28 août 2011

Le virus sociétal est numérique

Les quadragénaires vous expliquent, avec une conviction qui frise la virulence, que le monde d’aujourd’hui est normé par le numérique. Que l’invasion d’Internet a transformé profondément les façons de faire et de penser. Et ils n’ont pas tort. Ils ont enfanté une génération d’enfants qui sont, de naissance, addicts des écrans de toutes natures, ordinateurs, Smartphones, Ipod, tablettes, télévision. Comment en serait-il autrement lorsque leurs parents passent la moitié de leur temps le nez sur l’écran de leur téléphone portable ou sur l’écran de leur ordinateur, pas nécessairement pour des raisons professionnelles ? Et l’on voit poindre une génération entièrement coupée du monde de leurs semblables, les yeux rivés à l’écran et les écouteurs enfoncés dans les oreilles, dont le seul Dieu est caché quelque part sur le réseau Internet. Sans s’apercevoir que ce monde numérique fourmille de stupidités, d’approximations, voire d’inexactitudes. On assiste, navrés, au spectacle d’enfants qui n’ont plus qu’un loisir, celui de jouer à des jeux objectivement sans intérêt, avec des partenaires qu’ils ne connaîtront jamais plutôt que d’avoir des échanges avec ceux qui sont dans leur environnement immédiat. Dark Vador plutôt que des amis … Ces enfants sont seuls et coupés du monde. Il est difficile de croire qu’ils sont heureux. Les réseaux dits sociaux ne le sont pas vraiment. Ils ne créent pas une communauté mais une collection d’individus isolés. Ce n’est pas la même chose.

12 août 2011

La Démocratie en danger ?

La crise financière actuelle met en lumière l’incapacité des hommes politiques à peser sur les évènements, même lorsqu’ils sont annonciateurs de catastrophes. Ce sont les acteurs financiers et le monde factice qu’ils ont créé qui imposent leurs décisions. L’impuissance du monde politique, nourrie des égoïsmes nationaux, est ressentie par tous ceux qui subissent (ou vont subir) les conséquences du jeu de massacre de ces acteurs financiers. Le peuple de l’économie réelle se sent menacé par quelque chose qui dépasse les possibilités des hommes qu’il a portés au pouvoir démocratiquement. HAL a pris le pouvoir ! Pour l’alimenter, les spéculateurs viennent d’employer l’arme fatale de la rumeur, provoquant des variations erratiques des cours de bourse. Or, comme plus les variations, à la hausse comme à la baisse, sont importantes et plus le spéculateur gagne, la rumeur devient un excellent moyen de semer la panique. L’inquiétude devient angoisse et grosse d’actes irréfléchis. Tous les débordements deviennent possibles. Tous les choix irraisonnés deviennent concevables. D’abord la révolte puis l’adoubement de celui qui, surgissant du chaos avec des promesses les plus démagogiques possibles, promettra n’importe quoi pourvu que cela ait l’apparence d’une sécurité retrouvée. Les extrémistes sont à l’affût dans de nombreux pays occidentaux. Ainsi, le comportement du Tea Party américain est symptomatique de la stratégie d’individus qui privilégient le chaos pour s’ouvrir le chemin du pouvoir. Ils ont pris le parti républicain en otage, ont systématiquement saboté les compromis avec le parti démocrate et ont mis en lumière l’impuissance du Président Obama à imposer ses solutions. Standard & Poor’s a justifié immédiatement le déclassement des USA par l’apparente incapacité des politiques à mettre en œuvre une politique d’assainissement des finances du pays. De même qu’au sein des « révolutions » arabes, les islamistes sont à l’affût, de même les extrémistes de droite le sont dans les pays occidentaux en crise profonde. N’oublions jamais que les responsables de cette crise mondiale, qui a débuté en 2007-2008, sont les financiers et les banques américains qui ont « inventé » les subprimes et leurs produits dérivés avec la bénédiction des agences de notation ! N’oublions pas non plus que les agences de notation sont restées (volontairement ?) aveugles sur les scandales Enron et WorldCom ainsi que sur la banque Lehman Brothers qui était notée AA+ par Standard & Poor’s la veille de sa faillite.

08 août 2011

Les prédateurs

Dix fois par jour, les médias parlent des « marchés ». Ceux-ci sont omniprésents dans les actualités économiques et politiques. Ce sont les marchés, selon l’inquiétude ou la confiance, qui décident des évolutions économiques des nations. Mais qui sont ces « marchés » ? Il s’agit, en fait, des marchés financiers et des matières premières, c’est-à-dire des spéculateurs qui se cachent dans les organismes financiers divers (fonds de pension, hedge founds, banques et officines de placements et leurs traders, …). On nous explique que « les marchés » sont inquiets et, donc, que la Bourse baisse. Or, ces spéculateurs, jouant à la baisse, gagnent beaucoup d’argent lorsque, effectivement, les actions boursières perdent de la valeur comme c’est le cas depuis quelques jours. Et ces profits sont rapidement mis à l’abri dans l’un des nombreux paradis fiscaux qui pullulent sur la planète. Le code du commerce interdit la vente à perte. Pourquoi n’interdit-on pas la spéculation à la baisse ? Certes, le premier point est national, le second est international. Mais un organisme tel l’OMC joue un rôle mondial sur les pratiques commerciales. Pourquoi n’y aurait-il pas un organisme mondial en charge de la surveillance de la spéculation et des pratiques financières ? À côté des spéculateurs, d’autres acteurs viennent troubler la vie des citoyens du monde. Ce sont les agences de notation Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s. Voilà des individus qui portent des jugements sur les économies nationales et que le monde entier vénère comme des oracles. Or, que se passe-t-il ? Ces agences, jugeant que tel ou tel pays supporte une dette excessive, portent alors sur ce pays un jugement négatif qui pousse le pays incriminé à prendre des mesures restrictives et d’économie. Le jugement négatif porté par ces agences a un effet immédiat sur les taux d’intérêt que les banques, toujours prêtes à flairer la bonne affaire, imposent au pays emprunteur et à ses citoyens, rendant encore plus difficile le remboursement de la dette. D’où, mécaniquement, une réduction de la consommation et un ralentissement de l’économie nationale. Les mêmes agences émettent alors de nouvelles réserves sur le pays qui prend de telles mesures au prétexte que ces mesures vont réduire la croissance attendue ! On croit rêver, mais c’est, hélas, la réalité. Les dirigeants politiques, quant à eux, se montrent impuissants devant la prédation des spéculateurs et les comportements de pompier pyromane des agences de notation. Ils restent hésitants, voire pusillanimes, devant la crise dans laquelle est plongée l’Europe, enlisés qu’ils sont par leur préoccupations électorales de court terme et par le scepticisme et l’égoïsme croissants des peuples européens.

31 juillet 2011

Comparaison n’est-elle pas raison ?

Voilà deux affaires qui ont fait le tour du monde : l’affaire DSK et la folie meurtrière de Behring Breivik. Et pourtant, quelles différences de traitement médiatique ! L’arrestation de DSK, mise ne scène et passée en boucle sur toutes les télévisions du monde et dans toutes les pages Internet de la planète, a été suivie d’un traitement médiatique effréné qui a mobilisé, et mobilise encore, toutes les associations corporatistes et féministes françaises et américaines. Chaque semaine, chaque jour, des articles fleurissent dans les hebdomadaires. Quelle est la raison profonde d’une telle médiatisation : le viol ou la personnalité internationale de DSK ? Il est légitime de se poser cette question lorsque l’on compare avec ce qui s’est passé lors du carnage, car c’est bien le mot, de la fusillade d’Utoeya à Oslo. L’individu (on ne peut pas parler d’être humain) Behring Breivik a rassemblé des jeunes gens autour de lui puis les a froidement abattus au fusil-mitrailleur, regrettant de n’avoir fait QUE 77 morts. Quelle place a-t-on donné à cette effroyable tuerie effectuée par un adepte des thèses de l’extrême droite européenne ? Traitée comme un simple fait divers par les médias, notamment français et américains, l’information a rapidement disparu et n’a suscité que peu de commentaires. La mort de 77 jeunes est-elle moins médiatique que la mise en accusation d’un « gros poisson » politique ? Utoeya donne 2 millions d’occurrences dans Google, DSK en donne 20 fois plus ! La montée inquiétante de l’extrémisme de droite en Europe, notamment du Nord, n’est-elle pas un sujet suffisamment mobilisateur pour les médias ? Cela donne l’impression que la morale sert de paillasson au marketing.

20 juillet 2011

L’Allemagne quitte l’Euro ?

L’Europe est un patchwork d’égoïsmes nationaux que les atermoiements des gouvernements européens au sujet de la dette grecque mettent magistralement en lumière, paticulièrement l’attitude de la Chancelière allemande, toujours en retrait devant toute avancée vers une meilleure coordination des économies européennes. La dette grecque, qui semble un problème insurmontable, n’en serait pas un si l’Europe était fédérale. Dans un tel système, en effet, l’Europe fédérale apparaîtrait alors comme ayant l’état financier le plus sain du monde. Malheureusement, cela restera une utopie pour très longtemps encore. Et ceci, pour une raison majeure. En effet, deux modèles économiques très différents coexistent en Europe. L’un basé sur croissance tirée par les exportations, l’autre par la consommation intérieure. Le premier modèle regroupe, entre autres, l’Allemagne, l’Autriche et le Benelux. L’autre regroupe, principalement, la France, l’Espagne et l’Italie. Deux remarques s’imposent immédiatement. La première est que la spéculation internationale s’attaque à ce dernier groupe dont le modèle économique lui semble logiquement le plus fragile. La seconde est qu’une croissance basée principalement sur la consommation permet aux politiques et aux syndicats de tenir un discours électoraliste, basé sur l’augmentation des salaires et des revenus afin de soutenir cette consommation, au risque de relancer l’inflation. Mais la consommation pousse à la hausse les importations (les produits des pays émergents sont les moins chers) et donc au déficit de la balance des paiements et donc, à terme, à l’augmentation de la dette. Pour résorber leur dette, ces pays n’ont que deux moyens : réduire les dépenses (c’est-à-dire mettre en place des plans d’austérité qui obèrent l’avenir et exacerbent les mécontentements) et/ou relancer leurs exportations insuffisantes pour rééquilibrer leur balance des paiements. Un Euro trop fort (par rapport au dollar) est alors un handicap alors que ce n’en est pas un pour l’Allemagne qui exporte principalement en Europe et dont la qualité reconnue des produits supporte ce handicap. La voie est donc étroite si les responsables politiques ont vraiment la volonté de trouver une solution qui mette fin à la spéculation prédatrice internationale. Et cette voie passe nécessairement par un minimum de solidarité européenne, c’est-à-dire finalement par le « rachat » de la dette des pays excessivement endettés par les autres et, au premier rang, par l’Allemagne. L’Europe court alors le risque de voir les contribuables allemands refuser de payer pour ceux qu’ils considèrent comme des irresponsables et, en fin de compte sortir de la zone Euro, entraînant avec elle l’Autriche et le Benelux. On verrait alors se créer deux zones économiques avec deux euros différents et, au bout du compte, la fin de l’Europe. La situation est difficile, mais, rassurez-vous, le pire est à venir !

16 juillet 2011

Primaires, piège à c… ?

Les inscriptions aux primaires socialistes sont closes. Nous connaissons, en principe, les candidats. Nous les connaissions d’ailleurs depuis longtemps, au moins pour cinq d’entre eux et ces inscriptions sont donc sans aucune surprise. Le seul réel événement est la mise hors jeu de DSK. À l’issue d’une campagne interne qui débute donc, en théorie, aujourd’hui, nous connaîtrons le candidat officiel du Parti Socialiste à la Présidence de la République. Que peut-on attendre de cette future campagne ? Le Parti Socialiste a choisi d’élaborer un programme préliminaire qui est sensé s’imposer à tous les candidats. Sur quoi va donc porter la campagne ? Quelles seront les différences programmatiques des candidats ? Bien sûr, chacun va tenter de construire sa différence, mais il est à craindre que les écarts ne soient minces, car aucun n’osera se démarquer clairement du sacro-saint programme du Parti. De plus, si des différences existent malgré tout, chacun va s’efforcer de les taire afin de ne pas donner à la majorité le temps de fourbir ses contre-attaques pour la véritable campagne électorale de 2012. Sur quoi allons-nous donc choisir le candidat socialiste ? Nous avons à choisir le candidat à la Présidentielle, c’est-à-dire celui ou celle qui peut, dans un avenir proche, endosser la responsabilité suprême. On souhaiterait donc pouvoir choisir sur de grandes idées, de grands choix. Il est à craindre que le principe de ces primaires n’empêche un tel choix. Si ce n’est sur les idées, il ne reste alors que les personnalités. Et porter la bataille sur les personnes c’est ouvrir la porte aux rumeurs et aux calomnies qui commencent d’ailleurs à poindre. Donner le champ libre aux rumeurs, c’est aussi le donner à la désinformation. La contre-attaque de Martine Aubry sur le début de rumeurs qui coure sur son compte n’en est-elle pas ? Les Français adorant la théorie du complot, il ne faut pas s’étonner que les rumeurs se propagent aussi vite. Les primaires socialistes risquent soit de s’enliser dans la banalité et l’ennui, soit dans la vulgarité. Et comme l’esprit moutonnier caractérise la classe politique française, la contagion est à craindre et le risque est grand que la campagne présidentielle proprement dite ne sombre dans les petites phrases et les attaques personnelles, laissant aux oubliettes les défis extraordinairement dangereux auxquels la France est confrontée.

15 juillet 2011

Marseille à la dérive

C’était le fleuron des ports français. C’est maintenant une zone de non-droit. Les règlements de comptes dans le milieu du grand banditisme sont devenus tellement fréquents qu’ils sont devenus banals. On mitraille dans les cafés, on assassine dans la rue. La banlieue marseillaise sombre dans la délinquance généralisée et dans le commerce de la drogue. Les vols à main armée et aux distributeurs bancaires, le braquage des commerçants sont devenus une banalité quotidienne (en moyenne, 26 agressions par jour). Les trains sont attaqués et vandalisés comme au Far-West. Les syndicats se sont livrés à la piraterie maritime. La corruption, le clanisme et le clientélisme sont devenus les règles de gestion de la ville. Les pots-de-vin rythment la passation des marchés. Le trafic règle la vie des prisons grâce à la corruption des surveillants. L’insécurité règne dans les établissements scolaires. L’activité du port décline irrémédiablement à cause des grèves incessantes et injustifiées. Les bateaux se détournent vers Hambourg ou Anvers car le surcoût du déplacement est beaucoup moins élevé que celui d’une attente sans fin de leur déchargement. Le fonctionnement du Conseil Général est pour le moins douteux, pratiquant l’intimidation et un usage obscur de l’argent public, tandis que la mairie reste impuissante devant une délinquance galopante. Le chômage devient endémique. Le communautarisme grandit. Comment un gouvernement national et ses représentants locaux peuvent-ils admettre de telles dérives ? Comment peut-on admettre qu’il existe une grande ville qui devienne peu à peu le Chicago français ? Qui s’en indigne ? Que fait-on ? Pourquoi cette passivité ?

07 juillet 2011

Panique !

Ils ont d’abord fait de la fraude fiscale et de la corruption un véritable sport national, privant l’État des moyens financiers nécessaires pour faire fonctionner le pays. Ils ont ensuite fait de l’économie noire un paradigme. La Grèce s’est ensuite enfoncée dans une inflation non maîtrisée de ses dépenses et du nombre de fonctionnaires qui cumulent leur emploi avec le travail au noir. Sans finances suffisantes, l’État a finalement truqué ses comptes et trompée l’Europe pour pouvoir continuer à en être membre et bénéficier ainsi des fonds structurels accordés par l’Union Européenne. Aujourd’hui, les mêmes citoyens pris de panique retirent leur argent des banques pour l’exiler soit dans leur propre coffre-fort, soit à l’étranger, privant ainsi le secteur bancaire des moyens financiers pour faire fonctionner l’économie. Ils sont devenus complètement fous. La Grèce va inéluctablement à la faillite et Dieu seul sait (mais existe-il ?) quelles en seront les conséquences sur l’Euro et, donc, sur l’Europe. Il y a, dans ce comportement, une irresponsabilité tellement grave que certains s’interrogent sur l’exclusion de la Grèce de l’Europe avant qu’elle ne l’entraîne vers une faillite collective. La Grèce est en train de porter un coup qui sera peut-être fatal à la zone euro, au moment même où l’Allemagne retrouve ses vieux démons nationalistes et regarde la France davantage comme un handicap que comme le partenaire d’un grand projet commun, considère l’Espagne et la Grèce comme des menaces. La restructuration de la dette grecque (c’est-à-dire la faillite du pays) devient de plus en plus vraisemblable, sans que personne ne sache quelles en seront les conséquences sur l’ensemble de l’Europe. Il ne suffit pas de prêter de l’argent, encore faudrait-il que la Grèce produise quelque chose pour réveiller une croissance réelle aujourd’hui morte. Mais que fabrique donc la Grèce ? La seule industrie importante est la marine marchande dont les armateurs ont délocalisé l’activité en Crête pour ne pas payer d’impôts ! Le peuple grec va souffrir durement à cause de l’incurie de ses dirigeants et de ses élites. Et, malgré ces souffrances, il n’est pas certain que la Grèce échappe à la récession et, finalement, ne se « tiers-mondialise ». Les Européens mettent en place un nouveau plan de sauvetage de la Grèce qui consiste à emprunter à 3,5% et à prêter à la Grèce à 5,5%. Il y a là quelque chose de curieux qui consiste à faire de l’argent sur le dos de celui qui fait faillite ! Mais c’est le juste prix du risque encouru par le contribuable européen en cas de restructuration de la dette grecque. Il est envisagé que les banques privées participent à ce prêt en rachetant une partie de la dette. Ainsi, si la Grèce fait néanmoins faillite, les répercussions sur le système bancaire européen seront immédiates et désastreuses. Le défaut de paiement des Grecs expose les finances, les banques publiques et privées, les fonds d’investissements – c’est-à-dire notre épargne et nos retraites. Il en serait exactement de même si la Grèce sortait finalement de l’Europe et abandonnait l’Euro pour retourner à la drachme qui serait immédiatement et fortement dévaluée, dévaluant du même coup tous les engagements européens dans le système financier grec. La situation est donc extrêmement grave et rien ne permet aujourd’hui de penser que nous échapperons à la catastrophe. Et, pendant ce temps-là, l’endettement des autres pays européens ne cesse de croître.

03 juillet 2011

Réplique Magnitude 9.1 (suite)

Le rebondissement de « l’affaire » DSK est plein d’enseignements. En effet, la première constatation est que le cirque médiatique de l’arrestation de DSK auquel le monde entier a assisté montre à l’évidence la collusion entre la justice, la police et les medias américains, ce qui met à mal l’idée d’une justice sereine, objective et indépendante. Plus soucieux de sa prochaine élection, le procureur new-yorkais a négligé la prudence élémentaire d’une enquête préalable minimale. La recherche du succès personnel lui a fait oublier le désastre immense provoqué par cette mise en scène médiatique dans la vie d’un homme, d’une famille et jusque dans la vie politique d’un pays étranger. En France également, l’affaire d’Outreau a montré le danger de prendre un témoignage sans aucun recul. La deuxième constatation est la recherche à tout prix du « scoop » qui a aveuglé les médias américains et français. Il est très instructif de rapprocher les gros titres de certains journaux lorsque l’affaire a éclaté et ceux d’aujourd’hui. Aucun recul, aucune analyse, aucune interrogation, uniquement la recherche du sensationnel. Comment peut-on comprendre que l’on arrête un homme dans les conditions spectaculaires que nous avons vues, le jeter sans ménagement dans la pire des prisons avant même de s’interroger sur la crédibilité de l’accusation ? Avec le recul des faits, on peut s’interroger sur la manipulation de cette foule de femmes de ménages hurlant « honte à vous » sur le passage de DSK. Mais personne ne s’est posé ces questions de bon sens. Il est à craindre aujourd’hui que le même emballement s’empare des médias pour condamner sans réflexion aucune la plaignante et, après l’avoir présentée comme une femme simple et honnête, travailleuse, victime innocente de la férocité masculine, qu’elles se repaissent dans la condamnation sans nuance.
L’emportement des associations féministes, aux premiers jours de la condamnation de DSK, est également le symptôme de préjugés simplificateurs et de comportements qui, au bout du compte, ne servent pas la juste cause que ces associations veulent défendre. L’indignation qu’elles ont montrée à la suite des déclarations, dont certaines étaient peut-être maladroites, de certains hommes politiques ou journalistes est davantage une preuve de sectarisme que d’engagement. Si DSK est libéré, on peut s’attendre à ce qu’il règle des comptes … et il aura raison !

28 juin 2011

Simplifions, simplifions !

Lorsque les évènements s’entrechoquent et que les commentaires contradictoires embrouillent la compréhension, il est utile de synthétiser de temps en temps pour clarifier les faits et les idées que l’on s’en fait.
• Sarkozy n’est pas mort, Bayrou a disparu et Villepin n’a aucun poids politique.
• Borloo sera candidat, quelles que soient les pressions de l’UMP.
• Mélenchon a perdu ses meilleurs adversaires : DSK et le facteur Besancenot.
• les partis qui organisent à grands frais des primaires pour choisir leurs candidats sont les partis qui croient le moins dans la primordialité de l’élection présidentielle.
• les écologistes sont les amateurs brouillons et sectaires de la politique et ne sont pas un parti de gouvernement.
• les communistes ont disparu … et personne ne s’en plaint.
• les USA sont en faillite, l’Europe leur emboîte le pas.
• il n’y a plus que les prêtres et les homosexuels qui militent pour le mariage.
• le politiquement correct a bâillonné la réflexion sérieuse.
• la situation de la Grèce est la conséquence de la fraude fiscale, sport national grec depuis des décennies. De plus, la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette car elle ne produit rien.
• la situation financière française est telle qu’il n’y a pas d’autre programme que d’augmenter les impôts et de diminuer les dépenses, pour les partis de droite comme de gauche : le paiement des intérêts de la dette atteint 40 milliards d’Euros par an !
• la seule issue à moyen terme pour la France est de parier sur l’intelligence et l’invention, pari bien difficile.
• le CAC 40 est incapable de dépasser les 4000 points. Chaque fois qu’il approche de ce seuil, il replonge en quelques jours et il lui faut des mois pour atteindre à nouveau les 4000 points.
• N’oublions pas que F. Mitterrand avait dit : je serai le dernier grand président de la Vème République. Il n’y a aucun candidat à la hauteur de la fonction.

31 mai 2011

Il a osé !

Un petit enfant syrien de 13 ans a été torturé à mort PENDANT UN MOIS. Ils lui ont arraché les ongles, ils l’ont brûlé, ils lui ont brisé les rotules, ils lui ont cassé les os, ils lui ont coupé le sexe ! Imaginez. Imagninez la terreur de l'enfant. Imaginez les hurlements de l’enfants. Et puis, tranquillement, ils ont rendu le corps à ses parents. L’enfant avait treize ans !! Qui a fait ça ? L’immonde dictateur syrien. Celui auprès duquel Kadhafi est un enfant de choeur. Kadhafi est un fou. Bachar al-Assad est une monstruosité. Un immonde personnage que l’occident hésite à combattre avec les seuls outils adéquats : les bombes ! Pendant combien de temps l’humanité va-t-elle supporter l’existence de tels criminels ? Pendant combien de temps la morale sera-t-elle foulée aux pieds de la real-politik ? La souffrance et la vie d’un enfant n’a-t-elle pas le prix suffisant de la révolte ? Jamais nous ne pourront effacer la honte d’avoir pu entretenir des relations avec un tel monstre ! Jamais l’humanité ne pourra effacer la tâche d’avoir pu, un seul instant, entretenir des relations avec un tel tyran sanguinaire. Voilà une vraie raison de s’indigner. Il s'appelait Hamza...

30 mai 2011

No future

Parlons clair : l’avenir est sombre ! Et la sécheresse installée ou la canicule à venir n’ont rien à y voir. Le pourtour méditerranéen est en effervescence, que se soit au Maghreb ou au Moyen-Orient où les islamistes sont à l’affût d’une prise de pouvoir, l’Europe est malade où le populisme fleurit sur les ruines d’une économie en crise. La Tunisie se débat dans une crise économique majeure qui pousse ses citoyens à émigrer au moment où le pays a besoin d’eux. La fureur et le sang ont pris le pouvoir en Libye, en Syrie, en Palestine. La dictature militaire perdure en Égypte. Le chaos terroriste s’est installé en Irak, au Pakistan et en Afghanistan. Une dictature féroce s’accroche en Iran. Le Yémen est à feu et à sang. Pendant ce temps, en Europe, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande sont des pays où l’État a perdu le pouvoir pour le laisser au jugement des agences de notation et aux mains des organismes financiers mondiaux qui imposent aux peuples des contraintes qu’ils ne comprennent pas. Les États européens ont sauvé le système banquier et financier occidental, mais leur pusillanimité les a empêchés d’imposer aux banques les règles du jeu indispensables pour favoriser enfin l’investissement à long terme au lieu de la spéculation dévastatrice à court terme. Ils n’ont pas su interdire une spéculation qui a transformé les entreprises en bandits manchots. Les États sont soumis aux financiers et aux spéculateurs, ont peur des agences de notation et n’offrent aucune perspective, aucune alternative autre que cette soumission. Cette situation provoque un début de révolte des peuples, en Grèce et en Espagne où 45% des jeunes sont diplômés et au chômage. La faute originelle en revient à la génération des adultes d’aujourd’hui qui ont vécu à crédit pendant des décennies de façon irresponsables et sans se préoccuper des générations futures qui auraient à rembourser l’énorme dette accumulée dans tous les pays occidentaux et qui se trouveraient ainsi plongées dans un abîme sans fond. La société occidentale a protégé les possédants au détriment des exclus. Les syndicats ont défendu les salariés sans se préoccuper réellement des chômeurs. La société a perdu de vue les valeurs fondamentales comme le respect de la personne humaine, la solidarité et l’équité pour les remplacer par les concepts de productivité, d’efficacité, de performance qui sont des jugements d’évaluation menant à l’exclusion des plus faibles. Ainsi, les nantis d’hier ont finalement transmis la précarité à leurs enfants. Parce que leurs parents ont triché, les jeunes Grecques se révoltent. Parce que leurs parents ont spéculé dans la bulle immobilière, les jeunes Espagnols se révoltent. Les jeunes Français, accrochant leur wagon au wagon espagnol, en viennent à rêver à un nouveau Mai 68. En 68, les jeunes réclamaient une nouvelle liberté. Aujourd’hui, ils veulent simplement avoir un avenir alors que les politiques et les intellectuels n’ont aucune alternative à leur offrir. Quel jeune l’alternative Sarkozy/Aubry ou Sarkozy/Hollande peut faire rêver ? Les pancartes brandies sur la place de La bastille disent : « Le libéralisme, dégage ! ». Mais personne ne sait par quoi le remplacer. La situation est grave, mais rassurez-vous, le pire est à venir !

28 mai 2011

Politiquement correct

Nous assistons actuellement, à la suite de l’affaire DSK, à la mise au pilori d’un certain nombre de personnalités qui se sont permis d’utiliser des expressions jugées indignes au regard de critères qui deviennent de véritables contraintes pour la liberté d’expression. En effet, Robert Badinter, Bernard Henry Lévy, Jack Lang, Jean-François Kahn viennent d’en payer le prix pour s’être indignés de la mise à mort médiatique de DSK. Même Mladic, le boucher serbe, n'a pas eu droit à un tel traitement. « Il n’y a pas mort d’homme » et « le troussage de domestique » ont soulevé l’ire des bien-pensants à penchant féministe. Dès lors que la victime est une femme, il devient interdit de s’interroger sur le sort réservé au présumé innocent qui est devenu immédiatement un présumé coupable. Jack Lang ne voulait qu’exprimer son indignation devant le traitement médiatique de DSK, indiquant qu’un tel sort ne pouvait, à la rigueur, se justifier que pour un meurtrier. Quant à Jean-François Kahn dont on ne peut effacer d’un trait de plume tous ses combats pour les femmes, même ses excuses n’ont pas suffi à calmer les fureurs, poussant ce brillant talent journalistique à abandonner son métier. « Indignez-vous » a dit quelqu’un. Il est des indignations trop rapides qui deviennent des facilités. Peut-être que réfléchir avant de condamner est devenu, pour certain, un exercice trop difficile ! Le « politiquement correct » devient un étouffoir de l’expression, au même titre que le principe de précaution est un étouffoir de l’initiative. Bientôt, non seulement nous ne ferons plus rien, mais nous le ferons en silence … Nous n’aurons plus le choix qu’entre le silence de plomb ou la langue de plomb !

27 mai 2011

Une rencontre

Une jeune femme brune, cheveux longs, jupe longue et sandales, a croisé mon chemin ce matin, rue de Lagny à Paris dans le XXème arrondissement. Un bébé accroché sur son ventre, elle portait un gros sac en bandoulière et marchait d’un pas hésitant. En nous croisant, j’ai remarqué que l’enfant avait des tâches brunâtres sur les joues et que la femme soutenait sa tête avec la main. L’enfant était-il souffrant, malade ? Avançant dans la rue de Lagny, cette femme ayant soudain fait demi-tour, repasse devant moi et marche d’un pas rapide sur ses sandales à talons plats. Intrigué par son attitude, je me mets à la suivre sans très bien en comprendre la raison. Elle tourne dans le boulevard de Charonne, fait demi-tour au bout de quelques mètres et repart en direction de la place de la Nation. Je me mets à la suivre. Où va-t-elle ? Arrivée sur la place, elle se dirige vers le boulevard de Picpus dont elle emprunte les premiers cent mètres avant de changer de direction une fois encore et de partir vers la rue de Picpus. Elle marche d’un pas parfois décidé, parfois hésitant. Elle s’arrête de temps en temps pour boire à une bouteille qu’elle tire de son sac, tout en maintenant la tête de l’enfant. Je suis de plus en plus mal à l’aise devant sa conduite et sa façon de se déplacer, donnant l’impression qu’elle ne sait pas où aller. De la rue de Picpus, elle oblique soudain vers la place Daumesnil et rejoint le square de l’ancienne gare de Reuilly, près de l’avenue du même nom. Elle entre dans le square, hésite sur le chemin à prendre, regarde autour d’elle, traverse la pelouse et ressort du square sans s’être arrêtée. Je la suis toujours avec de plus en plus de mal. Elle s’engage dans la coulée verte en direction de la Bastille. Sur l’allée, elle fait plusieurs fois demi-tour, s’arrête et reprends sa route en direction de la Bastille, tenant toujours la tête de l’enfant. Elle me donne l’impression d’une femme errante qui ne sait où diriger ses pas. Est-elle en fuite ? A-t-elle enlevé l’enfant ? Je cherche en vain du regard un représentant de l’autorité publique à qui je pourrais faire part de mes interrogations et de mes inquiétudes pour l’enfant. Elle marche devant moi sur la coulée verte et accélère le pas. J’ai du mal à la suivre. Elle s’arrête un moment pour remplir une bouteille de l’eau d’une fontaine et repart de son pas à la fois hésitant et décidé. Au détour d’un coude, je la perds définitivement de vue. Je suis décidément mal à l’aise. Aurais-je dû l’aborder ? De retour chez moi, la pensée de cette femme, que j’ai crue en détresse, ne me quitte pas. Cette femme est-elle en fuite ou n’était-ce qu’une mère qui promenait son enfant ? L’interrogation ne me quitte pas. Combien de destins tragiques croisons-nous ainsi dans la vie, sans le savoir ? Combien de tristesses et de solitudes ? Combien de fuites et de désespérances ? Combien de tragédies derrière les portes et fenêtres ? L’espèce humaine est, à la fois, grégaire et solitaire. Nous sommes un oxymore vivant : un troupeau d’anachorètes.

18 mai 2011

Mise à mort

Nous venons d’assister, en direct de New-York, au type de justice que Nicolas Sarkozy veut instaurer en France en supprimant le juge d’instruction. Espérons que le scandale médiatique qui nous a été livré nous préserve à jamais de cette calamité. À quoi avons-nous, en effet, assisté ? Quelles que soient les charges qui pèsent sur DSK, celui-ci est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Or, la sortie médiatiquement organisée par la justice américaine de DSK du commissariat de New-York est une mise à mort médiatique qui a transformé immédiatement le présumé innocent en présumé obligatoirement coupable. La présomption d’innocence a un sens très précis. Elle consiste à imposer au procureur, qui instruit uniquement à charge, d’apporter les preuves de la culpabilité avant de traiter un homme en présumé coupable. Dire que la justice américaine a la grandeur de traiter les puissants comme les plus démunis pour justifier ce à quoi nous avons assisté est une hypocrisie. Justement, la plaignante n’a pas été traitée de la même façon. De grandes précautions ont été prises par la police pour sauvegarder, à juste titre, son anonymat et la préserver des medias. En face, DSK est publiquement humilié et conduit menotté et sous l’œil des caméras dans la pire des prisons américaines avant même que quiconque n’ait entendu le moindre mot d’explication de ce dernier, sauf qu’il plaide une relation consentie. Quel sentiment a pu guider la juge américaine qui a refusé la mise en liberté sous caution avant le procès ? N’oublions pas que ces juges sont élus et qu’il est bon pour leur notoriété personnelle, d’accrocher à leur tableau de chasse un des hommes les plus important de la planète ! L’indignation de Bernard Henry-Lévy et de Robert Badinter est symptomatique du fait que la justice américaine n’est pas sans reproche. Espérons que notre pays soit préservé d’une telle justice. Une justice où l’inculpé ne peut avoir une défense sans beaucoup d’argent, une justice où le procureur n’est pas tenu de prendre en compte des indices d’innocence s’il en découvre au cours de son enquête. Tout cela étant dit, on ne peut cependant s’empêcher de penser que, si la culpabilité de DSK est prouvée un jour, la France sera passée à côté d’un véritable danger en portant à la charge suprême un personnage capable du pire.

16 mai 2011

Magnitude 9.0

Il s’agit d’un véritable séisme politique dont les ondes se propagent sur la planète entière. « L’affaire » DSK résonne comme un coup de tonnerre dans le monde. La position de premier plan que la crise financière mondiale a donnée au FMI a placé son président en position d’interlocuteur incontournable pour la majorité des chefs d’État. Mais le coup le plus dur est porté à la France. Coup dur pour l’image du pays dans le monde. Coup dur pour la société française qui avait espéré, dans sa majorité, trouver en DSK un successeur d’envergure à Nicolas Sarkozy. De deux choses l’une. Ou bien il s’agit d’une affaire scandaleuse montée de toutes pièces pour discréditer un personnage qui avait de nombreux adversaires, tant dans le milieu politique français où sa popularité portait ombrage et danger, que dans le monde où l’intervention du FMI s’accompagnait de plans de rigueur mal supportés par les populations et par les gouvernants. Car il y a, quand même, des faits troublants. Comment expliquer que, dans un grand hôtel de luxe habitué à recevoir des personnalités, on ait pu laisser une femme de chambre pénétrer dans une chambre sans s’assurer préalablement qu’elle était vide ? N’est-il pas curieux que cette femme pénètre dans la chambre au moment même où DSK est sous sa douche ? Comment comprendre qu’il ait téléphoné depuis l ‘aéroport à l’hôtel qu’il venait de quitter pour récupérer son téléphone portable après avoir déjeuné en ville, s’il était en fuite comme on le dit ? N’oublions pas le cas de Dominique Baudis. Ou alors les faits sont avérés et l’on a affaire à un grand malade. Car, comment expliquer que cet homme n’ait pas eu conscience des conséquences extraordinairement graves que ses actes allaient entraîner ? Comment penser qu’il ait pu croire un instant que son agression resterait cachée et que la jeune femme agressée garderait le silence ? Comment comprendre que cet homme n’ait pas eu conscience qu’il ruinait à jamais sa carrière ? L’avenir nous dira ce qu’il en est. Ce qui est absolument certain est que DSK n’a plus d’avenir politique. Sa candidature aux élections présidentielles françaises est devenue impossible, non seulement à cause du calendrier des primaires socialistes, mais surtout parce que la fonction présidentielle ne s’accommode pas d’un homme ayant été menotté par la police, même s’il s’agit d’une erreur. Ce qui est certain également, c’est que la France n’a plus de candidat à la hauteur de la fonction.

07 mai 2011

Quelle bêtise !

Un assassin est mort, tué dans une opération dont le seul but était bien de l’éliminer. Le 11 Septembre 2001, Ben Laden a tenté de faire disparaître 50.000 personnes dans l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center. S’il n’y a eu « que » 3000 morts, cela tient du miracle. Ben Laden a bel et bien tenté de supprimer l’équivalent d’une ville moyenne ! Qui peut aujourd’hui oublier ce fait et regretter la disparition de ce monstre ? A priori personne … et pourtant voilà qu’une vague de rumeurs enfle de façon inquiétante, mais guère surprenante lorsqu’on connaît la nature humaine ! On déplore le fait que Ben Laden ne fut pas armé au moment de l’assaut, on déplore que son corps ait été jeté à l’eau, on ratiocine sur le nom de Geronimo donné à l’opération d’élimination. Et, bien entendu, la théorie du complot retrouve une nouvelle vigueur en diffusant l’idée qu’en réalité, l’homme n’est pas mort. Que les démocrates se réjouissent plutôt du fait qu’il vient d’être démontré que les démocraties ne sont pas condamnées à subir sans se défendre ! Cela compensera le silence, assourdissant, et habituel, des responsables musulmans dès qu’il s’agit de terrorisme.

02 mai 2011

Il est mort … enfin !

Les États-Unis viennent d’économiser 25 millions de dollars. C’était la prime promise à celui qui permettrait de supprimer Oussama Ben Laden. Voilà que l’individu, responsable des 3000 morts des attentats du 11 Septembre 2001, vient d’être tué par l’armée américaine, après 8 mois d’enquête. Le monde est soudainement plus propre ! Décidément, la grande lessive continue : Ben Ali, Moubarak, Gbagbo, Ben Laden, autant de tâches enlevées ! Il en reste encore, malheureusement, et le monde civilisé espère la disparition de Kadhafi et de Bachar Al Assad, entre autres dictateurs ou potentats africains, orientaux et sud-américain, ainsi que des terroristes comme Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar. Le travail n’est pas fini et durera encore longtemps. Des représailles vont certainement avoir lieu après la disparition de Ben Laden, les attentats et enlèvements d’otages risquant de se multiplier. Malgré les risques, il faut se réjouir de la disparition de ces criminels et éviter, espérons-le, toute polémique stérile et indécente.

Une comptine

Vous connaissez la comptine : La peinture à l’huile, c’est bien difficile, mais c’est bien plus beau que la peinture à l’eau. En voilà une autre : Être un actionnaire prédateur et spéculateur, c’est tellement facile, mais c’est bien plus profitable que d’être un actionnaire responsable. L’obligation faite aux entreprises de verser aux actionnaires et aux fonds spéculatifs des dividendes annuels hors de toute raison plonge dans la tourmente l’économie d’un pays. Exiger des rendements d’investissements à deux chiffres relève du crime contre l’économie… et, donc, contre le peuple. Plus de dividendes, c’est moins de salaires et moins d’investissements dans la productivité, la R&D, l’innovation. La spéculation excessive, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, est le cancer des nations, au même titre que la mafia ou que le terrorisme. Elle corrompt la morale et fait naître des pratiques frauduleuses qui ont conduit aux subprimes, à la faillite des Caisses d’Épargne américaines, aux produits financiers toxiques (tout cela pour le plus grand bénéfice de Goldman Sachs), aux escroqueries « Madoffiennes », aux salaires indécents des chefs des grandes entreprises. Elle pousse les entreprises aux délocalisations prédatrices et aux licenciements spéculatifs et boursiers. La délocalisation supprime des emplois en France, la sous-traitance délocalisée alourdit la part négative de la balance des paiements. Elle incite les entreprises à délocaliser leur siège social ou à manipuler leurs comptes entre leurs implantations internationales pour éviter de payer des impôts en France, ce qui leur permet d’augmenter leurs bénéfices et les dividendes à verser. Rien n’est à l’abri de l’immoralité de la spéculation. Elle provoque, en jouant sur le prix des denrées alimentaires, des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres de la planète. Elle incite les mêmes pays à développer le travail des enfants, main d’œuvre si bon marché qu’elle attire les producteurs des pays riches à la recherche d’une rentabilité maximale du travail afin d’augmenter, encore et encore, la part des dividendes. La communauté internationale (au fait, qu’est-ce que c’est ?) condamne l’utilisation d’armes à destruction massive. Elle devrait donc condamner la spéculation financière pour cette même raison. Que l’économie redevienne une économie politique et que la démocratie politique redevienne citoyenne !

26 avril 2011

Politique et morale

Surpris par la nouveauté et la soudaineté de l’événement, les occidentaux ont tardé à réagir au mouvement de libération du peuple tunisien. Lorsqu’un processus similaire s’est déclenché en Égypte, les occidentaux, ayant retenu la leçon tunisienne, ont réagit rapidement pour soutenir la révolte populaire. Lorsqu’à leur tour les Libyens ont cherché, et cherchent encore, à se libérer du joug de leur tyran, les occidentaux ont pris les armes. Et puis, voilà que le besoin irréfragable de liberté soulève le peuple syrien… et les responsables politiques occidentaux restent étrangement silencieux. Le dictateur libyen emprisonne des enfants, les torture en leur arrachant les ongles, tire sur le peuple appelé « terroriste salafiste » en utilisant les chars et les armes lourdes. En face, quatre pays occidentaux rédigent timidement un projet de note de protestation à destination du Conseil de Sécurité des Nations Unies (?), les USA envisagent des représailles « ciblées » en guise de protestation, la majorité des pays européens reste silencieuse. Soutenu ouvertement par deux guignols dangereux, l’iranien Mahmoud Ahmadinejad et le vénézuélien Hugo Chàvez, le tyran syrien se croit intouchable du fait de son influence délétère sur la situation palestinienne. Certes, la real-politique est une nécessité, mais parfois elle soulève le cœur. Elle montre, à l’évidence, que politique et morale sont deux mondes incompatibles.