28 août 2006

Nucléaire ou pas ?

Le débat et le discours sur le nucléaire sont toujours tronqués parce qu’idéologiques ou partisans. Il est relancé aujourd’hui par la mise en chantier des générateurs de troisième génération. En effet, qu’entend-on ? Les « anti-nucléaires » parlent, à juste titre, de démarche non démocratique, au prétexte que le « peuple » n’est pas consulté avant toute décision à ce sujet. Peut-on un instant croire qu’un tel sujet peut être soumis à la décision du « peuple » ? Qui possède les informations nécessaires pour décider en ce domaine ? Qui possède assez de connaissances sur les solutions éventuelles de remplacement ? Qui connaît les chiffres indispensables pour toute prise de décision ? Imagine-t-on un gouvernement organiser un référendum pour décider de l’utilisation de l’armée ? La démocratie directe ne peut pas être systématique et la délégation de pouvoir, base de la démocratie, reste la seule organisation sociétale envisageable. L’avenir énergétique de la planète est au cœur du problème et toute attitude démagogique en la matière est irresponsable. Le développement des sociétés occidentales s’est construit sur l’utilisation du pétrole. Et il n’y a pas de progrès social sans développement économique. Le pétrole est ainsi le carburant de ce progrès et,sans lui, il ne peut plus y avoir d’amélioration de la condition humaine et sociétale. Or, quelle est la situation ? L’arrivée sur le marché mondial de nouveaux compétiteurs, tels que la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud, le Sud-est asiatique qui s’ajoutent aux gros consommateurs que sont les USA et l’Union Européenne, fait que la demande énergétique est plus élevée que l’offre. La différence est telle que le prix du baril passe de 5 à 10$ à l’extraction pour atteindre plus de 70$ à la vente. Et, bien entendu, les spéculateurs se sont emparés de la situation, ce qui pousse les prix à la hausse. C’est ce qui explique que les 5 plus grandes compagnies pétrolières ont réalisé un bénéfice de plus de 100 milliards de $ par an depuis 2000. Et le mouvement à la hausse ne peut que se poursuivre, les réserves ne dépassant pas 80 ans d’utilisation. Les seules alternatives crédibles sont les économies d’énergie et le nucléaire. Encore faut-il préciser ces points. La moitié de la consommation de pétrole est consacrée aux transports et, seulement, 10% à la fabrication d’électricité. Il est possible, pour les transports, d’envisager l’utilisation de carburants alternatifs provenant de l’agriculture. Mais, à moins de consacrer la presque totalité des surfaces agricoles à la production du carburant vert, ce dernier sera toujours marginal et sa plus grande utilité sera de fournir un revenu complémentaire aux agriculteurs. Les émissions de CO2 sont de l’ordre de 25 milliards de tonnes par an. Le remplacement du pétrole par le charbon, dont les réserves sont extrêmement importantes, ne peut qu’aggraver ce volume de ces émissions … et les canicules de 2003 et 2006, la violence des cyclones et des pluies, nous rappellent que les conséquences en sont devenues visibles. En Allemagne, où « la sortie du nucléaire » est en cours (pour des raisons purement électorales), le charbon a repris de l’importance créant une augmentation préoccupante des pluies acides, ce qui n’est pas vraiment une amélioration de l’environnement. Où sont donc les solutions ? D’abord dans la recherche à long terme, car, même si la disparition du pétrole est éloignée (80 ans n’est pas si long), elle est inéluctable … et gouverner c’est prévoir non pas uniquement à l’horizon des prochaines échéances électorales ! Pour l’électricité, le remplacement du pétrole par les énergies alternatives dites renouvelables relève du phantasme. On a déjà vu ce qu’il en était du « pétrole vert ». Pour obtenir par l’énergie éolienne l’équivalent de la consommation électrique française, il faudrait couvrir le territoire de tours éoliennes !! On ne peut pas dire que l’environnement en serait amélioré. Cette énergie ne peut être qu’une énergie d’appoint pouvant servir à écrêter les pointes de consommation, rien de plus. L’énergie des marées ne pourra pas non plus être autre chose qu’un appoint localisé dans les endroits favorables qui ne sont pas nombreux. L’énergie solaire restera une solution de niveau individuel et ne pourra s’implanter ni dans l’industrie, ni dans les transports. Il reste donc le nucléaire. Fission et fusion sont les deux aspects du problème. Seule, la fission est aujourd’hui maîtrisée. Elle fonctionne avec de l’Uranium U235 dont les réserves représentent environ 2 siècles. L’inconvénient majeur de ce processus est la création de déchets dont on ne sait trop que faire. De plus, les centrales actuelles vont arriver en fin de vie et la question se pose donc de savoir par quoi les remplacer. En effet, l’utilisation de la fission de l’Uranium U238 dans un nouveau type de centrale appelé surgénérateurs permet un meilleur rendement, fournit des produits de combustion qui peuvent être réintroduits dans le réacteur, des déchets moins difficiles à traiter et dont le combustible possède plusieurs centaines d’années de réserve. La difficulté principale provient du fluide de refroidissement qui, aujourd’hui, se trouve être du sodium liquide particulièrement corrosif. Mais, que se soit l’uranium 235 ou 238, les réserves sont nécessairement limitées et les deux procédés produisent des déchets radioactifs. Il n’en est pas de même pour la fusion nucléaire qui ne produit que de l’eau et consume de l’hydrogène, substance illimitée … à l’horizon de l’espèce humaine. Mais le procédé est très loin d’être maîtrisé et nécessite de très longues recherches qu’il est temps d’entreprendre (ITER). À moyen et long terme, la production d’énergie à partir de l’hydrogène permettra de répondre aux besoins énergétiques et du transport. Il n’y a pas d’alternative crédible.

Les chiffres
1 – Pétrole
• dmede>offre ‡ Chine,Inde, Brésil, Corée, E.S Asiatique, USA, UE
• bénéfices des 5 + grandes cies pétrolières : 100 milliards $ en 2000
• prix du baril : 5 à 10 $ à l’extraction ‡ 50 à 80 $ à la vente
• utilisations du pétrole : 50%->transport, 25%->chauffage, 10%->électricité
15%->chimie+agriculture+pharmacie
• économies possibles : environ 50%
• réserves : 40 à 50 ans voire 80 ans
• émission de CO2 = 25 milliards de tonnes/an ‡ 40% = électricité, 22% = transports
25% = sidérurugie+cimenterie
En Allemagne-> abandon du nucléaire‡ charbon ‡ CO2 ‡ pluies acides
2 – Nucléaire
• 2 siècles de réserve de U235
• accidents potentiels : nouveaux = Corée, Pakistan, Iran, Inde
anciens = Ukraine (Tchernobyl), Bielaruss, Russie
• surgénérateurs : plusieurs milliers d’années de réserve de U238 (en France : 400 ans)
• ITER : 100 ans de recherche

1 commentaire:

Sandra White a dit…

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