Un grand nombre de salariés ont perdu leur emploi, tous les autres ont perdu le sommeil. La crise économique est devenu si profonde qu’elle s’est transformée en crise sociale. L’angoisse du lendemain devient le pain quotidien du plus grand nombre. En face, les émoluments mirobolants de certains patrons de grandes entreprises ont provoqué, à juste titre, une indignation légitime, ont été ressentis comme une provocation et un scandale insupportables. Mais il existe un plus grand scandale encore : le pourrissement du monde du football par l’argent. Il circule, dans ce milieu, des sommes tellement considérables qu’elles en perdent toute signification aux yeux du commun des mortels. Comment accepter que les salaires mensuels de certains joueurs atteignent plusieurs millions d’Euros, pour simplement taper du pied dans un ballon !! Cette situation est un vrai scandale et devrait soulever la même indignation populaire que celle due aux parachutes dorés patronaux. Or curieusement, il n’en est rien. Les médias en général et la télévision en particulier en sont les complices objectifs. Le nombre invraisemblable d’articles, de reportages télévisés, d’émissions radiophoniques, impriment dans les esprits un message subliminal qui donnent aux acteurs de ce sport (il n’est pas sûr que le mot soit adapté) le statut de vedettes extra-terrestres auxquelles tout est permis. Le football a remplacé les jeux du cirque et les réactions du public y sont tout aussi violentes, allant de l’invective raciste à l’imbécillité mortelle. Tout spectateur qui entre dans un stade pour assister à un match, laisse son cerveau au vestiaire et se transforme soudain en une brute épaisse, prête à toutes les injures et toutes les violences, conforté par l’anonymat que fournit à bon compte la foule. Le plus curieux, dans cette affaire, est que ces spectateurs qui s’enthousiasment pour les coffres-forts qui courent sur la pelouse, sont ceux-là même qui s’indignent des salaires patronaux.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
27 juin 2009
L’immoralité dans les crampons
Un grand nombre de salariés ont perdu leur emploi, tous les autres ont perdu le sommeil. La crise économique est devenu si profonde qu’elle s’est transformée en crise sociale. L’angoisse du lendemain devient le pain quotidien du plus grand nombre. En face, les émoluments mirobolants de certains patrons de grandes entreprises ont provoqué, à juste titre, une indignation légitime, ont été ressentis comme une provocation et un scandale insupportables. Mais il existe un plus grand scandale encore : le pourrissement du monde du football par l’argent. Il circule, dans ce milieu, des sommes tellement considérables qu’elles en perdent toute signification aux yeux du commun des mortels. Comment accepter que les salaires mensuels de certains joueurs atteignent plusieurs millions d’Euros, pour simplement taper du pied dans un ballon !! Cette situation est un vrai scandale et devrait soulever la même indignation populaire que celle due aux parachutes dorés patronaux. Or curieusement, il n’en est rien. Les médias en général et la télévision en particulier en sont les complices objectifs. Le nombre invraisemblable d’articles, de reportages télévisés, d’émissions radiophoniques, impriment dans les esprits un message subliminal qui donnent aux acteurs de ce sport (il n’est pas sûr que le mot soit adapté) le statut de vedettes extra-terrestres auxquelles tout est permis. Le football a remplacé les jeux du cirque et les réactions du public y sont tout aussi violentes, allant de l’invective raciste à l’imbécillité mortelle. Tout spectateur qui entre dans un stade pour assister à un match, laisse son cerveau au vestiaire et se transforme soudain en une brute épaisse, prête à toutes les injures et toutes les violences, conforté par l’anonymat que fournit à bon compte la foule. Le plus curieux, dans cette affaire, est que ces spectateurs qui s’enthousiasment pour les coffres-forts qui courent sur la pelouse, sont ceux-là même qui s’indignent des salaires patronaux.
11 juin 2009
La mort est-elle au bout du chemin ?
La déroute du Parti Socialiste, une de plus, semble n’être une surprise que pour les socialistes. Il suffit de réfléchir un tout petit peu pour comprendre que ce parti est complètement dépassé par les impératifs de l’époque actuelle. Ils sont toujours avec une vision de la société et de la Nation qui relève d’une philosophie du siècle dernier. Les références à Léon Blum ou à Jaurès sont de références effectives alors qu’elles ne devraient être qu’historiques. Le monde s’est arrêté pour le Parti Socialiste aux années 1920. Après leur défaite aux élections européennes, on entend les socialistes rabâcher, une fois de plus, qu’ils vont se réunir pour discuter de la refondation de leur programme ! La signification profonde de cet aveu est que ce Parti n’a plus aucune vision nationale de l’avenir du pays. La question qui se pose à eux est de savoir si une vision, comme celle que De Gaulle ou Mitterrand avaient de la France, se construit dans des assemblées de militants, voire dans des réunions dites de démocratie participative. Il n’est jamais rien sorti de ce genre de forum, sinon une cacophonie dont on ne peut rien conclure sauf une sacro-sainte synthèse inodore et sans saveur. Le Parti Socialiste n’a pas assimilé deux principes fondamentaux : un pays ne s’enrichit que s’il gagne plus qu’il ne dépense et une vision d’avenir national s’incarne dans un leader naturel. Aujourd’hui, il n’a ni l’un ni l’autre. Certes, la rénovation du « projet » est importante, mais alors il faut prendre cette rénovation au sérieux et ne pas la confondre avec une liste de courses établie rapidement, en quelques jours, sur un coin de table, comme le Parti l’a fait plusieurs fois, pressé qu’il était de répondre à la critique justifiée de son manque de propositions. Aujourd’hui, la France est en face de trois défis : la protection sociale (la sociologie de la population a changé et les besoins de protection ont considérablement augmenté), le changement climatique et la protection de l’environnement, l’Europe politique et le leadership au sein des institutions européennes. Pour faire face à ces trois défis, il n’y a qu’un seul moteur, la croissance. Pour pouvoir mettre en œuvre une politique sociale de redistribution efficace, encore faut-il avoir quelque chose à répartir et ne pas se contenter de vivre à crédit en creusant, chaque jour, une dette qui compromet dangereusement l’avenir des générations futures. Et, enfin, pour faire tourner le moteur, il n’y a plus qu’un seul carburant : l’innovation. C’est sur ces trois défis, sur le fonctionnement du moteur et l’accès au carburant innovation que l’on attend, en vain, depuis des années un vrai leader du Parti Socialiste qui sache s’imposer et faire taire les ambitions personnelles et mortifères de tous les vieux caciques qui l’encombre. Ceux-ci n’ont, aujourd’hui, pas d’autre objectif que d’étouffer dans l’œuf toute naissance éventuelle d’un vrai leader qui pourrait mettre en danger leur propre ambition. Tant que le fonctionnement interne du Parti favorisera cette pratique, lentement mais sûrement, il avance vers sa disparition.
08 juin 2009
Espèces en voie de disparition
Défaite électorale du Parti Socialiste et effondrement du Modem, tels sont les principaux résultats des élections européennes 2009. Une secrétaire générale en grandes difficultés et un président de parti ayant perdu tout avenir politique, telles en sont les conséquences. Est-ce réellement une surprise ? Lorsqu’un parti politique est miné de l’intérieur par des ambitions personnelles et des confrontations stériles et sans fin, lorsqu’un candidat déclaré aux futures élections présidentielles se trompe de campagne et se penche dans les poubelles de l’Histoire, est-il vraiment étonnant que la sanction populaire se manifeste avec éclat ? La gauche française est éclatée en mille morceaux, l’opposition ne porte aucun message crédible et n’a aucun leader capable d’entraîner une majorité de Français. En ce qui concerne le Parti Socialiste, les vrais responsables sont devenus soudainement silencieux et invisibles depuis quelque temps. Où sont passés Fabius, Strauss-Kahn, Lang, Ayrault, Guigou et consort ? Les rats ont-ils quitté le navire ? Contrairement à Jospin qui a préféré fuir après sa défaite, Martine Aubry reste seule, comme un capitaine sur la vigie d’un bateau qui fait naufrage. Elle ne doit compter sur aucun secours. Les éléphants sont réellement en voie de disparition. Enfin !!
07 juin 2009
Abstention-Europe : 1- 0
Les seuls français satisfaits des dernières élections européennes sont les hommes politiques de tous bords, puisqu’ils clament tous qu’ils ont obtenu un franc succès ou une leçon salutaire qui n'est qu'une péripétie. Même les « petites » listes ont atteint leur objectif financier, le seul qui réellement comptait. Il n’y a guère que ce soi-disant succès qui soit grand, car l’intelligence s’est effondrée sous les coups de boutoir de la langue de bois. La seule et grande gagnante de ces élections est, comme attendu, l’abstention qui a atteint un record de 60%. Durant la campagne, les medias lui ont fait tellement de propagande qu’il n’est pas étonnant que les individus aient été convaincus qu’il était totalement inutile de se déplacer. Mais, au-delà de ce fait, cette abstention massive pose une sérieuse question sur l’avenir de l’Europe. La doxa consiste à se plaindre que l’Europe ne protège pas assez le citoyen contre les dangers de la mondialisation et de la crise financière et économique. Il faut bien dire que les euro-sceptiques clament sur tous les tons que la commission européenne passe son temps à légiférer sur la longueur des concombres ou le diamètre des tomates. À force d’entendre ces discours caricaturaux, tout le monde finit par y croire et, il faut bien l’avouer, il n’y a rien là qui puisse alors soulever l’enthousiasme de l’électeur, ni le rassurer sur les protections que peut lui apporter l’Europe. Les hommes politiques ont également un discours qui est, la plupart du temps, complètement abscons. Les phrases du genre : « Il faut faire avancer l’Europe vers la justice sociale » ou bien « Nous allons construire un projet dans la cohérence » ou encore « Nous allons retrouver le chemin de l’Europe sociale », « Il faut un bouclier social », forment le fond du discours politique ambiant qui reste ainsi complètement incompréhensible pour le citoyen. Quelle que soit la liste électorale candidate, il était possible de lire sur ses affiches des slogans comme : « Changer l’Europe, vers une Europe sociale, Votez pour une Europe qui vous protège, … » et autres banalités sans signification. Il n’est guère étonnant que l’électeur ne sente pas concerné ou reste profondément sceptique sur l’utilité de son vote. Il y a plus grave encore. À force d’avoir truffer leurs discours d’attaques contre le gouvernement, mais surtout contre le Président de la République (anti-sarkozisme radical, psychopatologique, viscéral, pavlovien), les politiques ont poussé ceux qui ont fait l’effort de voter à le faire pour des motifs de pure politique nationale et partisane. Les enjeux européens sont totalement absents de leurs réflexions. Enfin, les très rares débats contradictoires organisés par les médias ont systématiquement tourné, comme d’habitude, à la foire d’empoigne et au brouhaha incompréhensible avec attaques personnelles et injures, donnant, une fois de plus, une image absolument déplorable des politiciens aux discours indigents où la médiocrité le dispute à l’incantation et à l’insulte. Ajoutons qu’il existe une contradiction apparente entre l’indifférence des électeurs et la multiplicité extravagante des listes électorales qui se sont présentées à ces élections. N’en a-t-on pas compté jusqu’à 28 en Île-de-France ? Cette floraison de listes n’a fait finalement qu’ajouter à la confusion du discours et au désintérêt de l’électeur. Confusion des discours, méprise sur les véritables enjeux, discrédit des hommes politiques. La question fondamentale est la suivante : comment construire un projet européen lorsqu'il n'y a que des listes purement nationales ne comportant que des nationaux et se présentant sur des circonscriptions également nationales ? L’Europe est malade. Une vraie démocratie doit trouver lieu de cité au sein de l’organisation européenne. Le sentiment ressenti par les citoyens est que les décisions sont prises par une commission sur laquelle ils n’ont aucun contre-pouvoir. Ces règles doivent impérativement changer. Ceux qui ont voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne doivent être considérés comme les grands responsables de ce désastre.
25 mai 2009
Réponse
Je viens de recevoir un commentaire sur le petit article ci-dessous et intitulé "Guignol, mon ami"... anonyme, bien sûr ! Ce torchon dit ceci "Quand arrêterez-vous de polluer le net avec des commentaires d'un autre âge ?". Voilà bien le commentaire d'un véritable imbécile ! Il se reconnaîtra surement.
24 mai 2009
Guignol, mon ami
L’âge fait retomber en enfance, dit-on. C’est vrai ! Je n’ai jamais autant fréquenté les théâtres de marionnettes que depuis quelque temps. L’art d’être grand-père comporte beaucoup de satisfactions et nombre d’obligations. Parmi celles-ci, retrouver le chemin de Guignol, perdu depuis si longtemps, est incontournable. Bien des théâtres de marionnettes existent, mais tous ne se valent pas. Là comme ailleurs existe une hiérarchie. Il en est, pour ces spectacles, comme pour le cinéma : des hauts et des bas, du bon et du moins bon. J’ai le sentiment qu’un « guide » des Guignols manque, comme existent les guides gastronomiques. Pour juger de la qualité d’un spectacle de marionnettes, il faut tenir compte de l’originalité du scénario, de l’inventivité de la manipulation des marionnettes, bien sûr, mais se limiter à cela serait très superficiel et ferait montre d’un amateurisme inacceptable. Un spectacle comporte tout un cérémonial qu’il serait criminel de négliger. Il y a tout d’abord la ruée des poussettes à l’entrée comme à la sortie. Il y a le regard légèrement méprisant des mamans observant les énervements des enfants qui ne sont pas les siens. Il y a la présence du loup qui fait pleurer un ou deux enfants pendant le spectacle. Il y a les cris qui atteignent leur acmé lors de l’apparition du loup rodomont ou du bandit, les battements de mains enfantins suscités par l’inévitable danse des grenouilles, des lapins ou des petits cochons. Il y a les parents qui, refusant de s’éloigner quelque peu de leur progéniture, refusent de quitter le banc réservé aux plus petits. Mais ce n’est pas tout. En effet, il faut être attentif à l’existence et la facilité d’accès du garage à poussettes, à la durée du spectacle, à l’existence ou non d’un entracte pendant lequel les enfants et les parents se bousculent devant le distributeur de bonbons et de pop-corn, à la ponctualité, à l’esthétique du décor non seulement de la salle mais aussi du spectacle, à la plus ou moins grande difficulté d’insérer ses fesses dans le siège, à l’interactivité suscitée entre la marionnette et les enfants (il est, en effet, attendrissant de voir son petit-fils applaudir de concerve avec les autres enfants), et à bien d’autres choses encore. C’est donc toute une expertise qu’il faut avoir pour choisir un théâtre de Guignol. Pour ma part, concernant les spectacles parisiens, je ferai le classement suivant : le Champ de Mars (****), le Luxembourg (***), le Parc Floral (***), le lac de Saint-Mandé(**), le parc Montsouris (*), les Champs Elysées (*). Mais ceci est purement personnel. Et j’ai besoin d’améliorer mon expertise !
18 mai 2009
Morale et profits
Le Président de la République a relancé une idée du Général De Gaulle, à savoir la juste répartition des bénéfices de l’entreprise entre les investissements, les actionnaires et les salariés. Ce fut, à l’époque, le lancement de l’intéressement et de la participation. Le rapport Cotis, remis ces jours-ci au gouvernement, précise ce que tout le monde sait depuis longtemps, à savoir que les salariés sont mal traités depuis une quinzaine d’années. Il suffit d’être salarié pour savoir cela ! Toutefois, les chiffres fournis par le rapport ont le mérite de donner du corps et une réalité objective à un sentiment confusément ressenti. Que se soit l’évolution salariale, la part des salaires dans la valeur ajoutée ou la répartition des bénéfices, le salarié est, dans tous les cas, le parent pauvre de l’entreprise. Du statut de personnel (à connotation individuelle), il est descendu à celui de ressources humaines (conglomérat anonyme dont on gère la consommation) pour sombrer finalement dans celui de variable d’ajustement (consommables et produits jetables). La crise actuelle n’est que le révélateur d’une situation qui s’est développée depuis les années 1980. C’est à cette époque que l’on a vu fleurir le concept de gouvernance dans les entreprises, pour le seul bénéfice des actionnaires. Derrière cette politique d’entreprise, se cachait l’action des fonds de pension anglo-saxons qui, au sein d’une compétition intensive, promettaient à leurs clients des taux de rendements extravagants. Pour obtenir ces rendements, ils ont soumis les grandes entreprises, dont ils détenaient les actions, à une pression de plus en plus importante pour obtenir des dividendes de plus en plus élevés et complètement déconnectés des performances réelles des entreprises. Ces dernières, soumises à un véritable chantage économique, ont recherché tous les moyens possibles pour augmenter la valeur des actions : réduction des investissements au profit des dividendes, utilisation des bénéfices pour racheter leurs propres actions afin d’en augmenter la valeur, recherche drastique d’économies de fonctionnement par utilisation de la variable d’ajustement que sont devenus les salariés, délocalisations vers des sites à coûts salariaux minimaux, investissements dans des produits toxiques à haut rendement et à hauts risques, etc … L’entreprise doit, bien sûr, faire des bénéfices, mais il est temps de se poser la question de savoir quelle est sa véritable raison d’être : une machine à faire de l’argent ou un organisme intégré dans une vie sociale ? Dans ce dernier cas, elle doit impérativement avoir une morale et fonctionner selon des principes qui respectent tous les acteurs internes et externes. Le comportement récent de certains patrons de grandes entreprises montre qu’il semble qu’ils l’aient oublié.
15 mai 2009
12 mai 2009
L’humanité en danger ?
Lorsque l’on évoque les animaux en danger, tout le monde pense aux éléphants et autres félins en voie de disparition. Peu de monde songe aux abeilles. Et pourtant …
Voilà un petit insecte sympathique qui porte sur lui le destin de l’humanité. En effet, si les abeilles disparaissaient totalement, 30% de notre nourriture disparaîtrait également ! Et, plus particulièrement, disparaîtraient les cultures maraîchères, les fruits et légumes naturels qui ont besoin de la pollinisation pour exister. Qui sait que les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, les fleurs sauvages, etc… dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation ? Or, on constate une disparition massive et inquiétante des abeilles domestiques qui peut atteindre 70% de leur population. Pour ce qui concerne les abeilles sauvages, il est à peu près certain que le même phénomène existe également, même s’il est plus difficile à mesurer. En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés, c’est-à-dire aux États-Unis, en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, en Grèce, en Pologne, et aux Pays-Bas. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu'à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche. L’ampleur du phénomène est indiscutable, même s’il passe inaperçu. Les raisons de cette disparition sont multiples mais non indépendantes. On identifie, parmi elles, le virus IAPV, les acariens parasites Varroas ou la loque européenne qui, profitant de l’affaiblissement des abeilles, provoquent parmi elles une mortalité élevée. Mais, ainsi que le montre le schéma ci-dessous, les causes premières sont l’utilisation intensive des produits phytosanitaires et celle des OGM, c’est-à-dire que la grande responsable du phénomène est l’agriculture intensive.

On ne peut exclure qu’existent d’autres causes comme la saturation de l’environnement en ondes électromagnétiques (télévision, téléphones portables, Wi-fi, radio, satellites, etc …) qui pourraient désorienter les abeilles qui ne retrouveraient plus le chemin des ruches. Mais il est incontestable que l’utilisation massive des insecticides, des fongicides et des pesticides est une cause fondamentale de cette hécatombe.
De même que les pêcheurs nient l’évidence de l’effondrement du stock de certains poissons, les agriculteurs de grandes exploitations nient l’effet de leurs produits phytosanitaires et de leurs semences OGM. L’égocentrisme fait des ravages. Une fois de plus, on voit qu’une somme d’intérêts particuliers ne sert jamais l’intérêt général.
Peut-être est-il temps que l’on repense nos manières de vivre ?
Voilà un petit insecte sympathique qui porte sur lui le destin de l’humanité. En effet, si les abeilles disparaissaient totalement, 30% de notre nourriture disparaîtrait également ! Et, plus particulièrement, disparaîtraient les cultures maraîchères, les fruits et légumes naturels qui ont besoin de la pollinisation pour exister. Qui sait que les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, les fleurs sauvages, etc… dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation ? Or, on constate une disparition massive et inquiétante des abeilles domestiques qui peut atteindre 70% de leur population. Pour ce qui concerne les abeilles sauvages, il est à peu près certain que le même phénomène existe également, même s’il est plus difficile à mesurer. En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés, c’est-à-dire aux États-Unis, en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, en Grèce, en Pologne, et aux Pays-Bas. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu'à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche. L’ampleur du phénomène est indiscutable, même s’il passe inaperçu. Les raisons de cette disparition sont multiples mais non indépendantes. On identifie, parmi elles, le virus IAPV, les acariens parasites Varroas ou la loque européenne qui, profitant de l’affaiblissement des abeilles, provoquent parmi elles une mortalité élevée. Mais, ainsi que le montre le schéma ci-dessous, les causes premières sont l’utilisation intensive des produits phytosanitaires et celle des OGM, c’est-à-dire que la grande responsable du phénomène est l’agriculture intensive.

On ne peut exclure qu’existent d’autres causes comme la saturation de l’environnement en ondes électromagnétiques (télévision, téléphones portables, Wi-fi, radio, satellites, etc …) qui pourraient désorienter les abeilles qui ne retrouveraient plus le chemin des ruches. Mais il est incontestable que l’utilisation massive des insecticides, des fongicides et des pesticides est une cause fondamentale de cette hécatombe.
De même que les pêcheurs nient l’évidence de l’effondrement du stock de certains poissons, les agriculteurs de grandes exploitations nient l’effet de leurs produits phytosanitaires et de leurs semences OGM. L’égocentrisme fait des ravages. Une fois de plus, on voit qu’une somme d’intérêts particuliers ne sert jamais l’intérêt général.
Peut-être est-il temps que l’on repense nos manières de vivre ?
05 mai 2009
Consternant !
Plongés dans le maelström de la crise, les Français souffrent (pas tous !), certains – de plus en plus nombreux – perdent leur emploi en même temps que tout espoir d’en retrouver, les difficultés pour garder un logement s’accroissent, les files d’attente aux associations caritatives s’allongent, l’inquiétude se diffuse, la jeunesse sans emploi en perspective est à la dérive, les parents s’angoissent sur l’avenir compromis de leurs enfants …Et pendant ce temps, les patrons des grandes entreprises s’enrichissent d’une manière scandaleuse, au mépris de toute morale. Ils détournent une part croissante de l’investissement pour leur profit personnel (« golden hello », parachute doré, retraite chapeau, stock options, salaires faramineux,…). Dotés d’une imagination sans borne, les sommes qu’ils s’octroient par tous les moyens imaginables sont absolument consternantes et dépassent l’entendement. Les sommes en jeux sont tellement énormes qu’elles perdent toute signification pour le commun des mortels. Simultanément, les banquiers continuent de mentir, de réclamer des aides publiques tout en refusant de prêter aux PME en difficulté et aspirant à reprendre leur jeu pervers le plus tôt possible, espérant que tout le monde oubliera qu’ils sont responsables de la crise actuelle.
Et pendant ce temps, les hommes politiques de tous bords qui comptent dans la vie de la Nation ont une unique préoccupation : leur candidature à la Présidence de 2012. Obnubilés par cette échéance, ils n’ont d’autre ressource que de critiquer à outrance celui qui sera leur principal concurrent, le Président actuel, au détriment de la recherche de l’intérêt général. La crise n’est, pour eux, qu’un simple prétexte de campagne électorale, pain béni en quelque sorte ! Simplifiant à l’extrême le discours politique en rendant le Président en place coupable de tous les maux et responsable finalement de la crise mondiale, ces politiques donnent un spectacle affligeant.
Et pendant ce temps, les mandarins hospitaliers, les magistrats, les professeurs népotiques d’université s’insurgent pour conserver leurs privilèges.
La conséquence de tout cela est que le sentiment d’abandon, la consternation et la colère montent chez les citoyens, certains d’entre eux versant dans la violence, écœurés par l’omniprésence de l’ambition personnelle des politiques et de la voyoucratie financière des plus riches. Il est certain que, la détresse se transformant en violence, les actes de révolte vont se multiplier (n'oublions pas qu'en 1948, les violences eurent un tel degré qu'il fallut faire appel à l'armée)et que des opportunistes sans scrupule trouveront là un tremplin pour leur arrivisme politique. Ils vont essayer de faire pousser sur le terreau de la violence le cactus de leurs ambitions personnelles. Consternant !
02 mai 2009
Décidément !
Je dois avouer mon désarroi. Jamais l’Europe n’a connu de crise aussi profonde et grave. Jamais les Européens n’ont plus attendu de l’Europe qu’elle leur apporte une certaine protection devant les difficultés grandissantes. À cette attente n’a répondu qu’un assourdissant silence de la Commission Européenne et de son président. On attendait que la commission soit proactive dans la définition et la mise en œuvre d’un ensemble de mesures communes aux différentes nations européennes pour résister à la crise économique et sociale. On attendait que la commission pousse les nations à mettre en pratique rapidement les principes arrêtés au dernier G20 afin que celui-ci ne se solde pas uniquement par un ensemble de vœux pieux. Il ne s’est rien passé. Nous sommes à quelques semaines des élections européennes et personne n’en parle vraiment. Les médias sont silencieux, les discours politiques restent confidentiels et lorsqu’ils sont publics, ils sont totalement dévoyés pour n’être que débats franco-français. Encore une fois, le Parti Socialiste va se tromper de cible. Les Français se désintéressent de ces élections, faute de comprendre le fonctionnement de l’Europe et de son Parlement. Ils ne comprennent rien aux regroupements politiques formant les différentes composantes du Parlement, ils ignorent ses prérogatives et méconnaissent ses pouvoirs, mais surtout ils n’entendent aucun discours leur expliquant en quoi et pourquoi l’Europe est un enjeu d’avenir. Les socialistes vont brouiller encore davantage la vision des Français en transformant ces élections en vote sanction contre le Président de la République, c’est-à-dire en substituant un enjeu de politique purement nationale à l’enjeu européen. Pour fédérer le plus largement possible, le Parti Socialiste joue la carte anti-Sarkozy. Cela lui permet de ne pas préciser quelle est sa vision européenne, comme il fait avec la politique nationale. Caricaturer la politique gouvernementale sans faire de propositions alternatives lui permet de ne pas faire de propositions, empêtré qu’il est dans ses courants contradictoires et paralysé par des ambitions personnelles multiples. Décidément, le Parti Socialiste n’est pas près de (ni prêt à) redevenir un parti de gouvernement. Une vraie campagne pour les élections européennes devrait être pédagogique avant tout et devrait essayer de faire naître une attente et non pas un vote sanction. Celui-ci devrait être cantonné aux élections nationales et le melting-pot ne peut que semer la confusion et la désillusion. À force de caricatures, le Parti Socialiste va finir par faire croire qu’il ne supporte pas d’avoir un Président de la République d’origine étrangère !! Pour être juste, il faut bien dire que, du côté de la majorité, tenir un discours plébiscitaire concernant le Président de la République et se contenter de dénoncer le manque de propositions de l’opposition n’est pas, non plus, particulièrement à la hauteur des enjeux européens. L’Europe risque de mourir des nationalismes étroits qui sévissent partout.
25 avril 2009
Une justice à 3 vitesses
Le Conseil Supérieur de la Magistrature vient de donner son verdict sur la faute du juge Burgaud. Rappelons nous que ce juge a mis en prison pendant quatre ans, pour pédophilie supposée, dix-sept prévenus qui ont tous été finalement acquittés car reconnus innocents. Dix-sept personnes qui ont vu leur vie détruite, l’un d’entre eux n’ayant pas supporté cette infâme suspicion a mis fin à ses jours en prison. Rappelons nous que ce juge a mené une instruction uniquement à charge et a négligé de vérifier la véracité des accusations. Déclaré coupable par le CSM d’approximations et de négligences – ce qui peut être considéré comme une faute professionnelle lourde – le juge Burgaud a été « puni d’une réprimande » ! Dans tout autre secteur d’activités, une faute lourde conduit au licenciement. Mais, pour le CSM, la réprimande est bien suffisante, malgré la destruction de la vie de dix-sept citoyens. Comme l’a si bien dit Coluche, « au bout de dix réprimandes, le juge aura un blâme et au bout de dix blâmes, il sera rétrogradé. De toute façon, le juge s’en moque puisqu’il est en bas de l’échelle ! ». Seule sa conscience pourrait le faire descendre en enfer... mais il ne faut pas rêver. Une fois de plus, le corporatisme effréné des magistrats (à ne pas confondre avec la Justice !) se sera manifesté avec éclat. Lorsqu’on apprend, de plus, que parmi les membres du CSM chargé de juger Mr. Burgaud, se trouvait un magistrat impliqué dans l’affaire pour avoir refusé une mise en liberté provisoire d’un des accusés et qu’il affirme ne pas se souvenir de cette affaire (sic !), on reste confondu devant l’hypocrisie qui gangrène le corps des magistrats. Il y a décidément une justice à trois vitesses : une pour les plus démunis, une pour les nantis ... et une pour les magistrats ! Il ne faut pas d’étonner que les citoyens doutent de la justice de leur pays.
20 avril 2009
Déontologie
Madame Royale se répand dans le monde en s’excusant à l’envi « au nom de la France et des Français ». Au nom de quelle légitimité se permet-elle de parler au nom de ses concitoyens et de se complaire dans une repentance allitérative ? Serait-ce celle de son statut de présidente de la région Poitou-Charentes, une des plus petite région française ? Dans ce cas, qu’elle se contente de présenter les excuses des Charentais. Le reste du pays n’est absolument pas représenté par Madame Royale. Cet entêtement rodomont à parler de façon illégitime au nom du pays indique que la frustration de n’avoir pas été élue à la Présidence de la République est profonde et altère sa réflexion en l’entraînant dans une gesticulation qui frise le ridicule. Il y a là une posture mégalomaniaque qui porte à douter de la capacité de Madame Royale à endosser la charge suprême.D’autre part, s’expriment des parlementaires de la majorité comme de l’opposition pour contester la réalité des paroles que l’on prête à Nicolas Sarkozy. Cela montre que Libération, à l’origine de cette péripétie, a manqué de déontologie en omettant de s’assurer de la réalité des paroles imputées au Président. Un journaliste professionnel et sérieux aurait dû entendre tous les protagonistes avant de publier un article orienté et subjectif. Il n’aurait surtout pas dû sortir la citation de son contexte. Ce n’est pas la même chose de dire « Mr. X n’est pas intelligent » ou « Peut-être que Mr.X n’est pas intelligent, mais … ». La seconde phrase montre, à l’évidence, qu’il s’agit d’une réponse et que la critique d’origine vient d’ailleurs. Mais Monsieur L.Joffrin laisse son animadversion pour le Président de la République l’emporter sur la déontologie du journaliste.
Dans un cas comme dans l’autre, l’esprit est embrumé par des ressentiments personnels qui occultent l’objectivité de l’information et la dignité de la fonction.
18 avril 2009
Lettre ouverte aux médecins et aux enseignants
Il est un certain nombre de vérités que certains citoyens ne veulent pas entendre. En particulier, le corps des médecins et celui des enseignants. On entend aujourd’hui ces deux corporations réclamer à grands cris le « retrait du projet de loi du gouvernement » au nom d’une « vision purement comptable » ou d’une « privatisation rampante » ! Voilà des citoyens qui ne vivent que grâce à la bonne volonté du reste de la Nation et qui ne veulent tenir aucun compte des difficultés collectives. Les médecins ne vivent que grâce à la Sécurité Sociale, c’est-à-dire à la solidarité nationale, et les enseignants ne vivent que grâce aux salaires versés par l’État. Dans les deux cas, c’est donc par l’impôt que ces corporations obtiennent les émoluments qui leur permettent de vivre. Or la Nation se paupérise depuis plusieurs années. L’évolution du PIB du pays se traîne depuis plusieurs années autour de 1% avant de devenir négative alors que la croissance mondiale a atteint près de 4%. Le déficit de la Sécurité Sociale devient insupportable. La dette nationale atteint des sommets jusqu’alors inconnus. C’est donc bien le signe que la France a de plus en plus de difficultés économiques. La crise actuelle a considérablement aggravé la situation par un endettement national absolument abyssal que les générations futures auront à rembourser d’une manière ou d’une autre (inflation et/ou augmentation importante des impôts). Que peut donc faire le gouvernement, si ce n’est que d’essayer d’améliorer l’efficacité des structures de la nation, c’est-à-dire rechercher une organisation, des processus opératoires, des modes de gouvernance qui soient plus efficaces sans coûter davantage, l’État étant dans l’incapacité absolue d’augmenter ses dépenses courantes ? Médecins, enseignants, vous avez été incapables d’améliorer vous-même le fonctionnement de vos structures depuis plusieurs dizaines d’années ! Vous avez été incapables de proposer vous-même des évolutions réelles, autres que de réclamer toujours plus d’argent à la communauté ! Sclérosés par des syndicats corporatistes à l’extrême et aveugles, vous avez perdu le sens de l’intérêt général pour ne penser qu’à votre intérêt particulier, oublieux de l’effort que fait la nation tout entière pour vous permettre de vivre. Le pays traverse une crise d’une ampleur jamais connue. Pourquoi seriez-vous les seuls à ne pas s’en préoccuper ? Il est frappant de constater que les enseignants chercheurs s’opposent aux pouvoirs donnés aux présidents d’Universités et que les médecins s’insurgent envers les pouvoirs donnés aux directeurs d’hôpitaux. Comme si les uns et les autres craignaient qu’une autorité puisse porter un jugement sur leur efficacité. Comme si les spécialistes hospitaliers craignaient que quelqu’un ait le pouvoir de limiter l’exercice de la médecine privée au sein de l’hôpital public. Comme si les médecins, qui vivent grâce à la Sécurité Sociale, craignaient de se voir un jour contraints de desservir les « déserts médicaux ». Comme si les chercheurs craignaient que quelqu’un puisse favoriser les axes de recherche les plus pertinents pour la nation. Quand donc tout ce petit monde se rendra-t-il compte que le pays s’enfonce depuis des années vers l’inefficacité et la gabegie financière, que l’on ne peut pas constamment demander aux plus démunis les plus gros efforts ? Ressaisissez-vous, messieurs !
16 avril 2009
La crise était inéluctable
La crise actuelle est une démonstration de l’incomplétude de la théorie économique. La pierre angulaire de cette dernière est la fameuse loi de l’offre et de la demande. Cette loi stipule que ces deux variables économiques sont indépendantes l’une de l’autre et que leurs variations en fonction du prix varient en sens inverse, jusqu’à un prix d’équilibre. C’est ce qui s’appelle la loi du marché ou la main invisible : le marché s’autorégule. Tous les marchés sont censés suivre cette loi immuable, le marché des produites et services et le marché de la main-d’œuvre notamment. Or qu’en est-il du marché financier, c’est-à-dire des actifs boursiers en particulier ? Par anticipation et espoir d’enrichissement rapide, la demande d’actifs croit entraînant une demande croissante de crédits. Les banques, hypnotisées par l’accroissement des valeurs boursières, augmentent leur offre de crédit au risque de diminuer drastiquement leur capital de réserve et d’augmenter leur propre endettement. Ainsi, l’offre et la demande de crédits, non seulement ne sont plus indépendantes, mais surtout sont toutes deux des fonctions croissantes de la valeur des actifs. Il n’y a donc plus de point d’équilibre ! La demande d’actifs, soutenue par l’offre de crédit, entraîne la valeur des actifs à la hausse et le cercle vicieux s’enclenche de façon dramatique. Au sein des (grandes) entreprises, l’augmentation de la valeur de l’action cesse d’être le résultat d’une bonne santé économique, mais devient une stratégie qui dévoie l’investissement vers des opérations boursières afin de satisfaire les exigences de l’actionnaire. Phénomène aggravant, l’ingénierie financière, dans laquelle les traders français sont devenus des experts, constatant l’augmentation du risque pris par les banques, a « inventé » des produits dérivés sophistiqués (les CDS) qui permettent aux banques et aux organismes financiers de revendre leur risque en créant un marché de la demande et de l’offre du risque financier. Ce nouveau marché a alors joué le rôle d’un anesthésiant auprès des banques et des organismes prêteurs qui ont perdu la conscience du risque encouru. Ils ont alors accordé des prêts dans des conditions absolument aberrantes à des emprunteurs qui, n’ayant pas la capacité de rembourser, ont gagé leurs biens immobiliers pour garantir leur emprunt. Un tel mécanisme ne peut que conduire à la rupture brutale du fonctionnement de ce cycle pervers. Il faut bien constater qu’aucun économiste n’a tiré le signal d’alarme, ni aucun des organismes internationaux que sont l’OCDE, le FMI, la Banque Mondiale, restés accrochés au Consensus de Washington par l’aveuglement de leurs bureaucrates.La stratégie de plus-value des actifs financiers a entraîné la financiarisation des entreprises qui, privilégiant l’actionnaire, ont provoqué une déflation salariale. Celle-ci entraîne nécessairement une perte de pouvoir d’achat qui se voit compensée par un endettement des individus et une demande de crédit qui deviennent excessifs. La boucle est bouclée… et la crise est devenue tellement profonde qu’il faudra longtemps pour que l’économie sorte enfin de cette phase de désordre pour retrouver une phase de redressement après une consolidation et des remises en question douloureuses. La crise sociale, fille de la crise économique, en est à ses débuts. Viendront ensuite les effets de l’invraisemblable inflation de la quantité monétaire créée par les États.
12 avril 2009
Aveugle !
Il ne fait aucun doute que nous allons revivre une fois encore un grand moment de la politique française. Les prochaines échéances électorales européennes sont précédées par un aménagement du découpage électoral dû à l’évolution et à la répartition démographiques. Le travail du ministère de l’Intérieur n’est pas terminé à ce jour que déjà on entend l’opposition hurler au « charcutage électoral » ! Ce travail prévoit actuellement la disparition de 33 circonscriptions. L’opposition compte 23 d’entre elles comme étant tenues par la gauche, le ministère de l’Intérieur n’en concède que 18. Qui dit vrai ? Je serai tenté de dire peu importe. Il n’y a vraisemblablement, dans cette indignation, que la crainte des élus actuels de perdre leur siège et les avantages qui y sont associés. Il est certain, par contre, qu’au milieu de la crise économique et sociale dans laquelle le pays est plongé, il n’y a rien de plus urgent que de s’indigner du redécoupage électoral ! Mais il faut bien que l’opposition trouve, faute d’idées et de propositions en la matière, un prétexte pour se faire entendre … et faire croire qu’elle existe encore ! L’aveuglement politicien lui fait perdre le sens commun.
10 avril 2009
Le plus beau tableau du monde
C’est le petit matin. La pluie, lourde et froide, vient juste de s’arrêter. L’air est transparent, nettoyé des poussières de la ville, soulevées par les chevaux du chemin de halage. Traversant les gros nuages, vestiges de l’averse, un rayon de soleil vient frapper la tour de la nouvelle église et les maisons voisines ainsi que le petit pan de mur jaune qui a tant frappé Marcel Proust, laissant dans l’ombre celles qui s’alignent le long du quai de Lange Geer. Le vent est tombé et l’eau du canal a retrouvé son calme, précisant les reflets bleutés de la ville et de ses remparts. La transparence de l’air donne au dessin des toits et des pignons crénelés une netteté surprenante. Rien n’arrête le regard qui traverse sans obstacle le vide du clocher de la nouvelle église. Les villageois, un moment calfeutrés pendant l’averse, sortent à nouveau et viennent, au gré des rencontres, discuter sur les bords du canal. Le chant des oiseaux matinaux, un moment interrompu, a repris et souligne le calme et la lenteur de l’instant. Le grincement des accastillages des lourds bateaux en partance pour Rotterdam et accostés sur l’autre rive du canal rebondit sur le miroir de l’eau. La journée commence…C’est le plus beau tableau du monde.
06 avril 2009
Dieu
Dieu a créé l’homme à son image, nous dit-on. Alors, voilà son image : • Il y a ceux qui tuent les enfants dans les cours d’école.
• Il y a ceux qui font exploser des bombes au milieu de la foule.
• Il y a ceux qui font du commerce avec des médicaments périmés.
• Il y a ceux qui prostituent des femmes et des enfants.
• Il y a ceux qui font du tourisme sexuel.
• Il y a ceux qui font du commerce avec de la drogue vendue aux enfants.
• Il y a ceux qui exterminent leur peuple pour être au pouvoir.
• Il y a ceux qui jettent leur merde à la mer.
• Il y a ceux qui empêchent les filles d’aller à l’école.
• Il y a ceux qui lapident les femmes.
• Il y a ceux qui prennent des innocents en otage.
• Il y a ceux qui s’enrichissent par la dictature.
• Il y a ceux qui font exploser les avions sur les villes.
• Il y a ceux qui font la chasse aux juifs.
• Il y a ceux qui inventent les chambres à gaz.
• Il y a ceux qui tracent des croix gammées.
• Il y a ceux qui bombardent les civils.
• Il y a ceux qui torturent.
• Il y a ceux qui tuent pour voler.
• Il y a ceux qui violent.
• Il y a ceux qui arment des enfants.
• Il y a ceux qui jettent les migrants à la mer.
• Il y a ceux qui affament le peuple.
• Il y a ceux qui sont coupables du délit de fuite.
• Il y a ceux qui recommencent.
• Il y a ceux qui transforment la religion en arme de guerre.
• Il y a ceux qui trahissent pour le pouvoir ou l’argent.
Enfin il y a les spéculateurs, les banquiers et les grands patrons.
03 avril 2009
Collapsus
La thermodynamique explicite les lois qui conditionnent le fonctionnement énergétique des systèmes et des processus qui les composent. La première d’entre elles stipule la conservation de l’énergie. L’énergie consommée lorsqu’une automobile brûle une quantité donnée de pétrole se retrouve intégralement dans le travail permettant le déplacement de l’engin et à la chaleur dispersée par tous les frottements et par les processus d’ignition et d’échauffement du moteur. C’est ce principe de conservation de l’énergie qui interdit le mouvement perpétuel c’est-à-dire la production d’énergie sous une certaine forme sans en consommer par ailleurs sous une autre forme. Nous consommons de l’énergie sous toutes ses formes, mais nous produisons des déchets. Le second principe, dit aussi principe d’évolution, s’attache à décrire l’évolution des processus irréversibles. En effet, l’expérience et l’évidence nous montrent que certains évènements ne peuvent se dérouler en sens inverse, comme la fonte d’un morceau de sucre dans une tasse de café. À ces processus, le second principe attache une fonction d’état dite entropie (introduite par Rudolf Clausius en 1865) qui ne peut que croître pendant l’évolution d’un système entre deux états successifs. Cette grandeur mesure le désordre grandissant qui s’installe dans le système. Elle mesure également l’impossibilité de décrire complètement l’état d’un système (d’après les travaux de Boltzmann), c’est-à-dire notre ignorance sur la réalité de ce système. Ainsi, plus un processus est complexe, plus notre ignorance sur son comportement détaillé est grande.Or, l’évolution de la société humaine se traduit par une complexité croissante des processus. Il n’est que d’écouter les discours contradictoires, parfois simplistes, sur le fonctionnement économique du monde pour comprendre que la complexité réelle des processus étudiés dépasse l’entendement des plus informés. Cette incompréhension vient nécessairement du niveau d’ignorance de leur fonctionnement réel. Leur entropie est donc élevée et s’accroît constamment. Donc, si l’entropie s’accroît, le désordre également. La crise que nous vivons actuellement en est un prodrome vraisemblable. La gloutonnerie du monde en énergie est devenue incontrôlée et les processus de consommation énergétique pillent, de façon irréversible, les matières premières fossiles et l’environnement en produisant une quantité croissante de déchets dont le monde ne sait plus que faire, sinon de les déverser parmi les populations les plus pauvres qui y trouvent, non sans danger et à la grande honte du genre humain, de quoi survivre. L’entropie d’un système est directement liée aux échanges. La sophistication exponentielle de la société humaine se traduit par une explosion du nombre et de la valeur des échanges entre les différents composants du système et leur environnement. L’entropie augmente donc de façon considérable. Jusqu’où peut croître l’entropie d’un tel système emballé ? Nul ne le sait, mais il ne peut être exclu que cette augmentation inconsidérée et non maîtrisée ne conduise à un collapsus généralisé car systémique. C’est ainsi qu’à l’inconscience criminelle s’ajoute l’ignorance inavouée. L’époque actuelle cherche un moyen de se rassurer en inventant le concept de
« développement durable », sans se rendre compte que le développement porte en lui une entropie croissante et que la durabilité sans borne est impossible. Il s’agit donc d’un oxymore anesthésiant.
La mesure du désordre s’appuie sur l’expérience du mélange de deux gaz, initialement séparés. Lorsque le mélange est terminé, la diffusion réciproque des gaz entraîne une répartition au hasard des différentes molécules, preuve de l’augmentation du désordre. Mais on peut pousser un peu plus loin l’analyse de cette expérience pédagogique. En effet, après diffusion, tout volume du mélange est semblable à tout autre partie. C’est-à-dire que le désordre s’accompagne de l’uniformité. On peut constater le même effet dans la société humaine actuelle. La culture, les modes de vie, les idées, les comportements s’uniformisent et les particularités s’estompent. Nous devenons un simple mouton anonyme au sein d’un troupeau uniforme. Cette uniformisation entraîne la disparition des exceptions. Où sont, aujourd’hui, Vermeer et Monet, Michel-Ange et Camille Claudel, Montaigne et Camus, Apollinaire et Rimbaud, Mozart et Boulez, Montesquieu et Sartre, Newton et Einstein ? Ils sont morts pour la seconde fois…
29 mars 2009
Le bouclier de la discorde
L’antienne la plus entendue venant de l’opposition est l’injustice du bouclier fiscal qui, entend-on dire, favoriserait d’une manière insupportable les plus riches d’entre nous. Mais qui connaît l’ampleur de l’enjeu ? En premier lieu, l’Allemagne a inscrit dans sa constitution un bouclier fiscal à 50% du revenu...et les Allemands ne crient pas au scandale. Ensuite, le principe d’un bouclier fiscal a été élaboré par Laurent Fabius, mis en œuvre par Jacques Chirac et Dominique de Villepin et atteignait alors 60% du revenu. Qui est concerné ? Cette disposition vise essentiellement les contribuables qui possèdent un patrimoine supérieur à 15,5 millions d’Euros, c’est-à-dire 834 personnes ! Comment peut-on croire qu’accroître les impôts payés par 834 personnes peut améliorer la vie des 60 millions de Français ! Soyons encore plus précis. L’enjeu financier représenté par le manque à gagner depuis l’instauration de cette disposition est de 450 millions d’Euros, à comparer aux 1000 milliards d’Euros du total des prélèvements fiscaux payés par l’ensemble des Français ! Sur ce montant global, l’impôt sur le revenu ne représente que 5%, soit 50 milliards d’Euros. Alors, de qui se moque-t-on lorsque l’on porte comme un drapeau de la révolte la suppression du bouclier fiscal ? De qui se moque-t-on lorsque, aveuglée par son rejet viscéral du Président de la République, l’opposition s’enferme dans un débat secondaire, même si la symbolique reste forte et n’est jamais à négliger ? Cet aveuglement lui fait perdre de vue les deux problèmes fondamentaux que sont l’existence des paradis fiscaux et du « dumping » fiscal entre les pays européens. Lorsque l’on entend un banquier suisse expliquer que la protection de la vie privée est prioritaire sur la transparence fiscale, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec les intégristes islamistes qui clament que la loi de Dieu prévaut sur la loi des hommes. Lorsque la société même est menacée, il serait judicieux que les politiques de tous bords agissent de conserve. Rêvons un peu !!
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