On sait depuis longtemps que rien ne se crée et rien ne se perd, tout se transforme. Ainsi en est-il de la colossale énergie initiale du big-bang qui, depuis plus de treize milliards d’années, se transmet et se transforme dans l’Univers, sous des formes diverses et variées. Une partie de cette énergie a permis la création de la matière visible et sombre (m = E/c2), donné à cette matière l’énergie cinétique et la quantité de mouvement qui l’anime depuis la nuit des temps, a animé les processus qui ont conduit, notamment sur Terre, à l’apparition de la vie, a peut-être participé à la création de l’énergie noire. L’énergie que la Terre a reçue en héritage existe toujours aujourd’hui sous des formes extraordinairement variées et l’homme, depuis son apparition, vit en recherchant et en consommant cette énergie pour la transformer sous formes diverses qui lui permettent de vivre et de transformer son environnement. Il consomme sans retenue et, actuellement, consomme l’énergie dite fossile pour ses besoins et l’organisation de sa vie. Une partie de cette énergie se retrouve dans la création de chaleur et de gaz à effet de serre qui élève la température de son environnement à tel point que l’homme commence à s’en inquiéter car cette évolution met en danger sa propre existence. Il regarde alors autour de lui et cherche où se cache l’énergie dont l’Univers lui a fait cadeau. La chasse aux énergies dites renouvelables est lancée car elles se dissimulent un peu partout dans notre environnement. Lorsqu’on évoque les énergies renouvelables, on pense presque uniquement aux éoliennes et aux panneaux solaires. Or, les sources renouvelables sont beaucoup plus nombreuses. Depuis longtemps, l’homme a utilisé l’énergie de l’eau des rivières et les barrages et les microcentrales en sont les utilisations les plus abouties. L’énergie du vent a été utilisée très tôt pour le fonctionnement des moulins à vent et, aujourd’hui, pour celui des éoliennes. Si les moulins à vent ont, depuis longtemps, servi à moudre le blé ou à pomper l’eau des polders, les éoliennes destinées à fournir de l’électricité pâtissent du fait que la quantité d’énergie récupérée par chacune d’elles est faible. En effet, là où une centrale nucléaire de 1,5 GW demande 10 hectares de surface, il en faut 18.700 pour obtenir la même puissance avec des éoliennes. En outre, leur esthétique n’est pas consensuelle. Chauffés par le soleil, les hommes ont toujours rêvé d’utiliser cette source d’énergie pour leur compte. L’énergie thermique de basse température est, aujourd’hui, exploitée pour la production d’eau chaude et pour le fonctionnement des pompes à chaleur. L’énergie thermique des hautes températures est utilisée dans les fours solaires. Le projet le plus abouti est, actuellement, le projet « desertec » qui prévoit des centrales utilisant des miroirs concentrant la lumière du soleil pour créer suffisamment de chaleur et générer de la vapeur qui servira à actionner des turbines et des alternateurs produisant de l’électricité. Des réservoirs de chaleur (réservoirs de sels fondus) seront utilisés pour stocker de la chaleur durant la journée afin d’actionner les turbines pendant la nuit ou bien lors de pics de consommation. Des essais analogues existent en Espagne du Sud. Une autre technique d’utilisation de l’énergie solaire est la technique des cellules photovoltaïques qui produisent directement de l’électricité sous l’effet des photons solaires. Mais cette technique est de 5 à 10 fois plus coûteuse que l’éolien et la fabrication des panneaux, souvent par une entreprise chinoise fonctionnant grâce à de l’électricité fournie par une centrale à charbon, est très polluante, le silicium étant obtenu par des procédés de chauffage à très haute température et générateurs de CO2. La Terre est aussi susceptible de restituer une partie de l’énergie reçue lors de sa création. C’est la géothermie qui cherche à récupérer sous diverses formes la chaleur interne de la planète. La géothermie humide exploite l’eau chaude des couches souterraines, la géothermie sèche injecte directement de l’eau froide dans des roches chauffées naturellement. L’énergie cédée à la Terre lors de sa création se retrouve en partie dans les mouvements des mers et des océans. Une partie de cette énergie peut être récupérée en exploitant la houle, l’énergie potentielle des marées, voire les courants marins. Les moulins à marée remontent au Moyen-âge, essentiellement en Bretagne, et l’usine marée-motrice de la Rance en est une réalisation moderne, des expériences ayant été faites pour utiliser les mouvements alternatifs de la houle et le mouvement continu des courants. La biomasse désigne l'ensemble des matières organiques d'origine végétale (algues incluses), animale ou fongique, pouvant devenir source d'énergie par combustion comme le bois, par méthanisation fournissant le biogaz ou par fermentation de matières organiques pour obtenir du biocarburant. Utilisant l’énergie solaire emmagasinée par les plantes, la biomasse est aujourd'hui, de loin, la première énergie dite renouvelable en France, malgré le faible rendement de la photosynthèse et l’utilisation importante de pesticides et de fertilisants. Cette énergie peut être considérée comme renouvelable tant qu’elle ne met pas en péril la fertilité des sols ou tant qu’elle ne crée pas de compétition excessive entre la fourniture de produits pour l’alimentation et la fabrication de carburants. Les déchets ménagers récoltés, en décharges ou dans les stations d’épuration, peuvent servir de source de biogaz. Touts ces énergies sont, sous des formes diverses, récupérées de l’énergie solaire. Le soleil est une énorme bombe nucléaire où s’entretiennent des réactions de fusion entre noyaux d’hydrogène pour former des noyaux d’hélium dégageant une énorme quantité d’énergie par depuis quatre milliards d’années. La fusion de noyaux légers dégage d’énormes quantités d’énergie provenant de l’attraction entre les nucléons due à l’interaction nucléaire forte. Le soleil est ainsi une boule de plasma chaud et dense. La tendance du plasma à se disperser et à se refroidir est contrebalancée par l’énorme gravitation régnant dans le Soleil. Sur Terre, les forces de gravitation sont insuffisantes et il est impossible d’obtenir une réaction de fusion entre deux atomes dans ces conditions. Il n’est pas envisageable, non plus, de confiner un plasma atteignant plusieurs millions de degrés à l'aide de parois matérielles. Pour faire face à ces obstacles, les chercheurs ont mis à profit les propriétés du plasma et ont pensé à le maintenir dans une « boîte immatérielle ». Ils ont compris comment utiliser la propriété des particules du plasma qui ont tendance à s’enrouler autour des lignes de champ magnétique et à les suivre dans leur trajectoire. En refermant les lignes de champ magnétique sur elles-mêmes, les Russes sont ainsi parvenus à mettre au point le concept du tokamak à la fin des années 60. L’intérêt de ce concept pour produire des plasmas ne s’est pas démenti depuis, puisque les principales installations construites dans le monde furent des tokamaks comme le JT60 au Japon, JET en Angleterre et Tore Supra en France. La fusion envisagée est celle des nucléons d’hélium et de tritium. Cette fusion produit des neutrons rapides et destructeurs dont on ne sait pas encore aujourd’hui comment s’en protéger, même si on envisage d’en utiliser une partie pour régénérer le tritium à partir de lithium. Le projet ITER comporte de multiples difficultés comme l'instabilité des plasmas, les fuites thermiques et la fragilité des métaux supraconducteurs. Mais l’enjeu est d’une telle importance que de nombreux pays se sont associés pour tenter l’expérience, malgré ses incertitudes et son coût : L’Union Européenne, les États-Unis, le Japon, la Russie, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde. Ce panorama des énergies renouvelables n’est, évidemment, pas exhaustif, l’imagination humaine étant fertile. Deux autres pistes existent : la récupération et l’économie. Récupérer l’énergie perdue inutilement, en général sous forme de chaleur, est une préoccupation grandissante dans tous les processus industriels. Un exemple en est les véhicules hybrides qui utilisent une partie de l’énergie du carburant traditionnel pour recharger les batteries électriques. Un autre exemple est l’essai d’utilisation de la chaleur véhiculée dans les égouts urbains par les différents effluents. Aucun processus n’ayant un rendement de 100%, tous perdent une partie de l’énergie utilisée sous forme de chaleur. L’enjeu est de récupérer cette perte. Enfin, il ne faut pas oublier que la meilleure énergie renouvelable est celle que l’on ne consomme pas. L’effort fait notamment dans la construction pour éviter les pertes caloriques reste une voie privilégiée pour économiser l’énergie. Depuis la nuit des temps, l’homme n’a survécu qu’en consommant de l’énergie. Aujourd’hui, cette consommation est devenue tellement importante qu’elle est devenue excessive par rapport à ce que la planète peut fournir. Toutes les énergies fossiles (charbon, lignite, pétrole, sables bitumineux, gaz naturel et gaz de schistes, tourbe, uranium, métaux rares, …) sont appelées à disparaître, peut-être plus rapidement que l’on ne croit compte tenu de la voracité des hommes et de leur prolifération. La seule énergie que l’homme ne pourra jamais épuiser est celle du Soleil. Lorsque celui-ci disparaîtra, l’homme aura cessé d’exister depuis longtemps ! Le défi reste important. Dans 50 ans, la Terre comptera 3 milliards supplémentaires d’êtres humains, les besoins en énergie augmentent actuellement au rythme de 1,8% par an et le réchauffement climatique devient de plus en plus menaçant.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
16 avril 2011
Les énergies renouvelables
On sait depuis longtemps que rien ne se crée et rien ne se perd, tout se transforme. Ainsi en est-il de la colossale énergie initiale du big-bang qui, depuis plus de treize milliards d’années, se transmet et se transforme dans l’Univers, sous des formes diverses et variées. Une partie de cette énergie a permis la création de la matière visible et sombre (m = E/c2), donné à cette matière l’énergie cinétique et la quantité de mouvement qui l’anime depuis la nuit des temps, a animé les processus qui ont conduit, notamment sur Terre, à l’apparition de la vie, a peut-être participé à la création de l’énergie noire. L’énergie que la Terre a reçue en héritage existe toujours aujourd’hui sous des formes extraordinairement variées et l’homme, depuis son apparition, vit en recherchant et en consommant cette énergie pour la transformer sous formes diverses qui lui permettent de vivre et de transformer son environnement. Il consomme sans retenue et, actuellement, consomme l’énergie dite fossile pour ses besoins et l’organisation de sa vie. Une partie de cette énergie se retrouve dans la création de chaleur et de gaz à effet de serre qui élève la température de son environnement à tel point que l’homme commence à s’en inquiéter car cette évolution met en danger sa propre existence. Il regarde alors autour de lui et cherche où se cache l’énergie dont l’Univers lui a fait cadeau. La chasse aux énergies dites renouvelables est lancée car elles se dissimulent un peu partout dans notre environnement. Lorsqu’on évoque les énergies renouvelables, on pense presque uniquement aux éoliennes et aux panneaux solaires. Or, les sources renouvelables sont beaucoup plus nombreuses. Depuis longtemps, l’homme a utilisé l’énergie de l’eau des rivières et les barrages et les microcentrales en sont les utilisations les plus abouties. L’énergie du vent a été utilisée très tôt pour le fonctionnement des moulins à vent et, aujourd’hui, pour celui des éoliennes. Si les moulins à vent ont, depuis longtemps, servi à moudre le blé ou à pomper l’eau des polders, les éoliennes destinées à fournir de l’électricité pâtissent du fait que la quantité d’énergie récupérée par chacune d’elles est faible. En effet, là où une centrale nucléaire de 1,5 GW demande 10 hectares de surface, il en faut 18.700 pour obtenir la même puissance avec des éoliennes. En outre, leur esthétique n’est pas consensuelle. Chauffés par le soleil, les hommes ont toujours rêvé d’utiliser cette source d’énergie pour leur compte. L’énergie thermique de basse température est, aujourd’hui, exploitée pour la production d’eau chaude et pour le fonctionnement des pompes à chaleur. L’énergie thermique des hautes températures est utilisée dans les fours solaires. Le projet le plus abouti est, actuellement, le projet « desertec » qui prévoit des centrales utilisant des miroirs concentrant la lumière du soleil pour créer suffisamment de chaleur et générer de la vapeur qui servira à actionner des turbines et des alternateurs produisant de l’électricité. Des réservoirs de chaleur (réservoirs de sels fondus) seront utilisés pour stocker de la chaleur durant la journée afin d’actionner les turbines pendant la nuit ou bien lors de pics de consommation. Des essais analogues existent en Espagne du Sud. Une autre technique d’utilisation de l’énergie solaire est la technique des cellules photovoltaïques qui produisent directement de l’électricité sous l’effet des photons solaires. Mais cette technique est de 5 à 10 fois plus coûteuse que l’éolien et la fabrication des panneaux, souvent par une entreprise chinoise fonctionnant grâce à de l’électricité fournie par une centrale à charbon, est très polluante, le silicium étant obtenu par des procédés de chauffage à très haute température et générateurs de CO2. La Terre est aussi susceptible de restituer une partie de l’énergie reçue lors de sa création. C’est la géothermie qui cherche à récupérer sous diverses formes la chaleur interne de la planète. La géothermie humide exploite l’eau chaude des couches souterraines, la géothermie sèche injecte directement de l’eau froide dans des roches chauffées naturellement. L’énergie cédée à la Terre lors de sa création se retrouve en partie dans les mouvements des mers et des océans. Une partie de cette énergie peut être récupérée en exploitant la houle, l’énergie potentielle des marées, voire les courants marins. Les moulins à marée remontent au Moyen-âge, essentiellement en Bretagne, et l’usine marée-motrice de la Rance en est une réalisation moderne, des expériences ayant été faites pour utiliser les mouvements alternatifs de la houle et le mouvement continu des courants. La biomasse désigne l'ensemble des matières organiques d'origine végétale (algues incluses), animale ou fongique, pouvant devenir source d'énergie par combustion comme le bois, par méthanisation fournissant le biogaz ou par fermentation de matières organiques pour obtenir du biocarburant. Utilisant l’énergie solaire emmagasinée par les plantes, la biomasse est aujourd'hui, de loin, la première énergie dite renouvelable en France, malgré le faible rendement de la photosynthèse et l’utilisation importante de pesticides et de fertilisants. Cette énergie peut être considérée comme renouvelable tant qu’elle ne met pas en péril la fertilité des sols ou tant qu’elle ne crée pas de compétition excessive entre la fourniture de produits pour l’alimentation et la fabrication de carburants. Les déchets ménagers récoltés, en décharges ou dans les stations d’épuration, peuvent servir de source de biogaz. Touts ces énergies sont, sous des formes diverses, récupérées de l’énergie solaire. Le soleil est une énorme bombe nucléaire où s’entretiennent des réactions de fusion entre noyaux d’hydrogène pour former des noyaux d’hélium dégageant une énorme quantité d’énergie par depuis quatre milliards d’années. La fusion de noyaux légers dégage d’énormes quantités d’énergie provenant de l’attraction entre les nucléons due à l’interaction nucléaire forte. Le soleil est ainsi une boule de plasma chaud et dense. La tendance du plasma à se disperser et à se refroidir est contrebalancée par l’énorme gravitation régnant dans le Soleil. Sur Terre, les forces de gravitation sont insuffisantes et il est impossible d’obtenir une réaction de fusion entre deux atomes dans ces conditions. Il n’est pas envisageable, non plus, de confiner un plasma atteignant plusieurs millions de degrés à l'aide de parois matérielles. Pour faire face à ces obstacles, les chercheurs ont mis à profit les propriétés du plasma et ont pensé à le maintenir dans une « boîte immatérielle ». Ils ont compris comment utiliser la propriété des particules du plasma qui ont tendance à s’enrouler autour des lignes de champ magnétique et à les suivre dans leur trajectoire. En refermant les lignes de champ magnétique sur elles-mêmes, les Russes sont ainsi parvenus à mettre au point le concept du tokamak à la fin des années 60. L’intérêt de ce concept pour produire des plasmas ne s’est pas démenti depuis, puisque les principales installations construites dans le monde furent des tokamaks comme le JT60 au Japon, JET en Angleterre et Tore Supra en France. La fusion envisagée est celle des nucléons d’hélium et de tritium. Cette fusion produit des neutrons rapides et destructeurs dont on ne sait pas encore aujourd’hui comment s’en protéger, même si on envisage d’en utiliser une partie pour régénérer le tritium à partir de lithium. Le projet ITER comporte de multiples difficultés comme l'instabilité des plasmas, les fuites thermiques et la fragilité des métaux supraconducteurs. Mais l’enjeu est d’une telle importance que de nombreux pays se sont associés pour tenter l’expérience, malgré ses incertitudes et son coût : L’Union Européenne, les États-Unis, le Japon, la Russie, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde. Ce panorama des énergies renouvelables n’est, évidemment, pas exhaustif, l’imagination humaine étant fertile. Deux autres pistes existent : la récupération et l’économie. Récupérer l’énergie perdue inutilement, en général sous forme de chaleur, est une préoccupation grandissante dans tous les processus industriels. Un exemple en est les véhicules hybrides qui utilisent une partie de l’énergie du carburant traditionnel pour recharger les batteries électriques. Un autre exemple est l’essai d’utilisation de la chaleur véhiculée dans les égouts urbains par les différents effluents. Aucun processus n’ayant un rendement de 100%, tous perdent une partie de l’énergie utilisée sous forme de chaleur. L’enjeu est de récupérer cette perte. Enfin, il ne faut pas oublier que la meilleure énergie renouvelable est celle que l’on ne consomme pas. L’effort fait notamment dans la construction pour éviter les pertes caloriques reste une voie privilégiée pour économiser l’énergie. Depuis la nuit des temps, l’homme n’a survécu qu’en consommant de l’énergie. Aujourd’hui, cette consommation est devenue tellement importante qu’elle est devenue excessive par rapport à ce que la planète peut fournir. Toutes les énergies fossiles (charbon, lignite, pétrole, sables bitumineux, gaz naturel et gaz de schistes, tourbe, uranium, métaux rares, …) sont appelées à disparaître, peut-être plus rapidement que l’on ne croit compte tenu de la voracité des hommes et de leur prolifération. La seule énergie que l’homme ne pourra jamais épuiser est celle du Soleil. Lorsque celui-ci disparaîtra, l’homme aura cessé d’exister depuis longtemps ! Le défi reste important. Dans 50 ans, la Terre comptera 3 milliards supplémentaires d’êtres humains, les besoins en énergie augmentent actuellement au rythme de 1,8% par an et le réchauffement climatique devient de plus en plus menaçant.
12 avril 2011
Polémiques indécentes
Il existera toujours des esprits alambiqués pour chercher toutes les occasions de critiquer leur propre pays, leur volonté polémique l’emportant sur la raison et le bon sens. L’arrestation de l’usurpateur Gbagbo est à peine réalisée que déjà des voix s’élèvent pour critiquer, voire condamner, la France sur son rôle dans la tragédie ivoirienne. Car il s’agit bien d’une tragédie qui a fait des milliers de morts et dont les traces vont se dévoiler dans les fosses communes que l’on ne va pas tarder à découvrir. Les dernières élections ivoiriennes ont été organisées et chèrement payées par la communauté internationale et ont été imposées à Gbagbo qui avait prolongé indûment et illégalement son pouvoir pendant cinq ans après la fin légale de son mandat. Ces élections ont été surveillées par la même communauté internationale pour s’assurer de leur bon déroulement et valider leurs résultats. Ces bons esprits qui critiquent la France oublient facilement que Laurent Gbagbo a été l’inventeur du concept d’ivoirité qui rappelle étrangement celui d’identité nationale combattue violemment par ces mêmes esprits critiques lorsqu’il est évoqué dans leur propre pays. C’est en utilisant ce concept raciste que le président ivoirien déchu a éliminé ses adversaires lors de sa première élection. C’est le même homme qui a refusé les résultats des dernières élections et s’est lui-même intronisé Président de la Cote d’Ivoire. C’est le même homme qui, sous l’influence de sa femme transformée en véritable gourou fanatique, n’a pas hésité à armer de kalachnikov des voyous sans scrupule qui ont semé meurtres et exactions dans la capitale ivoirienne et dans tout le pays. Il faut, de temps en temps, raison garder et faire passer en priorité des arguments humanistes et de simple bon sens avant des arguties polémiques et pleines d’arrière-pensées. La France est intervenue dans le cadre d’une résolution de l’ONU qui lui demandait de protéger la population. Quel meilleur moyen de protéger la population que d’empêcher de nuire celui qui sème le désordre et les assassinats ? Certes, la situation reste compliquée car nombre d’Ivoiriens vont se sentir frustrés. N’oublions pas que Gbagbo a recueilli 46% des voix lors des élections. La réconciliation nationale, indispensable, risque d’être difficile et longue. Souhaitons que le Président élu soit à la hauteur. La communauté internationale ne devra pas lui lésiner son aide.
03 avril 2011
Vous avez dit Identité ?
Au moment où le communautarisme devient une menace, où les idées approximatives s’enlisent dans des débats vaseux sur le multiculturalisme, l’identité ou la laïcité, il est sain de faire un petit rappel sur nos origines profondes. L’ambiguïté du mot « identité » ajoute à la confusion des discours. Il est, en effet, porteur de deux idées contradictoires : à la fois ce qui nous est commun (identique) et ce qui nous est propre et nous sépare des autres (que l’on décrit, par exemple, sur une carte d’identité). Racisme, crainte de l’immigré, rejet de l’étranger, peur de la différence, telles sont les valeurs de ceux qui proclament des slogans nationalistes tels que « La France aux Français » ou « La préférence nationale ». Ils véhiculent une idéologie qui rappelle celle de la pureté de l’Aryen dont l’Histoire gardera à jamais en mémoire la dévastation qu’elle entraîna. Cette idéologie farfelue repose sur le fantasme d’une soi-disant race française dont les racines plongeraient dans la préhistoire. Or, tous, nous sommes des fils d’immigrés. L’histoire de la France est une longue suite d’invasions venant d’horizons divers, Europe centrale, Pays nordiques, continent Africain, Moyen-Orient, Europe occidentale. Dès la préhistoire, les premiers venus, les Néanderthaliens et l’Homme moderne, venaient d’un ailleurs africain. De tout temps, la Gaule, puis la France, a été traversée par des invasions et des influences étrangères. Déjà, du VIIIe siècle au VIIe siècle avant notre ère, le peuple de Hallstatt, venant du centre de l’Europe, a envahi le pays, suivi au Ve siècle avant JC par un peuple indo-européen appelé peuple de la Tène. De -58 à -51, la conquête romaine permet l’installation de la civilisation de Rome pendant des siècles. Dès la fin du IIIe siècle, les Saxons s’implantent sur les côtes bretonnes et apportent avec eux la civilisation celtique que certains Français d’aujourd’hui continuent de revendiquer. En l’an 406, la Gaule subit un débordement d’envahisseurs constitué des Vandales venant de Scandinavie, des Burgondes et des Suèves. Ces derniers occupent la Gaule du Nord, occupent Lyon en 461 et s’installent de la Champagne à la Durance. Dans le même temps, les Alamans s’installent durablement en Alsace et, au XIIIe siècle, seront présents dans les régions alpines. La même année, venant de la rive droite du Rhin, les Francs envahissent la Gaule à leur tour et Clovis annexe tout le Nord du pays. En 507, ils atteignent Poitiers. En 412, les Visigots, quant à eux, envahissent le sud de la Gaule jusqu’à Bordeaux et les rives de la Loire. Tous ces envahisseurs furent suivis, dans la seconde moitié du Ve siècle, par les Bretons d’une part qui venaient des îles Britanniques et s’implantèrent en Armorique, par les Huns d’autre part, conduit par le célèbre Attila, en 451 qui s’installèrent dans l’Est de la Gaule jusqu’à Orléans. En 490, les Ostrogots, venant de la péninsule italienne, franchissent les Alpes et s’implantent dans la vallée du Rhône. Les Sarrasins musulmans ont également envahi la France et personne n’oublie la guerre que leur livra Charles Martel pour les arrêter à Poitiers en 732. Chaque guerre, et elles furent nombreuses et longues durant l’Histoire de France, a provoqué des immigrations étrangères d’hommes cherchant à fuir leur pays pour de multiples raisons. Ainsi, en 1453, la bataille de Castillon marquant la fin de la guerre de Cent ans fut suivie par l’installation en France de colonies écossaises qui y firent souche. Ils furent suivis, en 1570, par l’exil des compagnons écossais de Marie Stuart qui s’implantèrent dans la Creuse. Tous ces « envahisseurs » et ces immigrés ont fait souche dans notre pays et nous descendons d’eux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’expansion économique des trente glorieuses n’a été possible que grâce aux arrivées successives, dès le début du XXe siècle, des Italiens, des Russes blancs, des Polonais et des Juifs égyptiens qui ont fourni la main d’œuvre non qualifiée dont la France a eu besoin dès 1950. Au milieu du siècle dernier, sont arrivés, pour les mêmes raisons, les Portugais, les Espagnols, les Maghrébins, les Africains. Tous ces hommes d’horizon divers et plus ou moins lointains ont, pour la plupart, fondé une famille en France et leurs enfants sont aujourd’hui parmi nous. Nous avons tous des ascendants apparentés à ces hommes venus d’ailleurs. Ce sont toutes ces origines diverses qui ont construit notre identité d’aujourd’hui. Il n’est point besoin de longs discours et de vaines polémiques pour admettre que nous sommes tous des sang-mêlé. Ne l’oublions jamais !
29 mars 2011
Une société frénétique
La nature, que nous avons pris l’habitude de détruire, a besoin du temps pour vivre. Il lui faut 200 millions d’années pour fabriquer du pétrole, alors qu’il suffit de 200 ans à l’homme pour le brûler. Il faut 1000 ans à la circulation thermoaline pour faire le tour de la terre, alors que l’homme essaie de gagner quelques minutes pour faire la même chose en quelques jours. Il faut environ cinquante ans pour qu’une graine donne un arbre, alors que les hommes ont supprimé la moitié des grandes forêts en vingt ans. Le temps est devenu un ennemi de la société d’aujourd’hui, alors qu’il était un élément consubstantiel de la vie au siècle dernier. La société qui vivait au rythme des saisons vit aujourd’hui l’œil rivé sur la montre. Elle est organisée autour de l’idée que le gain de temps est un gain tout court. Prendre du temps est une perte de temps et le temps est une perte d’argent. Tous les processus de fonctionnement de la société sont encombrés de moyens de contrôle qui, tous, cherchent à traquer les pertes de temps. Dans le monde du travail, cela entraîne un stress du salarié et des recherches systématiques de contournement de ces contrôles, ce qui crée des dysfonctionnements justement là où l’on s’efforçait de les faire disparaître. La recherche systématique des gains de temps dans l’industrie a conduit à mettre en place ce qui s’appelle le juste-à-temps (ou les flux tendus). La catastrophe japonaise vient de nous montrer les limites de cette organisation car la suppression des stocks et l’arrêt de certaines usines de sous-traitants, détruites par le tsunami, a conduit à l’arrêt presque total de l’industrie automobile nippone et provoqué de sérieuses difficultés dans les transports aériens et dans les industries de produits électroniques dans le monde entier. La pression des actionnaires pour obtenir un retour sur investissement, non seulement de plus en plus importants mais également de plus en plus rapidement, pousse les grandes entreprises à détourner une grande partie de leurs bénéfices vers la spéculation financière au détriment d’investissements sur des projets à long terme et sur la recherche et développement. La spéculation financière qui a conduit le monde au désastre est basée sur l’immédiateté et la recherche du profit rapide, quasi instantané, par l’utilisation de logiciels de prise d’ordre fonctionnant au millième de seconde. L’ordinateur est devenu le principal acteur boursier en 1987 ce qui a immédiatement provoqué une chute de 10% à la bourse de Wall Street en une seule séance ! L’agriculture, activité en relation étroite avec la nature, est entraînée malgré elle vers des comportements spéculatifs contradictoires avec la contrainte du temps qui s’impose à l’agriculteur lui faisant perdre ainsi toute possibilité de gestion à terme quand le prix de sa production varie quotidiennement dans de grandes proportions. La vie politique est profondément gangrenée par l’obsession à court terme de leur réélection. Les réformes de long terme (fiscalité, code pénal, recherche, réindustrialisation, énergie…) sont toujours repoussées car ressenties comme électivement dangereuses. Les décisions politiques précipitées se prennent, sans réflexion approfondie, sous la pression de l’actualité immédiate et la recherche d’un bénéfice aléatoire et opportuniste à court terme. La vie quotidienne de chaque individu est, elle aussi, guidée par cette recherche effrénée du gain de temps, ce qui fait les beaux jours de la restauration rapide, des plats cuisinés industriels et … de l’obésité. L’écriture d’une lettre a été remplacée par l’utilisation abusive du courriel, pire du SMS. Les intérêts économiques à court terme prévalent toujours sur les effets sanitaires à long terme. L’exploitation de l’or par le cyanure, la production des déchets radioactifs de l’industrie nucléaire, la mise sur le marché de produits chimiques sans que l’on en connaisse les effets à long terme et leurs interactions, les déchets proliférants et toxiques des produits électroniques jetés au lieu d’être réparés grâce à l’obsolescence programmée, toutes ces activités sacrifient le long terme sur l’autel des gains immédiats. La vie culturelle est, elle aussi, la victime de cette course à l’éphémère. Les librairies sont encombrées de livres futiles et mal écrits qui ne durent qu’une semaine, les ondes croulent sous les promotions de disques d’une médiocrité ahurissante et dont la vie ne dure que le temps de les jeter à la poubelle, la télévision nous inonde de productions d’une insondable bêtise tournées en quelques jours par des intervenants sans talent. La presse gratuite, qui tue la presse traditionnelle, donne l’illusion de l’actualité à coup de simples titres issus des dépêches de l’AFP, de publicités envahissantes et de grilles de sudoku. Sénèque disait : « Tant qu’on attend de vivre, la vie passe ». Aujourd’hui, l’homme ne prend plus le temps de vivre. Immédiateté, précipitation, superficialité … quand vous nous tenez !!
22 mars 2011
Ambiguïté
Enfin, le monde a engagé le combat contre Kadhafi, fou dangereux qui rappelle étrangement un certain Adolf Hitler, tant par les incohérences des discours que par le mensonge élevé au grade de politique nationale. Propagande, jusqu’au-boutisme, mensonges, atrocités, tous les ingrédients du nazisme se retrouvent dans le comportement de Kadhafi. Nous avons cru, pendant un instant, à une unanimité mondiale contre un tel danger. Tout le monde, ou presque, a donné son accord pour combattre ce fou dangereux et le mettre hors d’état de nuire. Mais il a suffi de quelques bombes larguées sur le territoire libyen pour qu’aussitôt les ambiguïtés et les discordances apparaissent. L’armada internationale est soudainement devenue uniquement occidentale et son comportement suspect. La Russie, la Chine, le Venezuela, tous pays dirigés par des dictateurs, élèvent de sérieuses réserves envers les actions militaires menées par quelques pays occidentaux à défaut de la participation des autres nations. Ce comportement, disons ce revirement, s’explique facilement par le fait que ces dictateurs craignent que les exemples maghrébins ne déteignent dans leur propre pays. La peur d’une contestation populaire qui s’accompagnerait d’un soutien occidental devient peu à peu un vrai cauchemar pour ces régimes d’un autre âge. De même, la Ligue arabe et l’Union Africaine, qui ne brillent pas par la démocratie de leurs régimes, sont envahies par la peur d’une contestation populaire qui demanderait l’aide occidentale à l’image du peuple libyen. Pas un seul dirigeant africain n’avait d’ailleurs protesté devant le risque de massacres à Bengazi. Tous les régimes dictatoriaux et corrompus du monde qui survivent encore sont envahis par la peur de voir les occidentaux intervenir à la demande d’une révolte populaire, nourrie par un besoin irréfragable de liberté et de démocratie. Nous ne pouvons qu’espérer que la coalition occidentale ira au bout de sa mission qui, au-delà des circonlocutions diplomatiques, est bien le renversement de Kadhafi. Mais rien ne sera possible sans les Libyens eux-mêmes. C’est à eux que revient la responsabilité de renverser le tyran. Pour pousser à ce renversement, les occidentaux ont une arme simple. Plus de 90% des produits consommés par la population est importée et payée par la vente du pétrole. Il suffit donc d’un embargo et que les insurgés prennent possession de la production pétrolière pour priver Kadhafi de tous ses moyens. Par contre, si le soulèvement populaire libyen ne se produit pas, alors la situation deviendra ingérable et les occidentaux risquent de se retrouver dans un bourbier qui s’éternisera. A ces ambiguïtés, il faut ajouter l'attitude de l'Italie qui ne supporte pas de voir la France prendre l'initiative de cette intervention dans un pays ancienne colonie et qui est, traditionnellement, considéré comme une chasse gardée. Quant aux Républicains américains, ceux-ci s'insurgent des prétentions françaises de leadership militaire. Toutes ces ambiguïtés vont, au total, compliquer cette intervention et lui font courir le risque d'un échec.
17 mars 2011
Ite missa est

Un peuple, avide de démocratie et de liberté, se soulève contre son tyran et appelle les occidentaux au secours lorsque leur dictateur utilise son aviation militaire que ces derniers lui ont aimablement vendue et l’écrase sous les bombes. Mais ceux-ci papotent et tergiversent, restent assis sur leur cul et au chaud dans leurs pantoufles, regardant, impassibles, les Libyens se faire massacrer. Nous devons avoir honte d’être des occidentaux. Nous avons perdu notre honneur et nous aurons des représailles. Le peuple Libyen nous en voudra à jamais de l’avoir abandonné et Kadhafi nous menacera et nous rappellera qu’il est expert en terrorisme. Ainsi, l’Occident aura perdu sur tous les tableaux. L’Europe est devenu un peuple de « beaufs », uniquement préoccupé par ses petits problèmes et ses petites querelles internes, étouffé par un égoïsme qui le disqualifie pour parler de démocratie et de défense des libertés. Qui osera encore regarder un Libyen dans les yeux ? Nous n’y verrions que du mépris. Enfin, le premier qui va s’essuyer les pieds sur la pusillanimité occidentale, est Mahmoud Ahmadinejad qui, convaincu qu’il ne risque rien, va accélérer la fabrication de sa bombe. La messe est dite : l’Europe des valeurs est bien morte. Indignez-vous, voilà une vraie raison !
15 mars 2011
Pusillanimité honteuse
Les Libyens sous les bombes appellent au secours et demandent, à grands cris, que l’Europe intervienne pour faire stopper le massacre auquel se livre Kadhafi. En réponse, les occidentaux s’enlisent dans des réunions interminables, sans résultat autre que l’attentisme coupable. Dans cette déconfiture qui fait sombrer à jamais l’objectif d’une Europe crédible et influente, l’Allemagne joue un rôle de premier plan. Sa pusillanimité s’expose en plein jour après s’être manifestée à plusieurs reprises. L’Allemagne a freiné des quatre fers dans la crise financière avant d’accepter, trop tard, de participer à l’aide aux pays les plus touchés. Dans la mise en œuvre de mécanismes de solidarité financiers, l’Allemagne a été plus que réticente. Aujourd’hui, elle fait partie de ceux qui refusent la mise en place d’une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye par peur d’un engagement militaire qui leur paraît plus grave que le massacre des Libyens. La réaction de la Chancelière Angéla Merkel qui se précipite, quelques heures à peine après les difficultés du Japon avec une centrale nucléaire, pour établir un moratoire sur la décision de prolonger l’utilisation des centrales nucléaires allemandes relève, à la fois, d’une pusillanimité mal contrôlée et d’un comportement électoraliste qui ne s’embarrasse pas de considérations morales. Elle est suivie dans cette attitude par les écologistes français qui utilisent l’accident japonais, sans vergogne et avec une indécence choquante, pour « sauter sur leur chaise en criant : arrêtez le nucléaire, arrêtez le nucléaire » ! Passant sous silence que l’accident japonais n’est pas dû au séisme mais uniquement à l’énorme tsunami dont a été victime la région sinistrée, ils veulent faire croire que les centrales françaises sont susceptibles de subir les mêmes dommages, ce qui est un mensonge éhonté. Tout cela relève à la fois d’une indécence insupportable et d’une pusillanimité honteuse.
14 mars 2011
Paradoxe mensonger
Il était prévisible que les écologistes utilisent le prétexte des catastrophes japonaises pour chevaucher à nouveau leur cheval antinucléaire. Une fois de plus, leur voix s’élève pour demander la sortie du nucléaire français au prétexte que les accidents des centrales japonaises sont la démonstration de la dangerosité de ce moyen de production énergétique. Il s’agit là d’une intoxication politicienne basée sur un (ou plusieurs) mensonges. Tout d’abord, les accidents survenus au Japon ne sont dus ni à un dysfonctionnement des centrales (qui se sont arrêtées automatiquement au moment du séisme) ni au séisme lui-même qui est, rappelons-le, un des plus important que l’humanité ait jamais connu. La véritable cause des accidents nucléaires est l’énorme tsunami dont a été victime le Japon : une vague de plus de dix mètres de haut qui a pénétré à plus de cinquante kilomètres à l’intérieur des terres et fera plus de dix mille morts et qui a détérioré les systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires. Non seulement la France n’est pas susceptible de connaître un séisme de cette ampleur, mais encore moins un tsunami analogue. La Méditerranée est une mer fermée et l’Atlantique n’est pas ceinturé, comme le Pacifique par un réseau de failles de subduction et de volcans, ce qui rend pratiquement impossible un tsunami de grande ampleur sur les cotes françaises. De plus, la sortie du nucléaire imposerait de remplacer cette source d’énergie, qui représente près de 80% de la production électrique française, par des sources nouvelles. Or, il est techniquement impossible de remplacer la totalité du nucléaire par les techniques éoliennes ou solaires qui ne pourront que rester des productions marginales. Il faudrait donc remplacer le nucléaire par des centrales à charbon ou à gaz, c’est-à-dire produire massivement des gaz à effet de serre. Ainsi, les écologistes préconisent, sans le dire, d’augmenter inconsidérément notre participation à l’effet de serre et au dérèglement climatique ! Voilà un paradoxe qui devrait nous faire réfléchir.
12 mars 2011
Illiasseux
Il y a ceux qui :• ont des conversations téléphoniques dans les transports en commun
• roulent obstinément sur la bande médiane des autoroutes à 3 voies
• font uriner leur chien dans les parties communes des habitations collectives
• font couler l’eau d’arrosage de leurs plantes de balcon sur le balcon inférieur
• disent que tous les chômeurs sont des fainéants
• jettent de la nourriture non empaquetée dans les V.O. communs
• laissent les déjections de leur chien sur les trottoirs
• restent obstinément sur le quai au milieu des sorties de voitures du métro
• chantent du rap prétentieux et des chansons imbéciles
• font hurler leur chaîne stéréo sans souci des voisins
• dévastent la ville avec leurs graffitis et leurs tags débiles
• font du marketing téléphonique après 19h.
• garent leur voiture devant la sortie d’un garage particulier ou d’un parking
• inventent des slogans plutôt que d’avoir des idées ou des convictions
• garent leur bagnole sur les emplacements réservés aux handicapés
• sont toujours contre, faute d’avoir des idées
• confondent décade et décennie
• circulent en vélo sur les trottoirs
• vivent du chômage en vilipendant l’État
• hurlent avec les loups
• écrivent des livres inutiles
• … et tous les autres
07 mars 2011
La nef des fous
Élections truquées, répression sanglante de l’opposition, mépris des institutions internationales, appel à des mercenaires sans foi ni loi pour tirer sur les femmes et les enfants, aveuglement forcené et hystérique, hypocrisie et mensonges, telles sont les caractéristiques de trois fous qui ensanglantent leur pays respectif : Mouammar Kadhafi, Laurent Gbagbo, Mahmoud Ahmadinejad. Devant ces folies meurtrières, la communauté internationale est sans arme et sans moyens autres que les sanctions économiques qui frappent, sans distinction, les coupables et les innocents. Le Libyen a levé une armée de mercenaires, attirés par l’argent et qui n’ont aucune hésitation à tirer sur les civils à l’arme lourde. Il met son propre pays à feu et à sang dans l’unique objectif de se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Ses diatribes hystériques, niant la réalité, rappellent dramatiquement les vociférations hitlériennes de sinistre mémoire. L’Ivoirien a refusé le verdict des urnes après avoir prolongé indûment pendant dix ans son pouvoir arrivé à échéance. Il prend le risque d’une partition de son pays, l’une privé de moyens pour cause de sanctions économiques prises par la communauté internationale, l’autre sans moyen de développement car sans ressources et sans accès à la mer. L’obstination maladive de cet homme conduit la Côte d’Ivoire vers l’effondrement économique et la guerre civile. L’Iranien, après avoir truqué honteusement les élections présidentielles, bourre ses prisons d’opposants politiques et d’étudiants, les pend en place publique, menace les femmes de lapidation ou fait tirer sur elles dans les manifestations, se moque des institutions internationales en fabriquant clandestinement sa bombe nucléaire et en cherchant tout occasion pour mettre le feu au Moyen-Orient. Cette partie du monde est à la dérive.Le bateau ivre de la folie contient, hélas, bien d’autres passagers. Notamment le Turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow (répression des minorités ethniques, interdiction des partis politiques, justice expéditive, pas de liberté de la presse et de religion), le Kasakh Noursoultan Nazarbayev (tortures généralisées utilisées par le système judiciaire et policier), le Coréen Kim Jong-il (élimination de l’opposition, pas de liberté d’expression, de circulation, de religion, d’association, travail forcé et camps de concentration), les militaires Birmans Soe Win, Maung Aye, Than Shwe (aucun droit de l’homme, travail forcé, emprisonnement des opposants). Les Droits de l’Homme sont hélas une espèce en voie de disparition dans de nombreux pays du monde.
05 mars 2011
Pouvoirs régaliens
Au moment où les révoltes du monde arabe tentent, dans la douleur, de devenir des révolutions, souvenons-nous que nous devons aux hommes de la Révolution de 1789 la devise qui fleurit sur les frontons de nos mairies et qui a fait le tour de monde. Nous n’avons pas le droit de l’oublier. Bien entendu, le monde a évolué depuis les années révolutionnaires et s’est complexifié. La société française a changé et multiplié ses connexions avec le reste du monde. Aujourd’hui, cette belle devise a une couleur d’utopie. Pour lui rendre son caractère opératoire, peut-être serait-il judicieux de remplacer le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » par « Liberté, Équité, Solidarité ». En effet, à travers cette devise revisitée, s’écrit la responsabilité fondamentale de l’État. À l’heure où les difficultés nationales entraînant certains à s’interroger sur le rôle de l’État et, enfourchant un Thatchérisme mal pensé, à rechercher la solution dans la diminution de sa zone d’intervention au bénéfice du secteur privé, il est intéressant de se fonder sur cette devise républicaine pour définir ce qui ne peut relever que de l’État, ce qu’on a l’habitude de nommer les secteurs régaliens.Défendre la liberté du citoyen est, évidemment, la responsabilité majeure de l’État. Liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de circulation, liberté d’entreprendre, toutes ces libertés sont la marque de la démocratie et il appartient à l’État de les protéger et de les garantir. Pour cela, la justice, la police, l’armée sont les moyens de cette responsabilité.
L’équité n’est pas l’égalité que des surenchères populistes et démagogiques ont fait évoluer vers l’égalitarisme. Ce dernier consiste à mettre tous les citoyens sur la même ligne de départ de la course au succès et à garantir que tous atteindront ensemble une même ligne d’arrivée. Évidemment, la vie n’est pas conforme à cette image d’Épinal. L’équité, quant à elle, consiste à donner à chacun les chances suffisantes de participer à la course et d’atteindre, à son rythme, la ligne d’arrivée, sans être forcément le premier. Il s’agit de l’égalité des chances. Garantir cela fait aussi partie des responsabilités majeures de l’État. L’égalité des chances commence par l’égalité des possibilités d’acquisition des connaissances nécessaires pour concourir. L’État ne peut, en aucun cas, se dédouaner de cette responsabilité sans y perdre sa légitimité ! Envisager de la transmettre au secteur privé revient, obligatoirement, à une sélection par l’argent puisque le profit et le seul et nécessaire objectif de l’entreprise privée.
Si la fraternité est un sentiment, souvent une utopie, la solidarité est une organisation de la société qui relève de la responsabilité étatique. Cette organisation est incarnée, depuis la Libération, dans la Sécurité Sociale et l’assistance aux plus défavorisés et, pour filer la métaphore de la course à la vie, qui s’efforce de ne pas abandonner le citoyen au bord du chemin. Pour faire fonctionner cette organisation, l’État exerce la responsabilité régalienne de lever l’impôt. Cet impôt n’est pas fait, contrairement à un discours malsain qui a tendance à se généraliser, à appauvrir les « riches » mais pour permettre aux services publics de fonctionner avec la meilleure efficacité possible (c’est-à-dire le meilleur rapport qualité-coût) et au service de tous les citoyens, afin de mériter leur nom.
Liberté, équité, solidarité, telle est aujourd’hui le programme de la République démocratique française et rien ne doit y porter atteinte. On peut s’interroger sur le rôle de l’État dans le fonctionnement de la société, mais cette devise forme le socle inaltérable du pacte républicain du peule français.
26 février 2011
L’Europe n’existe pas
Le Maghreb s’embrase et les dictateurs assassinent leur peuple. Ils enrôlent des mercenaires sans foi ni loi pour commettre les pires exactions afin de défendre leurs prébendes, leurs avantages, leur enrichissement indu et leur pouvoir usurpé pour beaucoup d’entre eux. Le pire n’étant jamais bien loin, parmi ces mercenaires sanguinaires, se trouvent des Européens, des Serbes en l’occurrence. Et devant ces épouvantables massacres, l’Europe « envisage la possibilité d’éventuelles » sanctions envers un dictateur qui bombarde sa propre capitale et dont les éructations médiatiques ressemblent, à s’y méprendre, aux vociférations hitlériennes! Mille morts plus tard, l’Europe continue de tergiverser. Elle se noie dans une mascarade immonde, si ce n’est dans un ridicule achevé. Nous avons aujourd’hui la preuve que l’Europe n’a pas d’existence autre qu’un club de marchands dont la seule préoccupation est de faire des affaires sur le dos des peuples ! Sans morale et sans courage. Le rêve des initiateurs de l’Europe est bel et bien enterré. L’Europe sombre … dans la honte et la pusillanimité. Rappelez-vous Munich !! Indignez vous devant une telle hypocrisie froussarde. Nous n’avons pas, décidément, des responsables qui soient à la hauteur des évènements qui changent le monde.
24 février 2011
Scénario catastrophe
Un collectif anonyme de fonctionnaires du Quai d’Orsay s’élève vigoureusement, et à juste titre, dans la presse contre la politique étrangère de Nicola Sarkozy. Si la critique est sévère, elle n’en reste pas moins insuffisante. En effet, au regard des évènements violents qui secouent le Maghreb et le Moyen-Orient, on ne peut passer sous silence l’attitude de l’ensemble des pays occidentaux depuis des années et sous des gouvernements divers envers ces dictateurs qui, aujourd’hui, révèlent leur vrai visage en faisant tirer sur leur peuple. Pendant des décennies, ces gouvernements ont fermé les yeux et courtisé ces tyrans, assoiffés de richesses et de pouvoir, pour vendre leurs armements qui, aujourd’hui, se retournent contre les citoyens. Le réveil risque d’être difficile. En effet, les conséquences des évènements actuels risquent d’être dévastateur. Une déstabilisation des pouvoirs dictatoriaux des pays du Moyen-Orient peut donner à l’Iran les moyens de semer le désordre dans les monarchies pétrolières et mettre ainsi en péril l’approvisionnement énergétique des pays occidentaux. L’Arabie Saoudite, le premier producteur pétrolier mondial, n’est pas à l’abri de la contagion libératrice qui secoue cette partie du monde. Croit-on, alors, que les USA vont rester l’arme aux pieds ? Quelles seront les réactions chinoise et russe dans un tel scénario ? Un blocage du détroit d’Ormuz peut avoir des conséquences immenses sur l’approvisionnement et le prix du pétrole et, en conséquence, sur les économies occidentales. Dans le même temps, Al Qaïda fait le pari de la division de la Libye et de l’instauration d’un état islamique dans la partie sécessionniste du pays. Un état islamique assis sur les plus amples réserves pétrolières de l’Afrique ne pourra laisser les pays occidentaux (et la Chine ?) indifférents.
21 février 2011
Madame la Marquise
Nos hommes politiques, le regard fixé sur l’horizon des présidentielles, passent leur temps à leur jeu préféré, celui des petites phrases, des anathèmes, des attaques personnelles. Le discours politique s’enlise dans l’anecdotique et l’invective. Jaures est mort une deuxième fois. Il faut dire qu’il n’y a rien de plus urgent que ces petits jeux ! En effet jamais le pays ne s’est si bien porté, jamais le monde n’a été aussi paisible, n’est-ce pas ? L’économie française sombre peu à peu dans les profondeurs de la récession : la balance des paiements continue d’être déficitaire et de faire grossir la dette déjà abyssale du pays, le chômage reste obstinément collé au niveau des 10% de la population active malgré les contorsions statistiques. Le nombre de pauvres et d’exclus augmente inexorablement tandis que l’enrichissement immoral de quelques-uns continue de faire scandale. La désindustrialisation du pays a fait disparaître 500.000 emplois en l’espace d’une vingtaine d’années, avec la disparition pratiquement totale de secteurs entiers comme les constructions navales, la manutention portuaire (merci aux syndicats !), la machine-outil, les industries électronique, textile, sidérurgique, du jouet, la conception et la fabrication de motos et d’instruments de musique, etc … Le système judiciaire n’a jamais aussi mal fonctionné, les services publics sont malades et l’administration reste inefficace et anonyme. L’Éducation Nationale continue de laisser 20% des élèves sortir du système scolaire sans aucune qualification, les élèves de plus en plus nombreux abordent le secondaire sans maîtriser la lecture et l’écriture, encore moins la grammaire et le vocabulaire. Dans le même temps, l’enseignement supérieur et la recherche sombrent dans les profondeurs des classements internationaux. La culture disparaît dans le règne du dérisoire et de l’éphémère consumériste. D’échecs en échecs, la gestion de l’immigration est passée de l’assimilation à l’intégration, puis à la lutte contre le communautarisme, signant par là sa capitulation. Malgré une succession incessante de mesures opportunistes, l’insécurité grandit et les zones de non-droit perdurent. La politique étrangère de la France reste inaudible et se décrédibilise par manque de vision et de compréhension du monde. Il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter, n’est-ce pas messieurs les politiques ? Tout va très bien, Madame la Marquise …
18 février 2011
La chèvre de Mr. Séguin
Quel enfant ne connaît pas l’histoire de la chèvre de Monsieur Séguin, conte des Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet ? Quel parent n’a pas raconté cette triste histoire ? Comment faire comprendre aux enfants le choix de cette petite chèvre ? Préférant la liberté à la sécurité de son enclos, l’animal choisit le danger mortel d’affronter le loup auquel elle ne pourra finalement pas échapper. En renonçant à la sécurité que lui offre son berger, elle a choisi son destin. Ce choix n’est pas sans rappeler celui que la Genèse nous raconte. Comme la chèvre de Monsieur Séguin, Adam fait le choix de passer outre à l’interdiction du fruit défendu. Ce faisant, il choisit d’avoir un destin plutôt que de jouir de l’éternité. Comme la chèvre choisit de succomber dans les mâchoires du loup, l’homme choisit sa propre mortalité. À l’éternité protectrice, l’homme a préféré un mortel destin, mais libre … de penser que Dieu n’existe pas.
16 février 2011
Internet et Révolution
Les évènements récents éclairent crûment le rôle des techniques actuelles de communication et d’échange, Internet, les smartphones, les réseaux sociaux. Les révoltes actuelles du Maghreb auxquelles nous venons d’assister doivent à l’évidence une grande part de leur succès à l’utilisation massive de ces nouveaux moyens par les citoyens. Aucun des gouvernements concernés par ces mouvements de révolte n’a pu empêcher la mobilisation en masse des individus qui communiquent entre eux en temps réel malgré les obstacles levés par les États, qui diffusent les mots d’ordre et qui s’informent sur les évènements et les moyens de contourner ces obstacles. Chaque manifestant peut, en permanence, se mettre en relation avec un nombre considérable de citoyens, créant presque instantanément un mouvement de foule que les gouvernements peuvent interdire mais sont incapables d’entraver. Les barricades empêchent les véhicules policiers et les chars de circuler, mais rien n’empêche les citoyens de s’informer mutuellement. Les levées de protestations ne sont plus uniquement confinées à l’espace restreint d’une ville, mais sont instantanément nationales, voire internationales. La propagation des revendications s’étale comme une immense tache d’huile qu’aucun barrage policier ou militaire ne peut arrêter. Ce qui vient de se passer en Tunisie et en Égypte, ce qui se passe au Yémen, en Jordanie, en Algérie, ce qui va se passer ailleurs (les Émirats, l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Iran forcément, …), est une conséquence de l’utilisation massive des nouveaux moyens de communication. Qui aurait pu le prévoir ? Aucun gouvernement, aucun gourou de la communication, aucune société de conseil n’a imaginé le rôle sociétal de ces techniques. Un champ de réflexion vient de s’ouvrir. Espérons que la démocratie née de la volonté d’un peuple sera plus réussie que celle imposée par les armes, comme en Irak et en Afghanistan.
14 février 2011
Révolte ou Révolution ?
L’allumette tunisienne a fait exploser la bombe égyptienne. Nous venons d’assister à une révolution populaire exemplaire, tellement importante que nous devons, nous autres occidentaux et particulièrement nous autres français, l’accompagner avec la plus grande attention. La civilisation égyptienne est vielle de six milles ans d’histoire. Elle a donné au monde quelques-unes de ses plus grandes pages d’histoire. C’est peut-être le poids de cette ancienneté séculaire qui explique la dignité et le courage avec lesquels les Égyptiens ont conduit leur révolution. Les Français devraient être particulièrement frappés et émus par le fait que la foule égyptienne de la place Tahrir a repris en chœur et en français la trilogie révolutionnaire des années 1790, liberté, égalité, fraternité ! Les Égyptiens ont ainsi fait comprendre la filiation de leur révolution avec la Révolution Française. Cela nous donne des devoirs. La France se doit d’être particulièrement attentive à l’évolution de la situation pour que cette révolution débouche, comme celle de 1789, sur une véritable démocratie et, pourquoi pas, sur une vraie République. La non-ingérence à laquelle font référence nos gouvernants, pour expliquer leur effacement pratiquement total durant les évènements, ne doit pas obérer le devoir de la France dans l’accompagnement discret, mais amical et efficace, de l’évolution à venir de la situation. En effet, les dangers existent que cette situation dérive vers des solutions dangereuses. Bien que son comportement fut, jusqu’à présent, exemplaire, il n’en reste pas moins que le pouvoir est aux mains de l’armée. Ce simple fait est déjà un accroc à la démocratie. De plus, cette armée est traversée de convictions très différentes car, comme le peuple égyptien, elle est constituée de citoyens de toutes croyances et nous ne pouvons être sûrs de son comportement à venir. Enfin, n’oublions pas que les Frères Musulmans restent, quoi qu’ils en disent, une hypothèque sur l’avenir. Des pays voyous comme l’Iran espèrent, et le font savoir, que l’islamisation radicale de la société égyptienne trouvera là le moyen de se développer. Il est indispensable que les occidentaux restent vigilants et trouvent les voies et moyens pour éviter ces dangers. Le peuple égyptien mérite de connaître la vraie liberté, celle de la démocratie laïque. Un certain nombre de signes sont inquiétants. Pourquoi des milliers de réfugiés fuient-ils la Tunisie vers l’Italie alors que le dictateur a pris la fuite, si ce n’est que parce que l’économie du pays s’effondre ? Pourquoi le portrait d’Hosni Moubarak a-t-il été remplacé par le nom d’Allah dans la salle de réunion des membres du gouvernement ? Pourquoi faut-il 6 mois aux militaires égyptiens pour rendre le pouvoir aux civils ? Avoir suspendu la constitution, dissous le Parlement et décidé de gouverner par décrets revient à donner les pleins pouvoirs aux militaires. Les jeux ne sont pas faits et il faut rester vigilant sans que le romantisme nous aveugle. Pour le moment, nous venons d’assister à la révolte des peuples. L’avenir dira bientôt s’il s’agit de révolutions.
10 février 2011
Corporatisme indécent
Qui, plus que les magistrats, est censé respecter la loi ? Celle-ci stipule que le droit de grève n’existe pas pour ces deniers. Or, dans un mouvement corporatiste généralisé, un grand nombre de magistrats, faisant fi de la loi, se mettent en grève en refusant de s’occuper de dossiers qu’ils jugent eux-mêmes « non urgents ». Il est à craindre que les justiciables concernés n’aient pas la même appréciation ! La raison de cette forfaiture ? La responsabilité éventuelle des magistrats impliqués a été évoquée par le pouvoir exécutif lors de l’affaire dite « Laetitia » (une jeune fille est horriblement assassinée par un détenu dangereux relâché sans suivi judiciaire). Devant cette attitude irresponsable, deux réflexions viennent à l’esprit. Le pouvoir judiciaire serait-il le seul qui n’aurait aucun contre-pouvoir ? Qui se souvient de sanctions énoncées par le Conseil Supérieur de la Magistrature envers un de ses membres ? Pour mémoire, rappelons quelques « erreurs » qui sont restées sans suite pour la magistrature :Monique Case : condamnée en 1965 et acquittée le 5 mai 1966 ;
Roland Agret : condamné en 1973, Paris, rejugé et acquitté en 1985 et réhabilité ;
Rida Daalouche : condamné en 1991 puis le 12 avril 1994, rejugé et acquitté le 8 mai 1999 ;
Jean Dehays : condamné en 1949, rejugé et acquitté en 1955.
Jean-Marie Devaux : condamné en 1963, rejugé et acquitté en 1969 ;
PatrickDils :1989, Montigny-lès-Metz (France) rejugé et acquitté en 2002 ;
Ce rappel n’est, certes, pas exhaustif. Enfin, on ne peut passer sous silence la scandaleuse affaire d’Outreau, dans laquelle le procureur Gérard Lesigne confie l’instruction au juge Burgaud, qui détruit la vie d’une quinzaine d’innocents, à jamais pour certains. Malgré une commission parlementaire qui a mis en évidence les manquements de l’instruction, menée uniquement à charge et sous influence, le Conseil Supérieur de la Magistrature n’a pris aucune sanction envers les magistrats en cause. Ces simples rappels devraient inciter les magistrats à plus de retenue dans la manifestation de leur mécontentement. Certes, la Justice manque de moyens. Mais, qui n’en manque pas ? Quand tous ceux qui expliquent leurs défaillances par le sempiternel manque de moyens comprendront-ils que le pays est en voie d’appauvrissement et qu’il devient indécent de refuser toute remise en cause par le seul argument des moyens insuffisants ? Quand comprendront-ils que nous n’avons pas d’autre issue que d’essayer de faire mieux, avant d’être contraint de faire seulement autant, avec moins de moyens ? Quand comprendront-ils que nous devons payer le fait d’avoir, depuis un demi-siècle, vécu au-dessus de nos moyens ? Quand comprendront-ils que nous ne pouvons pas reporter sans cesse et sans vergogne sur les générations futures la charge de payer ? La charge de la dette est de l’ordre de 50 milliards d’Euros, ce qui en fait le deuxième poste budgétaire de l’État après celui de l’Éducation Nationale qui atteint 60,5 milliards d’Euros. Peut-on suggérer au Syndicat de la Magistrature de négocier avec les syndicats de l’Éducation Nationale un transfert de moyens entre les budgets de la Justice et de l’Éducation Nationale ? Le spectacle risque d’être fort intéressant !
09 février 2011
La médiocrité nous gouverne
Le monde est en crise. Les dictatures sont ébranlées, un milliard d’êtres humains meurent de faim, quelques prédateurs s’enrichissent de façon éhontée au détriment du plus grand nombre, les pays occidentaux vacillent sous la poussée des pays émergents, le terrorisme envahit la planète, les dérèglements climatiques la dévastent, les droits de l’homme sont bafoués un peu partout sans vergogne. Pendant le même temps, les politiques et les médias complices nous abreuvent de considérations véhémentes sur les déplacements des membres du gouvernement ! Sans propositions réelles et crédibles, ils s’agitent frénétiquement et de façon ridicule, allant jusqu’à réclamer, en toutes occasions, la démission de tel ou tel membre du gouvernement, espérant faire croire ainsi que le rôle de l’opposition est fermement tenu. En réalité, le vide sidéral de la pensée politique est consternant et inquiétant. Toutes ces fausses indignations sur des faits anecdotiques cachent l’incapacité des politiques à construire une vision et un projet crédible. La chasse aux concepts fumeux et éphémères (le « care », l’égalité réelle, la démocratie participative, le désir d’avenir, la politique de civilisation, l’identité nationale, …) cache le désarroi intellectuel considérable des élites politiques. Rien n’est venu remplacer le marxisme à gauche ou le libéralisme de la main invisible à droite. Le déficit intellectuel se camoufle difficilement derrière une misère intellectuelle inquiétante qui se contente de slogans et de formules incantatoires, d’indignations feintes et faciles. Les intellectuels ne sont d’ailleurs pas en reste de déficit de la pensée. Le show médiatique a pris le pas sur la réflexion et l’immédiateté sur la construction prospective. Aveuglés par leurs ambitions personnelles, inhibés par leur ignorance et leur médiocrité, empêtrés dans leurs rivalités, les hommes politiques ne savent plus ce que le mot « politique » veut dire, ce qu’il contient d’exigeant, ce qu’il nécessite pour construire une vision managériale de la société dans le monde. Faute d’une véritable ambition nationale, ils instrumentalisent des concepts fumeux dont ils espèrent qu’ils cacheront le vide de leur pensée et leur irresponsabilité. Le pays est en manque grave d’hommes politiques capables d’oublier leur ambition personnelle pour s’investir entièrement dans l’intérêt national.
31 janvier 2011
Les grands défis technologiques
Il ne s’agit pas ici de recherche fondamentale, mais de recherche appliquée, c’est-à-dire de celle qui a des conséquences sur la vie des hommes. En dehors des défis « classiques » de la recherche technologique comme les nanotechnologies et biologique comme le vaccin contre le sida, nous avons devant nous cinq défis majeurs qui vont devenir rapidement des urgences.• Le premier touche à l’agriculture et aux surfaces cultivables de la planète. Actuellement, il existe 1,5 milliard d’hectares cultivables pour 7 milliards d’habitants en 2010 qui deviendront 9 milliards en 2050. Il reste 2,7 milliards d’hectares de terres arables actuellement non utilisées, parmi lesquelles on trouve les surfaces inexploitables du fait de leur relief ou de leur exposition climatique. Les extrapolations montrent qu’il faut trouver 120 millions d’hectares d’ici 2030. Certains pays, comme la Chine, l’Arabie Saoudite, les Émirats, se sont déjà lancés dans la recherche de ces surfaces supplémentaires. La Chine, en particulier, avec 20% de la population mondiale et 9% seulement des surfaces cultivées, achète des terrains agricoles en Afrique et en Amérique latine. À ce phénomène de terres manquantes, aggravé par la réduction des surfaces agricoles due à l’érosion, l’urbanisation, la montée du niveau des océans, la sécheresse, s’ajoute celui de la diminution mondiale de la population d’agriculteurs. Actuellement, 49% de la population mondiale vit en zones urbaines. Cette migration de population va continuer. En Chine, 300 millions de chinois vont migrer de la campagne vers les villes dans les 25 ans à venir. Nourrir l’ensemble de la population mondiale peut devenir un problème si une gestion des terres cultivables n’est pas mise en œuvre à l’échelle de la planète, en parallèle avec une gestion de l’eau et l’amélioration des rendements.
• Connexe au problème de l’agriculture, existe celui de la disparition des insectes pollinisateurs, des abeilles en particulier. Ce phénomène mondial mobilise des chercheurs de toutes nationalités car il pourrait avoir des conséquences très graves menaçant l’agriculture et une grande partie des ressources alimentaires. Multifactoriel, le dépérissement des colonies d’abeilles trouve une partie de ses causes dans les activités humaines et leurs influences sur les paysages, les ressources et les équilibres écologiques.

• Un autre défi est le stockage géologique du CO2 dans les couches profondes de l’écorce terrestre. Les énergies « nouvelles » resteront un appoint et ne permettent pas de résoudre le problème des transports aériens et maritimes (la voiture reste un produit de luxe). L’exploitation du pétrole et des schistes bitumineux va perdurer, la production de CO2 augmenter, les dégâts du réchauffement s’étendre. Comme les forêts, les tourbières et les puits océaniques de carbone ne suffisent plus à absorber les émissions humaines de CO2, et comme le protocole de Kyoto n'a pas permis de diminuer le total des émissions de gaz à effet de serre, les effets du réchauffement de la planète s’accentuent. Il existe un certain nombre de sites où l’on expérimente l’injection du CO2 dans les couches profondes de l’écorce terrestre : Sleipner et Snøhvit en Norvège, Weyburn et Zama au Canada, In Salah en Algérie, K12b aux Pays-bas, Blue Lake aux USA. En Europe, cinq sites ont été identifiés pour expérimenter cette technique.
• Le monde produit une quantité invraisemblable de déchets, à tel point que leur élimination est devenue un problème majeur. Le recyclage n’est encore que très partiel (le plastique n’est recyclé que de 20 à 30 % environ) et l’on retrouve dans les décharges de grandes quantité de matériaux qui pourraient utilement resservir (plastiques, métaux, cartons). L’exploitation des décharges comme gisements de ressources devient donc un enjeu important. Il faut donc améliorer de façon importante les techniques du recyclage qui sont, à l’heure actuelle, beaucoup trop inefficaces.
• Les énergies dites renouvelables restent encore, et pour longtemps, au stade du rêve. En effet, les seules solutions actuelles sont les éoliennes et les cellules photovoltaïques. Aucune de ces solutions ne peut prétendre être une solution de remplacement à l’énergie fossile. Si les éoliennes se construisent un peu partout, elles restent globalement anecdotiques. Au début de l’année 2009, on estimait à près de 121 gigawatts la puissance totale installée de l’ensemble des éoliennes à travers le monde, dont 3 387 MW en France, ce qui représente environ 800 engins. La dépendance de ces installations aux conditions climatiques impose de prévoir des solutions permettant de fournir instantanément la puissance manquante en cas de conditions défavorables. Les centrales nucléaires ont un temps de démarrage beaucoup trop long pour pouvoir être des solutions d’appoint. Seules, les centrales à gaz ou à charbon permettent de fournir immédiatement la quantité d’énergie manquante (une centrale à gaz peut démarrer en 15 minutes). Ce qui veut dire que les éoliennes s’accompagnent d’installations à émission de gaz à effet de serre, ce qui limite beaucoup l’aspect écologique tant vanté par les écologistes. De plus, il est difficile de concevoir de couvrir le pays d’éoliennes pour obtenir l’énergie nécessaire sans provoquer des réactions de rejet de la part des populations. Au Danemark, où le pays est saturé d’éoliennes, la production éolienne ne représente qu’environ 20% de la production totale d’électricité.
La technique des panneaux photovoltaïques n'a pas atteint la maturité et de nombreuses pistes de recherches sont actuellement explorées. Il s'agit d'abord de faire baisser le prix de revient de l'électricité produite, mais aussi d'obtenir des progrès en matière de rusticité, de souplesse d'usage, de facilité d'intégration dans des objets, de durée de vie. Des accroissements du rendement de leurs cellules sont nécessaires. Pour cela, il faut améliorer l’exploitation de toutes les longueurs d'onde du spectre solaire. Pour l'instant, seule une partie de la lumière visible, principalement les rayonnements verts et les bleus, est transformée en électricité et le rayonnement infrarouge n'est utilisé que par les panneaux thermiques pour chauffer de l’eau. La production française d’électricité à partir de cette technique reste anecdotique. Le total de la production éolienne et photovoltaïque atteint environ 1% du total produit. Enfin, l’alternance jour-nuit impose, comme pour les éoliennes, de prévoir des centrales thermiques à démarrage rapide pour pallier une demande d’électricité marginale alors que les installations photovoltaïques ne peuvent y répondre.
Ensuite, le vieillissement des centrales nucléaires devient problématique et la raréfaction du combustible uranium est aussi inéluctable que celle du pétrole. Le problème des déchets radioactifs est très loin d’être résolu et va, obligatoirement, devenir prégnant. La seule alternative crédible, encore que risquée, est ITER. La source de combustible devient inépuisable et le problème des déchets disparaît. Domestiquer la fusion nucléaire, comme le fait le Soleil, est une aventure risquée, car rien ne permet de savoir aujourd’hui si le succès est au bout du chemin, mais elle est pratiquement obligatoire.
28 janvier 2011
Une victoire pour Ben Laden ?
La Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, le Yémen … la révolte des peuples sous le joug des dictatures arabes se répand comme une traînée de poudre. L’inquiétude règne dans tous les ces pays parmi leurs dirigeants. L’Occident regarde ce vent de protestation et d’exigence de liberté avec circonspection, ce qui peut paraître paradoxal de la part de ceux qui brandissent le drapeau de la démocratie en toutes occasions. Pourquoi une telle perplexité ? L’explication tient dans la crainte de l’Occident face à l’islamisme et à ses impardonnables dérives. Les dictatures arabes, en muselant toute opposition, en emprisonnant les protestataires, en truquant les caricatures d’élections, apparaissent aux occidentaux comme un rempart face à la montée de l’islamisme. Depuis longtemps, Al Qaida a déclaré la guerre à ces régimes dictatoriaux, jugés impies et violant les lois coraniques, traites aux musulmans à cause de leurs relations avec les occidentaux. Muselées dans leur expression, paralysées dans leur action, les oppositions ne peuvent espérer que le renversement de ces dictatures. Dans le même temps, pour les islamistes, ce renversement est le point de passage obligé pour créer l’occasion d’une prise de pouvoir. Ainsi, les révoltes actuelles dans certains pays arabes sont une divine surprise pour les extrémistes musulmans. Conscients de ce danger, les pays occidentaux se trouvent hésitants entre la nécessité de soutenir ces révoltes populaires qui réclament la chute des dictatures et la crainte d’une prise de pouvoir par les islamistes à l’aune d’une vacance du pouvoir. Il est, en effet, à craindre que les oppositions modérées, complètement désorganisées par des années de répression, soient incapables d’assurer une réelle transition démocratique et laissent ainsi la voie ouverte aux islamistes pour remplacer une dictature par une autre, encore plus répressive.Le devoir des démocraties occidentales est donc clair. Il faut qu’elles apportent, sans réserve, leur aide aux oppositions modérées pour que celles-ci s’organisent et assurent une transition évitant toute vacance du pouvoir. Ceci est certainement plus facile à dire qu’à faire. Ben Laden est à l’affût !
22 janvier 2011
La VI ?
L’anniversaire de la disparition de F.Mitterrand a donné lieu à une bousculade quelque peu burlesque des principaux caciques du Parti Socialiste. Ils sont tous (ou presque) venus se bousculer autour de la tombe présidentielle pour rendre un hommage appuyé au président défunt et se livrer au petit jeu de « plus Mitterrandiste que moi, tu meurs » en revendiquant l’héritage, oubliant volontairement « le droit d’inventaire » ou le « lui c’est lui et moi c’est moi » ! Les oubliettes de l’Histoire ont ainsi accueilli les critiques anciennes adressées à F. Mitterrand par ceux qui sont devenus ses plus ardents thuriféraires. La perspective des futures élections présidentielles est passée par là, F.Mitterrand devenant la référence incontournable de tous les nombreux candidats socialistes qui ont fait semblant d’oublier que ce dernier a pronostiqué, à juste titre semble-t-il, être « le dernier des grands présidents de la Ve République » ! La perte de mémoire sélective n’est d’ailleurs pas l’apanage des socialistes actuels. Le premier atteint fut F.Mitterrand lui-même. En effet, rappelons-nous ce qu’il écrivait dans son ouvrage « Le coup d’État permanent » en 1964. Faisant référence aux institutions de la Ve République, ne parlait-il pas de « l’effritement progressif des institutions, de la disparition du contrôle parlementaire, du retour en force de la justice d’exception » ? N’ajoutait-il pas que «toutes les issues sont déjà bouchées par où la liberté voudrait un jour passer » ? Ne s’insurgeait-il pas devant « le pouvoir d’un seul (qui) insulte le peuple de citoyens » ? Et pourtant, avec quel plaisir il s’est installé dans le costume de Président de la Ve République, oubliant tous ses griefs et utilisant avec jouissance les pouvoirs que lui donnait la Constitution. Il ne lui est pas venu à l’esprit de la modifier pour faire naître la VIe République. Il a exercé pleinement le pouvoir, malgré l’insulte au peuple de citoyens ! C’est pourquoi il ne faut pas prendre au sérieux l’annonce de certains candidats à la candidature socialiste qui, poussés par la nécessité de se démarquer pour être visible, croit bienvenue de s’engager à faire naître une nouvelle République. Cette annonce se veut le seul moyen pour donner davantage de pouvoir au Parlement. Cette revendication est avancée par les partis d’opposition qui rêvent de conquérir le pouvoir et, en particulier, celui de défaire les gouvernements … comme pendant la IVe. Ceci fait craindre que, si VIe République il y a, la « guéguerre » des partis ne reprenne comme au temps de la IVe et que l’instabilité gouvernementale mortelle pour la France ne renaisse de ses cendres. Mais rassurons-nous et faisons un pari. Si un socialiste atteint la magistrature suprême, il se sentira soudainement, comme son illustre prédécesseur, confortablement installé dans les habits de la Constitution actuelle et ne la changera pas ! En 1976, avant le règne de F.Mitterrand et dans « La vérité guide leurs pas », Pierre Mendès France faisait les prédictions suivantes : « On peut se demander ce que va devenir un système conçu et modelé pour et par un homme… Les assemblées chercheront inévitablement à retrouver plus de droits … Aucun précédent historique ne permet de croire que le régime fonctionnera dans l’avenir sans de très larges modifications ». Trente-cinq ans plus tard, la Constitution est toujours là, l’alternance s’est produite, la cohabitation a fonctionné, le régime a fonctionné sans changement. Malgré l’espoir de certains socialistes, le régime des partis ne reviendra pas pour la raison simple que le futur Président, quel qu’il soit, jugera que la Constitution actuelle est la meilleure garante de son appétit de pouvoir !
11 janvier 2011
Mondialisation2
La mondialisation, souvent nommée globalisation, nous est présentée comme le cadre incontournable du développement de nos sociétés et la condition irréfragable du succès économique des nations. En déplaçant un peu le point de vue (parallaxe !), la mondialisation montre un visage différent et inquiétant. En voici quelques traits.L’évidence est aveuglante. Le vrai pouvoir a quitté les hommes politiques et les gouvernements et il appartient maintenant à quelques milliers de financiers, de spéculateurs, de managers. Ce sont eux qui imposent les fusions, les réorganisations au service de la valeur de l'action. Ils réorganisent les entreprises par rachats, fusions, concentrations et reventes successives. À terme, on peut craindre que ne se créent des oligopoles pour chaque type d'activité économique majeure… et il n'y aura plus alors de réelle concurrence, ce qui est déjà presque le cas dans un certain nombre de secteurs (agroalimentaire, aéronautique, industrie pharmaceutique, énergie…). La mondialisation rend arbitraire la valeur des actions à partir du moment où la concurrence n'existe plus. C’est ce que démontrent les aléas boursiers actuels, conséquence de l’économie de casino et de la crise financière dans lesquelles le monde est plongé. C’est ainsi que ces financiers et ces spéculateurs décrètent et appliquent leurs lois. Un exemple en est le comportement des grands laboratoires pharmaceutiques qui se construisent des fortunes avec des molécules extrêmement coûteuses payées par les systèmes de protection sociale et finalement par le contribuable, molécules parfois dangereuses, et qui refusent de s'engager dans des recherches qui permettraient de découvrir des molécules beaucoup moins onéreuses et donc accessibles aux malades du tiers-monde. Ou encore qui refusent d'engager des recherches dans les domaines où il n'y a pas assez de malades, abandonnant les victimes de maladies orphelines à leur sort ! Dans le même temps, utilisant la libre circulation des capitaux et les paradis fiscaux, ces entreprises soustraient leurs profits à l’impôt. Les entreprises du CAC 40 ont un taux réel d’imposition sur les bénéfices de 14% alors que les PME supportent le taux légal de 33%. Impuissants, les politiques n’ont pas le pouvoir d’empêcher un tel comportement. Qui peut croire que les décisions de ces capitalistes de l'extrême soient dictées par la recherche du bonheur du plus grand nombre qui subit, plus qu'il ne demande, les fusions, restructurations, destructions de leur outil de travail ?
La mondialisation tend à l'uniformité. Celle des économies, celle des comportements, celle des cultures. Peut-être même, à terme, celle des religions et des croyances. À moins que l'uniformisation de ce qui s'échange ne laisse de côté justement ce qui ne s'échange pas, c'est-à-dire les religions, les ethnies, les régionalismes. Les communautés vont alors se replier sur des valeurs qui vont devenir conflictuelles car nécessairement passionnelles. Et la mondialisation va ainsi s'accompagner d'un régionalisme intégriste dangereux. Une alternative est que la mondialisation envahissant le domaine de la culture et, poussée à l'extrême, gomme et efface toute l'histoire des hommes. Or, nier et effacer l'histoire revient, en fait, à nier toute différence entre les nations d'aujourd'hui et, à terme, entre chacun d'entre nous. Seule la différence entre les nantis et les autres, les repus et les affamés, perdurera sans aucune possibilité de correction car cela irait à l'encontre d'une valorisation maximale de la valeur de l'action de la société "monde". Oublier l'histoire, c'est oublier ses parents, c'est nier le devoir de mémoire, c'est accepter que l'on dise "Hitler, connais pas !".
La mondialisation est celle de la dictature du marché mondial qui se constitue indépendamment des droits de l'homme et, souvent, de la morale. La mondialisation du marché a une vitrine, l'O.M.C., et une armée, les entreprises et les mafias internationales. Celles-ci recherchent, par la délocalisation de leurs productions, les pays où la (dé)réglementation sociale leur est la plus favorable, c'est-à-dire où elle est le plus en décalage avec les droits de l'homme les plus élémentaires. C'est ainsi que, grâce au travail – à l'esclavage – des femmes et des enfants, il leur est possible de fabriquer des boissons, des vêtements, des chaussures, des jouets, des produits électroniques à des coûts de fabrication les plus bas possible, garantissant leurs profits et donc les dividendes à verser aux actionnaires, véritables maîtres du jeu que sont les investisseurs institutionnels comme les fonds de pension anglo-saxons.
La mondialisation n'empêche pas les guerres qui deviennent des guerres ethniques ou de religion, seule possibilité restante, dont l'histoire, justement, a montré – et montre encore aujourd'hui – combien elles peuvent être meurtrières et résistantes aux interventions des gouvernements. D'autant que la mondialisation pourrait entraîner celle de ces guerres religieuses. Peut-on concevoir ce qu'auraient été les croisades à l'échelle mondiale et l'hécatombe qu'elles auraient provoquée au nom de Dieu ? Imagine-t-on ce que serait une guerre islamique organisée, au nom d'Allah, à l'échelle mondiale ? La sourde concurrence agressive, parfois terroriste, que se livrent les intégristes musulmans et évangélistes fanatiques sur toute la planète en sont, peut-être, les prodromes. La chasse aux coptes déclenchée par les premiers et la mise sous influence de G.W.Bush par les seconds afin d’engager la guerre en Irak en sont des indices.
La mondialisation donne l’image d’un monde entraîné vers un avenir où les hommes ne maîtriseront plus rien et où le pire devient possible. Comment s’étonner du pessimisme des citoyens ?
07 janvier 2011
Indignez-vous encore
Lors de l’émission du 7 Janvier 2011, dans le Grand Journal de Canal+, un journaliste de Marianne annonce, sans coup férir, que les seniors des maisons de retraite servent clandestinement de cobayes aux laboratoires pharmaceutiques pour l’essai de médicaments nouveaux. Cette déclaration, sans preuve, sans démonstration, a laissé de marbre le responsable de l’émission. Une telle déclaration ressemble pourtant, à s’y méprendre, à la théorie du complot avancée par tous les dictateurs de la planète, lorsqu’ils n’ont aucun argument pour justifier leurs forfaits. Le journaliste, qui s’abaisse au même procédés, ne mérite plus le nom de journaliste. Donc, boycottez Marianne, jusqu’à ce que ce journal apporte la preuve de ce que son journaliste a avancé. De deux choses l’une. Où bien ce journaliste est sûr de ce qu’il avance et il doit en apporter immédiatement la preuve, compte tenu de l’énormité de l’accusation. Où bien il a simplement recherché le sensationnel et le vedettariat au sein d’une émission de grande écoute et il appartenait alors au responsable de l’émission de recadrer des propos inacceptables. Cette émission était, de toute façon, indigne !
04 janvier 2011
Indignez-vous
Indignez-vous, nous exhorte Stéphane Hessel. L’année commence à peine et, déjà, un sujet d’indignation s’offre à nous. Le Premier Ministre Hongrois Viktor Orban prend la présidence de l’Union Européenne pour 6 mois. Or, le gouvernement hongrois vient de faire voter une loi qui assassine la liberté de la presse en menaçant d’une sanction financière létale tout organisme de presse qui publierait des informations qui ne seraient pas de son goût ! L’OSCE a qualifié, prudemment, cette réforme de « menace pour la liberté de la presse ». Les responsables européens sont restés, par contre, scandaleusement silencieux. L’Europe a été construite sur les valeurs de la démocratie et elle ne manque pas de dresser ce drapeau lorsqu’elle prétend donner des leçons au monde entier. Et voilà qu’elle accepte que le pays qui préside à sa destinée pendant 6 mois bafoue ouvertement une des libertés fondamentales d’une démocratie. Il y a là quelque chose de totalement intolérable. Et il est incompréhensible que les responsables européens n’aient pas refusé une telle présidence dans de telles conditions. Cela démontre, en tout cas, l’inutilité absolue de Mr. Van Rompuy !
23 décembre 2010
Les agences de notation
La crise financière majeure qui secoue le monde entier depuis des mois est comme un opéra tragique guidé par un chef d’orchestre, véritable monstre à trois têtes : les agences de notation que sont Fitch Ratings, Moody’s et Standard & Poor’s. Ces organismes, s’érigeant en deus ex machina et hissant haut le drapeau de la transparence et de l’information objective, donnent leur avis (le fameux AAA) sur la confiance que les investisseurs et les spéculateurs peuvent avoir envers des entreprises, des produits financiers, des capacités des États à rembourser leur dette. Le problème est que ces agences sont rémunérées (achetées ?) par ceux-là même qu’elles évaluent. Leur objectivité peut alors être sérieusement mise en doute. Le fâcheux et scandaleux précédent d’Eron est là pour nous rappeler à la prudence, ces agences ayant maintenu une bonne notation de l’entreprise jusque quatre jours avant la faillite ! Avec leur bénédiction, les organismes financiers et les banques ont développé une économie de casino s’appuyant sur des produits structurés complexes utilisant les concepts de titrisation et de dérivés de crédit qui ont tenu un rôle central dans l'accélération des effets de la crise. Dans cette véritable catastrophe, les agences ont joué un rôle majeur dans le développement du marché, à tel point que les banques ont utilisé les modèles développés par les agences elles-mêmes pour faire leurs montages financiers douteux, ce qui a permis à Moody's de donner la notation la plus haute à ces produits structurés. Après la déconfiture tragique des « subprimes », Moody’s et Standard & Poor’s ont conseillé la banque Goldman Sachs, principal responsable de la crise, afin de trouver les meilleures voies pour tirer profit de la débâcle ! S’abritant derrière l’argument que leurs notations ne sont que des opinions, les agences ne garantissent rien à personne et se disent non responsables des conséquences de décisions prises d'après ces opinions. Mais la malfaisance de ces organismes ne s’arrête pas là. En effet, les pays endettés empruntent sur les marchés financiers pour rembourser (ou essayer de rembourser) leur dette, extravagante pour certains d’entre eux. Les organismes emprunteurs décident alors du taux de remboursement en tenant compte de l’avis des agences de notation. Or, celles-ci viennent d’appliquer le principe de la double peine. En effet, après avoir pénaliser les États pour cause de dette excessive, elles pénalisent ces mêmes États pour avoir pris des mesures tendant à réduire leur dette au prétexte que ces mesures risquent d’entraver la croissance. Quelle confiance peut-on avoir dans ces organismes qui manient de façon aussi virtuose et sans vergogne mensonge et hypocrisie ? Quelle crédibilité ont-elles encore ? Le monde ne se porterait-il pas mieux si ces agences n’existaient pas ? On peut le croire.
11 décembre 2010
Où sont les hommes d’État ?
Y a-t-il des pilotes responsables dans l’avion Terre ? Après les réunions de Kyoto en Décembre 1997 et de Copenhague en Décembre 2009, la conférence de Cancun qui a lieu en Décembre 2010, désertée par les chefs d’État, ne débouchera que sur des déclarations d’intention assez vagues pour que tout le monde puisse renter tranquillement chez lui sans se sentir engagé à quoi que se soit de sérieux. Encore une fois, les égoïsmes nationaux et les préoccupations électorales de court terme auront prévalu sur l’intérêt général. Peut-il en être autrement lorsque les plus grands pollueurs de la planète ne veulent s’engager sur la moindre mesure concrète que se soit ? Les catastrophes climatiques se multiplient avec une cadence alarmante depuis 1998, année des plus grandes inondations que le Bengladesh ait connues. En 1999, un cyclone a fait 30.000 victimes en Inde, une tempête exceptionnelle a accompagné la France dans son passage au vingt et unième siècle, des glissements de terrain gigantesques font 30.000 morts au Venezuela. C’est au Printemps 2000 que l’on assiste au détachement du plus grand iceberg antarctique jamais vu (une superficie équivalent à la Belgique), à une sécheresse meurtrière en Afrique de l’Est. En 2001, la Sibérie connaît des crues cataclysmiques obligeant à l’évacuation de 25.000 personnes, le Texas et la Louisiane sont sous les eaux, pendant qu’une sécheresse sans précédent s’abat sur la Corée, le Honduras, le Nicaragua, le Guatemala et le Salvador, alors que l’Inde connaît également la sécheresse durant l’été 2002. Toujours en 2002, des inondations exceptionnelles s’abattent sur l’Europe centrale. Qui ne se souvient de la canicule qui a sévi en France durant l’été 2003 ? Des incendies gigantesques surviennent en l’an 2000 aux USA, en 2009 en Australie et en 2010 en Russie (qui ne sont d’ailleurs peut-être pas terminés). En 2005, Katrina détruit La Nouvelle Orléans et fait 1800 morts. Les glaciers reculent partout dans le monde, le phénomène El Nino prend des proportions de plus en plus importantes, la banquise arctique disparaît presque totalement en été. Etc, etc … Qui peut nier que nous assistons à un changement climatique majeur aux conséquences déjà visibles et imprévisibles dans le futur proche ? Ne peut-on attendre d’un véritable homme d’État que l’intérêt général l’emporte sur tout autre considération ? Où sont donc passés les véritables hommes d’État ? Une certitude : ils ne sont pas à Cancun !
08 décembre 2010
Pauvre Afrique
Décidément, les Africains sont soumis à une malédiction épouvantable. Après avoir été pillés de leurs ressources, réduits en esclavage, subissant famine et sécheresse, avoir servis de poubelle pour les industries occidentales,les voilà soumis à la folie destructrice de leurs dirigeants. La démocratie reste un rêve inaccessible. Le pouvoir, l’enrichissement personnel sont des drogues auxquelles succombent leurs gouvernants et leurs affidés. La caricature d’élection présidentielle qui vient de se dérouler en Côte d’Ivoire en est une illustration paradigmatique. Détournant les profits de la filière du cacao à son profit par l’intermédiaire de sa femme, faisant assassiner par l’armée Guy André Kieffer pour s’être intéressé de trop prêt aux détournements de ces profits, Laurent Gbagbo, dont le quinquennat aura duré dix ans en reportant pour de mauvaises raisons et par cinq fois les élections, vient de réaliser un véritable coup d’État en s’auto-proclamant vainqueur des élections présidentielles malgré sa défaite électorale. L’Afrique se meurt du comportement de ses dirigeants assoiffés de pouvoir, conduisant les peuples de coups d’état en coups d’état menés par des militaires de seconde zone, plus proche de chef de guerre et de tribus que de chef d’État. Le détournement des richesses par les nervis du pouvoir laisse les Africains dans une pauvreté sans issue qui fait naître des révoltes débouchant sur des guerres civiles, des massacres ou utilisant les seuls moyens terroristes qui leur restent. Certains de ces dirigeants, comme Robert Mugabe au Zimbabwe, prospèrent sur la famine du peuple. La colonisation a découpé arbitrairement ce continent en fonction des ambitions territoriales des colonisateurs, sans se préoccuper des espaces ethniques et des répartitions culturelles existantes. Le départ inorganisé de ces derniers a laissé derrière eux des populations déchirées qui ont sombré dans des luttes ethniques tournant parfois aux massacres épouvantables comme ceux du Rwanda ou de la République Démocratique du Congo, aux guerres civiles récurrentes comme en Angola. Dans l’Afrique francophone, sous un faux-nez démocratique, se cachent des dictateurs sans scrupule qui manipulent leur loi constitutionnelle pour conserver un pouvoir à vie. Les faits sont sensiblement différents dans les pays africains anglophones où une véritable démocratie existe chez certains d’entre eux. Pourquoi cette différence ?
03 décembre 2010
La Transparitude
La publication dans les médias des informations piratées par Wikileaks a ouvert une vive polémique sur la « transparence ». Ceux qui soutiennent l’action de Wikileaks justifient leur avis au prétexte que tout doit se savoir, que démocratie et transparence sont inséparables, que cette action doit se juger comme un juste contre-pouvoir nécessaire en démocratie. Ce point de vue fait donc du secret un lourd défaut de la société, suggère que tout a vocation à être mis sur la place publique. Exit donc la protection de la vie privée et de ses secrets d’alcôve, exit la confidentialité des négociations politiques, commerciales et économiques, vive l’espionnage dans tous les domaines de la vie publique et privée ! Qui peut sérieusement soutenir un tel point de vue ? Par une étrange coïncidence, cette « fuite » monstrueuse, dont les sources sont anonymes même si l’on soupçonne aujourd’hui l’identité de l’auteur, s’est produite dans un pays dont on ne peut soupçonner un seul instant qu’il ne soit pas démocratique. Rien de semblable ne risque de se produire en Chine ou en Iran !! Ainsi donc, au nom d’une soi-disant défense de la démocratie, on cherche à porter un coup potentiellement dangereux à la plus grande démocratie mondiale. Un parfum d’anti-américanisme primaire se dégage d’un tel comportement. De plus, lorsque l’on examine le contenu des « révélations » de Wikileaks, on ne peut que constater qu’il s’agit beaucoup plus de rumeurs de comptoirs de bar que d’informations sérieuses et utiles, même si leur diffusion peut créer ici ou là quelques difficultés. Qu’apprend-on de vraiment nouveau sur l’américanisme de Nicola Sarkozy ou sur l’existence d’une corruption généralisée en Russie ? La seule leçon à retenir de cet épisode est que l’administration américaine a sérieusement besoin de reconsidérer la protection de ses services. Le journalisme d’investigation a, certes, la mission de rendre publiques des informations qui permettent de comprendre et de juger les faits. Le monde aurait grandement gagné si des informations avaient circulé sur les pratiques bancaires scandaleuses des banques américaines avant que n’éclate la bulle des subprimes ! Nous serions tous plus protégés si des informations étaient fournies sur les pratiques actuelles de Goldman Sachs qui conduisent à nouveau le monde vers d’énormes difficultés. Mais, comme tout acteur, le journaliste doit posséder une déontologie qui lui interdise de confondre information et délation. Les magistrats et avocats devraient bien réfléchir à cela et de respecter davantage le secret de l’instruction si souvent violé ; la justice y gagnerait en sérénité. Le secret défense actuellement opposé par le Gouvernement aux demandes d’informations des juges sur l’affaire de Karachi ou des frégates de Taiwan aurait tendance à faire regretter un manque de transparence et un Wikileaks à la française ! Aucun système n’est et ne sera jamais parfait et un compromis sera toujours obligatoire. Imaginons ce qui pourrait se passer si le secret défense n’existait pas et si tout ce qui touche réellement à la sécurité du pays était public ? Ne confondons pas transparence et transparitude !
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