiplie à l’excès les difficultés logistiques uniquement pour satisfaire les susceptibilités nationales s’expose à de graves problèmes. Comment imaginer que l’on peut construire avec efficacité un produit aussi complexe qu’un avion lorsque l’on éparpille la fabrication aux quatre coins de l’Europe sur plus de vingt cinq sites différents afin que chacun en ait sa petite part ? Imagine-t-on une entreprise répartissant sur l’ensemble du territoire français la fabrication des différentes pièces d’un moulin à café uniquement pour satisfaire les préoccupations électorales des maires et autres députés ? Aggravant encore la situation, la décision managériale est elle-même répartie !! Peut-on imaginer un schéma de management plus absurde ? Et que voit-on se produire devant les difficultés actuelles ? Plutôt que d’être guidés uniquement par des considérations d’efficacité, les responsables – industriels et politiques – mettent en avant une « juste répartition » des efforts ! Ce n’est pas la « juste » répartition qui compte, mais son efficacité industrielle. Je crains que le bout du tunnel ne soit encore loin pour Airbus. Il ne faut pas s’étonner outre mesure que l’Allemagne ne fasse pas preuve de plus d’européisme que les Français. Après tout, la France est devenu un « petit » pays européen depuis que les arrivistes, les réactionnaires et les égoïstes onnt refusé, pour de mauvaises raisons, de participer à l’avènement d’une Europe politique. Maintenant, en pleine campagne présidentielle, nous allons voir tous les populismes et les opportunismes se déchaîner, j’en fais le pari. Ne doit-on pas s’étonner que certains des candidats préfèrent prendre leurs informations auprès des syndicats plutôt qu’auprès des managers de l’entreprise ? Pauvre France !!
01 mars 2007
Religion et évolution
Depuis moins de 10 millions d’années, l’évolution s’impose au genre humain et trace le chemin de son devenir. C’est cette évolution qui a transformé le grand singe en être sociable puis en être pensant et parlant au fur et à mesure de la complexification neuronale. Avec le langage est venu le temps de l’explication. Dès lors que l’homme fut en possession de la parole, il a essayé d’expliquer le monde dans lequel il vivait et de trouver une raison à toute chose pour ne pas mourir de peur. C’est ainsi qu’est née la nécessité de reporter sur les manifestations de « divinités » multiples et variées l’explication des évènements naturels incompréhensibles. L’explication rassure. Ce qui est incompréhensible panique. Il est donc rapidement devenu nécessaire de créer une mythologie permettant d’expliquer l’inexplicable. Dès que l’évolution a permis l’apparition du raisonnement, la nécessité d’expliquer créait la croyance qui devenait ainsi inévitable. C’est là l’origine de toutes les religions. L’humanité s’est diversifiée et il est donc normal que les religions soient diverses. Des groupes humains, plus ou moins isolés les uns des autres, ont développé leurs propres croyances, chacune d’elles étant supposée être l’explication du monde. Sont alors apparus des individus qui se sont présentés comme les intermédiaires nécessaires entre les hommes et les divinités, eux seuls étant capables d’avoir un dialogue avec ces dernières. Ainsi se sont constituées et formalisées des structures et des hiérarchies qui ont pris en charge la ritualisation et la diffusion de ces croyances. Celles-ci ont pris le nom de religion (étymologie incertaine) dans les sociétés occidentales. L’apparition des religions s’est ainsi accompagnée de la création des rites qui ne sont que la manifestation d’une soumission aux divinités de celles-ci. Le rite est, en quelque sorte, le langage spécifique utilisé pour accéder aux dieux. L’homme, ayant acquis la parole, a découvert l’échange et la communication avec ses semblables. Les rites religieux sont devenus rapidement nécessaires pour communiquer également avec les diverses divinités. Dans les sociétés primitives, on ne peut pas parler objectivement de « religion », les rites sacrés étant intimement mêlés à la vie quotidienne. La séparation du sacré et du quotidien est l’apanage des sociétés modernes. C’est d’ailleurs cette séparation qui a permis la laïcisation. Aujourd’hui, l’explication du monde, dans les civilisations occidentales, passe par la science. Il ne faut donc pas s’étonner que ces sociétés aient, de moins en moins, besoin des religions.
19 février 2007
Le temps des cerises
Les deux seuls candidats crédibles de la campagne électorale présidentielle ont publié, l’un comme l’autre, leur catalogue de mesures puisque cela est devenu le passage obligé de toute campagne électorale où l’économie cède le pas au politique, la tactique à la stratégie. Ces mesures, pour l’un comme pour l’autre, ont un coût qui s’établit autour de 35 milliards d’Euros. Les chevau-légers de chaque parti vont s’efforcer de démontrer l’exorbitance et la sous-évaluation des dépenses de « l’autre » tout en affirmant la solidité de leurs propres estimations économiques. Mais, finalement, l’ordre de grandeur est aujourd’hui connu et s’établit pratiquement au même niveau pour les deux parties. La réelle différence tient dans le fait que, pour le candidat de gauche, ce coût provient d’une augmentation des dépenses ; pour le candidat de droite, il provient d’une diminution des impôts.
Par contre, pour trouver les recettes correspondantes, ils se retrouvent tous les deux sur la même recette magique : l’augmentation du pouvoir d’achat entraînera une relance de la consommation et donc un redémarrage de la croissance ; celle-ci génèrera alors les recettes fiscales permettant de financer le programme des promesses. Il y a là une sorte de pétition de principe qui consiste à faire croire qu’en dépensant davantage, chaque citoyen s’enrichit et peut donc dépenser. Ce cercle « vertueux-virtuel » n’est qu’une illusion. Cela veut dire que nous allons assister à une augmentation de la dette publique, déjà exorbitante, et qu’une grande partie des promesses ne sera pas tenue car le principe de réalité va nécessairement s’imposer puisqu’il est incontournable.
Par contre, pour trouver les recettes correspondantes, ils se retrouvent tous les deux sur la même recette magique : l’augmentation du pouvoir d’achat entraînera une relance de la consommation et donc un redémarrage de la croissance ; celle-ci génèrera alors les recettes fiscales permettant de financer le programme des promesses. Il y a là une sorte de pétition de principe qui consiste à faire croire qu’en dépensant davantage, chaque citoyen s’enrichit et peut donc dépenser. Ce cercle « vertueux-virtuel » n’est qu’une illusion. Cela veut dire que nous allons assister à une augmentation de la dette publique, déjà exorbitante, et qu’une grande partie des promesses ne sera pas tenue car le principe de réalité va nécessairement s’imposer puisqu’il est incontournable.
13 février 2007
La démocratie participative
TF1 organise une émission où 100 citoyens, censés être un panel représentatif de la société française, posent des questions pendant deux heures à un candidat à l’élection présidentielle. La première émission a eu lieu en présence de N. Sarkozy. Les premières questions ont porté sur l’interdiction de fumer et sur les radars. Au cours des deux heures d’émission, aucune question n’a été posée sur l’Europe, la dette publique, la Chine et les délocalisations. Rien n’a été dit sur la Défense ou l’Education Nationales, sur la politique française en Afrique ou au Moyen-Orient. Chaque intervenant a posé une question en rapport direct avec ses problèmes personnels : le chômeur sur le fonctionnement de l’ANPE, le viticulteur sur les difficultés de la filière, l’homosexuel sur le mariage gay, le chef de PME sur l’ampleur des taxes, etc, … Aucun des participants n’a été capable d’aborder un problème d’intérêt général. Il n’y a rien là de surprenant, un tel comportement étant parfaitement naturel. Pour la très grande majorité, ce qui touche à l’individuel est beaucoup plus important que le général et le collectif. Dans une émission du type de celle de TF1, chaque intervenant ne peut poser qu’une seule question. Il est alors naturel que, dans ses priorités personnelles, l’intervenant choisisse ce qui le touche au plus près. Et à regarder de près, le lointain reste flou. Ségolène Royal insiste, au cours de sa campagne, sur la création de jurys populaires pour évaluer l’action des élus. Sur quels critères ces jurys vont-ils baser leurs « jugements » ? Il n’y a aucune raison pour qu’ils ne fonctionnent pas avec les mêmes réflexes que les citoyens des panels des émissions de TF1, c’est-à-dire en prenant en compte uniquement la satisfaction par la représentation nationale de leurs intérêts personnels ou corporatifs. La démocratie représentative a été « inventée » pour permettre de donner la priorité à l’intérêt collectif sur l’intérêt particulier. Soumettre la représentation nationale au jugement des jurys populaires revient à subordonner l’intérêt collectif aux intérêts particuliers. N’oublions pas que la première loi de la systémique est que l’addition des solutions particulières ne fait jamais une solution collective. Enfin, si le peuple est un acteur prestigieux, n’oublions pas non plus que la foule est stupide et dangereuse.
08 février 2007
La réalité dépasse la fiction
José Bové, candidat à la Présidence de la République, vient de voir confirmée sa condamnation à 4 mois de prison pour fauchage illégal d’OGM. Comme la mise en application de cette peine demande une décision du juge d’application des peines, José Bové n’entrera pas en prison, faisons-en le pari, avant la fin de la campagne électorale. Il est donc parti aussitôt animer son premier meeting électoral… à Aubagne !! Ça ne s’invente pas !!
07 février 2007
Le terrain a bon dos !
Tous les principaux candidats à la Présidence de la République se font une obligation impérative et exigeante d’aller « sur le terrain », « au contact du vrai peuple », « à la rencontre des vrais gens », « à l’écoute des Français ». Or, tous, sont élus depuis très longtemps, ayant fait de la politique leur « job » à vie. Doit-on en conclure qu’ils sont tous devenus sourds dès qu’ils sont devenus parlementaires ? Peut-on penser, ce qui serait plus grave, qu’une fois élus, ils se sont éperdument moqués des problèmes des Français ? Faire de l’écoute du peuple le centre d’une campagne électorale ne peut que signifier que le candidat n’a aucune idée des attentes de celui-là ! Chercher ses idées « auprès du peuple » ne suffit pas aux candidats. La justification de leurs choix se trouve, non pas dans une conviction personnelle construite sur une réflexion et une expérience personnelle, mais sur ce qui se passe dans les pays voisins. C’est à celui qui va chercher ses références dans les pays scandinaves, en Espagne, aux Pays-Bas, au Royaume Uni, aux USA, en Irlande, etc, etc …
Grave, non ?
Grave, non ?
03 février 2007
Relancer la croissance ou gérer la décroissance ?
L’émergence de nouveaux géants économiques sur une terre aux ressources limitées entraîne obligatoirement une redistribution des richesses : ces derniers s’enrichissent au détriment des pays occidentaux qui s’appauvrissent. Cet appauvrissement est plus ou moins visible selon les pays. Il est beaucoup plus manifeste en France qu’aux USA. Le chômage massif est le signe le plus visible de l’appauvrissement. Il faut y ajouter le nombre croissant de travailleurs pauvres, de SDF, de mal-logés, la désindustrialisation, l’endettement croissant. Malgré des différences transitoires, tous les pays occidentaux vont devoir accepter qu’une part de plus en plus grande de la richesse mondiale soit accaparée par des pays qui réclament leur juste part, avec, d’ailleurs, la complicité non avouée ces mêmes pays occidentaux. En effet, à la recherche de nouveaux marchés et entraînés dans leur propre concurrence, ces pays ont offert les transferts de technologies dans de nombreux domaines comme argument de vente. Aujourd’hui, les pays en développement utilisent ces technologies, obtenues pratiquement sans frais et sans investissements, avec des coûts sociaux moindres, ce qui leur procure un avantage concurrentiel considérable qui perdurera jusqu’au moment où leur développement sociétal sera analogue à celui de l’occident. Il y a là une explication partielle du fait que l’Afrique ne semble pas participer à ce mouvement de développement que l’on peut constater en Chine, aux Indes ou en Amérique du Sud. L’Afrique sub-saharienne a toujours été considérée comme un grenier de matières premières (et même de personnes physiques) et non pas comme un marché solvable. Les transferts technologiques n’ont pas eu lieu. Mais le mouvement est irréversible et il lui faudra plusieurs décennies pour déboucher sur un nouvel état d’équilibre. La question qui se pose est alors celle-ci : quel équilibre ?
Le monde occidental en général, et la France en particulier, est confronté au problème suivant : la société comportant un grand nombre de défavorisés, faut-il chercher à relancer la croissance économique à tout prix (c’est-à-dire avec tous les moyens possibles) pour faire reculer les niches de pauvreté ou faut-il anticiper l’avenir en orientant le processus économique vers un état d’équilibre moins ambitieux mais plus équitable ? En d’autres termes, faut-il relancer coûte que coûte la croissance ou faut-il gérer une décroissance ? Plutôt que d’évoquer une décroissance qui fait immédiatement penser à un recul par rapport à la situation existante, il est plus juste d’évoquer un ralentissement progressif de la croissance jusqu’à l’obtention d’un équilibre à croissance nulle ou presque. Il faudra abandonner le toujours plus pour le suffisant, remplacer le plus vite par le juste-à-temps, le plus puissant par le juste-utile,le jetable par le recyclable et le réutilisable, le maximum par l’optimum, autant de remises en cause qui touchent à notre façon de vivre et de concevoir le monde. Et ceci d’autant plus rapidement que l’environnement est en danger.
Le monde occidental en général, et la France en particulier, est confronté au problème suivant : la société comportant un grand nombre de défavorisés, faut-il chercher à relancer la croissance économique à tout prix (c’est-à-dire avec tous les moyens possibles) pour faire reculer les niches de pauvreté ou faut-il anticiper l’avenir en orientant le processus économique vers un état d’équilibre moins ambitieux mais plus équitable ? En d’autres termes, faut-il relancer coûte que coûte la croissance ou faut-il gérer une décroissance ? Plutôt que d’évoquer une décroissance qui fait immédiatement penser à un recul par rapport à la situation existante, il est plus juste d’évoquer un ralentissement progressif de la croissance jusqu’à l’obtention d’un équilibre à croissance nulle ou presque. Il faudra abandonner le toujours plus pour le suffisant, remplacer le plus vite par le juste-à-temps, le plus puissant par le juste-utile,le jetable par le recyclable et le réutilisable, le maximum par l’optimum, autant de remises en cause qui touchent à notre façon de vivre et de concevoir le monde. Et ceci d’autant plus rapidement que l’environnement est en danger.
30 janvier 2007
Pourquoi manque-t-il des emplois ?
Il faut, comme le disait Charles De gaulle, aborder les problèmes complexes avec des idées simples. Et si la France connaît un problème complexe, c’est bien celui du chômage. Voilà plus de trente ans que les différents gouvernements n’arrivent pas à résoudre ce problème majeur. Depuis plusieurs décennies, le taux de chômage oscille autour de 10%. Et toutes les mesures prises tant par la gauche que par la droite n’ont pas réussi à diminuer significativement ce chiffre, même en imaginant toutes les combines statistiques possibles. Où se créent les emplois ? Dans les entreprises (je laisse de côté les emplois de fonctionnaires qui ne créent pas de richesse nationale). Que constate-t-on en France ? Une entreprise quitte le pays chaque jour pour des raisons fiscales ou de succession. À quoi servent les impôts prélevés sur le citoyen et les entreprises ? À faire fonctionner les services publics dont il n’est pas douteux que l’efficacité est problématique pour la plupart d’entre eux. Donc, si on améliore fortement l’efficacité des services et de la dépense publics, on dégage une marge de manœuvre qui permet de réduire la fiscalité des entreprises. Si la France devient fiscalement attractive pour les entreprises, celles-ci vont venir de l’étranger pour s’implanter en France et créer des emplois. C’est exactement ce qui s’est passé en Irlande par exemple où se sont multipliées en quelques années les implantations d’entreprises étrangères. Pourquoi ne le faisons nous pas ? Aurait-on peur des syndicats et de leur comportement réactionnaire ? En résumé, si l’on veut créer des emplois par des incitations fiscales envers les entreprises, il est impératif de diminuer fortement la dépense publique et d’évaluer en permanence son efficience. Cela demande du courage, c’est le problème principal.
Quels sont les risques ? La guerre fiscale entre pays européens. Mais que vaut-il mieux ? Rester le pays où la fiscalité d’entreprise est la plus pénalisante et donc un frein à l’arrivée d’entreprises étrangères ou française ? Lorsqu’on mélange une certaine quantité de liquide à une température donnée avec une autre quantité de liquide à une température différente, on obtient finalement un mélange à température homogène et intermédiaire entre les températures d’origine. À quoi aboutira une éventuelle « guerre fiscale » ? À l’obtention d’un équilibre entre les pays européens, ce qui sera un mieux par rapport à la situation actuelle où la France reste pénalisée et se plaint de ses voisins sans rien faire. Bien entendu, cet équilibre ne peut s’obtenir si subsistent des obstacles à la libre circulation des entreprises, comme celle-ci est nécessaire au mélange des liquides. On peut rêver et imaginer que cette « guerre » poussera les Européens à s’entendre enfin sur le domaine fiscal. De plus, une remise à plat de la fiscalité permettrait de supprimer les quelques 2650 subventions différentes accordées à certaines entreprises.
Certes, en économie, les circularités sont la norme. C’est-à-dire que chaque variable dépend directement ou indirectement de toutes les autres. Ceci permet de construire le raisonnement qui convient le mieux à la doxa du moment. Par conséquent, le courage politique consiste à choisir un cycle et à mettre en œuvre les mesures et moyens pour que ce cycle s’enclenche… et savoir reconnaître que l’on s’est trompé si cet enclenchement ne se produit pas.
La situation est tellement grave qu’il faut un courage tel qu’il est douteux que l’on trouve l’homme ou la femme politique animé(e) d’une telle volonté désintéressée.
Quels sont les risques ? La guerre fiscale entre pays européens. Mais que vaut-il mieux ? Rester le pays où la fiscalité d’entreprise est la plus pénalisante et donc un frein à l’arrivée d’entreprises étrangères ou française ? Lorsqu’on mélange une certaine quantité de liquide à une température donnée avec une autre quantité de liquide à une température différente, on obtient finalement un mélange à température homogène et intermédiaire entre les températures d’origine. À quoi aboutira une éventuelle « guerre fiscale » ? À l’obtention d’un équilibre entre les pays européens, ce qui sera un mieux par rapport à la situation actuelle où la France reste pénalisée et se plaint de ses voisins sans rien faire. Bien entendu, cet équilibre ne peut s’obtenir si subsistent des obstacles à la libre circulation des entreprises, comme celle-ci est nécessaire au mélange des liquides. On peut rêver et imaginer que cette « guerre » poussera les Européens à s’entendre enfin sur le domaine fiscal. De plus, une remise à plat de la fiscalité permettrait de supprimer les quelques 2650 subventions différentes accordées à certaines entreprises.
Certes, en économie, les circularités sont la norme. C’est-à-dire que chaque variable dépend directement ou indirectement de toutes les autres. Ceci permet de construire le raisonnement qui convient le mieux à la doxa du moment. Par conséquent, le courage politique consiste à choisir un cycle et à mettre en œuvre les mesures et moyens pour que ce cycle s’enclenche… et savoir reconnaître que l’on s’est trompé si cet enclenchement ne se produit pas.
La situation est tellement grave qu’il faut un courage tel qu’il est douteux que l’on trouve l’homme ou la femme politique animé(e) d’une telle volonté désintéressée.
22 janvier 2007
Les vautours
Henri Grouès est mort ce matin. À peine l’abbé Pierre s’est-il éteint que, tel un chien sur un gros os, les médias se sont emparés avec voracité de l’événement. Événement qui n’a, en soi, rien de surprenant : l’abbé Pierre avait plus de quatre vingt quatorze ans et était malade. Comme on pouvait l’entendre sur les ondes, « son état s’est brusquement aggravé cinq minutes avant sa mort »(sic). Immédiatement se sont élevées des voix, restées par ailleurs bien silencieuses sur le problème de la misère grandissante en France. C’est ainsi que nous avons été aspergé de l’onctuosité larmoyante d’un Albert Jacquard, toujours prompt à venir prêcher sur les ondes, ou des considérations attristées d’un Bernard Kouchner, tenté par l’aventure présidentielle. Mais ils ne furent pas les seuls. Les politiques, les « associatifs », les humoristes bon teint, les « sondagistes », les économistes, les sociologues, les journalistes ont déversé sur les ondes un flot d’émotion hypocrite et convenue. L’abbé Pierre aurait sûrement préféré qu’on parle de lui et de son action avec autant d’intérêt et d’émotion de son vivant, tout au long d’un combat où il fut bien solitaire. Les politiques de tous bords se sont bousculés toute la journée pour venir témoigner de leur sollicitude attristée, poussés par la nécessité impérieuse de soigner leur image médiatique. Que ne les a-t-on entendu plus souvent pendant les cinquante ans de combat solitaire de l’abbé Pierre.
21 janvier 2007
Que le monde est beau !
La Terre existe depuis 4 milliards d’années environ. L’homme est apparu il y a à peine 10 millions d’années. Si on ramène les 4 milliards d ‘années d’existence de la Terre sur une durée de 24 heures, l’homme n’est présent que depuis 3 minutes et 30 secondes ! Il n’est donc pas très étonnant qu’il soit resté à l’état sauvage ! Et les preuves en sont nombreuses :
- La Corée du Nord est soumise à une dictature glaciale qui a transformé toute la population en zombies ;
- La Chine est encore sous la férule d’une dictature qui supprime la liberté d’expression, qui fait fonctionner des camps de « rééducation » et qui détruit sans état d’âme la civilisation tibétaine ;
- La Somalie voit sévir la loi des milices islamiques et des chefs de guerre avec tout ce que l’islam a de pire ;
- En Palestine, le Hamas tire sur des enfants qui vont à l’école sous des prétextes politiques et de différences religieuses ;
- En Irlande du Nord, la guerre de religion perdure depuis des siècles avec son cortège d’assassinats et d’horreurs ;
- En Russie, les assassinats politiques existent encore, la corruption et les pratiques mafieuses sont reines, les organes gouvernementaux sont corrompus, il faut payer clandestinement un juge pour pouvoir adopter un enfant abandonné, les exactions de l’armée en Tchétchénie restent impunies, voire encouragées, l’environnement est dévasté ;
- En Arabie Saoudite, la femme a les mêmes droits que les chiens ;
- Dans les pays africains sub-sahariens, la corruption et le détournement de fonds d’Etat sont la loi générale, laissant les populations dans un état de dénuement complet ;
- La Birmanie pratique l’esclavage sous le nom de travail forcé et emprisonne un prix Nobel de la paix ;
- L’Iraq a inventé la guerre civilo-religieuse qui tue cinquante civils par jour ;
- La Colombie tolère sur son sol des factions rebelles qui pratiquent la prise d’otages de masse et qui retiennent des civils innocents durant des années ;
- La Syrie détruit le Liban et assassine ses hommes de bonne volonté pour la seule raison qu’ils désirent un pays libre ;
- Le chef du gouvernement rwandais est sous l’inculpation de responsabilité de génocide du peuple de son propre pays ; le Soudan organise un génocide au Darfour ;
- Au Chili, un dictateur sanguinaire meurt tranquillement dans son lit avec la complicité des juges ;
- Les pays d’Europe de l’Est sont gangrenés par des réseaux mafieux pratiquant la traite des femmes et des enfants ;
- Les gouvernements des pays du Maghreb sont des dictatures camouflées sous des apparences de démocratie, avec suppression de la liberté de la presse et d’expression ;
- Le peuple iranien est aux mains d’un pouvoir psychopathe qui finance le terrorisme dans le monde ;
- Le Turkménistan, soumis à une dictature médiévale démentielle où le culte de la personnalité mis en place avait atteint, avant la mort du tyran, une dimension telle que Staline apparaît comme un petit garçon.
On croirait être embarqué sur la Nef des fous.
- La Corée du Nord est soumise à une dictature glaciale qui a transformé toute la population en zombies ;
- La Chine est encore sous la férule d’une dictature qui supprime la liberté d’expression, qui fait fonctionner des camps de « rééducation » et qui détruit sans état d’âme la civilisation tibétaine ;
- La Somalie voit sévir la loi des milices islamiques et des chefs de guerre avec tout ce que l’islam a de pire ;
- En Palestine, le Hamas tire sur des enfants qui vont à l’école sous des prétextes politiques et de différences religieuses ;
- En Irlande du Nord, la guerre de religion perdure depuis des siècles avec son cortège d’assassinats et d’horreurs ;
- En Russie, les assassinats politiques existent encore, la corruption et les pratiques mafieuses sont reines, les organes gouvernementaux sont corrompus, il faut payer clandestinement un juge pour pouvoir adopter un enfant abandonné, les exactions de l’armée en Tchétchénie restent impunies, voire encouragées, l’environnement est dévasté ;
- En Arabie Saoudite, la femme a les mêmes droits que les chiens ;
- Dans les pays africains sub-sahariens, la corruption et le détournement de fonds d’Etat sont la loi générale, laissant les populations dans un état de dénuement complet ;
- La Birmanie pratique l’esclavage sous le nom de travail forcé et emprisonne un prix Nobel de la paix ;
- L’Iraq a inventé la guerre civilo-religieuse qui tue cinquante civils par jour ;
- La Colombie tolère sur son sol des factions rebelles qui pratiquent la prise d’otages de masse et qui retiennent des civils innocents durant des années ;
- La Syrie détruit le Liban et assassine ses hommes de bonne volonté pour la seule raison qu’ils désirent un pays libre ;
- Le chef du gouvernement rwandais est sous l’inculpation de responsabilité de génocide du peuple de son propre pays ; le Soudan organise un génocide au Darfour ;
- Au Chili, un dictateur sanguinaire meurt tranquillement dans son lit avec la complicité des juges ;
- Les pays d’Europe de l’Est sont gangrenés par des réseaux mafieux pratiquant la traite des femmes et des enfants ;
- Les gouvernements des pays du Maghreb sont des dictatures camouflées sous des apparences de démocratie, avec suppression de la liberté de la presse et d’expression ;
- Le peuple iranien est aux mains d’un pouvoir psychopathe qui finance le terrorisme dans le monde ;
- Le Turkménistan, soumis à une dictature médiévale démentielle où le culte de la personnalité mis en place avait atteint, avant la mort du tyran, une dimension telle que Staline apparaît comme un petit garçon.
On croirait être embarqué sur la Nef des fous.
15 janvier 2007
Que les choses soient claires !
Le même jour, j’ai discuté (sans être entendu) de la différence entre « barbarisme » et « néologisme » et j’ai entendu Nicolas Sarkozy, candidat à la Présidence de la République Française, dire que la France et l’Europe sont « indiciblement » liées en lieu et place d’ « indissociablement » !
Il n’est pas un jour où l’on n’entende une faute de français, qu’elle soit de vocabulaire, de grammaire ou de syntaxe, sur les ondes radiophoniques ou à la télévision. Comment s’étonner du « sabir » utilisé par une partie de la jeunesse lorsque leurs aînés ne savent plus parler correctement leur langue. Pourquoi s’insurger de l’intrusion envahissante de l’anglais dans la langue française si ceux qui ont la responsabilité de s’adresser au peuple français, ne savent plus parler correctement notre langue ?
Qu’est-ce qu’un barbarisme ? C’est un mot qui n’existe pas dans la langue et utilisé à la place d’un autre (par exemple « bravitude » au lieu de « bravoure »). C’est le cas de « transférement »(au lieu de transfert), de « l’isolation des USA »(au lieu de l’isolement), de « bandement » (au lieu de bandage), de « dictatorisme » (au lieu de dictature), tous barbarismes entendus à la radio. Qu’est-ce qu’un néologisme ? C’est un mot nouveau créé parce qu’il n’y a pas de correspondant dans la langue (par exemple ce fut le cas du mot « télématique », créé dans les années 1980 lors de l’expansion des moyens de communication informatiques).
Je maintiens donc que Madame Royale a créé un barbarisme en utilisant le mot de bravitude, ce qui n’est pas digne d’un candidat à la Présidence de la République, et que l’utilisation de l’adverbe « indiciblement » en lieu et place « d’indissociablement » par Nicolas Sarkozy, ce qui est soit une catachrèse soit une métonymie, n’est pas excusable non plus. Il est profondément choquant que des candidats à la plus haute fonction de la magistrature fassent des fautes de français de ce type. Jamais cela n’est arrivé au Général De Gaulle !
En résumé, un barbarisme est une erreur, un néologisme est une création, une métonymie est un transfert, une catachrèse est une extension de sens abusive. L’antonomase est la substitution entre un nom propre et un nom commun.
Il n’est pas un jour où l’on n’entende une faute de français, qu’elle soit de vocabulaire, de grammaire ou de syntaxe, sur les ondes radiophoniques ou à la télévision. Comment s’étonner du « sabir » utilisé par une partie de la jeunesse lorsque leurs aînés ne savent plus parler correctement leur langue. Pourquoi s’insurger de l’intrusion envahissante de l’anglais dans la langue française si ceux qui ont la responsabilité de s’adresser au peuple français, ne savent plus parler correctement notre langue ?
Qu’est-ce qu’un barbarisme ? C’est un mot qui n’existe pas dans la langue et utilisé à la place d’un autre (par exemple « bravitude » au lieu de « bravoure »). C’est le cas de « transférement »(au lieu de transfert), de « l’isolation des USA »(au lieu de l’isolement), de « bandement » (au lieu de bandage), de « dictatorisme » (au lieu de dictature), tous barbarismes entendus à la radio. Qu’est-ce qu’un néologisme ? C’est un mot nouveau créé parce qu’il n’y a pas de correspondant dans la langue (par exemple ce fut le cas du mot « télématique », créé dans les années 1980 lors de l’expansion des moyens de communication informatiques).
Je maintiens donc que Madame Royale a créé un barbarisme en utilisant le mot de bravitude, ce qui n’est pas digne d’un candidat à la Présidence de la République, et que l’utilisation de l’adverbe « indiciblement » en lieu et place « d’indissociablement » par Nicolas Sarkozy, ce qui est soit une catachrèse soit une métonymie, n’est pas excusable non plus. Il est profondément choquant que des candidats à la plus haute fonction de la magistrature fassent des fautes de français de ce type. Jamais cela n’est arrivé au Général De Gaulle !
En résumé, un barbarisme est une erreur, un néologisme est une création, une métonymie est un transfert, une catachrèse est une extension de sens abusive. L’antonomase est la substitution entre un nom propre et un nom commun.
14 janvier 2007
On va perdre le Nord
Pas un journal télévisé ou radiophonique qui ne parle du réchauffement climatique. L’élévation anormale de la température est devenue l’incontournable problématique de tout discours politique et écologique. Et l’on nous explique que les conséquences de ce réchauffement sont importantes puisqu’elles impactent les soldes d’hiver ! La télévision nous montre à l’envi des arbres qui fleurissent en plein mois de Janvier. De temps à autre, une voix s’élève pour expliquer les désastres potentiels de la montée du niveau des océans, en se projetant au milieu du vingt et unième siècle. Et tout le monde se soudain sent rassuré par les quelques dizaines d’années qui nous séparent encore d’une remise en cause profonde de notre manière de vivre. On ne dit plus « Après moi, le déluge », mais « Après moi, la canicule ».
Or, les conséquences dramatiques sont déjà sous nos yeux sans que personne n’en parle parce qu’elles mettent en cause des intérêts économiques considérables. La fonte de la banquise du Pôle Nord ne met pas seulement en danger la vie des ours blancs. Elle ouvre un nouveau passage maritime entre les océans Atlantique et Pacifique, le « passage du Nord-Ouest ». Par rapport aux routes maritimes passant par Panama, Suez ou Le Cap, ce passage, qui emprunte la route de « Resolute Bay », permet de raccourcir de 20 à 40% la longueur du trajet entre les ports atlantiques et pacifiques américains ou entre Anvers et Shanghai, c’est-à-dire entre l’Europe et la Chine. Lorsque l’on est attentif aux yeux de Chimène de celle-là pour celle-ci, on comprend la nature des intérêts en jeu. N’oublions pas que 80% du transport mondial des pondéreux se font par voie maritime, que le parc de containers a doublé en vingt ans. La première conséquence de cette modification géographico-climatique est la guerre juridique que se livrent déjà le Canada et les Etats-Unis pour la souveraineté de ce futur passage. Bien entendu, le Canada prétend que les eaux qui entourent l’ensemble des îles du Grand Nord sont canadiennes en vertu des Droits de la Mer de 1983, les Etats-Unis, suivis en cela par l’Europe, soutenant qu’il s’agit d’un détroit international relevant des règles juridiques correspondantes. La bataille fait rage, car les enjeux sont énormes. Tout d’abord, il faut organiser le fonctionnement du futur détroit et assurer sa régulation et sa sécurité. Le bénéficiaire des versements des droits de passage rêve devant une perspective extrêmement lucrative … à tel point que l’Egypte s’inquiète de l’avenir du Canal de Suez et de son économie ! Et Panama est sur le point de s’engager dans un chantier pharaonique consistant à élargir la totalité du canal afin de permettre le passage des futurs supertankers. Bien entendu, le développement considérable à prévoir de la circulation maritime dans le Passage du Nord-Ouest, en dehors des considérations purement économiques, aura pour conséquence quasi certaine des pollutions catastrophiques de cet environnement, protégé tant bien que mal jusqu’à aujourd’hui, avec leurs impacts considérables sur la faune halieutique. Sensibilisé par la gigantesque marée noire de l’Exxon Valdes, le Canada tente de résister aux pressions américaines en tentant de faire reconnaître sa législation, mais pour combien de temps ? D’autant plus que viendront s’ajouter les risques attachés à la recherche pétrolière et minière dans une région très prometteuse en la matière, en un moment où la raréfaction du pétrole est à l’ordre du jour. Les Inuits sont en danger de disparition. Cette région, relativement protégée des effets négatifs de la mondialisation, va soudain être confrontée à des problèmes inconnus pour elle jusqu’à ce jour, tel le terrorisme par exemple. Les USA, beaucoup plus sensibles au terrorisme qu’à l’environnement, reproche à juste titre au Canada de n’avoir pas les moyens suffisants de protection et lui dénie donc la possibilité d’une souveraineté exclusive sur ce passage. Extension du terrorisme, pollutions catastrophiques, disparition de populations, les premiers effets du réchauffement climatique ne sont pas ceux que l’on croit. Nous sommes en train de perdre le Nord … mais ne le savions-nous pas déjà ?
Or, les conséquences dramatiques sont déjà sous nos yeux sans que personne n’en parle parce qu’elles mettent en cause des intérêts économiques considérables. La fonte de la banquise du Pôle Nord ne met pas seulement en danger la vie des ours blancs. Elle ouvre un nouveau passage maritime entre les océans Atlantique et Pacifique, le « passage du Nord-Ouest ». Par rapport aux routes maritimes passant par Panama, Suez ou Le Cap, ce passage, qui emprunte la route de « Resolute Bay », permet de raccourcir de 20 à 40% la longueur du trajet entre les ports atlantiques et pacifiques américains ou entre Anvers et Shanghai, c’est-à-dire entre l’Europe et la Chine. Lorsque l’on est attentif aux yeux de Chimène de celle-là pour celle-ci, on comprend la nature des intérêts en jeu. N’oublions pas que 80% du transport mondial des pondéreux se font par voie maritime, que le parc de containers a doublé en vingt ans. La première conséquence de cette modification géographico-climatique est la guerre juridique que se livrent déjà le Canada et les Etats-Unis pour la souveraineté de ce futur passage. Bien entendu, le Canada prétend que les eaux qui entourent l’ensemble des îles du Grand Nord sont canadiennes en vertu des Droits de la Mer de 1983, les Etats-Unis, suivis en cela par l’Europe, soutenant qu’il s’agit d’un détroit international relevant des règles juridiques correspondantes. La bataille fait rage, car les enjeux sont énormes. Tout d’abord, il faut organiser le fonctionnement du futur détroit et assurer sa régulation et sa sécurité. Le bénéficiaire des versements des droits de passage rêve devant une perspective extrêmement lucrative … à tel point que l’Egypte s’inquiète de l’avenir du Canal de Suez et de son économie ! Et Panama est sur le point de s’engager dans un chantier pharaonique consistant à élargir la totalité du canal afin de permettre le passage des futurs supertankers. Bien entendu, le développement considérable à prévoir de la circulation maritime dans le Passage du Nord-Ouest, en dehors des considérations purement économiques, aura pour conséquence quasi certaine des pollutions catastrophiques de cet environnement, protégé tant bien que mal jusqu’à aujourd’hui, avec leurs impacts considérables sur la faune halieutique. Sensibilisé par la gigantesque marée noire de l’Exxon Valdes, le Canada tente de résister aux pressions américaines en tentant de faire reconnaître sa législation, mais pour combien de temps ? D’autant plus que viendront s’ajouter les risques attachés à la recherche pétrolière et minière dans une région très prometteuse en la matière, en un moment où la raréfaction du pétrole est à l’ordre du jour. Les Inuits sont en danger de disparition. Cette région, relativement protégée des effets négatifs de la mondialisation, va soudain être confrontée à des problèmes inconnus pour elle jusqu’à ce jour, tel le terrorisme par exemple. Les USA, beaucoup plus sensibles au terrorisme qu’à l’environnement, reproche à juste titre au Canada de n’avoir pas les moyens suffisants de protection et lui dénie donc la possibilité d’une souveraineté exclusive sur ce passage. Extension du terrorisme, pollutions catastrophiques, disparition de populations, les premiers effets du réchauffement climatique ne sont pas ceux que l’on croit. Nous sommes en train de perdre le Nord … mais ne le savions-nous pas déjà ?
09 janvier 2007
L’uniforme à l’école
Quelques députés, de droite en général, ont avancé l’idée de rendre obligatoire l’uniforme à l’école. Ce n’est pas une idée neuve. Je me souviens des classes de ma jeunesse où nous portions tous, non pas un uniforme, mais une blouse identique pour tous. Plus tard, lorsque je me suis retrouvé au sein d’une grande école, encore une fois nous avions tous la même blouse, blanche en début d’année, bariolée de graffitis en fin d’année. L’idée n’est pas neuve, donc. Mais les motivations ne sont pas les mêmes. La blouse de ma jeunesse était celle de Jules Ferry qui voulait effacer, dans un souci d’égalité laïque, les différences sociales. Elle permettait de mettre, pendant le temps de l’école, sur un pied d’égalité l’enfant d’ouvrier et l’enfant de notable. Puis, le souffle libertaire de Mai 68 a supprimé cette obligation au nom d’une libération individuelle. Aujourd’hui, il s’agit de toute autre chose. Il s’agit d’empêcher, nous dit-on, l’indécence vestimentaire et l’affichage de croyances religieuses. Là où l’on voulait empêcher la discrimination de la pauvreté, on substitue une démarche sécuritaire. Cela montre l’ampleur des dérives de la société.
02 janvier 2007
La morale et les tyrans
Décidément, le monde ne sait pas se débarrasser des dictateurs avec dignité ou justice ! L’exécution de Saddam Hussein en est le dernier exemple. Comment ne pas être révulsé par une condamnation téléguidée par l’administration Bush, par un simulacre de procès entaché de multiples irrégularités, de consternants assassinats de soi-disants avocats ! Comment ne pas s’insurger contre un procès tronqué qui évite d’aborder les crimes les plus sanglants du dictateur, la raison cachée en étant la crainte de mise en causes des puissances occidentales qui ont prêté armes et bagages au tyran pour qu’il soit en mesure de perpétrer le gazage de 3000 Kurdes (qui a fourni les armes, qui a fourni les gaz ?) ! Comment ne pas être révulsé par l’attitude des bourreaux, tellement ignoble que, par contraste, c’est le tyran qui paraît digne !! Cette exécution rappelle avec force celle de Ceausescu, autre simulacre de procès et autre exemple d’exécution sommaire. Hitler n’a pas été jugé puisqu’on lui a laissé la possibilité de se suicider et Pinochet est mort tranquillement dans son lit, comme le dictateur démiurge du Turkménistan. Franco a reçu des obsèques nationales, tout comme Staline. La justice ne sait pas traiter des grands prédateurs. C’est vrai qu’elle est très efficace pour condamner les simples et les petits. L’équité veut que l’on constate également le silence étourdissant des responsables politiques de tous bords devant de telles exactions. Cela n’a rien de véritablement étonnant lorsqu’on voit comment ces mêmes responsables ménagent des personnages pour le moins douteux comme le Président iranien, le « guide » suprême libyen, ou le dictateur de la Corée du Nord. Personne ne regrette la mort des tyrans et tout le monde applaudit à leur disparition. Mais ceci ne peut justifier cela. La morale n’est décidément pas une vertu politique.
30 décembre 2006
Il est mort, le salaud !
Ce matin, à l’aube, en catimini, Saddam Hussein a été exécuté par pendaison. Personne ne regrettera la disparition de ce dictateur sanguinaire, mais une exécution reste un acte contre nature. Presque au même moment, Pinochet est mort tranquillement dans son lit. Ces deux faits sont aussi critiquables l’un que l’autre. Un pays en proie à une guerre de religion qui ne dit pas son nom, après un jugement rendu par un tribunal à la légitimité douteuse et au fonctionnement suspect, assassine un homme à qui l’on reproche d’avoir assassiner ses concitoyens. Pendant ce temps, un pays gouverné par des socialistes laisse mourir sans procès et dans son lit un homme ayant fait assassiné trois mille personnes pour asseoir son pouvoir, comme si le pouvoir actuel était en proie à la crainte irraisonnée de la réaction d’une poignée d’inconditionnels du dictateur. Ou bien est-ce la crainte qu’un procès en bonne et due forme ne mette à jour des complicités gênantes ? Dans un cas comme dans l’autre, la véritable justice n’y trouve pas son compte. Décidemment, la justice n’est pas de ce monde
23 décembre 2006
Justice et business
Les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien viennent de voir leur condamnation à mort confirmée par la justice libyenne… si l’on peut utiliser cet horrible oxymore. Au mépris des démonstrations absolument objectives d’experts incontestables dépêchés par l’Europe qui prouvent que le SIDA existe en Libye comme partout dans le monde et que les enfants libyens étaient contaminés à l’hôpital bien avant l’arrivée des accusés, la « justice libyenne » a voulu démontrer que le SIDA, maladie honteuse et donc occidentale, ne pouvait avoir été introduite en Libye que par l’étranger, c’est-à-dire les USA et Israël. L’Islam ne peut être sali par la maladie de la fornication ! Les journaux libyens ont largement répandu cette fable dans le public… et lorsque l’on connaît l’indépendance des médias avec le pouvoir en Libye, on voit immédiatement une justice et une presse aux ordres d’un Kadhafi, mégalomane fou furieux qui cherche, dans cette affaire, à monnayer la revalorisation de son image sur la scène internationale en utilisant le chantage le plus odieux que l’on puisse imaginer.
En fin de compte, la question est la suivante : combien de millions d’Euros l’Europe va-t-elle devoir payer en catimini pour que Kadhafi, du haut de sa ridicule grandiloquence, fasse usage de son droit de grâce ? Il est connu que l’argent n’a pas d’odeur, mais en Libye l’argent pue vraiment d’une manière insoutenable ! Et le discours emprunté des politiques est absolument écœurant.
En fin de compte, la question est la suivante : combien de millions d’Euros l’Europe va-t-elle devoir payer en catimini pour que Kadhafi, du haut de sa ridicule grandiloquence, fasse usage de son droit de grâce ? Il est connu que l’argent n’a pas d’odeur, mais en Libye l’argent pue vraiment d’une manière insoutenable ! Et le discours emprunté des politiques est absolument écœurant.
19 décembre 2006
Cet homme est dangereux
Les hommes et femmes politiques de gauche ne cessent de dire que Nicolas Sarkozy est un homme dangereux sans jamais expliciter la raison de ce jugement. Son bilan jugé négatif, voire catastrophique, est apparemment la seule raison objective avancée pour justifier ce qualificatif. Il n’est pas aisé d’identifier le lien entre ces deux faits. Ce n’est pas parce que les résultats obtenus par le ministre de l’intérieur en matière de sécurité publique sont insuffisants qu’il est licite de le qualifier de dangereux. Peut-être les opposants s’appuient-ils sur la politique menée en matière d’immigration pour justifier leur appréciation ? On peut être en désaccord avec cette politique, mais il serait plus juste de dire que celle-ci est immorale ou inhumaine que de la qualifier de dangereuse. S’appuie-t-on alors sur ses choix en matière de sécurité routière ? ou sur les essais entrepris pour assimiler et pacifier l’islam français ? La vraie raison ne serait-elle pas que l’on cherche à amalgamer dans un même opprobre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen ? Le ministre de l’intérieur étant vu comme le candidat le plus sérieux pour l’opposition, c’est en cela qu’il est jugé dangereux. Faute de pouvoir proposer une critique constructive et alternative claire en matière de sécurité et d’immigration, il est plus simple d’agiter, comme le fait d’ailleurs l’extrême droite, le drapeau de la peur. Donc, cet homme doit être dangereux !
Homme politique jusqu’aux bouts des ongles, peut-on cependant estimer qu’il possède les qualités d’un Président de la République ? L’apparence est-elle un critère important ? Je crois que oui et voilà bien ce qui me gêne dans le personnage : peut-on admettre que le Président de la République Française parle un français approximatif ? Sans dire qu’il parle l’argot, sa grammaire est souvent approchée, voire glissante. Je me souviens de la maîtrise de la langue française de François Mitterrand ou de Charles de Gaulle et la comparaison est assassine. Une maîtrise insuffisante de la langue est un manque de culture flagrant. Je me demande si ce n’est pas incompatible avec le statut de Président de la République.
En contrepartie, lorsque l’opposition crie au scandale devant le cumul de la situation de candidat et de ministre, elle oublie un peu vite que Lionel Jospin était Premier Ministre lors de sa candidature malheureuse de 2001. Pourquoi ce qui était parfaitement admis en 2001 devient-il insupportable en 2006 ?
Homme politique jusqu’aux bouts des ongles, peut-on cependant estimer qu’il possède les qualités d’un Président de la République ? L’apparence est-elle un critère important ? Je crois que oui et voilà bien ce qui me gêne dans le personnage : peut-on admettre que le Président de la République Française parle un français approximatif ? Sans dire qu’il parle l’argot, sa grammaire est souvent approchée, voire glissante. Je me souviens de la maîtrise de la langue française de François Mitterrand ou de Charles de Gaulle et la comparaison est assassine. Une maîtrise insuffisante de la langue est un manque de culture flagrant. Je me demande si ce n’est pas incompatible avec le statut de Président de la République.
En contrepartie, lorsque l’opposition crie au scandale devant le cumul de la situation de candidat et de ministre, elle oublie un peu vite que Lionel Jospin était Premier Ministre lors de sa candidature malheureuse de 2001. Pourquoi ce qui était parfaitement admis en 2001 devient-il insupportable en 2006 ?
13 décembre 2006
Paroles d’évangile
En 1988, Pierre Bourdieu écrivait ce petit texte qui, du fait des circonstances, retrouve toute son actualité, si tant est qu’il l’ait jamais perdu !
Le monde politique est le lieu de deux tendances de sens inverse : d'une part, il se ferme de plus en plus complètement sur soi, sur ses enjeux ; d'autre part il est de plus en plus directement accessible au regard du commun des citoyens, la télévision jouant un rôle déterminant dans les deux cas. Il en résulte que la distance ne cesse de croître entre les professionnels et les profanes ainsi que la conscience de la logique propre du jeu politique.
Il n'est plus besoin aujourd'hui d'être un expert en sociologie politique pour savoir que le nombre des déclarations et des actions des hommes politiques, non seulement les "petites phrases" sur les "grands desseins" ou les "grands débats" sur les petites divergences entre les leaders ou les "courants", mais aussi les plus graves décisions politiques, peuvent trouver leur principe dans les intérêts nés de la concurrence pour telle ou telle position rare, celle de secrétaire général, de premier ministre ou de président de la République et ainsi à tous les niveaux de l'espace politique. La discordance entre les attentes de sincérité ou les exigences de désintéressement inscrites dans la délégation démocratique et la réalité des microscopiques manœuvres contribue à renforcer un indifférentisme actif …. Mais elle peut aussi inspirer un sentiment de scandale qui transforme l'apolitisme ordinaire en hostilité envers la politique et ceux qui en vivent.
C'est ainsi que les volte-face répétées de dirigeants plus évidemment inspirés par le souci de leur propre perpétuation que par les intérêts de ceux qu'ils font profession de défendre ne sont pas pour rien dans le fait que le Front National recrute souvent aujourd'hui dans les anciens bastions du parti communiste ….
J’ajouterai que ces microscopiques manœuvres sont le signe évident de la dévalorisation de la politique aux yeux des hommes politiques eux-mêmes. Il n’est que de constater, avec effarement, la multiplicité des candidatures potentielles à la présidence de la République (40 à la date d’aujourd’hui) suscitée par le seul besoin de faire parler de soi et d’essayer de récolter le pactole promis à ceux qui atteindraient une audience minimale. A la notion d’une « certaine idée de la France » s’est substituée une « idée certaine des intérêts personnels ».
Le monde politique est le lieu de deux tendances de sens inverse : d'une part, il se ferme de plus en plus complètement sur soi, sur ses enjeux ; d'autre part il est de plus en plus directement accessible au regard du commun des citoyens, la télévision jouant un rôle déterminant dans les deux cas. Il en résulte que la distance ne cesse de croître entre les professionnels et les profanes ainsi que la conscience de la logique propre du jeu politique.
Il n'est plus besoin aujourd'hui d'être un expert en sociologie politique pour savoir que le nombre des déclarations et des actions des hommes politiques, non seulement les "petites phrases" sur les "grands desseins" ou les "grands débats" sur les petites divergences entre les leaders ou les "courants", mais aussi les plus graves décisions politiques, peuvent trouver leur principe dans les intérêts nés de la concurrence pour telle ou telle position rare, celle de secrétaire général, de premier ministre ou de président de la République et ainsi à tous les niveaux de l'espace politique. La discordance entre les attentes de sincérité ou les exigences de désintéressement inscrites dans la délégation démocratique et la réalité des microscopiques manœuvres contribue à renforcer un indifférentisme actif …. Mais elle peut aussi inspirer un sentiment de scandale qui transforme l'apolitisme ordinaire en hostilité envers la politique et ceux qui en vivent.
C'est ainsi que les volte-face répétées de dirigeants plus évidemment inspirés par le souci de leur propre perpétuation que par les intérêts de ceux qu'ils font profession de défendre ne sont pas pour rien dans le fait que le Front National recrute souvent aujourd'hui dans les anciens bastions du parti communiste ….
J’ajouterai que ces microscopiques manœuvres sont le signe évident de la dévalorisation de la politique aux yeux des hommes politiques eux-mêmes. Il n’est que de constater, avec effarement, la multiplicité des candidatures potentielles à la présidence de la République (40 à la date d’aujourd’hui) suscitée par le seul besoin de faire parler de soi et d’essayer de récolter le pactole promis à ceux qui atteindraient une audience minimale. A la notion d’une « certaine idée de la France » s’est substituée une « idée certaine des intérêts personnels ».
03 décembre 2006
La démocratie participative
Il n’y a que les pécheurs pour contester la disparition de la ressource halieutique ; il n’y a que les industriels pour contester l’impact de l’industrie sur les changements climatiques ; il n’y a que les enseignants et leurs syndicats pour croire que l’Education Nationale est performante ; il n’y a que les fonctionnaires pour refuser l’évolution de carrière au mérite et refuser la critique des 35 heures ; il n’y a que les partis politiques minoritaires pour réclamer le retour aux pratiques de la IVème République ; il n’y a que les grandes fortunes pour contester l’ISF ;
Il n’y a que les salariés des entreprises publiques pour refuser l’économie de marché ; etc … etc … Bref, chacun ne sait et ne veut voir que « midi à sa porte ». C’est-à-dire que personne n’est capable de remettre en question ses intérêts particuliers au bénéfice de l’intérêt général.
Il est alors inquiétant de voir la candidate aux élections présidentielles du Parti Socialiste construire son programme en notant soigneusement sur son petit cahier à spirale les desiderata de ses concitoyens ! Ce petit cahier va bientôt contenir tout et son contraire, dans tous les cas un fatras de réclamations corporatistes. Quel danger pour le pays que d’en faire un programme présidentiel ! Qui pourrait imaginer le Général de Gaulle notant sur son calepin les demandes corporatistes de ses concitoyens pour décider du sort de la France ? Il ne s’agit pas là d’une démocratie participative mais bien de populisme dans ce qu’il a de plus dangereux. La démocratie participative fonctionne grâce aux instances représentatives. Si celle-là ne fonctionne pas, cela vient du fait que celles-ci ne sont pas représentatives et sont donc incapables de prendre en compte l’intérêt général. Généralement, la démagogie populiste s’exprime de manière détournée, presque clandestine. Nous assistons aujourd’hui à l’ascension au statut de mode de gouvernement de ce type de populisme ! C’est sans détour que la candidate nous explique et nous montre que son projet présidentiel se construit en amalgamant les doléances populaires. La démocratie participative consiste à impliquer les citoyens dans un programme, le populisme consiste à construire un programme à partir des revendications contradictoires des citoyens. Dans la démocratie participative, la démocratie est première. Dans le populisme, la démagogie est souveraine.
Il n’y a que les salariés des entreprises publiques pour refuser l’économie de marché ; etc … etc … Bref, chacun ne sait et ne veut voir que « midi à sa porte ». C’est-à-dire que personne n’est capable de remettre en question ses intérêts particuliers au bénéfice de l’intérêt général.
Il est alors inquiétant de voir la candidate aux élections présidentielles du Parti Socialiste construire son programme en notant soigneusement sur son petit cahier à spirale les desiderata de ses concitoyens ! Ce petit cahier va bientôt contenir tout et son contraire, dans tous les cas un fatras de réclamations corporatistes. Quel danger pour le pays que d’en faire un programme présidentiel ! Qui pourrait imaginer le Général de Gaulle notant sur son calepin les demandes corporatistes de ses concitoyens pour décider du sort de la France ? Il ne s’agit pas là d’une démocratie participative mais bien de populisme dans ce qu’il a de plus dangereux. La démocratie participative fonctionne grâce aux instances représentatives. Si celle-là ne fonctionne pas, cela vient du fait que celles-ci ne sont pas représentatives et sont donc incapables de prendre en compte l’intérêt général. Généralement, la démagogie populiste s’exprime de manière détournée, presque clandestine. Nous assistons aujourd’hui à l’ascension au statut de mode de gouvernement de ce type de populisme ! C’est sans détour que la candidate nous explique et nous montre que son projet présidentiel se construit en amalgamant les doléances populaires. La démocratie participative consiste à impliquer les citoyens dans un programme, le populisme consiste à construire un programme à partir des revendications contradictoires des citoyens. Dans la démocratie participative, la démocratie est première. Dans le populisme, la démagogie est souveraine.
26 novembre 2006
Le vocabulaire de la langue de bois politique
Ecouter les hommes politiques de toutes tendances est intéressant. Le discours est stéréotypé et encombré de formules toutes faites que l’on retrouve dans tous les camps politiques. Je n’en donne ici que quelques exemples que vous allez facilement reconnaître :
• L’Europe est ultra-libérale • Le gâchis est immense
• Le gouvernement est sourd • Le ton est polémique
• Le gouvernement est totalement mobilisé • Le déficit est abyssal
• L’affaire est ténébreuse • Les Français pensent que …
• La mobilisation est générale • Le parti est en ordre de marche
• La droite est aux ordres de Bush • La gauche est irresponsable
• Le candidat est celui du rassemblement • Les promesses sont démagogiques
• Le budget est réactionnaire • Le budget est irréaliste
• Les dépenses sont plafonnées • Le président est fatigué
• La politique gouvernementale est désastreuse
• La concertation est large • Les patrons sont voyous
• La grève pour la qualité du service public • Le Parlement est méprisé
• L’Education Nationale manque de moyens • La bavure est policière
• L’immigration est massive • Les classes sont surchargées
• La banlieue est ghettoisée • Les quartiers sont sensibles
• La brutalité est policière • La nécessité est urgente
• La volonté est farouche • Les axes sociaux sont prioritaires
• Les projets sont porteurs d’espoir • Les méthodes sont inqualifiables
• Les couches sont populaires • les manœuvres sont basses
• Le complot est politique
Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive !
• L’Europe est ultra-libérale • Le gâchis est immense
• Le gouvernement est sourd • Le ton est polémique
• Le gouvernement est totalement mobilisé • Le déficit est abyssal
• L’affaire est ténébreuse • Les Français pensent que …
• La mobilisation est générale • Le parti est en ordre de marche
• La droite est aux ordres de Bush • La gauche est irresponsable
• Le candidat est celui du rassemblement • Les promesses sont démagogiques
• Le budget est réactionnaire • Le budget est irréaliste
• Les dépenses sont plafonnées • Le président est fatigué
• La politique gouvernementale est désastreuse
• La concertation est large • Les patrons sont voyous
• La grève pour la qualité du service public • Le Parlement est méprisé
• L’Education Nationale manque de moyens • La bavure est policière
• L’immigration est massive • Les classes sont surchargées
• La banlieue est ghettoisée • Les quartiers sont sensibles
• La brutalité est policière • La nécessité est urgente
• La volonté est farouche • Les axes sociaux sont prioritaires
• Les projets sont porteurs d’espoir • Les méthodes sont inqualifiables
• Les couches sont populaires • les manœuvres sont basses
• Le complot est politique
Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive !
25 novembre 2006
Un sport de voyous pour des voyous
Pourquoi tourner autour du pot ? Il faut bien appeler un chat un chat et le football un sport scandaleux fait pour des voyous. Depuis l’hécatombe du stade du Heysel, les accidents et les comportements condamnables se sont multipliés dans tous les stades de la planète. Injures racistes et antisémites, jets d’engins incendiaires, molestations des arbitres, combats de rues d’après match, morts et blessés graves, prétexte à réunion pour les sympathisants les plus violents de l’extrême droite, que faut-il de plus pour dire que le football est un sport qu’il faudrait interdire ? Est-ce encore un sport lorsqu’il faut mobiliser 2500 policiers à chaque manifestation ? Son interdiction devient envisageable pour deux bonnes raisons : la première vient d’être exposée en rappelant les exactions commises, la seconde tient au pourrissement de ce sport par l’argent. Les sommes absolument exagérées que touchent un certain nombre de joueurs parce qu’ils ont un petit talent dans l’art de taper du pied dans un ballon sont une véritable injure pour tous ceux qui triment durement toute une vie en gagnant à peine plus que le SMIC. Si l’on ajoute à cela, les gains additionnels considérables gagnés dans la publicité et la vente de produits dits dérivés, le scandale atteint des sommets. Ces gens-là ne participent en rien, ou tout-à-fait à la marge, à l’économie réelle du pays… d’autant moins qu’un nombre non négligeable d’entre eux, dans un élan citoyen ô combien responsable, s’empressent de placer leur argent hors de France pour échapper à l’impôt, ce que ne peut pas faire la caissière de supermarché ou l’ouvrier spécialisé. Quelle est cette société où des sommes considérables sont mises en jeu pour le plus grand profit d’un tout petit nombre d’inutiles ? Quelle est cette société où la violence des jeux du cirque Antique retrouve droit de cité ? Quelle est cette société où la marchandisation devient la valeur suprême ? Quel mal gangrène cette société où la violence se banalise au point de faire l’essentiel des journaux télévisés ? Quelle est cette société où 17% des intentions de vote se portent sur l’extrême droite ?
18 novembre 2006
L’héritage
Les sondages se sont toujours trompés ! Laurent Fabius faisait de cette certitude l’argument majeur de sa campagne interne au PS. Il a répété à l’envi que, jamais, les sondages n’avaient su anticiper les résultats d’un scrutin. Sans le dire avec autant de vigueur, Dominique Strauss-Kahn a également « surfé » sur la même démonstration pour donner du poids et du sérieux à sa propre campagne. Et puis voilà que les résultats leur donnent tord à tous les deux et Ségolène Royal se trouve propulsée candidate officielle du Parti Socialiste aux prochaines présidentielles. Les sondages se trompent, certes, mais on se trompe aussi à croire avec certitude que les sondages se trompent. Deux candidats à la candidature, possédant tous les deux des appareils de partis, appelés courants, sont écartés au profit d’une candidate qui a trouvé sa légitimité en dehors du parti et qui a trouvé sa posture en se positionnant au-dessus (parfois même à côté) du parti. Une attitude qui me rappelle quelqu’un d’autre, pour qui la fonction de Président ne pouvait tirer sa légitimité des partis politiques, mais directement du peuple. Un héritage assumé. Il est vrai que Ségolène Royal est fille de militaire. Malheureusement, après le Général de Gaulle, j’ai un peu l’impression que les français (certains d’entre eux) ont choisi sa femme de ménage !
15 novembre 2006
La fracture des générations, quelle rigolade !!
La doxa vibrionne depuis quelque temps d’une nouvelle idée à la mode. On entend toute une partie de la jeunesse, récupérée quand il le faut par les politiques ou les médias, vitupérer contre la génération de leurs parents parce que le chômage des jeunes est massif, parce que la dette du pays laissée par les seniors est catastrophique, parce que le système de retraite est en danger, parce que la recherche d’un travail est difficile, etc, etc, …
Toutes ces récriminations se résument en disant que la génération actuelle des jeunes est une génération sacrifiée par ses parents, c’est-à-dire par les soixante-huitards.
Pourtant, cette génération de sexagénaires a créé la Sécurité Sociale, a abattu le mur de Berlin, a interdit la peine de mort, a libéré la vie sexuelle des femmes, est née pendant la guerre de 40 et ses horreurs de la shoa puis a vécu la guerre d’Algérie, a sorti la France d’une économie agricole pour la transformer en cinquième puissance industrielle mondiale, a construit Airbus, Ariane, Areva, le TGV, a construit une Europe de paix au sein de laquelle la circulation des hommes est libre, etc, etc, …
Il n’est pas douteux que la vie des jeunes générations est, et sera, difficile. Certes, la génération des « anciens » a connu un accès facile au monde du travail. Mais rendre responsable cette génération de cet état de fait est un vrai non-sens. La véritable raison, dont ne semblent pas s’apercevoir les porte-parole de cette jeune génération parce qu’ils n’en parlent jamais, est tout simplement que la France s’appauvrit à cause de l’émergence d’immenses pays en voie de développement rapide et qui prennent leur juste place dans un monde à ressources limitées. Le gâteau « planète Terre » n’est pas extensible. L’Occident s’appauvrit pendant que de nouveaux pays-continent s’enrichissent. C’est le premier effet de la mondialisation. Il ne sert à rien que la génération actuelle accuse la précédente, il faut qu’elle se retrousse les manches et qu’elle ait l’imagination suffisante pour faire face aux effets de cette mondialisation et créer les emplois nouveaux nécessaires issus de l’innovation.
Toutes ces récriminations se résument en disant que la génération actuelle des jeunes est une génération sacrifiée par ses parents, c’est-à-dire par les soixante-huitards.
Pourtant, cette génération de sexagénaires a créé la Sécurité Sociale, a abattu le mur de Berlin, a interdit la peine de mort, a libéré la vie sexuelle des femmes, est née pendant la guerre de 40 et ses horreurs de la shoa puis a vécu la guerre d’Algérie, a sorti la France d’une économie agricole pour la transformer en cinquième puissance industrielle mondiale, a construit Airbus, Ariane, Areva, le TGV, a construit une Europe de paix au sein de laquelle la circulation des hommes est libre, etc, etc, …
Il n’est pas douteux que la vie des jeunes générations est, et sera, difficile. Certes, la génération des « anciens » a connu un accès facile au monde du travail. Mais rendre responsable cette génération de cet état de fait est un vrai non-sens. La véritable raison, dont ne semblent pas s’apercevoir les porte-parole de cette jeune génération parce qu’ils n’en parlent jamais, est tout simplement que la France s’appauvrit à cause de l’émergence d’immenses pays en voie de développement rapide et qui prennent leur juste place dans un monde à ressources limitées. Le gâteau « planète Terre » n’est pas extensible. L’Occident s’appauvrit pendant que de nouveaux pays-continent s’enrichissent. C’est le premier effet de la mondialisation. Il ne sert à rien que la génération actuelle accuse la précédente, il faut qu’elle se retrousse les manches et qu’elle ait l’imagination suffisante pour faire face aux effets de cette mondialisation et créer les emplois nouveaux nécessaires issus de l’innovation.
07 novembre 2006
Saddam, le faire-valoir de Georges William
Saddam Hussein a été condamné à la pendaison jusqu’à ce que mort s’en suive. Que penser d’une sentence qui condamne un homme à subir ce qu’on lui reproche d’avoir fait, c’est-à-dire d’avoir assassiné ses semblables ? Il n’y a que G.W. Bush pour applaudir, sur un ton emphatique, l’exemplarité de cette sentence et lui trouver une justification démocratique de l’intervention américaine. Il n’est soutenu dans son délire électoral que par le seul ministère britannique des Affaires Etrangères, ce qui donne du poids à l’expression « caniche de G. Bush » ! Comment ne pas rapprocher le fait que le tribunal iraquien, mis en place – rappelons-le- par les Américains, prononce sa sentence 48 h. avant le scrutin électoral américain qui se présente assez mal pour l’actuel président, alors que le procès est clos depuis plus de trois mois ? Voilà comment Saddam vole au secours de Georges par sa propre pendaison (… si elle a lieu !).
05 novembre 2006
La tectonique des plaques
Un gigantesque sommet de chefs d’Etat a lieu en ce moment à Pékin qui rassemble, pour la première fois de l’histoire, la nomenklatura chinoise et une quarantaine de chefs d’Etat africains, c’est-à-dire pratiquement la totalité d’entre eux. Les medias, que seul le sensationnel attirent, ne parlent pratiquement pas de cet événement majeur autrement important que les incidents des banlieues, aussi graves soient-ils.
L’Afrique a été, jusqu’à aujourd’hui, un continent où la France a noué des intérêts économiques et politiques majeurs. Il n’est pas sans importance que quarante Etats apportent leur voix à la France au sein des Nations Unies, par exemple. Mais le continent africain a été abandonné par la France qui culpabilise à cause de son passé colonial. Sans hésitation et atermoiement, les Etats-Unis se sont implantés dans tous les pays pétroliers africains et ont évincé les intérêts français. Aujourd’hui, la Chine développe avec une volonté farouche ses liens et implantations en Afrique, débarrassée qu’elle est de tous scrupules. Des milliers d’entreprises chinoises sont à l’œuvre sur ce continent et prennent la place des Européens. Elles organisent l’approvisionnement du continent chinois en matières premières, ce qui posera nécessairement des problèmes aux Européens. « Quand la Chine s’éveillera … » écrivait il y a presque cinquante ans A. Peyrefitte, un ministre de Général de Gaulle. Nous y sommes … et nous ne nous sommes pas préparés comme d’habitude. Bousculée par les Etats-Unis et la Chine, il n’y aura bientôt plus de place pour l’Europe et, donc, pour la France. Tel une tectonique de plaques, le rapprochement des trois continents, Etats-Unis, Afrique, Chine, ne laissera aucune place à l’Europe. La tectonique des plaques s’appelle aussi la dérive des continents. Jamais l’image n’aura été plus vraie.
L’Afrique a été, jusqu’à aujourd’hui, un continent où la France a noué des intérêts économiques et politiques majeurs. Il n’est pas sans importance que quarante Etats apportent leur voix à la France au sein des Nations Unies, par exemple. Mais le continent africain a été abandonné par la France qui culpabilise à cause de son passé colonial. Sans hésitation et atermoiement, les Etats-Unis se sont implantés dans tous les pays pétroliers africains et ont évincé les intérêts français. Aujourd’hui, la Chine développe avec une volonté farouche ses liens et implantations en Afrique, débarrassée qu’elle est de tous scrupules. Des milliers d’entreprises chinoises sont à l’œuvre sur ce continent et prennent la place des Européens. Elles organisent l’approvisionnement du continent chinois en matières premières, ce qui posera nécessairement des problèmes aux Européens. « Quand la Chine s’éveillera … » écrivait il y a presque cinquante ans A. Peyrefitte, un ministre de Général de Gaulle. Nous y sommes … et nous ne nous sommes pas préparés comme d’habitude. Bousculée par les Etats-Unis et la Chine, il n’y aura bientôt plus de place pour l’Europe et, donc, pour la France. Tel une tectonique de plaques, le rapprochement des trois continents, Etats-Unis, Afrique, Chine, ne laissera aucune place à l’Europe. La tectonique des plaques s’appelle aussi la dérive des continents. Jamais l’image n’aura été plus vraie.
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