29 octobre 2007

Des juges sous influence ?

Les affaires d’Outreau et Agnelet conduisent tout citoyen à s’interroger sur le fonctionnement de la justice. La première affaire pose clairement deux problèmes : la solitude du juge d’instruction et la réforme de la carte judiciaire ; la seconde celle de la responsabilité du juge d’instruction.
La carte judiciaire date de 1926 et a été révisée en 1958. Aucune modification n’a été faite depuis. Or la démographie et la répartition de la population a profondément changé. L’urbanisation massive a dépeuplé les zones campagnardes et la justice reste physiquement absente de bien des zones urbaines périphériques aux grandes villes. Aujourd’hui, une cinquantaine de petits tribunaux de Grande Instance ont une activité qui représente celle de la moitié d’un juge ! Le regroupement des tribunaux paraît être l’application du simple bon sens pour éviter la déréliction d’un juge inexpérimenté pouvant conduire aux pires erreurs judiciaires comme le montre l’affaire d’Outreau. Bien entendu, les magistrats (et les avocats) ne sont pas d’accord. Les arguments captieux avancés ne manquent pas de piquant. Le premier est de dire que si le tribunal est éloigné, le justiciable ne pourra s’y rendre et sera donc condamné par défaut !! Il faut savoir que nombre de petits tribunaux sont distants d’une dizaine de kilomètres du tribunal voisin … Il est d’ailleurs prévu que le juge pourra se déplacer jusqu’au justiciable si cela s’avère nécessaire aux besoins de l’instruction. Un autre argument avance que, dans un petit tribunal, le juge d’instruction est plus proche de la population car il connaît tout le monde !! Cette connivence ne risque-t-elle pas de mettre en cause l’impartialité du juge qui doit instruire tant à charge qu’à décharge ? Il faut savoir également que les juges d’instruction (et les avocats) des tribunaux menacés de disparition sont souvent de futurs candidats aux prochaines élections municipales !
Le jugement de l’affaire Agnelet (le casino de Nice) pose clairement le problème de la connivence. En première instance, à Nice, le jury populaire a acquitté Mr. Agnelet dans l’accusation d’assassinat de sa maîtresse. En appel, à Aix-en-Provence, le même Agnelet a été condamné à 20 ans de prison ferme, c’est-à-dire la peine maximale encourue. On peut reprendre l’argument avancé plus haut et se demander si le juge d’instruction du tribunal de Nice ne connaissait pas un peu trop bien les protagonistes (visibles et cachés) de l’affaire pour pouvoir influencer les jurés ! Quelles influences et quelles pressions se sont exercées sur ce juge de Nice ?
Ces deux affaires pointent d’un doigt de plus en plus précis la responsabilité du juge. Or, devant un risque sociétal de complexité croissante, le juge devient de plus en plus demandeur de lois et de normes. Or, ces lois ne peuvent juger que l’acte, et non l’homme, en s’appuyant sur les statistiques et les probabilités pour normaliser le système judiciaire. Cette dérive, paradoxalement, déresponsabilise le juge qui peut ainsi s’abriter derrière les chiffres pour justifier son action. Comme tout citoyen, le juge doit être pleinement responsable de ses actes et la loi ne doit pas lui permettre de s’en absoudre.

23 octobre 2007

Le je-m’en-foutisme franchouillard

La Grèce s’est embrasée, la Californie brûle, l’Asie du Sud se noie, les pôles fondent, la planète se convulse dans les affres du changement climatique. On a demandé aux Français un tout petit geste personnel, non pas pour faire des économies d’énergie, mais simplement pour montrer leur solidarité avec le sauvetage de la Terre sur laquelle devront vivre nos enfants et nos petits-enfants. Il leur était demandé d’éteindre leurs lumières pendant cinq minutes. De mon balcon, après avoir éteint toutes mes lumières, j’ai regardé mon quartier. Et il ne s’est absolument rien passé. Pas une lumière ne s’est éteinte. Pas une fenêtre, pas un lampadaire, pas un panneau publicitaire ne s’est éteint. De mon balcon, j’ai longuement contemplé l’égoïsme de mes concitoyens. Décidément, la solidarité et le sens de l’intérêt général ne sont pas la tasse de thé des Français. Sensibles uniquement aux intérêts personnels et égoïstes, les syndicats l’ont bien compris qui jouent fortement sur cette corde électorale juste avant les prochaines élections syndicales. Défendre contre le plus élémentaire bon sens une retraite à un âge injustifié est beaucoup plus important pour les Français que de transmettre à leurs enfants une planète en bon état. S’insurger contre l’augmentation du prix de la baguette est plus légitime que d’admettre de réduire de 10 kilomètres-heure la vitesse de leur véhicule. Je crains bien que les générations à venir nous en veuillent terriblement.

22 octobre 2007

Guy Môquet (suite … et fin)

Le 22 Octobre à 20 heures.
La France a manqué l’opportunité de faire réfléchir toute sa jeunesse, pendant une petite heure, sur son histoire et de la détourner ainsi un moment de la « peoplisation » médiatique qui envahit la presse et la télévision à longueur de journée. La France en serait sortie grandie. Malheureusement, l’idéologie partisane et les réflexes corporatistes et mortifères qui sévissent au sein de l’Education Nationale ne l’ont pas permis. Plutôt que de faire œuvre pédagogique, une partie de l’Education Nationale a choisi la polémique stérile au nom d’une posture d’indépendance faussement outragée. Est-il plus légitime de faire défiler l’armée française le 14 Juillet en souvenir de la révolution de 1789 ? Pourquoi le fait de ranimer le souvenir des martyrs de 17 ans pendant la dernière guerre, à travers la lettre de Guy Môquet, serait-il moins légitime ? La lecture de cette lettre aurait dû permettre aux enseignants de parler également d’Honoré d’Estienne d’Orves, de Jean Moulin, de Pierre Brossolette et de bien d’autres. Mais la vérité est toute simple : les enseignants sont, par idéologie, anti-gouvernementaux ce qui leur ôte toute capacité d’analyse objective. Les enseignants ont gagné une bataille médiatique, mais ils ont perdu une guerre morale. Finalement, un enfant de 17 ans sur le point d’être fusillé a plus de grandeur d’âme et de noblesse que les enseignants qui ont cherché désespérément des arguties pour expliquer leur refus de lecture.

Guy Môquet ou l’histoire oubliée

Le 22 Octobre 1941, Guy Môquet, alors âgé de 17 ans, est fusillé par les nazis. Le 22 Octobre 2007, sur demande du Président de la République, la lettre émouvante que le jeune fusillé a écrite à ses parents juste avant sa mort sera lue dans les établissements d’enseignement. Ou plutôt dans la plupart de ces établissements. Je me demande ce qui peut bien motiver le refus de certains enseignants, poussés par leur syndicat, pour refuser cette lecture. La seule lecture de cette lettre omet de donner le contexte historique de l’événement, telle est l’explication fournie. Mais qui empêche de fournir, en complément de la lecture de la lettre, toutes les informations utiles pour expliquer ce contexte ? Qui ou quoi ? Le contexte ne gênerait-il pas certains enseignants ? En effet, Guy Môquet fut arrêté par la police française le 13 Octobre 1940, sur dénonciation, déjà si fréquente ! Fils du député communiste Prosper Môquet, il soutient son père dans le refus de ce dernier de condamner le pacte germano-soviétique signé en Août 1939, ce qui provoquera l’invalidation de son élection, alors que le Parti Communiste est dissous par le Conseil des Ministres le 26 Septembre 1939 ouvrant la chasse de la Police Française. Durant cette année 1940, on ne saurait oublier l’attitude stalinienne et abstruse (l’aveuglement étant toujours incompréhensible) du Parti Communiste le conduisant à condamner la guerre anglo-française comme étant une guerre « impérialiste », attitude qui perdura jusqu’à l’invasion de la Russie par Hitler et la rupture du pacte germano-soviétique durant l’été 1941. Ainsi, le jeune Guy Môquet ne fut pas arrêté pour fait de Résistance, mais pour son attachement à un Parti Communiste interdit dont l’attitude était alors pour le moins trouble et ambiguë. Cette histoire, que le Parti a toujours voulu faire oublier, fait partie du contexte et la glorification actuelle du jeune Guy Môquet par ce dernier n’est autre qu’une démarche cathartique. Et ce contexte peut être encore gênant pour certains. Mais il y a peut-être un autre motif plus simple, mais encore plus méprisable, pour expliquer le refus de la lecture de la lettre : la demande provient du Président de la République.

18 octobre 2007

Infamie !!

Le théâtre du Rond-Point des Champs Elysées vient de passer une annonce d’embauche d’intermittents du spectacle proposant un CDD de 1 jour pour son prochain spectacle. Cette annonce précise que le théâtre recherche 15 jeunes femmes, chacune pour une seule représentation, pour un rôle de figurante et acceptant de se faire raser les cheveux pendant la représentation !! Comment se peut-il qu’un directeur de théâtre envisage une telle mise en scène qui rappelle les camps de concentration et les jours les plus sombres de l’épuration ! Faut-il être dans un état de déchéance total pour accepter un tel contrat ! Il se trouvera sûrement des jeunes femmes dans un état de détresse tel qu’elles accepteront cette infâme mise en scène. Et c’est sur cette détresse que le metteur en scène va bâtir son spectacle.
Peut-on espérer que, devant un tel scandale, les spectateurs boycotteront la représentation ?

15 octobre 2007

La politique des mots

Détail, karcher, racaille, dégueulasse, salope, rigueur … Les médias, n’ayant rien de sérieux à dire, n’ont plus que les mots utilisés, sortis de leur contexte, pour développer leurs fausses analyses, réduites ainsi au minimum vital. En une semaine, les journalistes ont développé leurs minables idées sur le thème du mot « dégueulasse » une bonne cinquantaine de fois, sur les ondes, dans les journaux et à la télévision.. Faut-il qu’ils n’aient rien à dire !! Et, bien entendu, il se trouve des hommes politiques, opportunistes et « suivistes », pour enfourcher le même cheval médiatique. Ils se sont rués sur le mot rigueur pour hurler au sacrifice des masses laborieuses, faisant semblant d’oublier que rigueur et rigoureux sont de la même famille. À la recherche obstinée de la notoriété, on entend même des soi-disant intellectuels surenchérir dans le vocabulaire : minable, petit con, etc…, fleurissent à longueur d’interview.
L’analyse est réduite au simple jeu des mots.

14 octobre 2007

L’ADN immoral

La pauvreté s’aggrave et elle se révolte. Les enfants meurent de faim, de soif ou de maladies disparues depuis longtemps des pays développés. Il est légitime que l’homme fuie la misère, la peur ou la guerre. De plus, et très souvent, les pays source de l’immigration sont des pays où l’esprit de famille est extrêmement développé, des pays où l’adoption des orphelins est naturelle, des pays où, lorsque le chef de famille s’est installé ailleurs, il est nécessaire de regrouper toute la famille. Que seraient devenus, par exemple, les orphelins du massacre du Rwanda s’ils n’avaient été adoptés ? Mais aujourd’hui, tous les pays occidentaux se protègent de l’immigration non contrôlée, c’est-à-dire irrégulière et illégale au regard de leurs lois. Mais ces mêmes lois permettent à certains immigrants de faire venir légalement les membres de leur famille ; c’est le regroupement familial. Il faut donc, non seulement combattre avec vigueur l’immigration clandestine, mais également rendre plus difficile l’application de la loi. C’est ce qui a justifié le recours aux tests ADN pour prouver la filiation parentale. Pour qu’un immigrant ait le droit de faire venir ses enfants, il faut qu’il soit prouvé génétiquement qu’il s’agit bien des siens. Imagine-t-on, au sein d’une famille recomposée, de faire le tri entre les frères et sœurs, pour désigner ceux qui auront le droit de retrouver leurs parents et ceux à qui ce droit sera refusé ? Le recours à la génétique, utilisée jusqu’à présent en France uniquement pour combattre la criminalité, ravale au rang de criminel un homme ou une femme qui cherchent seulement à retrouver ses enfants. Quel est l’enjeu ? De cinq à six milles enfants par ans, parmi lesquels une minorité seulement est extra-familiale. Une petite dizaine de pays occidentaux utilisent ces tests. Ceux-ci ont été mis en place sans débat public. Doit-on regretter qu’il n’en soit pas de même en France ? De plus, on ne peut écarter l’idée qu’un enfant non admis en France à la suite de ces tests sera « marqué » par son illégitimité génétique officiellement reconnue. Cela rappelle d’autres temps où certaine catégorie de la population devait arborer une marque distinctive infâme. Le décryptage de l’ADN est un réel progrès scientifique. Mais le divorce entre le progrès et la morale serait gravement engagé si une telle mesure était finalement adoptée.

11 octobre 2007

Vous êtes bien pour votre âge …

Le jour où un imbécile m’a dit ça, j’ai compris que j’étais catalogué, classé, marqué, que j’étais mis dans la catégorie des « vieux ». Cette remarque voulait dire que je ne respectais pas la règle applicable à tous les « vieux », que j’aurais dû être davantage marqué par l’âge, que je n’étais pas conforme à la catégorie à laquelle j’appartenais. Si je ne m’étais pas aperçu que j’étais âgé, cette remarque mettait les choses au point et dissipait d’un seul coup toute illusion : « vous êtes bien … mais vous êtes vieux ». Ainsi, aux yeux du monde et aux miens, je venais de changer de catégorie, de quitter la tribu des adultes actifs et fringants pour entrer dans celle des « vieux » inutiles. Bienvenue au club ! La catégorisation fondée sur l’aspect physique aura toujours quelque chose de douteux. La médiatisation récente et excessive d’un présentateur de couleur à la télévision, la nomination de membres du gouvernement issus de l’immigration en sont des exemples.

28 septembre 2007

Impuissance ou hypocrisie ?

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit pour décider d’éventuelles sanctions économiques envers la junte militaire birmane. Et, finalement, non seulement aucune décision n’est prise à cause de l’opposition chinoise, mais la réponse de la junte est de tirer dans la foule. Ce qui montre à quel point les militaires se moquent non seulement de l’opinion mondiale mais de la faculté des pays occidentaux à prendre des mesures efficaces. L’Iran, dont l’objectif actuel est de « rayer Israël de la carte » grâce à la bombe atomique, se moque totalement des rodomontades occidentales et poursuit son programme nucléaire en toute impunité, malgré le traité de non-prolifération et malgré les menaces de sanctions économiques, là encore refusées par la Chine et par la Russie. Les exactions en Tchétchénie se poursuivent en toute impunité, les « puissances » occidentales n’osant affronter les réactions de Poutine. Le scandale palestinien perdure depuis des dizaines d’années, les occidentaux se contentant de bonnes paroles, de plans successifs sans lendemain, les « résolutions » de l’ONU restant lettre morte.
Les FARC (forces armées révolutionnaires de Colombie) retiennent des centaines d’otages, ce qui constitue une situation invraisemblable qui révulse tout être humain, depuis des dizaines d’années sans que la communauté internationale puisse obtenir du gouvernement colombien une attitude permettant de trouver une solution. La Syrie assassine méthodiquement les députés libanais qui pourraient contrecarrer ses projets impérialistes sans que le dit « Conseil de sécurité » ne proteste. En Afghanistan, les jeunes filles se suicident par le feu pour échapper à l’invraisemblable condition féminine sans qu’aucune protestation ne se fasse entendre. On assiste finalement au spectacle d’une « communauté » internationale qui « s’agite sur sa chaise » en clamant « droits de l’homme, droits de l’homme » et qui laisse les pires exactions se produire sans oser prendre les mesures qui s’imposent. La question qui se pose est de savoir si c’est par impuissance ou par hypocrisie.

27 septembre 2007

Le piège climatique

Le réchauffement climatique est, aujourd’hui, un fait admis par tous … sauf par G.W. Bush. Les études prospectives prévoient une élévation moyenne de la température d’environ 2 degrés Celsius due à la présence des gaz à effet de serre, le gaz carbonique essentiellement. Ce qui semble peu de choses. Et pourtant, les effets en sont déjà visibles avec l’augmentation de la fréquence des cyclones, le dérèglement des saisons dans les pays tempérés, les pluies cycloniques dévastatrices dans les zones tropicales, les effets sur la croissance des arbres, etc, etc …
Or, voilà qu’un fait nouveau est apparu : l’obscurcissement planétaire. Il s’agit de la réduction de l’ensoleillement due à la présence de particules en suspension dans la haute atmosphère. Des mesures réalisées en plusieurs endroits de la planète ont montré une diminution de cet ensoleillement pouvant atteindre 20 à 25 % depuis les années 60 (10% aux USA, 30% en Russie). La cause en est le réfléchissement des photons solaires sur les gouttelettes d’eau condensées sur les poussières en suspension dans l’atmosphère polluée. Il y a donc moins d’énergie solaire impactant le sol de la planète. Ceci contrebalance donc, en partie, l’effet de réchauffement dû aux gaz à effet de serre. Or, la lutte menée à juste titre contre la pollution diminue la quantité des poussières en suspension, ce qui va provoquer une augmentation de l’énergie solaire reçue par la Terre. Par conséquent, le réchauffement climatique a toutes chances d’être (beaucoup) plus important que ce qui est prévu aujourd’hui. Or, un réchauffement plus élevé aura des conséquences catastrophiques : augmentation considérable du niveau des mers, dégel du permafrost avec dégagement de méthane, réchauffement des eaux océaniques provoquant le dégazage de l’hydrate de méthane du fond des océans. Le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus dangereux que le gaz carbonique ! Le risque d’un effet boule-de-neige est donc avéré. Pouvons-nous imaginer la vie de nos petits-enfants dans un pays qui ressemblera aux pays de Maghreb ? Sans parler de la vie des enfants des pays du Maghreb qui vivront dans le désert !!

22 septembre 2007

Les mots prétexte

Les conditions de travail font actuellement la une des interventions médiatiques des acteurs économiques. La doxa utilise abondamment deux mots qui servent de prétexte pour démontrer n’importe quoi. Ces deux mots sont « productivité » et « pénibilité ». Lorsqu’on s’interroge sur la corrélation évidente et incontournable entre la quantité de travail et la richesse du pays, les syndicats brandissent immédiatement la productivité pour justifier la réduction du temps de travail en avançant que les travailleurs français ont la meilleure productivité du monde, ce qui compense cette réduction. Ils n’hésitent pas, accompagnés en cela par certains politiques, à faire de la réduction du temps de travail une tendance lourde de l’avenir, dressant ainsi un tableau de la société future faite d’oisifs heureux de l’être. Mais la productivité française n’est pas, et de loin, la meilleure, se situant au cinquième rang européens seulement. De plus, si cette productivité était si grande, elle devrait avoir un effet immédiat sur le prix des produits français, ce qui devrait leur permettre de gagner des parts de marché. Or, la France perd, dans presque tous les secteurs, des parts de marché mondiales et, sur le marché national, les produits français ne sont que rarement les moins chers. Faire référence à la productivité pour justifier une réduction de la quantité de travail est un tour de passe-passe et un mensonge.
Au moment où le pays prend enfin conscience qu’il ne pourra bientôt plus assurer le paiement des retraites, les syndicats et les politiques font appel au concept de pénibilité pour justifier un départ à la retraite le plus tôt possible, ce qui revient à réduire encore la quantité globale de travail. Afin de sauvegarder, en faisant injure au plus élémentaire bon sens, le départ précoce en retraite de certains régimes spéciaux, n’entend-on pas dire que le travail sur une échelle justifie un départ à la retraite à cinquante-cinq ans !! Conscients, sans l’avouer, qu’il est difficile de soutenir que le travail des années 2010 est plus difficile que celui des années 50, les syndicats utilisent à l’envi la notion de « stress » : le travail est moins dur moins plus stressant !! Le stress au travail serait-il la marque de fabrique des régimes spéciaux ? Le conducteur de TGV est-il plus stressé qu’un pilote d’Airbus ou qu’un chauffeur de poids lourd ? Devant la faiblesse de l’argument, il est alors fait référence à la notion de contrat : lors de l’embauche, un salarié d’un régime spécial a reçu dans son contrat la garantie d’un départ anticipé à la retraite. Pourquoi cet argument n’a-t-il pas été utilisé lors de la modification drastique des règles de départ en retraite du privé (temps de cotisation allongé, mode de calcul du montant de la retraite) ? Ce qui s’est fait pour plusieurs millions de travailleurs ne peut-il se faire pour le million de salariés des régimes spéciaux ?
Les temps ont changé, la France n’a plus d’argent, l’espérance de vie s’allonge considérablement et le travail est la meilleure justification de la vie. Quand prendra-t-on sérieusement en compte ces simples constatations ?

29 août 2007

Politique de la demande, une illusion ?

Tout le monde sait qu’il existe un choix majeur en économie, lorsqu’il s’agit de réaliser une relance : faire une politique de l’offre ou une politique de la demande. Une politique de l’offre consiste à mettre en œuvre des mesures en direction des entreprises. Une politique de la demande consiste à relancer le pouvoir d’achat des consommateurs. Lorsque le pays est endetté (au-delà du raisonnable), une politique de la demande comporte un certain nombre de risques. Le raisonnement classique, celui que tient aujourd’hui le gouvernement, est le suivant : Une réduction d’impôts entraîne une augmentation du revenu des ménages donc du pouvoir d’achat. La demande augmente entraînant une augmentation de la production donc du PIB. Mais en économie, il n’existe que des boucles. Ainsi, l’augmentation de la demande peut entraîner une hausse des prix qui entraîne une hausse des salaires, donc une augmentation des coûts de production et une diminution de la rentabilité. Pour rétablir celle-ci, les prix augmentent et la demande diminue. De plus, si les prix des produits nationaux augmentent, les articles importés deviennent plus compétitifs et la demande entraîne alors une augmentation des importations. Les articles fabriqués en France deviennent, par contre plus chers et les exportations diminuent. La dette augmente. C’est un peu comme si un individu consacrait une part de plus en plus importante de son salaire aux dépenses du ménage sans que son salaire n’augmente. Il lui sera forcément nécessaire de s’endetter.
La seule vérité incontournable est que la crise française perdurera tant que sa balance commerciale restera déficitaire. Et cela impose aux entreprises de se remettre en question, l’offre de l’industrie française sur le marché mondial étant moins attractive que celle des autres pays industrialisés. Il faut donc des investissements et … du temps. Une politique de relance de la demande est une politique du court terme alors qu’une politique de l’offre est axée sur le long terme. Or, le court terme est beaucoup plus sensible aux aléas de la conjoncture et des circonstances. Ce qui est inquiétant est que les mesures du gouvernement sont essentiellement orientées vers une relance de la demande.

26 août 2007

Encore, encore …

Plus de moyens, plus de moyens, voilà l’antienne que l’on entend sans cesse, à longueur de discours politique et syndical. Qui chante ce refrain ?
L’Education Nationale qui demande davantage d’enseignants, la police qui veut davantage de moyens techniques, la magistrature qui demande davantage de greffiers et de juges, les hôpitaux publics qui demande davantage de tout, la SNCF et la RATP qui demandent davantage d’effectifs, les collectivités locales qui demandent plus d’argent, l’Administration pénitentiaire qui demande plus de gardiens de prison, les organismes représentatifs des anciens combattants et des veuves d’anciens combattants qui réclament plus d’argent, l’agriculture biologique qui demande plus de subventions, la Mairie de Paris qui veut davantage de policiers dans le métro, les associations de parents d’enfants handicapés qui réclament davantage d’établissements spécialisés, les médecins qui veulent davantage d’honoraires, les maires qui réclament davantage de travailleurs sociaux, les salariés qui demandent des augmentations de salaire et les retraités qui réclament une revalorisation de leur retraite, les fonctionnaires qui veulent être toujours plus nombreux mieux payés et partir en retraite de plus en plus tôt, …
Personne ne veut tenir compte du fait que la France n’a plus aucun moyen et qu’elle est pratiquement en faillite.

19 août 2007

Les médias ne sont pas tous les mêmes

N’oublions jamais que Le Canard Enchaîné fait parti des responsables du suicide de Pierre Bérégovoy en le trainant dans la boue parce qu’il avait trouvé quelqu’un pour lui faire un prêt à taux zéro, pratique des banques courante aujourd’hui.

13 août 2007

Libéralisme et Capitalisme, même combat ?

Le jargon politique et médiatique est souvent approximatif. L’exemple le plus étonnant est l’utilisation confuse des concepts de libéralisme et de capitalisme, la principale confusion étant de faire accroire que ces deux concepts sont inséparables, voire identiques. Ceux qui propagent une telle confusion pêchent par une insuffisance culturelle… ou une volonté polémique de se servir de cette confusion pour étayer leur argumentation politique médiocre par ailleurs.
Le capitalisme est un système économique dans lequel la propriété des biens de production de richesses est dans les mains de quelques acteurs, la force de travail nécessaire au fonctionnement de ces biens de production étant fournie par ailleurs, par ce que l’on a pris l’habitude de nommer « les travailleurs ». Ces deux types d’acteurs attendent une rémunération de leur participation à la production de richesses, salaires pour les uns, rémunération du capital investi pour les autres. Il peut donc exister des « capitalismes d’Etat » lorsque les moyens de production sont nationalisés. La rémunération des moyens de production est alors constituée par les impôts prélevés sur les citoyens. Il existe également des « capitalismes démocratiques » lorsque la propriété des moyens de production est privée et que la rémunération du capital est obtenue par le versement d’intérêts. Il est entré dans l’Histoire que le capitalisme d’Etat a démontré sa nocivité et a conduit au désespoir de millions d’individus.
Le libéralisme est d’abord une philosophie politique dont les racines remontent à la Révolution Française de 1789 qui instaure la défense des droits individuels comme une nécessité absolue et exigeante. C’est ensuite une doctrine d’organisation économique qui découle de cette philosophie, s’appuyant sur la liberté d’entreprendre du citoyen sur un marché dont le bon fonctionnement est assuré par la libre concurrence. C’est ce que l’on appelle l’économie de marché. Le marché est le seul moyen pacifique de régler les conflits de répartition des ressources. L’alternative en est l’affrontement souvent guerrier. La liberté est le fondement de cette organisation de la société. Tout être vivant ne peut pas vivre lorsqu’il est privé de liberté. Il n’y a donc pas de « libéralisme d’Etat » supprimant la liberté individuelle. Il ne peut y avoir de libéralisme que démocratique. Combattre le libéralisme revient donc à combattre les acquis de 1789, ce qui prête à sourire lorsqu’on entend les critiques et les attaques les plus virulentes contre le libéralisme provenir des acteurs les plus à gauche de l’échiquier politique. La liberté du citoyen étant la pierre angulaire du libéralisme, il convient que ce même citoyen ne soit pas privé de cette liberté. Or, dans le fonctionnement du capitalisme comme du communisme, existent des menaces sur l’exercice de la liberté du citoyen. Dans le monde démocratique, l’Etat intervient pour assurer la réalité de cette liberté individuelle dans le strict respect de la liberté des autres. Dans le monde communiste, il faut bien convenir que la liberté du citoyen est sacrifiée au nom d’un égalitarisme hypothétique et futur appelé « la dictature du prolétariat ». La liberté du citoyen conduit, de façon naturelle, à la diversité sociale. Dans un système politique totalitaire, cette diversité est considérée comme une nuisance et la recherche forcenée de l’égalitarisme conduit alors, de façon également naturelle dans un monde à ressources limitées, à niveler la société par le bas.
Depuis l’évidence de l’échec magistral du communisme, tout homme politique devrait aujourd’hui être libéral s’il n’était pas oublieux de l’Histoire. Par contre, et contrairement à ce que Adam Smith prônait avec force, l’intérêt particulier ne coïncide que rarement avec l’intérêt général. C’est pour cela que l’Etat a un rôle à jouer dans un système libéral, pour mettre en œuvre une politique de redistribution qui n’entrave pas la liberté d’entreprendre et le fonctionnement des Services Publics. C’est en cela que le libéralisme devient une économie politique.

03 août 2007

Un oxymore : l’Education Nationale et la modernité

Dans les années cinquante, le professeur de latin enseignait le grec et le français, le professeur d’histoire enseignait la géographie, le professeur de mathématiques enseignait la physique, le professeur de langue enseignait le français, le professeur de physique enseignait la cosmologie (qui n’existe plus aujourd’hui), bref, nombre de professeurs étaient polyvalents sans que cela ne leur pose un problème autre que celui d’être compétents. Cette pratique a disparu depuis une vingtaine d’années et le Ministère de l’Education Nationale tente de la remettre au goût du jour. Bien entendu, les syndicats s’insurgent contre cette pratique qui, disent-ils, « conduit à enseignement au rabais, un professeur ne pouvant avoir la même maîtrise dans plusieurs disciplines ». Comment faisait-il donc il y a cinquante ans ? Le latin, le grec, l’histoire ou la géographie auraient-ils à ce point évolué qu’il serait devenu impossible de les enseigner dans les conditions qui prévalaient il y a cinquante ans ? Nous aurait-on caché une évolution fondamentale du latin qui le rendrait aujourd’hui infiniment plus complexe qu’il y a une cinquantaine d’années ? L’Histoire aurait-elle des incompatibilités inédites avec la Géographie qui auraient échappé aux générations précédentes ? La modernité aurait-elle, à ce point, complexifié les disciplines ? Internet aurait-il influencé les déclinaisons latines ou la grammaire française au point de rendre leur enseignement commun soudain incompatible ? La véritable raison du combat d’arrière-garde syndical contre cette pratique de la polyvalence professorale ne serait-elle pas cachée dans la formation des enseignants ? On est en droit de se poser la question lorsque l’on constate que, sur 6000 candidats au CAPES de 2006 à la mention complémentaire (double enseignement), seuls 27 ont réussi ! Que doit-on en penser ? Cela ne remet-il pas en question la qualité globale de l’enseignement à tous les niveaux ? Car, avant d’être professeur, ces candidats ont été des élèves … L’Education Nationale se sclérose grâce à ses syndicats alors que tout change autour d’elle, le monde, l’origine des élèves, les technologies disponibles, la société…

17 juillet 2007

Terrorisme d’Etat

L’affaire des six otages en Libye est un véritable scandale international. Le monde entier sait, avec certitude, que la contamination des enfants libyens est due aux conditions d’hygiène plus que précaires des hôpitaux de ce pays. Les infirmières et le médecin sont parfaitement innocents du crime dont on les accuse. Qui les accuse ? L’Etat libyen lui-même. La motivation première de cette accusation est la volonté de cacher au monde la responsabilité de l’Etat dans la contamination de quatre cents enfants due aux conditions sanitaires déplorables du pays. La crédibilité de cette accusation repose sur la sévérité de la condamnation à mort des accusés. Une telle condamnation est en effet inconcevable si elle ne repose pas sur une vérité incontestable ! C’est là le raisonnement de l’Etat Libyen. Puis est venu la part la plus sordide de cette affaire : le marchandage de la vie des otages. Car, à partir du moment où l’Etat Libyen propose d’échanger la vie des accusés pour une somme considérable, ces mêmes accusés deviennent alors des otages. Otages de l’Etat lui-même. La prise d’otages est l’arme favorite des terroristes. Ainsi, l’Etat Libyen, preneur d’otages, a-t-il versé dans la pratique terroriste. La Libye pratique le terrorisme d’Etat. Le plus abominable est que, en dehors des aspects humanitaires de cette sordide affaire, le chef de l’Etat Libyen espère retrouver une crédibilité internationale que les pays occidentaux, succombant au chantage, sont prêts à lui accorder !! Qu’attend-on de la Libye, pour quelle partie de poker menteur, pour quelle raison d’Etat l’occident fait-il litière de la morale ?

14 juillet 2007

Les échéances inéluctables

Les hommes vivent avec un sentiment de pérennité. Cela les rassure et leur permet de vivre en supportant les difficultés du quotidien. Pourtant, un certain nombre d’évènements vont se produire, quoi que les hommes fassent. Je distingue trois échéances que l’humanité devra affronter.
La première est la fin des énergies fossiles. L’homme aura consommé en deux siècles ce que la nature a produit en plusieurs millions d’années. C’est-à-dire que l’homme consomme dix mille fois plus vite que la nature ne crée. Il est donc inéluctable d’avoir à affronter l’épuisement des sources d’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon, uranium). Les échéances ne sont pas les mêmes pour toutes les énergies, mais elles sont toutes inéluctables. Les conséquences en sont encore imprécises. Pourtant, un certain nombre de faits tombent sous le sens. Tout d’abord, la fin du pétrole va créer un énorme problème pour tous les types de transport. Si l’on peut envisager des modes alternatifs pour les transports routiers, ferroviaires, voire maritimes, il n’en est pas de même pour le transport aérien. De toutes les énergies connues, le pétrole (en l’occurrence, le kérosène) est le carburant dont le rapport énergie potentielle sur poids (ou volume) est le plus performant. L’hydrogène est dix fois moins performant. Il faut donc un volume dix fois plus important d’hydrogène pour qu’un moteur utilisant ce système énergétique parcourt la même distance avec le même fret qu’un moteur actuel utilisant du kérosène. Cela exclut pratiquement l’utilisation de l’hydrogène pour le transport routier et pose un énorme problème de taille pour les avions qui transportent leur carburant dans la voilure. De plus, l’hydrogène n’existe pas à l’état libre dans la nature, il faut le produire. Faute de pétrole, il ne reste que le charbon pour un temps, puis l’énergie nucléaire tant que l’uranium sera disponible. Lorsque ces combustibles se raréfieront, il ne restera plus que l’énergie nucléaire de fusion, technique qui n’est pas maîtrisée à l’heure actuelle et pour laquelle la recherche a pris énormément de retard. On sait, aujourd’hui, construire une bombe nucléaire à fusion, mais on ne sait pas fournir de l’énergie de manière maîtrisée à partir de cette technique. ITER n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Le charbon perdurera plus longtemps que le pétrole, mais il est inenvisageable de l’utiliser pour le transport routier en particulier. Il servira à fabriquer de l’électricité qui fera fonctionner des moteurs à batteries électriques et/ou hybrides. Mais cette production ne fera qu’aggraver les émissions de gaz à effets de serre. Les bio-carburants font beaucoup parler d’eux en ce moment. Certains pays y voient un nouvel avenir pour l’agriculture. Mais les besoins énergétiques de la planète sont tels qu’il est parfaitement illusoire de penser que les bio-carburants pourront remplacer le pétrole. La totalité des terres agricoles n’y suffirait pas. De plus, le prix des matières premières agricoles n’a jamais été aussi élevé et la tendance ne s’inversera pas du fait de la demande croissante des pays les plus peuplés. L’avenir, dans ce domaine, est donc un monde où l’énergie sera rare et très chère.
La seconde échéance, qui n’est pas sans rapport avec la précédente, est la détérioration de l’environnement climatique. L’inertie des phénomènes climatiques est telle que le mouvement qui s’est amorcé au cours des dix dernières années ne pourra s’inverser que dans plusieurs centaines d’années, compte tenu de la lenteur avec laquelle les hommes prennent des mesures conservatives. Une conséquence incontournable de cette détérioration est l’apparition d’immigrants « climatiques ». L’eau se raréfie dans les pays qui sont atteints par une sécheresse grandissante. Déjà, un milliards d’hommes ont des problèmes d’accès à l’eau, deux milliards et demi n’ont pas accès à de l’eau potable. La migration massive des populations ainsi en danger est inévitable. Les économies en seront déstabilisées, d’autant plus que les dérèglements climatiques vont devenir plus fréquents et plus violents, créant des dégâts de plus en plus coûteux. Enfin, l’emballement de la détérioration climatique n’est pas exclu, compte tenu du fait que, par l’effet des sécheresses répétées, les forets vont cesser d’être des pièges à carbone et, tout au contraire, vont devenir à leur tour émettrices de ce gaz à effet de serre.
La troisième échéance est la déstabilisation du système économique mondial due à la financiarisation excessive de l’économie au détriment de la production réelle. À l’heure actuelle, les flux financiers sont vingt-deux fois plus importants que les flux réels et la tendance est à leur augmentation. Les décisions de gouvernance d’entreprises changent de nature ; elles sont tournées vers l’augmentation de la valeur de l’action au lieu de l’amélioration de l’efficacité de la production. Les entreprises créent aujourd’hui une valeur ajoutée virtuelle qui n’enrichit qu’artificiellement le monde, un peu comme si l’on fabriquait de la fausse monnaie. En fait, le système tend à créer des (faux) riches au lieu de créer des (vraies) richesses et cela sans régulation véritable.
Nous vivons sur un volcan en pleine activité.

02 juillet 2007

Nos pauvres Universités

Il semblait acquis qu’un consensus s’était formé sur l’absolue nécessité de réformer en profondeur le système d’enseignement supérieur et la recherche. Il ne s’agit, en fait … et comme d’habitude, que d’un trompe-l’œil. En effet, les intentions et les visions différent derrière le mot de réforme. Côté gauche, la réforme se réduit à la simple augmentation des moyens sans rien changer au fonctionnement actuel. Le mot d’ordre socialiste et syndical est le même : toujours plus ! Côté droit, la réforme est associée au mot de performance. Et c’est là que le bât blesse. En effet, la performance nécessite la mesure et la comparaison. Or, lorsque l’on constate que la majorité des étudiants ont le projet de devenir fonctionnaires, il devient évident que l’on se trouve devant un très gros problème. Dans le monde du fonctionnariat, le mot de performance est une grossièreté. L’inefficacité se cache derrière l’anonymat. De plus, le concept associé de comparaison conduit à celui de choix et donc de sélection. L’UNEF s’insurge par avance contre ces notions, nouvelles dans l’Université française … au motif qu’elles conduiraient à avantager … les universités les plus performantes !! Le projet du gouvernement cacherait la volonté « d’assimiler notre université au modèle concurrentiel anglo-saxon » ! Il y a là deux obscénités pour l’UNEF : concurrentiel et anglo-saxon. On croit rêver. Pendant ce temps, la situation de cette université française est devenue catastrophique. Dans le classement mondial des universités, établi par l’université Jiao Tong (Shanghaï) et reposant sur des indicateurs de notoriété, parmi les 500 premières universités mondiales, on constate que les 10 premières sont toutes anglo-saxonnes et que la première université française se trouve au 46ème rang (Paris VI-Pierre-et-Marie Curie) ! Encore un effort et l’université française disparaîtra totalement du classement. Le meilleur moyen est d’être vent debout contre tout esprit de sélection comme l’est l’UNEF, c’est-à-dire d’effort et de volonté de réussir. Comment attirer des enseignants du monde entier lorsque le poste est sans valeur ? Comment éviter que les meilleurs étudiants ne partent chercher un enseignement de haute qualité à l’étranger ? Les syndicats réclament à grands cri « un collectif budgétaire sans délai ni conditions préalables ». C’est-à-dire que la recette syndicale est toujours la même : donnez-nous de l’argent sans rien nous demander en échange ! Si l’Université est dans un si triste état, c’est quand même bien que l’Etat n’a pas su gérer correctement. Augmenter, à leur demande par ailleurs, l’autonomie des présidents des universités est donc un moyen de corriger la carence de l’Etat par quelque chose de plus performant. L’UNEF est un syndicat de gauche, quoi qu’il en dise. Il serait temps que les socialistes changent leur discours démagogique sur l’Education Nationale et entraînent les syndicats dans cet indispensable changement qui conditionne la situation du pays tout entier. L’été va passer (il faut bien préserver ses vacances !) et l’on verra à la rentrée les syndicats d’étudiants manifester pour défendre l’égalitarisme et l’inefficacité.

19 juin 2007

L’avenir du Parti Socialiste

Les déchirements, petites phrases assassines, les faux-semblants, les réconciliations hypocrites et éphémères, mais surtout les hésitations doctrinales du Parti Socialiste montre, à l’évidence, que ce dernier est à bout de souffle. La raison essentielle de cette dégringolade tient dans le fait que ce Parti n’a pas su tenir compte du fait que la lutte des classes est une notion du XIXème siècle et qu’elle est, dans un monde ouvert et en compétition féroce pour des ressources de plus en plus rares, devenue complètement obsolète. Des voix s’élèvent de temps en temps , au sein du Parti, pour réclamer un renouvellement de la doctrine, aussitôt contredites par d’autres voix qui se réclament des valeurs socialistes du Front Populaire. Manifestement, il est temps pour les socialistes de prendre conscience du fait que le Parti tente, de plus en plus difficilement, de maintenir une unité de façade entre deux courants absolument contradictoires. C’est d’ailleurs une posture que les socialistes cultivent depuis Jaures et Blum. Ce n’est donc pas d’hier, même si, aujourd’hui, la contradiction devient insupportable. Il est urgent que le Parti Socialiste se sépare de sa composante gauchiste, dont le leader opportuniste (du moins le croit-il) est Laurent Fabius, accompagné des J.L. Mélanchon, X.Emanuelli et leurs semblables pour que celle-ci fonde, avec les restes d’un parti Communiste moribond et d’un parti des Verts en voie de disparition, un nouveau parti à gauche de la gauche. N’oublions pas, en passant, que Laurent Fabius restera le fossoyeur de la position de la France en Europe et du Parti Socialiste en France. Ce qui restera du parti Socialiste, libéré alors d’un tropisme archaïque gauchiste, pourra alors faire sa révolution idéologique, comme l’a fait le Part Travailliste anglo-saxon. Ce faisant, il ne fera que prendre enfin en compte ce que les électeurs lui ont dit en réduisant à la portion congrue les partis d’extrême gauche lors des élections présidentielle et législatives. Débarrassé enfin de doctrinaires d’un autre temps, le Parti Socialiste pourra construire une doctrine rénovée et ancrée dans la réalité d’aujourd’hui, qui tiendra compte de faits incontournables comme la mondialisation des échanges, l’économie de marché, la compétition internationale, les changements démographiques. Nous assisterons alors à la naissance attendue d’un véritable centre gauche. Faute de quoi, il est prévisible que les échecs successifs que vient de subir le parti Socialiste ne soient pas les derniers.
Les récentes élections confirment autre chose : la résistance au changement est incontournable chez les Français. Ces élections étaient l’occasion de renouveler les têtes politiques et de se débarrasser de nombre de personnalités plus représentatives du passé que de l’avenir, mais, finalement elles ont pratiquement toutes été reconduites – à part J.P. Chevènement (ce qui est une bonne chose) et A. Juppé (ce qui est dommageable pour le pays) et deux ou trois autres beaucoup moins emblématiques. Comment le changement du Parti Socialiste pourrait-il avoir lieu avec les mêmes individus ?