31 juillet 2006

Patriotisme économique ou protectionnisme ?

Une entreprise fonctionne grâce à des équilibres fragiles qui ont, généralement, mis très longtemps à se mettre en place et à être acceptés par l’ensemble des acteurs. La résistance au changement, antienne de toute tentative de modification, n’est que l’expression d’une peur quelque peu paranoïaque des salariés, craintes qui sont en partie également inconsciemment objectives. Ce fragile équilibre explique que les actions souvent brutales des cabinets de conseil en organisation sont rarement des succès.
La problématique est identique lorsqu’une entreprise se trouve confrontée à une OPA. Peut-on accepter sans réfléchir les risques du changement ? N’est-il pas légitime de rechercher une solution qui minimise les risques évoqués ? Bien entendu, l’analyse de ces risques n’est pas la même lorsque l’OPA provient d’un capitaliste ou d’une entreprise européenne ou lorsqu’elle a son origine à l’extérieur de l’Europe. Il est possible de prendre des risques au nom de la construction européenne qui sont inacceptables lorsque le danger vient de l’extérieur. Cela revient à poser la question : peut-on abandonner totalement un pays aux lois du marché ? L’expression « lois du marché » prête d’ailleurs à sourire, car ce qui caractérise le marché est justement l’absence de règles. Peut-on laisser dire que l’Etat n’est pas légitime lorsqu’il intervient dans un projet d’OPA au prétexte qu’une telle opération ne regarde que les actionnaires ? Pourquoi l’Etat ne se préoccuperait-il pas du risque encouru par les salariés, alors que le chômage est indemnisé par le contribuable ? Souvent, l’entreprise visée par l’OPA a bénéficié d’allègements fiscaux qui, là également, ont été payés par le contribuable. Cela ne justifie-t-il pas la légitimité de l’Etat ? D’autant plus que certaines de ces OPA ne sont que des opérations financières qui s’apparentent complètement à la pratique de « la vente à la découpe » qui sévit dans l’immobilier.
Ces interventions étatiques, désignées en France sous le vocable à la mode de « patriotisme économique », existent partout sans soulever autant de protestations indignées. Comment appeler le vote, réalisé en toute urgence, par le Congrès américain, d’une loi de circonstance pour empêcher le rachat de la gestion de quatre ports américains par P&O, société de DubaÏ ?
L’Europe est ouverte à tous les vents de la mondialisation contrairement au reste du monde et c’est un mauvais procès que de reprocher à un Etat européen de se préoccuper d’un raid en provenance d’un pays extra-européen. Le libre-échange n’est acceptable que dans une perspective gagnant-gagnant pour les deux parties. C’est pourquoi, lorsque des inégalités existent dans les risques encourus, il est absolument légitime que l’Etat intervienne. C’est, d’ailleurs, la même problématique pour les pays en voie de développement à qui les pays développés, par l’intermédiaire du FMI et de ses Plans d’Ajustement Structurel (PAS), tentent d’imposer des règles de gouvernance qui ne sont absolument pas adaptées. Il est alors légitime que ces pays mettent en place des protections qui les mettent à l’abri des raids économiques des multinationales.

23 juillet 2006

Ticket chic, ticket choc

Bien entendu, ce qui suit n’engage que moi. Lorsque je réfléchis à ce que je considère comme pouvant être la meilleure confrontation présidentielle pour 2007, il me semble que ce serait la suivante :
À droite, Michel Alliot-Marie comme candidate à la présidentielle avec François Bayrou comme Premier ministre, mais sûrement pas l’inverse.
À gauche, François Hollande comme candidat à la présidentielle avec DSK comme Premier ministre, mais sûrement pas l’inverse. La Ségolèno-mania n’est qu’une illusion médiatique sans avenir pour la France. Il n’y a pas plus populiste que de construire son programme par un melting-pot des desiderata du peuple. De plus, au prétexte d’être « près des préoccupations des Français », cette manière de faire ne fait que souligner un manque cruel d’idées et de convictions personnelles. Ceci me semble rédhibitoire pour un président de la République !
Malheureusement, le concept de « ticket » n’existe pas en France.
Le pari que je peux faire sans risque est que, quel que soit le candidat officiel du Parti Socialiste, il y aura des candidatures sauvages. Le constat que je peux faire également est qu’aucune candidature n’est enthousiasmante. La classe politique, contrairement au discours construit sur le nombre exponentiel des candidatures potentielles qui serait une mesure de la richesse de cette classe politique, est bien pauvre.

19 juillet 2006

Minorités visibles

Les médias ont organisé, orchestré, manipulé l’agitation autour de l’arrivée d’un présentateur noir du journal télévisé de TF1. Ils ont ainsi contribué, en toute conscience, à la manœuvre publicitaire et marketing de TF1. Quand donc, dans ce pays, ne s’étonnera-t-on plus de la présence d’un journaliste noir (ou juif, ou jaune, ou homosexuel, ou …) à la télévision ! Cet étonnement, cette curiosité malsaine, sont le signe évident d’un racisme qui ne veut pas dire son nom. Lorsque la « visibilité » des minorités passera inaperçue, alors le racisme aura vécu. Nous en sommes loin. Et tant que les médias rechercheront le sensationnel autour de tels évènements, l’échéance reculera.

17 juillet 2006

Liban, Liban !!

Le G8 est réuni en grandes pompes dans le théâtral décor de Saint-Pétersbourg pour s’assurer que leurs intérêts particuliers sont bien défendus. Comment ne pas évoquer le drame libanais, pays qui, depuis quinze ans, cherche à se reconstruire après plusieurs décennies d’une guerre civile terrible. Les grands du G8 ont donc abordé le sujet … en restant dans les généralités, la langue de bois, la défense de leurs petits intérêts. Personne ne désigne l’Iran comme principal responsable de ce qui se passe, la France parle de « ceux » qui arment les terroristes sans les nommer, la Russie marchande la pression qu’elle pourrait exercer sur l’Iran à l’aune de son admission au sein de l’OMC que refuse les USA, qui eux-mêmes marchandent leur accord en contrepartie d’une pression de la Russie sur le dossier nucléaire iranien (encore !). L’Europe envoie un représentant sur place … pour faire croire qu’elle fait quelque chose. L’ONU rappelle qu’elle a édicté une résolution vieille de quinze ans qui exige le désarmement des milices du Liban et qui n’a jamais été appliquée.
Liban, Liban, pourquoi empêches-tu le monde de ronronner tranquillement ? Pourquoi inquiètes-tu ce monde de la finance avec tes enfants meurtris par les bombes ? Pourquoi empêches-tu les grands de ce monde de « cuisiner » tranquilles entre eux avec tes hommes et tes femmes qui ne savent où aller pour fuir leur peur ? La conscience est une abstraction, la morale une utopie.

14 juillet 2006

Journalistes ou stars ?

Finalement, ce qui intéresse les journalistes qui interrogent une personnalité politique, ce n’est pas tellement les réponses apportées à leurs questions mais uniquement le fait de poser les questions.

10 juillet 2006

DSK et les Services Publics

Je viens de lire le dernier livre de DSK. En dehors des encensements narcissiques récurrents et de l’obsession permanente de Sarkozy dont cet ouvrage foisonne, DSK prend la défense des Services Publics en précisant que ces activités se doivent d’être soustraites aux lois du marché et aux critères de rentabilité. Il ne dit pas un mot sur les critères d’efficacité dont il me semble que ces Services Publics ne sauraient s’absoudre. Peut-on admettre que ces activités soient inefficaces alors qu’elles sont financées par l’impôt ? Peut-on admettre que le contribuable accepte l’inefficacité d’activités dont il finance le fonctionnement ? Sûrement pas. Je suppose que DSK serait d’accord avec moi là-dessus.
Mais, dans ce cas, peut-on écarter d’un revers de main les critères financiers et les coûts comme semble le faire l’auteur de « 365 jours » ? Autrement dit, peut-on parler d’efficacité à n’importe quel coût ? Prenons l’exemple de la protection parasismique et de son coût. C’est-à-dire que, pour protéger les populations des effets d’un tremblement de terre, il faut consentir des dépenses spécifiques. Le niveau de protection est directement attaché à la magnitude maximale contre laquelle on cherche à se protéger (sans garantie d’un succès total). Le malheureux (et dangereux) principe de précaution voudrait que l’on se protège contre le niveau maximal de magnitude. Hormis le fait que l’on ne connaît pas ce maximum et compte tenu du fait que les dépenses supplémentaires augmentent exponentiellement avec le degré de protection recherché, il arrive un moment où il faut se poser la question : faut-il dépenser une somme considérable à la protection parasismique ou n’est-il pas plus judicieux de se contenter d’une protection moindre et de consacrer les sommes économisées à construire un nouvel hôpital où seront soignées les victimes du tremblement de terre (car il y en aura toujours) ? Autrement dit, il n’y a pas de sécurité à n’importe quel prix. Ce qui veut dire que l’efficacité comporte nécessairement un aspect financier. Les Services Publics ne peuvent fonctionner sans que leur soient appliqués des critères financiers : pas de Services Publics à n’importe quel coût. Il faut donc mettre en place un contrôle de gestion de ces activités qui comporte obligatoirement des ratios construits sur le nombre d’unités d’œuvre réalisées et le coût correspondant. Mais il est tout aussi évident que les syndicats sont foncièrement opposés à ce type de contrôle qui risque de mettre en évidence, malgré la doxa de la meilleure administration du monde, l’inefficacité globale de celle-ci au sein de laquelle est d’ailleurs recrutée leur clientèle. Il est curieux qu’un homme qui se présente comme un économiste éminent oublie cet aspect des choses. Mais, pour conserver les voix potentielles d’une clientèle syndicale et fonctionnaire, que ne serait-on prêt à sacrifier !
Un dernier mot encore sur le livre de DSK. Je vous propose une petite expérience. Après avoir lu « 365 jours », lisez les mémoires du Général De Gaulle. Vous verrez immédiatement la différence entre un homme d’Etat et un politique. Une différence de style, de hauteur de vue, de grandeur dans les idées. C’est toute la différence entre un dessein et une ambition.

19 juin 2006

Presse en danger

France-Soir, Libération, l’Humanité, trois titres prestigieux et historiques qui se battent avec de très grandes difficultés financières et sont menacés de disparition. À quand le temps où d’autres journaux hebdomadaires seront menacés à leur tour ? À quand le temps où il n’y aura plus de presse quotidienne classique ? Cette situation coïncide avec l’apparition de la presse gratuite et des publications sur Internet. Le lecteur français se désintéresse de ce qui fait la différence entre la vraie presse et la presse fast-food (à consommer rapidement). Il y a pourtant la même différence entre un article de Libération et un résumé de journal gratuit qu’entre un sandwich MacDonald et un repas chez Lasserre. Consommer rapidement, sans effort de réflexion et de compréhension, voilà le lecteur du vingt-et-unième siècle. Le titre est suffisant, l’analyse est devenue superfétatoire. L’attrait pour le superficiel est une caractéristique de la civilisation d’aujourd’hui ? Le succès des émissions « trash » de la télévision en est une preuve. L’édition d’un nombre ahurissant de livres bibliographiques sans intérêt concernant tel acteur, tel homme politique, tel présentateur de télévision, relève du même goût du superficiel et du futile. Qui peut citer aujourd’hui le nom d’un philosophe contemporain ? Qui connaît (et a lu) les philosophes du milieu du siècle précédent ? La presse se meurt avec la culture.
Pour sauver le cinéma lors du développement de la télévision, il a été demandé à cette dernière de financer une part de la création cinématographique. Pourquoi ne pas exiger de la presse gratuite de participer au financement de la presse quotidienne de qualité ?

17 juin 2006

Il est mort le poète

Raymond Devos est mort. Toute sa vie, il a su mettre en pratique ce conseil de Cervantes :
« Garde dans ta main la main de l’enfant que tu as été ».

L’Europe est moribonde

Les chefs d’Etat européens ont pris une courageuse décision : ne rien faire pour relancer la dynamique d’intégration pendant au moins deux ans. L’Europe s’endort pendant que le monde se métamorphose de plus en plus vite et de plus en plus profondément. Les pays émergents se transforment en véritables puissances économiques, les problèmes planétaires se multiplient et s’aggravent (énergie, sécurité, environnement, matières premières), le terrorisme étale ses tentacules sur la planète, les pays européens dits développés (pour combien de temps encore ?) décrochent dans la plupart des domaines. Mais « Courage, fuyons, tel est le mot d’ordre européen ; circulez, il n’y a rien à voir ». Au nom de quoi, de quelles peurs, de quels petits calculs égoïstes et nationaux, cette décision a-t-elle été prise ? Cet énorme recul, dont le rejet du projet de Constitution européenne par la France est la cause principale, se concrétise par cette décision qui en est la logique conséquence. Le refus de la Constitution oblige à fonctionner avec les règles du catastrophique Traité de Nice dont il était aisé de prévoir les suites. Par exemple, l’unanimité requise dans les décisions conduit immanquablement à la paralysie lorsque cette unanimité est à trouver parmi 25 membres (bientôt 27) qui ne partagent pas la même vision de l’Europe et dont la plupart sont davantage préoccupés d’intérêts nationaux que du bien commun. Compte tenu de l’évidence de cette constatation, on peut dire que les champions du « non » devaient en être conscients ; ou alors leur inconscience relève d’une grave pathologie. Ils savaient donc où nous mènerait le refus français. Ils portent donc, et eux seuls, la responsabilité du blocage actuel. Essentiellement devant les générations futures. Mais je suppose que cette responsabilité ne les effraie pas : après moi le déluge ! Leurs petits calculs politiciens et leur ambition personnelle ne s’attardent pas à de tels détails. Au prétexte de vouloir une Europe sociale, ils préfèrent conserver une Europe qui n’est qu’un marché libéral, ce qui est le comble de la contradiction.
Le vingt-et-unième siècle s’engage sous le signe de la médiocrité. D’ailleurs, la France n’est plus un acteur majeur du cénacle européen. Les « nonistes » lui ont fait perdre son importance et l’ont reléguée au rang de puissance secondaire. Merci, messieurs !
Il faut souligner que les causes de cette situation sont nombreuses. La technocratie qui a présidé au destin de l’Europe porte une lourde part de responsabilité dans le doute et la désaffection des peuples qui ont été tenus à l’écart de la construction européenne. Comment demander l’adhésion de ceux que l’on ignore tout le temps ? Le déficit démocratique est si grand qu’il ne faut pas s’étonner que les peuples se sentent agressés par les décisions des responsables européens. Croit-on vraiment que ces mêmes peuples se sentent démocratiquement et efficacement représentés par le Parlement Européen ? Il n’est que de constater l’ampleur de l’abstention lors de son élection. De même, cette fuite en avant dans l’adhésion de nouveaux pays avant que ne soient fixées les règles de fonctionnement, avant que ne soit précisée la vision partagée de l’Europe de demain, sans que soient consultés les européens, tout ceci ne peut qu’aboutir à la méfiance, voire à la défiance de ceux-ci. Lorsque l’on donne la priorité à la dérégulation de la concurrence avant de construire un projet politique, faut-il s’étonner des mouvements d’humeur de ceux qui se sentent menacés ?

12 juin 2006

À la manière de …

Le scorpion et la grenouille

Un scorpion, habité de morbides pensées,
De fort mauvaise humeur
Et prêt à tout dépenser
Sortit de son repaire en quête du bonheur.
Allant de-ci de-là, sa promenade
Fut arrêtée par le cours d'un ruisseau.
Or, le cœur battant la chamade,
Il n'osait se jeter à l'eau.
La vie, se dit-il,
Est bien difficile.
Elle ne vaut point d'être vécue
Si, à chaque moment, on se trouve déçu.
Sur le point qu'il était de retourner bredouille
Ne voulant endurer les angoisses d'un bain,
C'est alors que, dans l'herbe, il vit une grenouille
Faisant des moucherons véritable festin.
Mon amie, lui dit-il, à travers cette eau vive,
Pourriez-vous me porter jusqu'à l'autre rive ?
Du tout, je ne saurais
Répondit la reinette.
Qui me garantirait
Qu'étant votre estafette
Après être monté sur mon échine
Vous n'y planteriez point votre mortelle épine ?
Me prenez-vous pour un fou ?
Bougonna le scorpion.
Si, de mon dard, je vous piquais
Sitôt vous couleriez
Et, sur votre dos accroché
Du même temps, je me noierais.
Convaincue par cet argument
La grenouille accepta d'accomplir le transport.
Mais au milieu du gué, bien évidemment,
Repris par ses idées de mort,
Le scorpion piqua la grenouille.
Sans avoir le temps de dire "ouille",
Par le fond, elle coula aussitôt
Entraînant le scorpion dans les flots.
À croire que chacun
Avec raison se comportera,
Les plus grands risques
On encourra.

06 juin 2006

Science fiction ?

En 2004, 15 pays étaient atteints par le virus de la grippe aviaire. Ils étaient 48 en 2006 et 72 en 2008. Mais, surtout, en 2006 il s’est produit un fait nouveau en Extrême-Orient : pour avoir veiller un membre de leur famille atteint par le virus, toute la famille est décédée, ce qui a été le premier signe d’une mutation du virus permettant la contamination d’homme à homme. Puis le phénomène s’est très vite accéléré et l’on compta rapidement des milliers de morts dans le Sud-Est asiatique. Ce fut le début de la pandémie. Parallèlement, la CIA fit une communication au Congrès des Etats-Unis pour signaler le risque avéré de voir le terrorisme international fabriquer des armes virales à partir du H5N2, mutant du H5N1. L’Université de Boston avait publié une étude prospective qui montrait que le risque de famine était avéré, mais personne ne voulut prendre cette étude au sérieux. Deux phénomènes se produirent alors simultanément : d’une part, la pandémie se développa de façon catastrophique dans les pays pauvres dénués de moyens de traitement préventif, d’autre part des attaques terroristes utilisant des armes à contamination virale se multiplièrent dans les pays occidentaux, premières cibles du terrorisme international. La peur accentua de façon considérable l’immigration sauvage des pays sous-développés vers les pays occidentaux, les immigrants croyant pouvoir accéder ainsi aux thérapeutiques antigrippales. Cette immigration, s’ajoutant aux effets de la pandémie et du terrorisme, créa une peur panique en occident, source de comportements irraisonnés conduisant d’abord chaque pays à la fermeture totale de ses frontières. Ceci eut pour conséquence une désorganisation complète de l’économie puis à la dislocation sociale. Les unités de production s’enfermèrent pour se protéger non seulement des actions terroristes de plus en plus nombreuses du fait de la désorganisation des moyens anti-terroristes, mais aussi de la contagion possible par des éléments extérieurs afin d’essayer de limiter le nombre de décès dans leur personnel. La production se mit à chuter drastiquement, la logistique de transport fit faillite et la faim fit son apparition dans les pays occidentaux qui se croyaient pour toujours à l’abri de ce fléau du Moyen Age. Les actions anti-OGM qui s’étaient généralisées depuis plusieurs années dans les pays développés avaient retardé dramatiquement la recherche génétique qui manqua ainsi de moyens pour mettre au point la fabrication d’un vaccin antiviral. Les décès dus au virus et la faim, les meurtres et les émeutes se multiplièrent. Le nombre de morts atteignit plusieurs centaines de millions sur la planète. Aucun pays ne fut épargné. Ce fut la fin de la prédominance de l’occident sur le monde.

03 juin 2006

Un projet pour rien

La dernière intervention de S.Royal sur la sécurité tranche singulièrement avec l’angélisme ou le calcul politicien des « éléphants » du PS. Il est pourtant singulièrement évident que les premières victimes des violences de banlieue sont les habitants de ces quartiers !Et il est tout aussi évident que la politique du logement « ghetto » menée depuis plusieurs décennies a concentré dans ces banlieues une population modeste, à l’écoute des propositions de gauche. Le discours de S.Royal est donc parfaitement ciblé sur un électorat qui se sent abandonné depuis plusieurs années par les socialistes. L’indignation (feinte) des autres candidats socialistes à la candidature n’est que la marque d’un dépit de n’avoir pas su accaparer cet argumentaire pour leur propre compte. À quel titre Monsieur L. Fabius se permet-il de dire que les socialistes ne partagent pas les valeurs de la candidate ? Ses propres valeurs sont-elles inattaquables ? S’offusquer de l’utilisation du mot militaire (car il ne s’agit que de cela) relève de cet angélisme d’apparence qui ne trompe plus personne. Bravo, Madame. C’est un joli coup politique… mais ce n’est qu’un coup politique. Nous vous attendons toujours sur un vrai discours de future présidente. Le projet socialiste ne peut, en aucun cas, être une réponse à cette attente. Ce projet n’est pas un projet présidentiel, mais un projet de gouvernement ce qui n’est absolument pas la même chose. Reprocher par avance à S.Royal de tenir un discours qui ne se retrouve pas dans le projet des socialistes montre que ceux-ci n’ont pas compris ce qu’est un projet présidentiel pour la France. Il est à parier sans risque que ce projet ne sera qu’une liste des courses, c’est-à-dire un catalogue de mesures qui relèvent de la responsabilité d’un gouvernement mais qui ne diront rien sur « l’idée de la France » que se font les candidats.

30 mai 2006

La duperie de l’Europe sociale

Être de droite ou de gauche est une palinodie lorsqu’on est dans la pauvreté. Il ne saurait y avoir de social si l’on ne se préoccupe d’abord de l’économie. Répartir équitablement les revenus n’a aucun sens lorsqu’il n’y a rien à redistribuer. Les tenants du non au projet constitutionnel européen justifient leur choix en condamnant la tendance libérale du traité au détriment des aspects sociaux. Et, dans leur discours actuel, ces mêmes « nonistes » prônent la relance de la dynamique européenne, dont il faut bien dire qu’elle est moribonde, par la construction d’une Europe sociale débarrassée de toute tendance libérale, faute d’avoir le courage de parler de protectionnisme. Il y a, dans ce discours, un contresens majeur. En effet, pour « faire » du social, il faut d’abord trouver les moyens de relancer l’économie européenne qui sombre globalement sous le poids de ses déficits et de son chômage. Pour indemniser les chômeurs, encore faut-il que l’économie engendre des richesses susceptibles d’être redistribuées. Or, sur ce sujet, les thuriféraires et illusionnistes du non restent étrangement silencieux. La première obligation d’une construction économique européenne est que l’Europe fonctionne sans contrainte économique interne, sans barrière entre les pays s’appliquant aux activités productrices de richesses. Imagine-t-on que la France puisse fonctionner avec des octrois entre ses régions ? Peut-on imaginer la France sans la liberté de circulation des personnes, des services, des industries sur son territoire ? Cette libre circulation entre les régions n’est rien d’autre qu’un libre-échange à la dimension nationale ! Le projet de Constitution Européenne ne prévoyait rien d’autre entre les pays européens. La liberté de circulation n’a rien à voir avoir le libéralisme tel que le décrivent les « nonistes » si ce n’est la notion de liberté. Certes, la liberté n’est pas sans contrainte et la libre circulation intra-européenne doit s’accompagner de règles qui permettent, à la fois, d’avancer vers la construction de principes communs à tous tout en évitant les distorsions criantes entre les pays (ce qui, normalement, aurait dû conduire à davantage de précautions dans l’admission des nouveaux entrants pour ne pas créer des difficultés énormes dans l’harmonisation sociale et fiscale). Mais, pour cela, encore faut-il partir d’un cadre général commun. C’est ce que proposait le projet de Constitution. Dans ce traité, des améliorations sociales étaient apportées, notamment dans ses sections de la partie et les sections 1 et 2 du chapitre 3 de la partie 3, qui n’existent pas dans le traité de Nice, celui-ci restant en vigueur du fait du rejet du projet de traité. Aujourd’hui, l’Europe est maltraitée par des conflits minables et égoïstes entre des intérêts purement nationaux au détriment de l’intérêt général. C’est là le plan B des « nonistes » ! L’Europe est en panne pour une décennie. Ne soyez pas dupes du discours que ne manqueront pas de tenir les candidats « nonistes » à la fonction présidentielle, qui tenteront de vous faire croire qu’ils seront capables de relancer la dynamique européenne. Ils ont affaibli pour longtemps la place de la France en Europe et celle de l’Europe dans le Monde. Et leur discours tentant de « faire porter le chapeau » à un chef d’Etat qui n’aurait pas compris le message du 29 Mai 2005 n’est que l’expression de leur mauvaise conscience devant le fiasco dont ils sont responsables. Ceux qui se sont reconstruit une visibilité politique pour avoir une perspective présidentielle au détriment de l’Europe portent une responsabilité écrasante devant les générations à venir. Espérons que ces générations sauront les juger.

29 mai 2006

Noir Anniversaire

Il y a juste un an, le non au référendum sur le projet de traité constitutionnel de l’Europe l’a emporté en France ainsi qu’aux Pays-Bas. C’est un devoir de mémoire que de ne pas oublier les noms de ceux qui ont œuvré pour faire gagner ce sinistre non : A. Laguiller,
O. Besancenot, M.G. Buffet, R. Hue, J.P. Chevènement, L.Fabius, M.Vauzelle, X.Emmanuelli, J.L. Mélenchon, M.F. Garaud, C.Pasqua, P.de Villiers, J.M Le Pen, entre autres …Beau travail , messieurs.
Ils font semblant d’oublier qu’ils nous avaient promis une formidable relance du débat sur l’avenir radieux d’une Europe de rêve, un magnifique plan B ! M.G. Buffet se félicitait d’avance de la qualité des débats que le non français allait initier à travers toute l’Europe !
L. Fabius, pour redevenir visible au sein de son parti et aux yeux des Français, nous promettait un plan B « social » ! R. Hue, conforme aux réflexes archaïques du parti communiste, portait son non en bandouillère. X. Emanueli prévoyait la mort de l’économie de marché sans savoir par quoi la remplacer… Je n’ai pas gardé en mémoire les arguments des extrémistes de droite comme de gauche. Je ne m’encombre pas de souvenirs inutiles !
Où en sommes nous, un an après ? L’Europe ne fonctionne pas, elle n’a plus de projets autres que bureaucratiques. Le chômage grimpe à peu près partout, l’économie est globalement atone. Et l’influence française est pratiquement négligeable. Beau travail, messieurs !! Pendant ce temps, des géants économiques prennent leur essor : la Chine, l’Inde, la Thaïlande, le Brésil, l’Indonésie, entre autres. Et nous manquons cruellement de moyens et de projets européens pour nous défendre et pour répondre à ces défis. Rien n’est plus possible à l’échelle d’une nation isolée en face de ces géants. C’est pourquoi nous continuons irrémédiablement à nous appauvrir. Il ne faut pas être un grand devin pour prévoir des difficultés grandissantes pour une France recroquevillée sur elle-même, empêtrée dans ses craintes et ses fausses croyances.
À l’opposé de ce qui se passe aujourd’hui, il faudrait plus d’Europe, plus d’intégration, plus de cohérence, plus de projets communs, plus d’investissements à l’échelle européenne. Et le temps qui passe joue contre l’avenir des générations qui nous suivent. Beau travail, messieurs !!

22 mai 2006

Marketing et publicité (ou cynisme et hypocrisie)

Le marketing est aux actions commerciales ce que la stratégie est aux opérations militaires, et à la tactique de mise en œuvre correspond la publicité.
La stratégie consiste à définir les objectifs. De la même façon, le marketing identifie les cibles que l’on appelle pudiquement les segments de marché, c’est-à-dire les catégories d’acheteurs potentiels. Il définit ces catégories par leurs caractéristiques socio-économiques de même que la stratégie militaire définit ses objectifs par leurs caractéristiques (importance, capacités offensive et défensive). L’arme principale du marketing est le cynisme. Comment appeler autrement la volonté actuelle de cibler l’inquiétude des mères de famille devant le problème de l’obésité (que des actions commerciales autres favorisent par ailleurs !) en décidant de mettre sur le marché des produits censés combattre le surpoids, le cholestérol, les difficultés digestives et cardiovasculaires ? Comment appeler autrement cette stratégie « médica-menteuse » (sic) consistant à proposer des produits aux vertus soi-disant médicales ? Marketing et cynisme sont de parfaits synonymes.
La publicité, quant à elle, relève de la tactique, qui consiste à définir précisément les moyens d’arriver à ses fins, et ses armes principales sont l’hypocrisie et l’overdose. Elle met systématiquement en scène un monde merveilleux où les enfants sont en bonne santé, plus intelligents que leurs parents, où les femmes (et les hommes) tiennent des discours de demeurées mais joyeux, où la doxa environnementale est traduite en termes faussement scientifiques (exemples : les biscottes qui contiennent 97% de blé !! On se demande avec quoi d’autre on pourrait fabriquer des biscottes ! les rides sont réduites de 36 % !! 36% de quoi, on ne sait pas, de même qu’on ne voit pas très bien comment faire la mesure !). La flatterie, l’approximation calculée, le populisme, le matraquage sont autant d’armes tactiques utilisées par la publicité. Personne n’est dupe, dit-on. Ce n’est pas vrai. Sinon les budgets publicitaires n’atteindraient pas les vertigineux sommets actuels. Au cours d’une petite promenade de 15 minutes, j’ai compté 75 panneaux publicitaires (sans compter les enseignes de magasins), ce qui représente une belle moyenne de 300 panneaux publicitaires à l’heure ! Bien sûr, je n’ai fait que les voir, je ne les ai pas regardés. Après avoir subi cette avalaison de publicité graphique, il me reste encore à supporter la publicité à la radio, à la télévision, dans les journaux, sur les emballages de tout ce que j’achète. Il n’y a plus aucun espace qui ne soit « squattérisé » par la publicité : les murs de nos villes et ceux du métro, les voitures de la RATP avec l’apparition d’écrans miniatures numériques passant en boucle des vidéo publicitaires, les flancs des autobus, les panneaux ad hoc, les produits, les journaux et les magazines, les prospectus, les équipements sportifs, les vêtements, les fournitures scolaires, etc …Finalement, la publicité cherche à transformer un légitime désir d’achat en trouble obsessionnel compulsif. Nous vivons dans un monde de l’artificiel.

16 mai 2006

Peut-on encore s’appeler communiste ?

Peut-on concevoir un ministre de l’intérieur allemand qui créerait un service de police qu’il nommerait Gestapo ? Sûrement pas. Il est facile d’imaginer l’indignation populaire devant l’utilisation d’un tel nom. Indignation légitime au nom des atrocités perpétrées par l’organisation nazie qui se nommait ainsi. Les atrocités du régime nazi interdisent aujourd’hui d’utiliser tout signe et tout sigle rappelant ce régime. Porter la croix gammée est un délit. Et ce n’est que justice et morale.
Mais il a existé un autre régime ayant perpétré des atrocités au moins aussi monstrueuses. Un régime qui a utilisé des camps de concentration qui étaient aussi des camps d’extermination où sont morts des millions de prisonniers politiques et autres. Un régime qui a utilisé en esclavage ses propres prisonniers politiques, des religieux, ses intellectuels contestataires pour extraire et traiter, sans aucune protection et dans des conditions inimaginables de cruauté, l’uranium dont l’Etat avait besoin pour construire sa bombe atomique ; des camps où des milliers d’hommes sont morts et où des milliers de survivants sont morts des suites de l’irradiation. Un régime qui a envoyé à la mort plusieurs dizaines d’hommes pour tenter d’arrêter l’implosion du réacteur de Tchernobyl et qui sont morts dans la plus grande dissimulation et le plus grand mensonge d’Etat. Un régime qui détruit un océan entier (la mer de Barents) en y déversant sans aucun scrupule tous ses déchets radioactifs, polluant la planète de manière considérable et définitive. Ce régime est le Communisme Soviétique… c’est-à-dire le Communisme avec une majuscule. Dans ces conditions, comment peut-on admettre qu’un parti politique français, qui a adopté historiquement cette nomination par admiration pour celui qu’il appelait « le Grand Frère », puisse encore aujourd’hui avoir le droit de porter un tel nom ? Par quelle tortueuse justification ses membres peuvent-ils expliquer cette dénomination ? Si le communisme d’aujourd’hui en France n’a plus rien à voir avec ce Communisme épouvantable, alors pourquoi persister à garder ce nom ? Les ex-communistes italiens l’ont abandonné et ils ont eu raison.

12 mai 2006

La formation tout au long de la vie

Qui peut prétendre aujourd’hui que les connaissances acquises à un moment de la vie seront suffisantes pour le reste du parcours ? Qui peut prétendre qu’il n’aura pas besoin d’apprendre ou de réapprendre au cours de son existence pour pouvoir garder sa place au sein de la société ? Qui peut prétendre que le savoir possédé ne deviendra pas un jour obsolète et sans utilité ? Qui peut prétendre que ses connaissances seront suffisantes pour le restant de sa vie professionnelle ? Qui peut croire qu’il n’aura pas à changer de métier au cours de sa vie ?
Personne, bien sûr. Le « progrès » est une caractéristique de la société des hommes. J’entends par progrès cette curiosité insatiable de l’homme à chercher à comprendre le monde et les lois de la nature. Cette quête permanente a des répercussions sur la vie des hommes. Et c’est peut-être là que le mot « progrès » n’est pas adapté, en tout cas pas pour tous. Car les répercussions dont je parle ne sont pas positives pour tout le monde, c’est une évidence. Mais, dans une société qui se donne des règles humanistes, il appartient à la politique de gérer ces répercussions pour que l’équité (et non l’égalité) soit sauvegardée. Et l’équité impose, condition nécessaire mais non suffisante, que les hommes soient toujours en possession des connaissances indispensables pour pouvoir jouer le jeu de la vie dans des conditions acceptables. L’organisation de la société doit prendre en compte cette nécessité.
L’homme qui travaille est soit salarié soit indépendant. L’employeur devrait être pleinement responsable de la mise à niveau permanente des connaissances de ses salariés. L’objectif de cette mise à niveau est de préserver l’employabilité du salarié, c’est-à-dire de mettre en adéquation les compétences avec les exigences du monde du travail. Deux grands types de mise à niveau se distinguent : les compétences nécessaires à l’employeur qui voit son métier évoluer dans un environnement changeant, les compétences souhaitées par le salarié qui devra changer d’employeur, donc de métier. Le premier type de mise à niveau est de la responsabilité pleine et entière de l’employeur qui doit la concevoir, l’organiser, la mettre en œuvre, la maintenir. L’employeur doit fixer des objectifs de formation qui se déclinent à tous les niveaux hiérarchiques afin de motiver tous les managers à la formation de leurs collaborateurs. Il n’est alors plus nécessaire de séparer (ce qui se fait encore partout) le temps passé par le salarié en formation du temps opérationnel ; il suffit de s’assurer que les objectifs sont atteints dans les deux domaines. Un objectif de formation non atteint devrait entraîner, non seulement une pénalité pour le salarié, mais également une sanction pour le manager.
L’égoïsme naturel de toute organisation humaine fait que le second type de mise à niveau ne peut relever de la responsabilité unique de l’employeur. Il faut donc : 1°) qu’il soit organisé par les pouvoirs publics. 2°) qu’une partie du temps du salarié puisse être consacré au suivi de cette mise à niveau. C’est le seul temps de formation qui doit relever d’une contrainte réglementaire. La responsabilité du salarié est de savoir choisir la formation qui lui convient (à condition qu’il soit informé). La responsabilité des Pouvoirs Publics est de veiller à ce qu’il existe des propositions de formation crédibles et sérieuses tant dans leur contenu que dans les moyens mis en œuvre.
Le travailleur indépendant doit prendre en charge lui-même ces deux types de mise à niveau. Il doit constamment maintenir ses connaissances métier au meilleur niveau possible. Il doit aussi se préparer à un changement d’orientation de ses activités lorsque le marché sur lequel il se situe l’impose. Il doit donc organiser sa propre veille technologique et marketing pour pouvoir trouver une réponse aux deux questions suivantes :
- quelles seront les connaissances dont j’aurai besoin pour suivre les évolutions de mon métier ?
- l’évolution de mon marché imposera-t-elle un changement de métier et lequel ?
Pour lui également, il est vital de trouver des formations efficaces répondant à ses besoins. L’évaluation de la qualité et de l’efficacité de ces formations doit relever des Pouvoirs Publics. Il est de leur reponsabilité d’empêcher que les utilisateurs de ces formations perdent leur temps et leur argent au profit d’organismes peu scrupuleux.
Quoi qu’il en soit, les temps sont finis où l’on pouvait espérer passer toute sa vie dans le même emploi, sans remise en question de ses savoirs. Et il ne sert à rien de le nier.

07 mai 2006

Ils sont devenus fous !

Je ne sais pas, vous … mais, en ce qui me concerne, je n’arrive pas à m’intéresser à « l’affaire ClearStream ». Je ne peux que constater que, pendant que les politiques s’agitent frénétiquement comme des marionnettes devenues folles, le monde « réel » continue à fonctionner comme si rien ne se passait. Les médias et les politiques de tous bords font leurs choux gras de cette affaire dans l’indifférence de ceux qui font fonctionner le pays. Les trains roulent, les avions volent, les industries fonctionnent. Tout le monde (ou presque) s’en fout totalement pendant que les hommes politiques ne parlent plus que de ça ! Cela démontre à l’évidence, que les politiques ne servent plus à grand-chose dans le fonctionnement de l’économie réelle et que, comme ils n’y comprennent rien pour la plupart, ils s’accrochent à n’importe quoi pour exister. C’est ce que l’on appelle « la basse politique ». La France va décidément bien mal ! Il est devenu routinier que chaque échéance électorale importante s’ouvre sur des affaires. Cela s’est produit avec J.Chaban-Delmas, V.Giscard d’Estaing,
F. Mitterrand, P. Bérégovoy, J. Chirac … Les hommes politiques ne sont pas tous pourris, mais aucun n’a assez d’envergure pour être un homme d’Etat. Aucun.
Le vrai problème n’est pas là où on veut nous le faire croire. Mais il est bien dans le fonctionnement de cette banque des banques, opaque si l’en est ! Il est quand même invraisemblable que les mouvements de compensation entre banques du monde se fassent dans un paradis fiscal !! Est-il normal qu’existent des comptes anonymes dans une telle banque ? Paradis fiscal et comptes anonymes, qu’y a-t-il de mieux pour le blanchiment d’argent ? Il est curieux qu’un journaliste ait fait paraître un ouvrage sur les bizarreries de cette banque en 2001 et que rien ne se soit produit depuis, sinon d’étranges pressions sur ce journaliste.

01 mai 2006

Finalement, Lassalle a mangé !

Il ne s’agit certes pas de dénier le courage du député basque qui a mené, jusqu’au but recherché, sa grève de la faim. Car il faut du courage, d’un type un peu particulier, pour mettre volontairement sa vie en danger à petit feu. C’est un suicide lent qui s’ancre, cependant, dans l’espoir ne pas mourir. C’est cette contradiction qui donne son aspect singulier au courage du député. Mais, au-delà de cette reconnaissance, on peut s’interroger sur la moralité d’un tel acte. Il n’y a pas de grande différence avec une prise d’otage, si ce n’est que le député Lassalle s’est pris lui-même en otage. Qu’est-ce qu’une prise d’otage, si ce n’est la mise en danger de la vie d’une personne pour obtenir d’autre autre qu’elle agisse d’une certaine façon ? La rançon demandée était le renoncement par Toyal au déplacement de l’usine de la vallée d’Apt. Il est alors normal que cette entreprise juge le procédé déloyal, aussi déloyal que si on avait enlevé un membre de son personnel pour forcer sa décision. Peut-on faire entrer dans le jeu économique de telles règles ? Jusqu’à présent, elles étaient l’apanage de la mafia ou des terroristes. Comment doit-on juger l’intervention du gouvernement pour obtenir un accord, sinon comme une validation d’un tel procédés ?
Enfin, il n’est pas évident que le maintien de l’usine en place soit une bonne décision. En effet, il s’agissait de la déplacer d’une soixantaine de kilomètres pour construire une extension sur un site plus favorable que le site actuel, compte tenu de la dangerosité des activités prévues. Est-on à ce point casanier qu’il est impossible d’envisager que les ouvriers de l’usine aient à accomplir soixante kilomètres pour aller travailler ?
Maintenant que l’accord a été obtenu par le chantage, il n’est pas exclu que Toyal laisse mourir son usine à petit feu pour, finalement, la reconstruire dans un autre pays.

20 avril 2006

L’AIEA, un organisme sérieux ?

Tchernobyl est dans toutes les mémoires et des millions de personnes sont encore touchées dans leur chair et dans leur vie.
Dans cette affaire, l’attitude de l’AIEA et de l’OMS est douteuse, pour le moins. Les observateurs, journalistes, scientifiques estiment à 100.000 le nombre de morts consécutifs à l’explosion du réacteur. Il n’est guère surprenant que les autorités soviétiques d’alors aient fixé, une fois pour toutes, ce chiffre à 50 ! Mais il est absolument révoltant que ce chiffre ait été validé par l’AIEA et que l’OMS ait gardé le silence. L’Agence s’est complètement décrédibilisée par son attitude. En effet, que penser de l’honnêteté de ses divers rapports d’enquête lorsqu’on valide une telle bouffonnerie ?
Il est facile d’imaginer les pressions du lobby nucléaire sur l’AIEA. Mais pourquoi l’OMS reste-t-il silencieux sur les répercussions de cette catastrophe, lorsqu’on sait que le nuage radioactif s’est propagé jusqu’au Japon et en Chine à l’Est et jusqu’au Canada à l’Ouest ? Pourquoi une telle connivence ? À quelles influences, l’OMS est-il soumis ? Pourquoi valider ces chiffres que tout le monde sait manifestement faux et, par contre, lancer une campagne annonçant des millions de morts de la grippe aviaire alors que l’on ne compte que cent douze décès dans le monde entier ? Quelles recommandations a fait l’OMS en cas d’accident similaire dans un pays occidental ? Surtout que l’on ne dise pas que cela ne peut survenir ! Pour tout et n’importe quoi, on entend les spécialistes dire que le risque zéro n’existe pas. Quelle formation ont reçu les médecins pour traiter les populations éventuellement irradiées ? Rien n’est préparé et tout le monde vit comme si rien n’arrivera jamais. On a jeté aux oubliettes l’accident de Three Miles Island.
Encore aujourd’hui, entre le Bieloruss et l’Ukraine, 2,5 millions de personnes, dont 500.000 enfants vivent dans des zones contaminées et consomment des aliments radioactifs. Il y a plus d’enfants atteints du cancer de la thyroïde en Bieloruss que dans le reste du monde. Un nombre considérable de ces enfants sont atteints de troubles de la mémoire, de la coordination des mouvements, de cécité, de vieillissement accéléré.
Savez-vous ce que dit la population de ces zones sinistrées et oubliées du monde ? « C’était il y a longtemps et ce n’est pas vrai … » Comment vivre autrement ?