28 février 2009

Contraste

B. Obama est venu se présenter devant l’ensemble des élus du Congrès sans que cela ne provoque l’indignation de l’opposition. Le Président est venu prononcer un discours de grande tenue qui explicite la vision de l’avenir qu’il propose au peuple américain, explique les erreurs passées et les efforts indispensables à venir et obtient ainsi l’approbation unanime de la majorité et de l’opposition. B. Obama se conduit comme le Président d’une grande démocratie pour laquelle il a le plus grand respect.
N. Sarkozy, qui se conduit comme un chef de chantier, se trouve en butte à une opposition butée et sourde, engluée dans une problématique électoraliste dont elle n’arrive pas à sortir. D’où la posture systématique de cette opposition au Président, d’où l’indignation feinte de celle-ci lorsqu’il est envisagé la possibilité que le Président de la République puisse venir s’exprimer devant l’Assemblée. Ce dernier étant obligé de s’exprimer devant le peuple par l’intermédiaire de la télévision, celui-ci, enfermé dans ses difficultés et ses angoisses, reste sourd à toute tentative d’explication.
D’un côté, un véritable homme d’État et des élus sans à priori et pragmatiques, même si les convictions de certains ont conduit à la catastrophe économique actuelle. De l’autre, un homme politique opportuniste qui a revêtu un habit trop grand pour lui dans les circonstances actuelles et des élus englués dans leurs préoccupations de court terme, c’est-à-dire sans vision d’avenir. D’un côté, un Président qui a compris l’ampleur de la crise mondiale et qui met en œuvre un plan à la hauteur de celle-ci. De l’autre, un homme politique, certes freiné par le déficit colossal du pays (mais les USA ont le même problème !) et un conservatisme génétique, qui déverse une avalanche de petites mesures dont l’efficacité reste pour le moins douteuse.
Dans le même temps, l’Europe continue de se conduire comme une vierge effarouchée dont les responsables politiques restent hantés par la crainte de perdre de la moindre parcelle de leur indépendance, toujours pour des raisons électorales, au détriment de la mise en œuvre d’une action collective enfin à la hauteur du problème.

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