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03 avril 2011

Vous avez dit Identité ?

Au moment où le communautarisme devient une menace, où les idées approximatives s’enlisent dans des débats vaseux sur le multiculturalisme, l’identité ou la laïcité, il est sain de faire un petit rappel sur nos origines profondes. L’ambiguïté du mot « identité » ajoute à la confusion des discours. Il est, en effet, porteur de deux idées contradictoires : à la fois ce qui nous est commun (identique) et ce qui nous est propre et nous sépare des autres (que l’on décrit, par exemple, sur une carte d’identité). Racisme, crainte de l’immigré, rejet de l’étranger, peur de la différence, telles sont les valeurs de ceux qui proclament des slogans nationalistes tels que « La France aux Français » ou « La préférence nationale ». Ils véhiculent une idéologie qui rappelle celle de la pureté de l’Aryen dont l’Histoire gardera à jamais en mémoire la dévastation qu’elle entraîna. Cette idéologie farfelue repose sur le fantasme d’une soi-disant race française dont les racines plongeraient dans la préhistoire. Or, tous, nous sommes des fils d’immigrés. L’histoire de la France est une longue suite d’invasions venant d’horizons divers, Europe centrale, Pays nordiques, continent Africain, Moyen-Orient, Europe occidentale. Dès la préhistoire, les premiers venus, les Néanderthaliens et l’Homme moderne, venaient d’un ailleurs africain. De tout temps, la Gaule, puis la France, a été traversée par des invasions et des influences étrangères. Déjà, du VIIIe siècle au VIIe siècle avant notre ère, le peuple de Hallstatt, venant du centre de l’Europe, a envahi le pays, suivi au Ve siècle avant JC par un peuple indo-européen appelé peuple de la Tène. De -58 à -51, la conquête romaine permet l’installation de la civilisation de Rome pendant des siècles. Dès la fin du IIIe siècle, les Saxons s’implantent sur les côtes bretonnes et apportent avec eux la civilisation celtique que certains Français d’aujourd’hui continuent de revendiquer. En l’an 406, la Gaule subit un débordement d’envahisseurs constitué des Vandales venant de Scandinavie, des Burgondes et des Suèves. Ces derniers occupent la Gaule du Nord, occupent Lyon en 461 et s’installent de la Champagne à la Durance. Dans le même temps, les Alamans s’installent durablement en Alsace et, au XIIIe siècle, seront présents dans les régions alpines. La même année, venant de la rive droite du Rhin, les Francs envahissent la Gaule à leur tour et Clovis annexe tout le Nord du pays. En 507, ils atteignent Poitiers. En 412, les Visigots, quant à eux, envahissent le sud de la Gaule jusqu’à Bordeaux et les rives de la Loire. Tous ces envahisseurs furent suivis, dans la seconde moitié du Ve siècle, par les Bretons d’une part qui venaient des îles Britanniques et s’implantèrent en Armorique, par les Huns d’autre part, conduit par le célèbre Attila, en 451 qui s’installèrent dans l’Est de la Gaule jusqu’à Orléans. En 490, les Ostrogots, venant de la péninsule italienne, franchissent les Alpes et s’implantent dans la vallée du Rhône. Les Sarrasins musulmans ont également envahi la France et personne n’oublie la guerre que leur livra Charles Martel pour les arrêter à Poitiers en 732. Chaque guerre, et elles furent nombreuses et longues durant l’Histoire de France, a provoqué des immigrations étrangères d’hommes cherchant à fuir leur pays pour de multiples raisons. Ainsi, en 1453, la bataille de Castillon marquant la fin de la guerre de Cent ans fut suivie par l’installation en France de colonies écossaises qui y firent souche. Ils furent suivis, en 1570, par l’exil des compagnons écossais de Marie Stuart qui s’implantèrent dans la Creuse. Tous ces « envahisseurs » et ces immigrés ont fait souche dans notre pays et nous descendons d’eux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’expansion économique des trente glorieuses n’a été possible que grâce aux arrivées successives, dès le début du XXe siècle, des Italiens, des Russes blancs, des Polonais et des Juifs égyptiens qui ont fourni la main d’œuvre non qualifiée dont la France a eu besoin dès 1950. Au milieu du siècle dernier, sont arrivés, pour les mêmes raisons, les Portugais, les Espagnols, les Maghrébins, les Africains. Tous ces hommes d’horizon divers et plus ou moins lointains ont, pour la plupart, fondé une famille en France et leurs enfants sont aujourd’hui parmi nous. Nous avons tous des ascendants apparentés à ces hommes venus d’ailleurs. Ce sont toutes ces origines diverses qui ont construit notre identité d’aujourd’hui. Il n’est point besoin de longs discours et de vaines polémiques pour admettre que nous sommes tous des sang-mêlé. Ne l’oublions jamais !

10 août 2009

Une République dictatoriale de plus

Comment se nomme un régime qui tue ses opposants dans le secret de ses prisons, qui matraque et assassine les manifestants, qui recherche dans un soi-disant complot international les causes de ses difficultés, qui extorquent des aveux imposés dans des parodies de procès staliniens et sans témoins à tous ceux qui osent protester, qui truque massivement de fausses élections affublées d’un faux-nez démocratique, qui muselle la presse et la critique et qui use et abuse de l’intoxication ? La réponse est simple : une dictature. Le régime iranien qui se présente comme une fausse République islamique est une vraie dictature. C’est un régime qui n’a rien à envier à celui des pires régimes de l’Histoire et que la communauté internationale tout entière devrait condamner violemment. Le chantage qu’exerce l’Iran et son dictateur sur le détroit d’Ormuz n’est qu’un mirage. En effet, l’Iran importe la plus grosse part de son pétrole car ce pays ne possède pas des capacités de raffinage suffisantes pour sa propre consommation. Il ne peut donc durablement entraver l’approvisionnement des pays occidentaux sans se mettre lui-même en péril. En effet, devant un blocage du détroit d’Ormuz, les pays occidentaux cesseraient immédiatement d’importer en Iran le pétrole raffiné dont ce pays a besoin. Ahmadinejad est un dictateur dans toute l’acception du terme et aucun pays civilisé ne devrait avoir le moindre contact avec lui. Son pouvoir politique ne tient que par la terreur, le mensonge et le meurtre. On ne peut lui serrer la main sans se souiller.Plaignons le peuple iranien d'être aux mains sales d'un tel régime.

12 juillet 2009

Chinois et nazis, même combat

Les chinois se sont comportés, et se comportent aujourd’hui, avec les Ouïgoures du Turkestan oriental comme les nazis avec les juifs : annexion, exactions, tortures, exécutions sommaires, privations de droits, expropriations, camps de concentration, humiliations, procès truqués, etc …, etc …Le monde a regardé et regarde encore ces crimes contre l’humanité sans réaction, au nom de la « real-politique », prêt à fermer les yeux et payer le prix de l’hypocrisie pour quelques airbus ou quelques centrales nucléaires.
Partout où le communisme sévit, les pires exactions s’exercent contre les minorités. Nous nous sommes émus lors des derniers évènements tibétains uniquement parce que le Dalaï-Lama a su être le porteur habile de la cause de son peuple. Il n’en est pas de même pour les Ouïgoures. Leur civilisation est en voie de disparition. Pendant ce temps, nous fermons les yeux et essayons de dormir tranquilles.

20 janvier 2009

Obamania

Le monde, essentiellement les mondes occidental et africain, est envahi par une hystérie irréfléchie due à l’arrivée à la Maison Blanche du nouveau président américain. À écouter les commentaires, le nouveau messie est arrivé ! Le monde, en pleine déconfiture et angoissé par la crise sans précédent qui s’amorce, cherche désespérément à se rassurer avec l’arrivée d’un homme providentiel. Certes, Barak Obama a fait de très beaux et importants discours. Mais des discours restent des discours. Et nous devrions savoir, ô combien, qu’il y a toujours loin des discours à l’action. Cet homme, certes premier président américain noir, est avant tout américain. Ses priorités seront donc essentiellement américaines. De plus, les contingences du moment vont nécessairement s’imposer à lui comme au reste du monde et elles vont mettre un frein sérieux aux rêves un peu fous qu’Obama a suscités. Les Européens espèrent que la crise économique va disparaître par enchantement grâce à un redémarrage miraculeux de l’industrie américaine. Les Africains rêvent que leur continent va enfin sortir de l’impasse et de la déréliction dans lesquelles il est plongé depuis toujours par la seule volonté du Président américain. Le monde est malade et espérer sa sédation par la seule action de Barak Obama est une pure utopie. Il se préoccupe du sort de Guantanamo, réfléchit au retrait de l’Iraq, envisage de rénover les relations entre les USA et le reste du monde, toutes ces préoccupations sont essentiellement tournées vers l’Amérique. Certes, lorsque l’Amérique éternue, le monde s’enrhume. Lorsque l’Amérique retrouvera une économie prospère, le monde ira mieux. Mais, tout en étant certain qu’il essaiera, absolument rien ne garantit qu’Obama réussisse. Le monde espère un renouveau miraculeux américain, alors que l’état de l’industrie est absolument catastrophique et qu’il faudra longtemps avant que la situation s’améliore. Certes, nous allons assister à un « new New Deal », semblable à celui que Roosevelt a mis en œuvre en 1933. Mais, à cette époque, le monde était encore cloisonné et l’Amérique relativement à l’abri des convulsions du monde. Il faudra attendre 1940 pour que Roosevelt se tourne enfin vers l’Europe. Aujourd’hui, le monde est ouvert et la métaphore du papillon a toute sa valeur. Il est à craindre que la déception soit à la hauteur du rêve. Le pire n’est jamais sûr, mais comme disait Nietzsche : « Votre situation est difficile, mais rassurez-vous, le pire est à venir ».

08 novembre 2008

Le nouveau péril jaune

La guerre entre les grandes puissances a changé de protagonistes et de nature. Ce n’est plus à la guerre froide entre les États-Unis et l’URSS à laquelle nous assistons, mais à une confrontation d’une autre nature, tout aussi réelle, entre les mêmes États-Unis et la Chine. Sur le plan politique, ces deux États sont en opposition sur les relations avec le Soudan (le Darfour), l’Iran, la Corée du Nord, autant de pays soutenus par la Chine et combattus par les USA. Certains courants conservateurs américains tentent de mettre en place une stratégie d’endiguement (le containment) de la Chine pour empêcher que celle-ci ne devienne une puissance concurrente des États-Unis menaçant de mettre fin leur l’hégémonie. La confrontation politique est soutendue par une lutte sans merci pour l’accès aux matières premières. La Chine, sans aucun scrupule, alimente et soutient tout pays ou toute dictature susceptible de lui fournir les matières premières dont elle a un besoin vital. Elle devient peu à peu le principal concurrent des Américains en ce qui concerne l’approvisionnement pétrolier. C’est pourquoi chacun des deux pays est en train de mettre en place une stratégie destinée à lui permettre de sécuriser et diversifier ses sources d’approvisionnement pétrolier. Ainsi l’Afrique est devenue le champs-clos d’un affrontement sino-américain dont on parle peu mais qui est sans pitié. La Chine est, en effet, en train de prendre pieds au Soudan, en Angola ou au Gabon. On assiste également à un spectaculaire rapprochement avec les pays d’Amérique latine, sphère d’influence privilégiée et historique des États-Unis.
Chaque pays cherche à développer ses atouts concurrentiels. Celui de la Chine est essentiellement les bas coûts de fabrication. Tout est bon pour maintenir ces coûts au niveau le plus faible possible afin d’envahir les marchés occidentaux et notamment américains (pour compenser les engagements de rachat de la dette extravagante des USA que la crise économique actuelle ne fera qu’aggraver), d’où des manipulations monétaires, des pratiques frauduleuses et dangereuses, comme l’a démontré l’affaire du lait contaminé (et d’autres produits alimentaires) et des faux médicaments qui inondent l’Afrique. Mais, comme des frères ennemis, ces deux pays sont indissociables, chacun d’eux ayant un besoin vital de l’autre. Les USA ont besoin de la Chine pour faire perdurer leur formidable déficit et racheter leur dette colossale en lui vendant des bons du Trésor. La Chine a besoin du marché américain pour obtenir les devises nécessaires à ce rachat et à son développement. Sur le plan économique, on peut dire que les relations Chine/ États-Unis sont tellement imbriquées les unes dans les autres qu’on peut aujourd’hui parler d’interdépendance. Nous allons assister, durant les prochaines années, à un rattrapage économique de la Chine qui va profiter du déclin relatif, mais déjà en cours, des USA. C’est, en effet, la première fois depuis la crise de 1929 que les USA entrent en récession économique. Compte tenu de l’interdépendance objective des deux pays, il faut s’attendre à ce que la Chine connaisse également de fortes difficultés économiques et sociales dans le court et moyen terme. Le monde entier en sera fragilisé.

26 octobre 2008

La crise vient de loin

Lorsqu’on écoute les différents commentateurs de l’actualité, on a l’impression que la crise profonde que le monde commence à subir est née au mois de Septembre de cette année. Cette affirmation est le signe soit d’un énorme mensonge soit d’une incompétence impardonnable. Cette crise trouve ses premières prémices dès les années 1975 avec la première crise pétrolière lorsque les pays producteurs de pétrole ont augmenté de façon inconsidérée le prix de cette matière première. La crise économique qui s’est répandue essentiellement en Europe n’était que le premier pas vers la situation d’aujourd’hui. Les pays du Moyen-Orient et la Russie, elle aussi exportatrice de gaz et de pétrole, ont commencé à engranger une rente considérable. De son côté, la Chine, à partir des années 1990, assoit son développement économique sur les exportations, donnant la priorité aux investissements tournés vers les industries exportatrices. Ce faisant, elle « oublie » d’investir dans les domaines de la sécurité sociale ou dans les retraites. L’inquiétude des chinois les pousse vers l’épargne de précaution qui devient considérable, compte tenu de l’importance de la population. Tout cela conduit, vers les années 1990 à 2000 à une épargne mondiale excédentaire en provenance de la Russie, du Moyen-Orient et de la Chine. Cette épargne a, de façon naturelle, cherché à se placer. De façon naturelle, elle est allée vers le seul marché attractif existant, celui des États-Unis. C’est la première cause profonde de la crise d’aujourd’hui. La seconde est la libéralisation du marché des capitaux qui s’est produit de façon parallèle facilitant leur circulation vers les paradis fiscaux. Cette libéralisation du marché des capitaux a nourri la spéculation qui a continué à alimenter la rente des pays producteurs de pétrole. La troisième cause fondamentale est la titrisation. La titrisation, avec un système de contrôle bancaire insuffisant, a conduit à la dilution du risque et au développement d’un sentiment d’impunité et d’enrichissement sans risque. Le placement de l’épargne mondiale sur les marchés immobiliers et financiers américains ont provoqué l’apparition des prêts immobiliers « pourris » dits « subprimes » et de produits financiers à risque de plus en plus considérable, à la base d’une économie de casino. Dans le même temps, la spéculation pratiquée par les fonds de pension a provoqué une énorme pression sur les dirigeants d’entreprise pour obtenir des rendements d’actions au moins équivalents à ceux des produits financiers à risque. Ceci a conduit les entrepreneurs à détourner une partie de plus en plus grande des investissements productifs vers des placements boursiers. C’est ce mécanisme complexe, qui tourne depuis plus de trente ans, qui a abouti à la bulle financière et à la bulle immobilière de 2008. La conséquence immédiate de l’éclatement de ces bulles à laquelle nous assistons est la raréfaction drastique des prêts bancaires qui nous conduit tout droit à la récession. On remarquera, au passage, que les banques, acteurs essentiels de la crise d’aujourd’hui, sont maintenant les responsables de la récession en supprimant les prêts aux entreprises et aux particuliers. Après avoir pris des risques considérables et catastrophiques, aujourd’hui ces mêmes banques refusent toute aide aux acteurs économiques. Décidément la finance et la morale vivent dans deux mondes séparés.

22 avril 2008

Citoyen d’honneur ou citoyen instrumentalisé?

Qui peut croire à la sincérité du geste du maire de Paris consistant à donner une distinction honorifique au Dalaï-Lama ? Qui peut penser une seconde que cette gesticulation n’est pas guidée par un opportunisme de première grandeur ? Après la « bravitude » de Ségolène Royal sur la Grande Muraille, quel meilleur moyen de se positionner comme le leader moral de la gauche ? Dans ce calcul, quelle est la place du peuple chinois (je ne parle pas de ses dirigeants) qui s’est senti insulté par les évènements de Paris ? Comment peut-on donner la priorité à ses ambitions personnelles sur le sentiment de mise à l’index d’un peuple qui représente une des plus vieille civilisation du monde, plus ancienne que la civilisation occidentale de quelques millénaires ? Il est incontestable que les dirigeants chinois sont ulcérés par les évènements de Paris, ce qui n’est pas forcément grave, mais il n’en est pas moins vrai que le peuple chinois est blessé, ce qui est affligeant. Et le geste du maire de Paris n’arrange rien. On ne peut pas en vouloir aux chinois de vivre avec la propagande de leur dirigeants. C’est pourquoi il est inutile de les blesser. Quelle connaissance le maire de Paris a-t-il de la sensibilité et des sentiments de la civilisation chinoise ? De quel droit prend-il le risque d’agir comme il le fait au risque de créer un sentiment d’être insulté dans la population chinoise ? Et enfin, de quel droit la France et ses représentants se donnent-ils le droit de donner des leçons au monde entier ? Ont-ils déjà oublié la guerre d’Algérie ? S’il y avait une faute à ne pas commettre, c’était de donner les jeux olympiques à Pékin. La faute originelle a été de privilégier les aspects financiers au respect des règles morales : il ne fallait pas « donner » les jeux olympiques à un régime autoritaire et sanguinaire.