Dix fois par jour, les médias parlent des « marchés ». Ceux-ci sont omniprésents dans les actualités économiques et politiques. Ce sont les marchés, selon l’inquiétude ou la confiance, qui décident des évolutions économiques des nations. Mais qui sont ces « marchés » ? Il s’agit, en fait, des marchés financiers et des matières premières, c’est-à-dire des spéculateurs qui se cachent dans les organismes financiers divers (fonds de pension, hedge founds, banques et officines de placements et leurs traders, …). On nous explique que « les marchés » sont inquiets et, donc, que la Bourse baisse. Or, ces spéculateurs, jouant à la baisse, gagnent beaucoup d’argent lorsque, effectivement, les actions boursières perdent de la valeur comme c’est le cas depuis quelques jours. Et ces profits sont rapidement mis à l’abri dans l’un des nombreux paradis fiscaux qui pullulent sur la planète. Le code du commerce interdit la vente à perte. Pourquoi n’interdit-on pas la spéculation à la baisse ? Certes, le premier point est national, le second est international. Mais un organisme tel l’OMC joue un rôle mondial sur les pratiques commerciales. Pourquoi n’y aurait-il pas un organisme mondial en charge de la surveillance de la spéculation et des pratiques financières ? À côté des spéculateurs, d’autres acteurs viennent troubler la vie des citoyens du monde. Ce sont les agences de notation Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s. Voilà des individus qui portent des jugements sur les économies nationales et que le monde entier vénère comme des oracles. Or, que se passe-t-il ? Ces agences, jugeant que tel ou tel pays supporte une dette excessive, portent alors sur ce pays un jugement négatif qui pousse le pays incriminé à prendre des mesures restrictives et d’économie. Le jugement négatif porté par ces agences a un effet immédiat sur les taux d’intérêt que les banques, toujours prêtes à flairer la bonne affaire, imposent au pays emprunteur et à ses citoyens, rendant encore plus difficile le remboursement de la dette. D’où, mécaniquement, une réduction de la consommation et un ralentissement de l’économie nationale. Les mêmes agences émettent alors de nouvelles réserves sur le pays qui prend de telles mesures au prétexte que ces mesures vont réduire la croissance attendue ! On croit rêver, mais c’est, hélas, la réalité. Les dirigeants politiques, quant à eux, se montrent impuissants devant la prédation des spéculateurs et les comportements de pompier pyromane des agences de notation. Ils restent hésitants, voire pusillanimes, devant la crise dans laquelle est plongée l’Europe, enlisés qu’ils sont par leur préoccupations électorales de court terme et par le scepticisme et l’égoïsme croissants des peuples européens.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
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08 août 2011
Les prédateurs
Dix fois par jour, les médias parlent des « marchés ». Ceux-ci sont omniprésents dans les actualités économiques et politiques. Ce sont les marchés, selon l’inquiétude ou la confiance, qui décident des évolutions économiques des nations. Mais qui sont ces « marchés » ? Il s’agit, en fait, des marchés financiers et des matières premières, c’est-à-dire des spéculateurs qui se cachent dans les organismes financiers divers (fonds de pension, hedge founds, banques et officines de placements et leurs traders, …). On nous explique que « les marchés » sont inquiets et, donc, que la Bourse baisse. Or, ces spéculateurs, jouant à la baisse, gagnent beaucoup d’argent lorsque, effectivement, les actions boursières perdent de la valeur comme c’est le cas depuis quelques jours. Et ces profits sont rapidement mis à l’abri dans l’un des nombreux paradis fiscaux qui pullulent sur la planète. Le code du commerce interdit la vente à perte. Pourquoi n’interdit-on pas la spéculation à la baisse ? Certes, le premier point est national, le second est international. Mais un organisme tel l’OMC joue un rôle mondial sur les pratiques commerciales. Pourquoi n’y aurait-il pas un organisme mondial en charge de la surveillance de la spéculation et des pratiques financières ? À côté des spéculateurs, d’autres acteurs viennent troubler la vie des citoyens du monde. Ce sont les agences de notation Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s. Voilà des individus qui portent des jugements sur les économies nationales et que le monde entier vénère comme des oracles. Or, que se passe-t-il ? Ces agences, jugeant que tel ou tel pays supporte une dette excessive, portent alors sur ce pays un jugement négatif qui pousse le pays incriminé à prendre des mesures restrictives et d’économie. Le jugement négatif porté par ces agences a un effet immédiat sur les taux d’intérêt que les banques, toujours prêtes à flairer la bonne affaire, imposent au pays emprunteur et à ses citoyens, rendant encore plus difficile le remboursement de la dette. D’où, mécaniquement, une réduction de la consommation et un ralentissement de l’économie nationale. Les mêmes agences émettent alors de nouvelles réserves sur le pays qui prend de telles mesures au prétexte que ces mesures vont réduire la croissance attendue ! On croit rêver, mais c’est, hélas, la réalité. Les dirigeants politiques, quant à eux, se montrent impuissants devant la prédation des spéculateurs et les comportements de pompier pyromane des agences de notation. Ils restent hésitants, voire pusillanimes, devant la crise dans laquelle est plongée l’Europe, enlisés qu’ils sont par leur préoccupations électorales de court terme et par le scepticisme et l’égoïsme croissants des peuples européens.
21 février 2011
Madame la Marquise
Nos hommes politiques, le regard fixé sur l’horizon des présidentielles, passent leur temps à leur jeu préféré, celui des petites phrases, des anathèmes, des attaques personnelles. Le discours politique s’enlise dans l’anecdotique et l’invective. Jaures est mort une deuxième fois. Il faut dire qu’il n’y a rien de plus urgent que ces petits jeux ! En effet jamais le pays ne s’est si bien porté, jamais le monde n’a été aussi paisible, n’est-ce pas ? L’économie française sombre peu à peu dans les profondeurs de la récession : la balance des paiements continue d’être déficitaire et de faire grossir la dette déjà abyssale du pays, le chômage reste obstinément collé au niveau des 10% de la population active malgré les contorsions statistiques. Le nombre de pauvres et d’exclus augmente inexorablement tandis que l’enrichissement immoral de quelques-uns continue de faire scandale. La désindustrialisation du pays a fait disparaître 500.000 emplois en l’espace d’une vingtaine d’années, avec la disparition pratiquement totale de secteurs entiers comme les constructions navales, la manutention portuaire (merci aux syndicats !), la machine-outil, les industries électronique, textile, sidérurgique, du jouet, la conception et la fabrication de motos et d’instruments de musique, etc … Le système judiciaire n’a jamais aussi mal fonctionné, les services publics sont malades et l’administration reste inefficace et anonyme. L’Éducation Nationale continue de laisser 20% des élèves sortir du système scolaire sans aucune qualification, les élèves de plus en plus nombreux abordent le secondaire sans maîtriser la lecture et l’écriture, encore moins la grammaire et le vocabulaire. Dans le même temps, l’enseignement supérieur et la recherche sombrent dans les profondeurs des classements internationaux. La culture disparaît dans le règne du dérisoire et de l’éphémère consumériste. D’échecs en échecs, la gestion de l’immigration est passée de l’assimilation à l’intégration, puis à la lutte contre le communautarisme, signant par là sa capitulation. Malgré une succession incessante de mesures opportunistes, l’insécurité grandit et les zones de non-droit perdurent. La politique étrangère de la France reste inaudible et se décrédibilise par manque de vision et de compréhension du monde. Il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter, n’est-ce pas messieurs les politiques ? Tout va très bien, Madame la Marquise …
09 février 2011
La médiocrité nous gouverne
Le monde est en crise. Les dictatures sont ébranlées, un milliard d’êtres humains meurent de faim, quelques prédateurs s’enrichissent de façon éhontée au détriment du plus grand nombre, les pays occidentaux vacillent sous la poussée des pays émergents, le terrorisme envahit la planète, les dérèglements climatiques la dévastent, les droits de l’homme sont bafoués un peu partout sans vergogne. Pendant le même temps, les politiques et les médias complices nous abreuvent de considérations véhémentes sur les déplacements des membres du gouvernement ! Sans propositions réelles et crédibles, ils s’agitent frénétiquement et de façon ridicule, allant jusqu’à réclamer, en toutes occasions, la démission de tel ou tel membre du gouvernement, espérant faire croire ainsi que le rôle de l’opposition est fermement tenu. En réalité, le vide sidéral de la pensée politique est consternant et inquiétant. Toutes ces fausses indignations sur des faits anecdotiques cachent l’incapacité des politiques à construire une vision et un projet crédible. La chasse aux concepts fumeux et éphémères (le « care », l’égalité réelle, la démocratie participative, le désir d’avenir, la politique de civilisation, l’identité nationale, …) cache le désarroi intellectuel considérable des élites politiques. Rien n’est venu remplacer le marxisme à gauche ou le libéralisme de la main invisible à droite. Le déficit intellectuel se camoufle difficilement derrière une misère intellectuelle inquiétante qui se contente de slogans et de formules incantatoires, d’indignations feintes et faciles. Les intellectuels ne sont d’ailleurs pas en reste de déficit de la pensée. Le show médiatique a pris le pas sur la réflexion et l’immédiateté sur la construction prospective. Aveuglés par leurs ambitions personnelles, inhibés par leur ignorance et leur médiocrité, empêtrés dans leurs rivalités, les hommes politiques ne savent plus ce que le mot « politique » veut dire, ce qu’il contient d’exigeant, ce qu’il nécessite pour construire une vision managériale de la société dans le monde. Faute d’une véritable ambition nationale, ils instrumentalisent des concepts fumeux dont ils espèrent qu’ils cacheront le vide de leur pensée et leur irresponsabilité. Le pays est en manque grave d’hommes politiques capables d’oublier leur ambition personnelle pour s’investir entièrement dans l’intérêt national.
26 octobre 2010
Le retour de manivelle

Rappelez-vous Dunkerque ! C’est une raffinerie que Total voulait fermer. Les syndicats, dans leur rôle, ont réussi à obtenir une décision judiciaire qui a exigé la reprise du fonctionnement de la raffinerie. En Mars 2010, Total a réaffirmé sa volonté de fermer la raffinerie, la France important de plus en plus de pétrole raffiné. Et puis, les mouvements de grèves sont arrivés et certains leaders syndicaux locaux ont organisé le blocage des raffineries. La conséquence est double : la France a augmenté ses importations de pétrole raffiné et Total profite de ce mouvement pour fermer définitivement quelques unes de ses raffineries, en confirmant celle de Dunkerque et en annonçant celle de Reichstett. Quel retour de manivelle ! Au bout du compte, les grévistes ont scié leur branche ! La culture économique est décidément ce qui manque le plus aux Français. Pendant ce temps, 36 dockers à Marseille bloquent le port qui meurt à petit feu depuis des dizaines d’années, ce qui coûte 36 millions d’Euros par jour à la Ville. Qui va payer ? Le conflit a déjà coûté à la ville 600 millions d’Euros. Le combat des travailleurs pour leurs conditions de travail est légitime et le droit de grève est constitutionnel. Mais le recours systématique à ce dernier le rend inopérant. En France, contrairement à bien des pays européens, le mot « consensus », qui veut dire réelle négociation, est une injure et est traduit comme étant une « compromission » inadmissible. Ceci mesure le chemin à parcourir pour obtenir une gestion du pays où existe une réelle volonté de négociation entre les acteurs économiques.
20 octobre 2010
Indigne ou ridicule ?
L’indignité des comportements se répand comme une traînée de poudre. Entendre des (ir)responsables syndicaux « jusqu’au-boutistes » appeler au blocage de l’activité économique du pays par des salariés protégés, sachant pertinemment que cela provoquera la fermeture d’entreprises petites et moyennes et donc du chômage pour des salariés non protégés, est absolument stupéfiant et révoltant.
Faire descendre les lycéens dans la rue pour pouvoir claironner que le nombre de manifestants est en augmentation, tout en sachant pertinemment que c’est un appel d’air pour les casseurs et les voyous, est indigne.
Avoir refusé de signer le décret d’application de la loi sur le CPE rend J. Chirac responsable de cette propension des politiques de l’opposition et des syndicats d’en appeler au dictat de la rue, piétinant ainsi sans vergogne la démocratie représentative.
Quoi de plus indigne que d’incendier un établissement scolaire ?
Quoi de plus ridicule que de voir l’agitation déclenchée par ceux qui ne sont pas concernés par la réforme des retraites ?
Quoi de plus indigne que de voir des leaders syndicaux irresponsables avoir fait de Marseille un port de seconde zone pour longtemps, alors que cette ville a été pendant longtemps le second port européen ?
Quoi de plus ridicule que d’entendre tous les syndicats de branches faire de la surenchère et courir après la notion de pénibilité pour leur métier, afin de se mettre à l’abri d’une modification de l’âge du départ en retraite ? N’entend-on pas les salariés du secteur bancaire, toute honte bue, parler de la pénibilité « morale » de leur métier !!!
Quoi de plus ridicule que de voir des lycéens, à l’inculture économique abyssale, reprendre, sans comprendre, des slogans qui portent en eux une contradiction complète avec leurs propres intérêts ?
Quoi de plus indigne que d’entendre les lycéens reprendre les mêmes slogans utilisés contre l’extrême droite lors de la dernière élection de J. Chirac !
Quoi de plus ridicule que cette référence à Mai 1968 ?
Quoi de plus ridicule que cette guerre picrocholine des chiffres entre les syndicats et le ministère de l’Intérieur !
Quoi de plus attristant que de voir un peuple regarder le travail comme un asservissement ?
Quoi de plus consternant que de voir les acteurs responsables de cette situation dangereuse pour tous n’avoir plus qu’une seule préoccupation : comment sortit de là sans « perdre la face » !!
Quoi de plus indigne pour des responsables que le déni de réalité ?
Dans un moment d’accablement, Einstein s’est écrié : « Il n’y a que deux infinis : l’Univers et la bêtise humaine … Et encore, pour l’Univers, je n’en suis pas sûr » !!!
27 juillet 2010
À quoi sert la Bourse ?
Une entreprise a toujours besoins de capitaux. Une entreprise publique trouve ceux-ci auprès de l’État, c’est-à-dire du contribuable. Une entreprise privée fait appel à des investisseurs. Ces derniers prêtent leur argent à l’entreprise qui reconnaît avoir une dette envers eux. Cette reconnaissance de dette s’appelle une (ou plusieurs) action(s). Une action est donc un avoir sur les capitaux de l’entreprise. Bien entendu, personne ne prête son argent sans demander un intérêt. Pour le prêteur, devenu actionnaire, cet intérêt est représenté par la valeur de l’action le jour où cet actionnaire décidera de la revendre. Ce titre financier qu’est l’action est donc une promesse de revenus futurs. Avec le temps, la valeur de l’action varie en fonction de ce que la majorité des acteurs peut prévoir de l’avenir de l’entreprise. Celle-ci a, en principe, un objectif unique : croître et prospérer. Cet avenir supposé donne une vision positive de l’avenir qui se concrétise généralement par une augmentation de la valeur des actions. Mais pour qu’effectivement l’avenir de l’entreprise se présente positivement, celle-ci doit, bien entendu, investir dans de nombreux domaines pour résister à la concurrence. Pour investir, elle a besoin de capitaux. C’est pourquoi elle fait appel à des investisseurs en leur proposant d’acheter ses actions. Pour qu’un investissement produise un effet visible sur l’activité de l’entreprise, il faut évidemment un certain temps. Par exemple, l’achat d’un nouveau matériel de production demande quelques mois avant que son efficacité améliorée ait un effet sur le chiffre d’affaires de l’entreprise. L’innovation demande généralement beaucoup de temps avant qu’elle ne produise un effet. C’est-à-dire que l’actionnaire investit dans le moyen terme, voire dans le long terme. C’est un contrat qu’il passe avec l’entreprise. Le lieu où s’achètent et se vendent les actions d’entreprises s’appelle La Bourse. Le rôle essentiel de La Bourse est donc de permettre aux entreprises de trouver les capitaux dont elles ont besoin pour investir dans le moyen terme. Puisqu’en Bourse s’achète et se vend un « produit » appelé action, il s’agit bien d’un marché. Cette levée de capitaux destinés à l’investissement s’appelle le marché primaire de La Bourse. Mais la cupidité des hommes étant sans limites, un certain nombre d’acteurs ont vu dans ce marché des actions un moyen de générer des profits rapidement en achetant et revendant les actions dans l’unique objectif de réaliser un profit maximal à court terme. C’est ainsi que s’est créé un marché secondaire que l’on peut appeler la spéculation. Les acteurs qui sévissent sur ce marché secondaire n’agissent pas pour permettre aux entreprises de se moderniser mais uniquement pour s’enrichir le plus rapidement possible. Si le marché primaire est directement relié à l’activité réelle du pays par la création de nouvelles richesses matérielles, le marché secondaire en est totalement déconnecté. Sur ce marché, l’argent n’est plus un moyen, mais est devenu un produit comme un autre dont on attend une rentabilité maximale. Les organismes spécialisés dans la spéculation recherchent un profit de plus en plus important de plus en plus rapidement. Pour cela, ils exercent une pression considérable sur les entreprises pour que celles-ci prennent toutes les mesures possibles pour augmenter la valeur de leurs actions et l’importance des dividendes versés aux actionnaires. D’où la compression acharnée des coûts de production (licenciements, délocalisations). Comme ce qui est rare est cher, certaines entreprises diminuent le nombre de leurs actions sur ce marché secondaire en rachetant leurs propres actions, ce qui se fait nécessairement au détriment de leurs investissements. Enfin, pour enrichir l’offre de ce marché secondaire, certains organismes financiers (dont les banques) ont inventé de nouveaux produits financiers pour élargir la spéculation à autre chose que les seules actions d’entreprise, ce qui a plongé le monde dans la crise que nous connaissons aujourd’hui et dont nous ne sommes pas certains de sortir. Pendant l’expansion économique des « trente glorieuses », la rentabilité des actions était de quelques pourcents. Aujourd’hui, les fonds spéculatifs exigent des rentabilités de l’ordre de 15% et les économies sont en récession. On peut légitimement se poser la question de savoir quelle est la cause et quel est l’effet. La Bourse qui devait être un outil de développement est devenu un véritable danger. Elle est devenue le bras armé de ce que le Capitalisme a de plus néfaste.
04 juillet 2010
Faillite ?
Commençons par un état des lieux. L’entreprise France a une production annuelle dont la valeur est de l’ordre de 2100 milliards d’Euros. Pour fonctionner, cette entreprise dépense annuellement 1100 milliards d’Euros et « gagne » (impôts et contribution sociales) environ 910 milliards d’Euros. Cette entreprise perd donc, chaque année, près de 200 milliards d’Euros, soit près de 10% de son chiffre d’affaires ! Et ceci depuis près de cinquante ans. Le résultat en est que les déficits cumulés ont été compensés par des emprunts qui représentent aujourd’hui une dette de 1700 milliards d’Euros, soit environ 83% du PIB. Bien évidemment, l’entreprise France se doit de rembourser ses emprunts, ce qu’elle fait (capital + intérêts) pour un montant de près de 45 milliards d’Euros annuels, soit 5% de ses recettes totales. Voilà une situation qui alarmerait n’importe quel dirigeant d’entreprise. D’autant plus qu’il s’agit d’une situation qui s’aggrave chaque année. L’avenir le plus probable d’une telle entreprise, si elle ne prend pas immédiatement des mesures drastiques pour redresser la situation, est la faillite. C’est la situation de la France. Elle est donc en grand danger. C’est-à-dire que l’horizon probable, si rien de sérieux n’est fait, est l’effondrement de son système social (cessation des redistributions sociales, cessation de paiement des retraites), précarisation extrême des salariés, chômage en hausse rapide. Il faut donc impérativement et rapidement prendre des mesures difficiles, voire douloureuses, qui réduisent fortement les dépenses (réduction des prestations sociales, réduction drastique du budget de fonctionnement) et qui augmentent les recettes (augmentation des impôts, soutien aux exportations). Et que constatons-nous ? Que tous les responsables, en particuliers les syndicalistes et les élus locaux, continuent imperturbablement, de réclamer des augmentations de moyens dans tous les domaines alors que la France n’en a pas les moyens. Que ceux qui nous gouvernent, plutôt que de rechercher un consensus urgent sur des mesures nécessairement impopulaires à prendre, restent les yeux fixés sur l’horizon des prochaines élections présidentielles et se complaisent dans des petits combats dérisoires. Les médias s’en font le reflet, avec ses incessantes « révélations » sur « l’affaire Bettencourt ». Les parlementaires ne parlent plus que de cela, pas un journal télévisé ou radiodiffusé qui n’évoque cette affaire. Cela donne l’impression angoissante que le bateau, non seulement n’a plus de capitaine, mais qu’il n’a pas d’équipage non plus. Nous sommes embarqués sur le Titanic avec un sentiment grandissant de déréliction.
12 juin 2010
Démiurge
À la crise économico-financière majeure qui sévit sur le monde, s’ajoute maintenant une crise écologique d’une ampleur jamais connue, à savoir la marée noire du Golfe du Mexique. Lorsque nous portons un regard un peu attentif aux espèces vivantes qui peuplent la planète, toutes – sauf l’homme – vivent grâce à un équilibre permanent qu’elles maintiennent en permanence avec leur environnement et la planète. Seul l’homme, se prenant pour un démiurge, fait fi des désordres qu’il introduit dans le milieu où il vit au risque de le détruire et de se néantiser lui-même. Cela relève d’une stupidité confondante qui pourrait bien être « le propre de l’homme » et non pas le rire, comme semblait le penser naïvement Rabelais ! La course aux armements nucléaires est déjà un signe que la destruction de l’humanité ne fait pas reculer l’homme dans ses instincts meurtriers. La folie de l’argent est un autre signe, qui voit des individus ne pas hésiter à semer la panique, la pauvreté, la révolte, la catastrophe pour pouvoir accumuler des richesses dont ils n’auront jamais l’occasion de jouir totalement. Cette même frénésie de l’accumulation de richesses pousse les hommes à des activités follement dangereuses comme de percer des réservoirs d’énergies fossiles dans les endroits les plus inaccessibles, en encourant tous les risques et en les camouflant par le mensonge, qu’il soit réel ou par omission volontaire, faute d’être capable de les maîtriser. À vrai dire, le propre de l’homme c’est un mélange mortel d’égoïsme forcené, de xénophobie (la peur des autres), et de cupidité. C’est ce qui explique le mieux l’impossibilité qu’ont les responsables politiques de tous pays de s’entendre sur des règles qui s’imposeraient à tous. Oubliant volontairement que la mondialisation existe, non seulement dans le monde de la finance, mais également dans l’extension de la crise et de la dépression (la pollution des côtes américaines impacte le montant des retraites des Britanniques !), chacun se croyant (ou faisant semblant de croire être) à l’abri des autres, fait des choix de gouvernement de court terme et uniquement nationaux voire protectionnistes, repoussant par là même toute chance de résoudre la crise mondiale. Pour le moment, tout le monde se drogue d’enthousiasme footballistique pour éviter de voir lucidement l’avenir.
08 juin 2010
Ils nous trompent
Ils nous trompent. Leur démagogie est criminelle. Je parle des politiques de tous bords, de la majorité et du gouvernement comme de l’opposition. Le gouvernement nous fait croire qu’en « rabotant » les niches fiscales de 10%, tout en disant que les impôts n’augmenteront pas (sic), le pays arrivera à résorber une dette abyssale. Bien évidemment, c’est totalement faux, cette mesure étant parfaitement insuffisante. Elle ne permettra pas de tenir l’engagement que le Président de la République a pris de ramener le déficit de 8% à 6% du PIB en 2011. La dette sociale est immense (sécurité sociale, retraites, indemnités de chômage, prestations familiales) et reste financée par l’emprunt, le budget est en déséquilibre avec un déficit de l’ordre de 8% du PIB, les décisions tardent. Le gouvernement continue à nous faire croire à la reprise d'une croissance économique fictive. Quant au discours de l’opposition, il verse dans la démagogie la plus pure en faisant croire qu’elle mettra en place une société de rêve (le « care »), ou « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », où le temps de travail continuera à diminuer, où l’argent nécessaire existe et qu’il n’y a qu’à le prendre dans la poche des riches (?) en supprimant le bouclier fiscal, où les prestations sociales seront améliorées, le chômage diminuera et la crise s’effacera par miracle. La vérité est ailleurs et bien différente. Nous sombrons peu à peu dans une crise qui n’aura rien à envier à celle de 1929. Le pouvoir est passé des États au monde de la finance, monde qui fonctionne selon ses propres règles dangereuses et immorales. Tellement dangereuses qu’elles ont permis de remplacer, au grand bénéfice des financiers, la dette privée de ces derniers par la dette publique des contribuables. De plus, l’économie réelle européenne ne va pas bien pour avoir confondu investissements productifs et spéculation financière. L’Europe est gravement malade et, en son sein, la France continue de vivre comme si rien n’avait changé. Alors que le chômage croit, que les retraites sont en grand danger, que les impôts augmentent et que le citoyen souffre et s’inquiète, les élus sont vent debout contre la réforme des collectivités locales, véritable gouffre de dépenses, parce que préoccupés de préserver leur poste.
30 mai 2010
Un livre salutaire
Avez-vous lu le livre intitulé « L’arnaque ou La finance au-dessus des lois et des règles » de Jean de Maillard ? C’est un ouvrage effrayant et salutaire que tout le monde devrait lire, en particulier les hommes qui nous gouvernent. Ce livre explique les mécanismes utilisés par le monde de la finance, et particulièrement le monde anglo-saxon, qui nous ont plongés dans la crise profonde que nous connaissons aujourd’hui. Si vous n’avez pas compris comment se sont développées la crise des Caisses d’Épargne américaines, la bulle Internet, la crise des subprimes, la crise des produits toxiques financiers, l’inflation galopante de la masse monétaire, vous trouverez dans cet ouvrage toutes les explications nécessaires. Mais surtout il met en évidence que le monde financier secrète des comportements délinquants en toute impunité car la mondialisation financière a créé un environnement où de tels comportements deviennent, non seulement incontournables, mais restent légaux pour la simple raison que ce monde fabrique ses propres lois dans le vide réglementaire que les hommes politiques ont laissé se développer par incompétence ou lâcheté (à vous de choisir). En quelque sorte, il y a consubstantialité entre la mondialisation financière et la fraude à grande échelle car celle-ci est devenue une variable d’ajustement et un mode de gestion de l’économie. Après la lecture de ce livre salutaire, tous les discours des G20 et autres instances politiques internationales, toutes les rodomontades gouvernementales nous assurant que plus rien ne sera comme avant, on comprend que rien ne change et ne changera jamais. Nous sommes entraînés malgré nous dans une machine infernale où un tout petit nombre de décideurs financiers pillent le monde à leur seul et colossal profit. À croire que les marcionistes avaient raison !
17 mai 2010
Qui croire ?
Les journaux sont emplis jusqu’à plus soif d’articles comminatoires de soi-disant experts en économie qui nous expliquent à longueur de colonnes les raisons de la crise profonde dans laquelle plonge peu à peu toute l’Europe. Une fois de plus, cette prétendue expertise consiste à regarder dans le rétroviseur, décrire le passé étant nettement plus commode que de prévoir l’avenir. Encore que ! Les explications sont bien loin d’être concordantes et les conseils encore plus variés. Allant de la dissimulation grecque à la gabegie budgétaire, de l’obligation d’une rigueur extrême jusqu’à la nécessité absolue d’une dévaluation de l’Euro, chaque expert y va de son analyse et de ses pronostics. On commence par nous expliquer que les marchés, inquiets de l’ampleur de la dette, réclament des plans de rigueur au sein des pays endettés, puis on nous assure que les marchés s’inquiètent du fait que les plans de rigueur adoptés par ces mêmes pays n’entravent la croissance. On comprend que les gouvernements ne sachent à quel saint se vouer en cette matière, les conseils dont ils sont abreuvés relevant davantage d’un discours de Diafoirus que d’une analyse crédible. Il n’y a qu’une vérité en la matière : l’économie n’est pas une science, à peine une suite de conjectures.
15 mai 2010
Des topinambours dans nos assiettes !
La dette publique mondiale atteint, à l’heure actuelle, la somme effarante de 38.000 milliards de dollars ! La dette française, quant à elle, atteint 2.130 milliards de dollars. Elle va bientôt atteindre 100% du PIB national. Et, tous les autres pays européens sont à la même enseigne. L’euro est attaqué et se déprécie chaque jour. Les spéculateurs ont déclaré la guerre à la zone Euro. Bref, nous sommes au bord d’un précipice dont il est impossible de voir le fond. Et que se passe-t-il ? Lorsque la Commission Européenne, étrangement silencieuse depuis le début de la crise financière, suggère enfin de mettre en place un mécanisme de collaboration budgétaire, tous les responsables politiques, toutes tendances confondues, crient, comme des vierges effarouchées, au viol de la souveraineté nationale, ceux-là même qui nous expliquaient que toutes nos difficultés proviennent de l’inexistence d’un gouvernement économique européen ! Lorsque les gouvernements se trouvent dans l’obligation d’envisager la possibilité éventuelle de, peut-être, mettre en œuvre quelques mesures d’économies, tous les syndicats et la majorité des hommes politiques s’insurgent devant ces mesures. Les mots mêmes leur font peur, les politiques s’interdisant d’employer le terme de « rigueur » et les syndicats faisant des poussées de fièvre en entendant ce mot. Pourquoi une telle attitude irresponsable ? À cause de préoccupations uniquement électorales. Les ambitions électorales suppriment aux responsables politiques et syndicaux la capacité de raisonner à moyen terme, c’est-à-dire pour l’intérêt général. Comme ces mêmes responsables imaginent que la démagogie est le seul discours que peut entendre la majorité des citoyens, il ne faut pas d’étonner de voir les attitudes et les discours populistes faire flores. Depuis la fin des « trente glorieuses », cette attitude nous a conduit dans la situation dramatique où nous sommes aujourd’hui. Cela fait presque quarante ans que le monde dit développé vit au-dessus de ses moyens, c’est-à-dire qu’il dépense plus qu’il ne crée et qu’il couvre son déficit par l’emprunt. Nous sommes aujourd’hui sommés de rendre des comptes. Et cela sera douloureux pour tous. L’économie mondiale est devenue un véritable casino, dont les bourses sont les tables de jeux, où les spéculateurs (les banquiers et les responsables de fonds spéculatifs anglo-saxons) sont systématiquement gagnants et les contribuables systématiquement perdants. C’est ainsi que les citoyens grecs paient durement aujourd’hui les résultats du jeu malsain et immoral que la banque américaine Goldman Sachs a joué avec leur gouvernement. Une dernière idée : le monde occidental s’est développé sans vergogne au détriment du reste de la planète et ce à quoi nous assistons maintenant n’est que le début d’un nécessaire réajustement. La France vit depuis des années avec un modèle économique basé sur la consommation (antienne des politiques de gauche et des syndicats), elle-même aidée par une redistribution sociale financée par la dette. Ainsi, un effort important de désendettement conduit inévitablement à une restriction de la consommation. Attendons-nous donc à enfiler un pull-over plutôt que d’ouvrir un radiateur, à fondre les bouts de savon usagés pour reconstituer un savon neuf, à voir dans nos assiettes rutabagas, salsifis et autres topinambours !
13 mai 2010
Poker menteur
Que n’a-t-on entendu les politiques et les économistes nous expliquer abondamment que la solution de la crise passait par un gouvernement économique européen, que son absence était pratiquement incompatible avec l’existence de la monnaie unique ? À tous, cela paraissait frappé au coin du bon sens. Or, quelle est la première tâche et responsabilité d’un gouvernement, dans le domaine économique, si ce n’est l’établissement du budget annuel ? Donc, proposer un gouvernement économique européen pour résoudre la crise et empêcher qu’elle ne se reproduise, veut dire que les nations délèguent l’établissement, ou du moins le contrôle, de leur budget à un organe européen. Or, que constate-t-on (je dirais une fois de plus) ? Lorsque la Commission européenne propose que les budgets nationaux soient soumis à l’approbation des ministres des finances réunis en comité européen, tous les responsables politiques, toutes tendances confondues, refusent cette proposition au prétexte qu’il s’agirait d’un abandon inadmissible de la souveraineté nationale. Actuellement, les gouvernements envoient à la Commission européenne un document résumant leur budget, une fois celui-ci adopté par leur Parlement. C’est en envoyant ce résumé que le gouvernement grec a dissimulé la vérité de ses dépenses et du déséquilibre inadmissible de ses budgets successifs. Comment ne pas penser que tous les gouvernements ne font pas, plus ou moins, la même chose ? Qui pourrait croire qu’un gouvernement n’a jamais rien à cacher dans l’établissement de son budget ? De plus, a-t-on jamais entendu parler d’une critique formulée par la Commission européenne à la lecture de ces documents ? La vérité est qu’une fois de plus les paroles des politiques n’ont rien à voir avec leurs actes. Comment le citoyen pourrait croire que le pire n’est pas devant lui lorsque la rigueur (au vrai sens du terme !) n’est pas considérée, par les responsables politiques, comme indispensable dans la gouvernance européenne ?
10 mai 2010
La débâcle !
Un immeuble de bureaux de la City ou de Wall Street. Une immense salle où s’alignent des écrans d’ordinateurs dans une atmosphère conditionnée. Devant chaque écran, un homme d’une trentaine d’années, chemise blanche et cravate, lunettes cerclées, observe le défilé continu des chiffres. Soudain, l’un d’entre eux presse quelques touches de son clavier … et il y a trois morts à Athènes. Certes, c’est un raccourci quelque peu subjectif, direz-vous. Pourtant, les traders des fonds spéculatifs et des organismes financiers et bancaires ont spéculé à la baisse les bonds de rachat de la dette grecque sans aucun état d’âme. Comme les marchés financiers ne fonctionnent pas selon la loi de l’offre et de la demande, mais selon des prévisions auto-réalisatrices, la spéculation à la baisse a effectivement entraîné la baisse des bonds de rachats grecs. Immédiatement, les taux d’intérêt des prêts bancaires à la Grèce se sont envolés et atteints des niveaux mettant ce petit pays dans l’impossibilité de rembourser ne serait-ce que les intérêts de sa dette. Obligée de réduire de façon dramatique ses dépenses pour éviter d’être en cessation de paiement, la Grèce a mis en œuvre un drastique plan de rigueur touchant brutalement les salaires, la redistribution sociale, les retraites, les investissements, les impôts, etc… Sous le choc, le peuple grec s’est révolté … et il y eut trois morts. C’était donc bien un raccourci, mais parfaitement objectif. Voilà presque trois mois que la situation se dégrade et que les responsables européens passent leur temps en discussions stériles et en atermoiements. Pendant ce temps perdu, la spéculation mondiale s’en ait donné à cœur joie ! Les européens expliquent que l’on prête de l’argent à la Grèce, mais il faut que cet argent rapporte ! On aide, mais on punit ! Les marchés rigolent !! et en profitent. Décidément, l’Europe manque de dirigeants d’envergure. Qui a entendu le « président » de l’Europe depuis que nous sommes dans la plus grave crise que l’Europe ait connue ? Lorsque l’Allemagne garde les yeux fixés sur les élections plutôt que sur le risque d’éclatement de l’Europe, on peut douter de l’avenir de celle-ci. D’ailleurs, A.Merkel a perdu sur tous les tableaux : non seulement ses hésitations et ses interventions intempestives n’ont pas arrêté la spéculation, mais elle a également perdu les élections et sa majorité gouvernementale. W. Churchill disait déjà, en son temps : « Vous aviez le choix entre la guerre ou la honte. Vous avez choisi la honte et vous aurez la guerre ! ». Mac Arthur disait également: « Ce qui distingue une défaite d’une victoire ? Deux mots : trop tard ». Où est la solidarité européenne lorsque A.Merkel dit « il faut punir les Grecs » ? On peut légitimement se demander si les Allemands sont sincèrement européens. Les résultats des élections partielles allemandes en Rhénanie semblent démontrer que la réponse est négative, la majorité des Allemands étant hostiles à toute aide à la Grèce. La croissance repart dans le monde entier … sauf en Europe. Les marchés s’en vont logiquement ailleurs ! Ils quittent une Europe vieillissante, sans réaction, sans volonté et endettée au-delà du raisonnable. Rien de plus normal ! Les marchés financiers sont des prédateurs immoraux, mais qui ne sont pas idiots : ils constatent et jouent sur l’incapacité des dirigeants européens à mettre en œuvre une politique commune, cohérente, compréhensible et qui se confinent dans des discours rodomonts. Jamais l’Europe n’a été plongée dans une telle crise. Nous avons au moins 10 ans de souffrances et de privations devant nous avec une déflation sévère. La pauvreté nous guette. L’Europe est déjà coupée en 2 : la zone Euro et les autres qui, aujourd’hui, insistent sur leur choix de ne pas en faire partie. Quelle vision ont donc les dirigeants européens lorsque leur seul moteur est la réaction des marchés financiers ? Tout, dans cette crise, montre que les égoïsmes nationaux sont majoritairement à l’œuvre dans les règles de fonctionnement de l’Europe. La Commission européenne se cantonne dans une technocratie tatillonne et le « président de l’Europe » est parfaitement inaudible. L’Europe est en perpétuel déficit, c’est-à-dire en dysfonctionnement économique, depuis plusieurs décennies et vieillissante. A-t-elle encore un avenir ? On peut en douter. Jamais l’Europe n’a été plongée dans une telle crise. Nous avons au moins 10 ans de souffrances et de privations devant nous avec une déflation sévère. La pauvreté nous guette.
07 mai 2010
Krach ?
Depuis vingt ans, faute d’investissements productifs, les entreprises ont perdu le combat de la compétitivité sur le plan mondial. Le résultat en est la désindustrialisation de la France, les délocalisations, le déficit de plus en plus grand de la balance commerciale. Faute de pouvoir jouer sur le levier de la croissance par les exportations, les gouvernements successifs, suivis ou poussés par les syndicats, se sont appuyés sur le seul levier qui leur restait, à savoir la consommation interne et les emplois aidés. Cette politique démagogique à long terme produit aujourd’hui ses effets, c’est-à-dire une dette colossale qui nous menace de connaître le sort de la Grèce. L’effondrement économique nous guette, accompagné par une crise sociale dont l’ampleur peut être catastrophique. La finance spéculative, immorale et sans scrupule, est à l’affût de la plus petite brèche pour enfoncer un coin destructeur dans l’économie du pays. Nous sommes en grand danger, malgré les discours faussement rassurants des hommes politiques de tous bords. Lorsque ces acteurs hors contrôle que sont les agences de notation auront créé la panique au Portugal (ce qu’elles s’apprêtent à faire), puis en Espagne et en Italie, la France sera leur prochaine victime. Notre seul salut passe par une cure d’austérité sévère qui ne manquera pas de créer des mouvements sociaux soutenus et alimentés par les syndicats et une partie de l’opposition politique, toujours prêts à verser dans la démagogie facile. L’État doit, à moyen terme, trouver 50 milliards de recettes nouvelles ou d’économies de fonctionnement. Les 5 milliards sur 3 ans, annoncés par le gouvernement, ne sont pas à la hauteur du problème. La petite Grèce cherche à faire 30 milliards d’économies alors qu’elle ne représente que 10% du PIB européen. Attendons-nous donc à voir les impôts augmenter fortement, au-delà du « rabotage » des niches fiscales, et les prestations sociales se réduire de façon importante. Espérons que les politiques auront le courage de mettre de côté leur hubris et leurs ambitions égoïstes pour prendre des décisions impopulaires que vont contester tous les syndicats. Il faut, dès maintenant, expliquer aux citoyens la réalité de la situation et prendre des mesures complémentaires permettant de remettre le pays sur la voie du développement. Malheureusement, la France ne peut sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve, sans l’Europe. Nous partageons avec un grand nombre de pays européens une monnaie commune. Et, toujours à l’affût de mauvais coups, les spéculateurs financiers ne manqueront pas de jouer l’Euro à la baisse si la situation ne s’améliore pas rapidement, entraînant dans la crise toute la zone Euro. Les responsables européens sauront-ils laisser de côté leurs égoïsmes nationaux et repousser l’horizon de leurs réflexions au-delà de leurs échéances électorales ? On peut en douter lorsque l’on constate qu’il a fallu plus de trois mois pour que ceux-ci trouvent un langage commun pour limiter la crise grecque, trois mois de trop qui ont suffi pour plonger celle-ci dans la tourmente sociale et toute l’Europe dans les remous financiers.
18 mars 2010
Les grandes menaces
Les dangers qui menacent les hommes sont nombreux et variés. L’imagination des hommes et leur « hubris » débridé multiplient à l’envi les risques encourus. Mais parmi tous ceux-ci, il en est quatre principaux : la modification climatique, le terrorisme, le monde des nanotechnologies, l’endettement des pays riches et la financiarisation de l’économie.Tout d’abord, le réchauffement dû à l’effet de serre. Il ne s’agit plus d’un hypothétique danger, les conséquences de l’élévation des températures se manifestant déjà. Les calottes glaciaires disparaissent, monde fragile s’il en est et tellement vital pour la diversité biologique de la planète. Au rythme actuel, les glaces polaires auront totalement disparu entre 2050 et 2080. La disparition de la glace de mer aura de terribles répercussions sur la faune, la fonte de la glace d’eau douce (les glaciers) alimentera la montée du niveau des océans et perturbera la circulation des grands courants marins. D’autres lieux seront affectés par ce réchauffement, en particulier tous les pergélisols, en Alaska et en Russie. Ce milieu contient du CO2 et du méthane dissous qui seront libérés avec le réchauffement du milieu. Le méthane est un gaz à effet de serre dix fois plus nocif que le dioxyde de carbone. Les fonds marins comportent d’immenses quantités d’hydrate de méthane qui deviendra instable avec l’élévation de la température des océans, libérant le méthane. Ces émissions ne feront qu’augmenter l’effet de serre et le réchauffement, ce qui accentuera celui des océans. Ce réchauffement important aura alors une double conséquence : l’élévation du niveau des eaux et la disparition des algues sous-glacières dans les zones polaires. Or, ces algues sont à la base de l’alimentation du plancton, nourriture du krill, lui-même nourriture des grands mammifères qui vont donc disparaître. La disparition des baleines, dont les cadavres servent de nourriture à toute la faune des abysses, entraînera la disparition de cette dernière. Quant à l’élévation du niveau des océans, elle va provoquer des migrations géantes depuis toutes les zones côtières menacées. Déjà Tuvalu et certaines îles du Pacifique sont sur le point de disparaître, chaque phénomène cyclonique inonde de plus en plus les terres du Bengladesh. À cette migration des peuples inondés s’ajoutera celle des populations soumises à une sécheresse de plus en plus grave. Au total, on peut envisager entre 100 et 200 millions de migrants climatiques. Un tel déplacement de population ne pourra avoir lieu sans avoir de terribles conséquences humaines.
Il y a ensuite le terrorisme. Le terrorisme idéologique se développe aujourd’hui sur un terreau confessionnel et civilisationnel. Le prosélytisme dont il fait preuve, basé sur la frustration et la haine, permet d’envisager, à juste titre, une expansion de son implantation et une radicalisation de son action. De nouveaux 11 Novembre sont à craindre. Le terrorisme mafieux, cherchant généralement une justification hypocrite dans le nationalisme, confond, avec moins d’envergure, ses actions avec celles du terrorisme politique. C’est ce que pratiquent les FARC en Colombie, certains indépendantistes corses, l’ETA en Espagne. Enfin, la raréfaction des matières premières non renouvelables va pousser certains pays propriétaires des gisements à exercer un chantage de plus en plus important sur le reste de la planète, chantage relevant du terrorisme d’Etat.
Il existe aune autre menace, celle que constitue la convergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, techniques de l’information, sciences cognitives). Les nanotechnologies forment actuellement trois domaines principaux d’application : la nanobiologie, les nanomatériaux et la nanoélectronique. Ces nanotechnologies vont permettre de fabriquer et de marquer des éléments de plus en plus petits, de la taille de la cellule, permettant à tout moment de communiquer et de traiter des informations sur l’individu. Déjà, un laboratoire américain privé vient d’annoncer la fabrication d’un génome complet d’une bactérie. Cette possibilité ouvre la voie à la création en laboratoire de virus et de bactéries dont il n’est absolument pas certain que l’on soit capable de maîtriser les effets. La fabrication de machines à traiter l’information, de plus en plus rapides et utilisant la physique quantique et ses lois étranges (intrication, non-localité, …) va permettre le traitement d’un volume de plus en plus grand d’informations facilitant le « suivi » d’une population entière et entraînant la disparition progressive de « l’aire privée ». Ces machines seront capables d’utiliser les derniers progrès des sciences cognitives et, de ce fait, de gérer le comportement des humains qui vont y perdre leur libre-arbitre…sans même s’en apercevoir !
Enfin, il reste l’endettement des pays riches. Ces pays accumulent une dette qui prend des proportions effrayantes. Les USA empruntent 800 milliards de dollars par an et leur dette publique atteint les 8000 milliards de dollars. La dette allemande est de 1500 milliards d’Euros, la dette française dépasse les 1200 milliards d’Euros, la dette italienne avoisine les 106% de son PIB , la dette belge atteint 102% du PIB et la dette française représente 77% du PIB. En Europe, la moyenne de l’endettement atteint environ 80% du PIB européen. Comment les actifs futurs pourront-ils payer le service de la dette ? Beaucoup de pays dits développés ont appliqué une politique keynésienne, consistant à emprunter pour relancer la consommation, donc l’activité et la création de richesses. Mais ce processus ne fonctionne que si l’accroissement de richesses est plus grand que l’emprunt additionné des intérêts. Dans le cas contraire, la dette augmente. C’est ce qui s’est passé à cause du laxisme des pays dits développés. Les pays pauvres sont également, et par définition, endettés. Or, ils sont, pour beaucoup, incapables de payer les intérêts de leur dette.
Aggravant encore ce risque de faillite généralisée, l’activité financière est, depuis longtemps, beaucoup plus importante que l’activité industrielle, ce qui veut dire qu’une grande partie de la création de richesses est totalement artificielle. La financiarisation outrancière de l’activité se trouve à la merci d’une baisse du dollar, d’un crash immobilier, d’une baisse boursière (trois évènements qui sont en train de se produire), d’une défiance des banques envers les Etats entrainant un effondrement de la valeur des obligations. Voulant alimenter coûte que coûte (c’est bien le mot !) le marché financier et la spéculation, les organismes bancaires ont mis sur le marché des produits de plus en plus sophistiqués et risqués, sans que ne s’exerce le moindre contrôle ; ce qui a conduit à la crise récente des « subprimes » qui a plongé l’ensemble des économies occidentales dans la tourmente et menace leur population de difficultés importantes. Le monde occidental (des privilégiés) est plongé dans une frénésie de l’argent « à tout prix » qui le pousse à délaisser l’économie réelle pour un jeu qui ressemble de plus en plus à une économie casino. Et, dans un tel jeu, on sait bien que les joueurs sont toujours perdants.
Il est classique de dire que l’avenir est incertain. Il est aussi dangereux. Nous avons connu la crise financière, puis la crise économique, bientôt la crise sociale (la Grèce) et sociétale.
08 mars 2010
La crise pour les nuls !
Alors voilà, Mme. Colette a une buvette à Curette en Tarn & Saône. Tout d’abord, en bonne gestionnaire, elle accroche au-dessus de son comptoir l’affichette « Ici, on ne fait pas de crédit » pour se mettre à l’abri des mauvais payeurs, d’autant que la grande majorité de ses clients sont alcooliques et chômeurs. Mais, au bout de quelques mois, elle trouve que son chiffre d’affaires est insuffisant pour lui permettre de s’offrir un certain nombre d’extras dont elle a envie depuis longtemps. Elle décide donc d’augmenter le nombre de ses clients. Pour augmenter ses ventes et attirer le chaland, elle décide de faire crédit. Vu qu'elle vend à crédit, Mme Colette voit augmenter le volume des consommations et la fréquentation de sa buvette. Elle en profite pour augmenter un peu les prix de base du "calva", du ballon de rouge et de la Suze-Casse.De son côté, le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale, lui aussi soucieux d’améliorer ses performances en termes de prêts consentis, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables puisque les clients de la buvette augmentent, et donc il commence à faire crédit à Mme Colette, en prenant les dettes des ivrognes comme garantie, ce qui suppose évidemment que ces dettes seront remboursées un jour. Au siège de la banque, des traders avisés et experts en mathématiques sophistiquées, « titrisent » alors ces actifs recouvrables en XYZ, CQFD, SAMU, OVNI, SOS, TLDLBB, et autres sigles financiers ésotériques que nul n’est capable de comprendre. Ces produits sont alors vendus sur le marché financier et conduisent, au NYSE (New York Stock Exchange), à la City de Londres, aux Bourses de Tokyo, de Francfort et de Paris, etc…, à des opérations dites de dérivés dont les garanties et les risques sont totalement inconnus de tous (c.à.d., en définitive, la capacité des ivrognes de Mme Colette en Tarn & Saône à payer leur ardoise !). Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays. Comme leur valeur boursière a tendance à augmenter, la demande de ses produits augmente aussi et donc … leur valeur en bourse est en hausse ! Pendant ce temps, Mme Colette, en proie à des difficultés de trésorerie du fait des impayés grandissants, emprunte de plus en plus auprès de son agence bancaire qui utilise les dépôts de ses clients pour fournir les crédits demandés. Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Curette n'ont pas un rond pour payer leurs dettes et que la buvette de Mme. Colette va faire faillite … ce qui se produit. Et le monde entier est grugé et se retrouve en crise.
Le directeur d’agence est, en réalité, le patron de Goldman Sachs, les alcooliques sont les ménages américains qui se sont endettés pour acheter leur logement, les actifs recouvrables s’appellent les subprimes, la faillite de la mère Colette est celle du monde en crise financière, puis économique, puis sociale et, finalement, politique, pendant que le grand banquier pense « Après moi, le déluge ! ». Vous voyez comme les choses sont simples !
13 février 2010
L’Europe malade de la mondialisation
La Grèce a menti. Elle a contourné les critères européens de gestion. Certes, ce n’est pas le seul pays à avoir joyeusement piétiné les critères de Maastricht. Mais c’est le seul pays à avoir dissimulé ce fait en présentant des comptes truqués. Comme la vérité finit toujours par être connue et que la réalité des faits s’impose, ce pays est, aujourd’hui, menacé de faillite. De la même façon qu’une entreprise en difficulté attire les rapaces, les « hedge funds » se précipitent en spéculant sur la faillite de la Grèce. Si ces rapaces de la finance gagnent la partie, ils joueront alors contre les autres pays les plus exposés, c’est-à-dire (dans l’ordre) l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, la France. Or, si la Grèce ne pèse pas beaucoup dans l’économie européenne, il n’en est pas de même pour l’Espagne. Et si ce pays se trouve menacé à son tour par la spéculation mondiale, alors, c’est l’Europe tout entière, et plus particulièrement la zone Euro, qui se trouvera menacée d’éclatement. La situation est donc grave. Et pourtant, les dirigeants européens, réunis soi-disant pour trouver les moyens de stopper ce danger, n’ont pas eu le courage d’annoncer des mesures concrètes propres à décourager les spéculateurs. Il eut été pourtant suffisant qu’ils se portent garants des emprunts que la Grèce va devoir lever pour faire face à ses obligations. Ce qu’ils ont fait, chacun de leur côté, pour les banques de leur pays, ils n’ont pas osé le faire ensemble pour un pays européen. Une fois de plus, les égoïsmes nationaux et les préoccupations locales ont été prédominants. Le « gouvernement économique » de l’Europe est renvoyé aux calendes grecques (c’est le cas de le dire !). L’Europe reste sans moyens devant la mondialisation qui s’impose à elle sans qu’elle ne puisse en maîtriser les effets. Avec des gouvernements nationaux aveuglés par leurs préoccupations électorales, une Commission européenne qui se préoccupe des OGM au lieu de s’occuper de la crise la plus grave que l’Europe ait connu depuis qu’elle existe, un soi-disant Président de l’Europe qui brille par son absence, l’avenir est sombre. L’égoïsme n’est certes pas une spécificité européenne. Copenhague ou le simulacre de G20 ont bien montré que « le chacun pour soi » reste la règle de tous les pays. Cela laisse le champ libre et un bel avenir à tous les fieffés coquins, les trafiquants, les mafias, les spéculateurs du monde entier. On a cru Obama thaumaturge, il n’est qu’un Président américain. Oui, l’avenir est sombre.
22 janvier 2010
Populisme aggravé
Voulez-vous savoir ce qu’est le populisme ? Ce qui vient de se passer au sujet de la rémunération de Mr. H. Proglio en est une brillante démonstration. La levée de bouclier qu’a suscitée dans le monde politique et au sein de la population le montant du salaire de ce chef d’entreprise, qui n’était en fait qu’au niveau préalablement promis par le gouvernement avant qu’il n’ait accepté le poste, est un magnifique exemple de populisme aggravé. Le « peuple » ayant trouvé insupportable et indécent le niveau de cette rémunération, les politiques ont immédiatement enfourché le même cheval de l’indignation morale. Certes, ce montant est important. Et il est tentant de faire des comparaisons faciles avec le salaire moyen des travailleurs de tous bords et de fulminer à grands cris. Mais alors, pourquoi les politiques ne manifestent-ils aucune indignation au sujet des rémunérations touchées par certaines vedettes du show-biz, du sport en général et du football en particulier ? Certains de ces individus touchent des émoluments qui sont de 5 à 10 fois plus importants que ceux proposés à Mr. H. Proglio. De plus, beaucoup d’entre eux vont cacher leurs gains en Suisse ou dans tout autre paradis fiscal, ce qui n’est pas le cas du PDG d’EDF. Et aucun politique n’élève la moindre protestation, tout simplement parce que le « peuple » accepte cette situation et que, pour les politiques, aller dans le sens de la doxa c’est-à-dire « caresser le peuple dans le sens du poil » est une obligation avant une échéance électorale prochaine. C’est cela que l’on appelle le populisme.Ceci étant dit, il n’en reste pas moins que Mr. H. Proglio, maintenant plus que jamais, doit démontrer sa compétence à faire prospérer son entreprise. Et il a déjà du travail ! L’échec d’Abou Dabi en face des Coréens, l’affaire des déchets nucléaires en Russie, les difficultés de l’EPR, les difficiles relations avec AREVA, sont autant de problèmes auxquels il doit apporter rapidement une réponse, faute de quoi il deviendra légitime de dire que ses compétences ne sont pas à la hauteur de sa rémunération. Mais pas avant et surtout pas à priori.
19 décembre 2009
Copenhague, la victoire de l’égoïsme
Après l’établissement d’un constat consensuel au sein de tous les climatologues du globe, après deux ans de préparation du symposium de Copenhague, le constat d’échec s’impose, malgré tous les discours lénifiants des responsables politiques à destination de leur électorat. L’unique résultat est d’entériner la nécessité de ramener à 2 degrés l’augmentation de la température moyenne du globe (si tant est que cette notion ait un sens) et … de décider de se réunir à nouveau ! Signe d’une procrastination générale ! Un nombre grandissant de voix se font entendre pour estimer que le nombre de réfugiés climatiques sera de l’ordre de 250 millions, ce qui fait plus de 1 million de réfugiés dans chaque pays de la planète (il y a 192 pays reconnus par l’ONU). Quel pays peut résister à cela ? Aucun. Et ce chiffre ne tient pas compte du nombre de morts sous l’effet des dévastations climatiques actuelles. L’obstination à ne pas conclure réellement appartient aux deux plus grands pollueurs de la planète, à savoir la Chine et les États-Unis. L’un et l’autre ont refusé tout dispositif contraignant et contrôlé d’une réduction effective et immédiate de leurs émissions de gaz à effet de serre. Barak Obama, le sauveur de la planète, a finalement reculé sous la pression du lobbying des industries pétrolières et manufacturières américaines et, vraisemblablement, du chantage exercé par les pays producteurs de pétrole. La Chine a utilisé le prétexte grossier du refus de la mise en place d’un quelconque contrôle au nom de sa souveraineté nationale pour refuser tout objectif chiffré et pour épargner à son industrie toute contrainte qui pourrait renchérir les prix de ses produits exportés qui inondent le monde. A croire que, plus le pays est important, plus l’égoïsme national est grand et aveugle. Notons également le silence étonnant de la Russie tout au long de cette conférence. On peut soupçonner que ce silence dissimule le choix de ne rien faire pour ne pas compromettre une croissance difficile. La vie des pays menacés par la montée des eaux (les îles pacifiques) ou par la sécheresse (l’Afrique) ne pèse pas bien lourd en face de la cupidité des nantis.
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