Tout le monde connaît le fabricant sud-coréen Hunday. Ce fabricant a décidé de pénétrer le marché européen en proposant des véhicules à bas prix tout en respectant des critères de qualité suffisants. Lorsque l’on cherche à fabriquer à coûts réduits dans cette industrie, deux voies sont possibles : automatiser la production et trouver une main d’œuvre bon marché. Or, s’il est toujours possible d’automatiser la fabrication (et la conception), le coût de la main d’œuvre est une contrainte endogène. Hunday a donc décidé d’ouvrir une usine dans un pays à coût de main d’œuvre extrêmement concurrentiel et relativement proche du marché convoité, c’est-à-dire en Turquie. Dans ce pays, la main d’œuvre non spécialisée est abondante et peu chère. Mais il y a un autre avantage à choisir la Turquie : compte tenu de la politique des petits pas de l’Europe envers ce pays, il n’y a actuellement pas de taxe à l’importation entre l’Europe et la Turquie. Ce fait réduit donc le coût des produits importés en Europe en provenance de la Turquie. La construction automobile est une industrie à haute technicité qui demande généralement une main d’œuvre spécialisée et formée. Hunday a donc résolu cette contradiction apparente en conservant et en automatisant la plus grande partie de la fabrication des pièces détachées (70%) en Corée du Sud et en ouvrant une usine de montage en Turquie où se réalise la fabrication des pièces les plus simples (30%) et l’assemblage final des pièces détachées. À partir de la Turquie, Hunday est ainsi en mesure de proposer en Europe des automobiles extrêmement compétitives. Cette organisation résulte d’une analyse sans complexe et opportuniste du marché mondial et de la maîtrise du choc culturel que les méthodes de management coréennes ont provoqué dans l’usine Turque.
Mais l’analyse de Hunday ne s’est pas arrêtée là. En effet, l’Ukraine est un grand pays, voisin de la Turquie, mais qui ne fait pas partie de l’ensemble européen et qui impose donc des taxes à l’importation des produits finis. Pour contourner cette difficulté, les véhicules assemblés en Turquie et destinés à l’Ukraine, sont alors démontés (!) en partie (le bloc-moteur, le volant, les pneus, …) après essais du véhicule complet et expédiés comme pièces détachées en Ukraine, évitant ainsi les taxes à l’importation, et où les voitures sont rapidement remontées pour être vendues sur le marché local.
Ce que fait la Corée, d’autres pays en voie de développement le font également. Ces pays regardent le monde comme un marché unique que l’innovation en matière d’organisation leur permet de conquérir. Les Sud-Coréens ne craignent pas les délocalisations lorsqu’elles leur ouvrent de nouveaux marchés.
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
31 décembre 2007
28 décembre 2007
Le miroir aux alouettes
Le pouvoir d’achat est devenu l’étendard de la politique gouvernementale et de la revendication de l’opposition. Il a été une promesse récurrente du candidat à la présidence de la République, il est la hantise du gouvernement. Il y a deux manières d’augmenter le pouvoir d’achat : l’augmentation des salaires ou l’utilisation de l’épargne. Le pays est en état de faillite, la dette est colossale, la balance commerciale est déficitaire, le pays paye chaque année 50 milliards d’intérêts de la dette. Il n’y a donc pas moyen d’augmenter les salaires sans risquer de mettre en danger les entreprises et donc de voir le chômage reprendre à la hausse. Il ne reste apparemment que l’utilisation de l’épargne. Préoccupé du court terme, c’est le choix qu’a fait le gouvernement. Utiliser l’intéressement prématurément revient à dépenser une épargne. Payer des jours de RTT revient à « liquidifier » une épargne-temps qui a sa valeur monétaire. Réduire à un mois au lieu de deux la caution des locataires revient à réduire l’épargne potentielle des propriétaires. Or, l’épargne c’est l’investissement à moyen terme et l’investissement est le seul chemin pour moderniser l’offre industrielle et de services pour équilibrer enfin la balance commerciale. C’est aussi la seule voie pérenne pour que les entreprises se trouvent dans un cycle de croissance, donc d’augmentation de la production et, finalement, utilisent la possibilité proposée par le gouvernement d’augmenter le nombre d’heures supplémentaires. Il est absolument nécessaire que la France travaille plus (elle est le pays occidental où le nombre d’heures travaillées est parmi les plus faibles). Mais, pour cela, il faut qu’il y ait matière à travailler. Ouvrir les magasins le Dimanche, par exemple, permet de créer un chiffre d’affaires supplémentaire du fait des achats des touristes qui dépensent leurs devises sur le sol français. Favoriser les heures supplémentaires ou inciter au rachat des RTT sont des mesures qui, contrairement aux 35 heures, ne comportent pas en elles-mêmes le risque d’une diminution globale de la quantité de travail. Il faut impérativement que la France gagne des parts de marché dans le monde pour équilibrer enfin la balance commerciale et pour que le pays s’enrichisse réellement, ce qui permettrait d’augmenter les salaires, seule voie pérenne pour améliorer durablement le pouvoir d’achat. Il est donc nécessaire que l’offre soit renouvellée, donc que l’investissement soit relancé vigoureusement. C’est pourquoi les mesures du gouvernement, qui poussent à l’utilisation à court terme de l’épargne, est une mauvaise solution. Dans le meilleur des cas, ces mesures auront un impact limité dans le temps et dans leur ampleur. Si l’on assiste à une amélioration du pouvoir d’achat, celle-ci sera de courte durée et au détriment de mesures favorisant l’investissement. Le moyen terme est sacrifié au profit du court terme. Les constantes préoccupations électorales sont le talon d’Achille des démocraties. La situation ne peut que s’aggraver. Nous n’échapperons pas à une politique de rigueur, limitant les dépenses et les salaires, entraînant une augmentation temporaire du chômage. J’en prends le pari à l’aube d’une année que je crains difficile.
16 décembre 2007
Le sabre et le goupillon
La morale est-elle soluble dans la politique, ou, autrement dit, la politique peut-elle être morale ? Voilà une question, vieille comme les démocraties, qui se repose avec plus d’acuité depuis le voyage en Chine de N. Sarkozy et la venue en France de Kadhafi (le guide, der Führer en allemand). La Chine détient le record du monde des mises à mort de ses citoyens et le clown libyen a porté la prise d’otages et le terrorisme au rang de méthode de gouvernement. Le président Français est reçu en grandes pompes à Pékin et Kadhafi est invité à passer ses royales vacances en France, tout cela au nom de l’efficacité économique. Doit-on condamner une telle attitude ou se souvenir de ce que dit Créon à Antigone, expliquant que tout le monde ne peut pas dire non et qu’il faut bien que certains acceptent de dire oui si l’on veut que la cité perdure. Dire non est tellement plus facile que de dire oui ! Refuser permet de se préserver de tout doute, de toute mauvaise conscience, de toute responsabilité. Il n’y a qu’un pas entre ce refus et l’aboulie totale. Accepter en sachant que la morale est blessée, en faisant naître un doute qui envahira la conscience, en acceptant d’être l’objet de critiques virulentes et justifiées est plus difficile. Faut-il refuser l’euthanasie quelles que soient les souffrances ? Faut-il refuser la guerre quels que soient les dangers ? Faut-il refuser la prison quelle que soit la faute ? A la Libération, De Gaulle disait : « la France n’a pas besoin de vérité, elle a besoin d’unité nationale ». Il faut des Créon si l’on veut qu’existent des Antigone. La démocratie consiste à permettre à la voix d’Antigone d’être audible, tout en acceptant que Créon se compromette pour qu’Antigone puisse exprimer son désaccord.
13 décembre 2007
Le corporatisme est partout
Le corporatisme est partout
Le ministère de la Justice envisage de simplifier la procédure des divorces par consentement mutuel en remplaçant le passage devant le juge par un simple contrat signé devant notaire. Plus rapide, beaucoup moins cher. Que croyez-vous qu’il arrive ? Le fait de ne plus passer devant le juge supprime la nécessité d’avoir un avocat, parfois deux, pour obtenir un divorce. Et donc, les avocats se précipitent pour décrier ce projet, parfois dans des termes dont la grossièreté rappelle celle de potaches mal élevés. Le nouveau bâtonnier des avocats de Paris justifie cette « bronca » en plaidant (c’est bien le mot !) le fait que la présence du juge est un élément fondamental pour la « réussite » (sic) du divorce !! Permettez-moi de parler en connaissance de cause : lors de mon propre divorce, j’ai rencontré le juge deux fois dix minutes à peine et la seule question qui m’a été posée est : « êtes-vous sûr de vouloir divorcer ? » On a du mal à distinguer l’élément fondamental dans cette prestation. La réaction des avocats n’est qu’une réaction purement corporatiste, surtout lorsque l’on sait que les divorces par consentement mutuel sont les plus nombreux. Ainsi, je n’hésite pas à dire que les justifications alambiquées du bâtonnier lors de l’émission télévisée du 13 Décembre 2007 étaient parfaitement ridicules tellement elles étaient de mauvaise foi.
Le ministère de la Justice envisage de simplifier la procédure des divorces par consentement mutuel en remplaçant le passage devant le juge par un simple contrat signé devant notaire. Plus rapide, beaucoup moins cher. Que croyez-vous qu’il arrive ? Le fait de ne plus passer devant le juge supprime la nécessité d’avoir un avocat, parfois deux, pour obtenir un divorce. Et donc, les avocats se précipitent pour décrier ce projet, parfois dans des termes dont la grossièreté rappelle celle de potaches mal élevés. Le nouveau bâtonnier des avocats de Paris justifie cette « bronca » en plaidant (c’est bien le mot !) le fait que la présence du juge est un élément fondamental pour la « réussite » (sic) du divorce !! Permettez-moi de parler en connaissance de cause : lors de mon propre divorce, j’ai rencontré le juge deux fois dix minutes à peine et la seule question qui m’a été posée est : « êtes-vous sûr de vouloir divorcer ? » On a du mal à distinguer l’élément fondamental dans cette prestation. La réaction des avocats n’est qu’une réaction purement corporatiste, surtout lorsque l’on sait que les divorces par consentement mutuel sont les plus nombreux. Ainsi, je n’hésite pas à dire que les justifications alambiquées du bâtonnier lors de l’émission télévisée du 13 Décembre 2007 étaient parfaitement ridicules tellement elles étaient de mauvaise foi.
12 décembre 2007
Kadhafi, la honte ?
Parallaxe. Soit un pays dirigé depuis quarante ans par un dictateur ayant pratiqué des abominations comme le terrorisme et la prise d’otages (et qui croira que la France n’a eu aucune relation avec cet homme pendant quarante ans !). Soit un peuple muet soumis à cette dictature qui souffre d’un manque de libertés individuelles, d’un excès de pauvreté et d’un isolement obsidional. Soit un projet national consistant à créer une union économique des pays riverains de la Méditerranée. Quels sont les choix qui s’offrent à la politique étrangère du pays porteur de ce projet ? Il n’y en a que deux. Ou bien exclure le pays en question du projet au nom d’une certaine morale, ou bien profiter de toutes les occasions pour réintégrer ce même pays dans ce que la langue de bois diplomatique appelle « le concert des nations » pour pouvoir l’intégrer dans le projet. En face de cette alternative une conclusion s’impose : l’exclusion signifie l’abandon d’un peuple à son sort difficile. La bonne conscience de ceux qui choisissent cette solution est un peu courte car elle fait l’impasse sur l’avenir de ce peuple. La question qui se pose est la suivante : faut-il préserver sa bonne conscience en prenant des postures indignées et en abandonnant à son sort toute une population ou ne vaut-il pas mieux se « compromettre » avec le dictateur pour faire émerger une chance d’évolution vers plus de liberté et de démocratie en permettant la participation au projet méditerranéen pour le plus grand bénéfice de ce peuple en déréliction ? En quoi consiste cette « compromission » ? À prendre au mot un dictateur qui dit renoncer aux pratiques terroristes et (ce qui n’est pas négligeable) à la bombe. Ne soyons pas naïfs ! La diplomatie est un grand jeu de poker menteur. Prendre au mot ne veut pas dire être convaincu de la sincérité du discours. Prendre au mot ne veut pas dire perdre toute vigilance.
Le voyage du Président de la République en Algérie n’a soulevé aucune polémique en France. Et, pourtant, qui peut croire que le ministre algérien des anciens combattants n’avait pas reçu, au préalable, l’aval du pouvoir pour tenir son discours antisémite ? Or, l’antisémitisme est la marque de fabrique du terrorisme islamique. Le terrorisme officieux et actuel algérien est-il plus acceptable que le terrorisme libyen du passé ?
Ce que l’on peut dire, c’est que Kadhafi en France pendant cinq jours, c’est long, très long, trop long … car l’homme est détestable.
Le voyage du Président de la République en Algérie n’a soulevé aucune polémique en France. Et, pourtant, qui peut croire que le ministre algérien des anciens combattants n’avait pas reçu, au préalable, l’aval du pouvoir pour tenir son discours antisémite ? Or, l’antisémitisme est la marque de fabrique du terrorisme islamique. Le terrorisme officieux et actuel algérien est-il plus acceptable que le terrorisme libyen du passé ?
Ce que l’on peut dire, c’est que Kadhafi en France pendant cinq jours, c’est long, très long, trop long … car l’homme est détestable.
30 novembre 2007
La relance miracle ?
La France s’engage dans une politique de relance du pouvoir d’achat. Un certain nombre de mesures entreront en vigueur au cours de l’année prochaine. Que peut-on en attendre ?
La plus populaire de ces mesures sera, à n’en pas douter, l’indexation des loyers sur l’indice des prix et non plus sur l’indice de la construction. En effet, ce dernier suit une variation homothétique du coût en augmentation des matières premières en général et du pétrole en particulier. L’indice de la construction varie ainsi plus vite que celui des prix, encore que la tendance inflationniste actuelle tend à réduire l'écart. Les locataires vont donc, sinon gagner, du moins préserver une partie de leur pouvoir d’achat.Le pays y gagne-t-il globalement. Certainement pas. Il s’agit d’un transfert de pouvoir d’achat des propriétaires vers les locataires. C’est une mesure qui peut se justifier socialement mais dont l’impact économique restera minime. Toujours dans le domaine de la location, la garantie demandée aux futurs locataires sera réduite de moitié. Là aussi, le bénéfice de cette mesure bénificie au pouvoir d’achat des locataires qui pourront utiliser la somme économisée en consommation. En raisonnant un peu plus loin, les avantages de cette mesure apparaissent limités. En effet, les sommes versées aux propriétaires à titre de garantie étaient destinées normalement à l’épargne, cette dernière bénéficiant à l’investissement par l’intermédiaire du secteur bancaire (en dehors de l’épargne « matelas »). La réduction de la garantie a donc un impact positif sur la consommation mais négatif sur l’investissement.
Ensuite, le combat contre les 35 heures se poursuit en autorisant les entreprises à remettre cette durée du travail en cause avec l’accord avec les partenaires sociaux. Dans une entreprise où la durée légale est de 35 heures et où les salariés travaillent 39 heures, ces derniers reçoivent le versement de 4 heures supplémentaires payées 25% de plus. Si dans cette même entreprise, la durée du travail passe contractuellement de 35 à 39 heures, la différence de quatre heures sera alors payée au tarif des heures normales. Il n’y a pas de gain de pouvoir d’achat pour les salariés, même s’il y a une amélioration de la compétitivité de l’entreprise. De plus, l’allongement de la durée du travail n’a de sens que si elle correspond à un besoin de l’entreprise, c’est-à-dire à une augmentation de son chiffre d’affaires correspondant à une augmentation de sa part de marché. Il est certain que les 35 heures ont lourdement pesé sur l’évolution des salaires. Mais leur remise en cause, voire leur suppression, mettra longtemps à avoir un impact favorable : couper un arbre est beaucoup plus rapide que de le laisser croître !
Il faudrait impérativement remplacer le slogan « travailler plus pour gagner plus » par « trouver des marchés qui permettront de travailler davantage ». Et cela veut dire que la seule véritable solution économique repose sur une politique de l’offre et non pas de la demande.
La plus populaire de ces mesures sera, à n’en pas douter, l’indexation des loyers sur l’indice des prix et non plus sur l’indice de la construction. En effet, ce dernier suit une variation homothétique du coût en augmentation des matières premières en général et du pétrole en particulier. L’indice de la construction varie ainsi plus vite que celui des prix, encore que la tendance inflationniste actuelle tend à réduire l'écart. Les locataires vont donc, sinon gagner, du moins préserver une partie de leur pouvoir d’achat.Le pays y gagne-t-il globalement. Certainement pas. Il s’agit d’un transfert de pouvoir d’achat des propriétaires vers les locataires. C’est une mesure qui peut se justifier socialement mais dont l’impact économique restera minime. Toujours dans le domaine de la location, la garantie demandée aux futurs locataires sera réduite de moitié. Là aussi, le bénéfice de cette mesure bénificie au pouvoir d’achat des locataires qui pourront utiliser la somme économisée en consommation. En raisonnant un peu plus loin, les avantages de cette mesure apparaissent limités. En effet, les sommes versées aux propriétaires à titre de garantie étaient destinées normalement à l’épargne, cette dernière bénéficiant à l’investissement par l’intermédiaire du secteur bancaire (en dehors de l’épargne « matelas »). La réduction de la garantie a donc un impact positif sur la consommation mais négatif sur l’investissement.
Ensuite, le combat contre les 35 heures se poursuit en autorisant les entreprises à remettre cette durée du travail en cause avec l’accord avec les partenaires sociaux. Dans une entreprise où la durée légale est de 35 heures et où les salariés travaillent 39 heures, ces derniers reçoivent le versement de 4 heures supplémentaires payées 25% de plus. Si dans cette même entreprise, la durée du travail passe contractuellement de 35 à 39 heures, la différence de quatre heures sera alors payée au tarif des heures normales. Il n’y a pas de gain de pouvoir d’achat pour les salariés, même s’il y a une amélioration de la compétitivité de l’entreprise. De plus, l’allongement de la durée du travail n’a de sens que si elle correspond à un besoin de l’entreprise, c’est-à-dire à une augmentation de son chiffre d’affaires correspondant à une augmentation de sa part de marché. Il est certain que les 35 heures ont lourdement pesé sur l’évolution des salaires. Mais leur remise en cause, voire leur suppression, mettra longtemps à avoir un impact favorable : couper un arbre est beaucoup plus rapide que de le laisser croître !
Il faudrait impérativement remplacer le slogan « travailler plus pour gagner plus » par « trouver des marchés qui permettront de travailler davantage ». Et cela veut dire que la seule véritable solution économique repose sur une politique de l’offre et non pas de la demande.
22 novembre 2007
Dérive
Un simple rappel : le fascisme se définit comme la dictature d’un parti unique, fut-il minoritaire, dont la méthode de gestion est le corporatisme. Un parti minoritaire qui impose ses vues corporatistes, cela ne vous rappelle rien ? Une minorité d’étudiants qui empêchent le fonctionnement normal de l’enseignement supérieur pour obtenir une garantie de devenir fonctionnaires, une catégorie particulière de cheminots et de conducteurs de métro qui empêchent le fonctionnement du pays tout entier pour préserver des privilèges sociaux, voilà deux exemples qui satisfont complètement à la définition précédente. Comment ne pas être frappé par le fait de voir et d’entendre les syndicats s’enflammer lorsqu’une entreprise licencie une partie de son personnel et de constater que ces mêmes syndicats sont parfaitement indifférents à la faillite de nombreuses petites entreprises due à l’arrêt de travail organisé par eux-mêmes. À quoi sert « la défense du service public » si elle entraîne la perte de travail pour un certain nombre de citoyens ? Où est passée la démocratie lorsqu’une minorité d’étudiants réfute le vote d’une majorité d’entre eux ? Comment appelle-t-on le fait de remplacer la démocratie par la manipulation ? Comment appelle-t-on la remise en cause d’une loi adoptée par le Parlement ? Manifestement, grandit dangereusement une dérive du comportement citoyen qui ébranle les fondements même de la démocratie représentative. La démocratie est fragile mais irremplaçable. À travers le monde, des hommes et des femmes ont perdu leur vie ou leur liberté pour la défendre. Elle ne survit que par l’adhésion sans faille des citoyens ; elle n’a pas d’autres réels moyens de se défendre contre des agressions. C’est pourquoi toute atteinte à son fonctionnement, là où elle existe, est un acte extrêmement grave.
Vous avez dit rénovation ?
Il est certain que le Socialisme français a besoin d’une rénovation profonde. Mais rénovation de quoi ? Avant tout, de sa compréhension du monde. La France socialiste a eu, depuis la Révolution Française, le projet (la prétention ?) d’être un modèle universel, en oubliant deux faits essentiels : premièrement, il a fallu à la France plusieurs siècles pour mettre en place une République démocratique, deuxièmement la culture occidentale n’est pas celle de tous les pays du monde. Ces deux constatations conduisent à une évidence : c’est à la France de s’adapter au monde et non l’inverse. Ce qui ne veut pas dire que la France doit abandonner ses convictions, mais il faut qu’elle cesse de croire qu’elle est un modèle universel et qu’elle tienne compte des contingences créées par l’apparition sur la scène mondiale de nouveaux acteurs puissants et de cultures différentes. Le monde est actuellement gouverné par de puissants intérêts financiers, industriels, commerciaux nés de la volonté des grands pays occidentaux et auxquels veulent participer de nouveaux compétiteurs. Au nom de quoi la France interdirait-elle à ces pays de trouver leur propre voie de développement ? Or, la voie choisie par ces pays est celle de la compétitivité agressive sur les marchés traditionnels des pays développés. Le nouveau socialisme doit aussi se convaincre d’une évidence : ce sont ses entreprises qui créent la richesse d’un pays. Il est donc indispensable, normal et moral qu’une entreprise fasse des profits. Mais devenues incapables de lutter sur le même terrain que les pays émergents à cause des (ou grâce aux) coûts sociaux, les entreprises doivent absolument évoluer. Cette indispensable évolution ne peut avoir lieu qu’à deux conditions : innover pour créer de nouveaux produits et services, adapter l’organisation de l’entreprise à ces nouveaux métiers. L’innovation doit être encouragée par tous les moyens, la France devant impérativement investir de façon massive dans la recherche et dans la R&D. L’adaptation organisationnelle passe par la flexibilité du marché du travail, ce qui, sans langue de bois, veut dire que l’entreprise doit pouvoir adapter sa force de travail sans coûts prohibitifs ; faciliter le licenciement facilite l’embauche, essentiellement dans les PME. Faciliter le licenciement n’est pas synonyme de « lois de la jungle ». Le rôle de l’Etat est de prendre correctement en charge les salariés au chômage pour que ceux-ci reçoivent la formation et l’aide nécessaires pour retrouver le plus rapidement possible un nouveau travail. Ceci suppose que l’on impose aux services de l’Etat concernés d’être efficaces, donc contrôlés et évalués. Le fonctionnariat n’est pas une sinécure ! Mais il reste un obstacle majeur : le comportement réactionnaire et corporatistes des syndicats français qui ne sont représentatifs que d’une minorité de travailleurs. Le Parti Socialiste se pose la question de sa rénovation. La méthode est simple. À condition de ne pas confondre cette rénovation avec la survie des « éléphants », le Parti doit abandonner sa posture actuelle qui consiste à ne critiquer le gouvernement que sur la forme et pratiquement jamais sur le fond. Critiquer le gouvernement est une action légitime d’une opposition. Mais pour que celle-ci soit crédible, il faut impérativement que cette critique s’accompagne d’une analyse objective et non polémique (et parfois fausse) des actions et des choix gouvernementaux et que soient proposées des solutions dont l’efficacité doit être démontrée.
13 novembre 2007
L’agitation estudiantine est-elle inquiétante ?
Quels sont les éléments essentiels de la loi d’autonomie des Universités ? Tout d’abord, le conseil d’administration comprendra des personnalités externes provenant de l’entreprise. Ne devrait-on pas se réjouir de renforcer les liens entre le lieu de formation qu’est l’Université et le monde actif ouvert sur le monde ? N’est-ce pas la meilleure façon d’obtenir l’adéquation entre les savoirs et les compétences recherchées ? La loi prévoit que les Universités pourront se regrouper en établissements afin d’atteindre une taille critique et de mutualiser les moyens. Elle prévoir, ce qui est parfaitement naturel, l’évaluation des enseignants. Elle prévoit d’élargir les compétences de l’administration de l’Université en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines, c'est-à-dire de faire du Président de 'Université un homme pleinement responsable. Pour ouvrir davantage l’Université sur le monde extérieur, la loi prévoit un bureau d’aide à l’insertion des étudiants. Elle prévoit également la possibilité d’un partenariat avec des organismes externes pour créer des fondations à but évidemment non lucratif et fonctionnant par donation. Si l'on veut investir dans les universités françaises, il faut bien aller chercher l'argent là où il se trouve puisque les caisses de l'Etat sont complètement vides ! Les Universités ont également la possibilité de devenir, sans frais, propriétaires des biens mobiliers et immobiliers. Étant devenus propriétaires, les établissements ont la possibilité de transfert de droits à un tiers. On distingue difficilement ce qui, dans ce texte, peut susciter une farouche opposition.
L’agitation étudiante actuelle (Novembre 2007) suscite de profondes interrogations. Tout d’abord, l’aspect fourre-tout des revendications qui mélangent sans vergogne la contestation de la loi sur l’autonomie des Universités (dont je suis prêt à parier qu’une minorité des étudiants a pris connaissance !), des régimes spéciaux, du pouvoir d’achat des fonctionnaires, de la réforme judiciaire, des franchises médicales montre à l’évidence qu’il s’agit là d’une manifestation purement politique, c’est-à-dire une contestation non déguisée du Président de la République. Cette agitation est donc anti-démocratique, en ce sens qu’elle conteste le choix de la majorité des Français. Cet aspect non démocratique est renforcé par le fait que le blocage des Universités est le fait d’une toute petite minorité d’étudiants politisés (et manipulés ?) renforcés par des éléments extérieurs à l'université et provenant vraisemblablement de l'extrême gauche et qui refusent le verdict des urnes qui demande de lever le blocage des établissements. Ensuite, si l’on met en parallèle le fait que le refus de la loi sur les Universités (portant essentiellement sur la sélection et la synergie avec les entreprises) avec les motifs avancés par les manifestants axés essentiellement sur des catégories sociales de fonctionnaires ou assimilés, on ne peut que constater la concordance entre la nature de ces revendications et le fait qu’une presque majorité des étudiants ont l’objectif de devenir eux-mêmes fonctionnaires. Quel est l’avenir d’un pays où la jeunesse ne rêve que d’un travail, certes sécurisé, mais qui n’enrichit absolument pas le pays et qui ne peut qu’aggraver ses difficultés ? Déni de démocratie et manque d’ambition, tels sont les caractéristiques de l’agitation estudiantine. Elle est donc inquiétante.
L’agitation étudiante actuelle (Novembre 2007) suscite de profondes interrogations. Tout d’abord, l’aspect fourre-tout des revendications qui mélangent sans vergogne la contestation de la loi sur l’autonomie des Universités (dont je suis prêt à parier qu’une minorité des étudiants a pris connaissance !), des régimes spéciaux, du pouvoir d’achat des fonctionnaires, de la réforme judiciaire, des franchises médicales montre à l’évidence qu’il s’agit là d’une manifestation purement politique, c’est-à-dire une contestation non déguisée du Président de la République. Cette agitation est donc anti-démocratique, en ce sens qu’elle conteste le choix de la majorité des Français. Cet aspect non démocratique est renforcé par le fait que le blocage des Universités est le fait d’une toute petite minorité d’étudiants politisés (et manipulés ?) renforcés par des éléments extérieurs à l'université et provenant vraisemblablement de l'extrême gauche et qui refusent le verdict des urnes qui demande de lever le blocage des établissements. Ensuite, si l’on met en parallèle le fait que le refus de la loi sur les Universités (portant essentiellement sur la sélection et la synergie avec les entreprises) avec les motifs avancés par les manifestants axés essentiellement sur des catégories sociales de fonctionnaires ou assimilés, on ne peut que constater la concordance entre la nature de ces revendications et le fait qu’une presque majorité des étudiants ont l’objectif de devenir eux-mêmes fonctionnaires. Quel est l’avenir d’un pays où la jeunesse ne rêve que d’un travail, certes sécurisé, mais qui n’enrichit absolument pas le pays et qui ne peut qu’aggraver ses difficultés ? Déni de démocratie et manque d’ambition, tels sont les caractéristiques de l’agitation estudiantine. Elle est donc inquiétante.
12 novembre 2007
Lettre à la CGT
Voici la lettre que j'envoie aujourd'hui à la CGT.
Monsieur le secrétaire général,
Je n’attends pas de réponse de votre part, à cette lettre comme à mes cinq précédents courriers. Je dois me rendre à l’évidence que les seuls interlocuteurs auxquels vous consentez de parler sont les hommes politiques et les journalistes. Vous soignez votre carnet d’adresse en faisant fi des gens du peuple dont je m’enorgueillis de faire partie. Ce courrier a pour objet de vous faire part de l’écœurement d’un grand nombre de français devant l’attitude et le discours de votre délégué à la SNCF. L’hypocrisie du discours, la volonté évidente de ne pas vouloir répondre clairement aux questions posées, la lâcheté (bien classique) qui consiste à nier la responsabilité de votre syndicat en la rejetant, comme d’habitude, sur le gouvernement, tout cela renforce le sentiment que les syndicats français sont les pires des réactionnaires. J’ai cotisé pendant quarante ans et j’ai eu un travail extrêmement pénible et stressant. Mettre en avant la pénibilité du travail des cheminots pour refuser l’allongement de la durée de cotisation a quelque chose d’écœurant. Je vous conseille d’aller voir les services hospitaliers des urgences et de vous intéresser aux infirmières ; vous aurez alors une plus juste appréciation de ce qu’est un travail pénible. Vous défendez l’indéfendable en pénalisant lourdement la population des travailleurs par votre action injustifiable. Je me demande si des préoccupations purement électorales ne constituent pas le réel fondement de cette grève.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de mes sentiments écœurés.
Monsieur le secrétaire général,
Je n’attends pas de réponse de votre part, à cette lettre comme à mes cinq précédents courriers. Je dois me rendre à l’évidence que les seuls interlocuteurs auxquels vous consentez de parler sont les hommes politiques et les journalistes. Vous soignez votre carnet d’adresse en faisant fi des gens du peuple dont je m’enorgueillis de faire partie. Ce courrier a pour objet de vous faire part de l’écœurement d’un grand nombre de français devant l’attitude et le discours de votre délégué à la SNCF. L’hypocrisie du discours, la volonté évidente de ne pas vouloir répondre clairement aux questions posées, la lâcheté (bien classique) qui consiste à nier la responsabilité de votre syndicat en la rejetant, comme d’habitude, sur le gouvernement, tout cela renforce le sentiment que les syndicats français sont les pires des réactionnaires. J’ai cotisé pendant quarante ans et j’ai eu un travail extrêmement pénible et stressant. Mettre en avant la pénibilité du travail des cheminots pour refuser l’allongement de la durée de cotisation a quelque chose d’écœurant. Je vous conseille d’aller voir les services hospitaliers des urgences et de vous intéresser aux infirmières ; vous aurez alors une plus juste appréciation de ce qu’est un travail pénible. Vous défendez l’indéfendable en pénalisant lourdement la population des travailleurs par votre action injustifiable. Je me demande si des préoccupations purement électorales ne constituent pas le réel fondement de cette grève.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de mes sentiments écœurés.
07 novembre 2007
Non par principe ?
L’actuel Président de la République a été élu sur un programme de changements annoncés. Actuellement, il les met en œuvre. Seulement, il est un point qu’il a manifestement sous-estimé. Tant qu’il s’agit de projets lointains, la majorité des Français est d’accord d’autant plus qu’ils ne sont pas directement concernés. Mais, lorsqu’un projet commence, immédiatement se manifeste une virulente résistance au changement. Les acteurs concernés par le changement sont soudainement en opposition :
Le CSM est opposé à la révision de la carte judiciaire, les maires sont opposés à une modification du nombre d’hôpitaux, les internes en médecine s’opposent aux mesures incitatives à l’installation dans les zones médicalement désertiques, les fonctionnaires combattent la réorganisation de la fonction publique, les salariés concernés par les régimes spéciaux de retraite fustigent les orientations gouvernementales concernant ces régimes, l’autonomie des Université est combattue par les syndicats d’étudiants, les médecins s’opposent aux nouvelles modalités de financement de la Sécurité Sociale, les salariés de l’ANPE et de l’UNEDIC refusent la fusion des deux organismes, les agriculteurs ne veulent pas d’une interdiction des pesticides, les entrepreneurs de transport sont contre toute taxe verte, l’ouverture du ciel corse à la concurrence provoque la colère de la CCM, les professeurs s’opposent à l’allègement des programmes scolaires du secondaire, l’opposition politique vitupère contre la réduction d’impôts, Mr.Noël Mamère est contre tout.
Finalement, les Français ont voté pour le changement … pour les autres et à condition que rien ne change pour eux-mêmes.
Le CSM est opposé à la révision de la carte judiciaire, les maires sont opposés à une modification du nombre d’hôpitaux, les internes en médecine s’opposent aux mesures incitatives à l’installation dans les zones médicalement désertiques, les fonctionnaires combattent la réorganisation de la fonction publique, les salariés concernés par les régimes spéciaux de retraite fustigent les orientations gouvernementales concernant ces régimes, l’autonomie des Université est combattue par les syndicats d’étudiants, les médecins s’opposent aux nouvelles modalités de financement de la Sécurité Sociale, les salariés de l’ANPE et de l’UNEDIC refusent la fusion des deux organismes, les agriculteurs ne veulent pas d’une interdiction des pesticides, les entrepreneurs de transport sont contre toute taxe verte, l’ouverture du ciel corse à la concurrence provoque la colère de la CCM, les professeurs s’opposent à l’allègement des programmes scolaires du secondaire, l’opposition politique vitupère contre la réduction d’impôts, Mr.Noël Mamère est contre tout.
Finalement, les Français ont voté pour le changement … pour les autres et à condition que rien ne change pour eux-mêmes.
02 novembre 2007
L’Arche du scandale
Maintenant que le côté obscur de l’affaire de l’Arche de Zoé s’éclaire peu à peu et qu’il apparaît qu’il s’agit d’une arnaque, même si ses auteurs ont agi avec les meilleures intentions du monde, il reste des interrogations sans réponse aujourd’hui.
Tout d’abord, comment a-t-on pu obtenir des parents de ces enfants (puisqu’il ne s’agit pas d’orphelins) qu’ils les confient à cette organisation ? Que leur a-t-on dit, que leur a-t-on promis ? Les a-t-on payé ? Lorsque l’on sait que la famille est une notion importante en Afrique où les liens familiaux sont extrêmement forts, quels arguments l’organisation a-t-elle avancé pour obtenir que les parents lui confie leurs enfants ?
Ensuite, il est invraisemblable qu’une telle opération ait pu être organisée sans contact entre l’ONG et le gouvernement tchadien. La réaction outrageusement indignée du Président tchadien n’est rien moins que suspecte.
Et encore, les familles d’accueil pressenties ont juré qu’il ne s’agissait pas d’adoption. Se pose alors une double question. Ou bien, les enfants étaient des orphelins et s’il n’était pas question d’adoption, que comptaient faire ces familles des enfants dans l’avenir ? Ou bien ces enfants n’étaient pas des orphelins et qu’auraient fait les familles d’accueil lorsqu’elles se seraient aperçues de cela ?
Enfin, un certain nombre d’hommes politiques ont été prompts à s’élever contre l’attitude du gouvernement qui abandonnait ses ressortissants au prétexte que ce dernier condamnait sans détour toute cette opération. Maintenant que l’on sait qu’il ne s’agissait pas d’orphelins, qu’il ne s’agissait pas d’enfants du Darfour, que l’Arche de Zoé a usurpé l’identité d’une autre ONG pour obtenir les autorisations nécessaires à ses déplacements, pourquoi ces mêmes politiques ne font-ils pas amende honorable ? L’honnêteté intellectuelle est une denrée rare ! On peut penser que les hommes et femmes de l’Arche de Zoé étaient pleins de bonnes intentions, mais cette histoire montre que le volontarisme humanitaire est dangereux lorsqu’il n’est pas celui de professionnels. Cet amateurisme est d’autant plus condamnable qu’il s’agit ici de petits enfants.
Tout d’abord, comment a-t-on pu obtenir des parents de ces enfants (puisqu’il ne s’agit pas d’orphelins) qu’ils les confient à cette organisation ? Que leur a-t-on dit, que leur a-t-on promis ? Les a-t-on payé ? Lorsque l’on sait que la famille est une notion importante en Afrique où les liens familiaux sont extrêmement forts, quels arguments l’organisation a-t-elle avancé pour obtenir que les parents lui confie leurs enfants ?
Ensuite, il est invraisemblable qu’une telle opération ait pu être organisée sans contact entre l’ONG et le gouvernement tchadien. La réaction outrageusement indignée du Président tchadien n’est rien moins que suspecte.
Et encore, les familles d’accueil pressenties ont juré qu’il ne s’agissait pas d’adoption. Se pose alors une double question. Ou bien, les enfants étaient des orphelins et s’il n’était pas question d’adoption, que comptaient faire ces familles des enfants dans l’avenir ? Ou bien ces enfants n’étaient pas des orphelins et qu’auraient fait les familles d’accueil lorsqu’elles se seraient aperçues de cela ?
Enfin, un certain nombre d’hommes politiques ont été prompts à s’élever contre l’attitude du gouvernement qui abandonnait ses ressortissants au prétexte que ce dernier condamnait sans détour toute cette opération. Maintenant que l’on sait qu’il ne s’agissait pas d’orphelins, qu’il ne s’agissait pas d’enfants du Darfour, que l’Arche de Zoé a usurpé l’identité d’une autre ONG pour obtenir les autorisations nécessaires à ses déplacements, pourquoi ces mêmes politiques ne font-ils pas amende honorable ? L’honnêteté intellectuelle est une denrée rare ! On peut penser que les hommes et femmes de l’Arche de Zoé étaient pleins de bonnes intentions, mais cette histoire montre que le volontarisme humanitaire est dangereux lorsqu’il n’est pas celui de professionnels. Cet amateurisme est d’autant plus condamnable qu’il s’agit ici de petits enfants.
01 novembre 2007
Où est passée l’économie de marché ?
Le pétrole flambe, ce qui est bien naturel, en somme. Ce qui l’est moins, c’est la raison de cet état de fait. En un an, le prix du baril de pétrole a pratiquement doublé. Certes, la ressource s’amenuise et ce qui est rare est cher. Comme, aujourd’hui, un pétrole bon marché est rare, le pétrole bon marché est donc cher ! Or, il n’y a pas moins de pétrole aujourd’hui qu’il y a un an. Il n’y a pas de nouvelles guerres non plus, à part quelques bruits de bottes, prétexte toujours évoqué pour justifier, sinon pour expliquer, une hausse du prix du pétrole. Il n’y a pas davantage de catastrophes naturelles menaçant les installations pétrolifères au large du Mexique. L’expansion énergétique de la Chine est essentiellement basée sur l’exploitation du charbon, effet de serre oblige. Il est donc difficile d’identifier la cause de cette hausse spectaculaire du prix du baril qui a joyeusement pris son envol vers les 120 dollars. Si ce n’est ni la rareté accrue, ni la destruction des installations, ni les guerres et autres tensions internationales, pas plus nombreuses aujourd’hui qu’il y a un an, que reste-t-il ? La spéculation financière. Le jeu consiste à jouer le prix du pétrole à la hausse, c’est-à-dire acheter aujourd’hui pour revendre demain plus cher, ce qui effectivement provoque la hausse. C’est un mouvement qui s’auto-entretient. Et, dans cette frénésie spéculative, sans création de richesse véritable, un petit nombre s’enrichit, essentiellement les fonds spéculatifs et souverains, au détriment du plus grand nombre. Il est à prévoir que ce mouvement spéculatif va s’étendre à l’ensemble des matières premières et aux céréales. Où est passée la « main invisible » d’Adam Smith ? Il faut également garder à l’esprit qu’une spéculation frénétique crée ce que les économistes appellent « une bulle » dont le destin est d’éclater. Lorsque la bulle pétrolière éclatera, celle d’Internet passera alors pour une petite plaisanterie.
29 octobre 2007
Des juges sous influence ?
Les affaires d’Outreau et Agnelet conduisent tout citoyen à s’interroger sur le fonctionnement de la justice. La première affaire pose clairement deux problèmes : la solitude du juge d’instruction et la réforme de la carte judiciaire ; la seconde celle de la responsabilité du juge d’instruction.
La carte judiciaire date de 1926 et a été révisée en 1958. Aucune modification n’a été faite depuis. Or la démographie et la répartition de la population a profondément changé. L’urbanisation massive a dépeuplé les zones campagnardes et la justice reste physiquement absente de bien des zones urbaines périphériques aux grandes villes. Aujourd’hui, une cinquantaine de petits tribunaux de Grande Instance ont une activité qui représente celle de la moitié d’un juge ! Le regroupement des tribunaux paraît être l’application du simple bon sens pour éviter la déréliction d’un juge inexpérimenté pouvant conduire aux pires erreurs judiciaires comme le montre l’affaire d’Outreau. Bien entendu, les magistrats (et les avocats) ne sont pas d’accord. Les arguments captieux avancés ne manquent pas de piquant. Le premier est de dire que si le tribunal est éloigné, le justiciable ne pourra s’y rendre et sera donc condamné par défaut !! Il faut savoir que nombre de petits tribunaux sont distants d’une dizaine de kilomètres du tribunal voisin … Il est d’ailleurs prévu que le juge pourra se déplacer jusqu’au justiciable si cela s’avère nécessaire aux besoins de l’instruction. Un autre argument avance que, dans un petit tribunal, le juge d’instruction est plus proche de la population car il connaît tout le monde !! Cette connivence ne risque-t-elle pas de mettre en cause l’impartialité du juge qui doit instruire tant à charge qu’à décharge ? Il faut savoir également que les juges d’instruction (et les avocats) des tribunaux menacés de disparition sont souvent de futurs candidats aux prochaines élections municipales !
Le jugement de l’affaire Agnelet (le casino de Nice) pose clairement le problème de la connivence. En première instance, à Nice, le jury populaire a acquitté Mr. Agnelet dans l’accusation d’assassinat de sa maîtresse. En appel, à Aix-en-Provence, le même Agnelet a été condamné à 20 ans de prison ferme, c’est-à-dire la peine maximale encourue. On peut reprendre l’argument avancé plus haut et se demander si le juge d’instruction du tribunal de Nice ne connaissait pas un peu trop bien les protagonistes (visibles et cachés) de l’affaire pour pouvoir influencer les jurés ! Quelles influences et quelles pressions se sont exercées sur ce juge de Nice ?
Ces deux affaires pointent d’un doigt de plus en plus précis la responsabilité du juge. Or, devant un risque sociétal de complexité croissante, le juge devient de plus en plus demandeur de lois et de normes. Or, ces lois ne peuvent juger que l’acte, et non l’homme, en s’appuyant sur les statistiques et les probabilités pour normaliser le système judiciaire. Cette dérive, paradoxalement, déresponsabilise le juge qui peut ainsi s’abriter derrière les chiffres pour justifier son action. Comme tout citoyen, le juge doit être pleinement responsable de ses actes et la loi ne doit pas lui permettre de s’en absoudre.
La carte judiciaire date de 1926 et a été révisée en 1958. Aucune modification n’a été faite depuis. Or la démographie et la répartition de la population a profondément changé. L’urbanisation massive a dépeuplé les zones campagnardes et la justice reste physiquement absente de bien des zones urbaines périphériques aux grandes villes. Aujourd’hui, une cinquantaine de petits tribunaux de Grande Instance ont une activité qui représente celle de la moitié d’un juge ! Le regroupement des tribunaux paraît être l’application du simple bon sens pour éviter la déréliction d’un juge inexpérimenté pouvant conduire aux pires erreurs judiciaires comme le montre l’affaire d’Outreau. Bien entendu, les magistrats (et les avocats) ne sont pas d’accord. Les arguments captieux avancés ne manquent pas de piquant. Le premier est de dire que si le tribunal est éloigné, le justiciable ne pourra s’y rendre et sera donc condamné par défaut !! Il faut savoir que nombre de petits tribunaux sont distants d’une dizaine de kilomètres du tribunal voisin … Il est d’ailleurs prévu que le juge pourra se déplacer jusqu’au justiciable si cela s’avère nécessaire aux besoins de l’instruction. Un autre argument avance que, dans un petit tribunal, le juge d’instruction est plus proche de la population car il connaît tout le monde !! Cette connivence ne risque-t-elle pas de mettre en cause l’impartialité du juge qui doit instruire tant à charge qu’à décharge ? Il faut savoir également que les juges d’instruction (et les avocats) des tribunaux menacés de disparition sont souvent de futurs candidats aux prochaines élections municipales !
Le jugement de l’affaire Agnelet (le casino de Nice) pose clairement le problème de la connivence. En première instance, à Nice, le jury populaire a acquitté Mr. Agnelet dans l’accusation d’assassinat de sa maîtresse. En appel, à Aix-en-Provence, le même Agnelet a été condamné à 20 ans de prison ferme, c’est-à-dire la peine maximale encourue. On peut reprendre l’argument avancé plus haut et se demander si le juge d’instruction du tribunal de Nice ne connaissait pas un peu trop bien les protagonistes (visibles et cachés) de l’affaire pour pouvoir influencer les jurés ! Quelles influences et quelles pressions se sont exercées sur ce juge de Nice ?
Ces deux affaires pointent d’un doigt de plus en plus précis la responsabilité du juge. Or, devant un risque sociétal de complexité croissante, le juge devient de plus en plus demandeur de lois et de normes. Or, ces lois ne peuvent juger que l’acte, et non l’homme, en s’appuyant sur les statistiques et les probabilités pour normaliser le système judiciaire. Cette dérive, paradoxalement, déresponsabilise le juge qui peut ainsi s’abriter derrière les chiffres pour justifier son action. Comme tout citoyen, le juge doit être pleinement responsable de ses actes et la loi ne doit pas lui permettre de s’en absoudre.
23 octobre 2007
Le je-m’en-foutisme franchouillard
La Grèce s’est embrasée, la Californie brûle, l’Asie du Sud se noie, les pôles fondent, la planète se convulse dans les affres du changement climatique. On a demandé aux Français un tout petit geste personnel, non pas pour faire des économies d’énergie, mais simplement pour montrer leur solidarité avec le sauvetage de la Terre sur laquelle devront vivre nos enfants et nos petits-enfants. Il leur était demandé d’éteindre leurs lumières pendant cinq minutes. De mon balcon, après avoir éteint toutes mes lumières, j’ai regardé mon quartier. Et il ne s’est absolument rien passé. Pas une lumière ne s’est éteinte. Pas une fenêtre, pas un lampadaire, pas un panneau publicitaire ne s’est éteint. De mon balcon, j’ai longuement contemplé l’égoïsme de mes concitoyens. Décidément, la solidarité et le sens de l’intérêt général ne sont pas la tasse de thé des Français. Sensibles uniquement aux intérêts personnels et égoïstes, les syndicats l’ont bien compris qui jouent fortement sur cette corde électorale juste avant les prochaines élections syndicales. Défendre contre le plus élémentaire bon sens une retraite à un âge injustifié est beaucoup plus important pour les Français que de transmettre à leurs enfants une planète en bon état. S’insurger contre l’augmentation du prix de la baguette est plus légitime que d’admettre de réduire de 10 kilomètres-heure la vitesse de leur véhicule. Je crains bien que les générations à venir nous en veuillent terriblement.
22 octobre 2007
Guy Môquet (suite … et fin)
Le 22 Octobre à 20 heures.
La France a manqué l’opportunité de faire réfléchir toute sa jeunesse, pendant une petite heure, sur son histoire et de la détourner ainsi un moment de la « peoplisation » médiatique qui envahit la presse et la télévision à longueur de journée. La France en serait sortie grandie. Malheureusement, l’idéologie partisane et les réflexes corporatistes et mortifères qui sévissent au sein de l’Education Nationale ne l’ont pas permis. Plutôt que de faire œuvre pédagogique, une partie de l’Education Nationale a choisi la polémique stérile au nom d’une posture d’indépendance faussement outragée. Est-il plus légitime de faire défiler l’armée française le 14 Juillet en souvenir de la révolution de 1789 ? Pourquoi le fait de ranimer le souvenir des martyrs de 17 ans pendant la dernière guerre, à travers la lettre de Guy Môquet, serait-il moins légitime ? La lecture de cette lettre aurait dû permettre aux enseignants de parler également d’Honoré d’Estienne d’Orves, de Jean Moulin, de Pierre Brossolette et de bien d’autres. Mais la vérité est toute simple : les enseignants sont, par idéologie, anti-gouvernementaux ce qui leur ôte toute capacité d’analyse objective. Les enseignants ont gagné une bataille médiatique, mais ils ont perdu une guerre morale. Finalement, un enfant de 17 ans sur le point d’être fusillé a plus de grandeur d’âme et de noblesse que les enseignants qui ont cherché désespérément des arguties pour expliquer leur refus de lecture.
La France a manqué l’opportunité de faire réfléchir toute sa jeunesse, pendant une petite heure, sur son histoire et de la détourner ainsi un moment de la « peoplisation » médiatique qui envahit la presse et la télévision à longueur de journée. La France en serait sortie grandie. Malheureusement, l’idéologie partisane et les réflexes corporatistes et mortifères qui sévissent au sein de l’Education Nationale ne l’ont pas permis. Plutôt que de faire œuvre pédagogique, une partie de l’Education Nationale a choisi la polémique stérile au nom d’une posture d’indépendance faussement outragée. Est-il plus légitime de faire défiler l’armée française le 14 Juillet en souvenir de la révolution de 1789 ? Pourquoi le fait de ranimer le souvenir des martyrs de 17 ans pendant la dernière guerre, à travers la lettre de Guy Môquet, serait-il moins légitime ? La lecture de cette lettre aurait dû permettre aux enseignants de parler également d’Honoré d’Estienne d’Orves, de Jean Moulin, de Pierre Brossolette et de bien d’autres. Mais la vérité est toute simple : les enseignants sont, par idéologie, anti-gouvernementaux ce qui leur ôte toute capacité d’analyse objective. Les enseignants ont gagné une bataille médiatique, mais ils ont perdu une guerre morale. Finalement, un enfant de 17 ans sur le point d’être fusillé a plus de grandeur d’âme et de noblesse que les enseignants qui ont cherché désespérément des arguties pour expliquer leur refus de lecture.
Guy Môquet ou l’histoire oubliée
Le 22 Octobre 1941, Guy Môquet, alors âgé de 17 ans, est fusillé par les nazis. Le 22 Octobre 2007, sur demande du Président de la République, la lettre émouvante que le jeune fusillé a écrite à ses parents juste avant sa mort sera lue dans les établissements d’enseignement. Ou plutôt dans la plupart de ces établissements. Je me demande ce qui peut bien motiver le refus de certains enseignants, poussés par leur syndicat, pour refuser cette lecture. La seule lecture de cette lettre omet de donner le contexte historique de l’événement, telle est l’explication fournie. Mais qui empêche de fournir, en complément de la lecture de la lettre, toutes les informations utiles pour expliquer ce contexte ? Qui ou quoi ? Le contexte ne gênerait-il pas certains enseignants ? En effet, Guy Môquet fut arrêté par la police française le 13 Octobre 1940, sur dénonciation, déjà si fréquente ! Fils du député communiste Prosper Môquet, il soutient son père dans le refus de ce dernier de condamner le pacte germano-soviétique signé en Août 1939, ce qui provoquera l’invalidation de son élection, alors que le Parti Communiste est dissous par le Conseil des Ministres le 26 Septembre 1939 ouvrant la chasse de la Police Française. Durant cette année 1940, on ne saurait oublier l’attitude stalinienne et abstruse (l’aveuglement étant toujours incompréhensible) du Parti Communiste le conduisant à condamner la guerre anglo-française comme étant une guerre « impérialiste », attitude qui perdura jusqu’à l’invasion de la Russie par Hitler et la rupture du pacte germano-soviétique durant l’été 1941. Ainsi, le jeune Guy Môquet ne fut pas arrêté pour fait de Résistance, mais pour son attachement à un Parti Communiste interdit dont l’attitude était alors pour le moins trouble et ambiguë. Cette histoire, que le Parti a toujours voulu faire oublier, fait partie du contexte et la glorification actuelle du jeune Guy Môquet par ce dernier n’est autre qu’une démarche cathartique. Et ce contexte peut être encore gênant pour certains. Mais il y a peut-être un autre motif plus simple, mais encore plus méprisable, pour expliquer le refus de la lecture de la lettre : la demande provient du Président de la République.
18 octobre 2007
Infamie !!
Le théâtre du Rond-Point des Champs Elysées vient de passer une annonce d’embauche d’intermittents du spectacle proposant un CDD de 1 jour pour son prochain spectacle. Cette annonce précise que le théâtre recherche 15 jeunes femmes, chacune pour une seule représentation, pour un rôle de figurante et acceptant de se faire raser les cheveux pendant la représentation !! Comment se peut-il qu’un directeur de théâtre envisage une telle mise en scène qui rappelle les camps de concentration et les jours les plus sombres de l’épuration ! Faut-il être dans un état de déchéance total pour accepter un tel contrat ! Il se trouvera sûrement des jeunes femmes dans un état de détresse tel qu’elles accepteront cette infâme mise en scène. Et c’est sur cette détresse que le metteur en scène va bâtir son spectacle.
Peut-on espérer que, devant un tel scandale, les spectateurs boycotteront la représentation ?
Peut-on espérer que, devant un tel scandale, les spectateurs boycotteront la représentation ?
15 octobre 2007
La politique des mots
Détail, karcher, racaille, dégueulasse, salope, rigueur … Les médias, n’ayant rien de sérieux à dire, n’ont plus que les mots utilisés, sortis de leur contexte, pour développer leurs fausses analyses, réduites ainsi au minimum vital. En une semaine, les journalistes ont développé leurs minables idées sur le thème du mot « dégueulasse » une bonne cinquantaine de fois, sur les ondes, dans les journaux et à la télévision.. Faut-il qu’ils n’aient rien à dire !! Et, bien entendu, il se trouve des hommes politiques, opportunistes et « suivistes », pour enfourcher le même cheval médiatique. Ils se sont rués sur le mot rigueur pour hurler au sacrifice des masses laborieuses, faisant semblant d’oublier que rigueur et rigoureux sont de la même famille. À la recherche obstinée de la notoriété, on entend même des soi-disant intellectuels surenchérir dans le vocabulaire : minable, petit con, etc…, fleurissent à longueur d’interview.
L’analyse est réduite au simple jeu des mots.
L’analyse est réduite au simple jeu des mots.
14 octobre 2007
L’ADN immoral
La pauvreté s’aggrave et elle se révolte. Les enfants meurent de faim, de soif ou de maladies disparues depuis longtemps des pays développés. Il est légitime que l’homme fuie la misère, la peur ou la guerre. De plus, et très souvent, les pays source de l’immigration sont des pays où l’esprit de famille est extrêmement développé, des pays où l’adoption des orphelins est naturelle, des pays où, lorsque le chef de famille s’est installé ailleurs, il est nécessaire de regrouper toute la famille. Que seraient devenus, par exemple, les orphelins du massacre du Rwanda s’ils n’avaient été adoptés ? Mais aujourd’hui, tous les pays occidentaux se protègent de l’immigration non contrôlée, c’est-à-dire irrégulière et illégale au regard de leurs lois. Mais ces mêmes lois permettent à certains immigrants de faire venir légalement les membres de leur famille ; c’est le regroupement familial. Il faut donc, non seulement combattre avec vigueur l’immigration clandestine, mais également rendre plus difficile l’application de la loi. C’est ce qui a justifié le recours aux tests ADN pour prouver la filiation parentale. Pour qu’un immigrant ait le droit de faire venir ses enfants, il faut qu’il soit prouvé génétiquement qu’il s’agit bien des siens. Imagine-t-on, au sein d’une famille recomposée, de faire le tri entre les frères et sœurs, pour désigner ceux qui auront le droit de retrouver leurs parents et ceux à qui ce droit sera refusé ? Le recours à la génétique, utilisée jusqu’à présent en France uniquement pour combattre la criminalité, ravale au rang de criminel un homme ou une femme qui cherchent seulement à retrouver ses enfants. Quel est l’enjeu ? De cinq à six milles enfants par ans, parmi lesquels une minorité seulement est extra-familiale. Une petite dizaine de pays occidentaux utilisent ces tests. Ceux-ci ont été mis en place sans débat public. Doit-on regretter qu’il n’en soit pas de même en France ? De plus, on ne peut écarter l’idée qu’un enfant non admis en France à la suite de ces tests sera « marqué » par son illégitimité génétique officiellement reconnue. Cela rappelle d’autres temps où certaine catégorie de la population devait arborer une marque distinctive infâme. Le décryptage de l’ADN est un réel progrès scientifique. Mais le divorce entre le progrès et la morale serait gravement engagé si une telle mesure était finalement adoptée.
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