27 décembre 2011

Trous noirs troublants

L’économie est un jeu complexe faisant intervenir un grand nombre de paramètres qui interfèrent les uns avec les autres par le jeu de relations multiples. Ce sont ces interrelations qui créent des cycles, positifs ou négatifs, c’est-à-dire porteurs de croissance ou de décroissance. Une fois enclenchés, ces cycles fonctionnent comme ces étranges objets cosmologiques que sont les trous noirs autour desquels tournent les étoiles des galaxies et qui finissent par avaler tout ce qui passe à leur portée. Les trous noirs cosmiques avalent des étoiles, les trous noirs économiques avalent les hommes. Il est de notoriété publique que l’argent va à l’argent. Seuls les riches peuvent spéculer à grande échelle et faire ainsi des bénéfices qui insultent la morale. C’est ainsi que les riches le deviennent de plus en plus au détriment des plus pauvres qui le deviennent également de plus en plus. Cela s’appelle la trappe à pauvreté. C’est ainsi que l’argent se thésaurise dans l’épargne des 10% de la population les plus fortunés. Ce trou noir monétaire réduit la circulation financière. Or celle-ci est le sang de l’économie, sans lequel celle-ci sombre dans la récession. Aux USA, 1% de la population capte la totalité du surplus de richesse créé par la croissance. A ce phénomène, s’ajoute l’effet de la crise sur la demande du plus grand nombre qui privilégie l’épargne de précaution sur la consommation. Il y a là un véritable trou noir monétaire. Il n’est pas le seul. La dévaluation du yuan, qui relève d’un vrai dumping monétaire, est à l’origine d’un dopage artificiel des exportations chinoises qui assurent ainsi la croissance économique de la Chine, se nourrissant des économies occidentales dont un grand nombre sont assises sur un modèle de consommation. Ceci provoque une accumulation de devises étrangères en Chine dont la contrepartie est nécessairement l’endettement des pays occidentaux. Cette captation des flux financiers par la Chine fonctionne, à l’image d’un trou noir, comme un aspirateur de devises. La facilité et le laxisme des gouvernants occidentaux ont précipité leurs pays dans un endettement devenu insupportable nécessitant la prise de mesures difficiles mais incontournables. Personne ne peut vivre indéfiniment en dépensant plus qu’il ne gagne. C’est ce qui se passe en Europe depuis cinquante ans. Les gouvernants sont, aujourd’hui, engagés dans une course aux plans d’austérité dont la seule conséquence prévisible actuelle est la récession des économies européennes. Celle-ci, asséchant le volume des impôts assis sur la consommation, obligera les gouvernants à emprunter, avec des taux d’intérêts de plus en plus élevés, pour assurer le fonctionnement de l’Etat. La conséquence immédiate est l’augmentation de la dette et la création d’un cercle vicieux et mortifère, créant une véritable trappe de l’endettement. Ce n’est pas tout. L’endettement excessif des états incite les agences de notation, snipers économiques, à les sanctionner. L’effet immédiat est l’augmentation des taux d’intérêt ce qui augmente, non seulement le poids de la dette, mais l’endettement global. D’où une nouvelle dégradation des notes des agences qui se comportent comme des pompiers pyromanes et accentuent ainsi la trappe de l’endettement évoquée ci-dessus. Le monde économique est ainsi peuplé de trous noirs, comme l’est l’Univers, aspirant les peuples dans une angoisse et un trouble profonds, exceptés les quelques privilégiés qui s’enrichissent grâce aux défaillances du système.

18 décembre 2011

Interrogations

Le climat oppressant qui sévit actuellement pousse à se poser quelques questions pour essayer d’en comprendre les raisons. Sans être exhaustif, en voici quelques une. Un principe fondamental de toute discipline est le principe de causalité : tout événement a une cause. Essayons d’appliquer ce principe aux évènements que nous subissons depuis plusieurs mois maintenant. • Le fait le plus visible aux yeux de tous est l’augmentation continue du chômage ainsi que les protestations citoyennes qui se sont manifestées dans plusieurs pays européens. Ces faits sont le signe incontestable d’une crise sociale qui s’approfondit de jour en jour. Quelle est la cause de cet état de fait ? Il tombe sous le sens que la cause principale en est la crise économique qui devient mondiale. Les manifestations de cette crise sont les faillites d’entreprises et les licenciements qui, chaque jour, sont annoncés. Les causes de cette crise économique ? La menace d’un « credit crunch » qui raréfie le crédit et tue l’investissement, les politiques d’austérité mises en œuvre un peu partout dans les pays occidentaux qui menacent le pouvoir d’achat et provoquent une baisse , parfois spectaculaire, de la demande. La cause de ces politiques d’austérité ? La crise financière, bien sûr, qui assèche la circulation monétaire et met en péril la survie des institutions bancaires. Et quelle est la cause de cette mise en danger ? Elle est facile à identifier : la spéculation féroce et sans scrupule sur les dettes souveraines, facilitée par la dérégulation des marchés des capitaux et la mise en place par les organismes financiers eux-mêmes de la titrisation qui a fait perdre toute notion de responsabilités aux acteurs de ces marchés. Et, finalement, quelle est la cause ultime de cette spéculation mortifère ? Elle est nécessairement politique et due à la mauvaise gouvernance des hommes politiques qui nous gouvernent. Nous vivons une crise politique dont la cause majeure est l’incompétence des gouvernants depuis trente ans ! • Chaque jour, nous entendons des soi-disant experts économiques nous expliquer les raisons de la crise sociétale que nous subissons, avec un aplomb qui tente d’escamoter leurs propres contradictions. On voit donc que ces experts se trompent et se contredisent en avançant de façon péremptoire des analyses contradictoires, subjectives et défectueuses. Les conséquences de cette incompétence sont finalement de peu d’importance, ne portant atteinte qu’à la réputation des auteurs de ces analyses. Il en est tout autrement pour les agences de notation dont les verdicts ont un effet immédiat sur l’économie. Pourquoi les analyses des experts de ces agences seraient-elles plus crédibles que celles des économistes de métier ? Pourquoi leur donner une telle importance alors qu’il n’y a aucune raison pour qu’elles soient plus crédibles que les autres ? Fortes de l’importance exagérée qu’on leur donne, voilà que ces agences se permettent de sortir de leur domaine spécifique et s’immiscent dans la vie politique des nations. Que l’on se rappelle la justification de la dégradation de la note des USA qui était le « blocage de la vie politique », due à l’obstruction obstinée des Républicains devant les propositions économico-sociales des Démocrates. Quelle est la légitimité des ces agences pour porter de tels jugements ? Leur intrusion dans la politique a déjà eu des conséquences considérables : mise à l’écart des gouvernants en Grèce, en Italie, en Espagne. • Pourquoi les agences de notation sont-elles actuellement si complaisantes avec les pays anglo-saxons, alors que la situation économique et/ou financière est beaucoup plus dégradée comme aux USA ou en Grande-Bretagne ? Serait-ce parce qu’elles sont américaines ? On peut le croire. • Pourquoi les réunions des responsables politiques européens se multiplient-elles sans produire aucun résultat concret et se concluent uniquement par des discours rodomonts. L’incompétence politique, qui plonge ses racines dans l’égoïsme nationaliste et les préoccupations électoralistes de court-terme, est, finalement, la seule cause de l’état déplorable du monde actuel. • Pourquoi tous les hommes se plaignent des conséquences des faits dont ils chérissent les causes ?

16 décembre 2011

La particule de Dieu

Les scientifiques du CERN sont à l’affût. Depuis 1964, ils chassent le « boson de Higgs » et voilà qu’enfin ils croient avoir découvert ses traces au sein du Grand Collisionneur de Hadrons. Cette particule mystérieuse est, en effet, capitale pour valider un des piliers de la physique moderne, appelé le « Modèle Standard », théorie qui décrit et explique le fonctionnement du monde des particules élémentaires. Parmi les particules élémentaires découvertes à ce jour, existent les bosons appelés bosons de jauge, c’est-à-dire agissant comme intermédiaires des interactions fondamentales s’exerçant entre les particules de la matière ordinaire. Ces particules interagissent entre elles par l’intermédiaire des bosons. Jusqu’à ce jour, les chercheurs ont imaginés puis identifié pour certains d’entre eux, les bosons suivants : • le photon qui est le vecteur de l'interaction électromagnétique entre le noyau des atomes et ses électrons • les bosons de l’interaction nucléaire faible (Z0,W-, W+) intervenant dans la désintégration nucléaire de certains noyaux • les huit gluons de l'interaction forte qui empêchent les protons d’un même noyau atomique de se repousser du fait de leur charge positive • le graviton, boson hypothétique, porteur de la force d’attraction s’exerçant entre deux particules de matière. La théorie du modèle standard, qui décrit toutes les particules élémentaires, implique que celles-ci soient de masse nulle. Or, les scientifiques ont pu mesurer expérimentalement les masses de toutes les particules avec de bonnes précisions. Et si photon et gluons sont bien de masse nulle, ce n'est pas le cas des bosons Z et W, ni des quarks (constitutifs des protons et des neutrons) et ni des électrons. Pour que le modèle standard ne s'écroule pas, Peter Higgs "invente" en 1963 une autre particule, un boson, logiquement dit de Higgs. Selon cette idée, et du fait de la dualité onde-particule, le vide (au sens quantique du terme) est saturé d’énergie. Or, de même qu’une masse est équivalente à une énergie et est capable d’en générer, à l’inverse l’énergie du vide génère des particules massives, notamment les bosons de Higgs (E=mC2). Les particules acquièrent une masse en interagissant avec un champ omniprésent (le champ de Higgs) porté par ce fameux boson de Higgs. C'est lui qui confère des masses à toutes les autres particules, ainsi qu'à lui même. Le boson de Higgs serait la manifestation de l’interaction des particules élémentaires massives avec l’énergie du vide, mise en évidence par la physique quantique. Il agirait sur les particules de la matière ordinaire un peu à la façon dont un solide se déplace dans un liquide, ce dernier freinant le mouvement du solide en échangeant une force de freinage en réaction au déplacement. Plus la particule est lourde, plus la force de freinage est importante. Ainsi, seuls les bosons de masse nulle, comme le photon, échapperaient à cet effet. On comprend la fébrilité des chercheurs. Ou le boson de Higgs existe bien et la théorie des particules est validée, ou bien ce boson n’existe pas et il faut inventer une nouvelle physique du monde subatomique. L’enjeu est donc considérable. La bonne nouvelle est qu’il semble bien se confirmer que l’énergie du LHC soit suffisante pour apporter enfin une réponse.

11 décembre 2011

Climat et crises sociales

Le congrès de Durban se termine, sans surprise, sur une déception générale. Les bonnes intentions ne manquent pas, mais les engagements fermes sont absents et remplacés par des promesses d’un avenir meilleur. Et, comme d’habitude, les trois plus grands pollueurs de la Planète que sont la Chine, l’Inde et les Etats-Unis refusent toute mesure d’actions concrètes. La Chine et l’Inde ont besoin de consommer de plus en plus de charbon pour alimenter leurs usines et les exportations chinoises, les USA, cédant à la pression des lobbys militaro-industriels, se justifient en niant la responsabilité humaine sur le réchauffement et en invoquant la volonté divine !! On se demande qui, au milieu de la crise mondiale actuelle, se préoccupe encore du réchauffement climatique. Plus soucieux de leurs tractations et de leurs marchandages électoraux, les écologistes français se sont complètement désintéressés du congrès de Durban. Et pourtant, la situation est grave. Le réchauffement général, sur la base de mesures locales et régionales, océaniques et continentales, atteint au moins un degré centigrade pour le XX et le début du XXI siècle. Pour le XXIe siècle, le GIEC envisage une hausse possible des températures de 5 degrés à l’horizon 2050, comte tenu du fait que rien de sérieux n’a été entrepris par les nations. Ce réchauffement concerne essentiellement la basse atmosphère terrestre, ce qui permet de penser que l’accroissement du rayonnement solaire n'est pas en cause car son influence devrait affecter l'ensemble de l'atmosphère et non pas seulement les basses couches de celle-ci. En plus de l’atmosphère, les océans se réchauffent, en particulier depuis une cinquantaine d'années, ce réchauffement entraînant une dilatation du volume d’eau. Le réchauffement fait reculer les glaciers dans le monde entier pour la presque totalité d'entre eux et, pour certains d’entre eux, de façon dramatique car ils constituent les seules réserves d’eau potable pour la région. Les glaciers alpins régressent comme les autres et perdent de l’épaisseur depuis les années 1930. Les glaces de l'Arctique, du Groenland et de l’Antarctique rétrécissent de façon considérable. Ces eaux sont des eaux douces (sauf pour l’Arctique) et leur fonte contribue à augmenter le volume d’eau des océans. Cette double contribution (dilatation et apport d’eau douce) a provoqué une élévation du niveau des mers de l'ordre de 1 à 2 millimètres par an au cours du XX siècle et le rythme de cette élévation tend à augmenter. En plus de l’élévation du niveau des océans, le réchauffement a d’autres conséquences. On assiste à la migration vers l’hémisphère nord d'un grand nombre d'espèces animales, comme les oiseaux migrateurs, les papillons et des insectes porteurs de maladies. Les sols se réchauffent également en profondeur, entraînant le dégel du permafrost en Sibérie et ailleurs. Ce dégel provoque, non seulement l’émission de CO2, mais également de méthane, gaz dont l’effet de serre est près de 100 fois supérieur à celui du dioxyde de Carbonne. Ces évolutions climatiques risquent d’avoir des conséquences sociales importantes. A la fin du XVI siècle et jusqu’en 1850 environ, une période de refroidissement important, dénommée « le petit âge glacière », a été accompagnée par de mauvaises récoltes et des famines. Les catastrophes climatiques, les crises, les guerres ont atteint un paroxysme dans les années 1640. Les deux années particulièrement froides qui ont précédé la Révolution Française sont considérées, par certains historiens, comme une des causes de cette révolution. Il est légitime de se demander si, de manière analogue, le réchauffement excessif ne va s’accompagner, en diverses régions de la planète, de migrations de masse, de guerres, de troubles sociaux graves, voire révolutionnaires. Les évènements climatiques récents entraînent une menace de disparitions des iles pacifiques, une augmentation du nombre et de la puissance des ouragans, des inondations catastrophiques, des tempêtes d’une rare violence, ainsi que des sécheresses mortelles pour cause de crise alimentaire (dans certaines régions de la corne d’Afrique, plus de 10 millions de personnes sont frappées actuellement par la pire sécheresse des 60 dernières années), tous ces évènements ayant provoqué des milliers de morts. Des migrations massives, des révoltes meurtrières, des guerres pour la survie, ne sont pas à exclure si cette tendance au réchauffement non contrôlé perdure, du fait de l’égoïsme mortifère et à courte vue des nations développées et en voie de développement. Déjà, aujourd’hui, les peuples du Pacifique crient à l’aide en constatant que leurs iles disparaissent dans l’océan, dans l’indifférence de la communauté mondiale. Il ne faut pas oublier qu’en 2050, la planète comptera 9 milliards d’habitants dont la grande majorité peuplera les pays pauvres. Les pays occidentaux ne sont préoccupés que par leur triple A, la Russie par la réélection de V. Poutine, la Chine et l’Inde par leur commerce extérieur, le Brésil par la compétitivité de son agriculture, les Anglo-saxons par eux-mêmes. Aux différentes crises qui secouent le monde, risque de s’ajouter une crise humanitaire mondiale.

05 décembre 2011

Incompétence

Le discours de Toulon du Président de la République a, sans surprise, suscité des commentaires fabriqués avant même que le discours ne soit prononcé, tellement ils sont convenus et d’un niveau confondant de bêtise, allant jusqu’à l’outrance pour certains d’entre eux. Nous devons choisir entre la nullité des critiques du Front National, la polémique virulente et un peu ridicule du Front de Gauche, les critiques imbéciles des Socialistes qui ergotent sur le fait de savoir si les discours du Président sont ceux d’un candidat ou d’un président, les louanges sans nuances de la majorité alors que n’est explicitée aucune action concrète. Tout cela montre une immaturité grave du monde politique qui prétend nous gouverner. Cette immaturité a plongé le monde dans une série de crises, plus graves les unes que les autres. Après la crise financière née de l’incompétence criminelle des responsables politiques américains, la crise économique est survenue de façon inévitable, puis la crise de la dette, enfin les crises sociales qui naissent un peu partout dans le monde. La cause principale de ces crises successives est, en réalité, une crise de compétence des responsables politiques occidentaux dont nous avons vu de multiples manifestations : • Aux USA, l’impuissance du gouvernement à empêcher le lobby financier d’endetter, au-delà du supportable, le citoyen américain en provoquant le scandale resté impuni des « subprimes » qui a plongé le monde entier dans une crise majeure ; l’affrontement stérile et borné des Républicains et des Démocrates empêchant de sortir les USA de la crise mondiale dont ils sont les initiateurs. • En Espagne, une folie immobilière avec une spéculation effrénée s’est développé pendant plusieurs années sans que le gouvernement ne fasse quoi que se soit pour éviter une bulle dont les effets catastrophiques se voit aujourd’hui. • En Grèce, l’Etat a vécu dans le mensonge et la falsification des comptes publics pendant des années pour profiter des largesses européennes et tromper sans vergogne le contribuable européen. • En Italie, la gouvernance a sombré dans le ridicule et entraîné le pays dans une crise majeure tout en gérant le pays pour son seul bénéfice personnel, comme on peut le voir dans certains pays africains. • En Allemagne, l’impossibilité des gouvernants à dépasser leur crainte nationaliste et leur hésitation mortifère à prendre des décisions a ainsi laissé à la crise le temps de s’aggraver ; leur réticence obstinée à dépasser le seul strict contrôle monétaire et à élargir le rôle de la BCE au-delà de la simple lutte contre l’inflation a fait le bonheur des spéculateurs. Faire de la modification des traités européens un préalable à toute action laisse ainsi tout le temps nécessaire à la crise pour s’aggraver. Et le temps qui passe permet aux crises sociales de se développer à travers les pays européens. • En Belgique, le comble du ridicule a été atteint, les politiques laissant le pays sans gouvernement pendant un an et demi pour des raisons ethniques et séparatistes • La Chine utilise le dumping monétaire au détriment du monde entier pour diminuer les effets d’une consommation intérieure insuffisante à cause d’une pauvreté largement répandue, et doper ses exportations par l’exploitation de sa main d’œuvre, la mauvaise qualité de ses fabrications et le pillage systématique des brevets internationaux. • La plupart des pays africains sont gouvernés par des potentats qui font une voix royale à la corruption et la prévarication, et qui confondent leur intérêt personnel avec la gestion du pays. • A cette triste liste s’ajoutent tous les dictateurs et les potentats, nombreux à travers la planète, qu’ils soient africains, russe, chinois, vénézuélien ou yéménite. • La France n’est pas en reste. C’est un pays qui vit au-dessus de ses moyens depuis un demi-siècle avec des budgets systématiquement en déficit, créant ainsi une dette abyssale dont le remboursement est laissé à la charge des générations futures. Plus préoccupés par leur réélection que par l’intérêt national, les hommes politiques se complaisent dans des controverses stériles et souvent d’une stupidité confondante. Le comble est atteint lorsque certains politiques de l’opposition s’aventurent dans une germanophobie injustifiée en utilisant des termes inadmissibles pour de pures raisons électoralistes. La Droite agite la peur de l’immigré, la Gauche celle de l’Allemand. Dans les discours actuels des politiques, qui parle de l’Europe et de son avenir ? L’incompétence des politiques a pour miroir celle des économistes qui nous abreuvent à longueur de temps d’explications autant péremptoires que contradictoires, oubliant qu’aucun d’entre eux n’a été capable de prévoir la crise dans laquelle l’Europe se débat. Pourtant, il n’est pas très difficile de prévoir qu’un modèle de croissance basé presqu’exclusivement sur la consommation et, donc, sur un endettement privé qui s’ajoute à un endettement public utilisé pour le seul fonctionnement de l’administration et du « modèle » social, ne peut que conduire à une impasse. Après la crise financière, la crise économique, la crise sociale, nous subissons aujourd’hui les effets de la crise des compétences des responsables politiques. Au secours !

27 novembre 2011

Du beau, Du bon, Dubonnet

Il y a une cinquantaine d’années, la publicité s’appelait la réclame. Qui ne se rappelle le célèbre « Du beau, Du bon, Dubonnet » qui agrémentait les tunnels du métro ? La réclame était faite d’affiches dont le graphisme réjouissait la vue. Certaines de ces affiches sont devenues célèbres et les rares exemplaires qui ont survécu ont pris une valeur considérable pour le bonheur de leurs heureux propriétaires. Tout a commencé à changer avec la télévision. Le graphique a été remplacé par des courts-métrages de quelques dizaines de secondes. La réclame est devenue la publicité et le dessin a été remplacé par la communication. Aujourd’hui, deux tendances fortes imprègnent les séquences de publicité de la télévision. Tout d’abord, la mise en scène de la famille française présente invariablement des individus d’une insondable bêtise, voire complètement lobotomisés. Ces séquences sont censées être humoristiques ! La seconde tendance lourde est l’apparence faussement scientifique de certaines publicités qui s’agrémentent de statistiques ou de mesures chiffrées (le fameux 99,9% !) qui n’ont absolument aucune signification et sont à la limite de la publicité mensongère. On sait aujourd’hui que 80% des allégations de santé qui accompagnent les alicaments sont mensongères En effet, ces annonces avancent des chiffres ou de soi-disantes études scientifiques qui sont absolument invérifiables … et sont donc n’importe quoi ! Dans ce cas, c’est le téléspectateur lui-même qui est pris pour un demeuré. Parallèlement à ce changement, l’espace a été envahi et il n’est pas un support qui ne soit défiguré par la publicité. Et « Du beau, Du bon, Dubonnet » a été remplacé par des tags. Et que dire de cette publicité indigne d’une banque en ligne qui présente deux spéculateurs ayant fait fortune et se déplaçant sur leur voilier ou leur bimoteur personnel, alors que la rue se peuple de sans-abri ? Ne vous contentez pas de vous indigner, car l’indignation est une facilité faite pour préserver la bonne conscience. Agissez et descendez sur votre trottoir pour faire un don au SDF au pied de votre immeuble !!

12 novembre 2011

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs

Deux évènements se sont produits le même jour. En effet, le 10 Novembre, Standard & Poors annonce la perte du triple A de la France dans un communiqué qui fait immédiatement le tour de la planète. L’agence dément presque immédiatement, prétextant une « erreur », mais le mal est fait et les marchés financiers spéculent aussitôt sur la dette française. Le même jour, l'ex-président de la BERD Jacques Attali, ancien conseiller spécial d’un président de la République, annonce dans La Tribune, que la France a perdu de facto sa note triple A. Cette annonce est, bien entendu, aussitôt reprise par tous les médias. La différence entre un meurtre et un assassinat est la préméditation. On peut alors se poser la question de savoir quel crime J.Attali a commis contre la Nation en annonçant urbi et orbi que la France avait perdu « de facto » son triple A, malgré le démenti de l’agence de notation. Lorsque l’on sait que l’ingrédient principal de la bonne marche d’une économie en général et de l’économie financière en particulier est la confiance, en faisant cette déclaration J. Attali a planté un couteau dans le dos de ses concitoyens. Quelles peuvent bien être ses motivations ? S’agit-il d’un assassinat et essaie-t-il de prendre rendez-vous avec l’avenir pour pouvoir, éventuellement, se parer du titre de plus grand économiste de France ? Ou bien cherche-t-il un moyen d’occuper encore un peu plus les médias (livres, journaux, radio, télévision) ? Ou bien s’agit-il d’un meurtre et a-t-il perdu tout sens de l’intérêt général ? Dans tous les cas, il s’agit d’un jeu personnel qui fait fi de l’intérêt commun. L’avez-vous entendu donner quelques conseils sur la marche à suivre pour maîtriser la crise actuelle ? Comme aurait pu le dire Jean de La Fontaine : S’il faut déblatérer, l’Europe en conseillers foisonne. Mais s’il faut exécuter, on ne trouve plus personne !

11 novembre 2011

La spéculation ou la gouvernance ?

Le journal Les Échos titrent en gros : « Les marchés poussent Berlusconi vers la sortie ». On subit, depuis plusieurs mois, un véritable scandale que tous les politiques semblent trouver naturel. Depuis plusieurs mois en effet, on assiste à la mise sous tutelle des gouvernements par les agences de notation et les « marchés », c’est-à-dire les spéculateurs internationaux et leurs affidés. Après l’Irlandais Brian Cowen, le Portugais Socrates, le Grec Papandréou et avant Zapatero en Espagne, Borut Pahor en Slovénie, Berlusconi est poussé vers la sortie sous la pression de ces prédateurs à la recherche, quoi qu’il arrive, de gros bénéfices pour leur propre compte. La spéculation s’immisce dans le gouvernement des pays. Ce fait est, en soi, déjà insupportable. Mais il y a plus grave. On assiste, en effet, à une soumission des responsables politiques qui laisse pantois. Toutes les mesures prises depuis 2008 ont été prises dans l’urgence, la désunion européenne, l’approximation. Et surtout, elles n’ont pas été suivies d’effet, laissant les gouvernants sans réaction. Malgré de grandes déclarations, rien d’efficace n’a été fait concernant la spéculation contre les pays, les paradis fiscaux, les CDS et autres produits spéculatifs dangereux. Le dernier G20, une fois de plus, s’est terminé sur des déclarations de principe en s’engageant solennellement à mener à terme une réforme des marchés dérivés et à faire converger au maximum les dispositifs nationaux pour éviter les risques d’arbitrage réglementaire. Le G20 a décidé également de chercher les moyens d’harmoniser les dispositifs nationaux en matière de règles sur les exigences de garanties financières applicables aux produits dérivés non compensés, d’harmonisation des bases de données centrales et des modalités d’accès à ces données par les régulateurs. Pourquoi de telles mesures n’ont-elles pas été prise au G20 de 2008 ? Pourquoi ne pas interdire ces technologies prédatrices que sont le trading algorithmique et les transactions à haute fréquence, ainsi que les plateformes de négociation opaques (dark pools) ? Pourquoi ne pas séparer les activités bancaires de détail et les activités spéculatrices ? Trois ans plus tard, faute d’avoir pris de telles mesures, l’Europe tout entière est dans la tourmente. Après la Grèce, qui donne le spectacle lamentable d’hommes politiques envasés dans leurs préoccupations politiciennes et à court terme, les « marchés » poussent Berlusconi vers la sortie. On pourrait dire « enfin ! ». Car, là aussi, la politique politicienne et inconsistante de l’Italie depuis plusieurs années a ouvert la porte aux spéculateurs qui s’y sont engouffrés, après leur tir d’essai sur la Grèce et le tir d’essai sur le triple A français. La médiocrité des hommes politiques, les égoïsmes nationaux, le choix des priorités de court-terme, ont conduit à la situation actuelle. Tant que cette situation perdurera, les « marchés » de la spéculation continueront à faire des ravages et des victimes parmi les citoyens les plus fragiles. Les prochaines victimes sont connues : l’Espagne puis la France. Lorsque nous en seront là, l’Allemagne sera à son tour emportée dans la tourmente et prendra peut-être enfin conscience de la nécessité d’une solidarité européenne, mais il sera trop tard. C’est actuellement notre avenir le plus probable si les gouvernants européens ne prennent pas rapidement la décision de mettre en œuvre une véritable gouvernance commune.

08 novembre 2011

La ronde des théories économiques

En 1776, Adam Smith fait paraître « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », ouvrage qui deviendra célèbre et dont certains économistes se réclament encore aujourd’hui. Dans cet ouvrage, A. Smith jette les bases du libéralisme, construit sur trois principes fondamentaux : la division du travail, la taille critique du marché, l’autorégulation des marchés (dit « la main invisible »). Cette théorie a encore aujourd’hui des adeptes, surtout dans le monde anglo-saxon. En 1936, John Maynard Keynes propose une autre explication du fonctionnement des économies du monde occidental. L’œuvre de Keynes fit l’objet de nombreuses interprétations, dont celle consistant à démontrer que la politique budgétaire et fiscale permettait au gouvernement de contrôler la conjoncture économique. Cela a conduit à considérer le déficit comme un outil classique de ce contrôle. Cette interprétation a conduit la plupart des gouvernements occidentaux à s’endetter au-delà du raisonnable et a fini par nous conduire à la crise actuelle. A la fin des années 40 et en réaction à cette théorie qui considère que la politique monétaire est inefficace, Milton Friedman fait paraître une théorie, connue aujourd’hui sous le nom de théorie monétariste, qui veut démontrer l’importance économique de la monnaie, la corrélation étroite entre l’inflation et le taux d’expansion monétaire, l’inefficacité des politiques gouvernementales de relance par l’emprunt, ce type de financement finissant par évincer un montant identique de dépenses privées. Pendant la période que l’on a appelée « les trente glorieuses », les gouvernements, vraisemblablement poussés par la facilité, ont mis en œuvre une politique keynésienne en empruntant à taux nul auprès des Banques Centrales qui leur consentaient ainsi de simples avances. À partir du début des années 60 et sous l’influence des pays anglo-saxons et de l’Allemagne, très attachés à la théorie monétariste et de l’équilibre optimal des marchés obtenu grâce au taux d’intérêt, il fut interdit aux Banques Centrales de prêter directement aux États. Ceux-ci se sont donc retournés vers le secteur privé auprès duquel ils se sont endettés, avec intérêt, de manière excessive. La crise actuelle montre que la théorie de l’équilibre naturel des marchés, monétaires grâce à la variabilité du taux d’intérêt, ne fonctionne pas. Nous sommes donc en présence de théories économiques fondamentales qui montrent toutes deux leur incapacité à prévoir l’évolution de l’économie. D’un côté, la théorie keynésienne a conduit les États à s’endetter de manière incontrôlée et à creuser une dette devenue insupportable. De l’autre, l’équilibre naturel et optimal des marchés monétaires de la théorie monétariste ne fonctionne pas. Sans compter la « main invisible » d’Adam Smith qui, visiblement, n’existe pas. Vive la science économique !

03 novembre 2011

Vous avez dit référendum ?

Il est très mal vu de critiquer l’usage du référendum, au prétexte que la consultation du peuple est l’expression la plus emblématique de la démocratie. Pourtant, l’usage de ce mode de consultation comme arme politique pour éviter de prendre ses responsabilités est un dérapage condamnable. Ce que vient de faire Papandréou est, non seulement un pied de nez aux pays de la zone euro, mais aussi une façon de ne pas prendre ses responsabilités. C’est un peu comme s’il mettait en marche la stratégie du « moi ou le chaos ». Faire appel au référendum en étant assuré d’une réponse négative, quelle que soit la question posée, est un moyen détourné de résoudre un problème de politique intérieure. Il est connu que les citoyens ne répondent jamais à la question posée mais pour ou contre celui qui l’a posée. Dans le cas présent, la réponse est nécessairement négative compte tenu du rejet unanime du gouvernement grec, comme le montrent les manifestations quasi révolutionnaires. Le peuple grec est dans la rue. Comment pourrait-il aujourd’hui donner un accord à ce qu’il refuse depuis des mois ? Si la question porte sur l’acceptation du plan européen d’austérité, la réponse négative est la seule possible. L’incertitude n’existe que si la seule question posée porte sur la sortie éventuelle de la Grèce de la zone euro. Les Grecs peuvent, en effet, hésiter ayant bénéficié, pendant des années, de centaines de millions d’Euros versés par le contribuable européen pour faciliter l’insertion de leur pays dans l’Europe. Aujourd’hui, la remise de dette acceptée par l’Europe représente un cadeau de 100 Milliards d’Euros qui viennent s’ajouter aux 130 milliards d’Euros d’aide promise dans les différents plans proposés par la communauté européenne. Ils connaissent donc tout le bénéfice qu’ils peuvent tirer de leur maintien dans la zone euro. Mais ce maintien ne peut se faire sans que cessent les pratiques fiscales et économiques absurdes nationales et il est normal et logique que les Européens, qui payent pour éponger une partie de la dette grecque, demandent des garanties sur ce point. L’aveuglement, volontaire ou non, qu’ils ont manifesté lors de l’entrée de la Grèce dans la zone euro, n’est plus de mise. En effet, comment comprendre que la Commission européenne ne se soit pas aperçu que l’économie grecque ne fonctionnait que grâce à un laxisme fiscal touchant à la caricature, les seuls vrais acteurs économiques que sont les armateurs étant exemptés d’impôts ou délocalisés dans un paradis fiscal, le travail au noir étant un sport national, le paiement des prestations se faisant en argent liquide pour échapper à tout contrôle et à la TVA, les fonctionnaires étant en nombre pléthorique, le budget militaire étant hypertrophié sans raison, l’impôt foncier impossible à prélever faute de l’existence d’un cadastre crédible, etc, etc … sans parler des dépenses somptuaires faites lors des derniers jeux olympiques qui n’ont fait que creuser encore un peu plus la dette nationale devenue abyssale (plus de 130% du PIB grec). Ce référendum permet à 11 millions de grecs de mettre en danger 320 millions d’européens. Le peuple grec devrait prendre en considération le comportement des Irlandais et des Portugais qui supportent avec dignité les efforts de rigueur demandés par l’Europe. Ajoutons qu’il est saugrenu que le successeur de J.C. Trichet à la tête de la BCE soit un ancien consultant de Goldman Sachs, responsable du truquage des comptes de la Grèce lors de sa candidature à l’entrée dans la zone euro ! Espérons que, comme cela s’est produit à chaque fois, cette crise va accélérer l’intégration européenne, du moins dans la zone euro et que les responsables politiques y regarderont à deux fois avant d’élargir l’Europe aux Balkans !

28 octobre 2011

Cascade

Une justification « théorique » du libéralisme capitaliste, en quête d’une réputation, est l’existence du « trikkle down effect » qui a eu son heure de gloire sous le règne du Tachérisme et du Reaganisme. Il s’agit d’une justification de l’enrichissement et qui stipule que, plus les riches s’enrichissent, plus existent des retombées sur l’ensemble des classes de la société. La richesse accumulée par quelques-uns finit par retomber en cascade sur les plus pauvres. C’est-à-dire que même les plus pauvres doivent se réjouir de l’enrichissement des plus riches. Pourtant, il est évident aujourd’hui qu’il s’agit d’une tromperie de plus de la théorie économique. Depuis plus de dix ans, les riches deviennent de plus en plus riches, certes, mais les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. En France, depuis 10 ans, les 10% de la population les plus riches ont capté 32% de la richesse nationale pendant que les 10% des plus pauvres doivent se contenter d’à peine 3%. L’écart entre riches et pauvres s’accroît sans cesse dans presque tous les pays du monde, mais il est aveuglant dans les pays développés occidentaux. L’histoire montre à l’évidence que cet effet de cascade n’existe pas. Les quatre-quatre roulent devant les trottoirs où meurent les sans-logis. Les pays dits développés ont trouvé les ressources de leur croissance au détriment des pays pauvres qui se sont enfoncés dans la pauvreté pendant que les occidentaux s’enrichissaient. Aujourd’hui, les pays en voie de développement s’enrichissent au détriment des pays occidentaux qui s’enfoncent dans une crise profonde. Au sein de l’Europe en crise, peut-on dire que la croissance de l’Allemagne a un quelconque effet sur des pays comme la Grèce, l’Irlande ou le Portugal ? Le « trikkle down effect » a un ennemi redoutable qui s’appelle égoïsme.

25 octobre 2011

Vous avez dit déficit ?

La situation financière de la France n’a jamais été aussi catastrophique. Le déficit budgétaire atteint plus de 150 milliards d’Euros par an. Le service de la dette est le premier poste budgétaire, avant celui de l’Éducation Nationale. Actuellement, les responsables politiques nous proposent quelques mesurettes pour résorber ce déficit et diminuer la datte souveraine. Parmi celles-ci, la plus significative est la réforme du système fiscal, antienne qui dure depuis des décennies mais qu’aucun gouvernement n’a eu le courage de mettre en œuvre. Actuellement, campagne électorale oblige, ce sujet est à nouveau à l’ordre du jour, tant dans la majorité que dans l’opposition. Cette dernière utilise cette future réforme pour financer à priori les dépenses supplémentaires qu’implique le programme gouvernemental proposé. Ceux qui agitent la lanterne du pactole des riches pour réduire, voire annuler, le déficit, ne nous montrent qu’une vessie vide et bien incapable de résoudre réellement le problème. Il s’agit, à l’évidence, d’un leurre électoral. Tout ce que pourra faire la réforme électorale promise sera de répartir autrement l’effort fiscal entre les catégories sociales, sans faire varier de façon sensible le total de l’impôt prélevé. Le revenu des 10% les plus riches représente 510 milliards d’Euros avec un taux moyen d’imposition de 35%, alors que le revenu des 50% les moins riches atteint 825 milliards d’Euros avec un taux moyen d’imposition de 45%. On voit effectivement l’injustice du système fiscal, mais on voit aussi que le gain d’un système plus juste est loin d’être à la hauteur du problème à résoudre, le déficit budgétaire dépassant actuellement 150 milliards d’Euros et l’impôt sur le revenu atteignant péniblement 60 milliards d’Euros. Comme la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, la réforme du système fiscal est une obligation de justice sociale, mais sûrement pas une solution au problème du déficit public. La réforme emblématique du gouvernement actuel est le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Cette mesure soulève un tollé dans la fonction publique qui crie à la destruction du service public. Actuellement, malgré la réduction d’un fonctionnaire sur 2, il y a plus de fonctionnaires en 2011 qu’en 2007. Il y a, en France, 90 fonctionnaires pour 1000 habitants, alors qu’aux USA, ce nombre est de 70 et qu’il est de 50 en Allemagne. Un emploi sur cinq, en France, est un emploi de fonctionnaire. De plus, bien que la recherche d’économies soit une nécessité, la création de quelques taxes folkloriques sur les sodas ou les Mutuelles, parait dérisoire devant l’ampleur du problème. Nous sommes, en effet, devant le risque d’éclatement de la zone Euro et donc de l’Europe. La solution ne réside évidemment pas dans la création de quelques impôts nouveaux au niveau national, mais dans une volonté commune des nations européennes de sortir de la crise par le haut. Il ne s’agit pas de rassurer les marchés, mais de rassurer les peuples européens.

20 octobre 2011

Espérons !

Que penser du processus des primaires socialistes ? On imagine mal le Général de Gaulle ou François Mitterrand participer à un tel processus. Leur exceptionnelle personnalité non seulement rendait impossible leur participation, mais surtout elle rendait ce processus parfaitement inutile. Le choix s’imposait sans aucune hésitation. Certes, ces primaires restent un exercice parfaitement démocratique. Mais elles ne se justifient que lorsque aucun candidat à la candidature ne se démarque. Lorsque tous les candidats ne se distinguent pas réellement les uns des autres. Lorsqu’un parti politique présente plusieurs candidats à la candidature, c’est qu’aucun d’entre eux n’émerge par d’exceptionnelles qualités. C’est-à-dire qu’il faut choisir entre des solutions qui n’enthousiasment personne. Les socialistes ont choisi leur champion pour les futures élections présidentielles de 2012. Après avoir caressé ses « primo-électeurs » dans le sens de la facilité afin de gagner son billet pour la présidentielle, espérons que le candidat désigné va enfin nous parler avec un langage de président. Espérons qu’il va sortir d’un discours du type liste des courses de Premier ministre pour aborder les vrais problèmes du pays et nous exposer sa vision de la France de demain. Quelle stratégie pour résorber la dette, comment réindustrialiser le pays et relancer l’innovation, comment remettre l’Éducation Nationale en face de ses véritables responsabilités, quel avenir pour la jeunesse, quelle stratégie pour l’Europe ? Tous ces sujets n’ont été qu’effleurés pendant les primaires. Nous sommes toujours sous la menace d’une crise sans précédent. Nous attendons maintenant que la vraie campagne commence. Mais pour cela, il serait temps que la droite entre dans le jeu et que son propre candidat entre en lice officiellement. Cela éviterait peut-être que nous assistions au triste spectacle d’une droite qui se cantonne dans la caricature ridicule des propositions de l’opposition. Espérons que les candidats sauront changer l’angoisse de l’avenir qui étreint le peuple en espérance du lendemain. Espérons, pendant que nous le pouvons encore !

14 octobre 2011

Amalgame

Elle avait des difficultés dans ses classes où elle était chahutée. Elle avait des difficultés familiales importantes. Elle était dépressive. Autant de raisons pour comprendre qu’elle ait envisagé un acte définitif. Mais comment comprendre le choix d’une tentative de suicide par le feu dans un préau d’école de Béziers, à l’heure où les enfants sont en récréation ? Comment a-t-elle pu ne pas prendre en compte la dévastation psychologique qu’a créé cette immolation par le feu sur de jeunes esprits influençables ? Elle ne pouvait ignorer l’impact que son acte et le choix du lieu et du moment allait provoquer sur les enfants, spectateurs impuissants d’un épouvantable spectacle. Il s’agit donc d’une effroyable vengeance que, seul, un esprit dérangé a pu concevoir froidement. La question se pose alors de l’aveuglement de l’encadrement et de ses confrères qui n’ont pas su, ou pas voulu, voir cette folie destructrice. L’amalgame immédiat fait par un collègue enseignant syndicaliste entre ce drame et la suppression des postes d’enseignants est indécent et n’explique rien. Pourquoi l’Education Nationale admet-elle dans ces rangs des personnels qui ne sont absolument pas faits pour enseigner ? Les candidats à la candidature socialistes ont tous insisté sur la nécessité de rénover en profondeur le système éducatif français. Espérons qu’il ne s’agit pas d’une simple promesse électorale.

12 octobre 2011

Absurde !

Les Français ont rejeté le projet de Constitution Européenne. L’Europe fonctionne donc avec les règles anciennes qui ne prévoient que l’unanimité des membres de l’Union pour prendre une décision. Le Parlement Slovaque vient de rejeter le plan de renforcement du Fond de secours de la zone Euro dont l’Europe a un urgent besoin. Ce rejet le fait du petit parti populiste SaS qui possède 22 députés au Parlement. Ainsi donc, pour des raisons purement électoralistes internes et démagogiques, 22 individus n’hésitent pas à mettre en péril l’ensemble de la zone Euro, ce qui va donner inévitablement une nouvelle vigueur aux spéculateurs pour jouer contre l’Euro. Cet état de choses est, à proprement parler, absolument insupportable aux 16 autres pays de la zone Euro qui ont tous approuvé le plan de renforcement du FEFS. Cet épisode montre l’absurdité de la règle de l’unanimité qui devient un outil de chantage pour des populistes extrémistes de tous poils. Si d’aventure l’Europe parvient à sortir de la crise dans laquelle elle est plongée depuis presque 5 ans, il sera absolument nécessaire de changer les règles de fonctionnement de l’Europe. Malheureusement, un tel changement demande la consultation des peuples européens, processus long et aléatoire puisqu’il demande, lui aussi, l’unanimité. La première conclusion qui s’impose est la constitution d’un groupe de pays européens décidant ensemble de renforcer leur coopération et d’avancer vers un fonctionnement plus fédéraliste et capable de donner à leurs peuples un véritable plan de progrès. La seconde conclusion est que le ciel nous protège de l’entrée au Parlement français de l’extrême droite !

09 octobre 2011

Déontologie

La liberté de la presse est une des grandes libertés démocratiques. Elle mérite d’être défendue. Dans une démocratie, tout pouvoir a un contre-pouvoir. La presse, comme la justice, est un contre-pouvoir au pouvoir politique. C’est pourquoi la loi protège les journalistes en les autorisant à ne pas être dans l’obligation de dévoiler les sources de leurs informations. C’est un droit. Mais, à tout droit, doit être associé un devoir. En l’occurrence, le devoir du journaliste est de s’assurer que l’information qu’il obtient de sa source est vraie avant de la publier. Il ne peut se contenter de clamer à ceux qui protestent qu’il a des sources dont il est sûr. Se satisfaire de cette seule justification est insuffisant, voire inacceptable. Car, comment être sûr de l’honnêteté de la source ? Comment être certain que l’information obtenue n’est pas polluée par un contexte trouble propre à la source ? C’est ce qui vient de se passer avec la publication par l’Express d’un article dévoilant une enquête sur Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande. La seule justification apportée par le journal est, jusqu’à présent, l’existence de sources jugées sûres par le journaliste. Ceci est manifestement insuffisant. Il est indispensable que l’Express obtienne de ses sources des preuves publiables attestant l’information. À défaut de la publication de ces preuves, l’information sera jugée comme une mauvaise opération de communication dans une période électorale, toujours propice aux rumeurs. Car, ou bien la source ne possède aucune preuve et son information n’a aucune valeur. Ou bien la source est en possession d’une preuve qui n’est pas publiable et, dans ce cas, le journaliste a le devoir de ne rien publier lui-même. Ou bien la source est en possession d’une preuve publiable et le journaliste a le devoir de la rendre publique en même temps que l’information qu’il délivre. La déontologie du journaliste impose la rigueur dans la publication d’une information.

08 octobre 2011

Les clowns

Qui ne se rappelle le discours et les démonstrations brillantes des économistes nous démontrant, il y a quelques semaines seulement, que les banques françaises étaient solides et ne craignaient absolument rien ? La démonstration s’appuyait sur la constatation que ces mêmes banques avaient rapidement fait tellement de bénéfices en un an seulement qu’elles avaient pu, sans difficulté, rembourser les prêts gouvernementaux lors de l’apogée de la crise financière en 2008, sans s’attarder sur le fait que ces bénéfices étaient issus de la spéculation. Et puis voilà qu’aujourd’hui, les mêmes économistes nous expliquent, avec la même assurance, que la recapitalisation des banques est la seule et miraculeuse solution pour sortir à nouveau ces dernières du danger de faillite qui les menace (le « credit crunch ») ! De qui se moquent-ils ? De ceux qui les prennent pour des experts et qui sollicitent leur avis et de nous en particulier. Dans le même temps, les agences de notation, ces corbeaux pyromanes de la finance, continuent sans vergogne d’allumer le feu, donnant ainsi l’impression de plus en plus forte qu’elles ont pour objectif de provoquer l’éclatement de l’Europe par la faillite de l’Euro. Elles pénalisent les états au prétexte que leur dette est trop élevée et que les plans de réduction de celles-ci ne sont pas assez drastiques, puis elles pénalisent à nouveau ces mêmes états au prétexte que les mesures prises affaiblissent la croissance et entraînent un risque de récession. Sortant du domaine économique et financier, les voilà maintenant qui investissent le domaine politique et se permettent de porter un jugement sur la crédibilité des gouvernements ! Qui les commandite ?

06 octobre 2011

Mitterrand est mort pour la seconde fois

Deux momies pathétiques ont fait leur apparition sur Canal+, en cette soirée du 5 Octobre. Il s’agit de J. Verges et de R. Dumas. Ces deux sinistres personnages cacochymes s’étaient déjà illustrés en prenant la défense de L. Bagbo. Les voilà qui courent aujourd’hui au secours de Kadhafi. La France est souillée par le discours de ces deux défenseurs de dictateurs sanguinaires. On peut se demander pourquoi une chaîne de télévision de grande diffusion donne la possibilité à ces deux clowns quasiment grabataires de s’exprimer à une heure de grande écoute. Ils sont, aujourd’hui, clairement catégorisés comme étant d’extrême droite. Quelle aurait été la réaction de F. Mitterrand s’il avait entendu les propos infamants de son ministre des Affaires Étrangères ? Il n’aurait certes pas été surpris du discours et des combats de J. Verges qui s’est fait une spécialité de prendre la défense des fripouilles. Mais, de la part de R. Dumas, ancien président du Conseil Constitutionnel ? La sénilité est-elle la seule explication ? Le numéro de clowns de ces deux sinistres personnages, parsemé de persiflages, de mensonges, de provocations, d’injures, laisse pantois. Qu’ils se taisent, qu’ils s’en aillent. On est sidéré lorsqu’on assiste à une telle pantalonnade. Ces deux hommes sont deux tâches dans la société française. Jetons-les vite dans les fosses de l’histoire pour les oublier.

02 octobre 2011

Ouvrons les yeux

Les candidats à la candidature du Parti Socialiste nous exposent leurs propositions pour la France de demain. Nous avons entendu parler d’emplois jeunes, d’interdiction de licenciements, d’exonérations fiscales, d’emplois aidés, d’économie administrée, toutes choses que nous avons entendues et essayées depuis des décennies par tous les gouvernements. Il est quelque peu préoccupant de constater que les grands problèmes prioritaires du pays n’ont pas encore été abordés, sauf partiellement par Manuel Valls. Ces problèmes ne sont pas nombreux mais absolument majeurs. Tout d’abord la dette souveraine colossale qui peut, à terme, menacer la cohésion du pays à l’instar de ce qui se passe en Grèce. Ensuite, la désindustrialisation accélérée du pays et sa perte de compétitivité globale. Enfin, un système éducatif à bout de souffle qui ne trouvera pas son salut dans la simple embauche d’enseignants supplémentaires. S’attaquer à la dette, c’est faire disparaître le déficit budgétaire chronique depuis des dizaines d’années. Pour cela, il n’y a pas d’autre moyen que de réduire les dépenses de l’État et d’augmenter les recettes. La réduction des dépenses passe obligatoirement par une amélioration importante de l’administration nationale, c’est-à-dire faire mieux avec moins de personnel. Lorsque les syndicats prétextent que la réduction du nombre de fonctionnaires augmente le chômage, ils font une démonstration supplémentaire de leur sclérose intellectuelle (ils ne sont, hélas, pas les seuls !). Si la dette diminue, les intérêts de la dette payés chaque année, et qui sont devenus le premier poste budgétaire, vont diminuer en proportion ce qui donne des marges de manœuvre à l’État pour investir dans la modernisation du pays. Augmenter les recettes demande de mettre en place un système fiscal juste et performant qui sanctionne les enrichissements amoraux comme ceux qui découlent de la spéculation, de la fraude fiscale, des rémunérations indues. C’est aussi mettre en place les seules incitations fiscales qui vaillent, c’est-à-dire celles qui incitent les entreprises à investir elles-mêmes dans l’amélioration de leur compétitivité, seule voie possible pour rendre positive la balance des échanges commerciaux et, donc, réduire la dette. La désindustrialisation du pays, quant à elle, nous entraîne immanquablement vers un pays où le tourisme va devenir la principale ressource, ce qui est l’apanage des pays sous-développés. Cette désindustrialisation a une double cause : la faillite et la délocalisation des entreprises industrielles. La cause principale des faillites provient du fait que ces entreprises sont devenues incapables de lutter contre la concurrence internationale parce que leur différenciation est devenue insuffisante. Un pays développé comme la France ne peut trouver une différentiation sur les produits basiques car il ne peut gagner la guerre des prix face aux pays en voie de développement aux coûts de main-d’œuvre très inférieurs aux notres. La seule différenciation qui vaille est l’innovation qui donne aux produits et services proposés une avance technologique ou organisationnelle. Les incitations fiscales évoquées plus haut trouvent là une cible privilégiée. Mais pour que l’innovation retrouve droit de cité dans les entreprises, en particulier dans les PME, le système éducatif national doit être repensé dans toutes ses dimensions : organisation, compétences et motivation des enseignants, systèmes pédagogiques, relations avec la recherche et l’industrie, et ceci dans le primaire, le secondaire et le supérieur. La tâche est lourde et complexe, mais l’éviter serait la pire des erreurs. La solution magique n’est certainement pas de se contenter d’embaucher des enseignants supplémentaires. Bien entendu, au-dessus de ces trois problèmes nationaux plane comme une menace le problème de l’Euro. Les candidats à la candidature n’ont pas encore dit un mot sur la façon de résoudre le problème de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande et bientôt peut-être de l’Italie. Ils n’ont pas encore dit un mot sur les relations franco-allemandes. C’est-à-dire sur la stratégie d’évitement de l’éclatement de l’Europe. Ouvrons les yeux : ces hommes et ces femmes sont-ils à la hauteur des problèmes qui vont s’imposer au futur Président de la République ? Rien n’est moins sûr.

29 septembre 2011

Le cri de la mouette

La mouette crie. C’est ainsi que l’on nomme ses vocalises si tant est que l’on puisse ainsi nommer son cri. Nous manquons d’imagination pour qualifier ce cri. Il n’y a certes rien de musical dans le piaillement de cet oiseau. Et pourtant, ce cri porte un air vif de liberté et de grands espaces. L’oiseau, en fait, ne crie pas simplement. Il faut savoir entendre sa joie d’être libre et de se jouer de l’espace en s’appuyant sur les souffles du vent. Regardez-le se laisser porter par les courants de l’air en inclinant simplement et savamment ses ailes qui s’orientent pour trouver la meilleure portance et, ainsi, la promesse d’un long voyage. Le cri de la mouette parle d’infini, d’horizons sans limites, de liberté sans entraves. Les pieds cloués au sol dans la misère du monde, nous regardons passer ce voyageur au long cours, ivre d’indépendance, libre de toutes contraintes. Pendant ce temps, nous pataugeons dans la boue des affaires nauséabondes et dans la crise morale de la société.

25 septembre 2011

La seconde mort d’Einstein ?

Une expérience de physique (Opéra) sur la plus étrange des particules élémentaires, le neutrino, semble avoir mis en évidence des particules de ce type se déplaçant (un peu) plus vite que la lumière. A peine les premiers résultats de cette expérience étaient-ils dévoilés qu’aussitôt les médias étaient saturés de scoop annonçant la mort de la théorie de la relativité générale !! Comme souvent, on s’aperçoit que les journalistes sont plus attirés par le sensationnel que par la vérité, pressés qu’ils sont d’être les premiers à annoncer un fait surprenant ou scandaleux. Tout d’abord, la vitesse limite est un concept de la Relativité Restreinte et non de la Relativité Générale. Elle attribue à la lumière (aux photons) la propriété de se déplacer avec une vitesse limite, mesurée aujourd’hui jusqu’à la douzième décimale. Elle énonce, de plus, l’équivalence entre la masse et l’énergie (E = mc2). La théorie de la Relativité Générale explique comment la matière agit sur la géométrie de l’espace-temps, cette géométrie agissant en retour sur le comportement cinétique de la matière. Dans les commentaires sur cette expérience, les physiciens sont beaucoup plus prudents (on les comprend) que les journalistes. Car l’expérience est extrêmement complexe et les résultats extrêmement surprenants. En effet, les neutrinos n’interagissent pas avec la matière d’où la difficulté de faire des expériences mettant en jeu ces particules. L’écart extrêmement faible mesuré (60 nanosecondes sur une distance de 730 km) se trouve peut-être dans la marge d’erreur de l’expérience, bien que les premières vérifications semblent indiquer le contraire. Si le résultat de l’expérience se confirmait, les explications possibles pourraient être les suivantes : 1 - on s’est trompé sur la vitesse limite qui n’est pas celle du photon. La relativité restreinte parle de vitesse limite attribuée aux photons, c’est-à-dire à la lumière, parce que ces particules sont les seules à ne pas avoir de masse. Ce qui n’est pas le cas des neutrinos puisque le neutrino électronique le plus « léger » a une masse de l’ordre de 10 eV, valeur très faible mais non nulle (en comparaison, le proton a une masse de 938 MeV). L’existence d’une vitesse limite n’est pas remise en cause. Ce qui pourrait l’être, c’est de l’attribuer à la lumière. Elle serait alors celle d’une autre particule que le photon, mais laquelle ? 2 - les neutrinos ont trouvé des raccourcis dans des dimensions supplémentaires. La théorie des supercordes, qui tente de rendre compatible la relativité générale et la physique quantique en unifiant les quatre forces fondamentales de la physique (nucléaires faible et forte, électromagnétique, gravitation), fait en effet intervenir des dimensions d’espace supplémentaires aux trois que nous connaissons parce que nous les percevons. Ces dimensions supplémentaires seraient enroulées sur elles-mêmes et seraient invisibles car le rayon de l’enroulement serait de dimension de l’ordre de la distance de Planck (10-35 m). Ces neutrinos étranges pourraient « emprunter » ces dimensions supplémentaires pour y trouver des « raccourcis ». Ainsi, ce serait le premier indice de l’existence d’une théorie globale unifiant relativité et physique quantique, c’est-à-dire les comportements des mondes macroscopique et subatomique. 3 - le concept de vitesse limite n’est pas correct, ce qui serait la plus grave remise en cause de la Relativité Restreinte. Quoi qu’il en soit, cette expérience peut être le début d’un renouveau dans la physique théorique. Est-on en attente d’un second big-bang ?

21 septembre 2011

Égoïsme

Par deux fois, les responsables politiques européens ont mis à mal le principe de solidarité. Une fois au niveau des nations en refusant de trouver un accord indispensable pour apporter l’aide dont la Grèce a un urgent besoin. Une seconde fois en refusant de reconduire les modalités d’aide alimentaire aux plus défavorisés. Dans les deux cas, la solidarité est piétinée au nom d’égoïsmes nationaux et électoraux de court terme. Ceci pose la question du devenir de l’Europe et du sens de ce projet. La crise économique renvoie tous les participants à leurs petits intérêts particuliers en faisant l’impasse sur les fondements même de l’Europe, à savoir la solidarité entre les pays et entre les citoyens. L’Allemagne est le leader amoral dans ce mouvement de renoncement. Cet égoïsme est le signe d’un renfermement des États sur eux-mêmes et conduit à s’inquiéter sur le devenir de l’Euro et de l’Europe. Le rapatriement de 500 millions d’Euros par Siemens de la France au sein de la Banque Centrale Européenne qui a son siège à Francfort est le signe que le monde financier est prêt à tirer, sans scrupule, toutes les conséquences de ces égoïsmes nationaux. Au moment où l’Europe traverse une crise sans précédent qui demanderait une collaboration renforcée entre ses membres nous assistons au triste spectacle du « chacun pour soi ».

19 septembre 2011

L’offre et la demande

La théorie économique – si tant est que l’on puisse parler de théorie en la matière – prend ses racines dans les concepts d’offre et de demande. Keynes est devenu, peut-être malgré lui, le pape de la croissance par la demande, c’est-à-dire par la consommation. Le keynésianisme a été la bible des gouvernements sociaux-démocrates. Leur credo se construit sur la croyance que les investissements de l’État provoquent une amélioration de la situation sociale par la création d’emplois. Ces derniers créent de nouveaux consommateurs qui améliorent la demande sur le marché des produits et services. Cette augmentation de la demande accélère la croissance. Ce cercle vertueux a été le moteur quasi exclusif des gouvernements français depuis des années. Or, les investissements de l’État sont financés par l’emprunt (voir le dernier « Grand Emprunt » de N. Sarkozy) et, comme tout emprunt, ce dernier augmente la dette. La destination de cet investissement est importante. S’il s’agit de créer des activités marchandes à moyen terme, les économistes parlent alors de « bonne dette » car l’emprunt doit normalement être remboursé finalement par le retour sur investissement attendu. Mais si l’investissement ne sert qu’à faire fonctionner l’État, alors il s’agit de « mauvaise dette ». Lorsqu’à cette addiction s’ajoute la mauvaise habitude d’un budget en déficit récurrent, la dette prend des proportions insoutenables. De plus, l’obsession de la croissance par la demande a poussé les gouvernements successifs à des excès dont il est difficile de sortir. Des subventions de toutes sortes ont pris la place des investissements et les secteurs aidés se sont multipliés : agriculture, élevage, pêche, emplois aidés, etc … Autant d’interventions qui n’améliorent pas la balance des paiements. Enfin, comme la demande se tourne en partie vers les produits importés moins chers, le déficit commercial, et donc la dette, ne fait qu’augmenter. De plus, les consommateurs étant sollicités au-delà du raisonnable pour s’endetter afin de consommer, à la dette publique s’ajoute la dette privée. C’est l’explosion de cette dette privée qui a provoqué la crise majeure américaine des « subprimes » en 2008, crise qui s’est étendue à toute la planète. L’alternative est une politique de l’offre, c’est-à-dire une politique qui s’évertue à améliorer la compétitivité du pays pour obtenir (enfin !) une balance des paiements positive. Encore faut-il que l’offre trouve son marché, c’est-à-dire qu’elle se différencie des compétiteurs. Mais il faut faire le bon choix. La différenciation par les prix est devenue impossible aux pays occidentaux en face des coûts de main d’œuvre des pays en voie de développement. Il ne reste que la différenciation par l’innovation, c’est-à-dire la création d’une offre innovante en avance sur celle des pays compétiteurs. Mais l’innovation ne se décrète pas (pas plus que la croissance). Elle se prépare pendant des années. Et, dans ce domaine, la France a pris un retard considérable. Sa désindustrialisation en est la preuve éclatante. L’innovation est devenue la propriété de quelques grandes entreprises, alors qu’elle devrait (comme en Allemagne) exister dans les nombreuses petites et moyennes entreprises qui, aujourd’hui, sont beaucoup trop absentes de l’exportation. Là devrait être le domaine exclusif des investissements. Malheureusement, le temps entre l’innovation et l’industrialisation est long. Ce qui veut dire que, même si les gouvernants prennent enfin les bonnes décisions, le temps sera long avant que ne se résorbe la crise de la dette. En résumé, les deux grands défis du pays sont la justice fiscale et la ré-industrialisation par l’innovation.

09 septembre 2011

Où sont les hommes d’État ?

Qui ne sait pas que la grande crise dans laquelle nous sommes plongés est celle qui a démarré en 2008 à la suite de l’énorme crise financière venant des États-Unis ? Qui ne se rappelle les discours émollients des hommes politiques au pouvoir nous expliquant en 2009 et 2010 que la France sortait indemne de la crise qui touchait à sa fin ? Qui ne se rappelle les discours rodomonts du Président de la République nous expliquant que, grâce à lui, le G20 avait pris les décisions qui s’imposaient pour lutter contre la spéculation et les marchés financiers ? Et qui ne constate aujourd’hui que pratiquement rien n’a été fait et que les dirigeants européens sont retournés à leurs préoccupations mesquines ? Le décalage entre le discours politique et la réalité devient insupportable aux citoyens. La cacophonie qui règne parmi les dirigeants politiques européens, où chacun ne défend que son petit intérêt électoral malgré la gravité de la situation, montre à l’évidence que ces derniers ont abandonné le pouvoir dans les mains malfaisantes des financiers et des spéculateurs sans morale. Mis en demeure par « les marchés » et par les agences de notation, les dirigeants politiques se sont engouffrés dans des plans de rigueur et d’économies budgétaires. On assiste alors au pitoyable spectacle des politiques se battant comme des chiffonniers autour de quelques dizaines de millions d’Euros alors que la dette est de 1700 milliards ! À chaque proposition gouvernementale, aussi ridicule soit-elle au regard de l’ampleur du problème, il y a un lobby de parlementaires qui protestent avec comme seul objectif celui de tenter de sauver leur siège. Cela montre, de la façon la plus aveuglante, que la somme des intérêts particuliers des parlementaires ne fait pas l’intérêt général du pays. Mais il y a plus grave. Les discours politiques de tous bords ne sont faits que de banalités navrantes et de généralités affligeantes ou d’opposition dogmatique. Le Parlement s’étrille autour de 1 milliard d’économies alors que le pays, c’est-à-dire les contribuables, verse 15 milliards pour « sauver » la Grèce, quand tout le monde sait que celle-ci ne remboursera jamais ! Les citoyens savent que la crise est extrêmement grave et que des mesures difficiles doivent être prises. Mais ils veulent que l’équité guide les choix et décisions indispensables. Ils constatent que l’argent va toujours vers les mêmes qui deviennent de plus en plus riches alors que la grande masse du pays s’appauvrit. La fraude fiscale, légale ou non, est l’apanage des plus aisés et représente 40 milliards par an ! La France va mal. Elle se désindustrialise et le chômage augmente de façon inquiétante. La dette ne se résorbe pas et la balance des paiements est dramatiquement négative pendant que le déficit de la Sécurité Sociale atteint des niveaux jamais vus. Le système financier national est fragilisé. L’Euro est menacé, mettant en danger la construction européenne. En face de cette situation, les politiques ne nous parlent que de réductions de dépenses sans avoir la moindre vision de la France à construire. Ils sont sans vision et sans projet. Le courage politique est une espèce en voie de disparition. Qui croit encore au discours des politiques, en dehors des militants ? Le vide du discours des responsables politiques a son image dans la caricature souvent absurde du discours des militants. La crise que nous traversons n’est pas seulement financière, économique et sociale. Elle est surtout politique : l’Europe n’a plus d’hommes politiques d’envergure.

04 septembre 2011

Morale et décence perdues

L’élargissement de DSK à peine décidé par la justice américaine que les féministes s’en prennent à cette décision. Elles fustigent cette décision au prétexte qu’il est immoral de décider d’un non-lieu pour un homme qui a eu « une relation sexuelle d’un quart d’heure sur un tapis avec une femme de ménage de 30 ans sa cadette ». Ce qu’elles condamnent, ce n’est pas le viol – qui n’a pas été établi – mais le seul fait qu’un homme est eu une relation sexuelle avec une femme plus jeune que lui. C’est l’expression d’un extrémisme qui ne peut que desservir leur cause. Indécence.
Outre-atlantique, les médias télévisuels diffusent une série qui ressemble sans vergogne à l’affaire DSK. Seuls, les noms changent. L’argent n’a pas d’honneur, dit-on, mais celui-ci sent particulièrement mauvais. Indécence
Pendant ce temps, les marchés, toujours à l’affût de spéculations juteuses, parient sur la chute d’Apple dès l’annonce de la démission de son PDG pour raisons graves de santé. Là aussi, la décence n’est pas de mise et un cancer du pancréas peut être une bonne affaire pour peu que l’on mette la morale dans sa poche. Amoralité.
« Last but not the least », les porte-parole socialistes, ayant comme seul point d’accord l’anti-Sarkozysme, condamnent les économies gouvernementales, après les avoir réclamées depuis des mois, au prétexte qu’elles vont impacter la croissance, oubliant hypocritement les efforts nécessaires de résorption de la dette. S’il est compréhensible parce qu’attendu que les syndicats fustigent les mesures d’économie, on attend plus de responsabilité de la part des politiques. Indécence.
Voilà que les fortunes de la planète plaident pour contribuer davantage à l’effort demandé au peuple pour essayer de juguler la crise financière ! Ces hommes, ayant bénéficié depuis plus de dix ans d’avantages fiscaux immoraux et sentant monter le risque d’un retour de bâton, plaident pour qu’on leur coupe le petit doigt afin de préserver leur bras enfoncé dans leur bas de laine. Indécence.
En Janvier 2010, Haïti était ravagé par un séisme majeur faisant 300.000 morts et 1,3 million de sans-abri. Plus personne ne se préoccupe de ce drame, un peu plus d’un an après, car le sujet n’est plus médiatiquement porteur. Les guerres picrocholines du PS ou de l’UMP sont tellement plus importantes ! Immoral.
Le député maire de Bègles qualifie de complaisant le certificat médical attestant que Jacques Chirac a des problèmes mémoriels liés à l’âge, suffisamment importants pour qu’il lui soit impossible de répondre valablement sur des évènements qui se sont passés il y a plus de vingt ans. La haine personnelle de ce député pour l’ancien Président de la République est tellement vivace qu’il en vient à mettre en doute l’honnêteté de médecins qu’il ne connaît pas le moins du monde. Indécent.

28 août 2011

Le virus sociétal est numérique

Les quadragénaires vous expliquent, avec une conviction qui frise la virulence, que le monde d’aujourd’hui est normé par le numérique. Que l’invasion d’Internet a transformé profondément les façons de faire et de penser. Et ils n’ont pas tort. Ils ont enfanté une génération d’enfants qui sont, de naissance, addicts des écrans de toutes natures, ordinateurs, Smartphones, Ipod, tablettes, télévision. Comment en serait-il autrement lorsque leurs parents passent la moitié de leur temps le nez sur l’écran de leur téléphone portable ou sur l’écran de leur ordinateur, pas nécessairement pour des raisons professionnelles ? Et l’on voit poindre une génération entièrement coupée du monde de leurs semblables, les yeux rivés à l’écran et les écouteurs enfoncés dans les oreilles, dont le seul Dieu est caché quelque part sur le réseau Internet. Sans s’apercevoir que ce monde numérique fourmille de stupidités, d’approximations, voire d’inexactitudes. On assiste, navrés, au spectacle d’enfants qui n’ont plus qu’un loisir, celui de jouer à des jeux objectivement sans intérêt, avec des partenaires qu’ils ne connaîtront jamais plutôt que d’avoir des échanges avec ceux qui sont dans leur environnement immédiat. Dark Vador plutôt que des amis … Ces enfants sont seuls et coupés du monde. Il est difficile de croire qu’ils sont heureux. Les réseaux dits sociaux ne le sont pas vraiment. Ils ne créent pas une communauté mais une collection d’individus isolés. Ce n’est pas la même chose.

12 août 2011

La Démocratie en danger ?

La crise financière actuelle met en lumière l’incapacité des hommes politiques à peser sur les évènements, même lorsqu’ils sont annonciateurs de catastrophes. Ce sont les acteurs financiers et le monde factice qu’ils ont créé qui imposent leurs décisions. L’impuissance du monde politique, nourrie des égoïsmes nationaux, est ressentie par tous ceux qui subissent (ou vont subir) les conséquences du jeu de massacre de ces acteurs financiers. Le peuple de l’économie réelle se sent menacé par quelque chose qui dépasse les possibilités des hommes qu’il a portés au pouvoir démocratiquement. HAL a pris le pouvoir ! Pour l’alimenter, les spéculateurs viennent d’employer l’arme fatale de la rumeur, provoquant des variations erratiques des cours de bourse. Or, comme plus les variations, à la hausse comme à la baisse, sont importantes et plus le spéculateur gagne, la rumeur devient un excellent moyen de semer la panique. L’inquiétude devient angoisse et grosse d’actes irréfléchis. Tous les débordements deviennent possibles. Tous les choix irraisonnés deviennent concevables. D’abord la révolte puis l’adoubement de celui qui, surgissant du chaos avec des promesses les plus démagogiques possibles, promettra n’importe quoi pourvu que cela ait l’apparence d’une sécurité retrouvée. Les extrémistes sont à l’affût dans de nombreux pays occidentaux. Ainsi, le comportement du Tea Party américain est symptomatique de la stratégie d’individus qui privilégient le chaos pour s’ouvrir le chemin du pouvoir. Ils ont pris le parti républicain en otage, ont systématiquement saboté les compromis avec le parti démocrate et ont mis en lumière l’impuissance du Président Obama à imposer ses solutions. Standard & Poor’s a justifié immédiatement le déclassement des USA par l’apparente incapacité des politiques à mettre en œuvre une politique d’assainissement des finances du pays. De même qu’au sein des « révolutions » arabes, les islamistes sont à l’affût, de même les extrémistes de droite le sont dans les pays occidentaux en crise profonde. N’oublions jamais que les responsables de cette crise mondiale, qui a débuté en 2007-2008, sont les financiers et les banques américains qui ont « inventé » les subprimes et leurs produits dérivés avec la bénédiction des agences de notation ! N’oublions pas non plus que les agences de notation sont restées (volontairement ?) aveugles sur les scandales Enron et WorldCom ainsi que sur la banque Lehman Brothers qui était notée AA+ par Standard & Poor’s la veille de sa faillite.

08 août 2011

Les prédateurs

Dix fois par jour, les médias parlent des « marchés ». Ceux-ci sont omniprésents dans les actualités économiques et politiques. Ce sont les marchés, selon l’inquiétude ou la confiance, qui décident des évolutions économiques des nations. Mais qui sont ces « marchés » ? Il s’agit, en fait, des marchés financiers et des matières premières, c’est-à-dire des spéculateurs qui se cachent dans les organismes financiers divers (fonds de pension, hedge founds, banques et officines de placements et leurs traders, …). On nous explique que « les marchés » sont inquiets et, donc, que la Bourse baisse. Or, ces spéculateurs, jouant à la baisse, gagnent beaucoup d’argent lorsque, effectivement, les actions boursières perdent de la valeur comme c’est le cas depuis quelques jours. Et ces profits sont rapidement mis à l’abri dans l’un des nombreux paradis fiscaux qui pullulent sur la planète. Le code du commerce interdit la vente à perte. Pourquoi n’interdit-on pas la spéculation à la baisse ? Certes, le premier point est national, le second est international. Mais un organisme tel l’OMC joue un rôle mondial sur les pratiques commerciales. Pourquoi n’y aurait-il pas un organisme mondial en charge de la surveillance de la spéculation et des pratiques financières ? À côté des spéculateurs, d’autres acteurs viennent troubler la vie des citoyens du monde. Ce sont les agences de notation Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s. Voilà des individus qui portent des jugements sur les économies nationales et que le monde entier vénère comme des oracles. Or, que se passe-t-il ? Ces agences, jugeant que tel ou tel pays supporte une dette excessive, portent alors sur ce pays un jugement négatif qui pousse le pays incriminé à prendre des mesures restrictives et d’économie. Le jugement négatif porté par ces agences a un effet immédiat sur les taux d’intérêt que les banques, toujours prêtes à flairer la bonne affaire, imposent au pays emprunteur et à ses citoyens, rendant encore plus difficile le remboursement de la dette. D’où, mécaniquement, une réduction de la consommation et un ralentissement de l’économie nationale. Les mêmes agences émettent alors de nouvelles réserves sur le pays qui prend de telles mesures au prétexte que ces mesures vont réduire la croissance attendue ! On croit rêver, mais c’est, hélas, la réalité. Les dirigeants politiques, quant à eux, se montrent impuissants devant la prédation des spéculateurs et les comportements de pompier pyromane des agences de notation. Ils restent hésitants, voire pusillanimes, devant la crise dans laquelle est plongée l’Europe, enlisés qu’ils sont par leur préoccupations électorales de court terme et par le scepticisme et l’égoïsme croissants des peuples européens.

31 juillet 2011

Comparaison n’est-elle pas raison ?

Voilà deux affaires qui ont fait le tour du monde : l’affaire DSK et la folie meurtrière de Behring Breivik. Et pourtant, quelles différences de traitement médiatique ! L’arrestation de DSK, mise ne scène et passée en boucle sur toutes les télévisions du monde et dans toutes les pages Internet de la planète, a été suivie d’un traitement médiatique effréné qui a mobilisé, et mobilise encore, toutes les associations corporatistes et féministes françaises et américaines. Chaque semaine, chaque jour, des articles fleurissent dans les hebdomadaires. Quelle est la raison profonde d’une telle médiatisation : le viol ou la personnalité internationale de DSK ? Il est légitime de se poser cette question lorsque l’on compare avec ce qui s’est passé lors du carnage, car c’est bien le mot, de la fusillade d’Utoeya à Oslo. L’individu (on ne peut pas parler d’être humain) Behring Breivik a rassemblé des jeunes gens autour de lui puis les a froidement abattus au fusil-mitrailleur, regrettant de n’avoir fait QUE 77 morts. Quelle place a-t-on donné à cette effroyable tuerie effectuée par un adepte des thèses de l’extrême droite européenne ? Traitée comme un simple fait divers par les médias, notamment français et américains, l’information a rapidement disparu et n’a suscité que peu de commentaires. La mort de 77 jeunes est-elle moins médiatique que la mise en accusation d’un « gros poisson » politique ? Utoeya donne 2 millions d’occurrences dans Google, DSK en donne 20 fois plus ! La montée inquiétante de l’extrémisme de droite en Europe, notamment du Nord, n’est-elle pas un sujet suffisamment mobilisateur pour les médias ? Cela donne l’impression que la morale sert de paillasson au marketing.

20 juillet 2011

L’Allemagne quitte l’Euro ?

L’Europe est un patchwork d’égoïsmes nationaux que les atermoiements des gouvernements européens au sujet de la dette grecque mettent magistralement en lumière, paticulièrement l’attitude de la Chancelière allemande, toujours en retrait devant toute avancée vers une meilleure coordination des économies européennes. La dette grecque, qui semble un problème insurmontable, n’en serait pas un si l’Europe était fédérale. Dans un tel système, en effet, l’Europe fédérale apparaîtrait alors comme ayant l’état financier le plus sain du monde. Malheureusement, cela restera une utopie pour très longtemps encore. Et ceci, pour une raison majeure. En effet, deux modèles économiques très différents coexistent en Europe. L’un basé sur croissance tirée par les exportations, l’autre par la consommation intérieure. Le premier modèle regroupe, entre autres, l’Allemagne, l’Autriche et le Benelux. L’autre regroupe, principalement, la France, l’Espagne et l’Italie. Deux remarques s’imposent immédiatement. La première est que la spéculation internationale s’attaque à ce dernier groupe dont le modèle économique lui semble logiquement le plus fragile. La seconde est qu’une croissance basée principalement sur la consommation permet aux politiques et aux syndicats de tenir un discours électoraliste, basé sur l’augmentation des salaires et des revenus afin de soutenir cette consommation, au risque de relancer l’inflation. Mais la consommation pousse à la hausse les importations (les produits des pays émergents sont les moins chers) et donc au déficit de la balance des paiements et donc, à terme, à l’augmentation de la dette. Pour résorber leur dette, ces pays n’ont que deux moyens : réduire les dépenses (c’est-à-dire mettre en place des plans d’austérité qui obèrent l’avenir et exacerbent les mécontentements) et/ou relancer leurs exportations insuffisantes pour rééquilibrer leur balance des paiements. Un Euro trop fort (par rapport au dollar) est alors un handicap alors que ce n’en est pas un pour l’Allemagne qui exporte principalement en Europe et dont la qualité reconnue des produits supporte ce handicap. La voie est donc étroite si les responsables politiques ont vraiment la volonté de trouver une solution qui mette fin à la spéculation prédatrice internationale. Et cette voie passe nécessairement par un minimum de solidarité européenne, c’est-à-dire finalement par le « rachat » de la dette des pays excessivement endettés par les autres et, au premier rang, par l’Allemagne. L’Europe court alors le risque de voir les contribuables allemands refuser de payer pour ceux qu’ils considèrent comme des irresponsables et, en fin de compte sortir de la zone Euro, entraînant avec elle l’Autriche et le Benelux. On verrait alors se créer deux zones économiques avec deux euros différents et, au bout du compte, la fin de l’Europe. La situation est difficile, mais, rassurez-vous, le pire est à venir !

16 juillet 2011

Primaires, piège à c… ?

Les inscriptions aux primaires socialistes sont closes. Nous connaissons, en principe, les candidats. Nous les connaissions d’ailleurs depuis longtemps, au moins pour cinq d’entre eux et ces inscriptions sont donc sans aucune surprise. Le seul réel événement est la mise hors jeu de DSK. À l’issue d’une campagne interne qui débute donc, en théorie, aujourd’hui, nous connaîtrons le candidat officiel du Parti Socialiste à la Présidence de la République. Que peut-on attendre de cette future campagne ? Le Parti Socialiste a choisi d’élaborer un programme préliminaire qui est sensé s’imposer à tous les candidats. Sur quoi va donc porter la campagne ? Quelles seront les différences programmatiques des candidats ? Bien sûr, chacun va tenter de construire sa différence, mais il est à craindre que les écarts ne soient minces, car aucun n’osera se démarquer clairement du sacro-saint programme du Parti. De plus, si des différences existent malgré tout, chacun va s’efforcer de les taire afin de ne pas donner à la majorité le temps de fourbir ses contre-attaques pour la véritable campagne électorale de 2012. Sur quoi allons-nous donc choisir le candidat socialiste ? Nous avons à choisir le candidat à la Présidentielle, c’est-à-dire celui ou celle qui peut, dans un avenir proche, endosser la responsabilité suprême. On souhaiterait donc pouvoir choisir sur de grandes idées, de grands choix. Il est à craindre que le principe de ces primaires n’empêche un tel choix. Si ce n’est sur les idées, il ne reste alors que les personnalités. Et porter la bataille sur les personnes c’est ouvrir la porte aux rumeurs et aux calomnies qui commencent d’ailleurs à poindre. Donner le champ libre aux rumeurs, c’est aussi le donner à la désinformation. La contre-attaque de Martine Aubry sur le début de rumeurs qui coure sur son compte n’en est-elle pas ? Les Français adorant la théorie du complot, il ne faut pas s’étonner que les rumeurs se propagent aussi vite. Les primaires socialistes risquent soit de s’enliser dans la banalité et l’ennui, soit dans la vulgarité. Et comme l’esprit moutonnier caractérise la classe politique française, la contagion est à craindre et le risque est grand que la campagne présidentielle proprement dite ne sombre dans les petites phrases et les attaques personnelles, laissant aux oubliettes les défis extraordinairement dangereux auxquels la France est confrontée.

15 juillet 2011

Marseille à la dérive

C’était le fleuron des ports français. C’est maintenant une zone de non-droit. Les règlements de comptes dans le milieu du grand banditisme sont devenus tellement fréquents qu’ils sont devenus banals. On mitraille dans les cafés, on assassine dans la rue. La banlieue marseillaise sombre dans la délinquance généralisée et dans le commerce de la drogue. Les vols à main armée et aux distributeurs bancaires, le braquage des commerçants sont devenus une banalité quotidienne (en moyenne, 26 agressions par jour). Les trains sont attaqués et vandalisés comme au Far-West. Les syndicats se sont livrés à la piraterie maritime. La corruption, le clanisme et le clientélisme sont devenus les règles de gestion de la ville. Les pots-de-vin rythment la passation des marchés. Le trafic règle la vie des prisons grâce à la corruption des surveillants. L’insécurité règne dans les établissements scolaires. L’activité du port décline irrémédiablement à cause des grèves incessantes et injustifiées. Les bateaux se détournent vers Hambourg ou Anvers car le surcoût du déplacement est beaucoup moins élevé que celui d’une attente sans fin de leur déchargement. Le fonctionnement du Conseil Général est pour le moins douteux, pratiquant l’intimidation et un usage obscur de l’argent public, tandis que la mairie reste impuissante devant une délinquance galopante. Le chômage devient endémique. Le communautarisme grandit. Comment un gouvernement national et ses représentants locaux peuvent-ils admettre de telles dérives ? Comment peut-on admettre qu’il existe une grande ville qui devienne peu à peu le Chicago français ? Qui s’en indigne ? Que fait-on ? Pourquoi cette passivité ?