12 juin 2008

La courbe de Phillips-2

J’ai déjà mentionné la Courbe de Phillips, outil des économistes. Sous ce vocable à l’apparence scientifique, se cache comme souvent une série d’évidences. Si le chômage diminue, la demande augmente, donc les prix augmentent et l’inflation également. Par contre, si le chômage augmente, la demande diminue et l’offre devient surabondante entraînant une pression à la baisse sur les prix. L’inflation diminue. La courbe de Phillips nous dit donc : chômage ou inflation, il faut choisir ! Mais cette « loi » ne fait pas la distinction entre deux types d’inflation très différents : l’inflation endogène et l’inflation exogène. L’inflation endogène est celle due à la pression à la hausse qu’induit une augmentation de la demande (logement). C’est celle prise en compte dans la courbe de Phillips. Par contre, l’inflation exogène est celle que subissent actuellement les pays consommateurs de matières premières (pétrole, produits agricoles). Lorsque les pays producteurs de pétrole, complices de la spéculation internationale, refusent d’adapter le niveau de production à la demande, les prix de l’énergie fossile s’envolent. Le même phénomène existe pour les matières premières agricoles. Cette hausse des prix se répercute sur le prix des produits fabriqués et importés en France, provoquant un record de hausse des prix. Cette hausse touche essentiellement l’alimentation, le transport, le chauffage. Elle entraîne donc une baisse généralisée de la demande qui, à terme, va nécessairement provoquer une adaptation de l’offre qui va également diminuer, entraînant une moindre offre d’emploi, donc une augmentation du chômage. C’est-à-dire une évolution inflation-chômage inverse de celle de la courbe de Phillips. Attendons-nous donc à voir le chômage repartir à la hausse. On sait que les économistes sont incapables de la moindre prévision. Ils pourraient faire cette dernière, tellement elle est évidente. Espérons qu’il y a, au gouvernement, quelques esprits simples capables de faire cette prévision et de préparer des mesures coorectives. Il ne faut pourtant pas réver.
Il existe une autre croyance qui fait le catéchisme de l'actuel directeur de la Banque Centrale Européenne : les taux d'intérêt élevés permettent d'éviter l'inflation. C'est pourquoi, depuis des mois, la BCE augmente ces taux contrairement à ce que fait la Banque Férérale Américaine. Le résultat est que le dollar baisse fortement par rapport à l'Euro, grâce aux spéculateurs financiers (!), et, donc, que le prix du pétrole (payé en dollars) augmente, les producteurs voulant à tout prix préserver leurs profits.Donc, taux d'intérêt élevés et inflation peuvent faire bon ménage si on se trompe dans l'analyse.Inflation en hausse, menace de reprise du chômage, taux d’intérêt élevés, voilà une constatation irréfragable qui doit plonger les économistes dans des affres hypnagogiques !

Aucun commentaire: