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17 mars 2011

Ite missa est


Un peuple, avide de démocratie et de liberté, se soulève contre son tyran et appelle les occidentaux au secours lorsque leur dictateur utilise son aviation militaire que ces derniers lui ont aimablement vendue et l’écrase sous les bombes. Mais ceux-ci papotent et tergiversent, restent assis sur leur cul et au chaud dans leurs pantoufles, regardant, impassibles, les Libyens se faire massacrer. Nous devons avoir honte d’être des occidentaux. Nous avons perdu notre honneur et nous aurons des représailles. Le peuple Libyen nous en voudra à jamais de l’avoir abandonné et Kadhafi nous menacera et nous rappellera qu’il est expert en terrorisme. Ainsi, l’Occident aura perdu sur tous les tableaux. L’Europe est devenu un peuple de « beaufs », uniquement préoccupé par ses petits problèmes et ses petites querelles internes, étouffé par un égoïsme qui le disqualifie pour parler de démocratie et de défense des libertés. Qui osera encore regarder un Libyen dans les yeux ? Nous n’y verrions que du mépris. Enfin, le premier qui va s’essuyer les pieds sur la pusillanimité occidentale, est Mahmoud Ahmadinejad qui, convaincu qu’il ne risque rien, va accélérer la fabrication de sa bombe. La messe est dite : l’Europe des valeurs est bien morte. Indignez-vous, voilà une vraie raison !

09 février 2011

La médiocrité nous gouverne

Le monde est en crise. Les dictatures sont ébranlées, un milliard d’êtres humains meurent de faim, quelques prédateurs s’enrichissent de façon éhontée au détriment du plus grand nombre, les pays occidentaux vacillent sous la poussée des pays émergents, le terrorisme envahit la planète, les dérèglements climatiques la dévastent, les droits de l’homme sont bafoués un peu partout sans vergogne. Pendant le même temps, les politiques et les médias complices nous abreuvent de considérations véhémentes sur les déplacements des membres du gouvernement ! Sans propositions réelles et crédibles, ils s’agitent frénétiquement et de façon ridicule, allant jusqu’à réclamer, en toutes occasions, la démission de tel ou tel membre du gouvernement, espérant faire croire ainsi que le rôle de l’opposition est fermement tenu. En réalité, le vide sidéral de la pensée politique est consternant et inquiétant. Toutes ces fausses indignations sur des faits anecdotiques cachent l’incapacité des politiques à construire une vision et un projet crédible. La chasse aux concepts fumeux et éphémères (le « care », l’égalité réelle, la démocratie participative, le désir d’avenir, la politique de civilisation, l’identité nationale, …) cache le désarroi intellectuel considérable des élites politiques. Rien n’est venu remplacer le marxisme à gauche ou le libéralisme de la main invisible à droite. Le déficit intellectuel se camoufle difficilement derrière une misère intellectuelle inquiétante qui se contente de slogans et de formules incantatoires, d’indignations feintes et faciles. Les intellectuels ne sont d’ailleurs pas en reste de déficit de la pensée. Le show médiatique a pris le pas sur la réflexion et l’immédiateté sur la construction prospective. Aveuglés par leurs ambitions personnelles, inhibés par leur ignorance et leur médiocrité, empêtrés dans leurs rivalités, les hommes politiques ne savent plus ce que le mot « politique » veut dire, ce qu’il contient d’exigeant, ce qu’il nécessite pour construire une vision managériale de la société dans le monde. Faute d’une véritable ambition nationale, ils instrumentalisent des concepts fumeux dont ils espèrent qu’ils cacheront le vide de leur pensée et leur irresponsabilité. Le pays est en manque grave d’hommes politiques capables d’oublier leur ambition personnelle pour s’investir entièrement dans l’intérêt national.

22 janvier 2011

La VI ?

L’anniversaire de la disparition de F.Mitterrand a donné lieu à une bousculade quelque peu burlesque des principaux caciques du Parti Socialiste. Ils sont tous (ou presque) venus se bousculer autour de la tombe présidentielle pour rendre un hommage appuyé au président défunt et se livrer au petit jeu de « plus Mitterrandiste que moi, tu meurs » en revendiquant l’héritage, oubliant volontairement « le droit d’inventaire » ou le « lui c’est lui et moi c’est moi » ! Les oubliettes de l’Histoire ont ainsi accueilli les critiques anciennes adressées à F. Mitterrand par ceux qui sont devenus ses plus ardents thuriféraires. La perspective des futures élections présidentielles est passée par là, F.Mitterrand devenant la référence incontournable de tous les nombreux candidats socialistes qui ont fait semblant d’oublier que ce dernier a pronostiqué, à juste titre semble-t-il, être « le dernier des grands présidents de la Ve République » ! La perte de mémoire sélective n’est d’ailleurs pas l’apanage des socialistes actuels. Le premier atteint fut F.Mitterrand lui-même. En effet, rappelons-nous ce qu’il écrivait dans son ouvrage « Le coup d’État permanent » en 1964. Faisant référence aux institutions de la Ve République, ne parlait-il pas de « l’effritement progressif des institutions, de la disparition du contrôle parlementaire, du retour en force de la justice d’exception » ? N’ajoutait-il pas que «toutes les issues sont déjà bouchées par où la liberté voudrait un jour passer » ? Ne s’insurgeait-il pas devant « le pouvoir d’un seul (qui) insulte le peuple de citoyens » ? Et pourtant, avec quel plaisir il s’est installé dans le costume de Président de la Ve République, oubliant tous ses griefs et utilisant avec jouissance les pouvoirs que lui donnait la Constitution. Il ne lui est pas venu à l’esprit de la modifier pour faire naître la VIe République. Il a exercé pleinement le pouvoir, malgré l’insulte au peuple de citoyens ! C’est pourquoi il ne faut pas prendre au sérieux l’annonce de certains candidats à la candidature socialiste qui, poussés par la nécessité de se démarquer pour être visible, croit bienvenue de s’engager à faire naître une nouvelle République. Cette annonce se veut le seul moyen pour donner davantage de pouvoir au Parlement. Cette revendication est avancée par les partis d’opposition qui rêvent de conquérir le pouvoir et, en particulier, celui de défaire les gouvernements … comme pendant la IVe. Ceci fait craindre que, si VIe République il y a, la « guéguerre » des partis ne reprenne comme au temps de la IVe et que l’instabilité gouvernementale mortelle pour la France ne renaisse de ses cendres. Mais rassurons-nous et faisons un pari. Si un socialiste atteint la magistrature suprême, il se sentira soudainement, comme son illustre prédécesseur, confortablement installé dans les habits de la Constitution actuelle et ne la changera pas ! En 1976, avant le règne de F.Mitterrand et dans « La vérité guide leurs pas », Pierre Mendès France faisait les prédictions suivantes : « On peut se demander ce que va devenir un système conçu et modelé pour et par un homme… Les assemblées chercheront inévitablement à retrouver plus de droits … Aucun précédent historique ne permet de croire que le régime fonctionnera dans l’avenir sans de très larges modifications ». Trente-cinq ans plus tard, la Constitution est toujours là, l’alternance s’est produite, la cohabitation a fonctionné, le régime a fonctionné sans changement. Malgré l’espoir de certains socialistes, le régime des partis ne reviendra pas pour la raison simple que le futur Président, quel qu’il soit, jugera que la Constitution actuelle est la meilleure garante de son appétit de pouvoir !

04 janvier 2011

Indignez-vous

Indignez-vous, nous exhorte Stéphane Hessel. L’année commence à peine et, déjà, un sujet d’indignation s’offre à nous. Le Premier Ministre Hongrois Viktor Orban prend la présidence de l’Union Européenne pour 6 mois. Or, le gouvernement hongrois vient de faire voter une loi qui assassine la liberté de la presse en menaçant d’une sanction financière létale tout organisme de presse qui publierait des informations qui ne seraient pas de son goût ! L’OSCE a qualifié, prudemment, cette réforme de « menace pour la liberté de la presse ». Les responsables européens sont restés, par contre, scandaleusement silencieux. L’Europe a été construite sur les valeurs de la démocratie et elle ne manque pas de dresser ce drapeau lorsqu’elle prétend donner des leçons au monde entier. Et voilà qu’elle accepte que le pays qui préside à sa destinée pendant 6 mois bafoue ouvertement une des libertés fondamentales d’une démocratie. Il y a là quelque chose de totalement intolérable. Et il est incompréhensible que les responsables européens n’aient pas refusé une telle présidence dans de telles conditions. Cela démontre, en tout cas, l’inutilité absolue de Mr. Van Rompuy !

08 décembre 2010

Pauvre Afrique

Décidément, les Africains sont soumis à une malédiction épouvantable. Après avoir été pillés de leurs ressources, réduits en esclavage, subissant famine et sécheresse, avoir servis de poubelle pour les industries occidentales,les voilà soumis à la folie destructrice de leurs dirigeants. La démocratie reste un rêve inaccessible. Le pouvoir, l’enrichissement personnel sont des drogues auxquelles succombent leurs gouvernants et leurs affidés. La caricature d’élection présidentielle qui vient de se dérouler en Côte d’Ivoire en est une illustration paradigmatique. Détournant les profits de la filière du cacao à son profit par l’intermédiaire de sa femme, faisant assassiner par l’armée Guy André Kieffer pour s’être intéressé de trop prêt aux détournements de ces profits, Laurent Gbagbo, dont le quinquennat aura duré dix ans en reportant pour de mauvaises raisons et par cinq fois les élections, vient de réaliser un véritable coup d’État en s’auto-proclamant vainqueur des élections présidentielles malgré sa défaite électorale. L’Afrique se meurt du comportement de ses dirigeants assoiffés de pouvoir, conduisant les peuples de coups d’état en coups d’état menés par des militaires de seconde zone, plus proche de chef de guerre et de tribus que de chef d’État. Le détournement des richesses par les nervis du pouvoir laisse les Africains dans une pauvreté sans issue qui fait naître des révoltes débouchant sur des guerres civiles, des massacres ou utilisant les seuls moyens terroristes qui leur restent. Certains de ces dirigeants, comme Robert Mugabe au Zimbabwe, prospèrent sur la famine du peuple. La colonisation a découpé arbitrairement ce continent en fonction des ambitions territoriales des colonisateurs, sans se préoccuper des espaces ethniques et des répartitions culturelles existantes. Le départ inorganisé de ces derniers a laissé derrière eux des populations déchirées qui ont sombré dans des luttes ethniques tournant parfois aux massacres épouvantables comme ceux du Rwanda ou de la République Démocratique du Congo, aux guerres civiles récurrentes comme en Angola. Dans l’Afrique francophone, sous un faux-nez démocratique, se cachent des dictateurs sans scrupule qui manipulent leur loi constitutionnelle pour conserver un pouvoir à vie. Les faits sont sensiblement différents dans les pays africains anglophones où une véritable démocratie existe chez certains d’entre eux. Pourquoi cette différence ?

30 novembre 2010

L’affaire Karachi-enlit

« L’incompréhension du présent naît de l’ignorance du passé » disait Marc Bloch. Pour éviter qu’il en soit ainsi de « l’affaire » Karachi, il est bon de rappeler les faits qui tiennent en seize points.
1 – En 1988, a lieu la réélection de François Mitterrand à la Présidence de la République.
2 – En Mai 1989 débute l’affaire des frégates de Taiwan.
3 – En Août 1991, signature du contrat de vente de 6 frégates militaires pour 16 milliards de Francs.
4 – En 1994, sévit la cohabitation. Édouard Balladur est alors Premier Ministre et Nicolas Sarkozy est Ministre du Budget. La signature d’un contrat de vente de 3 sous-marins au Pakistan a lieu en Septembre. Alors que le contrat semble bouclé, E.Balladur impose deux intermédiaires, Ziad Takieddine et Abdulrahman El Assir, avec versement de 33 millions de Francs de commission. Il est impossible de croire que cela s’est fait sans l’aval de François Mitterrand.
5 – En Mai 1995, pendant la campagne électorale qui verra l’élection de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy est porte-parole d’Édouard Balladur tandis que Nicolas Basile est son directeur de campagne. Après l’élection de J. Chirac, Dominique de Villepin est nommé Secrétaire Général à l’Élysée. Le Conseil Constitutionnel, avec la voix prépondérante de Roland Dumas alors Président du Conseil, valide les comptes de campagne des deux candidats, malgré l’opposition des quatre membres de gauche et la présence de 13 millions de Francs en espèces et d’origine inconnue sur les comptes d’E. Balladur.
6 – En 1996, Jacques Chirac suspend le versement des commissions. La véritable raison n’en est pas connue.
7 – En Mai 2001 s’ouvre le procès des frégates de Taiwan à la suite d’une enquête entreprise par le juge Éva Joly.
8 – En Juin 2001, la France vend 3 sous-marins à l’Inde, au moment de tensions fortes entre ce pays et le Pakistan.
9 – En Mai 2002 a lieu la réélection de Jacques Chirac et le 8 Mai se produit l’attentat de Karachi, provoquant la mort de onze français appartenant à la DCN.
10 – En Janvier 2004, Dominique de Villepin demande au juge Van Ruymbeck le lancement d’une enquête sur la vente des frégates de Taiwan pour connaître les détails des conditions de cette vente.
11 – Au mois de Mai 2004, le juge Van Ruymbeck reçoit anonymement des listings de comptes secrets de Clearstream sur lesquels apparaissent des personnalités politiques dont Nicolas Sarkozy qui sont soupçonnées d’avoir reçu des rétro commissions.
12 – En 2006, Nicolas Sarkozy se porte partie civile et porte plainte au mois de Décembre.
13 – En Mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu Président de la République.
14 – En Juillet 2007, Dominique de Villepin est mis en examen.
15 – En Septembre 2009, débute le procès Clearstream au cours duquel il est démontré que les listings Clearstream sont des faux. En Octobre, Dominique de Villepin est relaxé, mais le procureur fait appel du jugement.
16 – En Novembre 2010, Villepin, Million, Giscard d’Estaing font état de fortes suspicions portant sur des rétro commissions dans la vente des sous-marins au Pakistan.

À l’examen de ces faits, On peut alors identifier deux affaires distinctes. La première porte sur l’existence de rétro commissions ayant servi, peut-être, à financer des partis politiques, voire la campagne d’Édouard Balladur en 1995. Cette affaire pourrait alors être l’occasion saisie par Dominique de Villepin pour assouvir sa haine viscérale et se venger de Nicolas Sarkozy, à la suite du procès Clearstream associé lui aussi à des soupçons de rétro commissions. Pour l’instant, tous les accusateurs, politiques ou médiatiques, ne parlent que de fortes suspicions sans apporter la moindre preuve.
La seconde affaire porte sur les raisons de l’attentat de Karachi. Sur celle-ci on peut alors faire quelques hypothèses, sans qu’aucune d’elles ne puisse également être étayée par des preuves. Première hypothèse : l’attentat est la conséquence de l’arrêt du versement des commissions dues au contrat des sous-marins. Cela suppose que les intermédiaires aient des accointances avec le terrorisme. Dans ce cas, on peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé Édouard Balladur à les mettre dans le circuit. Seconde hypothèse : l’attentat est l’œuvre d’Al Qaida, mais cette organisation ne l’a jamais revendiqué, ce qui est en contradiction avec tous les autres attentats dont elle est l’instigatrice. Troisième hypothèse : l’attentat est l’œuvre des services secrets pakistanais en répression de la vente de trois sous-marins à l’Inde, ce qui, compte tenu de l’attitude pour le moins ambiguë du Pakistan vis-à-vis du terrorisme, est plausible.
Reste à comprendre l’attitude du gouvernement et de l’Administration au sujet du secret Défense dont ils ont entouré tout ce qui touche à la vente des frégates de Taiwan, des sous-marins au Pakistan et à l’attentat de Karachi. Que chacun se fasse une opinion sans oublier que des suspicions n’ont jamais fait une preuve.

26 novembre 2010

Incertitude ?

Les grandes manœuvres se déploient au sein du Parti Socialiste qui veut nous faire croire que, pour les élections présidentielles de 2012, les jeux sont démocratiquement ouverts. L’écran de fumée des primaires cherche à nous aveugler et nous faire croire que les choix ne sont pas arrêtés. À y regarder de plus près, on s’aperçoit qu’il n’en est rien. Les candidats à la candidature se multiplient qui pourraient nous faire accroire que la démocratie règne au sein du parti alors qu’en fait les jeux sont (pratiquement) faits. On peut, en effet classer toutes ces candidatures en deux catégories. La première regroupe les trois candidats « poids lourds », à savoir DSK, Martine Aubry et Ségolène Royal. La seconde agglomère tous les autres candidats, déclarés ou non. En ce qui concerne le trio de tête, l’entente est manifeste (et déclarée) pour que le candidat officiel soit DSK. Celui-ci ne peut actuellement se déclarer officiellement candidat sans démissionner aussitôt de son poste de directeur du FMI. Or, cette fonction participe de façon primordiale à sa crédibilité. Il doit donc la préserver le plus longtemps possible. Il ne se déclarera officiellement qu’au second trimestre 2011, c’est-à-dire un an avant la fin de son mandat au FMI. Il se peut même que Martine Aubry se déclare candidate au début des primaires pour conserver la place « au chaud » et démissionner afin de laisser la pace à DSK trois mois avant les élections présidentielles, ce qui permettrait ainsi à DSK de conserver sa position internationale presque jusqu’à la fin de son mandat. Quant aux autres candidats, leur seule ambition est de « se placer » pour les élections suivantes, à savoir celles de 2017. L’indignation qu’ils manifestent devant l’entente de fait entre les trois premiers n’est que pure façade. Ils savent pertinemment qu’ils doivent se construire une crédibilité et une visibilité nationales pour avoir la moindre chance d’être élu. Les primaires leur offrent cette possibilité, du moins l’espèrent-ils. Tous ne gagneront pas à ce jeu. Il n’y a, dans tous les cas, aucune incertitude réelle sur le nom du candidat officiel du Parti Socialiste.

16 novembre 2010

Continuité

Décidément, rien ne changera jamais au Parti Socialiste. Rappelez-vous quelques morceaux choisis. Pendant deux ans, nous avons été bercé par la critique de l’hyper-présidence et l’omnipotence de Nicolas Sarkozy (président omnipotent, omniprésent, omniscient !). Les ministres « d’ouverture » ont été immédiatement traités de traîtres et leur nomination de manœuvre grossière. Les injures ont plu sur Bernard Kouchner et Éric Besson. La nomination des ministres de « la diversité » a été jugée comme une simple opération de communication. Pendant les quelques heures qui ont séparé la démission du Premier Ministre et sa nouvelle nomination, le Parti Socialiste s’est écrié, de façon ridicule, « à la carence du pouvoir ». À la présentation des nouveaux ministres, le gouvernement a été jugé immédiatement « clanique », les anciens ministres d’ouverture n’ayant pas été reconduits. La reconduite de François Fillon a été le prétexte pour, soudainement, traiter le Président de la République d’hypo-président ! Après l’avoir tant vilipendé, Ségolène Royal ouvre maintenant ses bras à Bernard Kouchner. Tout cela est la marque d’une attitude pavlovienne qui cherche à cacher, sans succès hélas, que le Parti Socialiste n’arrive pas à incarner un parti de gouvernement. Pourquoi crier au retour de la « droite dure », c’est-à-dire faire semblant de s’étonner du fait que N. Sarkozy soit de droite ? À force de vouloir s’opposer à toute force, sans même craindre les contradictions les plus criantes, les hommes du Parti Socialiste en paraissent puérils. Confondre la critique systématique et immédiate avec une attitude politique responsable est une profonde erreur dont ce parti n’est pas sorti. Le parti présidentiel s’est mis en ordre de marche pour les futures élections, les centristes vont s’agiter pour le faire à leur tour, les écologistes se préparent. Il serait temps que le Parti Socialiste en fasse de même et cesse de cacher ses querelles internes sous le tapis de ses soi-disant et fallacieuses primaires dont la véritable raison est de retarder le plus possible le choix de leur candidat. Il est temps qu’il accepte le fait que c’est au candidat d’avoir un projet et non pas au parti d’imposer un carnet de route au futur Président. Il est temps que la vie politique prenne un peu de hauteur et que nous sortions de ces attitudes récurrentes et préfabriquées qui lassent le citoyen.

15 novembre 2010

La différence

Le quarantième anniversaire de la mort de Charles de Gaulle a été l’occasion d’une commémoration médiatique de sa vie et un rappel de tout ce qui a fait la grandeur exceptionnelle de cet homme qui a vécu imprégné « d’une certaine idée de la France ». Animé d’une immense ambition pour son pays qui trouvait ses racines dans l’Histoire, il fut pratiquement le seul chef d’État de la Cinquième République ayant eu une action qui a changé profondément le pays. Tant à la Libération (droit de vote aux femmes, sécurité sociale, nationalisation de grandes entreprises stratégiques) que pendant ses septennats (la Constitution, l’assainissement des finances, la reconnaissance internationale, la décolonisation, l’indépendance nucléaire civile et militaire, le Concorde prodrome d’Airbus, la réconciliation franco-allemande, l’entrée de la Chine sur la scène internationale, le TGV, les autoroutes…), le Général De Gaulle, animé d’une véritable vision pour son pays, a toujours recherché avec succès les voies de la grandeur de la France. Il n’a jamais eu besoin d’un cénacle bavard pour lui bâtir un programme de développement nécessaire au pays. Toujours conscient du rôle éminent du Président de la République, son attitude a été faite de droiture pointilleuse, de grandeur prise souvent pour de la froideur mais conforme à ce qu’il avait écrit sur « le rôle du chef » et d’autorité incontestée. Le rapprochement avec la présidence actuelle fait cruellement ressortir la médiocrité de l’époque. L’inconsistance des discours et la vulgarité des attitudes des politiques actuels qui, en lieu et place d’une certaine idée de la France, n’ont qu’une idée certaine de leurs ambitions personnelles, nous dressent un contraste saisissant avec « l’homme du 18 Juin ». À la recherche permanente de la dignité collective, se sont substitués l’état et l’image actuels déplorables de la présidence, le manque de vision des politiques, un discours des acteurs de tous bords toujours tentés par le populisme, les petites phrases en lieu et place d’idées et de volonté, une image internationale dégradée de la France. De Gaulle parlait de la France lorsque les politiques d’aujourd’hui parlent de « ce pays ». Cela fait toute la différence.

12 novembre 2010

La guerre monétaire

Au début était le troc. Puis est venu l’étalon or. Dans ce système, toute émission de monnaie se fait avec une contrepartie et une garantie d'échange en or. Les parités de deux monnaies différentes sont donc fixées par rapport à l'or, et les taux de change sont stables entre pays participants.
La seconde guerre mondiale a fait naître les accords de Bretton Woods qui ont organisé le système monétaire mondial autour du dollar américain, mais avec un rattachement nominal à l'or. Toutes les monnaies sont définies en dollar et seul le dollar est défini en or. Ce système servira de cadre aux Trente Glorieuses de 1945 jusqu’au premier choc pétrolier de 1974. Aucun contrôle n’ayant été instauré sur la quantité de dollars américains émis par rapport à la quantité d’or possédée, les États-Unis ont la possibilité de ne pas respecter leurs engagements envers les comptes extérieurs. La République Fédérale d’Allemagne, très sensible en matière d'inflation depuis l’hyper-inflation conséquence de la première guerre mondiale (en 1923, les prix doublaient toutes les 48 heures !), mettra fin aux accords de Bretton Woods en cessant de mettre en œuvre ses dispositions provoquant des demandes de remboursements des dollars excédentaires en or. Les États-Unis, qui ne veulent pas voir disparaître leur encaisse-or, suspendent la convertibilité du dollar en or le 15 Août 1971. Le système des taux de change fixes s'écroule définitivement en Mars 1973 avec l'adoption du régime de changes flottants, c'est-à-dire que les monnaies deviennent des marchandises comme les autres, créant un marché monétaire sans régulation. L’économiste Milton Friedman s’est fait le chantre de ce système des changes flottants. Les États européens chercheront cependant à maintenir une certaine stabilité entre leurs monnaies en inventant le Serpent Monétaire Européen dans les années 1970. De leur côté et depuis les années 1950, les pays asiatiques, dont la Chine, maintiennent leurs taux de change sous-évalués, afin d’encourager la croissance par les exportations, au détriment de la demande intérieure. La Banque Centrale Européenne est une institution indépendante (ne relevant pas de l’autorité des gouvernements) qui a pour mission d’éviter l’inflation dans la zone Euro, ce qui l’incite à maintenir des taux d’intérêt élevés. À l’inverse la Fed, banque centrale américaine, joue la dévaluation du dollar en injectant de la monnaie papier pour relancer la consommation intérieure en augmentant la masse monétaire et en dopant les exportations par la dévaluation du dollar. C’est ainsi qu’elle vient de faire fonctionner la planche à billets à hauteur de 600 milliards de dollars, provoquant une dévaluation de fait de la monnaie américaine entraînant à sa suite celle de la monnaie chinoise. Il s’agit d’un dumping financier qui ne dit pas son nom et l’Europe en est la première victime. Ainsi, les deux plus grandes puissances économiques actuelles ont lancé une guerre monétaire dont l’Europe et les pays en développement seront les victimes. Il est à craindre que naissent des tentations protectionnistes dont les conséquences seront dévastatrices. Comme prévu, hélas, le G20 (vain ?) se termine sur un communiqué ronflant et creux, sans aucune mesure réelle et renvoyant à plus tard (aux Calendes Grecques ?) toute évolution en matière de régulation financière et monétaire. Les égoïsmes nationaux sortent sans surprise grands vainqueurs de ce sommet (de la médiocrité).

11 septembre 2010

Le théâtre et la retraite

La politique consiste à présenter aux citoyens une pièce de théâtre parfaitement organisée tout en lui faisant croire que les acteurs improvisent leurs rôles face aux évènements. Le débat sur les retraites qui secoue la société depuis des mois en est un parfait exemple. Tous les acteurs connaissent leur rôle sur le bout des doigts et le jouent avec maîtrise. Les syndicats jouent les révoltés en face « d’un recul social » et « d’une absence de concertation », les parlementaires de l’opposition jouent l’indignation devant « une injustice insupportable », les parlementaires de la majorité s’enthousiasment devant « le courage » du gouvernement, ce dernier prend la posture de la résolution courageuse, distillant les amendements à son projet, prévus de longue date, au fur et à mesure des manifestations pour montrer son « écoute du peuple ». Et tous connaissent depuis longtemps l’aboutissement de ce mélodrame : l’âge légal de la retraite passera de 60 à 62 ans et l’âge d’une retraite à taux plein de 65 à 67 ans. Les manifestants eux-mêmes savent pertinemment que, malgré leurs slogans protestataires, cela ne changera pas. Toutes les amodiations distillées à mesure des évènements font partie d’une partition jouée d’un commun accord par l’ensemble des acteurs. Malgré le fait que nous connaissons tous le final de ce mélodrame, il est néanmoins possible de se poser quelques questions.

• Avant que la durée légale ne passe, sous le « règne » de F. Mitterrand, de 65 à 60 ans, les syndicats ne parlaient pas de pénibilité. Si ce qui ne posait pas de problème à 65 ans, pourquoi cela en pose-t-il soudain et avec une telle acuité à 62 ans ?
• La plus grande injustice du système n’est-elle pas la réforme Balladur qui a porté à 25 ans la durée de calcul du montant de la retraite des salariés du privé en laissant à 6 mois cette durée pour les fonctionnaires, alors que le déficit des systèmes de retraite du public est financé par le privé ? On remarquera le silence complice des syndicats et de l’opposition sur cette véritable injustice. Le silence des syndicats n’est pas étonnant puisqu’ils représentent essentiellement, pour ne pas dire uniquement, les fonctionnaires.
• Le projet prévoit que les femmes fonctionnaires ayant eu 3 enfants garderont le bénéfice des 60 ans. Pourquoi cet avantage n’est-il pas offert aux femmes travaillant dans le privé ? Une caissière de supermarché est-elle moins méritante qu’une guichetière des Postes ?
• La gauche met en avant l’injustice faite aux femmes par un âge d’obtention d’une retraite à taux plein porté à 67 ans alors que, pour la plupart d’entre elles, la durée de cotisation minimale est inaccessible du fait des maternités et des emplois à temps partiel. C’est ignorer volontairement (attitude politicienne) que ce problème n’est pas un problème de retraite mais un problème d’iniquité de la vie salariale et sociale et qu’il n’appartient pas au régime de retraite de pallier une injustice économique mais aux entreprises de respecter l’égalité de traitement entre hommes et femmes.
• Crier au loup en disant que le report de 60 à 62 ans de l’âge légal est un véritable séisme ne peut faire oublier le séisme que ce fut pour les entreprises que le report de 65 à 60 ans !

Voilà quelques questions légitimes qui sont étrangement passées sous silence par les différents protagonistes qui font semblant de s’étriper sur des sujets que tout le monde sait réglés.

06 juillet 2010

Tous pourris !

La nature a horreur du vide et les hommes ne supportent pas l’incertitude. Devant une crise qui s’aggrave et dont les signes de mauvaise augure se multiplient, l’angoisse de l’avenir grandit chez les citoyens. L’avenir devient incertain et chacun a peur pour lui-même et pour ses enfants. Les explications entendues, ou attendues, ne satisfont personnes car elles sont contradictoires ou construites dans une langue de bois qui ne trompe personne. Les difficultés à venir s’amoncellent et l’inquiétude grandit. Or l’homme est ainsi fait qu’il lui faut toujours trouver un responsable à ses propres difficultés, même si cette recherche est irréfléchie et purement instinctive. De toutes les sortes d’échecs, chacun cherche celui qui compromet le moins son orgueil. D’où le si facile « tous pourris » concernant les élus et, plus largement, les responsables et dirigeants. « Si les difficultés existent, cela provient non seulement du fait que ceux qui nous gouvernent sont des incapables mais, de plus, des exploiteurs qui profitent de leur situation pour se mettre eux-mêmes à l’abri du péril ». Voilà grand ouvert le portail du populisme qui offre une voie royale au Front National et à l’extrême droite. Le discours de l’opposition qui reste exclusivement centré sur la critique systématique, parfois violente, du gouvernement participe fortement à la croissance dangereuse de ce populisme. Et la place inconsidérée que certains médias donnent à la « chasse aux affaires » concourre à ce danger. Lorsque l’on en est à reprocher à François Fillon de faire le trajet Le Mans – Paris en avion plutôt qu’en train, c’est bien le signe que la vie politique française est tombée bien bas. La médiocrité a, partout, pris le pouvoir. Alors que le bateau France menace de couler, l’équipage et les passagers tirent sur le capitaine !

29 juin 2010

L’affaire Ecric Woerth

L’affaire Ecric Woerth est particulièrement édifiante à plusieurs titres. Tout d’abord, comment ne pas se poser la question première de l’étonnante coïncidence entre la sortie de cette affaire et la présentation prochaine au parlement de la réforme du régime des retraites ? Dans une démarche purement démagogique, l’opposition s’est avancée imprudemment en annonçant son intention de revenir sur la disposition-phare de cette réforme, à savoir le recul de l’âge légal. Il est d’une évidence aveuglante que, si l’opposition parvient au pouvoir en 2012, elle ne pourra pas revenir sur cette disposition comme elle n’a pu revenir, en son temps, sur les réformes d’Edouar Balladur. Alors, pourquoi ne pas faire en sorte que la réforme portée par Éric Woerth échoue en obtenant la démission du ministre avant le terme ? Voilà qui éviterait de se désavouer … Le déchaînement médiatique n’est pas sans rappeler celui qui s’est abattu en son temps sur Julien Dray qui fut, par la suite, lavé de tous les odieux soupçons qui l’obligèrent à quitter ses fonctions. Par contre, il est tout aussi évident que le ministre aurait dû se poser la question de la compatibilité de sa responsabilité de ministre du budget et de celle de sa femme, consistant à conseiller la plus grosse fortune de France pour minimiser ses impôts. Le soupçon de délit d’initié vient immédiatement à l’esprit de tous ceux qui sont à la recherche compulsive du scandale, en se parant d’une indignation dolosive. Bien entendu, profitant de cette agitation médiatique, la bête immonde n’a pas tardé à pointer le bout de son nez nauséabond : l’antisémitisme pointe du doigt un ministre dont les racines juives sont mises en exergue en utilisant le Web, riche de sites qui se vautrent dans l’ignoble. Enfin, le monde politique de tous bords n’a pas encore compris que nous changeons d’époque. Le peuple sait, confusément ou non, que le temps des efforts est venu et qu’il ne s’agit pas d’un simple épisode mais d’un changement profond dans la manière de vivre. Dans ce contexte, où il devra accepter des efforts importants, il lui est devenu insupportable de voir que certaines catégories de la population se croient à l’abri de sacrifices. Or, tous les pouvoirs sont naturellement perméables les uns aux autres. Le pouvoir infuse la connivence. Le pouvoir politique est en relation permanente avec les pouvoirs économique, médiatique, juridique et autres. Il est alors devenu indispensable que les relations entre le pouvoir politique et tous les autres soient strictement codifiées et respectées. Cela est devenu une exigence populaire. Ne pas la respecter risque d’entraîner toutes les dérives. Cette exigence s’applique à tous les politiques, qu’ils soient au gouvernement, simples parlementaires ou responsables locaux.

13 mai 2010

Poker menteur

Que n’a-t-on entendu les politiques et les économistes nous expliquer abondamment que la solution de la crise passait par un gouvernement économique européen, que son absence était pratiquement incompatible avec l’existence de la monnaie unique ? À tous, cela paraissait frappé au coin du bon sens. Or, quelle est la première tâche et responsabilité d’un gouvernement, dans le domaine économique, si ce n’est l’établissement du budget annuel ? Donc, proposer un gouvernement économique européen pour résoudre la crise et empêcher qu’elle ne se reproduise, veut dire que les nations délèguent l’établissement, ou du moins le contrôle, de leur budget à un organe européen. Or, que constate-t-on (je dirais une fois de plus) ? Lorsque la Commission européenne propose que les budgets nationaux soient soumis à l’approbation des ministres des finances réunis en comité européen, tous les responsables politiques, toutes tendances confondues, refusent cette proposition au prétexte qu’il s’agirait d’un abandon inadmissible de la souveraineté nationale. Actuellement, les gouvernements envoient à la Commission européenne un document résumant leur budget, une fois celui-ci adopté par leur Parlement. C’est en envoyant ce résumé que le gouvernement grec a dissimulé la vérité de ses dépenses et du déséquilibre inadmissible de ses budgets successifs. Comment ne pas penser que tous les gouvernements ne font pas, plus ou moins, la même chose ? Qui pourrait croire qu’un gouvernement n’a jamais rien à cacher dans l’établissement de son budget ? De plus, a-t-on jamais entendu parler d’une critique formulée par la Commission européenne à la lecture de ces documents ? La vérité est qu’une fois de plus les paroles des politiques n’ont rien à voir avec leurs actes. Comment le citoyen pourrait croire que le pire n’est pas devant lui lorsque la rigueur (au vrai sens du terme !) n’est pas considérée, par les responsables politiques, comme indispensable dans la gouvernance européenne ?

10 mai 2010

Indigne

Les régimes de retraites sont au bord de la faillite et les discours des syndicats n’y changeront rien. Martine Aubry nous dit que le Parti Socialiste est conscient du problème et qu’il a des solutions. Lesquelles ? Nous n’avons pas le droit de le savoir !! L’urgence attendra ! Courbée sur sa feuille, Martine Aubry a peur qu’on la copie ! Quel enfantillage ridicule ! Arc-boutée sur son opposition systématique au Président de la République, elle en oublie l’intérêt général. Garder dans sa main quelques cartes plutôt que de servir le pays, est-ce là un comportement de politique responsable ? Cette attitude indigne montre que Martine Aubry est, peut-être, une politicienne, mais sûrement pas un homme d’Etat. Que chacun s’en souvienne en 2012 !

La débâcle !

Un immeuble de bureaux de la City ou de Wall Street. Une immense salle où s’alignent des écrans d’ordinateurs dans une atmosphère conditionnée. Devant chaque écran, un homme d’une trentaine d’années, chemise blanche et cravate, lunettes cerclées, observe le défilé continu des chiffres. Soudain, l’un d’entre eux presse quelques touches de son clavier … et il y a trois morts à Athènes. Certes, c’est un raccourci quelque peu subjectif, direz-vous. Pourtant, les traders des fonds spéculatifs et des organismes financiers et bancaires ont spéculé à la baisse les bonds de rachat de la dette grecque sans aucun état d’âme. Comme les marchés financiers ne fonctionnent pas selon la loi de l’offre et de la demande, mais selon des prévisions auto-réalisatrices, la spéculation à la baisse a effectivement entraîné la baisse des bonds de rachats grecs. Immédiatement, les taux d’intérêt des prêts bancaires à la Grèce se sont envolés et atteints des niveaux mettant ce petit pays dans l’impossibilité de rembourser ne serait-ce que les intérêts de sa dette. Obligée de réduire de façon dramatique ses dépenses pour éviter d’être en cessation de paiement, la Grèce a mis en œuvre un drastique plan de rigueur touchant brutalement les salaires, la redistribution sociale, les retraites, les investissements, les impôts, etc… Sous le choc, le peuple grec s’est révolté … et il y eut trois morts. C’était donc bien un raccourci, mais parfaitement objectif. Voilà presque trois mois que la situation se dégrade et que les responsables européens passent leur temps en discussions stériles et en atermoiements. Pendant ce temps perdu, la spéculation mondiale s’en ait donné à cœur joie ! Les européens expliquent que l’on prête de l’argent à la Grèce, mais il faut que cet argent rapporte ! On aide, mais on punit ! Les marchés rigolent !! et en profitent. Décidément, l’Europe manque de dirigeants d’envergure. Qui a entendu le « président » de l’Europe depuis que nous sommes dans la plus grave crise que l’Europe ait connue ? Lorsque l’Allemagne garde les yeux fixés sur les élections plutôt que sur le risque d’éclatement de l’Europe, on peut douter de l’avenir de celle-ci. D’ailleurs, A.Merkel a perdu sur tous les tableaux : non seulement ses hésitations et ses interventions intempestives n’ont pas arrêté la spéculation, mais elle a également perdu les élections et sa majorité gouvernementale. W. Churchill disait déjà, en son temps : « Vous aviez le choix entre la guerre ou la honte. Vous avez choisi la honte et vous aurez la guerre ! ». Mac Arthur disait également: « Ce qui distingue une défaite d’une victoire ? Deux mots : trop tard ». Où est la solidarité européenne lorsque A.Merkel dit « il faut punir les Grecs » ? On peut légitimement se demander si les Allemands sont sincèrement européens. Les résultats des élections partielles allemandes en Rhénanie semblent démontrer que la réponse est négative, la majorité des Allemands étant hostiles à toute aide à la Grèce. La croissance repart dans le monde entier … sauf en Europe. Les marchés s’en vont logiquement ailleurs ! Ils quittent une Europe vieillissante, sans réaction, sans volonté et endettée au-delà du raisonnable. Rien de plus normal ! Les marchés financiers sont des prédateurs immoraux, mais qui ne sont pas idiots : ils constatent et jouent sur l’incapacité des dirigeants européens à mettre en œuvre une politique commune, cohérente, compréhensible et qui se confinent dans des discours rodomonts. Jamais l’Europe n’a été plongée dans une telle crise. Nous avons au moins 10 ans de souffrances et de privations devant nous avec une déflation sévère. La pauvreté nous guette. L’Europe est déjà coupée en 2 : la zone Euro et les autres qui, aujourd’hui, insistent sur leur choix de ne pas en faire partie. Quelle vision ont donc les dirigeants européens lorsque leur seul moteur est la réaction des marchés financiers ? Tout, dans cette crise, montre que les égoïsmes nationaux sont majoritairement à l’œuvre dans les règles de fonctionnement de l’Europe. La Commission européenne se cantonne dans une technocratie tatillonne et le « président de l’Europe » est parfaitement inaudible. L’Europe est en perpétuel déficit, c’est-à-dire en dysfonctionnement économique, depuis plusieurs décennies et vieillissante. A-t-elle encore un avenir ? On peut en douter. Jamais l’Europe n’a été plongée dans une telle crise. Nous avons au moins 10 ans de souffrances et de privations devant nous avec une déflation sévère. La pauvreté nous guette.

29 avril 2010

On croit rêver !!

Le feu est en train de prendre dans l’ensemble des économies européennes. La Grèce est au bord du dépôt de bilan, qui entraînera dans sa chute le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie puis la France. L’Euro, et donc l’Europe, est en danger d’éclatement. Pendant ce temps, le Président français est parti inaugurer une exposition en Chine avec quelques détours touristiques qui l’occupera pendant trois jours. Le Parti socialiste, de son côté, concocte son projet de gouvernement centré, nous dit-il, sur le bonheur (sic !). La crise qui s’annonce promet du sang et des larmes, mais Martine Aubry nous parle d’une société française du bonheur ! Elle voudrait nous dire : « Dormez, braves gens », elle ne s’y prendrait pas autrement. En Allemagne, les rodomontades de la Chancelière n’arrivent pas à cacher que ses seules préoccupations sont égoïstes, nationales et électorales. Cerise sur le gâteau, le Conseil de l’Europe s’occupe d’un sujet fondamental au milieu de la tourmente : faut-il oui ou non supprimer la fessée. Il n’y a pas de doute, nous pouvons être rassurés : les politiques qui nous gouvernent s’occupent décidément de choses sérieuses ! Bandes de clowns !!

24 avril 2010

Care : un tour d’illusionniste

On sait que le marketing politique est devenu incontournable. En ce domaine et à l’approche des prochaines élections présidentielles, l’imagination devient débordante. Après « l’ordre juste », voici le « Care » ! Qu’est-ce ? C’est un nouveau concept proposé à Martine Aubry par des esprits malins et qui l’a aussitôt adopté en le déclinant dans son programme présidentiel en gestation. Pour donner à une vielle idée une apparence de nouveauté, il n’est rien de mieux que d’utiliser un néologisme à l’allure savante. « Care » est un mot anglais, utilisé par les anglo-saxons pour définir leur politique de solidarité et de santé (Health care). Dès lors que l’on donne la traduction du terme, viennent à l’esprit deux réflexions. La première est de se demander pourquoi on ne garde pas le mot français de solidarité (le souci des autres) ? La publicité est riche de concepts fumeux à l’aspect faussement scientifique dont on ne sait s’il s’agit de calembredaines ou de carabistouilles. La pauvreté de la nouveauté se cache derrière un vocabulaire pompeux cherchant à faire illusion. L’invention du mot n’est pas nouvelle. Certains gourous du conseil aux entreprises ont fait fortune avec un mot. Le plus bel exemple est « Le prix de l’Excellence », inventé par T. Peters, pour évoquer ce que doit faire une entreprise pour être plus performante que ses concurrentes. De même, le « reengineering » de Michael Hammer. Il en est manifestement de même en politique, ce qui ne surprendra personne. La seconde réflexion est de se désoler de la pauvreté de l’imagination en politique. Sous le mot, se cache en fait tout un cortège d’évidences.
« Care » veut dire, d’après ses inventeurs (?), le souci de fournir à chacun un salaire minimum, un accès aux soins correct, la possibilité de se loger convenablement, bref tout ce que peut espérer un citoyen pour mener une vie acceptable. On ne saurait être plus général et, donc, moins original. C’est justement le rôle du mot que de cacher ce manque d’originalité. La pêche aux rêveurs est à nouveau ouverte. La réalité est, cependant, tout autre. Rien ne sera possible sans une réindustrialisation de la France avec un développement urgent des exportations, sans une réduction drastique de la dette qui imposera de très gros sacrifices à tous les citoyens. Mais quel candidat aux futures élections présidentielles aura le courage de tenir un tel discours ? Il devient pourtant urgent que les politiques abandonnent la publicité partisane pour faire, enfin, de la stratégie politique, c’est-à-dire qu’ils abandonnent leurs petites vues à court terme pour des analyses et des choix engageant le long terme. Quand en auront-ils enfin le courage ?

23 mars 2010

Quel avenir ?


Prenons un peu de recul. Les élections régionales sont à peine terminées que le discours politique joue de sa langue de bois préférée. Pour la « majorité » défaite, « nous avons entendu le message des Français », mais on ne sait pas lequel. Pour l’opposition, « les Français ont demandé de changer de politique » mais on ne sait pas pour laquelle. Voilà pour l’analyse. La situation est, pourtant, simple. La France régionale était entièrement rose avant, elle l’est après. Il n’y a, en pratique, aucun changement. Il ne peut donc y avoir de surprise ou de découverte ! Il n’y a que les politiques pour découvrir un nouveau « message ». Aucun d’entre eux ne parlent du vrai problème de la France : celle de son appauvrissement. Depuis deux décennies, la France dépense plus qu’elle ne gagne. La balance commerciale du pays, qui mesure cet appauvrissement, est déficitaire aujourd’hui de près de 5 milliards d’Euros. Depuis plus de 30 ans, les budgets sont déficitaires pour atteindre cette année près de 8% du PIB (adieu les critères de Maastricht !). La dette, qui accumule ces déficits, s'envole vers un sommet depassant 1.500 milliards d’Euros, soit plus de 20.000 € par Français. Les caisses de retraites sont en danger de faillite avec un rapport actifs/retraités qui ne cesse de diminuer, la Sécurité Sociale est en déficit chronique mettant en danger le « modèle social français ». Le pays a une dépense publique qui atteint 53% du PIB. La France compte près de 8 millions de fonctionnaires, soit le quart de la population active alors que la moyenne européenne est de 15%. Depuis 15 ans, les effectifs de fonctionnaires ont augmenté de 35%. Le diagnostic est donc simplissime : la France vit au-dessus de ses moyens. L’ordonnance n’est donc pas compliquée : la France doit dépenser moins et travailler plus et mieux. Et le message que les Français ont envoyé lors de ces dernières élections, caressés dans le sens du poil par les syndicats, est le refus de toute politique d’austérité. Ne pas toucher aux retraites, ne pas augmenter les impôts, refuser toute diminution de fonctionnaires, continuer de réclamer « plus de moyens », tel est le sens de l’opposition au gouvernement qui s’est manifesté dans les bulletins de vote. La solution préconisée ? Il n’y a qu’à « piocher » dans la poche des plus riches, scandaleusement privilégiés. Discours en trompe-l’œil car, en supposant que l’on confisque le salaire et les stock-options de tous les patrons du CAC 40, cela permettrait de distribuer 350 € au 4 millions de Français les plus pauvres. Pas de quoi bouleverser leur niveau de vie ! Ceci veut dire que la suppression du bouclier fiscal peut être un symbole mais sûrement pas une thérapie.
L’indispensable politique de rigueur nécessiterait un minimum de consensus politique pour avoir une chance de réussite. Hélas, nous ne sommes encore qu’à mi-chemin du quinquennat que déjà tout le microcosme politique a le regard tourné (et fasciné !) par les élections présidentielles qui auront lieu dans deux ans. Il est malheureusement prévisible qu’une fois de plus l’intérêt général va succomber sous les assauts des ambitions personnelles qui ne vont pas tarder à se manifester (5 à gauche et 4 à droite). Le récent remaniement ministériel, essentiellement manœuvre politique, n’annonce aucun changement important dans la politique menée jusqu’à aujourd’hui. Il n’y aura pas de rigueur accrue et des réformes partielles qui ne seront pas menées au bout. Les nuages s’accumulent et le ciel s’assombrit.

15 mars 2010

La vérité est ailleurs

Les élections régionales qui viennent d’avoir lieu ont désigné un incontestable vainqueur : l’abstention. Certes, la Gauche française clame son succès à grands cris et dépeint la France comme un peuple de gauche. La France, un peuple de gauche ? La vérité est ailleurs. Il faut tout d’abord constater que la majorité des abstentionnistes est droitière, ce qui nuance déjà fortement le cri de victoire de l’opposition. Ensuite, le Français est le parangon du citoyen qui brûle aujourd’hui ce qu’il a adoré hier, voire il y a juste une heure. Le Français est contestataire par construction. Le succès des soi-disant humoristes qui sévissent dans les médias en faisant fortune grâce à leurs ricanements à la limite de l’insulte faite aux politiques est un excellent indicateur du penchant français vers la critique systématique sans nuance. Ainsi, tout vote est l’occasion donnée au citoyen d’exprimer à bon compte son ire vis-à-vis de ceux qui le gouvernent. Les Français ne votent pratiquement jamais « pour » mais, le plus souvent, « contre ». Le regain du Front National s’explique ainsi. Il faut dire que c’est beaucoup plus confortable et sans risque. Lorsque l’on compare l’attitude abstentioniste des Français et la participation importante des Afghans aux dernières élections malgré le risque énorme encouru à cause du terrorisme, on reste confondu. Les Afghans considèrent le vote comme une exigence de leur démocratie naissante, les Français comme une corvée inutile de leur démocratie vieillissante. Comme d'habitude, pour l'opposition "la droite n'a rien compris", pour la majorité (?), "la gauche se trompe". Comme d’habitude, tous les politiques crient victoire ou démontrent, en utilisant une langue de bois parfaitement au point, que la défaite n’en est pas une mais l’occasion de « recevoir le message des Français », même s’il n’y a aucun message envoyé, hormis celui qui consiste à contester le pouvoir.