Qui ne sait pas que la grande crise dans laquelle nous sommes plongés est celle qui a démarré en 2008 à la suite de l’énorme crise financière venant des États-Unis ? Qui ne se rappelle les discours émollients des hommes politiques au pouvoir nous expliquant en 2009 et 2010 que la France sortait indemne de la crise qui touchait à sa fin ? Qui ne se rappelle les discours rodomonts du Président de la République nous expliquant que, grâce à lui, le G20 avait pris les décisions qui s’imposaient pour lutter contre la spéculation et les marchés financiers ? Et qui ne constate aujourd’hui que pratiquement rien n’a été fait et que les dirigeants européens sont retournés à leurs préoccupations mesquines ? Le décalage entre le discours politique et la réalité devient insupportable aux citoyens. La cacophonie qui règne parmi les dirigeants politiques européens, où chacun ne défend que son petit intérêt électoral malgré la gravité de la situation, montre à l’évidence que ces derniers ont abandonné le pouvoir dans les mains malfaisantes des financiers et des spéculateurs sans morale. Mis en demeure par « les marchés » et par les agences de notation, les dirigeants politiques se sont engouffrés dans des plans de rigueur et d’économies budgétaires. On assiste alors au pitoyable spectacle des politiques se battant comme des chiffonniers autour de quelques dizaines de millions d’Euros alors que la dette est de 1700 milliards ! À chaque proposition gouvernementale, aussi ridicule soit-elle au regard de l’ampleur du problème, il y a un lobby de parlementaires qui protestent avec comme seul objectif celui de tenter de sauver leur siège. Cela montre, de la façon la plus aveuglante, que la somme des intérêts particuliers des parlementaires ne fait pas l’intérêt général du pays. Mais il y a plus grave. Les discours politiques de tous bords ne sont faits que de banalités navrantes et de généralités affligeantes ou d’opposition dogmatique. Le Parlement s’étrille autour de 1 milliard d’économies alors que le pays, c’est-à-dire les contribuables, verse 15 milliards pour « sauver » la Grèce, quand tout le monde sait que celle-ci ne remboursera jamais ! Les citoyens savent que la crise est extrêmement grave et que des mesures difficiles doivent être prises. Mais ils veulent que l’équité guide les choix et décisions indispensables. Ils constatent que l’argent va toujours vers les mêmes qui deviennent de plus en plus riches alors que la grande masse du pays s’appauvrit. La fraude fiscale, légale ou non, est l’apanage des plus aisés et représente 40 milliards par an ! La France va mal. Elle se désindustrialise et le chômage augmente de façon inquiétante. La dette ne se résorbe pas et la balance des paiements est dramatiquement négative pendant que le déficit de la Sécurité Sociale atteint des niveaux jamais vus. Le système financier national est fragilisé. L’Euro est menacé, mettant en danger la construction européenne. En face de cette situation, les politiques ne nous parlent que de réductions de dépenses sans avoir la moindre vision de la France à construire. Ils sont sans vision et sans projet. Le courage politique est une espèce en voie de disparition. Qui croit encore au discours des politiques, en dehors des militants ? Le vide du discours des responsables politiques a son image dans la caricature souvent absurde du discours des militants. La crise que nous traversons n’est pas seulement financière, économique et sociale. Elle est surtout politique : l’Europe n’a plus d’hommes politiques d’envergure.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
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09 septembre 2011
Où sont les hommes d’État ?
Qui ne sait pas que la grande crise dans laquelle nous sommes plongés est celle qui a démarré en 2008 à la suite de l’énorme crise financière venant des États-Unis ? Qui ne se rappelle les discours émollients des hommes politiques au pouvoir nous expliquant en 2009 et 2010 que la France sortait indemne de la crise qui touchait à sa fin ? Qui ne se rappelle les discours rodomonts du Président de la République nous expliquant que, grâce à lui, le G20 avait pris les décisions qui s’imposaient pour lutter contre la spéculation et les marchés financiers ? Et qui ne constate aujourd’hui que pratiquement rien n’a été fait et que les dirigeants européens sont retournés à leurs préoccupations mesquines ? Le décalage entre le discours politique et la réalité devient insupportable aux citoyens. La cacophonie qui règne parmi les dirigeants politiques européens, où chacun ne défend que son petit intérêt électoral malgré la gravité de la situation, montre à l’évidence que ces derniers ont abandonné le pouvoir dans les mains malfaisantes des financiers et des spéculateurs sans morale. Mis en demeure par « les marchés » et par les agences de notation, les dirigeants politiques se sont engouffrés dans des plans de rigueur et d’économies budgétaires. On assiste alors au pitoyable spectacle des politiques se battant comme des chiffonniers autour de quelques dizaines de millions d’Euros alors que la dette est de 1700 milliards ! À chaque proposition gouvernementale, aussi ridicule soit-elle au regard de l’ampleur du problème, il y a un lobby de parlementaires qui protestent avec comme seul objectif celui de tenter de sauver leur siège. Cela montre, de la façon la plus aveuglante, que la somme des intérêts particuliers des parlementaires ne fait pas l’intérêt général du pays. Mais il y a plus grave. Les discours politiques de tous bords ne sont faits que de banalités navrantes et de généralités affligeantes ou d’opposition dogmatique. Le Parlement s’étrille autour de 1 milliard d’économies alors que le pays, c’est-à-dire les contribuables, verse 15 milliards pour « sauver » la Grèce, quand tout le monde sait que celle-ci ne remboursera jamais ! Les citoyens savent que la crise est extrêmement grave et que des mesures difficiles doivent être prises. Mais ils veulent que l’équité guide les choix et décisions indispensables. Ils constatent que l’argent va toujours vers les mêmes qui deviennent de plus en plus riches alors que la grande masse du pays s’appauvrit. La fraude fiscale, légale ou non, est l’apanage des plus aisés et représente 40 milliards par an ! La France va mal. Elle se désindustrialise et le chômage augmente de façon inquiétante. La dette ne se résorbe pas et la balance des paiements est dramatiquement négative pendant que le déficit de la Sécurité Sociale atteint des niveaux jamais vus. Le système financier national est fragilisé. L’Euro est menacé, mettant en danger la construction européenne. En face de cette situation, les politiques ne nous parlent que de réductions de dépenses sans avoir la moindre vision de la France à construire. Ils sont sans vision et sans projet. Le courage politique est une espèce en voie de disparition. Qui croit encore au discours des politiques, en dehors des militants ? Le vide du discours des responsables politiques a son image dans la caricature souvent absurde du discours des militants. La crise que nous traversons n’est pas seulement financière, économique et sociale. Elle est surtout politique : l’Europe n’a plus d’hommes politiques d’envergure.
04 septembre 2011
Morale et décence perdues
L’élargissement de DSK à peine décidé par la justice américaine que les féministes s’en prennent à cette décision. Elles fustigent cette décision au prétexte qu’il est immoral de décider d’un non-lieu pour un homme qui a eu « une relation sexuelle d’un quart d’heure sur un tapis avec une femme de ménage de 30 ans sa cadette ». Ce qu’elles condamnent, ce n’est pas le viol – qui n’a pas été établi – mais le seul fait qu’un homme est eu une relation sexuelle avec une femme plus jeune que lui. C’est l’expression d’un extrémisme qui ne peut que desservir leur cause. Indécence.
Outre-atlantique, les médias télévisuels diffusent une série qui ressemble sans vergogne à l’affaire DSK. Seuls, les noms changent. L’argent n’a pas d’honneur, dit-on, mais celui-ci sent particulièrement mauvais. Indécence
Pendant ce temps, les marchés, toujours à l’affût de spéculations juteuses, parient sur la chute d’Apple dès l’annonce de la démission de son PDG pour raisons graves de santé. Là aussi, la décence n’est pas de mise et un cancer du pancréas peut être une bonne affaire pour peu que l’on mette la morale dans sa poche. Amoralité.
« Last but not the least », les porte-parole socialistes, ayant comme seul point d’accord l’anti-Sarkozysme, condamnent les économies gouvernementales, après les avoir réclamées depuis des mois, au prétexte qu’elles vont impacter la croissance, oubliant hypocritement les efforts nécessaires de résorption de la dette. S’il est compréhensible parce qu’attendu que les syndicats fustigent les mesures d’économie, on attend plus de responsabilité de la part des politiques. Indécence.
Voilà que les fortunes de la planète plaident pour contribuer davantage à l’effort demandé au peuple pour essayer de juguler la crise financière ! Ces hommes, ayant bénéficié depuis plus de dix ans d’avantages fiscaux immoraux et sentant monter le risque d’un retour de bâton, plaident pour qu’on leur coupe le petit doigt afin de préserver leur bras enfoncé dans leur bas de laine. Indécence.
En Janvier 2010, Haïti était ravagé par un séisme majeur faisant 300.000 morts et 1,3 million de sans-abri. Plus personne ne se préoccupe de ce drame, un peu plus d’un an après, car le sujet n’est plus médiatiquement porteur. Les guerres picrocholines du PS ou de l’UMP sont tellement plus importantes ! Immoral.
Le député maire de Bègles qualifie de complaisant le certificat médical attestant que Jacques Chirac a des problèmes mémoriels liés à l’âge, suffisamment importants pour qu’il lui soit impossible de répondre valablement sur des évènements qui se sont passés il y a plus de vingt ans. La haine personnelle de ce député pour l’ancien Président de la République est tellement vivace qu’il en vient à mettre en doute l’honnêteté de médecins qu’il ne connaît pas le moins du monde. Indécent.
28 août 2011
Le virus sociétal est numérique
Les quadragénaires vous expliquent, avec une conviction qui frise la virulence, que le monde d’aujourd’hui est normé par le numérique. Que l’invasion d’Internet a transformé profondément les façons de faire et de penser. Et ils n’ont pas tort. Ils ont enfanté une génération d’enfants qui sont, de naissance, addicts des écrans de toutes natures, ordinateurs, Smartphones, Ipod, tablettes, télévision. Comment en serait-il autrement lorsque leurs parents passent la moitié de leur temps le nez sur l’écran de leur téléphone portable ou sur l’écran de leur ordinateur, pas nécessairement pour des raisons professionnelles ? Et l’on voit poindre une génération entièrement coupée du monde de leurs semblables, les yeux rivés à l’écran et les écouteurs enfoncés dans les oreilles, dont le seul Dieu est caché quelque part sur le réseau Internet. Sans s’apercevoir que ce monde numérique fourmille de stupidités, d’approximations, voire d’inexactitudes. On assiste, navrés, au spectacle d’enfants qui n’ont plus qu’un loisir, celui de jouer à des jeux objectivement sans intérêt, avec des partenaires qu’ils ne connaîtront jamais plutôt que d’avoir des échanges avec ceux qui sont dans leur environnement immédiat. Dark Vador plutôt que des amis … Ces enfants sont seuls et coupés du monde. Il est difficile de croire qu’ils sont heureux. Les réseaux dits sociaux ne le sont pas vraiment. Ils ne créent pas une communauté mais une collection d’individus isolés. Ce n’est pas la même chose.
12 août 2011
La Démocratie en danger ?
La crise financière actuelle met en lumière l’incapacité des hommes politiques à peser sur les évènements, même lorsqu’ils sont annonciateurs de catastrophes. Ce sont les acteurs financiers et le monde factice qu’ils ont créé qui imposent leurs décisions. L’impuissance du monde politique, nourrie des égoïsmes nationaux, est ressentie par tous ceux qui subissent (ou vont subir) les conséquences du jeu de massacre de ces acteurs financiers. Le peuple de l’économie réelle se sent menacé par quelque chose qui dépasse les possibilités des hommes qu’il a portés au pouvoir démocratiquement. HAL a pris le pouvoir ! Pour l’alimenter, les spéculateurs viennent d’employer l’arme fatale de la rumeur, provoquant des variations erratiques des cours de bourse. Or, comme plus les variations, à la hausse comme à la baisse, sont importantes et plus le spéculateur gagne, la rumeur devient un excellent moyen de semer la panique. L’inquiétude devient angoisse et grosse d’actes irréfléchis. Tous les débordements deviennent possibles. Tous les choix irraisonnés deviennent concevables. D’abord la révolte puis l’adoubement de celui qui, surgissant du chaos avec des promesses les plus démagogiques possibles, promettra n’importe quoi pourvu que cela ait l’apparence d’une sécurité retrouvée. Les extrémistes sont à l’affût dans de nombreux pays occidentaux. Ainsi, le comportement du Tea Party américain est symptomatique de la stratégie d’individus qui privilégient le chaos pour s’ouvrir le chemin du pouvoir. Ils ont pris le parti républicain en otage, ont systématiquement saboté les compromis avec le parti démocrate et ont mis en lumière l’impuissance du Président Obama à imposer ses solutions. Standard & Poor’s a justifié immédiatement le déclassement des USA par l’apparente incapacité des politiques à mettre en œuvre une politique d’assainissement des finances du pays. De même qu’au sein des « révolutions » arabes, les islamistes sont à l’affût, de même les extrémistes de droite le sont dans les pays occidentaux en crise profonde. N’oublions jamais que les responsables de cette crise mondiale, qui a débuté en 2007-2008, sont les financiers et les banques américains qui ont « inventé » les subprimes et leurs produits dérivés avec la bénédiction des agences de notation ! N’oublions pas non plus que les agences de notation sont restées (volontairement ?) aveugles sur les scandales Enron et WorldCom ainsi que sur la banque Lehman Brothers qui était notée AA+ par Standard & Poor’s la veille de sa faillite.
31 juillet 2011
Comparaison n’est-elle pas raison ?
Voilà deux affaires qui ont fait le tour du monde : l’affaire DSK et la folie meurtrière de Behring Breivik. Et pourtant, quelles différences de traitement médiatique ! L’arrestation de DSK, mise ne scène et passée en boucle sur toutes les télévisions du monde et dans toutes les pages Internet de la planète, a été suivie d’un traitement médiatique effréné qui a mobilisé, et mobilise encore, toutes les associations corporatistes et féministes françaises et américaines. Chaque semaine, chaque jour, des articles fleurissent dans les hebdomadaires. Quelle est la raison profonde d’une telle médiatisation : le viol ou la personnalité internationale de DSK ? Il est légitime de se poser cette question lorsque l’on compare avec ce qui s’est passé lors du carnage, car c’est bien le mot, de la fusillade d’Utoeya à Oslo. L’individu (on ne peut pas parler d’être humain) Behring Breivik a rassemblé des jeunes gens autour de lui puis les a froidement abattus au fusil-mitrailleur, regrettant de n’avoir fait QUE 77 morts. Quelle place a-t-on donné à cette effroyable tuerie effectuée par un adepte des thèses de l’extrême droite européenne ? Traitée comme un simple fait divers par les médias, notamment français et américains, l’information a rapidement disparu et n’a suscité que peu de commentaires. La mort de 77 jeunes est-elle moins médiatique que la mise en accusation d’un « gros poisson » politique ? Utoeya donne 2 millions d’occurrences dans Google, DSK en donne 20 fois plus ! La montée inquiétante de l’extrémisme de droite en Europe, notamment du Nord, n’est-elle pas un sujet suffisamment mobilisateur pour les médias ? Cela donne l’impression que la morale sert de paillasson au marketing.
15 juillet 2011
Marseille à la dérive
C’était le fleuron des ports français. C’est maintenant une zone de non-droit. Les règlements de comptes dans le milieu du grand banditisme sont devenus tellement fréquents qu’ils sont devenus banals. On mitraille dans les cafés, on assassine dans la rue. La banlieue marseillaise sombre dans la délinquance généralisée et dans le commerce de la drogue. Les vols à main armée et aux distributeurs bancaires, le braquage des commerçants sont devenus une banalité quotidienne (en moyenne, 26 agressions par jour). Les trains sont attaqués et vandalisés comme au Far-West. Les syndicats se sont livrés à la piraterie maritime. La corruption, le clanisme et le clientélisme sont devenus les règles de gestion de la ville. Les pots-de-vin rythment la passation des marchés. Le trafic règle la vie des prisons grâce à la corruption des surveillants. L’insécurité règne dans les établissements scolaires. L’activité du port décline irrémédiablement à cause des grèves incessantes et injustifiées. Les bateaux se détournent vers Hambourg ou Anvers car le surcoût du déplacement est beaucoup moins élevé que celui d’une attente sans fin de leur déchargement. Le fonctionnement du Conseil Général est pour le moins douteux, pratiquant l’intimidation et un usage obscur de l’argent public, tandis que la mairie reste impuissante devant une délinquance galopante. Le chômage devient endémique. Le communautarisme grandit. Comment un gouvernement national et ses représentants locaux peuvent-ils admettre de telles dérives ? Comment peut-on admettre qu’il existe une grande ville qui devienne peu à peu le Chicago français ? Qui s’en indigne ? Que fait-on ? Pourquoi cette passivité ?
03 juillet 2011
Réplique Magnitude 9.1 (suite)
Le rebondissement de « l’affaire » DSK est plein d’enseignements. En effet, la première constatation est que le cirque médiatique de l’arrestation de DSK auquel le monde entier a assisté montre à l’évidence la collusion entre la justice, la police et les medias américains, ce qui met à mal l’idée d’une justice sereine, objective et indépendante. Plus soucieux de sa prochaine élection, le procureur new-yorkais a négligé la prudence élémentaire d’une enquête préalable minimale. La recherche du succès personnel lui a fait oublier le désastre immense provoqué par cette mise en scène médiatique dans la vie d’un homme, d’une famille et jusque dans la vie politique d’un pays étranger. En France également, l’affaire d’Outreau a montré le danger de prendre un témoignage sans aucun recul. La deuxième constatation est la recherche à tout prix du « scoop » qui a aveuglé les médias américains et français. Il est très instructif de rapprocher les gros titres de certains journaux lorsque l’affaire a éclaté et ceux d’aujourd’hui. Aucun recul, aucune analyse, aucune interrogation, uniquement la recherche du sensationnel. Comment peut-on comprendre que l’on arrête un homme dans les conditions spectaculaires que nous avons vues, le jeter sans ménagement dans la pire des prisons avant même de s’interroger sur la crédibilité de l’accusation ? Avec le recul des faits, on peut s’interroger sur la manipulation de cette foule de femmes de ménages hurlant « honte à vous » sur le passage de DSK. Mais personne ne s’est posé ces questions de bon sens. Il est à craindre aujourd’hui que le même emballement s’empare des médias pour condamner sans réflexion aucune la plaignante et, après l’avoir présentée comme une femme simple et honnête, travailleuse, victime innocente de la férocité masculine, qu’elles se repaissent dans la condamnation sans nuance. L’emportement des associations féministes, aux premiers jours de la condamnation de DSK, est également le symptôme de préjugés simplificateurs et de comportements qui, au bout du compte, ne servent pas la juste cause que ces associations veulent défendre. L’indignation qu’elles ont montrée à la suite des déclarations, dont certaines étaient peut-être maladroites, de certains hommes politiques ou journalistes est davantage une preuve de sectarisme que d’engagement. Si DSK est libéré, on peut s’attendre à ce qu’il règle des comptes … et il aura raison !
30 mai 2011
No future
Parlons clair : l’avenir est sombre ! Et la sécheresse installée ou la canicule à venir n’ont rien à y voir. Le pourtour méditerranéen est en effervescence, que se soit au Maghreb ou au Moyen-Orient où les islamistes sont à l’affût d’une prise de pouvoir, l’Europe est malade où le populisme fleurit sur les ruines d’une économie en crise. La Tunisie se débat dans une crise économique majeure qui pousse ses citoyens à émigrer au moment où le pays a besoin d’eux. La fureur et le sang ont pris le pouvoir en Libye, en Syrie, en Palestine. La dictature militaire perdure en Égypte. Le chaos terroriste s’est installé en Irak, au Pakistan et en Afghanistan. Une dictature féroce s’accroche en Iran. Le Yémen est à feu et à sang. Pendant ce temps, en Europe, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande sont des pays où l’État a perdu le pouvoir pour le laisser au jugement des agences de notation et aux mains des organismes financiers mondiaux qui imposent aux peuples des contraintes qu’ils ne comprennent pas. Les États européens ont sauvé le système banquier et financier occidental, mais leur pusillanimité les a empêchés d’imposer aux banques les règles du jeu indispensables pour favoriser enfin l’investissement à long terme au lieu de la spéculation dévastatrice à court terme. Ils n’ont pas su interdire une spéculation qui a transformé les entreprises en bandits manchots. Les États sont soumis aux financiers et aux spéculateurs, ont peur des agences de notation et n’offrent aucune perspective, aucune alternative autre que cette soumission. Cette situation provoque un début de révolte des peuples, en Grèce et en Espagne où 45% des jeunes sont diplômés et au chômage. La faute originelle en revient à la génération des adultes d’aujourd’hui qui ont vécu à crédit pendant des décennies de façon irresponsables et sans se préoccuper des générations futures qui auraient à rembourser l’énorme dette accumulée dans tous les pays occidentaux et qui se trouveraient ainsi plongées dans un abîme sans fond. La société occidentale a protégé les possédants au détriment des exclus. Les syndicats ont défendu les salariés sans se préoccuper réellement des chômeurs. La société a perdu de vue les valeurs fondamentales comme le respect de la personne humaine, la solidarité et l’équité pour les remplacer par les concepts de productivité, d’efficacité, de performance qui sont des jugements d’évaluation menant à l’exclusion des plus faibles. Ainsi, les nantis d’hier ont finalement transmis la précarité à leurs enfants. Parce que leurs parents ont triché, les jeunes Grecques se révoltent. Parce que leurs parents ont spéculé dans la bulle immobilière, les jeunes Espagnols se révoltent. Les jeunes Français, accrochant leur wagon au wagon espagnol, en viennent à rêver à un nouveau Mai 68. En 68, les jeunes réclamaient une nouvelle liberté. Aujourd’hui, ils veulent simplement avoir un avenir alors que les politiques et les intellectuels n’ont aucune alternative à leur offrir. Quel jeune l’alternative Sarkozy/Aubry ou Sarkozy/Hollande peut faire rêver ? Les pancartes brandies sur la place de La bastille disent : « Le libéralisme, dégage ! ». Mais personne ne sait par quoi le remplacer. La situation est grave, mais rassurez-vous, le pire est à venir !
27 mai 2011
Une rencontre
Une jeune femme brune, cheveux longs, jupe longue et sandales, a croisé mon chemin ce matin, rue de Lagny à Paris dans le XXème arrondissement. Un bébé accroché sur son ventre, elle portait un gros sac en bandoulière et marchait d’un pas hésitant. En nous croisant, j’ai remarqué que l’enfant avait des tâches brunâtres sur les joues et que la femme soutenait sa tête avec la main. L’enfant était-il souffrant, malade ? Avançant dans la rue de Lagny, cette femme ayant soudain fait demi-tour, repasse devant moi et marche d’un pas rapide sur ses sandales à talons plats. Intrigué par son attitude, je me mets à la suivre sans très bien en comprendre la raison. Elle tourne dans le boulevard de Charonne, fait demi-tour au bout de quelques mètres et repart en direction de la place de la Nation. Je me mets à la suivre. Où va-t-elle ? Arrivée sur la place, elle se dirige vers le boulevard de Picpus dont elle emprunte les premiers cent mètres avant de changer de direction une fois encore et de partir vers la rue de Picpus. Elle marche d’un pas parfois décidé, parfois hésitant. Elle s’arrête de temps en temps pour boire à une bouteille qu’elle tire de son sac, tout en maintenant la tête de l’enfant. Je suis de plus en plus mal à l’aise devant sa conduite et sa façon de se déplacer, donnant l’impression qu’elle ne sait pas où aller. De la rue de Picpus, elle oblique soudain vers la place Daumesnil et rejoint le square de l’ancienne gare de Reuilly, près de l’avenue du même nom. Elle entre dans le square, hésite sur le chemin à prendre, regarde autour d’elle, traverse la pelouse et ressort du square sans s’être arrêtée. Je la suis toujours avec de plus en plus de mal. Elle s’engage dans la coulée verte en direction de la Bastille. Sur l’allée, elle fait plusieurs fois demi-tour, s’arrête et reprends sa route en direction de la Bastille, tenant toujours la tête de l’enfant. Elle me donne l’impression d’une femme errante qui ne sait où diriger ses pas. Est-elle en fuite ? A-t-elle enlevé l’enfant ? Je cherche en vain du regard un représentant de l’autorité publique à qui je pourrais faire part de mes interrogations et de mes inquiétudes pour l’enfant. Elle marche devant moi sur la coulée verte et accélère le pas. J’ai du mal à la suivre. Elle s’arrête un moment pour remplir une bouteille de l’eau d’une fontaine et repart de son pas à la fois hésitant et décidé. Au détour d’un coude, je la perds définitivement de vue. Je suis décidément mal à l’aise. Aurais-je dû l’aborder ? De retour chez moi, la pensée de cette femme, que j’ai crue en détresse, ne me quitte pas. Cette femme est-elle en fuite ou n’était-ce qu’une mère qui promenait son enfant ? L’interrogation ne me quitte pas. Combien de destins tragiques croisons-nous ainsi dans la vie, sans le savoir ? Combien de tristesses et de solitudes ? Combien de fuites et de désespérances ? Combien de tragédies derrière les portes et fenêtres ? L’espèce humaine est, à la fois, grégaire et solitaire. Nous sommes un oxymore vivant : un troupeau d’anachorètes.
02 mai 2011
Une comptine
Vous connaissez la comptine : La peinture à l’huile, c’est bien difficile, mais c’est bien plus beau que la peinture à l’eau. En voilà une autre : Être un actionnaire prédateur et spéculateur, c’est tellement facile, mais c’est bien plus profitable que d’être un actionnaire responsable. L’obligation faite aux entreprises de verser aux actionnaires et aux fonds spéculatifs des dividendes annuels hors de toute raison plonge dans la tourmente l’économie d’un pays. Exiger des rendements d’investissements à deux chiffres relève du crime contre l’économie… et, donc, contre le peuple. Plus de dividendes, c’est moins de salaires et moins d’investissements dans la productivité, la R&D, l’innovation. La spéculation excessive, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, est le cancer des nations, au même titre que la mafia ou que le terrorisme. Elle corrompt la morale et fait naître des pratiques frauduleuses qui ont conduit aux subprimes, à la faillite des Caisses d’Épargne américaines, aux produits financiers toxiques (tout cela pour le plus grand bénéfice de Goldman Sachs), aux escroqueries « Madoffiennes », aux salaires indécents des chefs des grandes entreprises. Elle pousse les entreprises aux délocalisations prédatrices et aux licenciements spéculatifs et boursiers. La délocalisation supprime des emplois en France, la sous-traitance délocalisée alourdit la part négative de la balance des paiements. Elle incite les entreprises à délocaliser leur siège social ou à manipuler leurs comptes entre leurs implantations internationales pour éviter de payer des impôts en France, ce qui leur permet d’augmenter leurs bénéfices et les dividendes à verser. Rien n’est à l’abri de l’immoralité de la spéculation. Elle provoque, en jouant sur le prix des denrées alimentaires, des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres de la planète. Elle incite les mêmes pays à développer le travail des enfants, main d’œuvre si bon marché qu’elle attire les producteurs des pays riches à la recherche d’une rentabilité maximale du travail afin d’augmenter, encore et encore, la part des dividendes. La communauté internationale (au fait, qu’est-ce que c’est ?) condamne l’utilisation d’armes à destruction massive. Elle devrait donc condamner la spéculation financière pour cette même raison. Que l’économie redevienne une économie politique et que la démocratie politique redevienne citoyenne !
03 avril 2011
Vous avez dit Identité ?
Au moment où le communautarisme devient une menace, où les idées approximatives s’enlisent dans des débats vaseux sur le multiculturalisme, l’identité ou la laïcité, il est sain de faire un petit rappel sur nos origines profondes. L’ambiguïté du mot « identité » ajoute à la confusion des discours. Il est, en effet, porteur de deux idées contradictoires : à la fois ce qui nous est commun (identique) et ce qui nous est propre et nous sépare des autres (que l’on décrit, par exemple, sur une carte d’identité). Racisme, crainte de l’immigré, rejet de l’étranger, peur de la différence, telles sont les valeurs de ceux qui proclament des slogans nationalistes tels que « La France aux Français » ou « La préférence nationale ». Ils véhiculent une idéologie qui rappelle celle de la pureté de l’Aryen dont l’Histoire gardera à jamais en mémoire la dévastation qu’elle entraîna. Cette idéologie farfelue repose sur le fantasme d’une soi-disant race française dont les racines plongeraient dans la préhistoire. Or, tous, nous sommes des fils d’immigrés. L’histoire de la France est une longue suite d’invasions venant d’horizons divers, Europe centrale, Pays nordiques, continent Africain, Moyen-Orient, Europe occidentale. Dès la préhistoire, les premiers venus, les Néanderthaliens et l’Homme moderne, venaient d’un ailleurs africain. De tout temps, la Gaule, puis la France, a été traversée par des invasions et des influences étrangères. Déjà, du VIIIe siècle au VIIe siècle avant notre ère, le peuple de Hallstatt, venant du centre de l’Europe, a envahi le pays, suivi au Ve siècle avant JC par un peuple indo-européen appelé peuple de la Tène. De -58 à -51, la conquête romaine permet l’installation de la civilisation de Rome pendant des siècles. Dès la fin du IIIe siècle, les Saxons s’implantent sur les côtes bretonnes et apportent avec eux la civilisation celtique que certains Français d’aujourd’hui continuent de revendiquer. En l’an 406, la Gaule subit un débordement d’envahisseurs constitué des Vandales venant de Scandinavie, des Burgondes et des Suèves. Ces derniers occupent la Gaule du Nord, occupent Lyon en 461 et s’installent de la Champagne à la Durance. Dans le même temps, les Alamans s’installent durablement en Alsace et, au XIIIe siècle, seront présents dans les régions alpines. La même année, venant de la rive droite du Rhin, les Francs envahissent la Gaule à leur tour et Clovis annexe tout le Nord du pays. En 507, ils atteignent Poitiers. En 412, les Visigots, quant à eux, envahissent le sud de la Gaule jusqu’à Bordeaux et les rives de la Loire. Tous ces envahisseurs furent suivis, dans la seconde moitié du Ve siècle, par les Bretons d’une part qui venaient des îles Britanniques et s’implantèrent en Armorique, par les Huns d’autre part, conduit par le célèbre Attila, en 451 qui s’installèrent dans l’Est de la Gaule jusqu’à Orléans. En 490, les Ostrogots, venant de la péninsule italienne, franchissent les Alpes et s’implantent dans la vallée du Rhône. Les Sarrasins musulmans ont également envahi la France et personne n’oublie la guerre que leur livra Charles Martel pour les arrêter à Poitiers en 732. Chaque guerre, et elles furent nombreuses et longues durant l’Histoire de France, a provoqué des immigrations étrangères d’hommes cherchant à fuir leur pays pour de multiples raisons. Ainsi, en 1453, la bataille de Castillon marquant la fin de la guerre de Cent ans fut suivie par l’installation en France de colonies écossaises qui y firent souche. Ils furent suivis, en 1570, par l’exil des compagnons écossais de Marie Stuart qui s’implantèrent dans la Creuse. Tous ces « envahisseurs » et ces immigrés ont fait souche dans notre pays et nous descendons d’eux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’expansion économique des trente glorieuses n’a été possible que grâce aux arrivées successives, dès le début du XXe siècle, des Italiens, des Russes blancs, des Polonais et des Juifs égyptiens qui ont fourni la main d’œuvre non qualifiée dont la France a eu besoin dès 1950. Au milieu du siècle dernier, sont arrivés, pour les mêmes raisons, les Portugais, les Espagnols, les Maghrébins, les Africains. Tous ces hommes d’horizon divers et plus ou moins lointains ont, pour la plupart, fondé une famille en France et leurs enfants sont aujourd’hui parmi nous. Nous avons tous des ascendants apparentés à ces hommes venus d’ailleurs. Ce sont toutes ces origines diverses qui ont construit notre identité d’aujourd’hui. Il n’est point besoin de longs discours et de vaines polémiques pour admettre que nous sommes tous des sang-mêlé. Ne l’oublions jamais !
29 mars 2011
Une société frénétique
La nature, que nous avons pris l’habitude de détruire, a besoin du temps pour vivre. Il lui faut 200 millions d’années pour fabriquer du pétrole, alors qu’il suffit de 200 ans à l’homme pour le brûler. Il faut 1000 ans à la circulation thermoaline pour faire le tour de la terre, alors que l’homme essaie de gagner quelques minutes pour faire la même chose en quelques jours. Il faut environ cinquante ans pour qu’une graine donne un arbre, alors que les hommes ont supprimé la moitié des grandes forêts en vingt ans. Le temps est devenu un ennemi de la société d’aujourd’hui, alors qu’il était un élément consubstantiel de la vie au siècle dernier. La société qui vivait au rythme des saisons vit aujourd’hui l’œil rivé sur la montre. Elle est organisée autour de l’idée que le gain de temps est un gain tout court. Prendre du temps est une perte de temps et le temps est une perte d’argent. Tous les processus de fonctionnement de la société sont encombrés de moyens de contrôle qui, tous, cherchent à traquer les pertes de temps. Dans le monde du travail, cela entraîne un stress du salarié et des recherches systématiques de contournement de ces contrôles, ce qui crée des dysfonctionnements justement là où l’on s’efforçait de les faire disparaître. La recherche systématique des gains de temps dans l’industrie a conduit à mettre en place ce qui s’appelle le juste-à-temps (ou les flux tendus). La catastrophe japonaise vient de nous montrer les limites de cette organisation car la suppression des stocks et l’arrêt de certaines usines de sous-traitants, détruites par le tsunami, a conduit à l’arrêt presque total de l’industrie automobile nippone et provoqué de sérieuses difficultés dans les transports aériens et dans les industries de produits électroniques dans le monde entier. La pression des actionnaires pour obtenir un retour sur investissement, non seulement de plus en plus importants mais également de plus en plus rapidement, pousse les grandes entreprises à détourner une grande partie de leurs bénéfices vers la spéculation financière au détriment d’investissements sur des projets à long terme et sur la recherche et développement. La spéculation financière qui a conduit le monde au désastre est basée sur l’immédiateté et la recherche du profit rapide, quasi instantané, par l’utilisation de logiciels de prise d’ordre fonctionnant au millième de seconde. L’ordinateur est devenu le principal acteur boursier en 1987 ce qui a immédiatement provoqué une chute de 10% à la bourse de Wall Street en une seule séance ! L’agriculture, activité en relation étroite avec la nature, est entraînée malgré elle vers des comportements spéculatifs contradictoires avec la contrainte du temps qui s’impose à l’agriculteur lui faisant perdre ainsi toute possibilité de gestion à terme quand le prix de sa production varie quotidiennement dans de grandes proportions. La vie politique est profondément gangrenée par l’obsession à court terme de leur réélection. Les réformes de long terme (fiscalité, code pénal, recherche, réindustrialisation, énergie…) sont toujours repoussées car ressenties comme électivement dangereuses. Les décisions politiques précipitées se prennent, sans réflexion approfondie, sous la pression de l’actualité immédiate et la recherche d’un bénéfice aléatoire et opportuniste à court terme. La vie quotidienne de chaque individu est, elle aussi, guidée par cette recherche effrénée du gain de temps, ce qui fait les beaux jours de la restauration rapide, des plats cuisinés industriels et … de l’obésité. L’écriture d’une lettre a été remplacée par l’utilisation abusive du courriel, pire du SMS. Les intérêts économiques à court terme prévalent toujours sur les effets sanitaires à long terme. L’exploitation de l’or par le cyanure, la production des déchets radioactifs de l’industrie nucléaire, la mise sur le marché de produits chimiques sans que l’on en connaisse les effets à long terme et leurs interactions, les déchets proliférants et toxiques des produits électroniques jetés au lieu d’être réparés grâce à l’obsolescence programmée, toutes ces activités sacrifient le long terme sur l’autel des gains immédiats. La vie culturelle est, elle aussi, la victime de cette course à l’éphémère. Les librairies sont encombrées de livres futiles et mal écrits qui ne durent qu’une semaine, les ondes croulent sous les promotions de disques d’une médiocrité ahurissante et dont la vie ne dure que le temps de les jeter à la poubelle, la télévision nous inonde de productions d’une insondable bêtise tournées en quelques jours par des intervenants sans talent. La presse gratuite, qui tue la presse traditionnelle, donne l’illusion de l’actualité à coup de simples titres issus des dépêches de l’AFP, de publicités envahissantes et de grilles de sudoku. Sénèque disait : « Tant qu’on attend de vivre, la vie passe ». Aujourd’hui, l’homme ne prend plus le temps de vivre. Immédiateté, précipitation, superficialité … quand vous nous tenez !!
12 mars 2011
Illiasseux
Il y a ceux qui :• ont des conversations téléphoniques dans les transports en commun
• roulent obstinément sur la bande médiane des autoroutes à 3 voies
• font uriner leur chien dans les parties communes des habitations collectives
• font couler l’eau d’arrosage de leurs plantes de balcon sur le balcon inférieur
• disent que tous les chômeurs sont des fainéants
• jettent de la nourriture non empaquetée dans les V.O. communs
• laissent les déjections de leur chien sur les trottoirs
• restent obstinément sur le quai au milieu des sorties de voitures du métro
• chantent du rap prétentieux et des chansons imbéciles
• font hurler leur chaîne stéréo sans souci des voisins
• dévastent la ville avec leurs graffitis et leurs tags débiles
• font du marketing téléphonique après 19h.
• garent leur voiture devant la sortie d’un garage particulier ou d’un parking
• inventent des slogans plutôt que d’avoir des idées ou des convictions
• garent leur bagnole sur les emplacements réservés aux handicapés
• sont toujours contre, faute d’avoir des idées
• confondent décade et décennie
• circulent en vélo sur les trottoirs
• vivent du chômage en vilipendant l’État
• hurlent avec les loups
• écrivent des livres inutiles
• … et tous les autres
07 mars 2011
La nef des fous
Élections truquées, répression sanglante de l’opposition, mépris des institutions internationales, appel à des mercenaires sans foi ni loi pour tirer sur les femmes et les enfants, aveuglement forcené et hystérique, hypocrisie et mensonges, telles sont les caractéristiques de trois fous qui ensanglantent leur pays respectif : Mouammar Kadhafi, Laurent Gbagbo, Mahmoud Ahmadinejad. Devant ces folies meurtrières, la communauté internationale est sans arme et sans moyens autres que les sanctions économiques qui frappent, sans distinction, les coupables et les innocents. Le Libyen a levé une armée de mercenaires, attirés par l’argent et qui n’ont aucune hésitation à tirer sur les civils à l’arme lourde. Il met son propre pays à feu et à sang dans l’unique objectif de se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Ses diatribes hystériques, niant la réalité, rappellent dramatiquement les vociférations hitlériennes de sinistre mémoire. L’Ivoirien a refusé le verdict des urnes après avoir prolongé indûment pendant dix ans son pouvoir arrivé à échéance. Il prend le risque d’une partition de son pays, l’une privé de moyens pour cause de sanctions économiques prises par la communauté internationale, l’autre sans moyen de développement car sans ressources et sans accès à la mer. L’obstination maladive de cet homme conduit la Côte d’Ivoire vers l’effondrement économique et la guerre civile. L’Iranien, après avoir truqué honteusement les élections présidentielles, bourre ses prisons d’opposants politiques et d’étudiants, les pend en place publique, menace les femmes de lapidation ou fait tirer sur elles dans les manifestations, se moque des institutions internationales en fabriquant clandestinement sa bombe nucléaire et en cherchant tout occasion pour mettre le feu au Moyen-Orient. Cette partie du monde est à la dérive.Le bateau ivre de la folie contient, hélas, bien d’autres passagers. Notamment le Turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow (répression des minorités ethniques, interdiction des partis politiques, justice expéditive, pas de liberté de la presse et de religion), le Kasakh Noursoultan Nazarbayev (tortures généralisées utilisées par le système judiciaire et policier), le Coréen Kim Jong-il (élimination de l’opposition, pas de liberté d’expression, de circulation, de religion, d’association, travail forcé et camps de concentration), les militaires Birmans Soe Win, Maung Aye, Than Shwe (aucun droit de l’homme, travail forcé, emprisonnement des opposants). Les Droits de l’Homme sont hélas une espèce en voie de disparition dans de nombreux pays du monde.
05 mars 2011
Pouvoirs régaliens
Au moment où les révoltes du monde arabe tentent, dans la douleur, de devenir des révolutions, souvenons-nous que nous devons aux hommes de la Révolution de 1789 la devise qui fleurit sur les frontons de nos mairies et qui a fait le tour de monde. Nous n’avons pas le droit de l’oublier. Bien entendu, le monde a évolué depuis les années révolutionnaires et s’est complexifié. La société française a changé et multiplié ses connexions avec le reste du monde. Aujourd’hui, cette belle devise a une couleur d’utopie. Pour lui rendre son caractère opératoire, peut-être serait-il judicieux de remplacer le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » par « Liberté, Équité, Solidarité ». En effet, à travers cette devise revisitée, s’écrit la responsabilité fondamentale de l’État. À l’heure où les difficultés nationales entraînant certains à s’interroger sur le rôle de l’État et, enfourchant un Thatchérisme mal pensé, à rechercher la solution dans la diminution de sa zone d’intervention au bénéfice du secteur privé, il est intéressant de se fonder sur cette devise républicaine pour définir ce qui ne peut relever que de l’État, ce qu’on a l’habitude de nommer les secteurs régaliens.Défendre la liberté du citoyen est, évidemment, la responsabilité majeure de l’État. Liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de circulation, liberté d’entreprendre, toutes ces libertés sont la marque de la démocratie et il appartient à l’État de les protéger et de les garantir. Pour cela, la justice, la police, l’armée sont les moyens de cette responsabilité.
L’équité n’est pas l’égalité que des surenchères populistes et démagogiques ont fait évoluer vers l’égalitarisme. Ce dernier consiste à mettre tous les citoyens sur la même ligne de départ de la course au succès et à garantir que tous atteindront ensemble une même ligne d’arrivée. Évidemment, la vie n’est pas conforme à cette image d’Épinal. L’équité, quant à elle, consiste à donner à chacun les chances suffisantes de participer à la course et d’atteindre, à son rythme, la ligne d’arrivée, sans être forcément le premier. Il s’agit de l’égalité des chances. Garantir cela fait aussi partie des responsabilités majeures de l’État. L’égalité des chances commence par l’égalité des possibilités d’acquisition des connaissances nécessaires pour concourir. L’État ne peut, en aucun cas, se dédouaner de cette responsabilité sans y perdre sa légitimité ! Envisager de la transmettre au secteur privé revient, obligatoirement, à une sélection par l’argent puisque le profit et le seul et nécessaire objectif de l’entreprise privée.
Si la fraternité est un sentiment, souvent une utopie, la solidarité est une organisation de la société qui relève de la responsabilité étatique. Cette organisation est incarnée, depuis la Libération, dans la Sécurité Sociale et l’assistance aux plus défavorisés et, pour filer la métaphore de la course à la vie, qui s’efforce de ne pas abandonner le citoyen au bord du chemin. Pour faire fonctionner cette organisation, l’État exerce la responsabilité régalienne de lever l’impôt. Cet impôt n’est pas fait, contrairement à un discours malsain qui a tendance à se généraliser, à appauvrir les « riches » mais pour permettre aux services publics de fonctionner avec la meilleure efficacité possible (c’est-à-dire le meilleur rapport qualité-coût) et au service de tous les citoyens, afin de mériter leur nom.
Liberté, équité, solidarité, telle est aujourd’hui le programme de la République démocratique française et rien ne doit y porter atteinte. On peut s’interroger sur le rôle de l’État dans le fonctionnement de la société, mais cette devise forme le socle inaltérable du pacte républicain du peule français.
14 février 2011
Révolte ou Révolution ?
L’allumette tunisienne a fait exploser la bombe égyptienne. Nous venons d’assister à une révolution populaire exemplaire, tellement importante que nous devons, nous autres occidentaux et particulièrement nous autres français, l’accompagner avec la plus grande attention. La civilisation égyptienne est vielle de six milles ans d’histoire. Elle a donné au monde quelques-unes de ses plus grandes pages d’histoire. C’est peut-être le poids de cette ancienneté séculaire qui explique la dignité et le courage avec lesquels les Égyptiens ont conduit leur révolution. Les Français devraient être particulièrement frappés et émus par le fait que la foule égyptienne de la place Tahrir a repris en chœur et en français la trilogie révolutionnaire des années 1790, liberté, égalité, fraternité ! Les Égyptiens ont ainsi fait comprendre la filiation de leur révolution avec la Révolution Française. Cela nous donne des devoirs. La France se doit d’être particulièrement attentive à l’évolution de la situation pour que cette révolution débouche, comme celle de 1789, sur une véritable démocratie et, pourquoi pas, sur une vraie République. La non-ingérence à laquelle font référence nos gouvernants, pour expliquer leur effacement pratiquement total durant les évènements, ne doit pas obérer le devoir de la France dans l’accompagnement discret, mais amical et efficace, de l’évolution à venir de la situation. En effet, les dangers existent que cette situation dérive vers des solutions dangereuses. Bien que son comportement fut, jusqu’à présent, exemplaire, il n’en reste pas moins que le pouvoir est aux mains de l’armée. Ce simple fait est déjà un accroc à la démocratie. De plus, cette armée est traversée de convictions très différentes car, comme le peuple égyptien, elle est constituée de citoyens de toutes croyances et nous ne pouvons être sûrs de son comportement à venir. Enfin, n’oublions pas que les Frères Musulmans restent, quoi qu’ils en disent, une hypothèque sur l’avenir. Des pays voyous comme l’Iran espèrent, et le font savoir, que l’islamisation radicale de la société égyptienne trouvera là le moyen de se développer. Il est indispensable que les occidentaux restent vigilants et trouvent les voies et moyens pour éviter ces dangers. Le peuple égyptien mérite de connaître la vraie liberté, celle de la démocratie laïque. Un certain nombre de signes sont inquiétants. Pourquoi des milliers de réfugiés fuient-ils la Tunisie vers l’Italie alors que le dictateur a pris la fuite, si ce n’est que parce que l’économie du pays s’effondre ? Pourquoi le portrait d’Hosni Moubarak a-t-il été remplacé par le nom d’Allah dans la salle de réunion des membres du gouvernement ? Pourquoi faut-il 6 mois aux militaires égyptiens pour rendre le pouvoir aux civils ? Avoir suspendu la constitution, dissous le Parlement et décidé de gouverner par décrets revient à donner les pleins pouvoirs aux militaires. Les jeux ne sont pas faits et il faut rester vigilant sans que le romantisme nous aveugle. Pour le moment, nous venons d’assister à la révolte des peuples. L’avenir dira bientôt s’il s’agit de révolutions.
28 janvier 2011
Une victoire pour Ben Laden ?
La Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, le Yémen … la révolte des peuples sous le joug des dictatures arabes se répand comme une traînée de poudre. L’inquiétude règne dans tous les ces pays parmi leurs dirigeants. L’Occident regarde ce vent de protestation et d’exigence de liberté avec circonspection, ce qui peut paraître paradoxal de la part de ceux qui brandissent le drapeau de la démocratie en toutes occasions. Pourquoi une telle perplexité ? L’explication tient dans la crainte de l’Occident face à l’islamisme et à ses impardonnables dérives. Les dictatures arabes, en muselant toute opposition, en emprisonnant les protestataires, en truquant les caricatures d’élections, apparaissent aux occidentaux comme un rempart face à la montée de l’islamisme. Depuis longtemps, Al Qaida a déclaré la guerre à ces régimes dictatoriaux, jugés impies et violant les lois coraniques, traites aux musulmans à cause de leurs relations avec les occidentaux. Muselées dans leur expression, paralysées dans leur action, les oppositions ne peuvent espérer que le renversement de ces dictatures. Dans le même temps, pour les islamistes, ce renversement est le point de passage obligé pour créer l’occasion d’une prise de pouvoir. Ainsi, les révoltes actuelles dans certains pays arabes sont une divine surprise pour les extrémistes musulmans. Conscients de ce danger, les pays occidentaux se trouvent hésitants entre la nécessité de soutenir ces révoltes populaires qui réclament la chute des dictatures et la crainte d’une prise de pouvoir par les islamistes à l’aune d’une vacance du pouvoir. Il est, en effet, à craindre que les oppositions modérées, complètement désorganisées par des années de répression, soient incapables d’assurer une réelle transition démocratique et laissent ainsi la voie ouverte aux islamistes pour remplacer une dictature par une autre, encore plus répressive.Le devoir des démocraties occidentales est donc clair. Il faut qu’elles apportent, sans réserve, leur aide aux oppositions modérées pour que celles-ci s’organisent et assurent une transition évitant toute vacance du pouvoir. Ceci est certainement plus facile à dire qu’à faire. Ben Laden est à l’affût !
22 janvier 2011
La VI ?
L’anniversaire de la disparition de F.Mitterrand a donné lieu à une bousculade quelque peu burlesque des principaux caciques du Parti Socialiste. Ils sont tous (ou presque) venus se bousculer autour de la tombe présidentielle pour rendre un hommage appuyé au président défunt et se livrer au petit jeu de « plus Mitterrandiste que moi, tu meurs » en revendiquant l’héritage, oubliant volontairement « le droit d’inventaire » ou le « lui c’est lui et moi c’est moi » ! Les oubliettes de l’Histoire ont ainsi accueilli les critiques anciennes adressées à F. Mitterrand par ceux qui sont devenus ses plus ardents thuriféraires. La perspective des futures élections présidentielles est passée par là, F.Mitterrand devenant la référence incontournable de tous les nombreux candidats socialistes qui ont fait semblant d’oublier que ce dernier a pronostiqué, à juste titre semble-t-il, être « le dernier des grands présidents de la Ve République » ! La perte de mémoire sélective n’est d’ailleurs pas l’apanage des socialistes actuels. Le premier atteint fut F.Mitterrand lui-même. En effet, rappelons-nous ce qu’il écrivait dans son ouvrage « Le coup d’État permanent » en 1964. Faisant référence aux institutions de la Ve République, ne parlait-il pas de « l’effritement progressif des institutions, de la disparition du contrôle parlementaire, du retour en force de la justice d’exception » ? N’ajoutait-il pas que «toutes les issues sont déjà bouchées par où la liberté voudrait un jour passer » ? Ne s’insurgeait-il pas devant « le pouvoir d’un seul (qui) insulte le peuple de citoyens » ? Et pourtant, avec quel plaisir il s’est installé dans le costume de Président de la Ve République, oubliant tous ses griefs et utilisant avec jouissance les pouvoirs que lui donnait la Constitution. Il ne lui est pas venu à l’esprit de la modifier pour faire naître la VIe République. Il a exercé pleinement le pouvoir, malgré l’insulte au peuple de citoyens ! C’est pourquoi il ne faut pas prendre au sérieux l’annonce de certains candidats à la candidature socialiste qui, poussés par la nécessité de se démarquer pour être visible, croit bienvenue de s’engager à faire naître une nouvelle République. Cette annonce se veut le seul moyen pour donner davantage de pouvoir au Parlement. Cette revendication est avancée par les partis d’opposition qui rêvent de conquérir le pouvoir et, en particulier, celui de défaire les gouvernements … comme pendant la IVe. Ceci fait craindre que, si VIe République il y a, la « guéguerre » des partis ne reprenne comme au temps de la IVe et que l’instabilité gouvernementale mortelle pour la France ne renaisse de ses cendres. Mais rassurons-nous et faisons un pari. Si un socialiste atteint la magistrature suprême, il se sentira soudainement, comme son illustre prédécesseur, confortablement installé dans les habits de la Constitution actuelle et ne la changera pas ! En 1976, avant le règne de F.Mitterrand et dans « La vérité guide leurs pas », Pierre Mendès France faisait les prédictions suivantes : « On peut se demander ce que va devenir un système conçu et modelé pour et par un homme… Les assemblées chercheront inévitablement à retrouver plus de droits … Aucun précédent historique ne permet de croire que le régime fonctionnera dans l’avenir sans de très larges modifications ». Trente-cinq ans plus tard, la Constitution est toujours là, l’alternance s’est produite, la cohabitation a fonctionné, le régime a fonctionné sans changement. Malgré l’espoir de certains socialistes, le régime des partis ne reviendra pas pour la raison simple que le futur Président, quel qu’il soit, jugera que la Constitution actuelle est la meilleure garante de son appétit de pouvoir !
03 décembre 2010
La Transparitude
La publication dans les médias des informations piratées par Wikileaks a ouvert une vive polémique sur la « transparence ». Ceux qui soutiennent l’action de Wikileaks justifient leur avis au prétexte que tout doit se savoir, que démocratie et transparence sont inséparables, que cette action doit se juger comme un juste contre-pouvoir nécessaire en démocratie. Ce point de vue fait donc du secret un lourd défaut de la société, suggère que tout a vocation à être mis sur la place publique. Exit donc la protection de la vie privée et de ses secrets d’alcôve, exit la confidentialité des négociations politiques, commerciales et économiques, vive l’espionnage dans tous les domaines de la vie publique et privée ! Qui peut sérieusement soutenir un tel point de vue ? Par une étrange coïncidence, cette « fuite » monstrueuse, dont les sources sont anonymes même si l’on soupçonne aujourd’hui l’identité de l’auteur, s’est produite dans un pays dont on ne peut soupçonner un seul instant qu’il ne soit pas démocratique. Rien de semblable ne risque de se produire en Chine ou en Iran !! Ainsi donc, au nom d’une soi-disant défense de la démocratie, on cherche à porter un coup potentiellement dangereux à la plus grande démocratie mondiale. Un parfum d’anti-américanisme primaire se dégage d’un tel comportement. De plus, lorsque l’on examine le contenu des « révélations » de Wikileaks, on ne peut que constater qu’il s’agit beaucoup plus de rumeurs de comptoirs de bar que d’informations sérieuses et utiles, même si leur diffusion peut créer ici ou là quelques difficultés. Qu’apprend-on de vraiment nouveau sur l’américanisme de Nicola Sarkozy ou sur l’existence d’une corruption généralisée en Russie ? La seule leçon à retenir de cet épisode est que l’administration américaine a sérieusement besoin de reconsidérer la protection de ses services. Le journalisme d’investigation a, certes, la mission de rendre publiques des informations qui permettent de comprendre et de juger les faits. Le monde aurait grandement gagné si des informations avaient circulé sur les pratiques bancaires scandaleuses des banques américaines avant que n’éclate la bulle des subprimes ! Nous serions tous plus protégés si des informations étaient fournies sur les pratiques actuelles de Goldman Sachs qui conduisent à nouveau le monde vers d’énormes difficultés. Mais, comme tout acteur, le journaliste doit posséder une déontologie qui lui interdise de confondre information et délation. Les magistrats et avocats devraient bien réfléchir à cela et de respecter davantage le secret de l’instruction si souvent violé ; la justice y gagnerait en sérénité. Le secret défense actuellement opposé par le Gouvernement aux demandes d’informations des juges sur l’affaire de Karachi ou des frégates de Taiwan aurait tendance à faire regretter un manque de transparence et un Wikileaks à la française ! Aucun système n’est et ne sera jamais parfait et un compromis sera toujours obligatoire. Imaginons ce qui pourrait se passer si le secret défense n’existait pas et si tout ce qui touche réellement à la sécurité du pays était public ? Ne confondons pas transparence et transparitude !
15 novembre 2010
La différence
Le quarantième anniversaire de la mort de Charles de Gaulle a été l’occasion d’une commémoration médiatique de sa vie et un rappel de tout ce qui a fait la grandeur exceptionnelle de cet homme qui a vécu imprégné « d’une certaine idée de la France ». Animé d’une immense ambition pour son pays qui trouvait ses racines dans l’Histoire, il fut pratiquement le seul chef d’État de la Cinquième République ayant eu une action qui a changé profondément le pays. Tant à la Libération (droit de vote aux femmes, sécurité sociale, nationalisation de grandes entreprises stratégiques) que pendant ses septennats (la Constitution, l’assainissement des finances, la reconnaissance internationale, la décolonisation, l’indépendance nucléaire civile et militaire, le Concorde prodrome d’Airbus, la réconciliation franco-allemande, l’entrée de la Chine sur la scène internationale, le TGV, les autoroutes…), le Général De Gaulle, animé d’une véritable vision pour son pays, a toujours recherché avec succès les voies de la grandeur de la France. Il n’a jamais eu besoin d’un cénacle bavard pour lui bâtir un programme de développement nécessaire au pays. Toujours conscient du rôle éminent du Président de la République, son attitude a été faite de droiture pointilleuse, de grandeur prise souvent pour de la froideur mais conforme à ce qu’il avait écrit sur « le rôle du chef » et d’autorité incontestée. Le rapprochement avec la présidence actuelle fait cruellement ressortir la médiocrité de l’époque. L’inconsistance des discours et la vulgarité des attitudes des politiques actuels qui, en lieu et place d’une certaine idée de la France, n’ont qu’une idée certaine de leurs ambitions personnelles, nous dressent un contraste saisissant avec « l’homme du 18 Juin ». À la recherche permanente de la dignité collective, se sont substitués l’état et l’image actuels déplorables de la présidence, le manque de vision des politiques, un discours des acteurs de tous bords toujours tentés par le populisme, les petites phrases en lieu et place d’idées et de volonté, une image internationale dégradée de la France. De Gaulle parlait de la France lorsque les politiques d’aujourd’hui parlent de « ce pays ». Cela fait toute la différence.
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