La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
25 février 2008
De l’un à l’autre
« Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ». Tel était Charles De Gaulle à l'Hôtel de Ville de Paris. « Tire-toi, pauvre con », tel est Nicolas Sarkozy au derrière des vaches. Les Français ont chassé De Gaulle du pouvoir pour de mauvaises raisons. Aujourd’hui, ils ont porté au pouvoir Sarkozy pour d’autres mauvaises raisons. Finalement, la France a le président qu’elle mérite.
22 février 2008
L’école de la République est en danger
Jules Ferry a inventé l’école de la République Française. Et cette école fut un véritable succès. La troisième République a inventé l’ascenseur social grâce à l’école. Ce qui a donné à l’instituteur et au maître une mission s’apparentant au sacerdoce et leur a permis d’obtenir la reconnaissance de la Nation. Cette école de la République s’attachait à la transmission du savoir. Et ses méthodes s’adaptaient à l’âge des élèves et étaient pleines de bon sens. Ce que l’Éducation Nationale a oublié depuis trente ans. Pour écrire correctement, il fallait apprendre la grammaire. Pour pouvoir aborder les mathématiques, il fallait savoir faire les quatre opérations d’arithmétique. Pour pouvoir s’intégrer dans la société, il fallait savoir lire. Voilà ce qu’étaient les principes éducatifs de l’école de Jules Ferry. Pour que les élèves comprennent le message de leur instituteur, encore fallait-il utiliser un langage compréhensible. Comment l’école d’aujourd’hui pourrait-elle réussir lorsque même les parents ne comprennent plus le langage de l’école ? Les pédagogues de tous poils, en mal de renommée, ont voulu faire carrière en sinistrant l’Éducation Nationale et en croyant avoir découvert une méthode pédagogique nouvelle appelée le constructivisme. La réalité est qu’ils ont mené leurs expériences personnelles au détriment des enfants et qu’ils sont donc responsables de l’échec insupportable de l’Éducation Nationale. Comment ces personnages peuvent-ils dormir tranquilles lorsqu’ils sont responsables de l’échec scolaire, et donc social, de 20 % des enfants de chaque génération ? Le ministre actuel tente de remettre du bon sens dans la pédagogie. Qui s’y oppose ? Les syndicats de l’Éducation Nationale et, dans une moindre mesure, des parents d’élèves, réactionnaires au-delà du supportable. La confusion dans les objectifs, le vocabulaire jargonnant ont plongé les instituteurs dans la difficulté et la confusion. Il est peut-être important de parler informatique ou histoire de l’Art aux enfants, mais à quoi cela peut-il servir si ces mêmes enfants ne savent pas lire ? La lecture et l’écriture sont deux outils fondamentaux de l’insertion dans la société. Les pédagogues l’ont tout simplement oublié. Ce constat montre bien qu’il est urgent de réformer en profondeur les IUFM qui, manifestement, ont échoué dans leur mission. Les enseignants sont réfractaires à toute méthode imposée lorsqu’elle l’est par le gouvernement. Acceptons ce fait en leur laissant la liberté pédagogique, mais imposons leur l’évaluation de leur efficacité. Ce ne serait que justice. L’impunité dans l’échec ne peut plus perdurer sans faire peser sur la jeunesse de terribles dangers. L’échec scolaire d’un enfant est, d’abord, l’échec pédagogique du maître.
21 février 2008
Le miroir aux alouettes
Le chômage diminue de façon sensible et la communication gouvernementale ne se prive pas de le souligner. On pourrait s’en réjouir. Mais, en regardant d’un peu plus près, cette nouvelle est préoccupante. En effet, cette diminution du chômage tient à la création de plus de 200.000 emplois pendant l’année 2007. Or, ces emplois sont, dans leur grande majorité, des emplois d’aide à la personne créés avec l’aide efficace du ministère de J.L. Borloo. Dans le même temps, les emplois industriels continuent à régresser, comme le laissent comprendre les multiples fermetures d’usines en France, conséquence des délocalisations compétitives. Or, un emploi d’aide à la personne ne crée aucune richesse supplémentaire pour le pays . Ce n’est qu’un déplacement de richesse entre la personne aidée et la personne qui apporte son aide. Le pays n’est pas plus riche parce qu’un senior aura reçu (et payé) une personne venant à domicile lui apprendre à se servir de son ordinateur récemment acheté ! Par contre, un emploi industriel supprimé correspond à une production réelle supprimée, donc à un appauvrissement du pays. Encore une fois, ce n’est pas parce que le magasinier achète ses nouilles au supermarché qui l’emploie que la France devient plus riche. Le chômage diminue, mais la France se désindustrialise. Ce mouvement n’a rien à voir avec ce qui s’est passé lorsque le pays est passé de l’ère agricole à l’ère industrielle. Il y a eu substitution de production. Rien de tel en ce moment. Les emplois industriels productifs sont remplacés par des emplois non productifs. Le chômage diminue, mais le pays s’appauvrit. Ne nous laissons pas abuser par le miroir aux alouettes de cette amélioration apparente de l’emploi. La situation continue de se dégrader .
20 février 2008
Liberté, égalité … laïcité
On croyait que le problème de la cohabitation du religieux et du politique était réglé depuis 1905. La loi votée cette année-là, en fait, est extrêmement simple dans un énoncé un peu compliqué. Elle stipule que :
« • La république garantit le libre exercice des cultes, ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
• La République ne prend en charge que les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics.
• Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l'exercice d'un culte. Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit. Sont punis d'une amende ceux qui, par violence ou menaces contre un individu, l'auront déterminé à exercer ou à s'abstenir d'exercer un culte.
• Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans. »
Tout le reste du texte traite de la délicate question du transfert des biens immobiliers de l’Église à l’État.
Que peut- on penser de cette loi ? Tout d’abord qu’il n’a pas été jugé anormal, au début du XXème siècle, que l’État se mêle du religieux. Il stipule un fait, qui paraît naturel aujourd’hui, à savoir que chacun a le droit d’exercer sa religion, quelle qu’elle soit, à condition qu’il le fasse sans prosélytisme et sans signe visible en dehors de sa sphère privée. Bien entendu, aucun classement de valeur n’est précisé ni entre les religions ni entre le religieux et le laïc. Mais séparation ne veut pas dire ignorance. Peut-on faire de l’histoire sans rien connaître de l’histoire particulière des religions et des multiples interactions qu’elles ont eues sur la vie citoyenne ? Doit-on passer sous silence la Saint Barthélemy, la guerre des Chouans, l’éradication des Cathares et des Templiers, les atrocités des croisades et de l’Inquisition ? La destinée de l’Europe et du Moyen-Orient a été façonnée en profondeur par les religions. Or, l’ignorance est grande, tant chez les adultes que chez les enfants, de l’histoire des religions. Peut-on limiter l’histoire du peuple juif à la seule Shoa, en omettant l’exode du VIIème siècle avant JC provoqué par les Assyriens,la déportation à Babylone en 586 avant JC, le début de la diaspora en l’an 70 après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains, la création de ghettos espagnols par ordonnance royale en 1412 servant de précurseur à la lutte anti-sémite espagnole de XIIème siècle commençant par l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492 ? Peut-on ignorer l’histoire musulmane et de son expansion depuis l’invasion du Maghreb en 400 et de la Syrie par les Arabes en 636 jusqu’à leur arrivée en Europe et la conquête de l’Espagne en 711, leur pénétration en France jusqu’en 732, la grande renaissance de l’Islam de 1520 à 1629 qui mena les Ottomans jusqu’en Autriche ? Peut-on ignorer la différence entre un chiite et un sunnite , entre un juif ashkénaze et un séfarade ? Les massacres religieux ont jalonné l’histoire occidentale comme elle a jalonné, et jalonne encore, celle du Proche-Orient. Tirant enfin les leçons de l’Histoire, la loi de 1905, par la séparation nette des intérêts religieux et laïcs, entend éradiquer toute velléité d’actions politiques menées au nom d’une quelconque religion. La seule morale conduit l’action des hommes et cette morale est décrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme qui doit être le bien commun à toutes religions et à tous ceux qui sont athées ou agnostiques.
Liberté du choix religieux, égalité de traitement pour tous sans signe distinctif, laïcité et Droits de l’Homme.
« • La république garantit le libre exercice des cultes, ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
• La République ne prend en charge que les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics.
• Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l'exercice d'un culte. Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit. Sont punis d'une amende ceux qui, par violence ou menaces contre un individu, l'auront déterminé à exercer ou à s'abstenir d'exercer un culte.
• Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans. »
Tout le reste du texte traite de la délicate question du transfert des biens immobiliers de l’Église à l’État.
Que peut- on penser de cette loi ? Tout d’abord qu’il n’a pas été jugé anormal, au début du XXème siècle, que l’État se mêle du religieux. Il stipule un fait, qui paraît naturel aujourd’hui, à savoir que chacun a le droit d’exercer sa religion, quelle qu’elle soit, à condition qu’il le fasse sans prosélytisme et sans signe visible en dehors de sa sphère privée. Bien entendu, aucun classement de valeur n’est précisé ni entre les religions ni entre le religieux et le laïc. Mais séparation ne veut pas dire ignorance. Peut-on faire de l’histoire sans rien connaître de l’histoire particulière des religions et des multiples interactions qu’elles ont eues sur la vie citoyenne ? Doit-on passer sous silence la Saint Barthélemy, la guerre des Chouans, l’éradication des Cathares et des Templiers, les atrocités des croisades et de l’Inquisition ? La destinée de l’Europe et du Moyen-Orient a été façonnée en profondeur par les religions. Or, l’ignorance est grande, tant chez les adultes que chez les enfants, de l’histoire des religions. Peut-on limiter l’histoire du peuple juif à la seule Shoa, en omettant l’exode du VIIème siècle avant JC provoqué par les Assyriens,la déportation à Babylone en 586 avant JC, le début de la diaspora en l’an 70 après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains, la création de ghettos espagnols par ordonnance royale en 1412 servant de précurseur à la lutte anti-sémite espagnole de XIIème siècle commençant par l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492 ? Peut-on ignorer l’histoire musulmane et de son expansion depuis l’invasion du Maghreb en 400 et de la Syrie par les Arabes en 636 jusqu’à leur arrivée en Europe et la conquête de l’Espagne en 711, leur pénétration en France jusqu’en 732, la grande renaissance de l’Islam de 1520 à 1629 qui mena les Ottomans jusqu’en Autriche ? Peut-on ignorer la différence entre un chiite et un sunnite , entre un juif ashkénaze et un séfarade ? Les massacres religieux ont jalonné l’histoire occidentale comme elle a jalonné, et jalonne encore, celle du Proche-Orient. Tirant enfin les leçons de l’Histoire, la loi de 1905, par la séparation nette des intérêts religieux et laïcs, entend éradiquer toute velléité d’actions politiques menées au nom d’une quelconque religion. La seule morale conduit l’action des hommes et cette morale est décrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme qui doit être le bien commun à toutes religions et à tous ceux qui sont athées ou agnostiques.
Liberté du choix religieux, égalité de traitement pour tous sans signe distinctif, laïcité et Droits de l’Homme.
17 février 2008
Le poison est dans le fruit
Le Kosovo vient d’annoncer son indépendance, c’est-à-dire son détachement de la Serbie. Cette ancienne province serbe est grande comme deux départements français. Sa viabilité économique n’est rien moins que douteuse, mais l’esprit communautaire (et l’esprit de revanche, en l’occurrence) a prévalu sur toute autre considération. Cette indépendance va, sans aucun doute, être validée par la majorité des pays occidentaux. Il est vraisemblable que le Kosovo va ainsi servir d’exemple à d’autres tentations séparatistes, en Espagne, en Belgique, en Corse, en Italie du Nord entre autres. Tous ces communautarismes européens font courir un risque majeur à l’idée d’Europe, qu’elle soit fédéraliste ou non. Un éclatement des nations en leurs différentes composantes communautaires conduirait à la fin d’un rêve de plusieurs générations d’européens.
Le devoir de mémoire
La polémique actuelle, qui s’est levée comme un ouragan à la suite de la proposition du Président de la République demandant que chaque enfant se voit « confié » la mémoire d’un enfant mort en déportation, donne à chacun le devoir de s’interroger sur la façon dont la société exerce son devoir de mémoire. Peut-on dire que tout est fait pour que personne n’oublie plus jamais (tout tient dans le « jamais ») l’horreur que des hommes ont engendrée ? La mémoire doit-elle se satisfaire d’une connaissance généraliste et partielle, globalisante, noyant dans un anonymat rédempteur et collectif les victimes expiatoires d’une folie humaine ? Hélas, la Shoa n’est pas le seul génocide perpétré par les hommes et ne peut faire sombrer dans l’ombre immense de sa démesure le génocide des Arméniens de Turquie, des Tutsis du Rwanda, des Albanais de Serbie, des chiites irakiens. L’horreur de la Shoa n’a pas empêché celle du Rwanda ni celle du Kosovo. La mémoire ne semble pas être suffisante pour empêcher la folie collective des hommes. Alors ? Les adultes, ayant montré leur incapacité à tirer les leçons de l’histoire, doivent-ils se décharger sur leurs enfants de la mémoire de l’indicible, lorsqu’on soupçonne que cela ne sera peut-être pas suffisant ? Les adultes peuvent-ils échanger le sommeil de leur conscience par les cauchemars de leurs enfants ?
Mais le problème ne peut se limiter à cette interrogation trop facile à cause de son évidence. Instaurer chez les enfants un devoir de mémoire spécifique attaché aux enfants juifs morts en déportation ne risque-t-il pas de renforcer, sinon de créer, un esprit communautaire ? Que demande-t-on aux enfants ? De garder en mémoire le nom d’un enfant juif ou celui d’un enfant ? De même, ce devoir de mémoire s’attache-t-il à un enfant mort ou à un enfant ? Ces questions montrent qu’il est indispensable d’expliquer avec intelligence le comment et le pourquoi pour ne pas laisser l’enfant seul en face de l’horreur. Devoir de mémoire et pédagogie sont, comme toujours, indissociables. L’indignation de Simone Weil se comprend aisément si l’explication manque (encore que ses propos du 16 Février au Pavillon d’Armenonville ont été beaucoup plus mesurés). Mais l’hydre n’est pas morte qui peut renaître d’une autre folie collective emmenée par un fanatique affamé de pouvoir. Ne doit-on pas, alors, tout faire pour empêcher que l’horreur recommence ? Et, dans ce but, le meilleur moyen n’est-il pas d’éduquer les enfants dans « l’horreur de l’horreur » ? La violence est constamment mise devant les enfants par l’intermédiaire de la télévision ou des jeux video. N’est-il pas sain que les enfants comprennent très tôt que la violence n’est pas uniquement virtuelle et qu’elle peut ne pas être un simple jeu ? On meurt deux fois. La première fois lorsque la vie vous quitte, la seconde lorsque l’oubli vous efface de toutes les mémoires. Que vaut-il mieux ? Le souvenir ou l’oubli ? On objecte que l’âge est un risque et que le poids du souvenir est trop lourd pour de jeunes esprits. Il est certain que l’on ne parle pas de Hitler aux enfants du primaire. Peut-être est-ce pour cela que certains d’entre eux n’en entendront jamais parler (Hitler, connais pas !). Dans tous les domaines, les pédagogues insistent sur l’importance de l’enfance pour assimiler et comprendre. Pourquoi pas dans celui qui nous préoccupe ici ? Le risque de la culpabilité enfantine doit pouvoir être maîtrisé par une pédagogie collective. La faisabilité et la méthodologie de la mise en œuvre d’une idée comme celle-là auraient dû être soigneusement réfléchies avant de tomber dans la tentation de l’inattendu. Dans le seul but du sensationnel, a-t-on le droit de négliger une nécessaire réflexion préalable qui engage toute une société ?
Mais le problème ne peut se limiter à cette interrogation trop facile à cause de son évidence. Instaurer chez les enfants un devoir de mémoire spécifique attaché aux enfants juifs morts en déportation ne risque-t-il pas de renforcer, sinon de créer, un esprit communautaire ? Que demande-t-on aux enfants ? De garder en mémoire le nom d’un enfant juif ou celui d’un enfant ? De même, ce devoir de mémoire s’attache-t-il à un enfant mort ou à un enfant ? Ces questions montrent qu’il est indispensable d’expliquer avec intelligence le comment et le pourquoi pour ne pas laisser l’enfant seul en face de l’horreur. Devoir de mémoire et pédagogie sont, comme toujours, indissociables. L’indignation de Simone Weil se comprend aisément si l’explication manque (encore que ses propos du 16 Février au Pavillon d’Armenonville ont été beaucoup plus mesurés). Mais l’hydre n’est pas morte qui peut renaître d’une autre folie collective emmenée par un fanatique affamé de pouvoir. Ne doit-on pas, alors, tout faire pour empêcher que l’horreur recommence ? Et, dans ce but, le meilleur moyen n’est-il pas d’éduquer les enfants dans « l’horreur de l’horreur » ? La violence est constamment mise devant les enfants par l’intermédiaire de la télévision ou des jeux video. N’est-il pas sain que les enfants comprennent très tôt que la violence n’est pas uniquement virtuelle et qu’elle peut ne pas être un simple jeu ? On meurt deux fois. La première fois lorsque la vie vous quitte, la seconde lorsque l’oubli vous efface de toutes les mémoires. Que vaut-il mieux ? Le souvenir ou l’oubli ? On objecte que l’âge est un risque et que le poids du souvenir est trop lourd pour de jeunes esprits. Il est certain que l’on ne parle pas de Hitler aux enfants du primaire. Peut-être est-ce pour cela que certains d’entre eux n’en entendront jamais parler (Hitler, connais pas !). Dans tous les domaines, les pédagogues insistent sur l’importance de l’enfance pour assimiler et comprendre. Pourquoi pas dans celui qui nous préoccupe ici ? Le risque de la culpabilité enfantine doit pouvoir être maîtrisé par une pédagogie collective. La faisabilité et la méthodologie de la mise en œuvre d’une idée comme celle-là auraient dû être soigneusement réfléchies avant de tomber dans la tentation de l’inattendu. Dans le seul but du sensationnel, a-t-on le droit de négliger une nécessaire réflexion préalable qui engage toute une société ?
13 février 2008
La fosse des septiques
Neuf mois à peine après avoir élu Nicolas Sarkozy à une grande majorité, voilà les Français prêts à se jeter à nouveau dans les bras de l’opposition socialiste qu’ils ont rejetée il y a moins d’un an. La France est décidément bien malade. Le choix politique est aujourd’hui entre un parti qui soutient un homme qui n’a pas pris la mesure du rôle et du comportement d’un Président de la République et un parti déliquescent qui se meurt de ses luttes internes et de son incapacité à comprendre le monde d’aujourd’hui. Finalement, les Français ont à choisir entre la comédie dramatique et la tragédie. En dehors des palinodies électorales et municipales, les raisons sont décidément nombreuses d’être très inquiet pour l’avenir du pays. Le fric et la morale ont divorcé, la pauvreté s’étend à de nouvelles couches de la population, les entreprises sont mal en point en dépit de résultats financiers mirobolants qui résultent en grande partie de la spéculation financière et pétrolière, les syndicats se corporatisent à outrance en oubliant le bien commun, le système financier et bancaire est en danger, le monde regarde la France en rigolant gentiment, les hommes politiques ont les yeux rivés sur les sondages ce qui leur permet d’éviter d’avoir des idées et ce qui autorise les medias à toutes les arrogances voire toutes les dérives (la course à l’audimat !!), les travailleurs sociaux ne sont pas assez compétents parce que subjectifs et idéologues. Le pays est débordé par les problèmes que les politiques ont été incapables de résoudre, ou n’ont pas voulu résoudre depuis trente ans. Aujourd’hui ces problèmes ont pris une telle ampleur que le pays n’a plus les moyens de les résoudre, compte tenu de son état de quasi-faillite. C’est le cas de la délinquance et de l’insécurité en banlieue, de la crise du logement, de l’investissement et de la recherche, de l’accompagnement durant le chômage, de l’Éducation Nationale et du nombre d’élèves en échec scolaire (tous les ans, 20% d’une génération d’élèves quittent l’école sans aucun diplôme), du fonctionnement de la justice, etc … Vive la France !! N’oublions pas ce que l’on dit du coq, emblème national : c’est le seul être vivant qui chante avec les deux pattes dans la m…
11 février 2008
Une honte
Les patrons des plus importants groupes du CAC 40 ont reçu chacun en valeur médiane 6,175 millions d'euros de rémunération totale en 2007, selon une étude du cabinet Hay Group portant sur 135 groupes dont tous ceux du CAC 40. Ceci représente une augmentation moyenne de 40% pour les trois quarts de ces patrons. La France est dans une situation difficile dont une des causes est le déficit monstrueux de la balance commerciale, bon indicateur de la mauvaise performance des entreprises françaises qui perdent des parts de marché sur toute la planète. Les Français ont un pouvoir d’achat en berne et l’inflation est repartie, rendant leur vie de plus en plus difficile. N’êtes-vous pas heureux de savoir qu’il y a des patrons qui sont à l’abri de ces petites mesquineries que sont les difficultés de vivre, malgré leurs piètres performances ?
10 février 2008
Fadela contre les intellectuels
Le 10 Février a eu lieu sur France 5, dans l’émission Riposte, une confrontation entre Fadela Amara et quelques intellectuels bon teint. Une jeune femme, visiblement sincère et profondément investie dans sa mission sur les banlieues, seule face à des hommes plus ou moins jeunes, uniquement attachés à la polémique ou viscéralement opposés à Nicolas Sarkozy, s’est vue confrontée à des attaques systématiques et contradictoires, sans que cette contradiction visible ne soit, d’ailleurs, relevée par le meneur de l’émission, Serge Moati. On avait l’impression d’un combat entre la sincérité et l’engagement d’un côté et la polémique de mauvaise foi de l’autre.
On entend, dans un même tour de table, reprocher à Fadela le « paquet fiscal » qui ne la concerne absolument pas, la démagogie supposée du projet à cause de la proximité des municipales. Comme d’habitude, les contradicteurs avancent des arguments en s’appuyant sur des annonces, des mots, des faits qui, sortis de leur contexte, deviennent partiels et de mauvaise foi. Pendant toute l’émission, on a eu le spectacle d’une vraie sincérité, sans langue de bois, face à un discours construit sur la volonté farouche de s’opposer au Président à travers Fadela Amara.Lorsque l’on entend le meneur de l’émission glisser au cœur d’une phrase que Fadela Amara est soumise à l’ISF, on est interloqué devant ce qui ne peut être qu’une manœuvre de déstabilisation, car on ne voit absolument pas le rapport avec le sujet de l’émission si ce n’est la volonté de jeter un doute sur la légitimité du ministre vis-à-vis du plan banlieu. Serge Moati a inséré dans l’émission une interview de Monsieur Azouz Begag, ulcéré de n’avoir pas été appelé par Nicolas Sarkozy au gouvernement, qui reprochait au « plan banlieue » de Fadela Amara de ne pas contenir les excuses du Président sur l’emploi des mots « karcher » et « racaille ». Cette émission n’a, finalement, montré que les limites de cet exercice.
La France a trop d’intellectuels inefficaces et pas assez de Fadela Amara.
On entend, dans un même tour de table, reprocher à Fadela le « paquet fiscal » qui ne la concerne absolument pas, la démagogie supposée du projet à cause de la proximité des municipales. Comme d’habitude, les contradicteurs avancent des arguments en s’appuyant sur des annonces, des mots, des faits qui, sortis de leur contexte, deviennent partiels et de mauvaise foi. Pendant toute l’émission, on a eu le spectacle d’une vraie sincérité, sans langue de bois, face à un discours construit sur la volonté farouche de s’opposer au Président à travers Fadela Amara.Lorsque l’on entend le meneur de l’émission glisser au cœur d’une phrase que Fadela Amara est soumise à l’ISF, on est interloqué devant ce qui ne peut être qu’une manœuvre de déstabilisation, car on ne voit absolument pas le rapport avec le sujet de l’émission si ce n’est la volonté de jeter un doute sur la légitimité du ministre vis-à-vis du plan banlieu. Serge Moati a inséré dans l’émission une interview de Monsieur Azouz Begag, ulcéré de n’avoir pas été appelé par Nicolas Sarkozy au gouvernement, qui reprochait au « plan banlieue » de Fadela Amara de ne pas contenir les excuses du Président sur l’emploi des mots « karcher » et « racaille ». Cette émission n’a, finalement, montré que les limites de cet exercice.
La France a trop d’intellectuels inefficaces et pas assez de Fadela Amara.
07 février 2008
Un gros mot
Dans le petit monde médiatique et politique, se murmure un vocable fantasmatique qui cristallise toutes les peurs et toutes les oppositions : une politique de rigueur. À entendre les réactions devant ce vocable, on pourrait croire que l’association de ces deux mots est un véritable scandale. La rigueur et la politique ne peuvent être associées dans un même vocable sans provoquer immédiatement des réactions irritées et des vociférations outrancières. Et pourtant … Qu’y a-t-il de scandaleux à ce que la politique soit menée avec rigueur ? La France est-elle trop habituée au laxisme en matière d’économie politique, laxisme qui se traduit concrètement par l’insondable dette du pays, pour pouvoir imaginer que l’économie politique puisse demander un peu de rigueur ? Pourtant, l’enseignement s’attache à inculquer aux élèves et aux étudiants que la rigueur est la base de tout travail et de toute réflexion.
Doit-on voir là aussi une faillite du système éducatif français ? Ou bien, en rejoignant ce que le Général De Gaulle pensait des Français, que le peuple est tellement étranger à l’effort que toute idée de rigueur lui est insupportable ? Comment expliquer autrement ce fait qu’il n’existe aucune corporation, aucun corps de métier, aucun syndicat qui ne réclame encore et toujours plus de moyens, alors que le pays est en état de quasi- cessation de paiement et que la balance commerciale affiche des records de déficit atteignant les quarante milliards d’Euros !! Mais la réalité est têtue : la France n’échappera pas aux sacrifices nécessaires et indispensables pour retrouver le chemin d’une saine gestion. Elle ne peut continuer à imposer aux autres pays européens des règles de rigueur qu’elle refuse de s’appliquer à elle-même. Préparer vos ceintures…
Doit-on voir là aussi une faillite du système éducatif français ? Ou bien, en rejoignant ce que le Général De Gaulle pensait des Français, que le peuple est tellement étranger à l’effort que toute idée de rigueur lui est insupportable ? Comment expliquer autrement ce fait qu’il n’existe aucune corporation, aucun corps de métier, aucun syndicat qui ne réclame encore et toujours plus de moyens, alors que le pays est en état de quasi- cessation de paiement et que la balance commerciale affiche des records de déficit atteignant les quarante milliards d’Euros !! Mais la réalité est têtue : la France n’échappera pas aux sacrifices nécessaires et indispensables pour retrouver le chemin d’une saine gestion. Elle ne peut continuer à imposer aux autres pays européens des règles de rigueur qu’elle refuse de s’appliquer à elle-même. Préparer vos ceintures…
05 février 2008
Vous avez dit démocraties ?
Qu’elle soit représentative, d’opinion, directe ou participative, la démocratie est au centre des réflexions des analystes politiques et des intellectuels (ou de ceux qui se déclarent tels) sans toujours faire la juste différence entre ces diverses formes d’un même système politique. Démokratia est un terme grec signifiant le commandement par le peuple. Originellement, il désignait le mode de gouvernement des cités grecques où la maîtrise de l’Etat était l’apanage du peuple assumant l’administration des affaires publiques : l’Assemblée du peuple cumulait tous les pouvoirs et chaque citoyen avait la possibilité de participer à l’Assemblée de la cité. Il s’agit donc de ce qui s’appelle la démocratie directe. Chaque cité grecque avait ainsi son assemblée fonctionnant sur le principe de la démocratie directe du peuple. L’idée de démocratie a traversé les siècles pour s’incarner sous la forme d’un mode de gouvernement d’un pays tout entier. La participation de tous les citoyens à la gestion directe du pays étant inopérante, les compétences nécessaires à cette gestion étant de plus en plus complexes, le peuple a délégué à des hommes jugés les plus capables cette responsabilité ; la démocratie représentative était née. En France, la démocratie directe n’a pas totalement disparu puisque l’élection du Président de la République se fait au suffrage universel direct. Cependant, des évènements récents, les propos tenus lors de la dernière élection présidentielle, ont semblé remettre en cause la démocratie représentative en voulant favoriser l’émergence d’un nouveau type de démocratie : la démocratie dite participative. On a même entendu, ces temps derniers, des parlementaires juger non démocratique le fait que le Président de la République ait choisi de faire voter le texte du projet Européen par le Parlement au lieu de faire appel au référendum ! Décidément, tous les dinosaures n’ont pas disparu, il en reste quelques-uns au sein du Parti Socialiste. Avant d’analyser le concept de démocratie participative, il faut également se rendre compte que l’épisode du CPE, le blocage des Universités par une minorité d’étudiants, sont des évènements où une loi votée par l’Assemblée Nationale est rejetée par la rue ou contestée par une partie du peuple. C’est-à-dire que la légitimité de la démocratie représentative a été gravement remise en question. C’est bien pourquoi la commission dite « Balladur » sur l’évolution de la Constitution, propose (chat échaudé craint l’eau froide !) qu’une loi subisse une « étude d’impact » avant la parution des décrets d’application. Ce que l’on peut traduire de la façon suivante : il faut mettre en place une démocratie d’opinion. Tenir compte de l’opinion publique pour orienter les décisions de gestion de la Nation, tel est le principe de base de la démocratie d’opinion. Cette façon de dénaturer la démocratie comporte un risque énorme : rien ne dit que l’opinion ait raison !! L’opinion, sensible à l’émotion et versatile, peut décider contre toute raison. La peine de mort n’aurait jamais pu être abolie si le pouvoir politique s’était soumis à l’opinion. Se pose également le problème de l’appréciation de l’opinion. Il est patent que la démocratie d’opinion conduit tout droit à la dictature des sondages. Il s’agit bien d’une dictature, car il n’existe aucun contre-pouvoir. Qui ne sent que les sondages ont déjà pris une part trop grande dans la prise de décision des politiques qui nous gouvernent ? Lorsque l’on voit comment ont fonctionné les Assemblées d’étudiants, faisant fi de tout comportement démocratique, on est en droit de craindre la démocratie d’opinion, tout aussi susceptible de manipulation que tout autre manifestation d’opinion.
La démocratie directe n’étant pas opératoire, la démocratie d’opinion étant dangereuse, il reste le concept de démocratie participative. Reste à comprendre ce que ce concept recouvre. S’il s’agit, comme l’a laissé entendre la candidate de gauche aux dernières élections présidentielles, de soumettre l’action des représentants du peuple au jugement de jurys populaires, cela revient à dénier au principe du vote électoral toute justification. La délégation faite lors du vote électoral perd son sens ainsi que le principe même de démocratie représentative. S’il s’agit de faire participer le citoyen aux prises de décisions, cela existe déjà à l’échelon local à travers les comités de quartiers, les commissions ad hoc, les associations. Un examen un peu attentif de ces initiatives montre qu’il ne s’agit que de l’application au niveau local de la notion de représentativité. En effet, les participants à ces comités ou associations sont censés représenter l’ensemble des concitoyens qui leur ont délégué leur pouvoir de décision. On est bien dans le cadre d’une démocratie représentative. On peut donc conclure que le concept de démocratie participative n’est qu’un avatar de la démocratie représentative. Si les citoyens perdent confiance dans les hommes politiques, cela ne tient pas au fonctionnement de la démocratie, mais à la compétence et au courage des élus. Cela tient également à l’égoïsme du citoyen pour qui la notion de bien commun est étranger.
Le régime actuel français est, sans conteste, celui de la démocratie représentative. Cependant, nous assistons à ce qui pourrait bien devenir une dérive, voire une régression. Lorsque N. Sarkozy affronte directement les pêcheurs, les cheminots grévistes, les ouvriers, la majorité des Français louent son courage…et retiennent la leçon, à savoir que, seul, le président est apte à entendre leurs problèmes. C’est exactement ce qui se passait, il y a deux cent cinquante ans, lorsque le peuple ne s’adressait qu’au roi.
La démocratie directe n’étant pas opératoire, la démocratie d’opinion étant dangereuse, il reste le concept de démocratie participative. Reste à comprendre ce que ce concept recouvre. S’il s’agit, comme l’a laissé entendre la candidate de gauche aux dernières élections présidentielles, de soumettre l’action des représentants du peuple au jugement de jurys populaires, cela revient à dénier au principe du vote électoral toute justification. La délégation faite lors du vote électoral perd son sens ainsi que le principe même de démocratie représentative. S’il s’agit de faire participer le citoyen aux prises de décisions, cela existe déjà à l’échelon local à travers les comités de quartiers, les commissions ad hoc, les associations. Un examen un peu attentif de ces initiatives montre qu’il ne s’agit que de l’application au niveau local de la notion de représentativité. En effet, les participants à ces comités ou associations sont censés représenter l’ensemble des concitoyens qui leur ont délégué leur pouvoir de décision. On est bien dans le cadre d’une démocratie représentative. On peut donc conclure que le concept de démocratie participative n’est qu’un avatar de la démocratie représentative. Si les citoyens perdent confiance dans les hommes politiques, cela ne tient pas au fonctionnement de la démocratie, mais à la compétence et au courage des élus. Cela tient également à l’égoïsme du citoyen pour qui la notion de bien commun est étranger.
Le régime actuel français est, sans conteste, celui de la démocratie représentative. Cependant, nous assistons à ce qui pourrait bien devenir une dérive, voire une régression. Lorsque N. Sarkozy affronte directement les pêcheurs, les cheminots grévistes, les ouvriers, la majorité des Français louent son courage…et retiennent la leçon, à savoir que, seul, le président est apte à entendre leurs problèmes. C’est exactement ce qui se passait, il y a deux cent cinquante ans, lorsque le peuple ne s’adressait qu’au roi.
01 février 2008
Pauvre Afrique
Le continent noir, berceau de l’humanité, n’en finit pas de s’enfoncer dans la misère. Le spectacle que donne l’Afrique aujourd’hui est accablant. Non seulement en proie aux premières conséquences dramatiques du réchauffement planétaire, elle est dévastée par une vingtaine de conflits armés, aucune région n’étant épargnée : Somalie, Soudan, Tchad, Rwanda et Burundi, Ethiopie, Ouganda, Kenya, République Démocratique du Congo, Angola, Sierra Leone, Liberia. À cette liste, il faut ajouter l’horreur que constitue la permanence du terrorisme au Maghreb, en Mauritanie. Au premier rang des causes de ces guerres figure l’ethnisme qui pousse les peuples à tenter de régler les différends politiques par les armes à feu ou les machettes. Ce qui se passe actuellement au Kenya est symptomatique de ces antagonismes racistes (car il faut bien appeler les choses par leur nom). Les conflits à coloration tribale, souvent aggravés par le fanatisme religieux, sont nombreux : l’antagonisme Hutus-Tutsis de l’Afrique des Grands Lacs, les problèmes Afar dans la Corne, la question Targui au Sahel, le problème Oromo en Éthiopie, le conflit du Nigeria, celui du Soudant et de l’Ouganda en sont des exemples. Ces conflits s’accompagnent de déplacements de population d’une ampleur considérable (un réfugié sur deux dans le monde est africain) qui ajoutent à la déliquescence du continent. Les camps de réfugiés sont de gigantesques camps de la mort pour les plus faibles, femmes, enfants et vieillards. L’Afrique meurt de la corruption et de l’incompétence de ses dirigeants, des trafics de tous ordres dont la drogue. C’est un continent qui a produit plus de dictateurs que de poètes ou de philosophes. Devant une telle dérive, le monde entier devrait se mobiliser pour aider ces populations à sortir de ce drame. Et ceci, en s’abstenant de soutenir des dirigeants corrompus et incapables au nom d’une « real » politique uniquement préoccupée des intérêts égoïstes des pays occidentaux et asiatiques.
28 janvier 2008
L’oncle Sam
Sous le règne de W.Bush, la situation mondiale ne s’est pas améliorée, loin de là. La guerre au Moyen-Orient n’en finit pas de faire des victimes civiles, la démocratie promise en Irak reste une utopie massacrée par les attentats et le désordre, l’Afghanistan n’arrive pas à trouver une stabilité, les tensions iraniennes ne rassurent personne lorsque le pouvoir dans ce pays est aux mains d’un fou. On peut multiplier les exemples des conséquences mondiales de la politique américaine. Sous le règne de W. Bush et de son credo libéraliste à tous crins, le système financier et bancaire américain, libre de tout contrôle, est devenu totalement fou en construisant un système de prêts immobiliers aux postulants insolvables. Ce système invraisemblable a atteint une telle ampleur que le système financier du monde entier est en danger. Quelles en seront les victimes ? Les plus fragiles, c’est-à-dire les « petits » porteurs ayant investi leurs économies en bourse ou dans des assurances-vie et qui vont voir leur patrimoine s’évaporer. L’oncle d’Amérique déverse sur le monde son incurie. Non seulement, les USA exportent leur phénoménal déficit grâce à l’hégémonie subie du dollar, ils exportent leur frénésie financière coupable en contaminant l’ensemble des banques du monde entier. Ils se comportent comme si le monde était leur arrière-cour. C’est leur vision de la mondialisation !
26 janvier 2008
Les grandes menaces
Les dangers qui menacent les hommes sont nombreux et variés. L’imagination des hommes et leur « hubris » débridé multiplient à l’envi les risques encourus. Mais parmi tous ceux-ci, il en est quatre principaux : la modification climatique, le terrorisme, le monde des nanotechnologies, l’endettement des pays riches et la financiarisation de l’économie.
Tout d’abord, le réchauffement dû à l’effet de serre. Il ne s’agit plus d’un hypothétique danger, les conséquences de l’élévation des températures se manifestant déjà. Les calottes glaciaires disparaissent, monde fragile s’il en est et tellement vital pour la diversité biologique de la planète. Au rythme actuel, les glaces polaires auront totalement disparu entre 2050 et 2080. La disparition de la glace de mer aura de terribles répercussions sur la faune, la fonte de la glace d’eau douce (les glaciers) alimentera la montée du niveau des océans et perturbera la circulation des grands courants marins. D’autres lieux seront affectés par ce réchauffement, en particulier tous les pergélisols, en Alaska et en Russie. Ce milieu contient du CO2 et du méthane dissous qui seront libérés avec le réchauffement du milieu. Le méthane est un gaz à effet de serre dix fois plus nocif que le dioxyde de carbone. Les fonds marins comportent d’immenses quantités d’hydrate de méthane qui deviendra instable avec l’élévation de la température des océans, libérant le méthane. Ces émissions ne feront qu’augmenter l’effet de serre et le réchauffement, ce qui accentuera celui des océans. Ce réchauffement important aura alors une double conséquence : l’élévation du niveau des eaux et la disparition des algues sous-glacières dans les zones polaires. Or, ces algues sont à la base de l’alimentation du plancton, nourriture du krill, lui-même nourriture des grands mammifères qui vont donc disparaître. La disparition des baleines, dont les cadavres servent de nourriture à toute la faune des abysses, entraînera la disparition de cette dernière. Quant à l’élévation du niveau des océans, elle va provoquer des migrations géantes depuis toutes les zones côtières menacées. Déjà Tuvalu et certaines îles du Pacifique sont sur le point de disparaître, chaque phénomène cyclonique inonde de plus en plus les terres du Bengladesh. À cette migration des peuples inondés s’ajoutera celle des populations soumises à une sécheresse de plus en plus grave. Au total, on peut envisager entre 100 et 200 millions de migrants climatiques. Un tel déplacement de population ne pourra avoir lieu sans avoir de terribles conséquences humaines.
Il y a ensuite le terrorisme. Le terrorisme idéologique se développe aujourd’hui sur un terreau confessionnel et civilisationnel. Le prosélytisme dont il fait preuve, basé sur la frustration et la haine, permet d’envisager, à juste titre, une expansion de son implantation et une radicalisation de son action. De nouveaux 11 Novembre sont à craindre. Le terrorisme mafieux, cherchant généralement une justification hypocrite dans le nationalisme, confond, avec moins d’envergure, ses actions avec celles du terrorisme politique. C’est ce que pratiquent les FARC en Colombie, certains indépendantistes corses, l’ETA en Espagne. Enfin, la raréfaction des matières premières non renouvelables va pousser certains pays propriétaires des gisements à exercer un chantage de plus en plus important sur le reste de la planète, chantage relevant du terrorisme d’Etat.
Il existe aune autre menace, celle que constitue la convergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, techniques de l’information, sciences cognitives). Les nanotechnologies forment actuellement trois domaines principaux d’application : la nanobiologie, les nanomatériaux et
la nanoélectronique. Ces nanotechnologies vont permettre de fabriquer et de marquer des éléments de plus en plus petits, de la taille de la cellule, permettant à tout moment de communiquer et de traiter des informations sur l’individu. Déjà, un laboratoire américain privé vient d’annoncer la fabrication d’un génome complet d’une bactérie. Cette possibilité ouvre la voie à la création en laboratoire de virus et de bactéries dont il n’est absolument pas certain que l’on soit capable de maîtriser les effets. La fabrication de machines à traiter l’information, de plus en plus rapides et utilisant la physique quantique et ses lois étranges (intrication, non-localité, …) va permettre le traitement d’un volume de plus en plus grand d’informations facilitant le « suivi » d’une population entière et entraînant la disparition progressive de « l’aire privée ». Ces machines seront capables d’utiliser les derniers progrès des sciences cognitives et, de ce fait, de gérer le comportement des humains qui vont y perdre leur libre-arbitre…sans même s’en apercevoir !
Enfin, il reste l’endettement des pays riches. Ces pays accumulent une dette qui prend des proportions effrayantes. Les USA empruntent 800 milliards de dollars par an et leur dette publique atteint les 8000 milliards de dollars. La dette allemande est de 1500 milliards d’Euros, la dette française dépasse les 1200 milliards d’Euros, la dette italienne dépasse les 100% de son PIB , la dette belge atteint 95% du PIB et la dette française représente 66% du PIB. En Europe, la moyenne de l’endettement est de 75% du PIB européen. Comment les actifs futurs pourront-ils payer le service de la dette ? Beaucoup de pays dits développés ont appliqué une politique keynésienne, consistant à emprunter pour relancer la consommation, donc l’activité et la création de richesses. Mais ce processus ne fonctionne que si l’accroissement de richesses est plus grand que l’emprunt additionné des intérêts. Dans le cas contraire, la dette augmente. C’est ce qui s’est passé à cause du laxisme des pays dits développés. Les pays pauvres sont également, et par définition, endettés. Or, ils sont, pour beaucoup, incapables de payer les intérêts de leur dette.
Aggravant encore ce risque de faillite généralisée, l’activité financière est, aujourd’hui, beaucoup plus importante que l’activité industrielle, ce qui veut dire qu’une grande partie de la création de richesses est totalement artificielle. La financiarisation outrancière de l’activité se trouve à la merci d’une baisse du dollar, d’un crash immobilier, d’une baisse boursière (trois évènements qui sont en train de se produire). Voulant alimenter coûte que coûte (c’est bien le mot !) le marché financier et la spéculation, les organismes bancaires ont mis sur le marché des produits de plus en plus sophistiqués et risqués, sans que ne s’exerce le moindre contrôle ; ce qui a conduit à la crise actuelle des « subprimes » qui plonge l’ensemble des économies occidentales dans la tourmente et menace leur population de difficultés importantes. Les banques, dont les "traders" réalisent des opérations en principe illicites, sont monnaie courante - sans jeu de mot - (France, USA, japon, Irlande, Angleterre.Le monde occidental est plongé dans une frénésie de l’argent « à tout prix » qui le pousse à délaisser l’économie réelle pour un jeu qui ressemble de plus en plus à une économie casino. Et, dans un tel jeu, on sait bien que les joueurs sont toujours perdants.
Il est classique de dire que l’avenir est incertain. Il est aussi dangereux.
Tout d’abord, le réchauffement dû à l’effet de serre. Il ne s’agit plus d’un hypothétique danger, les conséquences de l’élévation des températures se manifestant déjà. Les calottes glaciaires disparaissent, monde fragile s’il en est et tellement vital pour la diversité biologique de la planète. Au rythme actuel, les glaces polaires auront totalement disparu entre 2050 et 2080. La disparition de la glace de mer aura de terribles répercussions sur la faune, la fonte de la glace d’eau douce (les glaciers) alimentera la montée du niveau des océans et perturbera la circulation des grands courants marins. D’autres lieux seront affectés par ce réchauffement, en particulier tous les pergélisols, en Alaska et en Russie. Ce milieu contient du CO2 et du méthane dissous qui seront libérés avec le réchauffement du milieu. Le méthane est un gaz à effet de serre dix fois plus nocif que le dioxyde de carbone. Les fonds marins comportent d’immenses quantités d’hydrate de méthane qui deviendra instable avec l’élévation de la température des océans, libérant le méthane. Ces émissions ne feront qu’augmenter l’effet de serre et le réchauffement, ce qui accentuera celui des océans. Ce réchauffement important aura alors une double conséquence : l’élévation du niveau des eaux et la disparition des algues sous-glacières dans les zones polaires. Or, ces algues sont à la base de l’alimentation du plancton, nourriture du krill, lui-même nourriture des grands mammifères qui vont donc disparaître. La disparition des baleines, dont les cadavres servent de nourriture à toute la faune des abysses, entraînera la disparition de cette dernière. Quant à l’élévation du niveau des océans, elle va provoquer des migrations géantes depuis toutes les zones côtières menacées. Déjà Tuvalu et certaines îles du Pacifique sont sur le point de disparaître, chaque phénomène cyclonique inonde de plus en plus les terres du Bengladesh. À cette migration des peuples inondés s’ajoutera celle des populations soumises à une sécheresse de plus en plus grave. Au total, on peut envisager entre 100 et 200 millions de migrants climatiques. Un tel déplacement de population ne pourra avoir lieu sans avoir de terribles conséquences humaines.
Il y a ensuite le terrorisme. Le terrorisme idéologique se développe aujourd’hui sur un terreau confessionnel et civilisationnel. Le prosélytisme dont il fait preuve, basé sur la frustration et la haine, permet d’envisager, à juste titre, une expansion de son implantation et une radicalisation de son action. De nouveaux 11 Novembre sont à craindre. Le terrorisme mafieux, cherchant généralement une justification hypocrite dans le nationalisme, confond, avec moins d’envergure, ses actions avec celles du terrorisme politique. C’est ce que pratiquent les FARC en Colombie, certains indépendantistes corses, l’ETA en Espagne. Enfin, la raréfaction des matières premières non renouvelables va pousser certains pays propriétaires des gisements à exercer un chantage de plus en plus important sur le reste de la planète, chantage relevant du terrorisme d’Etat.
Il existe aune autre menace, celle que constitue la convergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, techniques de l’information, sciences cognitives). Les nanotechnologies forment actuellement trois domaines principaux d’application : la nanobiologie, les nanomatériaux et
la nanoélectronique. Ces nanotechnologies vont permettre de fabriquer et de marquer des éléments de plus en plus petits, de la taille de la cellule, permettant à tout moment de communiquer et de traiter des informations sur l’individu. Déjà, un laboratoire américain privé vient d’annoncer la fabrication d’un génome complet d’une bactérie. Cette possibilité ouvre la voie à la création en laboratoire de virus et de bactéries dont il n’est absolument pas certain que l’on soit capable de maîtriser les effets. La fabrication de machines à traiter l’information, de plus en plus rapides et utilisant la physique quantique et ses lois étranges (intrication, non-localité, …) va permettre le traitement d’un volume de plus en plus grand d’informations facilitant le « suivi » d’une population entière et entraînant la disparition progressive de « l’aire privée ». Ces machines seront capables d’utiliser les derniers progrès des sciences cognitives et, de ce fait, de gérer le comportement des humains qui vont y perdre leur libre-arbitre…sans même s’en apercevoir !
Enfin, il reste l’endettement des pays riches. Ces pays accumulent une dette qui prend des proportions effrayantes. Les USA empruntent 800 milliards de dollars par an et leur dette publique atteint les 8000 milliards de dollars. La dette allemande est de 1500 milliards d’Euros, la dette française dépasse les 1200 milliards d’Euros, la dette italienne dépasse les 100% de son PIB , la dette belge atteint 95% du PIB et la dette française représente 66% du PIB. En Europe, la moyenne de l’endettement est de 75% du PIB européen. Comment les actifs futurs pourront-ils payer le service de la dette ? Beaucoup de pays dits développés ont appliqué une politique keynésienne, consistant à emprunter pour relancer la consommation, donc l’activité et la création de richesses. Mais ce processus ne fonctionne que si l’accroissement de richesses est plus grand que l’emprunt additionné des intérêts. Dans le cas contraire, la dette augmente. C’est ce qui s’est passé à cause du laxisme des pays dits développés. Les pays pauvres sont également, et par définition, endettés. Or, ils sont, pour beaucoup, incapables de payer les intérêts de leur dette.
Aggravant encore ce risque de faillite généralisée, l’activité financière est, aujourd’hui, beaucoup plus importante que l’activité industrielle, ce qui veut dire qu’une grande partie de la création de richesses est totalement artificielle. La financiarisation outrancière de l’activité se trouve à la merci d’une baisse du dollar, d’un crash immobilier, d’une baisse boursière (trois évènements qui sont en train de se produire). Voulant alimenter coûte que coûte (c’est bien le mot !) le marché financier et la spéculation, les organismes bancaires ont mis sur le marché des produits de plus en plus sophistiqués et risqués, sans que ne s’exerce le moindre contrôle ; ce qui a conduit à la crise actuelle des « subprimes » qui plonge l’ensemble des économies occidentales dans la tourmente et menace leur population de difficultés importantes. Les banques, dont les "traders" réalisent des opérations en principe illicites, sont monnaie courante - sans jeu de mot - (France, USA, japon, Irlande, Angleterre.Le monde occidental est plongé dans une frénésie de l’argent « à tout prix » qui le pousse à délaisser l’économie réelle pour un jeu qui ressemble de plus en plus à une économie casino. Et, dans un tel jeu, on sait bien que les joueurs sont toujours perdants.
Il est classique de dire que l’avenir est incertain. Il est aussi dangereux.
21 janvier 2008
Rien ne change jamais
La commission Attali vient de proposer de supprimer le département. Immédiatement, la quasi-totalité des élus départementaux – essentiellement ceux des conseils généraux – montent « aux créneaux » pour condamner l’idée d’une telle réforme. Pourtant, lorsque l’on fait le compte des différents échelons administratifs, on est un peu effaré : la commune, l’intercommunalité, le canton, le département, la communauté urbaine, la région, l’Etat. Lorsqu’on recherche une amélioration de l’efficacité et de l’efficience de l’administration, il semble justifié de poser la question de l’utilité d’un tel foisonnement des structures. Le canton a déjà disparu de fait. On ne peut guère songer à faire disparaître la ville. La région est le seul échelon à la taille européenne. Il ne reste donc que le département ! Ce débat se rattache d’ailleurs à la résistance de ceux – nombreux – qui refusent que les plaques minéralogiques des automobiles ne portent plus le numéro du département. Vous souvenez-vous des cris d’orfraie de tous ceux qui ont protesté véhémentement lorsque la numérotation téléphonique a fait disparaître des abrégés évocateurs des différents quartiers de Paris au prétexte que le numéro de téléphone permettait de localiser facilement son propriétaire grâce aux abrégés de Maillot, Gobelins, etc… Comment aurait-on fait avec les téléphones portables ? Les Français se distingueront toujours par leur refus systématique du changement. C’est bien la seule chose qui ne change pas ! Le temps des diligences n’est pas si loin où la population clamait que les voyages en chemins de fer étaient mortels parce qu’il serait impossible de supporter des vitesses de trente kilomètres à l’heure.
16 janvier 2008
Le mauvais chemin
Créer du progrès social est (ou devrait être) l’objectif prioritaire des gouvernants, quelle que soit leur couleur politique. Mais pour créer du progrès social, il fait D’ABORD créer des richesses afin de pouvoir les redistribuer. Un pays sans richesse ne peut gagner la guerre contre la pauvreté. En France, la plus grande partie du PIB est l’œuvre des PME, voire des TPE. L’indicateur majeur de la création de richesses du pays est sa balance commerciale. Or, celle-ci n’a jamais été aussi déficitaire qu’aujourd’hui (presque 40 milliards d’Euros). Jamais la France n’a eu aussi peu de clients dans le monde. Jamais l’offre de l’industrie française n’a été aussi peu attractive. Cette double constatation conduit tout droit au constat suivant : les PME ne sont pas assez compétitives. L’offre de ces industries devient obsolète. La force de l’Allemagne est d’avoir un tissus de PME performantes qui sont la cheville ouvrière du succès à l’exportation. Certes, le modèle allemand n’est pas nécessairement idyllique car la demande intérieure n’a jamais été aussi atone. La santé d’un pays se mesure au dynamisme des trois facteurs suivants : la demande, les exportations, l’investissement. En France, sur ces trois indicateurs, deux sont dans le rouge : les exportations et l’investissement, et plus précisément, l’investissement dans les PME. Un moteur à trois cylindres dont deux ne fonctionnent pas ne peut pas avancer. Or, la politique gouvernementale (aiguillonnée en cela par l’opposition et les syndicats) est focalisée de manière obsessionnelle et exclusive sur l’amélioration du pouvoir d’achat, c’est-à-dire sur la relance de la demande. C’est une erreur fondamentale. L’avenir est obscur et inquiétant car le pays est engagé par l’ensemble du monde politique et syndical dans le mauvais chemin et il n’est pas certain que le monde industriel ait la volonté suffisante pour en changer.
10 janvier 2008
La violence du monde qui nous attend
La violence physique est inhérente à l’homme, elle est consubstantielle de son être même. A travers toute son histoire, l’Europe a grandi dans la violence. Le vingtième siècle n’a pas été avare de démonstrations de violence dépassant l’imagination. Les millions de morts de la guerre de 1914-1918, les millions de morts de la Shoa et de la guerre 1939-1945 ont été les produits monstrueux de cette violence. Elle a été le produit d’une volonté hégémonique politique, organisée par des hommes qui ont cherché à installer sur une partie de la planète un terrorisme d’Etat. Les invasions et les croisades ne sont pas autre chose. À la fin de la dernière guerre, les Etats Européens ont tenté de s’organiser pour éviter le renouvellement de telles violences guerrières. Et il faut bien constater que l’Europe connaît la paix depuis plus de cinquante ans. Aujourd’hui, l’horizon s’obscurcit d’une menace d’un nouveau type de violence venant s’ajouter à celle due au terrorisme, succédané de la violence guerrière : la violence économique dans laquelle les armes guerrières sont remplacées par les matières premières. Les deux exemples suivants en sont la démonstration. La Russie est une puissance énergétique plus importante que l’Arabie Saoudite grâce aux réserves de gaz et de pétrole, entre autres, qu’elle possède. Cette puissance « énergétique » est utilisée par la Russie pour mettre en œuvre une politique « de chantage » vis-à-vis des Etats qui étaient sous sa domination au temps de l’URSS, voire vis-à-vis de l’Europe, afin de servir une volonté de puissance. « L’arme énergétique » devient plus dissuasive et plus opératoire que l’arme nucléaire. Les pressions politiques que la Russie exercera sur ses interlocuteurs iront croissant avec la course aux approvisionnements dans laquelle les états développés et en voie de développement vont se trouver plongés avec la raréfaction progressive des ressources. Cette course va pousser les pays comme la Chine, et bientôt comme l’Inde, à utiliser n’importe quels moyens pour accéder à ces ressources. L’éthique, la morale, l’application des règles utilisées jusqu’à aujourd’hui par les pays dits civilisés, vont voler en éclats dans un monde où rien ne sera interdit pour sécuriser les approvisionnements en énergie. Le chantage va, dans ce cas également, devenir une arme d’Etat. La Chine a déjà commencé à utiliser une telle politique sur le continent africain où elle alimente la corruption pour arriver à ses fins.Les USA,premier pollueur de la planète et poussés par un égoïsme national élevé, rejettent le protocole de Kyoto et refusent tout effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre sans vouloir tenir compte des effets catastrophiques déjà perceptibles dans les pays du Sud, ce qui est une violence exercée envers ces populations.
09 janvier 2008
Attali ou Stiglitz ?
Nicolas Sarkozy fait appel aux prix Nobel pour donner une consistance au concept de politique de civilisation. Il faut bien deux prix Nobel pour essayer d’assimiler ce concept développé par E. Morin tout au long d’un bon millier de pages sans qu’il soit certain que quiconque ait bien compris ce que ce concept signifiait. Travail sans doute difficile si l’on constate qu’aucun intellectuel français ne s’est approprié cette idée. Les BHL et consort n’ont pas avancé une seule idée sur le sujet. Peut-on penser que Joseph E. Stiglitz sera à la hauteur ? Que peut-on attendre de l’auteur de « La grande désillusion » ou de « Quand le capitalisme perd la tête » ? Il serait prétentieux de prévoir à l’avance les résultats de ses réflexions, mais il est absolument certain que ses éventuelles préconisations ne seront pas teintées de libéralisme échevelé, loin de là. Il n’est que de lire ses ouvrages pour en être convaincu. On peut, certes, apprécier le fait que le Président de la République fasse appel à des intellectuels de tous bords pour éclairer ses décisions et ses choix politiques. Ce n’est que le prolongement de « l’ouverture », mise en œuvre depuis le début de sa magistrature et qui a plongé la gauche en état de coma avancé. Mais il y a un gros « Mais ». En effet, si l’on peut approuver l’idée que des hommes de talents existent dans tous les partis politiques et qu’il est bon pour le pays de faire appel à leurs compétences, il faut quand même qu’existe une certaine cohérence ou, autrement dit, que les contradictions ne soient pas aveuglantes. C’est ce qui risque d’arriver avec la commission « Attali » d’une part et le travail de J.E. Stiglitz d’autre part. Autant Attali est l’homme du libéralisme et de la mondialisation, autant le prix Nobel est un adversaire résolu de la mondialisation et du consensus de Washington. La suppression de l’indépendance des banques centrales, la suppression des bourses des matières premières agricoles, l’interdiction des brevets sur les OGM, l’introduction d’une taxe généralisée du type « Tobin » font partie des préconisations du prix Nobel de l’économie. Il est à parier que les contradictions avec les préconisations de la commission « Attali » seront fortes.
07 janvier 2008
Le profit et la morale
En France, et contrairement à d’autres pays, le mot « profit » crée immédiatement des réactions de suspicion voire d’agressivité démesurée. Il porte en lui les relents d’une lutte de classes surannée. C’est pourquoi les syndicats français, qui n’ont pas encore fait leur révolution culturelle, et l’extrême gauche s’emparent régulièrement du sujet pour y puiser à profusion des causes de revendications populistes en considérant le profit comme immoral. Objectivement, le profit est une rémunération variable, incertaine mais espérée, du risque pris par le détenteur d'un capital investi. L’existence du profit permet de rémunérer le risque pris par le détenteur du capital. Plus précisément, lorsque le propriétaire du capital investit dans une entreprise, le profit doit, non seulement rémunérer le risque pris par l’investisseur, mais également financer l’évolution de l’entreprise tant dans la modernisation de son outil de production que dans la recherche et développement. Lorsque le capitaliste investit uniquement sur les marchés financiers, le profit attendu rémunère uniquement le risque pris par l’investisseur. On voit donc que, dans les deux cas, la notion de profit est attachée à celle de risque. Il en est toujours ainsi, dans toutes les activités humaines. On fera la différence entre profit et plus-value : la plus-value, en terminologie financière, est un gain en capital (différence entre la mise initiale et le prix obtenu en cas de revente des parts dans l'entreprise). Le travail exige une contrepartie en terme de salaire, le risque exige une contrepartie en terme de profit. C’est une simple règle économique d’échange où la morale n’a pas sa place. Le profit dégagé par une entreprise est un résultat collectif, la morale est un sentiment individuel. L’analyse marxiste, qui regarde le profit comme illégitime car soustrait à la rémunération du travail, ignore volontairement la notion de risque économique. Or, la marche du monde montre à l’évidence que le risque est partout et que la survie d’une entreprise n’est pas garantie. C’est d’avoir ignorer cette notion que le marxisme est mort et que reste incompréhensibles ceux qui continuent à y faire référence.
D’où vient le profit réalisé par une entreprise ? De la seule différence entre son chiffre d’affaires (représentatif de ses ventes totales) et ses coûts globaux de production (comprenant une part de rémunérations salariales, une part de coût de fonctionnement, une part de participation à la vie sociale : impôts et prélèvements). Où va le profit ? À l’investissement, à l’augmentation des salaires, à la rémunération des actionnaires, c’est-à-dire à chacun des trois acteurs : l’entreprise, le salarié, l’actionnaire. La répartition dépend du pouvoir de négociation de chacun de ces acteurs. Le pouvoir de négociation de l’actionnaire repose sur sa capacité à reprendre son capital (en vendant ses actions, menace que savent parfaitement utiliser les fonds de pension), le pouvoir de négociation du salarié dépend de celui de ses représentants (en général les syndicats), le pouvoir de l’entreprise s’exerce à travers son conseil d’administration et les décisions des administrateurs. La morale, là non plus, n’a pas sa place. Il s’agit de politique d’entreprise. Certes, des dérives peuvent apparaître au moment de cette répartition du profit. L’exigence des actionnaires peut être prohibitive, la pression syndicale peut être excessive, l’investissement peut être dévoyé vers des voies uniquement financières. Il ne faut pas compter sur la morale pour éviter ces dérives. Seule, la politique peut les encadrer. C’est l’expression de cette politique qui peut départager la gauche et la droite. C’est l’efficacité de cette politique, qui se mesure par l’existence d’un profit pour l’entreprise, qui mesure la compétence de la classe politique. Substituer la morale à la politique n’aboutit qu’à des coquecigrues ou des raisonnements captieux.
Karl Max a oublié, disais-je, la notion de risque économique et il a considéré que la rémunération du capital était un détournement de la richesse au détriment du travail. Ce qui pouvait paraître discutable au XXème siècle peut s’avérer vrai au XXIème avec l’envolée de la spéculation financière! En effet, quand on rapproche le fait que les dix plus gros banquiers londoniens se sont partagé 10 milliards d’Euros de bénéfices en 2007 avec le fait qu’une grande partie de la population du monde essaye de vivre avec moins de 2 dollars par jour, on est en présence d’une monstrueuse injustice. Ce fait est significatif du fait que les riches le sont de plus en plus, les pauvres le sont également de plus en plus. L’écart devient insupportable et générera, si aucune réglementation ne vient freiner les gains spéculatifs immoraux, des mouvements de révolte qui peuvent être dévastateurs et d’une extrême violence.
D’où vient le profit réalisé par une entreprise ? De la seule différence entre son chiffre d’affaires (représentatif de ses ventes totales) et ses coûts globaux de production (comprenant une part de rémunérations salariales, une part de coût de fonctionnement, une part de participation à la vie sociale : impôts et prélèvements). Où va le profit ? À l’investissement, à l’augmentation des salaires, à la rémunération des actionnaires, c’est-à-dire à chacun des trois acteurs : l’entreprise, le salarié, l’actionnaire. La répartition dépend du pouvoir de négociation de chacun de ces acteurs. Le pouvoir de négociation de l’actionnaire repose sur sa capacité à reprendre son capital (en vendant ses actions, menace que savent parfaitement utiliser les fonds de pension), le pouvoir de négociation du salarié dépend de celui de ses représentants (en général les syndicats), le pouvoir de l’entreprise s’exerce à travers son conseil d’administration et les décisions des administrateurs. La morale, là non plus, n’a pas sa place. Il s’agit de politique d’entreprise. Certes, des dérives peuvent apparaître au moment de cette répartition du profit. L’exigence des actionnaires peut être prohibitive, la pression syndicale peut être excessive, l’investissement peut être dévoyé vers des voies uniquement financières. Il ne faut pas compter sur la morale pour éviter ces dérives. Seule, la politique peut les encadrer. C’est l’expression de cette politique qui peut départager la gauche et la droite. C’est l’efficacité de cette politique, qui se mesure par l’existence d’un profit pour l’entreprise, qui mesure la compétence de la classe politique. Substituer la morale à la politique n’aboutit qu’à des coquecigrues ou des raisonnements captieux.
Karl Max a oublié, disais-je, la notion de risque économique et il a considéré que la rémunération du capital était un détournement de la richesse au détriment du travail. Ce qui pouvait paraître discutable au XXème siècle peut s’avérer vrai au XXIème avec l’envolée de la spéculation financière! En effet, quand on rapproche le fait que les dix plus gros banquiers londoniens se sont partagé 10 milliards d’Euros de bénéfices en 2007 avec le fait qu’une grande partie de la population du monde essaye de vivre avec moins de 2 dollars par jour, on est en présence d’une monstrueuse injustice. Ce fait est significatif du fait que les riches le sont de plus en plus, les pauvres le sont également de plus en plus. L’écart devient insupportable et générera, si aucune réglementation ne vient freiner les gains spéculatifs immoraux, des mouvements de révolte qui peuvent être dévastateurs et d’une extrême violence.
02 janvier 2008
C’est pas cher …
Depuis plusieurs années, la croissance est tirée par la consommation. Le gouvernement le sait bien, qui mène une campagne médiatique sur le pouvoir d’achat. Mais les Français ont le sentiment justifié que leur pouvoir d’achat diminue du fait d’une augmentation des prix sensible, conséquence d’une flambée des prix de certaines matières premières. Il y a là une contradiction que peu d’économistes relèvent : le pouvoir d’achat diminue et la consommation augmente. Quelle est la raison de cette sorte d’oxymore économique ? La raison est purement psychologique. Le passage à l’Euro a fait perdre leurs repères aux consommateurs. Lorsque la monnaie était le Franc, un prix de 100 était une barrière qui séparait ce qui semblait cher de ce qui ne l’était pas. Un article à 90 francs avait un prix raisonnable, le même article à 110 francs paraissait cher. L’Euro a agi comme une grande lessiveuse en brouillant les repères des consommateurs qui ont gardé les mêmes ordres de grandeur en tête sans faire le changement de monnaie : en dessous de 100 Euros, le prix est raisonnable, donc il est possible, voire intéressant, d’acquérir l’article. Rares sont les consommateurs qui convertissent immédiatement 100 Euros en 655 francs ! Le résultat est que la consommation reste soutenue, mais lorsqu’un ménage fait ses comptes, il finit bien par s’apercevoir que son budget est limité et que ses possibilités globales d’achat diminuent. Voilà pourquoi votre fille est muette !! Les vendeurs des grandes surfaces spécialisées d’ailleurs ont bien compris le phénomène, qui restent vagues, voire mensongers, lorsqu’ils sont questionnés sur la valeur d’un article en francs car ils savent bien que ce renseignement risque d’empêcher l’acte d’achat. Mesdames, dites-vous que ce que vous achetez est plus de six fois plus cher que ce que vous croyez !!
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