22 novembre 2007

Vous avez dit rénovation ?

Il est certain que le Socialisme français a besoin d’une rénovation profonde. Mais rénovation de quoi ? Avant tout, de sa compréhension du monde. La France socialiste a eu, depuis la Révolution Française, le projet (la prétention ?) d’être un modèle universel, en oubliant deux faits essentiels : premièrement, il a fallu à la France plusieurs siècles pour mettre en place une République démocratique, deuxièmement la culture occidentale n’est pas celle de tous les pays du monde. Ces deux constatations conduisent à une évidence : c’est à la France de s’adapter au monde et non l’inverse. Ce qui ne veut pas dire que la France doit abandonner ses convictions, mais il faut qu’elle cesse de croire qu’elle est un modèle universel et qu’elle tienne compte des contingences créées par l’apparition sur la scène mondiale de nouveaux acteurs puissants et de cultures différentes. Le monde est actuellement gouverné par de puissants intérêts financiers, industriels, commerciaux nés de la volonté des grands pays occidentaux et auxquels veulent participer de nouveaux compétiteurs. Au nom de quoi la France interdirait-elle à ces pays de trouver leur propre voie de développement ? Or, la voie choisie par ces pays est celle de la compétitivité agressive sur les marchés traditionnels des pays développés. Le nouveau socialisme doit aussi se convaincre d’une évidence : ce sont ses entreprises qui créent la richesse d’un pays. Il est donc indispensable, normal et moral qu’une entreprise fasse des profits. Mais devenues incapables de lutter sur le même terrain que les pays émergents à cause des (ou grâce aux) coûts sociaux, les entreprises doivent absolument évoluer. Cette indispensable évolution ne peut avoir lieu qu’à deux conditions : innover pour créer de nouveaux produits et services, adapter l’organisation de l’entreprise à ces nouveaux métiers. L’innovation doit être encouragée par tous les moyens, la France devant impérativement investir de façon massive dans la recherche et dans la R&D. L’adaptation organisationnelle passe par la flexibilité du marché du travail, ce qui, sans langue de bois, veut dire que l’entreprise doit pouvoir adapter sa force de travail sans coûts prohibitifs ; faciliter le licenciement facilite l’embauche, essentiellement dans les PME. Faciliter le licenciement n’est pas synonyme de « lois de la jungle ». Le rôle de l’Etat est de prendre correctement en charge les salariés au chômage pour que ceux-ci reçoivent la formation et l’aide nécessaires pour retrouver le plus rapidement possible un nouveau travail. Ceci suppose que l’on impose aux services de l’Etat concernés d’être efficaces, donc contrôlés et évalués. Le fonctionnariat n’est pas une sinécure ! Mais il reste un obstacle majeur : le comportement réactionnaire et corporatistes des syndicats français qui ne sont représentatifs que d’une minorité de travailleurs. Le Parti Socialiste se pose la question de sa rénovation. La méthode est simple. À condition de ne pas confondre cette rénovation avec la survie des « éléphants », le Parti doit abandonner sa posture actuelle qui consiste à ne critiquer le gouvernement que sur la forme et pratiquement jamais sur le fond. Critiquer le gouvernement est une action légitime d’une opposition. Mais pour que celle-ci soit crédible, il faut impérativement que cette critique s’accompagne d’une analyse objective et non polémique (et parfois fausse) des actions et des choix gouvernementaux et que soient proposées des solutions dont l’efficacité doit être démontrée.

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