Dans son dernier ouvrage « L’évolution vue par un botaniste », J.M. Pelt insiste sur une propriété des êtres vivants dans le monde botanique et qu’il appelle l’associativité. Cette propriété permet à un organisme formé de composants différents et associés d’avoir des propriétés nouvelles que ne possèdent pas ses composants. Pour les praticiens de la systémique, il y a là quelque chose de bien connu appelé « propriété émergente ». Un système, formé d’éléments en interaction les uns avec les autres, possède une (ou plusieurs) propriété(s) appelée(s) émergente(s) et que ne possèdent pas ses éléments constitutifs. Cette propriété des systèmes existe aussi bien dans le monde vivant que dans le monde des processus artificiels. Par exemple, le système complexe appelé ordinateur, possède des propriétés de calcul, de comparaison et de déduction que ne possède aucun de ses différents composants. Il en est de même dans le monde du vivant. Un être vivant, qu’il appartienne au monde animal ou au règne végétal, possède des propriétés que ne possèdent pas les cellules dont il est fait. Il existe cependant une grande différence entre le monde inerte et le monde du vivant. Cette différence tient dans une propriété que, seuls, possèdent les éléments élémentaires dont sont faits les êtres vivants. Cette propriété est ce que Jacques Monod a appelé la téléonomie (1989) (terme inventé par Colin S. Pittendrigh en 1958) : les êtres vivants se distinguent des autres structures (…) par cette propriété que nous appellerons la téléonomie. Les êtres vivants sont des objets doués d’un projet qu’ils représentent dans leur structure et qu’ils accomplissent dans leurs performances (Le hasard et la nécessité). Un microprocesseur n’est pas doté d’un projet spécifique et caractéristique de sa structure, alors qu’une cellule souche possède cette propriété remarquable d’engendrer des cellules spécialisées qui vont constituer un organe spécifique. Une cellule souche dite multipotente, issue d’une cellule totipotente, est engagée dans un projet (la morphogenèse) consistant à donner naissance à différents types de cellules spécifiques d’un organe. Aujourd’hui, nous ne faisons que constater le phénomène de l’organogenèse sans comprendre le comment profond du processus qui fait qu’une cellule indifférenciée, non seulement donne naissance aux cellules spécifiques d’un organisme, mais qu’elle se positionne dans l’embryon au juste endroit. Ainsi, on peut dire que « l’associativité » décrite par J.M. Pelt est une somme de systémique et de téléonomie. Constatons également que la téléonomie des cellules du vivant s’ajoute au nombre considérable de processus de la nature que nous ne comprenons pas.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
24 avril 2011
Téléonomie et systémique
Dans son dernier ouvrage « L’évolution vue par un botaniste », J.M. Pelt insiste sur une propriété des êtres vivants dans le monde botanique et qu’il appelle l’associativité. Cette propriété permet à un organisme formé de composants différents et associés d’avoir des propriétés nouvelles que ne possèdent pas ses composants. Pour les praticiens de la systémique, il y a là quelque chose de bien connu appelé « propriété émergente ». Un système, formé d’éléments en interaction les uns avec les autres, possède une (ou plusieurs) propriété(s) appelée(s) émergente(s) et que ne possèdent pas ses éléments constitutifs. Cette propriété des systèmes existe aussi bien dans le monde vivant que dans le monde des processus artificiels. Par exemple, le système complexe appelé ordinateur, possède des propriétés de calcul, de comparaison et de déduction que ne possède aucun de ses différents composants. Il en est de même dans le monde du vivant. Un être vivant, qu’il appartienne au monde animal ou au règne végétal, possède des propriétés que ne possèdent pas les cellules dont il est fait. Il existe cependant une grande différence entre le monde inerte et le monde du vivant. Cette différence tient dans une propriété que, seuls, possèdent les éléments élémentaires dont sont faits les êtres vivants. Cette propriété est ce que Jacques Monod a appelé la téléonomie (1989) (terme inventé par Colin S. Pittendrigh en 1958) : les êtres vivants se distinguent des autres structures (…) par cette propriété que nous appellerons la téléonomie. Les êtres vivants sont des objets doués d’un projet qu’ils représentent dans leur structure et qu’ils accomplissent dans leurs performances (Le hasard et la nécessité). Un microprocesseur n’est pas doté d’un projet spécifique et caractéristique de sa structure, alors qu’une cellule souche possède cette propriété remarquable d’engendrer des cellules spécialisées qui vont constituer un organe spécifique. Une cellule souche dite multipotente, issue d’une cellule totipotente, est engagée dans un projet (la morphogenèse) consistant à donner naissance à différents types de cellules spécifiques d’un organe. Aujourd’hui, nous ne faisons que constater le phénomène de l’organogenèse sans comprendre le comment profond du processus qui fait qu’une cellule indifférenciée, non seulement donne naissance aux cellules spécifiques d’un organisme, mais qu’elle se positionne dans l’embryon au juste endroit. Ainsi, on peut dire que « l’associativité » décrite par J.M. Pelt est une somme de systémique et de téléonomie. Constatons également que la téléonomie des cellules du vivant s’ajoute au nombre considérable de processus de la nature que nous ne comprenons pas.
16 avril 2011
Les énergies renouvelables
On sait depuis longtemps que rien ne se crée et rien ne se perd, tout se transforme. Ainsi en est-il de la colossale énergie initiale du big-bang qui, depuis plus de treize milliards d’années, se transmet et se transforme dans l’Univers, sous des formes diverses et variées. Une partie de cette énergie a permis la création de la matière visible et sombre (m = E/c2), donné à cette matière l’énergie cinétique et la quantité de mouvement qui l’anime depuis la nuit des temps, a animé les processus qui ont conduit, notamment sur Terre, à l’apparition de la vie, a peut-être participé à la création de l’énergie noire. L’énergie que la Terre a reçue en héritage existe toujours aujourd’hui sous des formes extraordinairement variées et l’homme, depuis son apparition, vit en recherchant et en consommant cette énergie pour la transformer sous formes diverses qui lui permettent de vivre et de transformer son environnement. Il consomme sans retenue et, actuellement, consomme l’énergie dite fossile pour ses besoins et l’organisation de sa vie. Une partie de cette énergie se retrouve dans la création de chaleur et de gaz à effet de serre qui élève la température de son environnement à tel point que l’homme commence à s’en inquiéter car cette évolution met en danger sa propre existence. Il regarde alors autour de lui et cherche où se cache l’énergie dont l’Univers lui a fait cadeau. La chasse aux énergies dites renouvelables est lancée car elles se dissimulent un peu partout dans notre environnement. Lorsqu’on évoque les énergies renouvelables, on pense presque uniquement aux éoliennes et aux panneaux solaires. Or, les sources renouvelables sont beaucoup plus nombreuses. Depuis longtemps, l’homme a utilisé l’énergie de l’eau des rivières et les barrages et les microcentrales en sont les utilisations les plus abouties. L’énergie du vent a été utilisée très tôt pour le fonctionnement des moulins à vent et, aujourd’hui, pour celui des éoliennes. Si les moulins à vent ont, depuis longtemps, servi à moudre le blé ou à pomper l’eau des polders, les éoliennes destinées à fournir de l’électricité pâtissent du fait que la quantité d’énergie récupérée par chacune d’elles est faible. En effet, là où une centrale nucléaire de 1,5 GW demande 10 hectares de surface, il en faut 18.700 pour obtenir la même puissance avec des éoliennes. En outre, leur esthétique n’est pas consensuelle. Chauffés par le soleil, les hommes ont toujours rêvé d’utiliser cette source d’énergie pour leur compte. L’énergie thermique de basse température est, aujourd’hui, exploitée pour la production d’eau chaude et pour le fonctionnement des pompes à chaleur. L’énergie thermique des hautes températures est utilisée dans les fours solaires. Le projet le plus abouti est, actuellement, le projet « desertec » qui prévoit des centrales utilisant des miroirs concentrant la lumière du soleil pour créer suffisamment de chaleur et générer de la vapeur qui servira à actionner des turbines et des alternateurs produisant de l’électricité. Des réservoirs de chaleur (réservoirs de sels fondus) seront utilisés pour stocker de la chaleur durant la journée afin d’actionner les turbines pendant la nuit ou bien lors de pics de consommation. Des essais analogues existent en Espagne du Sud. Une autre technique d’utilisation de l’énergie solaire est la technique des cellules photovoltaïques qui produisent directement de l’électricité sous l’effet des photons solaires. Mais cette technique est de 5 à 10 fois plus coûteuse que l’éolien et la fabrication des panneaux, souvent par une entreprise chinoise fonctionnant grâce à de l’électricité fournie par une centrale à charbon, est très polluante, le silicium étant obtenu par des procédés de chauffage à très haute température et générateurs de CO2. La Terre est aussi susceptible de restituer une partie de l’énergie reçue lors de sa création. C’est la géothermie qui cherche à récupérer sous diverses formes la chaleur interne de la planète. La géothermie humide exploite l’eau chaude des couches souterraines, la géothermie sèche injecte directement de l’eau froide dans des roches chauffées naturellement. L’énergie cédée à la Terre lors de sa création se retrouve en partie dans les mouvements des mers et des océans. Une partie de cette énergie peut être récupérée en exploitant la houle, l’énergie potentielle des marées, voire les courants marins. Les moulins à marée remontent au Moyen-âge, essentiellement en Bretagne, et l’usine marée-motrice de la Rance en est une réalisation moderne, des expériences ayant été faites pour utiliser les mouvements alternatifs de la houle et le mouvement continu des courants. La biomasse désigne l'ensemble des matières organiques d'origine végétale (algues incluses), animale ou fongique, pouvant devenir source d'énergie par combustion comme le bois, par méthanisation fournissant le biogaz ou par fermentation de matières organiques pour obtenir du biocarburant. Utilisant l’énergie solaire emmagasinée par les plantes, la biomasse est aujourd'hui, de loin, la première énergie dite renouvelable en France, malgré le faible rendement de la photosynthèse et l’utilisation importante de pesticides et de fertilisants. Cette énergie peut être considérée comme renouvelable tant qu’elle ne met pas en péril la fertilité des sols ou tant qu’elle ne crée pas de compétition excessive entre la fourniture de produits pour l’alimentation et la fabrication de carburants. Les déchets ménagers récoltés, en décharges ou dans les stations d’épuration, peuvent servir de source de biogaz. Touts ces énergies sont, sous des formes diverses, récupérées de l’énergie solaire. Le soleil est une énorme bombe nucléaire où s’entretiennent des réactions de fusion entre noyaux d’hydrogène pour former des noyaux d’hélium dégageant une énorme quantité d’énergie par depuis quatre milliards d’années. La fusion de noyaux légers dégage d’énormes quantités d’énergie provenant de l’attraction entre les nucléons due à l’interaction nucléaire forte. Le soleil est ainsi une boule de plasma chaud et dense. La tendance du plasma à se disperser et à se refroidir est contrebalancée par l’énorme gravitation régnant dans le Soleil. Sur Terre, les forces de gravitation sont insuffisantes et il est impossible d’obtenir une réaction de fusion entre deux atomes dans ces conditions. Il n’est pas envisageable, non plus, de confiner un plasma atteignant plusieurs millions de degrés à l'aide de parois matérielles. Pour faire face à ces obstacles, les chercheurs ont mis à profit les propriétés du plasma et ont pensé à le maintenir dans une « boîte immatérielle ». Ils ont compris comment utiliser la propriété des particules du plasma qui ont tendance à s’enrouler autour des lignes de champ magnétique et à les suivre dans leur trajectoire. En refermant les lignes de champ magnétique sur elles-mêmes, les Russes sont ainsi parvenus à mettre au point le concept du tokamak à la fin des années 60. L’intérêt de ce concept pour produire des plasmas ne s’est pas démenti depuis, puisque les principales installations construites dans le monde furent des tokamaks comme le JT60 au Japon, JET en Angleterre et Tore Supra en France. La fusion envisagée est celle des nucléons d’hélium et de tritium. Cette fusion produit des neutrons rapides et destructeurs dont on ne sait pas encore aujourd’hui comment s’en protéger, même si on envisage d’en utiliser une partie pour régénérer le tritium à partir de lithium. Le projet ITER comporte de multiples difficultés comme l'instabilité des plasmas, les fuites thermiques et la fragilité des métaux supraconducteurs. Mais l’enjeu est d’une telle importance que de nombreux pays se sont associés pour tenter l’expérience, malgré ses incertitudes et son coût : L’Union Européenne, les États-Unis, le Japon, la Russie, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde. Ce panorama des énergies renouvelables n’est, évidemment, pas exhaustif, l’imagination humaine étant fertile. Deux autres pistes existent : la récupération et l’économie. Récupérer l’énergie perdue inutilement, en général sous forme de chaleur, est une préoccupation grandissante dans tous les processus industriels. Un exemple en est les véhicules hybrides qui utilisent une partie de l’énergie du carburant traditionnel pour recharger les batteries électriques. Un autre exemple est l’essai d’utilisation de la chaleur véhiculée dans les égouts urbains par les différents effluents. Aucun processus n’ayant un rendement de 100%, tous perdent une partie de l’énergie utilisée sous forme de chaleur. L’enjeu est de récupérer cette perte. Enfin, il ne faut pas oublier que la meilleure énergie renouvelable est celle que l’on ne consomme pas. L’effort fait notamment dans la construction pour éviter les pertes caloriques reste une voie privilégiée pour économiser l’énergie. Depuis la nuit des temps, l’homme n’a survécu qu’en consommant de l’énergie. Aujourd’hui, cette consommation est devenue tellement importante qu’elle est devenue excessive par rapport à ce que la planète peut fournir. Toutes les énergies fossiles (charbon, lignite, pétrole, sables bitumineux, gaz naturel et gaz de schistes, tourbe, uranium, métaux rares, …) sont appelées à disparaître, peut-être plus rapidement que l’on ne croit compte tenu de la voracité des hommes et de leur prolifération. La seule énergie que l’homme ne pourra jamais épuiser est celle du Soleil. Lorsque celui-ci disparaîtra, l’homme aura cessé d’exister depuis longtemps ! Le défi reste important. Dans 50 ans, la Terre comptera 3 milliards supplémentaires d’êtres humains, les besoins en énergie augmentent actuellement au rythme de 1,8% par an et le réchauffement climatique devient de plus en plus menaçant.
12 avril 2011
Polémiques indécentes
Il existera toujours des esprits alambiqués pour chercher toutes les occasions de critiquer leur propre pays, leur volonté polémique l’emportant sur la raison et le bon sens. L’arrestation de l’usurpateur Gbagbo est à peine réalisée que déjà des voix s’élèvent pour critiquer, voire condamner, la France sur son rôle dans la tragédie ivoirienne. Car il s’agit bien d’une tragédie qui a fait des milliers de morts et dont les traces vont se dévoiler dans les fosses communes que l’on ne va pas tarder à découvrir. Les dernières élections ivoiriennes ont été organisées et chèrement payées par la communauté internationale et ont été imposées à Gbagbo qui avait prolongé indûment et illégalement son pouvoir pendant cinq ans après la fin légale de son mandat. Ces élections ont été surveillées par la même communauté internationale pour s’assurer de leur bon déroulement et valider leurs résultats. Ces bons esprits qui critiquent la France oublient facilement que Laurent Gbagbo a été l’inventeur du concept d’ivoirité qui rappelle étrangement celui d’identité nationale combattue violemment par ces mêmes esprits critiques lorsqu’il est évoqué dans leur propre pays. C’est en utilisant ce concept raciste que le président ivoirien déchu a éliminé ses adversaires lors de sa première élection. C’est le même homme qui a refusé les résultats des dernières élections et s’est lui-même intronisé Président de la Cote d’Ivoire. C’est le même homme qui, sous l’influence de sa femme transformée en véritable gourou fanatique, n’a pas hésité à armer de kalachnikov des voyous sans scrupule qui ont semé meurtres et exactions dans la capitale ivoirienne et dans tout le pays. Il faut, de temps en temps, raison garder et faire passer en priorité des arguments humanistes et de simple bon sens avant des arguties polémiques et pleines d’arrière-pensées. La France est intervenue dans le cadre d’une résolution de l’ONU qui lui demandait de protéger la population. Quel meilleur moyen de protéger la population que d’empêcher de nuire celui qui sème le désordre et les assassinats ? Certes, la situation reste compliquée car nombre d’Ivoiriens vont se sentir frustrés. N’oublions pas que Gbagbo a recueilli 46% des voix lors des élections. La réconciliation nationale, indispensable, risque d’être difficile et longue. Souhaitons que le Président élu soit à la hauteur. La communauté internationale ne devra pas lui lésiner son aide.
03 avril 2011
Vous avez dit Identité ?
Au moment où le communautarisme devient une menace, où les idées approximatives s’enlisent dans des débats vaseux sur le multiculturalisme, l’identité ou la laïcité, il est sain de faire un petit rappel sur nos origines profondes. L’ambiguïté du mot « identité » ajoute à la confusion des discours. Il est, en effet, porteur de deux idées contradictoires : à la fois ce qui nous est commun (identique) et ce qui nous est propre et nous sépare des autres (que l’on décrit, par exemple, sur une carte d’identité). Racisme, crainte de l’immigré, rejet de l’étranger, peur de la différence, telles sont les valeurs de ceux qui proclament des slogans nationalistes tels que « La France aux Français » ou « La préférence nationale ». Ils véhiculent une idéologie qui rappelle celle de la pureté de l’Aryen dont l’Histoire gardera à jamais en mémoire la dévastation qu’elle entraîna. Cette idéologie farfelue repose sur le fantasme d’une soi-disant race française dont les racines plongeraient dans la préhistoire. Or, tous, nous sommes des fils d’immigrés. L’histoire de la France est une longue suite d’invasions venant d’horizons divers, Europe centrale, Pays nordiques, continent Africain, Moyen-Orient, Europe occidentale. Dès la préhistoire, les premiers venus, les Néanderthaliens et l’Homme moderne, venaient d’un ailleurs africain. De tout temps, la Gaule, puis la France, a été traversée par des invasions et des influences étrangères. Déjà, du VIIIe siècle au VIIe siècle avant notre ère, le peuple de Hallstatt, venant du centre de l’Europe, a envahi le pays, suivi au Ve siècle avant JC par un peuple indo-européen appelé peuple de la Tène. De -58 à -51, la conquête romaine permet l’installation de la civilisation de Rome pendant des siècles. Dès la fin du IIIe siècle, les Saxons s’implantent sur les côtes bretonnes et apportent avec eux la civilisation celtique que certains Français d’aujourd’hui continuent de revendiquer. En l’an 406, la Gaule subit un débordement d’envahisseurs constitué des Vandales venant de Scandinavie, des Burgondes et des Suèves. Ces derniers occupent la Gaule du Nord, occupent Lyon en 461 et s’installent de la Champagne à la Durance. Dans le même temps, les Alamans s’installent durablement en Alsace et, au XIIIe siècle, seront présents dans les régions alpines. La même année, venant de la rive droite du Rhin, les Francs envahissent la Gaule à leur tour et Clovis annexe tout le Nord du pays. En 507, ils atteignent Poitiers. En 412, les Visigots, quant à eux, envahissent le sud de la Gaule jusqu’à Bordeaux et les rives de la Loire. Tous ces envahisseurs furent suivis, dans la seconde moitié du Ve siècle, par les Bretons d’une part qui venaient des îles Britanniques et s’implantèrent en Armorique, par les Huns d’autre part, conduit par le célèbre Attila, en 451 qui s’installèrent dans l’Est de la Gaule jusqu’à Orléans. En 490, les Ostrogots, venant de la péninsule italienne, franchissent les Alpes et s’implantent dans la vallée du Rhône. Les Sarrasins musulmans ont également envahi la France et personne n’oublie la guerre que leur livra Charles Martel pour les arrêter à Poitiers en 732. Chaque guerre, et elles furent nombreuses et longues durant l’Histoire de France, a provoqué des immigrations étrangères d’hommes cherchant à fuir leur pays pour de multiples raisons. Ainsi, en 1453, la bataille de Castillon marquant la fin de la guerre de Cent ans fut suivie par l’installation en France de colonies écossaises qui y firent souche. Ils furent suivis, en 1570, par l’exil des compagnons écossais de Marie Stuart qui s’implantèrent dans la Creuse. Tous ces « envahisseurs » et ces immigrés ont fait souche dans notre pays et nous descendons d’eux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’expansion économique des trente glorieuses n’a été possible que grâce aux arrivées successives, dès le début du XXe siècle, des Italiens, des Russes blancs, des Polonais et des Juifs égyptiens qui ont fourni la main d’œuvre non qualifiée dont la France a eu besoin dès 1950. Au milieu du siècle dernier, sont arrivés, pour les mêmes raisons, les Portugais, les Espagnols, les Maghrébins, les Africains. Tous ces hommes d’horizon divers et plus ou moins lointains ont, pour la plupart, fondé une famille en France et leurs enfants sont aujourd’hui parmi nous. Nous avons tous des ascendants apparentés à ces hommes venus d’ailleurs. Ce sont toutes ces origines diverses qui ont construit notre identité d’aujourd’hui. Il n’est point besoin de longs discours et de vaines polémiques pour admettre que nous sommes tous des sang-mêlé. Ne l’oublions jamais !
29 mars 2011
Une société frénétique
La nature, que nous avons pris l’habitude de détruire, a besoin du temps pour vivre. Il lui faut 200 millions d’années pour fabriquer du pétrole, alors qu’il suffit de 200 ans à l’homme pour le brûler. Il faut 1000 ans à la circulation thermoaline pour faire le tour de la terre, alors que l’homme essaie de gagner quelques minutes pour faire la même chose en quelques jours. Il faut environ cinquante ans pour qu’une graine donne un arbre, alors que les hommes ont supprimé la moitié des grandes forêts en vingt ans. Le temps est devenu un ennemi de la société d’aujourd’hui, alors qu’il était un élément consubstantiel de la vie au siècle dernier. La société qui vivait au rythme des saisons vit aujourd’hui l’œil rivé sur la montre. Elle est organisée autour de l’idée que le gain de temps est un gain tout court. Prendre du temps est une perte de temps et le temps est une perte d’argent. Tous les processus de fonctionnement de la société sont encombrés de moyens de contrôle qui, tous, cherchent à traquer les pertes de temps. Dans le monde du travail, cela entraîne un stress du salarié et des recherches systématiques de contournement de ces contrôles, ce qui crée des dysfonctionnements justement là où l’on s’efforçait de les faire disparaître. La recherche systématique des gains de temps dans l’industrie a conduit à mettre en place ce qui s’appelle le juste-à-temps (ou les flux tendus). La catastrophe japonaise vient de nous montrer les limites de cette organisation car la suppression des stocks et l’arrêt de certaines usines de sous-traitants, détruites par le tsunami, a conduit à l’arrêt presque total de l’industrie automobile nippone et provoqué de sérieuses difficultés dans les transports aériens et dans les industries de produits électroniques dans le monde entier. La pression des actionnaires pour obtenir un retour sur investissement, non seulement de plus en plus importants mais également de plus en plus rapidement, pousse les grandes entreprises à détourner une grande partie de leurs bénéfices vers la spéculation financière au détriment d’investissements sur des projets à long terme et sur la recherche et développement. La spéculation financière qui a conduit le monde au désastre est basée sur l’immédiateté et la recherche du profit rapide, quasi instantané, par l’utilisation de logiciels de prise d’ordre fonctionnant au millième de seconde. L’ordinateur est devenu le principal acteur boursier en 1987 ce qui a immédiatement provoqué une chute de 10% à la bourse de Wall Street en une seule séance ! L’agriculture, activité en relation étroite avec la nature, est entraînée malgré elle vers des comportements spéculatifs contradictoires avec la contrainte du temps qui s’impose à l’agriculteur lui faisant perdre ainsi toute possibilité de gestion à terme quand le prix de sa production varie quotidiennement dans de grandes proportions. La vie politique est profondément gangrenée par l’obsession à court terme de leur réélection. Les réformes de long terme (fiscalité, code pénal, recherche, réindustrialisation, énergie…) sont toujours repoussées car ressenties comme électivement dangereuses. Les décisions politiques précipitées se prennent, sans réflexion approfondie, sous la pression de l’actualité immédiate et la recherche d’un bénéfice aléatoire et opportuniste à court terme. La vie quotidienne de chaque individu est, elle aussi, guidée par cette recherche effrénée du gain de temps, ce qui fait les beaux jours de la restauration rapide, des plats cuisinés industriels et … de l’obésité. L’écriture d’une lettre a été remplacée par l’utilisation abusive du courriel, pire du SMS. Les intérêts économiques à court terme prévalent toujours sur les effets sanitaires à long terme. L’exploitation de l’or par le cyanure, la production des déchets radioactifs de l’industrie nucléaire, la mise sur le marché de produits chimiques sans que l’on en connaisse les effets à long terme et leurs interactions, les déchets proliférants et toxiques des produits électroniques jetés au lieu d’être réparés grâce à l’obsolescence programmée, toutes ces activités sacrifient le long terme sur l’autel des gains immédiats. La vie culturelle est, elle aussi, la victime de cette course à l’éphémère. Les librairies sont encombrées de livres futiles et mal écrits qui ne durent qu’une semaine, les ondes croulent sous les promotions de disques d’une médiocrité ahurissante et dont la vie ne dure que le temps de les jeter à la poubelle, la télévision nous inonde de productions d’une insondable bêtise tournées en quelques jours par des intervenants sans talent. La presse gratuite, qui tue la presse traditionnelle, donne l’illusion de l’actualité à coup de simples titres issus des dépêches de l’AFP, de publicités envahissantes et de grilles de sudoku. Sénèque disait : « Tant qu’on attend de vivre, la vie passe ». Aujourd’hui, l’homme ne prend plus le temps de vivre. Immédiateté, précipitation, superficialité … quand vous nous tenez !!
22 mars 2011
Ambiguïté
Enfin, le monde a engagé le combat contre Kadhafi, fou dangereux qui rappelle étrangement un certain Adolf Hitler, tant par les incohérences des discours que par le mensonge élevé au grade de politique nationale. Propagande, jusqu’au-boutisme, mensonges, atrocités, tous les ingrédients du nazisme se retrouvent dans le comportement de Kadhafi. Nous avons cru, pendant un instant, à une unanimité mondiale contre un tel danger. Tout le monde, ou presque, a donné son accord pour combattre ce fou dangereux et le mettre hors d’état de nuire. Mais il a suffi de quelques bombes larguées sur le territoire libyen pour qu’aussitôt les ambiguïtés et les discordances apparaissent. L’armada internationale est soudainement devenue uniquement occidentale et son comportement suspect. La Russie, la Chine, le Venezuela, tous pays dirigés par des dictateurs, élèvent de sérieuses réserves envers les actions militaires menées par quelques pays occidentaux à défaut de la participation des autres nations. Ce comportement, disons ce revirement, s’explique facilement par le fait que ces dictateurs craignent que les exemples maghrébins ne déteignent dans leur propre pays. La peur d’une contestation populaire qui s’accompagnerait d’un soutien occidental devient peu à peu un vrai cauchemar pour ces régimes d’un autre âge. De même, la Ligue arabe et l’Union Africaine, qui ne brillent pas par la démocratie de leurs régimes, sont envahies par la peur d’une contestation populaire qui demanderait l’aide occidentale à l’image du peuple libyen. Pas un seul dirigeant africain n’avait d’ailleurs protesté devant le risque de massacres à Bengazi. Tous les régimes dictatoriaux et corrompus du monde qui survivent encore sont envahis par la peur de voir les occidentaux intervenir à la demande d’une révolte populaire, nourrie par un besoin irréfragable de liberté et de démocratie. Nous ne pouvons qu’espérer que la coalition occidentale ira au bout de sa mission qui, au-delà des circonlocutions diplomatiques, est bien le renversement de Kadhafi. Mais rien ne sera possible sans les Libyens eux-mêmes. C’est à eux que revient la responsabilité de renverser le tyran. Pour pousser à ce renversement, les occidentaux ont une arme simple. Plus de 90% des produits consommés par la population est importée et payée par la vente du pétrole. Il suffit donc d’un embargo et que les insurgés prennent possession de la production pétrolière pour priver Kadhafi de tous ses moyens. Par contre, si le soulèvement populaire libyen ne se produit pas, alors la situation deviendra ingérable et les occidentaux risquent de se retrouver dans un bourbier qui s’éternisera. A ces ambiguïtés, il faut ajouter l'attitude de l'Italie qui ne supporte pas de voir la France prendre l'initiative de cette intervention dans un pays ancienne colonie et qui est, traditionnellement, considéré comme une chasse gardée. Quant aux Républicains américains, ceux-ci s'insurgent des prétentions françaises de leadership militaire. Toutes ces ambiguïtés vont, au total, compliquer cette intervention et lui font courir le risque d'un échec.
17 mars 2011
Ite missa est

Un peuple, avide de démocratie et de liberté, se soulève contre son tyran et appelle les occidentaux au secours lorsque leur dictateur utilise son aviation militaire que ces derniers lui ont aimablement vendue et l’écrase sous les bombes. Mais ceux-ci papotent et tergiversent, restent assis sur leur cul et au chaud dans leurs pantoufles, regardant, impassibles, les Libyens se faire massacrer. Nous devons avoir honte d’être des occidentaux. Nous avons perdu notre honneur et nous aurons des représailles. Le peuple Libyen nous en voudra à jamais de l’avoir abandonné et Kadhafi nous menacera et nous rappellera qu’il est expert en terrorisme. Ainsi, l’Occident aura perdu sur tous les tableaux. L’Europe est devenu un peuple de « beaufs », uniquement préoccupé par ses petits problèmes et ses petites querelles internes, étouffé par un égoïsme qui le disqualifie pour parler de démocratie et de défense des libertés. Qui osera encore regarder un Libyen dans les yeux ? Nous n’y verrions que du mépris. Enfin, le premier qui va s’essuyer les pieds sur la pusillanimité occidentale, est Mahmoud Ahmadinejad qui, convaincu qu’il ne risque rien, va accélérer la fabrication de sa bombe. La messe est dite : l’Europe des valeurs est bien morte. Indignez-vous, voilà une vraie raison !
15 mars 2011
Pusillanimité honteuse
Les Libyens sous les bombes appellent au secours et demandent, à grands cris, que l’Europe intervienne pour faire stopper le massacre auquel se livre Kadhafi. En réponse, les occidentaux s’enlisent dans des réunions interminables, sans résultat autre que l’attentisme coupable. Dans cette déconfiture qui fait sombrer à jamais l’objectif d’une Europe crédible et influente, l’Allemagne joue un rôle de premier plan. Sa pusillanimité s’expose en plein jour après s’être manifestée à plusieurs reprises. L’Allemagne a freiné des quatre fers dans la crise financière avant d’accepter, trop tard, de participer à l’aide aux pays les plus touchés. Dans la mise en œuvre de mécanismes de solidarité financiers, l’Allemagne a été plus que réticente. Aujourd’hui, elle fait partie de ceux qui refusent la mise en place d’une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye par peur d’un engagement militaire qui leur paraît plus grave que le massacre des Libyens. La réaction de la Chancelière Angéla Merkel qui se précipite, quelques heures à peine après les difficultés du Japon avec une centrale nucléaire, pour établir un moratoire sur la décision de prolonger l’utilisation des centrales nucléaires allemandes relève, à la fois, d’une pusillanimité mal contrôlée et d’un comportement électoraliste qui ne s’embarrasse pas de considérations morales. Elle est suivie dans cette attitude par les écologistes français qui utilisent l’accident japonais, sans vergogne et avec une indécence choquante, pour « sauter sur leur chaise en criant : arrêtez le nucléaire, arrêtez le nucléaire » ! Passant sous silence que l’accident japonais n’est pas dû au séisme mais uniquement à l’énorme tsunami dont a été victime la région sinistrée, ils veulent faire croire que les centrales françaises sont susceptibles de subir les mêmes dommages, ce qui est un mensonge éhonté. Tout cela relève à la fois d’une indécence insupportable et d’une pusillanimité honteuse.
14 mars 2011
Paradoxe mensonger
Il était prévisible que les écologistes utilisent le prétexte des catastrophes japonaises pour chevaucher à nouveau leur cheval antinucléaire. Une fois de plus, leur voix s’élève pour demander la sortie du nucléaire français au prétexte que les accidents des centrales japonaises sont la démonstration de la dangerosité de ce moyen de production énergétique. Il s’agit là d’une intoxication politicienne basée sur un (ou plusieurs) mensonges. Tout d’abord, les accidents survenus au Japon ne sont dus ni à un dysfonctionnement des centrales (qui se sont arrêtées automatiquement au moment du séisme) ni au séisme lui-même qui est, rappelons-le, un des plus important que l’humanité ait jamais connu. La véritable cause des accidents nucléaires est l’énorme tsunami dont a été victime le Japon : une vague de plus de dix mètres de haut qui a pénétré à plus de cinquante kilomètres à l’intérieur des terres et fera plus de dix mille morts et qui a détérioré les systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires. Non seulement la France n’est pas susceptible de connaître un séisme de cette ampleur, mais encore moins un tsunami analogue. La Méditerranée est une mer fermée et l’Atlantique n’est pas ceinturé, comme le Pacifique par un réseau de failles de subduction et de volcans, ce qui rend pratiquement impossible un tsunami de grande ampleur sur les cotes françaises. De plus, la sortie du nucléaire imposerait de remplacer cette source d’énergie, qui représente près de 80% de la production électrique française, par des sources nouvelles. Or, il est techniquement impossible de remplacer la totalité du nucléaire par les techniques éoliennes ou solaires qui ne pourront que rester des productions marginales. Il faudrait donc remplacer le nucléaire par des centrales à charbon ou à gaz, c’est-à-dire produire massivement des gaz à effet de serre. Ainsi, les écologistes préconisent, sans le dire, d’augmenter inconsidérément notre participation à l’effet de serre et au dérèglement climatique ! Voilà un paradoxe qui devrait nous faire réfléchir.
12 mars 2011
Illiasseux
Il y a ceux qui :• ont des conversations téléphoniques dans les transports en commun
• roulent obstinément sur la bande médiane des autoroutes à 3 voies
• font uriner leur chien dans les parties communes des habitations collectives
• font couler l’eau d’arrosage de leurs plantes de balcon sur le balcon inférieur
• disent que tous les chômeurs sont des fainéants
• jettent de la nourriture non empaquetée dans les V.O. communs
• laissent les déjections de leur chien sur les trottoirs
• restent obstinément sur le quai au milieu des sorties de voitures du métro
• chantent du rap prétentieux et des chansons imbéciles
• font hurler leur chaîne stéréo sans souci des voisins
• dévastent la ville avec leurs graffitis et leurs tags débiles
• font du marketing téléphonique après 19h.
• garent leur voiture devant la sortie d’un garage particulier ou d’un parking
• inventent des slogans plutôt que d’avoir des idées ou des convictions
• garent leur bagnole sur les emplacements réservés aux handicapés
• sont toujours contre, faute d’avoir des idées
• confondent décade et décennie
• circulent en vélo sur les trottoirs
• vivent du chômage en vilipendant l’État
• hurlent avec les loups
• écrivent des livres inutiles
• … et tous les autres
07 mars 2011
La nef des fous
Élections truquées, répression sanglante de l’opposition, mépris des institutions internationales, appel à des mercenaires sans foi ni loi pour tirer sur les femmes et les enfants, aveuglement forcené et hystérique, hypocrisie et mensonges, telles sont les caractéristiques de trois fous qui ensanglantent leur pays respectif : Mouammar Kadhafi, Laurent Gbagbo, Mahmoud Ahmadinejad. Devant ces folies meurtrières, la communauté internationale est sans arme et sans moyens autres que les sanctions économiques qui frappent, sans distinction, les coupables et les innocents. Le Libyen a levé une armée de mercenaires, attirés par l’argent et qui n’ont aucune hésitation à tirer sur les civils à l’arme lourde. Il met son propre pays à feu et à sang dans l’unique objectif de se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Ses diatribes hystériques, niant la réalité, rappellent dramatiquement les vociférations hitlériennes de sinistre mémoire. L’Ivoirien a refusé le verdict des urnes après avoir prolongé indûment pendant dix ans son pouvoir arrivé à échéance. Il prend le risque d’une partition de son pays, l’une privé de moyens pour cause de sanctions économiques prises par la communauté internationale, l’autre sans moyen de développement car sans ressources et sans accès à la mer. L’obstination maladive de cet homme conduit la Côte d’Ivoire vers l’effondrement économique et la guerre civile. L’Iranien, après avoir truqué honteusement les élections présidentielles, bourre ses prisons d’opposants politiques et d’étudiants, les pend en place publique, menace les femmes de lapidation ou fait tirer sur elles dans les manifestations, se moque des institutions internationales en fabriquant clandestinement sa bombe nucléaire et en cherchant tout occasion pour mettre le feu au Moyen-Orient. Cette partie du monde est à la dérive.Le bateau ivre de la folie contient, hélas, bien d’autres passagers. Notamment le Turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow (répression des minorités ethniques, interdiction des partis politiques, justice expéditive, pas de liberté de la presse et de religion), le Kasakh Noursoultan Nazarbayev (tortures généralisées utilisées par le système judiciaire et policier), le Coréen Kim Jong-il (élimination de l’opposition, pas de liberté d’expression, de circulation, de religion, d’association, travail forcé et camps de concentration), les militaires Birmans Soe Win, Maung Aye, Than Shwe (aucun droit de l’homme, travail forcé, emprisonnement des opposants). Les Droits de l’Homme sont hélas une espèce en voie de disparition dans de nombreux pays du monde.
05 mars 2011
Pouvoirs régaliens
Au moment où les révoltes du monde arabe tentent, dans la douleur, de devenir des révolutions, souvenons-nous que nous devons aux hommes de la Révolution de 1789 la devise qui fleurit sur les frontons de nos mairies et qui a fait le tour de monde. Nous n’avons pas le droit de l’oublier. Bien entendu, le monde a évolué depuis les années révolutionnaires et s’est complexifié. La société française a changé et multiplié ses connexions avec le reste du monde. Aujourd’hui, cette belle devise a une couleur d’utopie. Pour lui rendre son caractère opératoire, peut-être serait-il judicieux de remplacer le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » par « Liberté, Équité, Solidarité ». En effet, à travers cette devise revisitée, s’écrit la responsabilité fondamentale de l’État. À l’heure où les difficultés nationales entraînant certains à s’interroger sur le rôle de l’État et, enfourchant un Thatchérisme mal pensé, à rechercher la solution dans la diminution de sa zone d’intervention au bénéfice du secteur privé, il est intéressant de se fonder sur cette devise républicaine pour définir ce qui ne peut relever que de l’État, ce qu’on a l’habitude de nommer les secteurs régaliens.Défendre la liberté du citoyen est, évidemment, la responsabilité majeure de l’État. Liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de circulation, liberté d’entreprendre, toutes ces libertés sont la marque de la démocratie et il appartient à l’État de les protéger et de les garantir. Pour cela, la justice, la police, l’armée sont les moyens de cette responsabilité.
L’équité n’est pas l’égalité que des surenchères populistes et démagogiques ont fait évoluer vers l’égalitarisme. Ce dernier consiste à mettre tous les citoyens sur la même ligne de départ de la course au succès et à garantir que tous atteindront ensemble une même ligne d’arrivée. Évidemment, la vie n’est pas conforme à cette image d’Épinal. L’équité, quant à elle, consiste à donner à chacun les chances suffisantes de participer à la course et d’atteindre, à son rythme, la ligne d’arrivée, sans être forcément le premier. Il s’agit de l’égalité des chances. Garantir cela fait aussi partie des responsabilités majeures de l’État. L’égalité des chances commence par l’égalité des possibilités d’acquisition des connaissances nécessaires pour concourir. L’État ne peut, en aucun cas, se dédouaner de cette responsabilité sans y perdre sa légitimité ! Envisager de la transmettre au secteur privé revient, obligatoirement, à une sélection par l’argent puisque le profit et le seul et nécessaire objectif de l’entreprise privée.
Si la fraternité est un sentiment, souvent une utopie, la solidarité est une organisation de la société qui relève de la responsabilité étatique. Cette organisation est incarnée, depuis la Libération, dans la Sécurité Sociale et l’assistance aux plus défavorisés et, pour filer la métaphore de la course à la vie, qui s’efforce de ne pas abandonner le citoyen au bord du chemin. Pour faire fonctionner cette organisation, l’État exerce la responsabilité régalienne de lever l’impôt. Cet impôt n’est pas fait, contrairement à un discours malsain qui a tendance à se généraliser, à appauvrir les « riches » mais pour permettre aux services publics de fonctionner avec la meilleure efficacité possible (c’est-à-dire le meilleur rapport qualité-coût) et au service de tous les citoyens, afin de mériter leur nom.
Liberté, équité, solidarité, telle est aujourd’hui le programme de la République démocratique française et rien ne doit y porter atteinte. On peut s’interroger sur le rôle de l’État dans le fonctionnement de la société, mais cette devise forme le socle inaltérable du pacte républicain du peule français.
26 février 2011
L’Europe n’existe pas
Le Maghreb s’embrase et les dictateurs assassinent leur peuple. Ils enrôlent des mercenaires sans foi ni loi pour commettre les pires exactions afin de défendre leurs prébendes, leurs avantages, leur enrichissement indu et leur pouvoir usurpé pour beaucoup d’entre eux. Le pire n’étant jamais bien loin, parmi ces mercenaires sanguinaires, se trouvent des Européens, des Serbes en l’occurrence. Et devant ces épouvantables massacres, l’Europe « envisage la possibilité d’éventuelles » sanctions envers un dictateur qui bombarde sa propre capitale et dont les éructations médiatiques ressemblent, à s’y méprendre, aux vociférations hitlériennes! Mille morts plus tard, l’Europe continue de tergiverser. Elle se noie dans une mascarade immonde, si ce n’est dans un ridicule achevé. Nous avons aujourd’hui la preuve que l’Europe n’a pas d’existence autre qu’un club de marchands dont la seule préoccupation est de faire des affaires sur le dos des peuples ! Sans morale et sans courage. Le rêve des initiateurs de l’Europe est bel et bien enterré. L’Europe sombre … dans la honte et la pusillanimité. Rappelez-vous Munich !! Indignez vous devant une telle hypocrisie froussarde. Nous n’avons pas, décidément, des responsables qui soient à la hauteur des évènements qui changent le monde.
24 février 2011
Scénario catastrophe
Un collectif anonyme de fonctionnaires du Quai d’Orsay s’élève vigoureusement, et à juste titre, dans la presse contre la politique étrangère de Nicola Sarkozy. Si la critique est sévère, elle n’en reste pas moins insuffisante. En effet, au regard des évènements violents qui secouent le Maghreb et le Moyen-Orient, on ne peut passer sous silence l’attitude de l’ensemble des pays occidentaux depuis des années et sous des gouvernements divers envers ces dictateurs qui, aujourd’hui, révèlent leur vrai visage en faisant tirer sur leur peuple. Pendant des décennies, ces gouvernements ont fermé les yeux et courtisé ces tyrans, assoiffés de richesses et de pouvoir, pour vendre leurs armements qui, aujourd’hui, se retournent contre les citoyens. Le réveil risque d’être difficile. En effet, les conséquences des évènements actuels risquent d’être dévastateur. Une déstabilisation des pouvoirs dictatoriaux des pays du Moyen-Orient peut donner à l’Iran les moyens de semer le désordre dans les monarchies pétrolières et mettre ainsi en péril l’approvisionnement énergétique des pays occidentaux. L’Arabie Saoudite, le premier producteur pétrolier mondial, n’est pas à l’abri de la contagion libératrice qui secoue cette partie du monde. Croit-on, alors, que les USA vont rester l’arme aux pieds ? Quelles seront les réactions chinoise et russe dans un tel scénario ? Un blocage du détroit d’Ormuz peut avoir des conséquences immenses sur l’approvisionnement et le prix du pétrole et, en conséquence, sur les économies occidentales. Dans le même temps, Al Qaïda fait le pari de la division de la Libye et de l’instauration d’un état islamique dans la partie sécessionniste du pays. Un état islamique assis sur les plus amples réserves pétrolières de l’Afrique ne pourra laisser les pays occidentaux (et la Chine ?) indifférents.
21 février 2011
Madame la Marquise
Nos hommes politiques, le regard fixé sur l’horizon des présidentielles, passent leur temps à leur jeu préféré, celui des petites phrases, des anathèmes, des attaques personnelles. Le discours politique s’enlise dans l’anecdotique et l’invective. Jaures est mort une deuxième fois. Il faut dire qu’il n’y a rien de plus urgent que ces petits jeux ! En effet jamais le pays ne s’est si bien porté, jamais le monde n’a été aussi paisible, n’est-ce pas ? L’économie française sombre peu à peu dans les profondeurs de la récession : la balance des paiements continue d’être déficitaire et de faire grossir la dette déjà abyssale du pays, le chômage reste obstinément collé au niveau des 10% de la population active malgré les contorsions statistiques. Le nombre de pauvres et d’exclus augmente inexorablement tandis que l’enrichissement immoral de quelques-uns continue de faire scandale. La désindustrialisation du pays a fait disparaître 500.000 emplois en l’espace d’une vingtaine d’années, avec la disparition pratiquement totale de secteurs entiers comme les constructions navales, la manutention portuaire (merci aux syndicats !), la machine-outil, les industries électronique, textile, sidérurgique, du jouet, la conception et la fabrication de motos et d’instruments de musique, etc … Le système judiciaire n’a jamais aussi mal fonctionné, les services publics sont malades et l’administration reste inefficace et anonyme. L’Éducation Nationale continue de laisser 20% des élèves sortir du système scolaire sans aucune qualification, les élèves de plus en plus nombreux abordent le secondaire sans maîtriser la lecture et l’écriture, encore moins la grammaire et le vocabulaire. Dans le même temps, l’enseignement supérieur et la recherche sombrent dans les profondeurs des classements internationaux. La culture disparaît dans le règne du dérisoire et de l’éphémère consumériste. D’échecs en échecs, la gestion de l’immigration est passée de l’assimilation à l’intégration, puis à la lutte contre le communautarisme, signant par là sa capitulation. Malgré une succession incessante de mesures opportunistes, l’insécurité grandit et les zones de non-droit perdurent. La politique étrangère de la France reste inaudible et se décrédibilise par manque de vision et de compréhension du monde. Il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter, n’est-ce pas messieurs les politiques ? Tout va très bien, Madame la Marquise …
18 février 2011
La chèvre de Mr. Séguin
Quel enfant ne connaît pas l’histoire de la chèvre de Monsieur Séguin, conte des Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet ? Quel parent n’a pas raconté cette triste histoire ? Comment faire comprendre aux enfants le choix de cette petite chèvre ? Préférant la liberté à la sécurité de son enclos, l’animal choisit le danger mortel d’affronter le loup auquel elle ne pourra finalement pas échapper. En renonçant à la sécurité que lui offre son berger, elle a choisi son destin. Ce choix n’est pas sans rappeler celui que la Genèse nous raconte. Comme la chèvre de Monsieur Séguin, Adam fait le choix de passer outre à l’interdiction du fruit défendu. Ce faisant, il choisit d’avoir un destin plutôt que de jouir de l’éternité. Comme la chèvre choisit de succomber dans les mâchoires du loup, l’homme choisit sa propre mortalité. À l’éternité protectrice, l’homme a préféré un mortel destin, mais libre … de penser que Dieu n’existe pas.
16 février 2011
Internet et Révolution
Les évènements récents éclairent crûment le rôle des techniques actuelles de communication et d’échange, Internet, les smartphones, les réseaux sociaux. Les révoltes actuelles du Maghreb auxquelles nous venons d’assister doivent à l’évidence une grande part de leur succès à l’utilisation massive de ces nouveaux moyens par les citoyens. Aucun des gouvernements concernés par ces mouvements de révolte n’a pu empêcher la mobilisation en masse des individus qui communiquent entre eux en temps réel malgré les obstacles levés par les États, qui diffusent les mots d’ordre et qui s’informent sur les évènements et les moyens de contourner ces obstacles. Chaque manifestant peut, en permanence, se mettre en relation avec un nombre considérable de citoyens, créant presque instantanément un mouvement de foule que les gouvernements peuvent interdire mais sont incapables d’entraver. Les barricades empêchent les véhicules policiers et les chars de circuler, mais rien n’empêche les citoyens de s’informer mutuellement. Les levées de protestations ne sont plus uniquement confinées à l’espace restreint d’une ville, mais sont instantanément nationales, voire internationales. La propagation des revendications s’étale comme une immense tache d’huile qu’aucun barrage policier ou militaire ne peut arrêter. Ce qui vient de se passer en Tunisie et en Égypte, ce qui se passe au Yémen, en Jordanie, en Algérie, ce qui va se passer ailleurs (les Émirats, l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Iran forcément, …), est une conséquence de l’utilisation massive des nouveaux moyens de communication. Qui aurait pu le prévoir ? Aucun gouvernement, aucun gourou de la communication, aucune société de conseil n’a imaginé le rôle sociétal de ces techniques. Un champ de réflexion vient de s’ouvrir. Espérons que la démocratie née de la volonté d’un peuple sera plus réussie que celle imposée par les armes, comme en Irak et en Afghanistan.
14 février 2011
Révolte ou Révolution ?
L’allumette tunisienne a fait exploser la bombe égyptienne. Nous venons d’assister à une révolution populaire exemplaire, tellement importante que nous devons, nous autres occidentaux et particulièrement nous autres français, l’accompagner avec la plus grande attention. La civilisation égyptienne est vielle de six milles ans d’histoire. Elle a donné au monde quelques-unes de ses plus grandes pages d’histoire. C’est peut-être le poids de cette ancienneté séculaire qui explique la dignité et le courage avec lesquels les Égyptiens ont conduit leur révolution. Les Français devraient être particulièrement frappés et émus par le fait que la foule égyptienne de la place Tahrir a repris en chœur et en français la trilogie révolutionnaire des années 1790, liberté, égalité, fraternité ! Les Égyptiens ont ainsi fait comprendre la filiation de leur révolution avec la Révolution Française. Cela nous donne des devoirs. La France se doit d’être particulièrement attentive à l’évolution de la situation pour que cette révolution débouche, comme celle de 1789, sur une véritable démocratie et, pourquoi pas, sur une vraie République. La non-ingérence à laquelle font référence nos gouvernants, pour expliquer leur effacement pratiquement total durant les évènements, ne doit pas obérer le devoir de la France dans l’accompagnement discret, mais amical et efficace, de l’évolution à venir de la situation. En effet, les dangers existent que cette situation dérive vers des solutions dangereuses. Bien que son comportement fut, jusqu’à présent, exemplaire, il n’en reste pas moins que le pouvoir est aux mains de l’armée. Ce simple fait est déjà un accroc à la démocratie. De plus, cette armée est traversée de convictions très différentes car, comme le peuple égyptien, elle est constituée de citoyens de toutes croyances et nous ne pouvons être sûrs de son comportement à venir. Enfin, n’oublions pas que les Frères Musulmans restent, quoi qu’ils en disent, une hypothèque sur l’avenir. Des pays voyous comme l’Iran espèrent, et le font savoir, que l’islamisation radicale de la société égyptienne trouvera là le moyen de se développer. Il est indispensable que les occidentaux restent vigilants et trouvent les voies et moyens pour éviter ces dangers. Le peuple égyptien mérite de connaître la vraie liberté, celle de la démocratie laïque. Un certain nombre de signes sont inquiétants. Pourquoi des milliers de réfugiés fuient-ils la Tunisie vers l’Italie alors que le dictateur a pris la fuite, si ce n’est que parce que l’économie du pays s’effondre ? Pourquoi le portrait d’Hosni Moubarak a-t-il été remplacé par le nom d’Allah dans la salle de réunion des membres du gouvernement ? Pourquoi faut-il 6 mois aux militaires égyptiens pour rendre le pouvoir aux civils ? Avoir suspendu la constitution, dissous le Parlement et décidé de gouverner par décrets revient à donner les pleins pouvoirs aux militaires. Les jeux ne sont pas faits et il faut rester vigilant sans que le romantisme nous aveugle. Pour le moment, nous venons d’assister à la révolte des peuples. L’avenir dira bientôt s’il s’agit de révolutions.
10 février 2011
Corporatisme indécent
Qui, plus que les magistrats, est censé respecter la loi ? Celle-ci stipule que le droit de grève n’existe pas pour ces deniers. Or, dans un mouvement corporatiste généralisé, un grand nombre de magistrats, faisant fi de la loi, se mettent en grève en refusant de s’occuper de dossiers qu’ils jugent eux-mêmes « non urgents ». Il est à craindre que les justiciables concernés n’aient pas la même appréciation ! La raison de cette forfaiture ? La responsabilité éventuelle des magistrats impliqués a été évoquée par le pouvoir exécutif lors de l’affaire dite « Laetitia » (une jeune fille est horriblement assassinée par un détenu dangereux relâché sans suivi judiciaire). Devant cette attitude irresponsable, deux réflexions viennent à l’esprit. Le pouvoir judiciaire serait-il le seul qui n’aurait aucun contre-pouvoir ? Qui se souvient de sanctions énoncées par le Conseil Supérieur de la Magistrature envers un de ses membres ? Pour mémoire, rappelons quelques « erreurs » qui sont restées sans suite pour la magistrature :Monique Case : condamnée en 1965 et acquittée le 5 mai 1966 ;
Roland Agret : condamné en 1973, Paris, rejugé et acquitté en 1985 et réhabilité ;
Rida Daalouche : condamné en 1991 puis le 12 avril 1994, rejugé et acquitté le 8 mai 1999 ;
Jean Dehays : condamné en 1949, rejugé et acquitté en 1955.
Jean-Marie Devaux : condamné en 1963, rejugé et acquitté en 1969 ;
PatrickDils :1989, Montigny-lès-Metz (France) rejugé et acquitté en 2002 ;
Ce rappel n’est, certes, pas exhaustif. Enfin, on ne peut passer sous silence la scandaleuse affaire d’Outreau, dans laquelle le procureur Gérard Lesigne confie l’instruction au juge Burgaud, qui détruit la vie d’une quinzaine d’innocents, à jamais pour certains. Malgré une commission parlementaire qui a mis en évidence les manquements de l’instruction, menée uniquement à charge et sous influence, le Conseil Supérieur de la Magistrature n’a pris aucune sanction envers les magistrats en cause. Ces simples rappels devraient inciter les magistrats à plus de retenue dans la manifestation de leur mécontentement. Certes, la Justice manque de moyens. Mais, qui n’en manque pas ? Quand tous ceux qui expliquent leurs défaillances par le sempiternel manque de moyens comprendront-ils que le pays est en voie d’appauvrissement et qu’il devient indécent de refuser toute remise en cause par le seul argument des moyens insuffisants ? Quand comprendront-ils que nous n’avons pas d’autre issue que d’essayer de faire mieux, avant d’être contraint de faire seulement autant, avec moins de moyens ? Quand comprendront-ils que nous devons payer le fait d’avoir, depuis un demi-siècle, vécu au-dessus de nos moyens ? Quand comprendront-ils que nous ne pouvons pas reporter sans cesse et sans vergogne sur les générations futures la charge de payer ? La charge de la dette est de l’ordre de 50 milliards d’Euros, ce qui en fait le deuxième poste budgétaire de l’État après celui de l’Éducation Nationale qui atteint 60,5 milliards d’Euros. Peut-on suggérer au Syndicat de la Magistrature de négocier avec les syndicats de l’Éducation Nationale un transfert de moyens entre les budgets de la Justice et de l’Éducation Nationale ? Le spectacle risque d’être fort intéressant !
09 février 2011
La médiocrité nous gouverne
Le monde est en crise. Les dictatures sont ébranlées, un milliard d’êtres humains meurent de faim, quelques prédateurs s’enrichissent de façon éhontée au détriment du plus grand nombre, les pays occidentaux vacillent sous la poussée des pays émergents, le terrorisme envahit la planète, les dérèglements climatiques la dévastent, les droits de l’homme sont bafoués un peu partout sans vergogne. Pendant le même temps, les politiques et les médias complices nous abreuvent de considérations véhémentes sur les déplacements des membres du gouvernement ! Sans propositions réelles et crédibles, ils s’agitent frénétiquement et de façon ridicule, allant jusqu’à réclamer, en toutes occasions, la démission de tel ou tel membre du gouvernement, espérant faire croire ainsi que le rôle de l’opposition est fermement tenu. En réalité, le vide sidéral de la pensée politique est consternant et inquiétant. Toutes ces fausses indignations sur des faits anecdotiques cachent l’incapacité des politiques à construire une vision et un projet crédible. La chasse aux concepts fumeux et éphémères (le « care », l’égalité réelle, la démocratie participative, le désir d’avenir, la politique de civilisation, l’identité nationale, …) cache le désarroi intellectuel considérable des élites politiques. Rien n’est venu remplacer le marxisme à gauche ou le libéralisme de la main invisible à droite. Le déficit intellectuel se camoufle difficilement derrière une misère intellectuelle inquiétante qui se contente de slogans et de formules incantatoires, d’indignations feintes et faciles. Les intellectuels ne sont d’ailleurs pas en reste de déficit de la pensée. Le show médiatique a pris le pas sur la réflexion et l’immédiateté sur la construction prospective. Aveuglés par leurs ambitions personnelles, inhibés par leur ignorance et leur médiocrité, empêtrés dans leurs rivalités, les hommes politiques ne savent plus ce que le mot « politique » veut dire, ce qu’il contient d’exigeant, ce qu’il nécessite pour construire une vision managériale de la société dans le monde. Faute d’une véritable ambition nationale, ils instrumentalisent des concepts fumeux dont ils espèrent qu’ils cacheront le vide de leur pensée et leur irresponsabilité. Le pays est en manque grave d’hommes politiques capables d’oublier leur ambition personnelle pour s’investir entièrement dans l’intérêt national.
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