05 août 2006

Dérives

Un adolescent se fait prendre en photo pendant le viol d’une fille par un téléphone portable et diffuse les photos sur le net. Un serial killer envoie une lettre à la police pour donner des détails de son crime ou laisse volontairement des indices sur le lieu de son crime. Qu’y a-t-il de commun entre ces deux faits ? Qu’est-ce qui les rapproche ?
La télévision passe en boucle des films de violence, les séries policières ayant complètement envahi les écrans. Les jeux vidéo sont, le plus souvent, des jeux violents où l’exploit et la réussite consistent à tuer le plus grand nombre d’individus virtuels (heureusement !?). Qu’y a-t-il de commun avec les faits précédents ?
La télévision met en scène des individus qui viennent exposer, sans pudeur, leur vie et leurs sentiments, leurs problèmes et leurs fantasmes. La télévision grand public permet de voir un garçon et une fille faire l’amour en direct dans une piscine. Le « happy slaping » photographié et diffusé devient une nouvelle norme de comportement.
L’exhibitionnisme ne pourrait exister sans le voyeurisme. Susciter le premier exacerbe le second. Le pornographique s’étale sur tous les écrans (télévision, ordinateurs, consoles de jeux, téléphones portables) à la disposition d’enfants de plus en plus jeunes. On compte plus de 10.000 films pornographiques par an à la télévision, sans compter les DVD. Comment ne pas associer cette avalanche pornographique avec l’augmentation du nombre de viols collectifs ? Lorsque la violence s’ajoute à l’exhibition, alors la dérive sociale devient manifeste et la société devrait s’interroger sur elle-même. Pourquoi permet-elle cette violence permanente sur les écrans de toutes sortes ? Certes, les « blousons noirs », les « skinhead », les marginaux ont toujours existé. Ce qui est nouveau, c’est l’exploitation commerciale de cette violence par les médias. Au nom de l’argent facile, la mise en scène de la violence suscite la violence. La société a les médias qu’elle mérite et les médias ont la société qu’ils souhaitent. Entre 2002 et 2006, les actes de violence sur les personnes et sans but crapuleux (la violence pour la violence) ont augmenté de 30%. Les violences de banlieues sont la conséquence d’une société qui perd ses repères, les médias portent leur part de responsabilité. La démission parentale également.