08 août 2011

Les prédateurs

Dix fois par jour, les médias parlent des « marchés ». Ceux-ci sont omniprésents dans les actualités économiques et politiques. Ce sont les marchés, selon l’inquiétude ou la confiance, qui décident des évolutions économiques des nations. Mais qui sont ces « marchés » ? Il s’agit, en fait, des marchés financiers et des matières premières, c’est-à-dire des spéculateurs qui se cachent dans les organismes financiers divers (fonds de pension, hedge founds, banques et officines de placements et leurs traders, …). On nous explique que « les marchés » sont inquiets et, donc, que la Bourse baisse. Or, ces spéculateurs, jouant à la baisse, gagnent beaucoup d’argent lorsque, effectivement, les actions boursières perdent de la valeur comme c’est le cas depuis quelques jours. Et ces profits sont rapidement mis à l’abri dans l’un des nombreux paradis fiscaux qui pullulent sur la planète. Le code du commerce interdit la vente à perte. Pourquoi n’interdit-on pas la spéculation à la baisse ? Certes, le premier point est national, le second est international. Mais un organisme tel l’OMC joue un rôle mondial sur les pratiques commerciales. Pourquoi n’y aurait-il pas un organisme mondial en charge de la surveillance de la spéculation et des pratiques financières ? À côté des spéculateurs, d’autres acteurs viennent troubler la vie des citoyens du monde. Ce sont les agences de notation Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s. Voilà des individus qui portent des jugements sur les économies nationales et que le monde entier vénère comme des oracles. Or, que se passe-t-il ? Ces agences, jugeant que tel ou tel pays supporte une dette excessive, portent alors sur ce pays un jugement négatif qui pousse le pays incriminé à prendre des mesures restrictives et d’économie. Le jugement négatif porté par ces agences a un effet immédiat sur les taux d’intérêt que les banques, toujours prêtes à flairer la bonne affaire, imposent au pays emprunteur et à ses citoyens, rendant encore plus difficile le remboursement de la dette. D’où, mécaniquement, une réduction de la consommation et un ralentissement de l’économie nationale. Les mêmes agences émettent alors de nouvelles réserves sur le pays qui prend de telles mesures au prétexte que ces mesures vont réduire la croissance attendue ! On croit rêver, mais c’est, hélas, la réalité. Les dirigeants politiques, quant à eux, se montrent impuissants devant la prédation des spéculateurs et les comportements de pompier pyromane des agences de notation. Ils restent hésitants, voire pusillanimes, devant la crise dans laquelle est plongée l’Europe, enlisés qu’ils sont par leur préoccupations électorales de court terme et par le scepticisme et l’égoïsme croissants des peuples européens.

31 juillet 2011

Comparaison n’est-elle pas raison ?

Voilà deux affaires qui ont fait le tour du monde : l’affaire DSK et la folie meurtrière de Behring Breivik. Et pourtant, quelles différences de traitement médiatique ! L’arrestation de DSK, mise ne scène et passée en boucle sur toutes les télévisions du monde et dans toutes les pages Internet de la planète, a été suivie d’un traitement médiatique effréné qui a mobilisé, et mobilise encore, toutes les associations corporatistes et féministes françaises et américaines. Chaque semaine, chaque jour, des articles fleurissent dans les hebdomadaires. Quelle est la raison profonde d’une telle médiatisation : le viol ou la personnalité internationale de DSK ? Il est légitime de se poser cette question lorsque l’on compare avec ce qui s’est passé lors du carnage, car c’est bien le mot, de la fusillade d’Utoeya à Oslo. L’individu (on ne peut pas parler d’être humain) Behring Breivik a rassemblé des jeunes gens autour de lui puis les a froidement abattus au fusil-mitrailleur, regrettant de n’avoir fait QUE 77 morts. Quelle place a-t-on donné à cette effroyable tuerie effectuée par un adepte des thèses de l’extrême droite européenne ? Traitée comme un simple fait divers par les médias, notamment français et américains, l’information a rapidement disparu et n’a suscité que peu de commentaires. La mort de 77 jeunes est-elle moins médiatique que la mise en accusation d’un « gros poisson » politique ? Utoeya donne 2 millions d’occurrences dans Google, DSK en donne 20 fois plus ! La montée inquiétante de l’extrémisme de droite en Europe, notamment du Nord, n’est-elle pas un sujet suffisamment mobilisateur pour les médias ? Cela donne l’impression que la morale sert de paillasson au marketing.

20 juillet 2011

L’Allemagne quitte l’Euro ?

L’Europe est un patchwork d’égoïsmes nationaux que les atermoiements des gouvernements européens au sujet de la dette grecque mettent magistralement en lumière, paticulièrement l’attitude de la Chancelière allemande, toujours en retrait devant toute avancée vers une meilleure coordination des économies européennes. La dette grecque, qui semble un problème insurmontable, n’en serait pas un si l’Europe était fédérale. Dans un tel système, en effet, l’Europe fédérale apparaîtrait alors comme ayant l’état financier le plus sain du monde. Malheureusement, cela restera une utopie pour très longtemps encore. Et ceci, pour une raison majeure. En effet, deux modèles économiques très différents coexistent en Europe. L’un basé sur croissance tirée par les exportations, l’autre par la consommation intérieure. Le premier modèle regroupe, entre autres, l’Allemagne, l’Autriche et le Benelux. L’autre regroupe, principalement, la France, l’Espagne et l’Italie. Deux remarques s’imposent immédiatement. La première est que la spéculation internationale s’attaque à ce dernier groupe dont le modèle économique lui semble logiquement le plus fragile. La seconde est qu’une croissance basée principalement sur la consommation permet aux politiques et aux syndicats de tenir un discours électoraliste, basé sur l’augmentation des salaires et des revenus afin de soutenir cette consommation, au risque de relancer l’inflation. Mais la consommation pousse à la hausse les importations (les produits des pays émergents sont les moins chers) et donc au déficit de la balance des paiements et donc, à terme, à l’augmentation de la dette. Pour résorber leur dette, ces pays n’ont que deux moyens : réduire les dépenses (c’est-à-dire mettre en place des plans d’austérité qui obèrent l’avenir et exacerbent les mécontentements) et/ou relancer leurs exportations insuffisantes pour rééquilibrer leur balance des paiements. Un Euro trop fort (par rapport au dollar) est alors un handicap alors que ce n’en est pas un pour l’Allemagne qui exporte principalement en Europe et dont la qualité reconnue des produits supporte ce handicap. La voie est donc étroite si les responsables politiques ont vraiment la volonté de trouver une solution qui mette fin à la spéculation prédatrice internationale. Et cette voie passe nécessairement par un minimum de solidarité européenne, c’est-à-dire finalement par le « rachat » de la dette des pays excessivement endettés par les autres et, au premier rang, par l’Allemagne. L’Europe court alors le risque de voir les contribuables allemands refuser de payer pour ceux qu’ils considèrent comme des irresponsables et, en fin de compte sortir de la zone Euro, entraînant avec elle l’Autriche et le Benelux. On verrait alors se créer deux zones économiques avec deux euros différents et, au bout du compte, la fin de l’Europe. La situation est difficile, mais, rassurez-vous, le pire est à venir !

16 juillet 2011

Primaires, piège à c… ?

Les inscriptions aux primaires socialistes sont closes. Nous connaissons, en principe, les candidats. Nous les connaissions d’ailleurs depuis longtemps, au moins pour cinq d’entre eux et ces inscriptions sont donc sans aucune surprise. Le seul réel événement est la mise hors jeu de DSK. À l’issue d’une campagne interne qui débute donc, en théorie, aujourd’hui, nous connaîtrons le candidat officiel du Parti Socialiste à la Présidence de la République. Que peut-on attendre de cette future campagne ? Le Parti Socialiste a choisi d’élaborer un programme préliminaire qui est sensé s’imposer à tous les candidats. Sur quoi va donc porter la campagne ? Quelles seront les différences programmatiques des candidats ? Bien sûr, chacun va tenter de construire sa différence, mais il est à craindre que les écarts ne soient minces, car aucun n’osera se démarquer clairement du sacro-saint programme du Parti. De plus, si des différences existent malgré tout, chacun va s’efforcer de les taire afin de ne pas donner à la majorité le temps de fourbir ses contre-attaques pour la véritable campagne électorale de 2012. Sur quoi allons-nous donc choisir le candidat socialiste ? Nous avons à choisir le candidat à la Présidentielle, c’est-à-dire celui ou celle qui peut, dans un avenir proche, endosser la responsabilité suprême. On souhaiterait donc pouvoir choisir sur de grandes idées, de grands choix. Il est à craindre que le principe de ces primaires n’empêche un tel choix. Si ce n’est sur les idées, il ne reste alors que les personnalités. Et porter la bataille sur les personnes c’est ouvrir la porte aux rumeurs et aux calomnies qui commencent d’ailleurs à poindre. Donner le champ libre aux rumeurs, c’est aussi le donner à la désinformation. La contre-attaque de Martine Aubry sur le début de rumeurs qui coure sur son compte n’en est-elle pas ? Les Français adorant la théorie du complot, il ne faut pas s’étonner que les rumeurs se propagent aussi vite. Les primaires socialistes risquent soit de s’enliser dans la banalité et l’ennui, soit dans la vulgarité. Et comme l’esprit moutonnier caractérise la classe politique française, la contagion est à craindre et le risque est grand que la campagne présidentielle proprement dite ne sombre dans les petites phrases et les attaques personnelles, laissant aux oubliettes les défis extraordinairement dangereux auxquels la France est confrontée.

15 juillet 2011

Marseille à la dérive

C’était le fleuron des ports français. C’est maintenant une zone de non-droit. Les règlements de comptes dans le milieu du grand banditisme sont devenus tellement fréquents qu’ils sont devenus banals. On mitraille dans les cafés, on assassine dans la rue. La banlieue marseillaise sombre dans la délinquance généralisée et dans le commerce de la drogue. Les vols à main armée et aux distributeurs bancaires, le braquage des commerçants sont devenus une banalité quotidienne (en moyenne, 26 agressions par jour). Les trains sont attaqués et vandalisés comme au Far-West. Les syndicats se sont livrés à la piraterie maritime. La corruption, le clanisme et le clientélisme sont devenus les règles de gestion de la ville. Les pots-de-vin rythment la passation des marchés. Le trafic règle la vie des prisons grâce à la corruption des surveillants. L’insécurité règne dans les établissements scolaires. L’activité du port décline irrémédiablement à cause des grèves incessantes et injustifiées. Les bateaux se détournent vers Hambourg ou Anvers car le surcoût du déplacement est beaucoup moins élevé que celui d’une attente sans fin de leur déchargement. Le fonctionnement du Conseil Général est pour le moins douteux, pratiquant l’intimidation et un usage obscur de l’argent public, tandis que la mairie reste impuissante devant une délinquance galopante. Le chômage devient endémique. Le communautarisme grandit. Comment un gouvernement national et ses représentants locaux peuvent-ils admettre de telles dérives ? Comment peut-on admettre qu’il existe une grande ville qui devienne peu à peu le Chicago français ? Qui s’en indigne ? Que fait-on ? Pourquoi cette passivité ?

07 juillet 2011

Panique !

Ils ont d’abord fait de la fraude fiscale et de la corruption un véritable sport national, privant l’État des moyens financiers nécessaires pour faire fonctionner le pays. Ils ont ensuite fait de l’économie noire un paradigme. La Grèce s’est ensuite enfoncée dans une inflation non maîtrisée de ses dépenses et du nombre de fonctionnaires qui cumulent leur emploi avec le travail au noir. Sans finances suffisantes, l’État a finalement truqué ses comptes et trompée l’Europe pour pouvoir continuer à en être membre et bénéficier ainsi des fonds structurels accordés par l’Union Européenne. Aujourd’hui, les mêmes citoyens pris de panique retirent leur argent des banques pour l’exiler soit dans leur propre coffre-fort, soit à l’étranger, privant ainsi le secteur bancaire des moyens financiers pour faire fonctionner l’économie. Ils sont devenus complètement fous. La Grèce va inéluctablement à la faillite et Dieu seul sait (mais existe-il ?) quelles en seront les conséquences sur l’Euro et, donc, sur l’Europe. Il y a, dans ce comportement, une irresponsabilité tellement grave que certains s’interrogent sur l’exclusion de la Grèce de l’Europe avant qu’elle ne l’entraîne vers une faillite collective. La Grèce est en train de porter un coup qui sera peut-être fatal à la zone euro, au moment même où l’Allemagne retrouve ses vieux démons nationalistes et regarde la France davantage comme un handicap que comme le partenaire d’un grand projet commun, considère l’Espagne et la Grèce comme des menaces. La restructuration de la dette grecque (c’est-à-dire la faillite du pays) devient de plus en plus vraisemblable, sans que personne ne sache quelles en seront les conséquences sur l’ensemble de l’Europe. Il ne suffit pas de prêter de l’argent, encore faudrait-il que la Grèce produise quelque chose pour réveiller une croissance réelle aujourd’hui morte. Mais que fabrique donc la Grèce ? La seule industrie importante est la marine marchande dont les armateurs ont délocalisé l’activité en Crête pour ne pas payer d’impôts ! Le peuple grec va souffrir durement à cause de l’incurie de ses dirigeants et de ses élites. Et, malgré ces souffrances, il n’est pas certain que la Grèce échappe à la récession et, finalement, ne se « tiers-mondialise ». Les Européens mettent en place un nouveau plan de sauvetage de la Grèce qui consiste à emprunter à 3,5% et à prêter à la Grèce à 5,5%. Il y a là quelque chose de curieux qui consiste à faire de l’argent sur le dos de celui qui fait faillite ! Mais c’est le juste prix du risque encouru par le contribuable européen en cas de restructuration de la dette grecque. Il est envisagé que les banques privées participent à ce prêt en rachetant une partie de la dette. Ainsi, si la Grèce fait néanmoins faillite, les répercussions sur le système bancaire européen seront immédiates et désastreuses. Le défaut de paiement des Grecs expose les finances, les banques publiques et privées, les fonds d’investissements – c’est-à-dire notre épargne et nos retraites. Il en serait exactement de même si la Grèce sortait finalement de l’Europe et abandonnait l’Euro pour retourner à la drachme qui serait immédiatement et fortement dévaluée, dévaluant du même coup tous les engagements européens dans le système financier grec. La situation est donc extrêmement grave et rien ne permet aujourd’hui de penser que nous échapperons à la catastrophe. Et, pendant ce temps-là, l’endettement des autres pays européens ne cesse de croître.

03 juillet 2011

Réplique Magnitude 9.1 (suite)

Le rebondissement de « l’affaire » DSK est plein d’enseignements. En effet, la première constatation est que le cirque médiatique de l’arrestation de DSK auquel le monde entier a assisté montre à l’évidence la collusion entre la justice, la police et les medias américains, ce qui met à mal l’idée d’une justice sereine, objective et indépendante. Plus soucieux de sa prochaine élection, le procureur new-yorkais a négligé la prudence élémentaire d’une enquête préalable minimale. La recherche du succès personnel lui a fait oublier le désastre immense provoqué par cette mise en scène médiatique dans la vie d’un homme, d’une famille et jusque dans la vie politique d’un pays étranger. En France également, l’affaire d’Outreau a montré le danger de prendre un témoignage sans aucun recul. La deuxième constatation est la recherche à tout prix du « scoop » qui a aveuglé les médias américains et français. Il est très instructif de rapprocher les gros titres de certains journaux lorsque l’affaire a éclaté et ceux d’aujourd’hui. Aucun recul, aucune analyse, aucune interrogation, uniquement la recherche du sensationnel. Comment peut-on comprendre que l’on arrête un homme dans les conditions spectaculaires que nous avons vues, le jeter sans ménagement dans la pire des prisons avant même de s’interroger sur la crédibilité de l’accusation ? Avec le recul des faits, on peut s’interroger sur la manipulation de cette foule de femmes de ménages hurlant « honte à vous » sur le passage de DSK. Mais personne ne s’est posé ces questions de bon sens. Il est à craindre aujourd’hui que le même emballement s’empare des médias pour condamner sans réflexion aucune la plaignante et, après l’avoir présentée comme une femme simple et honnête, travailleuse, victime innocente de la férocité masculine, qu’elles se repaissent dans la condamnation sans nuance.
L’emportement des associations féministes, aux premiers jours de la condamnation de DSK, est également le symptôme de préjugés simplificateurs et de comportements qui, au bout du compte, ne servent pas la juste cause que ces associations veulent défendre. L’indignation qu’elles ont montrée à la suite des déclarations, dont certaines étaient peut-être maladroites, de certains hommes politiques ou journalistes est davantage une preuve de sectarisme que d’engagement. Si DSK est libéré, on peut s’attendre à ce qu’il règle des comptes … et il aura raison !

28 juin 2011

Simplifions, simplifions !

Lorsque les évènements s’entrechoquent et que les commentaires contradictoires embrouillent la compréhension, il est utile de synthétiser de temps en temps pour clarifier les faits et les idées que l’on s’en fait.
• Sarkozy n’est pas mort, Bayrou a disparu et Villepin n’a aucun poids politique.
• Borloo sera candidat, quelles que soient les pressions de l’UMP.
• Mélenchon a perdu ses meilleurs adversaires : DSK et le facteur Besancenot.
• les partis qui organisent à grands frais des primaires pour choisir leurs candidats sont les partis qui croient le moins dans la primordialité de l’élection présidentielle.
• les écologistes sont les amateurs brouillons et sectaires de la politique et ne sont pas un parti de gouvernement.
• les communistes ont disparu … et personne ne s’en plaint.
• les USA sont en faillite, l’Europe leur emboîte le pas.
• il n’y a plus que les prêtres et les homosexuels qui militent pour le mariage.
• le politiquement correct a bâillonné la réflexion sérieuse.
• la situation de la Grèce est la conséquence de la fraude fiscale, sport national grec depuis des décennies. De plus, la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette car elle ne produit rien.
• la situation financière française est telle qu’il n’y a pas d’autre programme que d’augmenter les impôts et de diminuer les dépenses, pour les partis de droite comme de gauche : le paiement des intérêts de la dette atteint 40 milliards d’Euros par an !
• la seule issue à moyen terme pour la France est de parier sur l’intelligence et l’invention, pari bien difficile.
• le CAC 40 est incapable de dépasser les 4000 points. Chaque fois qu’il approche de ce seuil, il replonge en quelques jours et il lui faut des mois pour atteindre à nouveau les 4000 points.
• N’oublions pas que F. Mitterrand avait dit : je serai le dernier grand président de la Vème République. Il n’y a aucun candidat à la hauteur de la fonction.

31 mai 2011

Il a osé !

Un petit enfant syrien de 13 ans a été torturé à mort PENDANT UN MOIS. Ils lui ont arraché les ongles, ils l’ont brûlé, ils lui ont brisé les rotules, ils lui ont cassé les os, ils lui ont coupé le sexe ! Imaginez. Imagninez la terreur de l'enfant. Imaginez les hurlements de l’enfants. Et puis, tranquillement, ils ont rendu le corps à ses parents. L’enfant avait treize ans !! Qui a fait ça ? L’immonde dictateur syrien. Celui auprès duquel Kadhafi est un enfant de choeur. Kadhafi est un fou. Bachar al-Assad est une monstruosité. Un immonde personnage que l’occident hésite à combattre avec les seuls outils adéquats : les bombes ! Pendant combien de temps l’humanité va-t-elle supporter l’existence de tels criminels ? Pendant combien de temps la morale sera-t-elle foulée aux pieds de la real-politik ? La souffrance et la vie d’un enfant n’a-t-elle pas le prix suffisant de la révolte ? Jamais nous ne pourront effacer la honte d’avoir pu entretenir des relations avec un tel monstre ! Jamais l’humanité ne pourra effacer la tâche d’avoir pu, un seul instant, entretenir des relations avec un tel tyran sanguinaire. Voilà une vraie raison de s’indigner. Il s'appelait Hamza...

30 mai 2011

No future

Parlons clair : l’avenir est sombre ! Et la sécheresse installée ou la canicule à venir n’ont rien à y voir. Le pourtour méditerranéen est en effervescence, que se soit au Maghreb ou au Moyen-Orient où les islamistes sont à l’affût d’une prise de pouvoir, l’Europe est malade où le populisme fleurit sur les ruines d’une économie en crise. La Tunisie se débat dans une crise économique majeure qui pousse ses citoyens à émigrer au moment où le pays a besoin d’eux. La fureur et le sang ont pris le pouvoir en Libye, en Syrie, en Palestine. La dictature militaire perdure en Égypte. Le chaos terroriste s’est installé en Irak, au Pakistan et en Afghanistan. Une dictature féroce s’accroche en Iran. Le Yémen est à feu et à sang. Pendant ce temps, en Europe, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande sont des pays où l’État a perdu le pouvoir pour le laisser au jugement des agences de notation et aux mains des organismes financiers mondiaux qui imposent aux peuples des contraintes qu’ils ne comprennent pas. Les États européens ont sauvé le système banquier et financier occidental, mais leur pusillanimité les a empêchés d’imposer aux banques les règles du jeu indispensables pour favoriser enfin l’investissement à long terme au lieu de la spéculation dévastatrice à court terme. Ils n’ont pas su interdire une spéculation qui a transformé les entreprises en bandits manchots. Les États sont soumis aux financiers et aux spéculateurs, ont peur des agences de notation et n’offrent aucune perspective, aucune alternative autre que cette soumission. Cette situation provoque un début de révolte des peuples, en Grèce et en Espagne où 45% des jeunes sont diplômés et au chômage. La faute originelle en revient à la génération des adultes d’aujourd’hui qui ont vécu à crédit pendant des décennies de façon irresponsables et sans se préoccuper des générations futures qui auraient à rembourser l’énorme dette accumulée dans tous les pays occidentaux et qui se trouveraient ainsi plongées dans un abîme sans fond. La société occidentale a protégé les possédants au détriment des exclus. Les syndicats ont défendu les salariés sans se préoccuper réellement des chômeurs. La société a perdu de vue les valeurs fondamentales comme le respect de la personne humaine, la solidarité et l’équité pour les remplacer par les concepts de productivité, d’efficacité, de performance qui sont des jugements d’évaluation menant à l’exclusion des plus faibles. Ainsi, les nantis d’hier ont finalement transmis la précarité à leurs enfants. Parce que leurs parents ont triché, les jeunes Grecques se révoltent. Parce que leurs parents ont spéculé dans la bulle immobilière, les jeunes Espagnols se révoltent. Les jeunes Français, accrochant leur wagon au wagon espagnol, en viennent à rêver à un nouveau Mai 68. En 68, les jeunes réclamaient une nouvelle liberté. Aujourd’hui, ils veulent simplement avoir un avenir alors que les politiques et les intellectuels n’ont aucune alternative à leur offrir. Quel jeune l’alternative Sarkozy/Aubry ou Sarkozy/Hollande peut faire rêver ? Les pancartes brandies sur la place de La bastille disent : « Le libéralisme, dégage ! ». Mais personne ne sait par quoi le remplacer. La situation est grave, mais rassurez-vous, le pire est à venir !

28 mai 2011

Politiquement correct

Nous assistons actuellement, à la suite de l’affaire DSK, à la mise au pilori d’un certain nombre de personnalités qui se sont permis d’utiliser des expressions jugées indignes au regard de critères qui deviennent de véritables contraintes pour la liberté d’expression. En effet, Robert Badinter, Bernard Henry Lévy, Jack Lang, Jean-François Kahn viennent d’en payer le prix pour s’être indignés de la mise à mort médiatique de DSK. Même Mladic, le boucher serbe, n'a pas eu droit à un tel traitement. « Il n’y a pas mort d’homme » et « le troussage de domestique » ont soulevé l’ire des bien-pensants à penchant féministe. Dès lors que la victime est une femme, il devient interdit de s’interroger sur le sort réservé au présumé innocent qui est devenu immédiatement un présumé coupable. Jack Lang ne voulait qu’exprimer son indignation devant le traitement médiatique de DSK, indiquant qu’un tel sort ne pouvait, à la rigueur, se justifier que pour un meurtrier. Quant à Jean-François Kahn dont on ne peut effacer d’un trait de plume tous ses combats pour les femmes, même ses excuses n’ont pas suffi à calmer les fureurs, poussant ce brillant talent journalistique à abandonner son métier. « Indignez-vous » a dit quelqu’un. Il est des indignations trop rapides qui deviennent des facilités. Peut-être que réfléchir avant de condamner est devenu, pour certain, un exercice trop difficile ! Le « politiquement correct » devient un étouffoir de l’expression, au même titre que le principe de précaution est un étouffoir de l’initiative. Bientôt, non seulement nous ne ferons plus rien, mais nous le ferons en silence … Nous n’aurons plus le choix qu’entre le silence de plomb ou la langue de plomb !

27 mai 2011

Une rencontre

Une jeune femme brune, cheveux longs, jupe longue et sandales, a croisé mon chemin ce matin, rue de Lagny à Paris dans le XXème arrondissement. Un bébé accroché sur son ventre, elle portait un gros sac en bandoulière et marchait d’un pas hésitant. En nous croisant, j’ai remarqué que l’enfant avait des tâches brunâtres sur les joues et que la femme soutenait sa tête avec la main. L’enfant était-il souffrant, malade ? Avançant dans la rue de Lagny, cette femme ayant soudain fait demi-tour, repasse devant moi et marche d’un pas rapide sur ses sandales à talons plats. Intrigué par son attitude, je me mets à la suivre sans très bien en comprendre la raison. Elle tourne dans le boulevard de Charonne, fait demi-tour au bout de quelques mètres et repart en direction de la place de la Nation. Je me mets à la suivre. Où va-t-elle ? Arrivée sur la place, elle se dirige vers le boulevard de Picpus dont elle emprunte les premiers cent mètres avant de changer de direction une fois encore et de partir vers la rue de Picpus. Elle marche d’un pas parfois décidé, parfois hésitant. Elle s’arrête de temps en temps pour boire à une bouteille qu’elle tire de son sac, tout en maintenant la tête de l’enfant. Je suis de plus en plus mal à l’aise devant sa conduite et sa façon de se déplacer, donnant l’impression qu’elle ne sait pas où aller. De la rue de Picpus, elle oblique soudain vers la place Daumesnil et rejoint le square de l’ancienne gare de Reuilly, près de l’avenue du même nom. Elle entre dans le square, hésite sur le chemin à prendre, regarde autour d’elle, traverse la pelouse et ressort du square sans s’être arrêtée. Je la suis toujours avec de plus en plus de mal. Elle s’engage dans la coulée verte en direction de la Bastille. Sur l’allée, elle fait plusieurs fois demi-tour, s’arrête et reprends sa route en direction de la Bastille, tenant toujours la tête de l’enfant. Elle me donne l’impression d’une femme errante qui ne sait où diriger ses pas. Est-elle en fuite ? A-t-elle enlevé l’enfant ? Je cherche en vain du regard un représentant de l’autorité publique à qui je pourrais faire part de mes interrogations et de mes inquiétudes pour l’enfant. Elle marche devant moi sur la coulée verte et accélère le pas. J’ai du mal à la suivre. Elle s’arrête un moment pour remplir une bouteille de l’eau d’une fontaine et repart de son pas à la fois hésitant et décidé. Au détour d’un coude, je la perds définitivement de vue. Je suis décidément mal à l’aise. Aurais-je dû l’aborder ? De retour chez moi, la pensée de cette femme, que j’ai crue en détresse, ne me quitte pas. Cette femme est-elle en fuite ou n’était-ce qu’une mère qui promenait son enfant ? L’interrogation ne me quitte pas. Combien de destins tragiques croisons-nous ainsi dans la vie, sans le savoir ? Combien de tristesses et de solitudes ? Combien de fuites et de désespérances ? Combien de tragédies derrière les portes et fenêtres ? L’espèce humaine est, à la fois, grégaire et solitaire. Nous sommes un oxymore vivant : un troupeau d’anachorètes.

18 mai 2011

Mise à mort

Nous venons d’assister, en direct de New-York, au type de justice que Nicolas Sarkozy veut instaurer en France en supprimant le juge d’instruction. Espérons que le scandale médiatique qui nous a été livré nous préserve à jamais de cette calamité. À quoi avons-nous, en effet, assisté ? Quelles que soient les charges qui pèsent sur DSK, celui-ci est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Or, la sortie médiatiquement organisée par la justice américaine de DSK du commissariat de New-York est une mise à mort médiatique qui a transformé immédiatement le présumé innocent en présumé obligatoirement coupable. La présomption d’innocence a un sens très précis. Elle consiste à imposer au procureur, qui instruit uniquement à charge, d’apporter les preuves de la culpabilité avant de traiter un homme en présumé coupable. Dire que la justice américaine a la grandeur de traiter les puissants comme les plus démunis pour justifier ce à quoi nous avons assisté est une hypocrisie. Justement, la plaignante n’a pas été traitée de la même façon. De grandes précautions ont été prises par la police pour sauvegarder, à juste titre, son anonymat et la préserver des medias. En face, DSK est publiquement humilié et conduit menotté et sous l’œil des caméras dans la pire des prisons américaines avant même que quiconque n’ait entendu le moindre mot d’explication de ce dernier, sauf qu’il plaide une relation consentie. Quel sentiment a pu guider la juge américaine qui a refusé la mise en liberté sous caution avant le procès ? N’oublions pas que ces juges sont élus et qu’il est bon pour leur notoriété personnelle, d’accrocher à leur tableau de chasse un des hommes les plus important de la planète ! L’indignation de Bernard Henry-Lévy et de Robert Badinter est symptomatique du fait que la justice américaine n’est pas sans reproche. Espérons que notre pays soit préservé d’une telle justice. Une justice où l’inculpé ne peut avoir une défense sans beaucoup d’argent, une justice où le procureur n’est pas tenu de prendre en compte des indices d’innocence s’il en découvre au cours de son enquête. Tout cela étant dit, on ne peut cependant s’empêcher de penser que, si la culpabilité de DSK est prouvée un jour, la France sera passée à côté d’un véritable danger en portant à la charge suprême un personnage capable du pire.

16 mai 2011

Magnitude 9.0

Il s’agit d’un véritable séisme politique dont les ondes se propagent sur la planète entière. « L’affaire » DSK résonne comme un coup de tonnerre dans le monde. La position de premier plan que la crise financière mondiale a donnée au FMI a placé son président en position d’interlocuteur incontournable pour la majorité des chefs d’État. Mais le coup le plus dur est porté à la France. Coup dur pour l’image du pays dans le monde. Coup dur pour la société française qui avait espéré, dans sa majorité, trouver en DSK un successeur d’envergure à Nicolas Sarkozy. De deux choses l’une. Ou bien il s’agit d’une affaire scandaleuse montée de toutes pièces pour discréditer un personnage qui avait de nombreux adversaires, tant dans le milieu politique français où sa popularité portait ombrage et danger, que dans le monde où l’intervention du FMI s’accompagnait de plans de rigueur mal supportés par les populations et par les gouvernants. Car il y a, quand même, des faits troublants. Comment expliquer que, dans un grand hôtel de luxe habitué à recevoir des personnalités, on ait pu laisser une femme de chambre pénétrer dans une chambre sans s’assurer préalablement qu’elle était vide ? N’est-il pas curieux que cette femme pénètre dans la chambre au moment même où DSK est sous sa douche ? Comment comprendre qu’il ait téléphoné depuis l ‘aéroport à l’hôtel qu’il venait de quitter pour récupérer son téléphone portable après avoir déjeuné en ville, s’il était en fuite comme on le dit ? N’oublions pas le cas de Dominique Baudis. Ou alors les faits sont avérés et l’on a affaire à un grand malade. Car, comment expliquer que cet homme n’ait pas eu conscience des conséquences extraordinairement graves que ses actes allaient entraîner ? Comment penser qu’il ait pu croire un instant que son agression resterait cachée et que la jeune femme agressée garderait le silence ? Comment comprendre que cet homme n’ait pas eu conscience qu’il ruinait à jamais sa carrière ? L’avenir nous dira ce qu’il en est. Ce qui est absolument certain est que DSK n’a plus d’avenir politique. Sa candidature aux élections présidentielles françaises est devenue impossible, non seulement à cause du calendrier des primaires socialistes, mais surtout parce que la fonction présidentielle ne s’accommode pas d’un homme ayant été menotté par la police, même s’il s’agit d’une erreur. Ce qui est certain également, c’est que la France n’a plus de candidat à la hauteur de la fonction.

07 mai 2011

Quelle bêtise !

Un assassin est mort, tué dans une opération dont le seul but était bien de l’éliminer. Le 11 Septembre 2001, Ben Laden a tenté de faire disparaître 50.000 personnes dans l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center. S’il n’y a eu « que » 3000 morts, cela tient du miracle. Ben Laden a bel et bien tenté de supprimer l’équivalent d’une ville moyenne ! Qui peut aujourd’hui oublier ce fait et regretter la disparition de ce monstre ? A priori personne … et pourtant voilà qu’une vague de rumeurs enfle de façon inquiétante, mais guère surprenante lorsqu’on connaît la nature humaine ! On déplore le fait que Ben Laden ne fut pas armé au moment de l’assaut, on déplore que son corps ait été jeté à l’eau, on ratiocine sur le nom de Geronimo donné à l’opération d’élimination. Et, bien entendu, la théorie du complot retrouve une nouvelle vigueur en diffusant l’idée qu’en réalité, l’homme n’est pas mort. Que les démocrates se réjouissent plutôt du fait qu’il vient d’être démontré que les démocraties ne sont pas condamnées à subir sans se défendre ! Cela compensera le silence, assourdissant, et habituel, des responsables musulmans dès qu’il s’agit de terrorisme.

02 mai 2011

Il est mort … enfin !

Les États-Unis viennent d’économiser 25 millions de dollars. C’était la prime promise à celui qui permettrait de supprimer Oussama Ben Laden. Voilà que l’individu, responsable des 3000 morts des attentats du 11 Septembre 2001, vient d’être tué par l’armée américaine, après 8 mois d’enquête. Le monde est soudainement plus propre ! Décidément, la grande lessive continue : Ben Ali, Moubarak, Gbagbo, Ben Laden, autant de tâches enlevées ! Il en reste encore, malheureusement, et le monde civilisé espère la disparition de Kadhafi et de Bachar Al Assad, entre autres dictateurs ou potentats africains, orientaux et sud-américain, ainsi que des terroristes comme Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar. Le travail n’est pas fini et durera encore longtemps. Des représailles vont certainement avoir lieu après la disparition de Ben Laden, les attentats et enlèvements d’otages risquant de se multiplier. Malgré les risques, il faut se réjouir de la disparition de ces criminels et éviter, espérons-le, toute polémique stérile et indécente.

Une comptine

Vous connaissez la comptine : La peinture à l’huile, c’est bien difficile, mais c’est bien plus beau que la peinture à l’eau. En voilà une autre : Être un actionnaire prédateur et spéculateur, c’est tellement facile, mais c’est bien plus profitable que d’être un actionnaire responsable. L’obligation faite aux entreprises de verser aux actionnaires et aux fonds spéculatifs des dividendes annuels hors de toute raison plonge dans la tourmente l’économie d’un pays. Exiger des rendements d’investissements à deux chiffres relève du crime contre l’économie… et, donc, contre le peuple. Plus de dividendes, c’est moins de salaires et moins d’investissements dans la productivité, la R&D, l’innovation. La spéculation excessive, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, est le cancer des nations, au même titre que la mafia ou que le terrorisme. Elle corrompt la morale et fait naître des pratiques frauduleuses qui ont conduit aux subprimes, à la faillite des Caisses d’Épargne américaines, aux produits financiers toxiques (tout cela pour le plus grand bénéfice de Goldman Sachs), aux escroqueries « Madoffiennes », aux salaires indécents des chefs des grandes entreprises. Elle pousse les entreprises aux délocalisations prédatrices et aux licenciements spéculatifs et boursiers. La délocalisation supprime des emplois en France, la sous-traitance délocalisée alourdit la part négative de la balance des paiements. Elle incite les entreprises à délocaliser leur siège social ou à manipuler leurs comptes entre leurs implantations internationales pour éviter de payer des impôts en France, ce qui leur permet d’augmenter leurs bénéfices et les dividendes à verser. Rien n’est à l’abri de l’immoralité de la spéculation. Elle provoque, en jouant sur le prix des denrées alimentaires, des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres de la planète. Elle incite les mêmes pays à développer le travail des enfants, main d’œuvre si bon marché qu’elle attire les producteurs des pays riches à la recherche d’une rentabilité maximale du travail afin d’augmenter, encore et encore, la part des dividendes. La communauté internationale (au fait, qu’est-ce que c’est ?) condamne l’utilisation d’armes à destruction massive. Elle devrait donc condamner la spéculation financière pour cette même raison. Que l’économie redevienne une économie politique et que la démocratie politique redevienne citoyenne !

26 avril 2011

Politique et morale

Surpris par la nouveauté et la soudaineté de l’événement, les occidentaux ont tardé à réagir au mouvement de libération du peuple tunisien. Lorsqu’un processus similaire s’est déclenché en Égypte, les occidentaux, ayant retenu la leçon tunisienne, ont réagit rapidement pour soutenir la révolte populaire. Lorsqu’à leur tour les Libyens ont cherché, et cherchent encore, à se libérer du joug de leur tyran, les occidentaux ont pris les armes. Et puis, voilà que le besoin irréfragable de liberté soulève le peuple syrien… et les responsables politiques occidentaux restent étrangement silencieux. Le dictateur libyen emprisonne des enfants, les torture en leur arrachant les ongles, tire sur le peuple appelé « terroriste salafiste » en utilisant les chars et les armes lourdes. En face, quatre pays occidentaux rédigent timidement un projet de note de protestation à destination du Conseil de Sécurité des Nations Unies (?), les USA envisagent des représailles « ciblées » en guise de protestation, la majorité des pays européens reste silencieuse. Soutenu ouvertement par deux guignols dangereux, l’iranien Mahmoud Ahmadinejad et le vénézuélien Hugo Chàvez, le tyran syrien se croit intouchable du fait de son influence délétère sur la situation palestinienne. Certes, la real-politique est une nécessité, mais parfois elle soulève le cœur. Elle montre, à l’évidence, que politique et morale sont deux mondes incompatibles.

24 avril 2011

Téléonomie et systémique

Dans son dernier ouvrage « L’évolution vue par un botaniste », J.M. Pelt insiste sur une propriété des êtres vivants dans le monde botanique et qu’il appelle l’associativité. Cette propriété permet à un organisme formé de composants différents et associés d’avoir des propriétés nouvelles que ne possèdent pas ses composants. Pour les praticiens de la systémique, il y a là quelque chose de bien connu appelé « propriété émergente ». Un système, formé d’éléments en interaction les uns avec les autres, possède une (ou plusieurs) propriété(s) appelée(s) émergente(s) et que ne possèdent pas ses éléments constitutifs. Cette propriété des systèmes existe aussi bien dans le monde vivant que dans le monde des processus artificiels. Par exemple, le système complexe appelé ordinateur, possède des propriétés de calcul, de comparaison et de déduction que ne possède aucun de ses différents composants. Il en est de même dans le monde du vivant. Un être vivant, qu’il appartienne au monde animal ou au règne végétal, possède des propriétés que ne possèdent pas les cellules dont il est fait. Il existe cependant une grande différence entre le monde inerte et le monde du vivant. Cette différence tient dans une propriété que, seuls, possèdent les éléments élémentaires dont sont faits les êtres vivants. Cette propriété est ce que Jacques Monod a appelé la téléonomie (1989) (terme inventé par Colin S. Pittendrigh en 1958) : les êtres vivants se distinguent des autres structures (…) par cette propriété que nous appellerons la téléonomie. Les êtres vivants sont des objets doués d’un projet qu’ils représentent dans leur structure et qu’ils accomplissent dans leurs performances (Le hasard et la nécessité). Un microprocesseur n’est pas doté d’un projet spécifique et caractéristique de sa structure, alors qu’une cellule souche possède cette propriété remarquable d’engendrer des cellules spécialisées qui vont constituer un organe spécifique. Une cellule souche dite multipotente, issue d’une cellule totipotente, est engagée dans un projet (la morphogenèse) consistant à donner naissance à différents types de cellules spécifiques d’un organe. Aujourd’hui, nous ne faisons que constater le phénomène de l’organogenèse sans comprendre le comment profond du processus qui fait qu’une cellule indifférenciée, non seulement donne naissance aux cellules spécifiques d’un organisme, mais qu’elle se positionne dans l’embryon au juste endroit. Ainsi, on peut dire que « l’associativité » décrite par J.M. Pelt est une somme de systémique et de téléonomie. Constatons également que la téléonomie des cellules du vivant s’ajoute au nombre considérable de processus de la nature que nous ne comprenons pas.

16 avril 2011

Les énergies renouvelables

On sait depuis longtemps que rien ne se crée et rien ne se perd, tout se transforme. Ainsi en est-il de la colossale énergie initiale du big-bang qui, depuis plus de treize milliards d’années, se transmet et se transforme dans l’Univers, sous des formes diverses et variées. Une partie de cette énergie a permis la création de la matière visible et sombre (m = E/c2), donné à cette matière l’énergie cinétique et la quantité de mouvement qui l’anime depuis la nuit des temps, a animé les processus qui ont conduit, notamment sur Terre, à l’apparition de la vie, a peut-être participé à la création de l’énergie noire. L’énergie que la Terre a reçue en héritage existe toujours aujourd’hui sous des formes extraordinairement variées et l’homme, depuis son apparition, vit en recherchant et en consommant cette énergie pour la transformer sous formes diverses qui lui permettent de vivre et de transformer son environnement. Il consomme sans retenue et, actuellement, consomme l’énergie dite fossile pour ses besoins et l’organisation de sa vie. Une partie de cette énergie se retrouve dans la création de chaleur et de gaz à effet de serre qui élève la température de son environnement à tel point que l’homme commence à s’en inquiéter car cette évolution met en danger sa propre existence. Il regarde alors autour de lui et cherche où se cache l’énergie dont l’Univers lui a fait cadeau. La chasse aux énergies dites renouvelables est lancée car elles se dissimulent un peu partout dans notre environnement. Lorsqu’on évoque les énergies renouvelables, on pense presque uniquement aux éoliennes et aux panneaux solaires. Or, les sources renouvelables sont beaucoup plus nombreuses. Depuis longtemps, l’homme a utilisé l’énergie de l’eau des rivières et les barrages et les microcentrales en sont les utilisations les plus abouties. L’énergie du vent a été utilisée très tôt pour le fonctionnement des moulins à vent et, aujourd’hui, pour celui des éoliennes. Si les moulins à vent ont, depuis longtemps, servi à moudre le blé ou à pomper l’eau des polders, les éoliennes destinées à fournir de l’électricité pâtissent du fait que la quantité d’énergie récupérée par chacune d’elles est faible. En effet, là où une centrale nucléaire de 1,5 GW demande 10 hectares de surface, il en faut 18.700 pour obtenir la même puissance avec des éoliennes. En outre, leur esthétique n’est pas consensuelle. Chauffés par le soleil, les hommes ont toujours rêvé d’utiliser cette source d’énergie pour leur compte. L’énergie thermique de basse température est, aujourd’hui, exploitée pour la production d’eau chaude et pour le fonctionnement des pompes à chaleur. L’énergie thermique des hautes températures est utilisée dans les fours solaires. Le projet le plus abouti est, actuellement, le projet « desertec » qui prévoit des centrales utilisant des miroirs concentrant la lumière du soleil pour créer suffisamment de chaleur et générer de la vapeur qui servira à actionner des turbines et des alternateurs produisant de l’électricité. Des réservoirs de chaleur (réservoirs de sels fondus) seront utilisés pour stocker de la chaleur durant la journée afin d’actionner les turbines pendant la nuit ou bien lors de pics de consommation. Des essais analogues existent en Espagne du Sud. Une autre technique d’utilisation de l’énergie solaire est la technique des cellules photovoltaïques qui produisent directement de l’électricité sous l’effet des photons solaires. Mais cette technique est de 5 à 10 fois plus coûteuse que l’éolien et la fabrication des panneaux, souvent par une entreprise chinoise fonctionnant grâce à de l’électricité fournie par une centrale à charbon, est très polluante, le silicium étant obtenu par des procédés de chauffage à très haute température et générateurs de CO2. La Terre est aussi susceptible de restituer une partie de l’énergie reçue lors de sa création. C’est la géothermie qui cherche à récupérer sous diverses formes la chaleur interne de la planète. La géothermie humide exploite l’eau chaude des couches souterraines, la géothermie sèche injecte directement de l’eau froide dans des roches chauffées naturellement. L’énergie cédée à la Terre lors de sa création se retrouve en partie dans les mouvements des mers et des océans. Une partie de cette énergie peut être récupérée en exploitant la houle, l’énergie potentielle des marées, voire les courants marins. Les moulins à marée remontent au Moyen-âge, essentiellement en Bretagne, et l’usine marée-motrice de la Rance en est une réalisation moderne, des expériences ayant été faites pour utiliser les mouvements alternatifs de la houle et le mouvement continu des courants. La biomasse désigne l'ensemble des matières organiques d'origine végétale (algues incluses), animale ou fongique, pouvant devenir source d'énergie par combustion comme le bois, par méthanisation fournissant le biogaz ou par fermentation de matières organiques pour obtenir du biocarburant. Utilisant l’énergie solaire emmagasinée par les plantes, la biomasse est aujourd'hui, de loin, la première énergie dite renouvelable en France, malgré le faible rendement de la photosynthèse et l’utilisation importante de pesticides et de fertilisants. Cette énergie peut être considérée comme renouvelable tant qu’elle ne met pas en péril la fertilité des sols ou tant qu’elle ne crée pas de compétition excessive entre la fourniture de produits pour l’alimentation et la fabrication de carburants. Les déchets ménagers récoltés, en décharges ou dans les stations d’épuration, peuvent servir de source de biogaz. Touts ces énergies sont, sous des formes diverses, récupérées de l’énergie solaire. Le soleil est une énorme bombe nucléaire où s’entretiennent des réactions de fusion entre noyaux d’hydrogène pour former des noyaux d’hélium dégageant une énorme quantité d’énergie par depuis quatre milliards d’années. La fusion de noyaux légers dégage d’énormes quantités d’énergie provenant de l’attraction entre les nucléons due à l’interaction nucléaire forte. Le soleil est ainsi une boule de plasma chaud et dense. La tendance du plasma à se disperser et à se refroidir est contrebalancée par l’énorme gravitation régnant dans le Soleil. Sur Terre, les forces de gravitation sont insuffisantes et il est impossible d’obtenir une réaction de fusion entre deux atomes dans ces conditions. Il n’est pas envisageable, non plus, de confiner un plasma atteignant plusieurs millions de degrés à l'aide de parois matérielles. Pour faire face à ces obstacles, les chercheurs ont mis à profit les propriétés du plasma et ont pensé à le maintenir dans une « boîte immatérielle ». Ils ont compris comment utiliser la propriété des particules du plasma qui ont tendance à s’enrouler autour des lignes de champ magnétique et à les suivre dans leur trajectoire. En refermant les lignes de champ magnétique sur elles-mêmes, les Russes sont ainsi parvenus à mettre au point le concept du tokamak à la fin des années 60. L’intérêt de ce concept pour produire des plasmas ne s’est pas démenti depuis, puisque les principales installations construites dans le monde furent des tokamaks comme le JT60 au Japon, JET en Angleterre et Tore Supra en France. La fusion envisagée est celle des nucléons d’hélium et de tritium. Cette fusion produit des neutrons rapides et destructeurs dont on ne sait pas encore aujourd’hui comment s’en protéger, même si on envisage d’en utiliser une partie pour régénérer le tritium à partir de lithium. Le projet ITER comporte de multiples difficultés comme l'instabilité des plasmas, les fuites thermiques et la fragilité des métaux supraconducteurs. Mais l’enjeu est d’une telle importance que de nombreux pays se sont associés pour tenter l’expérience, malgré ses incertitudes et son coût : L’Union Européenne, les États-Unis, le Japon, la Russie, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde. Ce panorama des énergies renouvelables n’est, évidemment, pas exhaustif, l’imagination humaine étant fertile. Deux autres pistes existent : la récupération et l’économie. Récupérer l’énergie perdue inutilement, en général sous forme de chaleur, est une préoccupation grandissante dans tous les processus industriels. Un exemple en est les véhicules hybrides qui utilisent une partie de l’énergie du carburant traditionnel pour recharger les batteries électriques. Un autre exemple est l’essai d’utilisation de la chaleur véhiculée dans les égouts urbains par les différents effluents. Aucun processus n’ayant un rendement de 100%, tous perdent une partie de l’énergie utilisée sous forme de chaleur. L’enjeu est de récupérer cette perte. Enfin, il ne faut pas oublier que la meilleure énergie renouvelable est celle que l’on ne consomme pas. L’effort fait notamment dans la construction pour éviter les pertes caloriques reste une voie privilégiée pour économiser l’énergie. Depuis la nuit des temps, l’homme n’a survécu qu’en consommant de l’énergie. Aujourd’hui, cette consommation est devenue tellement importante qu’elle est devenue excessive par rapport à ce que la planète peut fournir. Toutes les énergies fossiles (charbon, lignite, pétrole, sables bitumineux, gaz naturel et gaz de schistes, tourbe, uranium, métaux rares, …) sont appelées à disparaître, peut-être plus rapidement que l’on ne croit compte tenu de la voracité des hommes et de leur prolifération. La seule énergie que l’homme ne pourra jamais épuiser est celle du Soleil. Lorsque celui-ci disparaîtra, l’homme aura cessé d’exister depuis longtemps ! Le défi reste important. Dans 50 ans, la Terre comptera 3 milliards supplémentaires d’êtres humains, les besoins en énergie augmentent actuellement au rythme de 1,8% par an et le réchauffement climatique devient de plus en plus menaçant.

12 avril 2011

Polémiques indécentes

Il existera toujours des esprits alambiqués pour chercher toutes les occasions de critiquer leur propre pays, leur volonté polémique l’emportant sur la raison et le bon sens. L’arrestation de l’usurpateur Gbagbo est à peine réalisée que déjà des voix s’élèvent pour critiquer, voire condamner, la France sur son rôle dans la tragédie ivoirienne. Car il s’agit bien d’une tragédie qui a fait des milliers de morts et dont les traces vont se dévoiler dans les fosses communes que l’on ne va pas tarder à découvrir. Les dernières élections ivoiriennes ont été organisées et chèrement payées par la communauté internationale et ont été imposées à Gbagbo qui avait prolongé indûment et illégalement son pouvoir pendant cinq ans après la fin légale de son mandat. Ces élections ont été surveillées par la même communauté internationale pour s’assurer de leur bon déroulement et valider leurs résultats. Ces bons esprits qui critiquent la France oublient facilement que Laurent Gbagbo a été l’inventeur du concept d’ivoirité qui rappelle étrangement celui d’identité nationale combattue violemment par ces mêmes esprits critiques lorsqu’il est évoqué dans leur propre pays. C’est en utilisant ce concept raciste que le président ivoirien déchu a éliminé ses adversaires lors de sa première élection. C’est le même homme qui a refusé les résultats des dernières élections et s’est lui-même intronisé Président de la Cote d’Ivoire. C’est le même homme qui, sous l’influence de sa femme transformée en véritable gourou fanatique, n’a pas hésité à armer de kalachnikov des voyous sans scrupule qui ont semé meurtres et exactions dans la capitale ivoirienne et dans tout le pays. Il faut, de temps en temps, raison garder et faire passer en priorité des arguments humanistes et de simple bon sens avant des arguties polémiques et pleines d’arrière-pensées. La France est intervenue dans le cadre d’une résolution de l’ONU qui lui demandait de protéger la population. Quel meilleur moyen de protéger la population que d’empêcher de nuire celui qui sème le désordre et les assassinats ? Certes, la situation reste compliquée car nombre d’Ivoiriens vont se sentir frustrés. N’oublions pas que Gbagbo a recueilli 46% des voix lors des élections. La réconciliation nationale, indispensable, risque d’être difficile et longue. Souhaitons que le Président élu soit à la hauteur. La communauté internationale ne devra pas lui lésiner son aide.

03 avril 2011

Vous avez dit Identité ?

Au moment où le communautarisme devient une menace, où les idées approximatives s’enlisent dans des débats vaseux sur le multiculturalisme, l’identité ou la laïcité, il est sain de faire un petit rappel sur nos origines profondes. L’ambiguïté du mot « identité » ajoute à la confusion des discours. Il est, en effet, porteur de deux idées contradictoires : à la fois ce qui nous est commun (identique) et ce qui nous est propre et nous sépare des autres (que l’on décrit, par exemple, sur une carte d’identité). Racisme, crainte de l’immigré, rejet de l’étranger, peur de la différence, telles sont les valeurs de ceux qui proclament des slogans nationalistes tels que « La France aux Français » ou « La préférence nationale ». Ils véhiculent une idéologie qui rappelle celle de la pureté de l’Aryen dont l’Histoire gardera à jamais en mémoire la dévastation qu’elle entraîna. Cette idéologie farfelue repose sur le fantasme d’une soi-disant race française dont les racines plongeraient dans la préhistoire. Or, tous, nous sommes des fils d’immigrés. L’histoire de la France est une longue suite d’invasions venant d’horizons divers, Europe centrale, Pays nordiques, continent Africain, Moyen-Orient, Europe occidentale. Dès la préhistoire, les premiers venus, les Néanderthaliens et l’Homme moderne, venaient d’un ailleurs africain. De tout temps, la Gaule, puis la France, a été traversée par des invasions et des influences étrangères. Déjà, du VIIIe siècle au VIIe siècle avant notre ère, le peuple de Hallstatt, venant du centre de l’Europe, a envahi le pays, suivi au Ve siècle avant JC par un peuple indo-européen appelé peuple de la Tène. De -58 à -51, la conquête romaine permet l’installation de la civilisation de Rome pendant des siècles. Dès la fin du IIIe siècle, les Saxons s’implantent sur les côtes bretonnes et apportent avec eux la civilisation celtique que certains Français d’aujourd’hui continuent de revendiquer. En l’an 406, la Gaule subit un débordement d’envahisseurs constitué des Vandales venant de Scandinavie, des Burgondes et des Suèves. Ces derniers occupent la Gaule du Nord, occupent Lyon en 461 et s’installent de la Champagne à la Durance. Dans le même temps, les Alamans s’installent durablement en Alsace et, au XIIIe siècle, seront présents dans les régions alpines. La même année, venant de la rive droite du Rhin, les Francs envahissent la Gaule à leur tour et Clovis annexe tout le Nord du pays. En 507, ils atteignent Poitiers. En 412, les Visigots, quant à eux, envahissent le sud de la Gaule jusqu’à Bordeaux et les rives de la Loire. Tous ces envahisseurs furent suivis, dans la seconde moitié du Ve siècle, par les Bretons d’une part qui venaient des îles Britanniques et s’implantèrent en Armorique, par les Huns d’autre part, conduit par le célèbre Attila, en 451 qui s’installèrent dans l’Est de la Gaule jusqu’à Orléans. En 490, les Ostrogots, venant de la péninsule italienne, franchissent les Alpes et s’implantent dans la vallée du Rhône. Les Sarrasins musulmans ont également envahi la France et personne n’oublie la guerre que leur livra Charles Martel pour les arrêter à Poitiers en 732. Chaque guerre, et elles furent nombreuses et longues durant l’Histoire de France, a provoqué des immigrations étrangères d’hommes cherchant à fuir leur pays pour de multiples raisons. Ainsi, en 1453, la bataille de Castillon marquant la fin de la guerre de Cent ans fut suivie par l’installation en France de colonies écossaises qui y firent souche. Ils furent suivis, en 1570, par l’exil des compagnons écossais de Marie Stuart qui s’implantèrent dans la Creuse. Tous ces « envahisseurs » et ces immigrés ont fait souche dans notre pays et nous descendons d’eux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’expansion économique des trente glorieuses n’a été possible que grâce aux arrivées successives, dès le début du XXe siècle, des Italiens, des Russes blancs, des Polonais et des Juifs égyptiens qui ont fourni la main d’œuvre non qualifiée dont la France a eu besoin dès 1950. Au milieu du siècle dernier, sont arrivés, pour les mêmes raisons, les Portugais, les Espagnols, les Maghrébins, les Africains. Tous ces hommes d’horizon divers et plus ou moins lointains ont, pour la plupart, fondé une famille en France et leurs enfants sont aujourd’hui parmi nous. Nous avons tous des ascendants apparentés à ces hommes venus d’ailleurs. Ce sont toutes ces origines diverses qui ont construit notre identité d’aujourd’hui. Il n’est point besoin de longs discours et de vaines polémiques pour admettre que nous sommes tous des sang-mêlé. Ne l’oublions jamais !

29 mars 2011

Une société frénétique

La nature, que nous avons pris l’habitude de détruire, a besoin du temps pour vivre. Il lui faut 200 millions d’années pour fabriquer du pétrole, alors qu’il suffit de 200 ans à l’homme pour le brûler. Il faut 1000 ans à la circulation thermoaline pour faire le tour de la terre, alors que l’homme essaie de gagner quelques minutes pour faire la même chose en quelques jours. Il faut environ cinquante ans pour qu’une graine donne un arbre, alors que les hommes ont supprimé la moitié des grandes forêts en vingt ans. Le temps est devenu un ennemi de la société d’aujourd’hui, alors qu’il était un élément consubstantiel de la vie au siècle dernier. La société qui vivait au rythme des saisons vit aujourd’hui l’œil rivé sur la montre. Elle est organisée autour de l’idée que le gain de temps est un gain tout court. Prendre du temps est une perte de temps et le temps est une perte d’argent. Tous les processus de fonctionnement de la société sont encombrés de moyens de contrôle qui, tous, cherchent à traquer les pertes de temps. Dans le monde du travail, cela entraîne un stress du salarié et des recherches systématiques de contournement de ces contrôles, ce qui crée des dysfonctionnements justement là où l’on s’efforçait de les faire disparaître. La recherche systématique des gains de temps dans l’industrie a conduit à mettre en place ce qui s’appelle le juste-à-temps (ou les flux tendus). La catastrophe japonaise vient de nous montrer les limites de cette organisation car la suppression des stocks et l’arrêt de certaines usines de sous-traitants, détruites par le tsunami, a conduit à l’arrêt presque total de l’industrie automobile nippone et provoqué de sérieuses difficultés dans les transports aériens et dans les industries de produits électroniques dans le monde entier. La pression des actionnaires pour obtenir un retour sur investissement, non seulement de plus en plus importants mais également de plus en plus rapidement, pousse les grandes entreprises à détourner une grande partie de leurs bénéfices vers la spéculation financière au détriment d’investissements sur des projets à long terme et sur la recherche et développement. La spéculation financière qui a conduit le monde au désastre est basée sur l’immédiateté et la recherche du profit rapide, quasi instantané, par l’utilisation de logiciels de prise d’ordre fonctionnant au millième de seconde. L’ordinateur est devenu le principal acteur boursier en 1987 ce qui a immédiatement provoqué une chute de 10% à la bourse de Wall Street en une seule séance ! L’agriculture, activité en relation étroite avec la nature, est entraînée malgré elle vers des comportements spéculatifs contradictoires avec la contrainte du temps qui s’impose à l’agriculteur lui faisant perdre ainsi toute possibilité de gestion à terme quand le prix de sa production varie quotidiennement dans de grandes proportions. La vie politique est profondément gangrenée par l’obsession à court terme de leur réélection. Les réformes de long terme (fiscalité, code pénal, recherche, réindustrialisation, énergie…) sont toujours repoussées car ressenties comme électivement dangereuses. Les décisions politiques précipitées se prennent, sans réflexion approfondie, sous la pression de l’actualité immédiate et la recherche d’un bénéfice aléatoire et opportuniste à court terme. La vie quotidienne de chaque individu est, elle aussi, guidée par cette recherche effrénée du gain de temps, ce qui fait les beaux jours de la restauration rapide, des plats cuisinés industriels et … de l’obésité. L’écriture d’une lettre a été remplacée par l’utilisation abusive du courriel, pire du SMS. Les intérêts économiques à court terme prévalent toujours sur les effets sanitaires à long terme. L’exploitation de l’or par le cyanure, la production des déchets radioactifs de l’industrie nucléaire, la mise sur le marché de produits chimiques sans que l’on en connaisse les effets à long terme et leurs interactions, les déchets proliférants et toxiques des produits électroniques jetés au lieu d’être réparés grâce à l’obsolescence programmée, toutes ces activités sacrifient le long terme sur l’autel des gains immédiats. La vie culturelle est, elle aussi, la victime de cette course à l’éphémère. Les librairies sont encombrées de livres futiles et mal écrits qui ne durent qu’une semaine, les ondes croulent sous les promotions de disques d’une médiocrité ahurissante et dont la vie ne dure que le temps de les jeter à la poubelle, la télévision nous inonde de productions d’une insondable bêtise tournées en quelques jours par des intervenants sans talent. La presse gratuite, qui tue la presse traditionnelle, donne l’illusion de l’actualité à coup de simples titres issus des dépêches de l’AFP, de publicités envahissantes et de grilles de sudoku. Sénèque disait : « Tant qu’on attend de vivre, la vie passe ». Aujourd’hui, l’homme ne prend plus le temps de vivre. Immédiateté, précipitation, superficialité … quand vous nous tenez !!

22 mars 2011

Ambiguïté

Enfin, le monde a engagé le combat contre Kadhafi, fou dangereux qui rappelle étrangement un certain Adolf Hitler, tant par les incohérences des discours que par le mensonge élevé au grade de politique nationale. Propagande, jusqu’au-boutisme, mensonges, atrocités, tous les ingrédients du nazisme se retrouvent dans le comportement de Kadhafi. Nous avons cru, pendant un instant, à une unanimité mondiale contre un tel danger. Tout le monde, ou presque, a donné son accord pour combattre ce fou dangereux et le mettre hors d’état de nuire. Mais il a suffi de quelques bombes larguées sur le territoire libyen pour qu’aussitôt les ambiguïtés et les discordances apparaissent. L’armada internationale est soudainement devenue uniquement occidentale et son comportement suspect. La Russie, la Chine, le Venezuela, tous pays dirigés par des dictateurs, élèvent de sérieuses réserves envers les actions militaires menées par quelques pays occidentaux à défaut de la participation des autres nations. Ce comportement, disons ce revirement, s’explique facilement par le fait que ces dictateurs craignent que les exemples maghrébins ne déteignent dans leur propre pays. La peur d’une contestation populaire qui s’accompagnerait d’un soutien occidental devient peu à peu un vrai cauchemar pour ces régimes d’un autre âge. De même, la Ligue arabe et l’Union Africaine, qui ne brillent pas par la démocratie de leurs régimes, sont envahies par la peur d’une contestation populaire qui demanderait l’aide occidentale à l’image du peuple libyen. Pas un seul dirigeant africain n’avait d’ailleurs protesté devant le risque de massacres à Bengazi. Tous les régimes dictatoriaux et corrompus du monde qui survivent encore sont envahis par la peur de voir les occidentaux intervenir à la demande d’une révolte populaire, nourrie par un besoin irréfragable de liberté et de démocratie. Nous ne pouvons qu’espérer que la coalition occidentale ira au bout de sa mission qui, au-delà des circonlocutions diplomatiques, est bien le renversement de Kadhafi. Mais rien ne sera possible sans les Libyens eux-mêmes. C’est à eux que revient la responsabilité de renverser le tyran. Pour pousser à ce renversement, les occidentaux ont une arme simple. Plus de 90% des produits consommés par la population est importée et payée par la vente du pétrole. Il suffit donc d’un embargo et que les insurgés prennent possession de la production pétrolière pour priver Kadhafi de tous ses moyens. Par contre, si le soulèvement populaire libyen ne se produit pas, alors la situation deviendra ingérable et les occidentaux risquent de se retrouver dans un bourbier qui s’éternisera. A ces ambiguïtés, il faut ajouter l'attitude de l'Italie qui ne supporte pas de voir la France prendre l'initiative de cette intervention dans un pays ancienne colonie et qui est, traditionnellement, considéré comme une chasse gardée. Quant aux Républicains américains, ceux-ci s'insurgent des prétentions françaises de leadership militaire. Toutes ces ambiguïtés vont, au total, compliquer cette intervention et lui font courir le risque d'un échec.

17 mars 2011

Ite missa est


Un peuple, avide de démocratie et de liberté, se soulève contre son tyran et appelle les occidentaux au secours lorsque leur dictateur utilise son aviation militaire que ces derniers lui ont aimablement vendue et l’écrase sous les bombes. Mais ceux-ci papotent et tergiversent, restent assis sur leur cul et au chaud dans leurs pantoufles, regardant, impassibles, les Libyens se faire massacrer. Nous devons avoir honte d’être des occidentaux. Nous avons perdu notre honneur et nous aurons des représailles. Le peuple Libyen nous en voudra à jamais de l’avoir abandonné et Kadhafi nous menacera et nous rappellera qu’il est expert en terrorisme. Ainsi, l’Occident aura perdu sur tous les tableaux. L’Europe est devenu un peuple de « beaufs », uniquement préoccupé par ses petits problèmes et ses petites querelles internes, étouffé par un égoïsme qui le disqualifie pour parler de démocratie et de défense des libertés. Qui osera encore regarder un Libyen dans les yeux ? Nous n’y verrions que du mépris. Enfin, le premier qui va s’essuyer les pieds sur la pusillanimité occidentale, est Mahmoud Ahmadinejad qui, convaincu qu’il ne risque rien, va accélérer la fabrication de sa bombe. La messe est dite : l’Europe des valeurs est bien morte. Indignez-vous, voilà une vraie raison !

15 mars 2011

Pusillanimité honteuse

Les Libyens sous les bombes appellent au secours et demandent, à grands cris, que l’Europe intervienne pour faire stopper le massacre auquel se livre Kadhafi. En réponse, les occidentaux s’enlisent dans des réunions interminables, sans résultat autre que l’attentisme coupable. Dans cette déconfiture qui fait sombrer à jamais l’objectif d’une Europe crédible et influente, l’Allemagne joue un rôle de premier plan. Sa pusillanimité s’expose en plein jour après s’être manifestée à plusieurs reprises. L’Allemagne a freiné des quatre fers dans la crise financière avant d’accepter, trop tard, de participer à l’aide aux pays les plus touchés. Dans la mise en œuvre de mécanismes de solidarité financiers, l’Allemagne a été plus que réticente. Aujourd’hui, elle fait partie de ceux qui refusent la mise en place d’une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye par peur d’un engagement militaire qui leur paraît plus grave que le massacre des Libyens. La réaction de la Chancelière Angéla Merkel qui se précipite, quelques heures à peine après les difficultés du Japon avec une centrale nucléaire, pour établir un moratoire sur la décision de prolonger l’utilisation des centrales nucléaires allemandes relève, à la fois, d’une pusillanimité mal contrôlée et d’un comportement électoraliste qui ne s’embarrasse pas de considérations morales. Elle est suivie dans cette attitude par les écologistes français qui utilisent l’accident japonais, sans vergogne et avec une indécence choquante, pour « sauter sur leur chaise en criant : arrêtez le nucléaire, arrêtez le nucléaire » ! Passant sous silence que l’accident japonais n’est pas dû au séisme mais uniquement à l’énorme tsunami dont a été victime la région sinistrée, ils veulent faire croire que les centrales françaises sont susceptibles de subir les mêmes dommages, ce qui est un mensonge éhonté. Tout cela relève à la fois d’une indécence insupportable et d’une pusillanimité honteuse.

14 mars 2011

Paradoxe mensonger

Il était prévisible que les écologistes utilisent le prétexte des catastrophes japonaises pour chevaucher à nouveau leur cheval antinucléaire. Une fois de plus, leur voix s’élève pour demander la sortie du nucléaire français au prétexte que les accidents des centrales japonaises sont la démonstration de la dangerosité de ce moyen de production énergétique. Il s’agit là d’une intoxication politicienne basée sur un (ou plusieurs) mensonges. Tout d’abord, les accidents survenus au Japon ne sont dus ni à un dysfonctionnement des centrales (qui se sont arrêtées automatiquement au moment du séisme) ni au séisme lui-même qui est, rappelons-le, un des plus important que l’humanité ait jamais connu. La véritable cause des accidents nucléaires est l’énorme tsunami dont a été victime le Japon : une vague de plus de dix mètres de haut qui a pénétré à plus de cinquante kilomètres à l’intérieur des terres et fera plus de dix mille morts et qui a détérioré les systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires. Non seulement la France n’est pas susceptible de connaître un séisme de cette ampleur, mais encore moins un tsunami analogue. La Méditerranée est une mer fermée et l’Atlantique n’est pas ceinturé, comme le Pacifique par un réseau de failles de subduction et de volcans, ce qui rend pratiquement impossible un tsunami de grande ampleur sur les cotes françaises. De plus, la sortie du nucléaire imposerait de remplacer cette source d’énergie, qui représente près de 80% de la production électrique française, par des sources nouvelles. Or, il est techniquement impossible de remplacer la totalité du nucléaire par les techniques éoliennes ou solaires qui ne pourront que rester des productions marginales. Il faudrait donc remplacer le nucléaire par des centrales à charbon ou à gaz, c’est-à-dire produire massivement des gaz à effet de serre. Ainsi, les écologistes préconisent, sans le dire, d’augmenter inconsidérément notre participation à l’effet de serre et au dérèglement climatique ! Voilà un paradoxe qui devrait nous faire réfléchir.

12 mars 2011

Illiasseux

Il y a ceux qui :
• ont des conversations téléphoniques dans les transports en commun
• roulent obstinément sur la bande médiane des autoroutes à 3 voies
• font uriner leur chien dans les parties communes des habitations collectives
• font couler l’eau d’arrosage de leurs plantes de balcon sur le balcon inférieur
• disent que tous les chômeurs sont des fainéants
• jettent de la nourriture non empaquetée dans les V.O. communs
• laissent les déjections de leur chien sur les trottoirs
• restent obstinément sur le quai au milieu des sorties de voitures du métro
• chantent du rap prétentieux et des chansons imbéciles
• font hurler leur chaîne stéréo sans souci des voisins
• dévastent la ville avec leurs graffitis et leurs tags débiles
• font du marketing téléphonique après 19h.
• garent leur voiture devant la sortie d’un garage particulier ou d’un parking
• inventent des slogans plutôt que d’avoir des idées ou des convictions
• garent leur bagnole sur les emplacements réservés aux handicapés
• sont toujours contre, faute d’avoir des idées
• confondent décade et décennie
• circulent en vélo sur les trottoirs
• vivent du chômage en vilipendant l’État
• hurlent avec les loups
• écrivent des livres inutiles
• … et tous les autres

07 mars 2011

La nef des fous

Élections truquées, répression sanglante de l’opposition, mépris des institutions internationales, appel à des mercenaires sans foi ni loi pour tirer sur les femmes et les enfants, aveuglement forcené et hystérique, hypocrisie et mensonges, telles sont les caractéristiques de trois fous qui ensanglantent leur pays respectif : Mouammar Kadhafi, Laurent Gbagbo, Mahmoud Ahmadinejad. Devant ces folies meurtrières, la communauté internationale est sans arme et sans moyens autres que les sanctions économiques qui frappent, sans distinction, les coupables et les innocents. Le Libyen a levé une armée de mercenaires, attirés par l’argent et qui n’ont aucune hésitation à tirer sur les civils à l’arme lourde. Il met son propre pays à feu et à sang dans l’unique objectif de se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Ses diatribes hystériques, niant la réalité, rappellent dramatiquement les vociférations hitlériennes de sinistre mémoire. L’Ivoirien a refusé le verdict des urnes après avoir prolongé indûment pendant dix ans son pouvoir arrivé à échéance. Il prend le risque d’une partition de son pays, l’une privé de moyens pour cause de sanctions économiques prises par la communauté internationale, l’autre sans moyen de développement car sans ressources et sans accès à la mer. L’obstination maladive de cet homme conduit la Côte d’Ivoire vers l’effondrement économique et la guerre civile. L’Iranien, après avoir truqué honteusement les élections présidentielles, bourre ses prisons d’opposants politiques et d’étudiants, les pend en place publique, menace les femmes de lapidation ou fait tirer sur elles dans les manifestations, se moque des institutions internationales en fabriquant clandestinement sa bombe nucléaire et en cherchant tout occasion pour mettre le feu au Moyen-Orient. Cette partie du monde est à la dérive.
Le bateau ivre de la folie contient, hélas, bien d’autres passagers. Notamment le Turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow (répression des minorités ethniques, interdiction des partis politiques, justice expéditive, pas de liberté de la presse et de religion), le Kasakh Noursoultan Nazarbayev (tortures généralisées utilisées par le système judiciaire et policier), le Coréen Kim Jong-il (élimination de l’opposition, pas de liberté d’expression, de circulation, de religion, d’association, travail forcé et camps de concentration), les militaires Birmans Soe Win, Maung Aye, Than Shwe (aucun droit de l’homme, travail forcé, emprisonnement des opposants). Les Droits de l’Homme sont hélas une espèce en voie de disparition dans de nombreux pays du monde.

05 mars 2011

Pouvoirs régaliens

Au moment où les révoltes du monde arabe tentent, dans la douleur, de devenir des révolutions, souvenons-nous que nous devons aux hommes de la Révolution de 1789 la devise qui fleurit sur les frontons de nos mairies et qui a fait le tour de monde. Nous n’avons pas le droit de l’oublier. Bien entendu, le monde a évolué depuis les années révolutionnaires et s’est complexifié. La société française a changé et multiplié ses connexions avec le reste du monde. Aujourd’hui, cette belle devise a une couleur d’utopie. Pour lui rendre son caractère opératoire, peut-être serait-il judicieux de remplacer le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » par « Liberté, Équité, Solidarité ». En effet, à travers cette devise revisitée, s’écrit la responsabilité fondamentale de l’État. À l’heure où les difficultés nationales entraînant certains à s’interroger sur le rôle de l’État et, enfourchant un Thatchérisme mal pensé, à rechercher la solution dans la diminution de sa zone d’intervention au bénéfice du secteur privé, il est intéressant de se fonder sur cette devise républicaine pour définir ce qui ne peut relever que de l’État, ce qu’on a l’habitude de nommer les secteurs régaliens.
Défendre la liberté du citoyen est, évidemment, la responsabilité majeure de l’État. Liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de circulation, liberté d’entreprendre, toutes ces libertés sont la marque de la démocratie et il appartient à l’État de les protéger et de les garantir. Pour cela, la justice, la police, l’armée sont les moyens de cette responsabilité.
L’équité n’est pas l’égalité que des surenchères populistes et démagogiques ont fait évoluer vers l’égalitarisme. Ce dernier consiste à mettre tous les citoyens sur la même ligne de départ de la course au succès et à garantir que tous atteindront ensemble une même ligne d’arrivée. Évidemment, la vie n’est pas conforme à cette image d’Épinal. L’équité, quant à elle, consiste à donner à chacun les chances suffisantes de participer à la course et d’atteindre, à son rythme, la ligne d’arrivée, sans être forcément le premier. Il s’agit de l’égalité des chances. Garantir cela fait aussi partie des responsabilités majeures de l’État. L’égalité des chances commence par l’égalité des possibilités d’acquisition des connaissances nécessaires pour concourir. L’État ne peut, en aucun cas, se dédouaner de cette responsabilité sans y perdre sa légitimité ! Envisager de la transmettre au secteur privé revient, obligatoirement, à une sélection par l’argent puisque le profit et le seul et nécessaire objectif de l’entreprise privée.
Si la fraternité est un sentiment, souvent une utopie, la solidarité est une organisation de la société qui relève de la responsabilité étatique. Cette organisation est incarnée, depuis la Libération, dans la Sécurité Sociale et l’assistance aux plus défavorisés et, pour filer la métaphore de la course à la vie, qui s’efforce de ne pas abandonner le citoyen au bord du chemin. Pour faire fonctionner cette organisation, l’État exerce la responsabilité régalienne de lever l’impôt. Cet impôt n’est pas fait, contrairement à un discours malsain qui a tendance à se généraliser, à appauvrir les « riches » mais pour permettre aux services publics de fonctionner avec la meilleure efficacité possible (c’est-à-dire le meilleur rapport qualité-coût) et au service de tous les citoyens, afin de mériter leur nom.
Liberté, équité, solidarité, telle est aujourd’hui le programme de la République démocratique française et rien ne doit y porter atteinte. On peut s’interroger sur le rôle de l’État dans le fonctionnement de la société, mais cette devise forme le socle inaltérable du pacte républicain du peule français.