Voilà deux affaires qui ont fait le tour du monde : l’affaire DSK et la folie meurtrière de Behring Breivik. Et pourtant, quelles différences de traitement médiatique ! L’arrestation de DSK, mise ne scène et passée en boucle sur toutes les télévisions du monde et dans toutes les pages Internet de la planète, a été suivie d’un traitement médiatique effréné qui a mobilisé, et mobilise encore, toutes les associations corporatistes et féministes françaises et américaines. Chaque semaine, chaque jour, des articles fleurissent dans les hebdomadaires. Quelle est la raison profonde d’une telle médiatisation : le viol ou la personnalité internationale de DSK ? Il est légitime de se poser cette question lorsque l’on compare avec ce qui s’est passé lors du carnage, car c’est bien le mot, de la fusillade d’Utoeya à Oslo. L’individu (on ne peut pas parler d’être humain) Behring Breivik a rassemblé des jeunes gens autour de lui puis les a froidement abattus au fusil-mitrailleur, regrettant de n’avoir fait QUE 77 morts. Quelle place a-t-on donné à cette effroyable tuerie effectuée par un adepte des thèses de l’extrême droite européenne ? Traitée comme un simple fait divers par les médias, notamment français et américains, l’information a rapidement disparu et n’a suscité que peu de commentaires. La mort de 77 jeunes est-elle moins médiatique que la mise en accusation d’un « gros poisson » politique ? Utoeya donne 2 millions d’occurrences dans Google, DSK en donne 20 fois plus ! La montée inquiétante de l’extrémisme de droite en Europe, notamment du Nord, n’est-elle pas un sujet suffisamment mobilisateur pour les médias ? Cela donne l’impression que la morale sert de paillasson au marketing.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
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31 juillet 2011
Comparaison n’est-elle pas raison ?
Voilà deux affaires qui ont fait le tour du monde : l’affaire DSK et la folie meurtrière de Behring Breivik. Et pourtant, quelles différences de traitement médiatique ! L’arrestation de DSK, mise ne scène et passée en boucle sur toutes les télévisions du monde et dans toutes les pages Internet de la planète, a été suivie d’un traitement médiatique effréné qui a mobilisé, et mobilise encore, toutes les associations corporatistes et féministes françaises et américaines. Chaque semaine, chaque jour, des articles fleurissent dans les hebdomadaires. Quelle est la raison profonde d’une telle médiatisation : le viol ou la personnalité internationale de DSK ? Il est légitime de se poser cette question lorsque l’on compare avec ce qui s’est passé lors du carnage, car c’est bien le mot, de la fusillade d’Utoeya à Oslo. L’individu (on ne peut pas parler d’être humain) Behring Breivik a rassemblé des jeunes gens autour de lui puis les a froidement abattus au fusil-mitrailleur, regrettant de n’avoir fait QUE 77 morts. Quelle place a-t-on donné à cette effroyable tuerie effectuée par un adepte des thèses de l’extrême droite européenne ? Traitée comme un simple fait divers par les médias, notamment français et américains, l’information a rapidement disparu et n’a suscité que peu de commentaires. La mort de 77 jeunes est-elle moins médiatique que la mise en accusation d’un « gros poisson » politique ? Utoeya donne 2 millions d’occurrences dans Google, DSK en donne 20 fois plus ! La montée inquiétante de l’extrémisme de droite en Europe, notamment du Nord, n’est-elle pas un sujet suffisamment mobilisateur pour les médias ? Cela donne l’impression que la morale sert de paillasson au marketing.
19 février 2009
Le sens des mots
Le 17 Février 2009, un homme a été abattu par balle à Pointe-à-Pitre, lors des émeutes qui ont enflammé la ville durant toute la nuit du Mardi au Mercredi. Au journal de France Inter de midi, le lendemain, le (la, en l’occurrence) journaliste a présenté cet assassinat comme étant la conséquence de la « colère » des jeunes. Je suis resté un moment interdit en entendant ce commentaire. Certes, le français est une langue en perte de vitesse dans son propre pays. L’utilisation abusive du sabir SMS et d’un volapuk de plus en plus incompréhensible ont fait perdre à un nombre de plus en plus grand de Français la connaissance de leur langue, vieille de plus de deux millénaires. Or la langue est le ciment d’un peuple. Perdre sa langue, c’est oublier son histoire, c’est rompre une communauté. Il n’est que de constater l’invraisemblable ignorance d’un nombre de plus en plus important de jeunes élèves concernant l’orthographe et la grammaire. La langue française périclite de façon dramatique. On aurait pu espérer que les médias, tellement présentes dans tous les instants de la vie, pourraient participer au sauvetage de celle-ci. Hélas, les fautes de langage font flores et il ne se passe pas un jour sans que l’on entende une faute de français, un néologisme, un barbarisme, une floraison de liaisons inadéquates, de contresens et de faux-sens, telle l’utilisation du mot « colère » dans le journal de France Inter évoqué ci-dessus. La colère est un sentiment de révolte qui fait suite à une injustice, une blessure, une injure, un refus et qui se manifeste envers celui qui en est la cause. L’homme qui a perdu la vie ce soir-là, sur une route de la Guadeloupe avait comme seul tord de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Le sniper qui l’a abattu n’avait aucun grief envers cet homme. Il ne s’agit donc, en aucun cas, d’un geste de colère mais d’une insondable bêtise. Évoquer la colère suggère qu’il existe une raison à celle-ci et qu’elle est donc compréhensible. Il ne peut y avoir de compréhension envers un meurtre sans raison.
28 janvier 2009
Où se niche la bêtise ?
Au journal de 13 h. d’aujourd’hui sur France Inter, à propos des manifestations de demain Jeudi 29 Janvier, la station de radio, dans le cadre d’un micro-trottoir, a sélectionné un certain nombre de déclarations dont celle d’un homme en colère qui disait : « J’ai du mal à boucler le mois avec mon enfant et pendant ce temps-là, Sarkozy n’arrête pas de faire des voyages ! C’est inadmissible ! ». On est confondu par autant de bêtise et l’on a envie de dire à ce monsieur :
« …Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot ! »
Mais, à y réfléchir un instant, on peut se demander où se cache la véritable bêtise. Cet homme se bât avec les difficultés grandissantes de la vie et on peut comprendre que la colère altère son jugement. Mais quels sont les critères utilisés par la station de radio pour sélectionner cette déclaration au milieu de tous les micro-trottoirs réalisés pour cette émission ? Ce n’est certes pas la pertinence ni l’intelligence de la dite déclaration. Alors ? Il reste l’envie de la provocation pour alimenter l’audience à tout prix. Aurait-on les médias les plus bêtes du monde ?
« …Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot ! »
Mais, à y réfléchir un instant, on peut se demander où se cache la véritable bêtise. Cet homme se bât avec les difficultés grandissantes de la vie et on peut comprendre que la colère altère son jugement. Mais quels sont les critères utilisés par la station de radio pour sélectionner cette déclaration au milieu de tous les micro-trottoirs réalisés pour cette émission ? Ce n’est certes pas la pertinence ni l’intelligence de la dite déclaration. Alors ? Il reste l’envie de la provocation pour alimenter l’audience à tout prix. Aurait-on les médias les plus bêtes du monde ?
17 octobre 2008
Le verbiage des médias
Bouleversement, cataclysme, crise, krach, catastrophe, désastre, tsunami, plongeon, naufrage, maelström, ravage, séisme, troubles, marasme, tourmente, sans oublier l’incontournable yo-yo, je suis impressionné par la richesse de vocabulaire des médias parlant de la crise financière actuelle. On entend pourtant à longueur d’émissions tous ces « so-called experts », qui foisonnent tellement qu’on a l’impression d’une génération spontanée, nous expliquer que le mécanisme fondamental de l’économie est la confiance.. J’ai la vague impression qu’il est difficile d’instaurer ou de restaurer la moindre confiance lorsque l’on entend ce vocabulaire alarmiste à chaque heure de chaque jour, quand ce n’est pas pendant la nuit ! Mais il est tellement plus spectaculaire de parler de tsunami que de simples difficultés et les médias ne savent pas résister au besoin du spectaculaire. Ils sont lancés dans une surenchère verbale qui navigue entre la prosopopée amphigourique et la brève de comptoir et dont il est évident qu’ils se délectent. C’est comme pour les partis politiques : on a les médias qu’on mérite !
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