25 janvier 2010

Désobéissance

La peur du changement est le propre de l’espèce humaine. Toute modification exogène de l’organisation socio-économique provoque une crainte qui génère automatiquement des résistances. Cette constatation se révèle vraie dans toutes les corporations qu’elles soient publiques ou privées. Les médias sont riches des évocations de conflits au sein des entreprises ou de l’administration, nés d’une volonté managériale de modification de l’organisation. L’Éducation Nationale est exemplaire en la matière. Les enseignants se sont toujours élevés contre toute tentative de changement pédagogique ou organisationnel de l’Éducation Nationale. Pratiquement tous leurs ministres ont dû abandonner leur projet, voire démissionner de leur fonction. Le projet actuel d’évolution de l’enseignement primaire n’échappe pas à cette malédiction. Actuellement, environ 17% des enfants entrant dans l’enseignement secondaire ne maîtrisent ni l’écriture ni la lecture. Devant ce grave constat d’échec, le Ministère de l’Éducation Nationale a proposé des orientations pédagogiques pour l’école maternelle et pour le cycle primaire. Ces propositions ont immédiatement suscité des réactions nombreuses et négatives du corps enseignant. Et, au sein de cette corporation, a vu le jour une catégorie plus radicale que les autres et qui s’est nommée par le néologisme des « désobéisseurs », mot inexistant dans la langue française, ce qui est un comble pour des enseignants. Ils auraient pu choisir bien d’autres mots : les insoumis, les mutins, les rebelles, les résistants, les révoltés, les opposants, etc … Mais là n’est pas le centre du problème. Ces enseignants refusent d’appliquer les directives du ministère dont ils dépendent et prétendent entrer « en résistance pédagogique ». Ce sont pourtant des fonctionnaires d’État. Dans toute entreprise, un salarié qui refuse d’appliquer les consignes de ses managers commet une faute grave qui débouche sur le licenciement. Ce risque n’existe pas pour un fonctionnaire d’État. Cette insoumission est donc sans risque. Elle est donc sans courage, sauf à ce que le fonctionnaire démissionne. Mais aucun d’entre eux n’a fait ce choix malgré les sanctions financières justifiées dont il a fait l’objet. On peut être réservé quant à l’application de ces sanctions, mais lorsque l’on entend les justifications données par les porte-parole de ces enseignants, on ne peut qu’approuver l’existence de ces sanctions. En effet, on reste confondu lorsque l’on entend qu’un des reproches faits par ces professeurs en parlant des enfants est « d’en avoir fait des élèves et non des enfants » ! Il y a là une grave confusion entre le rôle de l’école et de la famille, entre la transmission du savoir et l’éducation. Laisser les règles s’établir peu à peu par les enfants eux-mêmes est également la doctrine mise en œuvre par ces
« désobéisseurs ». L’enseignant n’enseigne plus, il n’est plus qu’un simple animateur ! On est bien loin de ce que la société demande à l’Education Nationale et on frémit du risque que ces hommes et femmes font courir aux enfants. La liberté pédagogique est une nécessité, mais celle-ci ne peut aller jusqu’à la négation du rôle de l’enseignant. La justification ultime avancée par les « désobéisseurs » est qu’il est justifié qu’un enseignant ne respecte pas les directives de son ministère pour ne pas être « rabaissé » au rang d’automate. Lorsque l’on sait que, par bonheur, ces « désobéisseurs » ne représentent que 1% du corps enseignant public (ce qui fait quand même près de 7000 personnes), il est alors insultant pour les 99% restant d’être traités « d’automates » par leurs confrères, c’est-à-dire d’individus sans conscience ni intelligence. Cette « résistance » pédagogique n’est-elle pas uniquement l’expression d’un rejet compulsif d’un gouvernement de droite ? La politique n’a-t-elle pas abusivement remplacé le devoir pédagogique ? Alors, messieurs les « désobéisseurs », ayez le courage de démissionner ! C’est la seule façon de donner une certaine crédibilité à vos discours.

22 janvier 2010

Populisme aggravé

Voulez-vous savoir ce qu’est le populisme ? Ce qui vient de se passer au sujet de la rémunération de Mr. H. Proglio en est une brillante démonstration. La levée de bouclier qu’a suscitée dans le monde politique et au sein de la population le montant du salaire de ce chef d’entreprise, qui n’était en fait qu’au niveau préalablement promis par le gouvernement avant qu’il n’ait accepté le poste, est un magnifique exemple de populisme aggravé. Le « peuple » ayant trouvé insupportable et indécent le niveau de cette rémunération, les politiques ont immédiatement enfourché le même cheval de l’indignation morale. Certes, ce montant est important. Et il est tentant de faire des comparaisons faciles avec le salaire moyen des travailleurs de tous bords et de fulminer à grands cris. Mais alors, pourquoi les politiques ne manifestent-ils aucune indignation au sujet des rémunérations touchées par certaines vedettes du show-biz, du sport en général et du football en particulier ? Certains de ces individus touchent des émoluments qui sont de 5 à 10 fois plus importants que ceux proposés à Mr. H. Proglio. De plus, beaucoup d’entre eux vont cacher leurs gains en Suisse ou dans tout autre paradis fiscal, ce qui n’est pas le cas du PDG d’EDF. Et aucun politique n’élève la moindre protestation, tout simplement parce que le « peuple » accepte cette situation et que, pour les politiques, aller dans le sens de la doxa c’est-à-dire « caresser le peuple dans le sens du poil » est une obligation avant une échéance électorale prochaine. C’est cela que l’on appelle le populisme.
Ceci étant dit, il n’en reste pas moins que Mr. H. Proglio, maintenant plus que jamais, doit démontrer sa compétence à faire prospérer son entreprise. Et il a déjà du travail ! L’échec d’Abou Dabi en face des Coréens, l’affaire des déchets nucléaires en Russie, les difficultés de l’EPR, les difficiles relations avec AREVA, sont autant de problèmes auxquels il doit apporter rapidement une réponse, faute de quoi il deviendra légitime de dire que ses compétences ne sont pas à la hauteur de sa rémunération. Mais pas avant et surtout pas à priori.

20 janvier 2010

Gouverner, c’est prévoir

Le 20 Janvier 2010, la secrétaire générale du Parti Socialiste Martine Aubry a évoqué la possibilité de porter à 61, voire 62 ans, l’âge officiel de la retraite. Lorsque l’on se souvient que « la retraite à 60 ans » est une réalisation mitterrandienne, on ne peut que souligner le courage de cette prise de position, venant d’une ancienne ministre de la présidence socialiste. Il n’est pas sûr qu’elle soit suivie dans cette voie par ses congénères du parti. Déjà, H. Emmanuelli a protesté. Et son argumentation est intéressante à analyser. La situation des retraites, dit-il, n’est pas suffisamment catastrophique pour qu’une telle mesure se justifie. Or, gouverner, c’est prévoir. Lorsque la situation démographique du pays passe de trois actifs à un actif pour un retraité, il est d’une éclatante évidence que, pour préserver les règles de la répartition, édictées en 1941 et incorporées à la Sécurité Sociale en 1945 dans le programme du Conseil National de la Résistance, il faut prévoir les conséquences de la transformation de la pyramide des âges, de l’allongement de l’espérance de vie, de la rentrée de plus en plus tardive dans la vie active qui se sont produites depuis 60 ans. Monsieur H. Emmanuelli se bande les yeux devant cette évolution et refuse de prévoir l’inéluctable effondrement du système si les règles sont laissées en l’état. Tous les autres pays européens, soumis à une transformation démographique analogue, ont pris des mesures. Il est grand temps que la France en fasse autant, même si cela nécessite des efforts, voire des sacrifices, importants. Lorsque Monsieur H. Emmanuelli refuse de prévoir cette évolution, il refuse, dans le même temps, d’être un homme politique de gouvernement. Tout simplement parce qu’il manque du courage le plus élémentaire et se réfugie dans la démagogie mensongère. Peut-être la proximité des élections régionales expliquent-elles ce comportement ? En dehors des syndicats qui resteront conformes à ce qu'ils sont, gageons qu'il y aura d'autres hommes politiques pour s'accrocher à la retraite à 60 ans.

18 janvier 2010

Quel avenir pour Haïti ?

Pour les habitants d’Haïti, il s’agit d’une fin du monde, d’une apocalypse. Pauvres au-delà du raisonnable, les voilà complètement démunis, meurtris, blessés, détruits. Cette île, posée sur la route des cyclones tropicaux, est aussi assise sur une faille importante de la tectonique des plaques. Aux douleurs dues à une Histoire chargée de révoltes humaines, de guerres et de dictatures, les habitants de cette île vivent sous la menace des révoltes de la nature. Déjà en 1751, un séisme détruisit Port-au-Prince. Les tremblements de terre, les ouragans, les inondations, sont récurrents. Depuis toujours, l’île compte ses morts. En 1963, l’ouragan Flora fait 5000 victimes, l’inondation des Cayes noie 20.000 hectares en 1986, l’ouragan Jeanne de 2004 fait 300.000 sinistrés et 3000 morts. La litanie des catastrophes est impressionnante. Le séisme de 2010 fera plus de 200.000 morts. A cette succession de catastrophes naturelles s’ajoute l’incurie des dictatures successives qui ont conduit ce pays aux portes de l’absolue pauvreté. Haïti est un pays détruit à la dérive. La réaction immédiate et importante des USA est à la hauteur de la catastrophe humanitaire qui frappe l’île. Le désordre qui s’est installé et l’incapacité du gouvernement haïtien à maintenir l’ordre justifie l’envoi par les Américains d’une force armée importante pour contenir et empêcher les débordements que crée obligatoirement le désespoir. La prise en main, par les USA, de l’administration de l’île est en cours. Un regard sur la carte du monde montre que Cuba, cette épine dans le pied de la diplomatie américaine, est à mi-chemin entre la Floride et Haïti. Comment ne pas songer que l’idée de faire de cette île le cinquante et unième état des USA n’ait surgi dans l’esprit de l’administration américaine ? Comment ne pas imaginer que les stratèges américains n’aient pas immédiatement vu la possibilité de prendre Cuba en sandwich et, ainsi, de renforcer la pression des USA sur ce « furoncle » communiste qui a poussé au beau milieu de la zone d’influence américaine ? Sans faire à priori un procès d’intention aux USA, la communauté internationale et l’ONU devront, malgré tout, rester vigilants. Les Haïtiens ont chèrement payé dans le passé leur indépendance et ils méritent de la garder.

16 janvier 2010

L’ « affaire » Peillon

Il n’est pas douteux que Monsieur Peillon ait une aversion profonde pour Monsieur Éric Besson. Peut-être cette aversion n’a-t-elle comme équivalent que celle qu’il ressent pour tout représentant du Front National. On peut comprendre les raisons de cette double et infrangible détestation. On peut comprendre que Mr. Peillon ne puisse pardonner à Mr. Besson, ancien responsable brillant et plein d’avenir du Parti Socialiste, d’avoir trahi sa famille politique en affichant son soutien à l’actuel Président de la République et, pire encore, en prenant part au gouvernement actuel. De la même façon, on peut comprendre la répugnance que Mr. Peillon ressent envers les idées et les représentants du Front National. Tout cela est légitime.
Par contre, se servir consciemment et volontairement des médias nationaux pour leur tendre un piège, minutieusement réfléchi et organisé, pour le seul bénéfice de sa notoriété, est proprement scandaleux. Il eut été compréhensible que Mr. Peillon refuse de participer au débat, en informant de son refus l’organisatrice au moment même où cette dernière lui en a fait la proposition. Il aurait même pu parler au nom de son parti, à condition d’en avoir informé préalablement les instances dirigeantes, et déclarer que le Parti Socialiste refusait de débattre de l’identité nationale avec de tels contradicteurs. C’eût été son droit. Par contre, faire semblant d’accepter le débat pour annoncer, en cours d’émission et par SMS interposé, qu’il refusait de participer est ce qui s’appelle un piège construit sur un mensonge. La première conséquence est de jeter le doute et la suspicion sur la totalité de la classe politique qui n’avait guère besoin de cela, tant la méfiance des citoyens est grande à son égard. La seconde conséquence est un scepticisme grandissant sur le courage de Mr. Peillon et ce doute portera nécessairement un préjudice important sur sa crédibilité et, donc, sur son avenir politique. La troisième conséquence est que Mr. Peillon s’est fermé pour très longtemps l’accès aux médias publics qui ne prendront plus jamais le risque de construire un débat avec sa participation.
Enfin, la cerise sur le gâteau. Pour parer sa défection de la couleur d’une indignation irrépressible, Mr. Peillon a demandé la démission de la direction de France Télévision au seul motif d’avoir organisé ce
débat ! De quoi déclencher un énorme éclat de rire. La dernière conséquence est donc que Mr. Peillon s’est couvert de ridicule.

12 janvier 2010

Le principe de précaution

L’épisode de la vaccination contre la grippe A-H1N1 met, une fois de plus, en lumière l’aspect pervers du principe de précaution. La nocivité de ce principe ne tient pas tellement au fait que les anticipations gouvernementales paraissent aujourd’hui excessives, mais bien dans le fait que, si celles-ci n’avaient pas eu lieu et que la pandémie eût été importante, la collectivité aurait violemment réagi en critiquant le gouvernement, voire en engageant des poursuites judiciaires. Ce principe est une invention allemande de la fin des années 60 et incorporé dans la Constitution Française en 2005. Traumatisé par l’affaire du sang contaminé, par l’épisode du prion de la vache folle, par la propagation du SRAS, par la canicule de 2003, le gouvernement (et la collectivité) interprète ce principe comme un principe de responsabilité de l’État Français et celui-ci se transforme alors en principe de couverture (de responsabilité) qui incite les politiques à suspendre l’action. De plus, ce principe consiste à donner le plus grand poids possible au plus petit risque supposé, donc à exagérer la menace et devient ainsi un risque subjectif de la collectivité, y compris des responsables politiques, que les médias se plaisent à exacerber. Il supprime la légitimité décisionnelle des responsables politiques, soumis de force à l’injonction de précautions maximales. Les domaines où ce principe risque d’avoir de dramatiques conséquences sont déjà nombreux : environnement, recherche (recherche génétique, nanotechnologies), applications industrielles (portables, EPR), santé. Les effets les plus dramatiques du principe de précaution se font ressentir dans le domaine de la recherche. La recherche française ne se porte pas bien depuis un certain temps déjà. On constate une diminution de la part des brevets français déposés en Europe, une désaffection des jeunes pour les filières scientifiques universitaires, la faiblesse du financement de la recherche par les entreprises. Partant de l’insuffisance avérée de l’innovation en France, un rapport confidentiel de l’Inspection des Finances en 2007 dénonce l’organisation et "l’inefficacité économique de la recherche publique". Le retard de l’innovation et de la recherche industrielle en France (et en Europe) est indiscutable. Ainsi le chiffre d’affaires des biotechnologies est de 53 milliards de dollars aux États-Unis et de 2,5 milliards de dollars pour l’ensemble de l’Europe, au sein de laquelle la France occupe une place moyenne, avec une nette tendance au recul. Le principe de précaution ne peut qu’aggraver cette situation en freinant les recherches sur la génétique (OGM, cellules souches, ADN, …), en limitant drastiquement les applications des nanotechnologies, en soulevant de multiples obstacles aux techniques utilisant des ondes porteuses, etc … Le principe de précaution cherche à supprimer le risque. Mais le risque zéro est une utopie. De plus, sans risque, il n’y a pas de vie.
Donc, si l’on veut vivre, il faut enlever au dangereux principe de précaution son caractère constitutionnel et législatif qui le rend contraignant et laisser l’appréciation du risque à l’intelligence humaine. À nous de confier la décision à des hommes capables de la prendre. C’est cela le devoir de la démocratie.

09 janvier 2010

Violence

Hakim est mort la nuit dernière. Poignardé dans son lycée par un autre élève pour une raison futile. Aussitôt, resurgissent les discours sur la « sanctuarisation » de l’école, les mesures de protection et de surveillance. On parle à nouveau de portiques de détection, de caméras. Les syndicats et les associations enfourchent à nouveau le discours du manque de moyens. Tout cela a déjà été entendu maintes fois depuis que la violence s’est installée dans la société. L’école n’échappe pas à cette intrusion (Champigny, Toulouse, Gagny, …). Il est illusoire, quels que soient les moyens mis en œuvre, d’espérer arrêter la violence aux portes de l’école lorsque celle-ci prolifère à l’extérieur, lorsqu’elle existe et pénètre journellement et par intrusion médiatique jusque dans les foyers. Comment imaginer que la violence des adultes reste sans effet sur les enfants ? La seule et vraie protection devrait se trouver dans le sein familial en charge de l’éducation, l’école ayant la charge du savoir, ce qui n’est pas la même chose. Malheureusement, beaucoup (de plus en plus ?) de parents délèguent à l’Éducation Nationale ce qui est de leur responsabilité. Les vraies questions sont donc les suivantes : comment mettre les parents en face de leurs responsabilités ? Comment la société doit-elle s’organiser pour empêcher que se développent une culture et une banalisation de la violence ? Comment la société peut-elle empêcher la création de ghettos qui deviennent des bouillons de culture pour le virus de la violence, à cause de la désespérance ?

08 janvier 2010

Caricature

Un homme politique d’envergure, le dernier représentant authentique d’un gaullisme exigeant et sans concession, est décédé. Je veux parler de Philippe Séguin. Les médias se font l’écho des hommages unanimes des politiques de tous bords. Tous parlent de son engagement sincère pour la République et de sa probité politique. Bref, un homme digne et respectable à qui la France, une fois de plus, n’a pas donné la place qu’il méritait. Lorsque l’on rapproche ce concert de louanges du traitement satirique qu’il a dû subir lorsqu’il était un acteur de la vie politique (qui ne se rappelle la caricature infamante que les « guignols de l’info » de Canal + ont fait de lui), on est en droit de se demander jusqu’où la satire a le droit d’aller, pourquoi ce droit exorbitant de n’avoir pratiquement aucune limite ne s’accompagne-t-il pas du devoir de rester décent ? Cette même question se pose pour certains chroniqueurs actuels qui se répandent dans les médias et qui, confondant humour et provocation, gagnent confortablement leur vie en déversant des tombereaux d’ordures sur le monde qui les entoure. La liberté d’expression, une des libertés fondamentales de la Démocratie, doit s’accompagner, pour tout esprit ayant un peu le sens du respect d’autrui, du devoir d’éviter la diffamation et la volonté de blesser, de s’abstenir d’abuser de l’impunité de fait que donne cette liberté d’expression.
Avec De Gaulle est morte une certaine idée de la France, avec Philippe Séguin est morte une certaine idée de la République.

06 janvier 2010

Ces politiques qui se racontent

Il n’est pas un homme politique, en exercice ou retiré, qui ne suppose indispensable de livrer au monde son histoire personnelle, persuadé qu’il répond à un devoir de mémoire collective (Chirac, Strauss-Kahn, Jospin, de Villepin, Juppé, Bayrou, etc…). Au nom de quoi ? N’y a-t-il pas une vanité démesurée à croire que le « peuple » attend, comme une révélation, le récit de leur vie, de leurs actions, de leurs erreurs (pour les plus sincères) ? Il semble que ces hommes politiques cherchent à mettre leurs pas dans ceux des grands hommes de la IVème République ou de Charles De Gaulle et de Winston Churchill qui, à leur époque, ont publié, avec beaucoup de talent, leurs mémoires. La grande différence tient dans le fait que De Gaulle et Churchill ont créé une œuvre historique. Leurs écrits sont, en effet, davantage un récit historique que des mémoires. Et, il faut bien l’avouer, le récit qu’ils nous ont fait de leur vie est d’une importance capitale pour la compréhension d’une époque exceptionnelle. Rien à voir avec ce que peuvent nous raconter les politiques d’aujourd’hui qui ne laisseront aucune trace dans l’Histoire. « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France ». Ainsi commencent les mémoires de guerre de Charles De Gaulle. Les hommes politiques actuels n’ont qu’une idée certaine de leur ambition personnelle. Contrairement à la doxa, cette dérive condamnable du monde politique vers le monde « people », qui inonde l’édition d’ouvrages sans aucun intérêt et fabriqués industriellement, n’est pas une preuve de modernité mais le signe d’une perte de la conscience profonde du service à la Nation. Servir son pays par implication politique devrait être un sacerdoce, c’est-à-dire un engagement désintéressé au service de ses concitoyens, bien éloigné de toute recherche frénétique de notoriété et d’accès au pouvoir. Mais notre époque a les hommes politiques qu’elle mérite. À moins que la médiocrité des temps présents ne soit la conséquence de celle des politiques qui nous gouvernent.

01 janvier 2010

Un impossible bilan

La première décennie du premier siècle du troisième millénaire se termine. Peut-on en faire un bilan ? Peut-on identifier une évolution de la condition humaine qui démontre un progrès dans quelque domaine que se soit ? La première évidence est que la violence est devenue la marque de fabrique de cette décennie. Les foyers de violence se sont multipliés : Chine (ouigours, tibétains), Pakistan, Afghanistan et Irak (terrorisme et guerre), Iran (dictature sanguinaire, crimes d’État), Philippines (assassinats d’État), Palestine et Israel (crimes de guerre et contre l’humanité), Zimbabwe et Ouzbékistan (dictatures mégalomaniaques), Niger (coup d’État sanguinaire), Nigeria et Mauritanie (terrorisme), Rwanda et Burundi (guerres tribales), Colombie (terrorisme), Tchétchénie (crime d’État), Somalie (terrorisme et anarchie meurtrière), Yémen (terrorisme), Soudan (génocide), Corée du Nord (dictature sanguinaire), etc … À cette violence d’État s’ajoute celle, plus secrète, de la violence du capitalisme mondialisé. Les graves atteintes à la vie de populations locales font flores dans les grandes entreprises multinationales : déforestations dévastatrices (industries du bois et du papier, industries agro-alimentaires), graves pollutions (industries pétrolières et chimiques), désertification halieutique (industries de la pêche), pollutions radiatives (industries nucléaires), disparition des cultures vivrières des pays pauvres (industries agro-alimentaires), détournement des fleuves et assèchements (responsabilité d’État). N’oublions pas la violence sociétale, celle qui s’exprime dans les agressions armées et les saccages de banlieues, dans les suicides de travailleurs poussés au désespoir dans leur entreprise, dans la mise au chômage brutale des salariés d’entreprises qui se délocalisent ou qui font faillite à cause du comportement immoral du monde financier. Que penser de ce que ressentent les populations qui voient leurs terres disparaître dans la mer dont le niveau progresse irrémédiablement et dont le seul avenir est de devenir des réfugiés climatiques ? N’oublions pas, non plus, l’extrême violence que représentent les enfants prostitués, les enfants soldats, les enfants abandonnés dans les rues des mégapoles. Et peut-on passer sous silence l’agression violente que constituent , pour les cinq millions de pauvres qui essaient de survivre en France, les émoluments extravagants de certains acteurs financiers ou chefs d’entreprise, voire de simples footballeurs ? L’origine commune de toutes ces violences est double : l’argent et la soif de pouvoir. Ne serait-ce pas là le véritable propre de l’homme ?

31 décembre 2009

L’hypocrisie de la relation client

Le marketing d’entreprise est en recherche permanente du concept soi-disant novateur destiné à devenir le graal du déclenchement de l’acte d’achat du consommateur. Après le produit « éthique », voilà le concept de « relation client » qui veut démontrer toute l’attention que l’entreprise promet de porter à ceux qui croiront décider en toute indépendance de devenir un client. C’est ainsi que l’on promet au futur client d’apporter toute l’aide nécessaire à chaque difficulté que ce dernier pourrait rencontrer, d’apaiser toute appréhension qu’il pourrait ressentir. Promettre au client qu’il deviendra une préoccupation constante et pérenne de l’entreprise, tel est le message de la relation client. Tel est le mensonge. En effet qui, après s’être trouvé en difficulté à la suite d’un achat, ne s’est pas retrouvé désemparé et exaspéré en face d’un central automatique d’appel incapable de résoudre le problème existant, qui ne s’est pas trouvé confronté avec l’exécrable « tapez 1, tapez 2, etc… » ? Une fois le client « accroché », l’entreprise n’a plus qu’une seule préoccupation : réduire les coûts, même au détriment du service. Et ceci n’est pas le seul fait des entreprises privées, le même dévoiement existe dans les services publics. Partout le « front-office » se réduit à la portion congrue et se voit remplacé par une série d’automates qui laisse le client se débrouiller sans aucune aide personnalisée et adaptée à son problème. Ces automates fleurissent dans tous les domaines : les banques, la Poste, la SNCF, la RATP, la grande distribution, les opérateurs téléphoniques et d’accès à Internet, les centres d’appel, les standards d’entreprises, etc… Les entreprises, privées et publiques, construisent un discours sur la qualité de la relation client et, dans le même temps, supprime tout contact réel avec lui. Les salariés se retrouvent ainsi confinés dans le « back-office », loin des clients, et affectés à des activités plus facilement externalisables. Déjà isolé du monde extérieur, le salarié doit subir en outre une organisation du travail qui, sous prétexte de la polyvalence et de la responsabilité personnelle, l’isole de plus en plus de ses collègues, voire le met en compétition. Le salarié se trouve ainsi également isolé du monde intérieur à l’entreprise et ressent un sentiment obsidional qui peut devenir insupportable. Ceci porte un coup violent au « vivre ensemble », augmentant considérablement le stress et pouvant conduire au suicide tenté ou réussi. Le travail perd alors ses valeurs principales, d’une part celle de donner à chacun le sentiment d’exister à ses propres yeux comme à au regard des autres et, d’autre part le sentiment d’appartenir à une communauté qui vous reconnaît. La réduction des coûts au seul bénéfice de l’actionnaire conduit à une gouvernance d’entreprise qui sacrifie non seulement le salarié mais aussi le client. C’est donc une stratégie mortifère à terme. Malheureusement, on ne perçoit aucun signe de changement en la matière.

22 décembre 2009

Une année formidable

L’année 2009 a été une très belle année. Vous en doutez ? En voici la preuve :

• L’économie ne redémarre pas
• Le chômage augmente
• La spéculation continue et prépare la prochaine crise financière majeure
• Les paradis fiscaux perdurent
• Les délocalisations se poursuivent et la France se désindustrialise
• La vie politique française se rigidifie et est envahie par la violence verbale
• Les guerres afghane et irakienne s’enlisent
• Le terrorisme fleurit à l’abri du Pakistan
• La mafia se porte bien en Italie, en Russie, …
• Copenhague est un fiasco, le G20 n’a pas de réels pouvoirs, la gouvernance mondiale est utopique
• Le climat se détraque, les intempéries sont devenues violentes
• La violence, le racisme et l’insécurité augmentent
• Les égoïsmes nationaux se renforcent
• La majorité des jeunes rêve de devenir fonctionnaire
• Un milliard d’hommes souffrent de la faim
• Les salariés se suicident
• La biodiversité se dégrade dangereusement
• La déforestation est galopante
• L’Afrique sombre sous les effets de la dictature, de la corruption, des coups d’état
• La pollution est grandissante et les grandes entreprises polluantes restent impunies
• La déraison s’épanouit au Proche-Orient
• La piraterie est renaissante et les prises d’otages se multiplient
• La France compte 5 millions de pauvres

… mais tout va bien, Madame la Marquise !

19 décembre 2009

Copenhague, la victoire de l’égoïsme

Après l’établissement d’un constat consensuel au sein de tous les climatologues du globe, après deux ans de préparation du symposium de Copenhague, le constat d’échec s’impose, malgré tous les discours lénifiants des responsables politiques à destination de leur électorat. L’unique résultat est d’entériner la nécessité de ramener à 2 degrés l’augmentation de la température moyenne du globe (si tant est que cette notion ait un sens) et … de décider de se réunir à nouveau ! Signe d’une procrastination générale ! Un nombre grandissant de voix se font entendre pour estimer que le nombre de réfugiés climatiques sera de l’ordre de 250 millions, ce qui fait plus de 1 million de réfugiés dans chaque pays de la planète (il y a 192 pays reconnus par l’ONU). Quel pays peut résister à cela ? Aucun. Et ce chiffre ne tient pas compte du nombre de morts sous l’effet des dévastations climatiques actuelles. L’obstination à ne pas conclure réellement appartient aux deux plus grands pollueurs de la planète, à savoir la Chine et les États-Unis. L’un et l’autre ont refusé tout dispositif contraignant et contrôlé d’une réduction effective et immédiate de leurs émissions de gaz à effet de serre. Barak Obama, le sauveur de la planète, a finalement reculé sous la pression du lobbying des industries pétrolières et manufacturières américaines et, vraisemblablement, du chantage exercé par les pays producteurs de pétrole. La Chine a utilisé le prétexte grossier du refus de la mise en place d’un quelconque contrôle au nom de sa souveraineté nationale pour refuser tout objectif chiffré et pour épargner à son industrie toute contrainte qui pourrait renchérir les prix de ses produits exportés qui inondent le monde. A croire que, plus le pays est important, plus l’égoïsme national est grand et aveugle. Notons également le silence étonnant de la Russie tout au long de cette conférence. On peut soupçonner que ce silence dissimule le choix de ne rien faire pour ne pas compromettre une croissance difficile. La vie des pays menacés par la montée des eaux (les îles pacifiques) ou par la sécheresse (l’Afrique) ne pèse pas bien lourd en face de la cupidité des nantis.

17 décembre 2009

Les nombres étonnants





Savez-vous que :

•Les lois de l’Univers se sont construites en :
0,0000000000000000000000000000000000000000001 seconde
et, pendant cette infime durée, la notion de temps n’a aucun sens

•En 0,00000000000000000000000000000000001seconde,
les dimensions de l’Univers ont été multipliées par :
1.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000 .
Il faut multiplier ce chiffre 3 fois par lui-même pour avoir une idée de l’augmentation du volume de l’Univers.

• A l’instant initial, la température de l’Univers dépassait
100.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000 °C

•Les particules élémentaires seraient des segments appelés
cordes longs de
0,000000000000000000000000000000001 cm

•L’expansion de l’Univers est, actuellement, de 20.000.000 km/minute

•Le « rayon » de l’Univers observable fait 130.000.000.000.000.000.000.000 km

•L’Univers observable contient environ 10.000.000.000.000.000.000.000 d’étoiles

•Une galaxie observée à 13.000.000.000 années lumière
se trouve, en fait, à 45.000.000.000 années lumière de distance
à cause de l’expansion de l’Univers

•Les eaux de l’océan pèsent 1.400.000.000.000.000.000 tonnes

• Il existe 100.000.000 millions d’espèces vivantes dont 40.000.000 d’espèces d’insectes

• Il a fallu 3.000.000.000 années pour que les algues bleues purifient l’atmosphère terrestre de son gaz carbonique.

• Dans les grands fonds océaniques vivent 10.000.000 d’espèces animales

• Dans un gramme de terre, il y a 40.000.000 bactéries

• Une bactérie fossilisée vieille de 250.000.000 années a « ressuscité ».

•Le Soleil envoie 1.000.000 de tonnes de particules/seconde dans l’espace

•Le cerveau est constitué de 10.000.000.000 de cellules nerveuses et possède 1.000.000.000.000.000 synapses

•Un globule rouge contient plus de 200.000.000 molécules
d’hémoglobine, chacune d’elles contenant plusieurs centaines d’atomes d’oxygène

•Le coût de la montée des eaux est estimé à 18.700.000.000.000 €

• Sur la Terre, tombent 10.000 tonnes de météorites tous les ans

• L’eau des cellules de l’ensemble des êtres vivants pèse 600.000.000.000 tonnes.

• A chaque instant, 13.000.000.000 tonnes d’eau sont en suspension dans l’atmosphère.

•La France utilise 80.000 tonnes de produits phytosanitaires par an

• Un hectare de forêt transpire 50.000 kg d’eau par jour.

• L’eau des océans se renouvelle tous les 5.000 ans

• 600 tableaux de Picasso ont été volés

•Les méduses de l’Artique ont des tentacules qui peuvent faire 40 m. de long

• J’ai 70 ans.

15 décembre 2009

Une société bimodale

La Sainte loi de l’offre et de la demande exige un certain nombre de conditions pour qu’un marché existe, fonctionne et perdure. Tout d’abord, il est nécessaire que la demande soit réelle, d’origine endogène (c’est-à-dire exprimée par le consommateur) ou exogène (c’est-à-dire créée de toutes pièces par l’offreur comme ce fut le cas pour le téléphone portable). Ensuite, il faut que le demandeur soit dans les conditions économiques adéquates lui permettant d’acquérir le produit ou le service proposé. C’est ainsi que Henri Ford expliquait qu’il fallait absolument que les ouvriers soient correctement payés pour avoir les moyens d’acheter ses voitures. C’est ce que les économistes appellent l’adéquation de l’offre et de la demande. Ainsi, pour que le marché de la demande croisse, il faut généralement que les conditions économiques et sociales des acheteurs s’améliorent. Lorsque ce n’est pas le cas, l’État est fortement sollicité pour mettre en œuvre une politique dite de relance de la consommation par modification de la redistribution, incitation à l’augmentation des salaires, pénalisation des entreprises qui licencient, primes « à la casse», etc … Depuis quelques mois, l’État encourage le développement d’un marché nouveau, appelé services à la personne, censé créer un nombre important d’emplois. Pour que l’adéquation de l’offre et de la demande existe, il faut alors qu’il y ait le plus grand nombre de personnes ayant besoin de ces services. C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait de plus en plus de pauvres et de malades ! Généralement, les PDG fringants et gagnant plus d’un million d’Euros par an n’ont guère besoin de ces services ! Doit-on voir dans la volonté gouvernementale de développer ce marché, l’aveu que le pays est sur la voie inéluctable de la paupérisation ? Doit-on comprendre que l’avenir du pays est d’être constitué pour moitié par une population en état de pauvreté ou de maladie accentuées et pour moitié par une population qui passera son temps à aider les déshérités ? Que l’on se rassure, il restera toujours des banquiers qui spéculeront et des footballeurs et autres acteurs du monde « people » qui placeront leur argent en Suisse. La médaille aura toujours deux faces…

12 décembre 2009

Alerte aux virus

La planète entière est mobilisée par la lutte contre le virus H1N1. Voilà qui est bien. Mais, hélas, d’autres virus, tout aussi virulents et dont les effets secondaires sont absolument nauséabonds, sévissent dans les médias françaises. En effet, des chroniqueurs (je ne sais pas comment les appeler) s’épanouissent en déversant des tombereaux de saloperies sur leurs contemporains sans qu’aucune limite ne vienne freiner leur désir malsain de salir et de blesser. Mensonges, provocations outrancières, insinuations malfaisantes, affirmations nauséabondes sont les matériaux de leurs prestations médiatiques. Leurs noms ? Didier Porte et Stéphane Guyon. Il y en a d’autres, moins connus, qui ne bénéficient pas des feux de la rampe allumés par les médias mais qui se commettent sur les scènes de cabarets. Mais ces deux-là sont exemplaires du mal qui ronge la société. Gagner sa vie et sa notoriété en couvrant de boue ses contemporains est une aberration de notre société qui est décidément bien malade. Recherchés par les médias en mal d’audimat, ces « chroniqueurs » sont symptomatiques du syndrome de la déliquescence sociétale qui se dévoile dans le plébiscite populaire. La foule est décidément bien ce qu’il y a de pire. Les moutons de panurge applaudissent dans le secret de l’anonymat. Il est bien certain que l’infect et la lâcheté ont toujours fait bon ménage ! J’ai beau réfléchir, je ne vois pas de différences entre ce que déversent ces chroniqueurs et ce que l’on entendait sur les juifs pendant les années sombres de la seconde guerre mondiale. La grande différence est que la justice est passée pour punir les antisémites, alors que ces soi-disant humoristes restent impunis. Mais on peut toujours rêver…

08 décembre 2009

Parallaxe

Un consensus ou une majorité d’idée ne fait pas nécessairement une vérité. La vie politique nous le démontre à longueur de temps. Il en est de même dans tous les champs de la pensée, y compris la pensée scientifique. Il est arrivé de nombreuses fois que la grande majorité des scientifiques refusent d’accepter une théorie nouvelle jusqu’à ce que l’évidence s’impose, ce qui peut prendre plusieurs siècles. Ainsi, Démocrite, philosophe de la Grèce Antique, propose l’hypothèse atomiste qui restera controversée jusqu’à la fin du XIX siècle. Lorsque Copernic propose l’héliocentrisme en 1512, ses idées seront rejetées jusqu’à la fin du XVII siècle par l’ensemble de la communauté scientifique et, naturellement, religieuse celle-ci étant toujours en retard d’un train sur l’évolution de la pensée. Alfred Wegener a proposé au début du XX siècle la théorie de la dérive des continents qui fut tout d’abord tournée en ridicule par la communauté scientifique jusque dans les années 1950. Au cours des années 1890, un chercheur américain fit l'autopsie d'une feuille d'épinard, mais sa secrétaire fit une erreur de frappe et l'épinard fut crédité d'une dose irréaliste de fer . Des scientifiques allemands ont tenté de rétablir la vérité en 1930, mais se fut en vain. En 1933, les dessinateurs Dave et Max Fleischer ont transformé l'épinard en potion magique pour Popeye et toutes les mères de famille croient encore aujourd’hui aux effets bénéfiques des épinards grâce à un apport en fer illusoire.
La climatologie est une science neuve qui utilise essentiellement des outils de modélisation car elle utilise des périodes de temps qui dépassent très largement de temps humain et se rapprochent des temps géologiques. Trente ans lui sont nécessaires pour un équivalent d’une minute de vie humaine. Elle construit donc des modèles dont la validité ne peut être totalement certaine car ces modèles ne font que traduire, sous une forme différente, les hypothèses sur lesquelles ils sont construits. L’unanimité quasi totale actuelle des scientifiques sur les causes du réchauffement climatique est peut-être une erreur comme le fut l’unanimité sur le géocentrisme, sur la continuité de la matière, sur la non-mobilité des continents. Pratiquement tous les phénomènes physiques sont complexes et les causes de leurs processus sont multiples. Il en est de même pour le climat (gaz à effets de serre tels le gaz carbonique, le méthane, la vapeur d’eau, etc…, couverture nuageuse, albédo, rythmes solaires, éruptions volcaniques, variations du champ magnétique, interactions avec l’océan, circulation circum-terrestre des courants océaniques, etc…). Un peu de recul serait nécessaire pour éviter qu’un aveuglement détourne l’attention sur d’autres priorités comme celle de l’eau, de la faim dans le monde, de la bio-diversité dégradée, de la pollution grandissante, de la diminution des ressources fossiles. Copenhague est sûrement nécessaire, mais n’est certes pas suffisant car le diagnostique n’est pas certain.

06 décembre 2009

Les minarets

À la suite d’un référendum d’initiative populaire, les Suisses vont modifier leur Constitution pour interdire la construction de minarets sur leur territoire. Il n’échappe à personne, sauf aux extrémistes et aux racistes, que cette disposition exhale un fort relent de xénophobie, de crainte de l’autre, d’exclusion. Près de 60% des Suisses ont voté positivement pour cette disposition. Cela démontre d’une manière exemplaire que « Vox Populi, vox Satani ». En d’autre terme, c’est la démonstration du danger inhérent à la démocratie dite participative ou d’opinion chère à certain ténor du Parti Socialiste. Le référendum d’initiative populaire porte en lui le virus de la démagogie et du populisme. Lorsque le peuple est consulté directement, il ne peut l’être que lorsque la réponse demandée est simple, voire simpliste. Pour cela, la question doit être elle-même d’une extrême simplicité. Or, l’élaboration d’une loi est toujours d’une très grande complexité. C’est la raison fondamentale pour laquelle la société a inventé la démocratie représentative pour faire appel, en principe, à des compétences suffisantes pour cette élaboration avec l’espoir – souvent déçu, il faut bien le constater – qu’elle sera exempte de tout corporatisme étroit. De plus, lorsque les députés votent une loi, il existe un contre-pouvoir qui s’appelle le Conseil Constitutionnel. Par contre, il n’y a aucun contre-pouvoir au référendum d’initiative populaire, ce qui ouvre la voie à toutes les dérives comme le montre le cas des minarets suisses. Souhaitons que la démocratie participative ne reste qu’une utopie sans lendemain.

05 décembre 2009

Diafoirus économique

Décidémeft, la science économique est bien la science des illusionnistes, de ceux qui vous obligent à regarder ailleurs pour ne pas voir la réalité. De plus, quel que soit le problème évoqué, on entend des experts tenants de théories tout à fait contradictoires, exposer leur point de vue avec une égale conviction. L’exemple le plus récent est celui de la régulation du monde de la finance. Toute une partie de la gente des experts économiques soutient logiquement la nécessité de réformer les mauvaises habitudes des acteurs financiers. Cela semble le bon sens même. Mais voilà qu’une école de pensée particulière soutient le contraire, au prétexte que la régulation est inutile car elle ne peut s’appliquer que sur les conséquences d’une crise passée et ne peut donc prévenir une crise future car les acteurs financiers auront toujours assez d’imagination pour trouver les moyens de contourner cette régulation. L’imagination des fraudeurs étant sans limites, il est inutile de chercher les moyens de réguler leurs activités ! Il n’y a, cependant, pas besoin d’être un expert économique pour savoir que si rien ne vient contrecarrer les pratiques condamnables et irresponsables qui ont plongé la planète dans une crise dont nous n’avons pas encore vécu le pire, les acteurs financiers et les banques vont continuer dans leurs aberrations. C’est le simple bon sens qui semble manquer à certains économistes. Le même bon sens tendrait à dire que, non seulement la régulation est absolument nécessaire pour que la morale réinvestisse le milieu financier, mais que ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui est totalement insuffisant. Les décisions prises actuellement ne sont qu’un écran de fumée pour faire croire que les gouvernements ont pris les choses en main. La preuve en est que les banques ont repris leurs activités, sans aucun changement, et continuent de mettre sur le marché des produits dits structurés tout aussi dangereux que leurs prédécesseurs. Grâce à ces produits, elles ont recommencé à gagner énormément d’argent, en profitant du fait que des prêts à taux pratiquement nuls leur ont été accordés par les banques centrales pour sortir de leurs difficultés et qu’elle investissent ces prêts dans des produits dangereux proposés sur le marché. Il est temps que la régulation soit contraignante et que les moyens de contrôle soient importants. Lorsque le conseil d’administration d’une banque anglaise, sauvée in extremis de la faillite par l’injection de plusieurs dizaines de milliards de Livres versées par le contribuable anglais, menace de démissionner parce qu’il craint l’action du nouveau commissaire européen du marché intérieur, on reste confondu devant l’incroyable immoralité de ce milieu. Raison de plus pour l’encadrer au plus près.

01 décembre 2009

Le discours politique

On ne peut qu’être frappé par la simplification, voire le simplisme, et par la répétitivité du discours politique, construit à partir de formules usées jusqu’à la corde à force d’être répétées (la logique comptable, la politique du chiffre, changer le projet de société, dans ce pays, il faut être en capacité, ce que veulent – ou ne veulent plus – les Français, il faut faire bouger les lignes, etc …). Dès qu’un homme politique, quelle que soit son appartenance, prend la parole, nous connaissons d’avance les grandes lignes et le ton général de son discours, les formules qu’il va utiliser. Pourquoi ce schématisme réducteur, quelles en sont les raisons ? Il existe une petite quinzaine de partis politiques (depuis le NPA d’extrême gauche jusqu’au FN d’extrême droite) mais on identifie facilement trois types de discours politiques seulement : le discours sectaire des extrêmes fait essentiellement d’anathèmes et de provocations, le discours de l’opposition construit sur la seule contestation systématique du pouvoir, le discours de la majorité réduit à l’apologie chattemite, voire la justification sommaire, des actions gouvernementales et présidentielles. Chaque type de discours est construit à partir d’idées figées une fois pour toutes, agrémentées d’expressions préfabriquées. Quinze partis et trois types de discours donnent la preuve de cette simplification du propos politique. Il n’y a pratiquement aucune différence entre les discours d’un député vert et d’un socialiste, entre ceux d’un député UMP et du Nouveau Centre. La polémique remplace le débat d’idées. Il est légitime de se poser la question de savoir quelle est la cause de cet appauvrissement du discours. L’homme politique a en charge la vie de la cité et de ses processus de régulation. Or les problèmes de la cité sont d’une technicité et d’une complexité croissantes qui sont la cause d’une difficulté d’appréhension dans un cadre qui s’élargit et se mondialise, où la multiplicité des groupes est elle-même croissante (partis politiques, associations, clubs de réflexion et « think tanks », …). De plus, l’information immédiate et mondialisée, la pression permanente des médias, imposent à l’homme politique une réaction immédiate sans avoir le temps d’une analyse sérieuse. Il devient de plus en plus difficile pour cet homme politique de maîtriser tous les aspects de la vie économique et sociale du pays. Faute de cette maîtrise, ce dernier a de plus en plus de mal à formuler des idées qui, non seulement, abordent l’ensemble des problèmes dans toute leur complexité, mais qui puissent être exposées clairement au citoyen dont la démocratie impose l’intervention. Le citoyen n’a, quant à lui, ni le temps ni la capacité intellectuelle de comprendre et d’assimiler la complexité du monde. Faute de développer des idées et devant la difficulté d’expliquer et de se faire comprendre, l’homme politique aligne ainsi les anecdotes dans un exercice de « storytelling » et se limite aux critiques simplistes. Il est plus simple et plus facile, plutôt que de présenter une analyse débouchant sur une idée originale, de se contenter de qualifier une initiative d’opportuniste à cause de la proximité d’une élection, argument facile car, compte tenu des nombreuses élections, européennes, régionales, cantonales, législatives, présidentielles, on est toujours proche d’une élection. Il est plus aisé de se cantonner à des critiques sur la personne plutôt que de participer à un véritable débat d’idées. Ainsi, l’homme politique a tendance à tenir un discours à la fois catégoriel pour obtenir plus facilement l’adhésion de son auditoire, et en même temps très général et se réduisant à des critiques doctrinaires pour éviter de s’aliéner d’éventuels soutiens. Nous sommes dans l’ère du superficiel et de l’immédiat et un monde qui ne réfléchit plus est un mode sans âme.

18 novembre 2009

Le temps du tragique et du dérisoire

Nous vivons une époque formidable. Le pays traverse une crise sans précédent et les socialistes passent leur temps dans la détestation les uns des autres. L’opposition, en panne d’idée de gouvernement, passe son temps à se quereller sur des questions de préséance en s’invectivant à qui mieux mieux. Ségolène Royale se comporte comme une garce populiste, une harpie démagogique, une institutrice acariâtre morigénant des élèves dissipés et plonge le parti socialiste dans une scène de ménage ridicule. Le pays manque de politiques à la stature d’homme d’État et voilà que Patrick Sébastien veut créer son parti ! Les clowns veulent prendre le pouvoir. Le petit bonhomme en mousse est sûrement le programme le plus adapté au pays en ce moment… Les Français plébiscitent comme futur Président de la République un homme, DSK, dont on ne connaît absolument rien de sa vision politique et de son éventuel programme. En Argentine, 45.000 personnes meurent de faim chaque année parce que les terrains agricoles sont envahis par les cultures de soja destinées aux biocarburants. Les hommes sont sacrifiés pour faire rouler les
bagnoles ! La prédation des terrains agricoles se généralise (20 millions d’hectares), privant les populations locales de leurs ressources alimentaires en supprimant les cultures vivrières. Un milliards d’hommes souffrent de la faim pendant que l’obésité devient une véritable pandémie occidentale. Les terrains de football sont pourris par l’argent, envahis par la violence et le racisme, mais la foule reste fascinée par ce milieu en déliquescence. Pendant que s’entassent dans les tribunes des individus sans avenir et sans repères, sur la pelouse évoluent d’autres personnages dont la Ferrari dort sur le parking du stade. Dans ces jeux du cirque modernes, les condamnés sont dans les tribunes. Les Grands de ce monde tiennent de beaux discours sur la protection de la planète et, d’une année sur l’autre, le taux de CO2 dans l’atmosphère continue d’augmenter. On nous annonce, avec force détail, la fin des paradis fiscaux et de la spéculation bancaire et tout continue comme avant. On nous promet, après le scandale d’Outreau, une réforme de la Justice et tout continue comme avant. On nous promet d’empêcher les délocalisations et tout continue comme avant. Dormez, braves gens !

16 novembre 2009

L’Identité Nationale

Le débat actuel sur l’identité nationale mobilise le microcosme politique et les médias et donne ainsi l’occasion d’entendre n’importe quoi, des opinions qui relèvent davantage du bavardage ou de la polémique. Tout ce tohu-bohu ne viendrait-il pas du fait que le mot est en lui-même un oxymore ? En effet, le mot identité, dans l’acception qu’il prend par exemple dans l’expression « carte d’identité », recouvre ce qui est spécifique à chacun, ce qui est propre et appartient à chaque individu, qu’il ne partage pas. Mais identité a la même racine que le mot « identique » (racine latine idem), qui évoque ce qui est commun, ce qui n’est pas discernable d’un individu à l’autre, ce qui se partage. Le même mot est donc utilisé pour deux significations pratiquement opposées. Il n’est guère étonnant que la confusion s’installe alors dans le débat sur « l’identité nationale ». Le problème est d’identifier, si tant est que cela soit possible, ce qui est commun à tous les individus vivant à l’intérieur d’un pays délimité par des frontières et acceptant les règles de vie commune établies par le pouvoir politique légitime, à un moment donné, à l’intérieur de ces mêmes frontières. Or, les frontières géographiques d’un pays, variables dans le temps, ainsi que le pouvoir politique associé, sont le résultat de toute une Histoire ( « l’Histoire c’est ce qui fout le bordel dans la Géographie » !). Cela entraîne le fait que l’Identité Nationale est variable dans le temps, car elle dépend des faits historiques eux-mêmes. La Gaule a peu de chose en commun avec la France d’aujourd’hui, ni les frontières ni la langue. Et pourtant, nous demandons aux écoliers d’ânonner, sans réfléchir, que nos ancêtres étaient gaulois, même pour ceux dont les parents viennent d’ailleurs. Ce qui est légitime de demander à tout citoyen se réclamant de la nationalité Française (et donc d’exiger de ceux qui la demandent) est d’accepter sans réticence l’Histoire du pays, ses pages glorieuses comme ses moments noirs. Il est impossible de « faire le tri » dans l’Histoire pour se revendiquer des faits historiques consacrés et teintés de grandeur comme la Révolution de 1789 et la Déclaration des Droits de l’Homme et rejeter, dans le même temps des évènements moins glorieux comme la colonisation. Il faut remplacer l’expression « Identité Nationale », trop confuse, par celle « d’Appartenance Nationale » qui fait référence au sentiment de faire partie d’une même communauté, vivant à l’intérieur des frontières du moment et acceptant les mêmes règles de vie commune.

28 octobre 2009

Le virus de la bêtise.

L’univers du Web est, décidément, celui du meilleur et du pire. La grippe A(H1N1) en est un exemple supplémentaire édifiant. Lorsqu’on donne au genre humain la possibilité de s’exprimer anonymement alors l’abject émerge inéluctablement. Les blogs, commentaires et sites dédiés à cette possible pandémie fleurissent sur le Web et les parcourir plonge le lecteur dans l’ahurissement le plus complet. Quelques commentaires que l’on peut trouver à ce sujet :
• La grippe porcine de 1970 a eu lieu pendant la présidence de Jimmy carter, démocrate, et voilà une nouvelle épidémie sous Obama démocrate également! Quelle coïncidence ! Il n’y a pas de fumée sans feu…
• Le virus H1N1 n’existe pas, c’est une invention de l’industrie pharmaceutique pour prospérer sur la panique mondiale. Les médias sont, d’ailleurs, complices par l’excès de communication fait sur le sujet, participant ainsi à l’intoxication menée par la « clique » médiatico-politico-industrielle ! La preuve en est que, si la pandémie était réelle, les États fermeraient leurs frontières ! Les industries pharmaceutiques sont devenues des marchands d’armes utilisant la pandémie H1N1 pour permettre la fabrication à très grande échelle d’un vaccin peut-être inutile car la grippe n’est pas dangereuse, tout le monde sait cela ! Il est certain, d’ailleurs que les industries pharmaceutiques n’hésitent pas à « inventer » en laboratoire de nouvelles maladies pour prospérer !
• L’alerte pandémique est une diversion opportune au moment où de plus en plus de gens sombrent dans la misère, la précarité, le chômage, et où les états se sont lourdement endettés pour éponger les pertes des banques au casino boursier.
• Le vaccin contient des agents nanotechnologiques destinés à modifier le patrimoine génétique humain.
• La durée de péremption du Tamiflu a été volontairement écourtée pour permettre au laboratoire américain fabricant d’en vendre davantage.
• Le virus est un « échappé » d’un laboratoire pharmaceutique à la suite de manipulations dangereuses sur des vaccins.
• Les Francs-maçons et les Illuminati ont « élaboré » le virus pour réduire drastiquement la population mondiale. D’ailleurs, ce sont eux les vrais responsables du 11 Novembre 2001. Une journaliste suisse a porté plainte contre l'OMS, les firmes pharmaceutiques fabriquant le vaccin, mais aussi contre Obama, David Rockefeller, George Sorros et la banque Rothschild pour tentative de génocide.
• Les juifs sont à l’origine de la pandémie !! (tiens, tiens … voilà que l’antisémitisme pointe son nez puant !)
Heureusement, à côté du pire, existe aussi le meilleur et certains sites, tenus par des professionnels de la santé, apportent une véritable information. Mais il faut les chercher. Il n’en reste pas moins que cette affaire est formidablement rentable pour l’industrie pharmaceutique qui prospère de façon éhontée.

23 octobre 2009

Lette ouverte à Mr. N. Sarkozy

Monsieur le Président,

Vous avez montré un dynamisme certain au début d’une crise financière ayant mis en péril de système bancaire mondial. Vous avez été un acteur essentiel du G20 où ont été prises des décisions concernant ce secteur. Pourtant, aujourd’hui, il faut bien constater que la cible a été manquée. En effet, alors que l’activité économique peine à trouver un début de redémarrage et où le chômage continue d’augmenter, nous assistons à une restauration de l’activité bancaire qui frise la provocation. Cela montre, de façon irréfragable, que l’activité financière des banques (en dehors de la gestion des dépôts et des prêts aux entreprises) est complètement déconnectée de l’activité économique réelle. On peut donc se poser légitimement la question de son utilité. Réduire ou encadrer les bonus des traders ou les émoluments des managers du secteur financier ne sert à rien pour empêcher qu’une crise analogue à celle que nous avons connue ne se reproduise de façon encore plus dramatique. En effet, le problème est ailleurs. Les banques se sont livrées à des activités spéculatives de plus en plus risquées et ont inventé la titrisation pour diluer le risque et le rendre invisible. Et lorsque l’on prend, de façon répétée, un risque devenu non mesurable, il est statistiquement démontrable que ce risque sera avéré un jour ou l’autre. C’est ce qui s’est produit et c’est ce qui est entrain de recommencer. Les banques proposent à leurs clients, à la place des produits toxiques telles les subprimes, des produits nouveaux nommés « structurés » qui sont tout aussi risqués et donc toxiques que les précédents. Ce qui vient de se passer encourage d’ailleurs les banques à se lancer dans une spéculation frénétique puisqu’elles sont assurées maintenant que le contribuable viendra les sauver en cas de crise ! Pourquoi se gêner lorsque les bénéfices sont privés et les pertes publiques. La rapidité avec laquelle les banques remboursent le prêt que les États leur ont consenti est le signe d’une volonté de se débarrasser de toute tutelle publique pour pouvoir recommencer leurs anciennes activités. Ce n’est donc pas les rémunérations qu’il faut encadrer (il suffit de les imposer) mais ce sont les activités spéculatives qu’il faut encadrer de façon drastique, voire interdire. Ne pas le faire est le signe que le pouvoir de l’État est de peu de poids devant le lobby financier.

21 octobre 2009

Il n’y a pas de dessein intelligent

Pendant près de 1800 ans, la pensée Aristotélicienne (384-322 Av.JC) s’est imposée au monde, malgré quelques intuitions fulgurantes mais vite oubliées comme celle d’Anaximandre (VIe Av.JC) et de l’infinitude de l’Univers ou d’Aristarque (310-230 Av.JC) et de l’héliocentrisme. Cette description d’un monde centré sur la Terre, c’est-à-dire sur l’Homme, s’est perpétuée jusqu’à Ptolémée (127-151) qui l’a doté du mécanisme sophistiqué des épicycles, lui donnant ainsi des lois qui faisaient de l’Homme le centre de l’Univers, autour duquel tout s’organise. Puis vint Copernic (1473-1543) qui, construisant une vision héliocentrique, repoussait l’homme à la périphérie d’un monde fini ayant le Soleil pour centre et principe organisateur. Puis le perfectionnement des outils d’observation permit à Galilée de comprendre que nous faisions partie d’un vaste ensemble appelé la Voie Lactée, repoussant ainsi le Soleil et son cortège de planètes, dont la Terre et l’Homme, dans la grande banlieue du monde. C’était porter injure à la création divine dont le grand dessein s’incarne dans l’Homme, centre et maître de l’Univers. L’Église ne pouvait que s’insurger contre une telle construction et força Galilée à se renier. Kepler (1571-1630) et Newton (1642-1727) donnent alors au monde ses lois qui envoient dans l’oubli les épicycles de Ptolémée. Puis, l’observation minutieuse du ciel, s’appuyant sur celles de Tycho Brahé (1546-1601), dévoile l’impensable : la plupart des étoiles n’en sont pas, mais sont, en fait, des organisations galactiques analogues à la Voie Lactée. Giordano Bruno en déduit un Univers infini qui renvoie définitivement aux oubliettes de l’histoire le modèle d’Aristote. L’homme se voit alors relégué à la périphérie d’une galaxie, près d’une étoile secondaire parmi des milliards d’étoiles, elle-même perdue au milieu d’une centaine de milliards d’autres galaxies. L’Univers est non seulement infini, mais il n’a pas de centre. Bien entendu, Giordano Bruno sera brûlé vif sur ordre d’une Église qui ne supporte pas que l’Homme soit devenu un « accident » perdu dans une immensité qui vit la loi des grands nombres et qui laisse penser que la vie n’est pas l’apanage de la seule Terre. Le cosmos est traversé, en permanence, de corps voyageurs dont certains, en grand nombre, ont bombardé la Terre, apportant avec eux les semences de la vie (la panspermie). Comment peut-on croire un seul instant que, seule, la Terre ait eu le privilège de cet ensemencement ? Il y a plus d’une centaine de milliards de galaxies, chacune contenant une centaine de milliards d’étoiles. De tels nombres donnent le vertige. La vie ne peut être qu’un phénomène banal du cosmos. Rien, plus rien, ne distingue la Terre des autres corps de l’Univers et, même si l’apparition de la vie est une suite invraisemblable d’évènements improbables, tout laisse à penser que d’autres planètes vivent, ou ont vécu, une histoire analogue. La Terre, et l’homme sur la Terre, n’ont rien d’exceptionnel et ne peuvent relever ni d’un destin choisi ni d’un « dessein intelligent ». L’Homme a émergé par hasard dans l’immensité indifférente de l’Univers.

17 octobre 2009

La première fois

Le temps est assassin,
Il emporte avec lui
Le rire des enfants
Et les Mistral gagnants
(Renaud)

C’est tout d’abord la première enfance, l’âge du premier cri, de la première dent, de la première bougie, du premier pas.
Puis vient l’enfance, l’âge de la première école, de la première fois qu’on quitte sa maman, de la première fois qu’on voit la mer.
Ensuite la prime adolescence est le temps des premiers émois amoureux, du premier vélo, des premiers devoirs à la maison.
Le temps difficile de l’adolescence est l’époque du premier baiser, du premier rapport amoureux, de la première « boum », du premier alcool, du premier chagrin d’amour.
L’âge adulte est celui du premier travail, du premier bulletin de salaire, de son premier logement, du premier engagement, du premier enfant.
L’âge mûr est celui du premier renoncement, du premier licenciement, de la première séparation.
Enfin, la vieillesse est l’âge où il n’y a plus de premier, c’est celui du dernier soupir.

11 octobre 2009

F.M.

La récente « affaire » Frédéric Mitterrand, aussi soudaine qu’éphémère, suscite, pour le moins, un certain nombre de questions. La liste qui suit n’est pas exhaustive, mais les contempteurs, prompts à la vindicte, auraient été bien inspirés de se les poser avant d’exprimer leur indignation.

• Tout d’abord, parmi tous ceux qui ont exprimé une indignation vraie ou feinte, combien ont lu le livre de Frédéric Mitterrand, « La mauvaise vie » ?
• Pourquoi faire ressurgir des faits qui ont eu lieu il y a près de 40 ans, mettant en cause des adultes prostitués (payés et consentants), et racontés dans un livre à succès publié il y a 4 ans ? Lorsque François Mitterrand était président de La République, tout le monde avait « oublié » que, quarante ans auparavant, il avait été décoré de la Francisque.
• Peut-on croire, un seul instant, à la sincérité de l’indignation du Front National ? Le livre ne contient aucune apologie du tourisme sexuel, bien au contraire, ni de la pédophilie qui n’est absolument pas le sujet du livre. Il ne s’agit, bien évidemment, que d’essayer de récupérer, parmi les électeurs de l’UMP, ceux d’entre eux qui ont quitté de F.N. lors des dernières élections. Près de la disparition, les managers du F.N. sont prêts à toutes les démagogies et les diffamations pour tenter de survivre.
• Il est plus difficile de répondre à la question de savoir quelle a pu être la motivation réelle des « quadras » du P.S. à enfourcher aussi promptement le cheval du F.N. ! Imprudence ou désir infrangible de se démarquer de la prudence des éléphants ?
• Condamne-t-on l’homosexualité d’une figure politique emblématique pour de basses raisons électorales ?
• Quelle différence y a-t-il entre payer les services d’un(e) prostitué(e) à Bangkok ou Rue Saint Denis à Paris ? Combien y a-t-il de parlementaires qui ont (ou qui feront) appel aux services d’une péripatéticienne ?
• Se laisser porter par l’intime conviction sans rechercher des preuves objectives a conduit aux désastres d’Outreau et de Bruay en Artois.

07 octobre 2009

Démocratie participative, une arnaque ?

La récente et soi-disant consultation populaire au sujet de La Poste a relancé l’idée de démocratie participative, sans que personne n’ait vraiment réfléchi à ce que recouvre ce concept. Les politiques qui le manipulent sans vergogne, ou bien n’ont pas réfléchi à ce qu’il veut vraiment dire et ce qu’il implique ou bien trompent hypocritement les citoyens. En effet, lorsqu’ils invoquent ce mode de gestion du pays, ils expliquent que les citoyens seront « consultés » pour toute prise de décision, plus ou moins importante. Mais une véritable démocratie participative impose, comme son nom l’indique, une participation des citoyens à l’élaboration de la décision et non pas uniquement à son approbation ou son rejet. Imagine-t-on alors le peuple impliqué dans l’élaboration d’un texte de loi ? Imagine-t-on l’ensemble des citoyens transformés en questeurs ? On atteint l’acmé du ridicule. Par quel mécanisme pourrait-on éviter l’enlisement, la cacophonie et l’incohérence ? Par quel miracle le citoyen ordinaire aurait-il la compétence pour participer utilement à cette élaboration ? Il n’y a qu’une solution praticable qui est la démocratie représentative ! Mais le référendum, dira-t-on, est un moyen simple de faire participer le peuple. Certes, mais la réponse attendue est alors une simple alternative entre oui ou non ce qui n’est pas un sommet de la participation, limitée alors à sa plus simple expression. On sait aussi que les citoyens ne répondent jamais à la question posée mais se servent du référendum pour exprimer leur désaccord sur autre chose. Enfin, il est très facile d’orienter la réponse à un référendum en choisissant la meilleure façon de poser la question. La dernière « votation » organisée sur l’avenir de La Poste en est un remarquable exemple.

05 octobre 2009

Vénalité !

Qu’y a-t-il de commun entre le référendum irlandais de cette semaine et l’Éducation Nationale Française ? A priori, rien. Pourtant, lorsque l’on regarde de plus près, on trouve entre ces deux éléments une même conception du monde des hommes. En effet, le référendum irlandais a donné une victoire indiscutable au OUI au traité de Lisbonne avec des résultats inverses de ceux qui avaient donné la victoire au NON il y a un an environ. À quoi est dû ce renversement ? Serait-ce que les Irlandais seraient brusquement devenus europhiles ? Trouveraient-ils, enfin, dans le projet européen, un avenir enthousiasmant ? La réalité est tout autre et beaucoup plus prosaïque. La crise économique qui vient de s’abattre sur le monde est la cause réelle de ce retournement. L’Irlande a pratiqué pendant des années un dumping fiscal éhonté en abaissant le taux d’imposition sur les sociétés de 50% à 12,5 % afin d’attirer sur son sol un maximum d’entreprises tentées par la délocalisation. Mais la mondialisation d’une économie malade a mis ces entreprises en grandes difficultés comme toutes les autres. Le dumping fiscal ne mets pas à l’abri de la récession mondiale. La conséquence immédiate est une chute spectaculaire de l’activité économique irlandaise qui recule de 12% entre 2008 et 2010, un recul du PIB de 7% en 2009 et une très importante augmentation du chômage. Atteints au portefeuille, les Irlandais découvrent alors les bienfaits d’une Europe à laquelle, non contents d’avoir obtenus des dérogations illégitimes aux règles communes, ils pourraient demander de les protéger des difficultés soudaines par un soutien financier salvateur. Après les europhiles, les europhobes et les eurosceptiques, voilà les europportunistes ! L’argent et la peur sont le seul moteur de ce revirement soudain.
Quel rapport avec l’Éducation Nationale Française, direz-vous ? Celle-ci vient de lancer une expérimentation qui laisse pantois. Dans certains établissements, minés par un absentéisme anarchique des élèves, il est mis en place un système qui vise à récompenser les élèves les plus assidus par un mécanisme pécuniaire. Une classe qui verrait son taux d’absentéisme diminuer de façon appréciable se verrait affectée une somme d’argent destinée à financer une récompense commune à toute la classe. L’argent devient ainsi le moteur de la motivation des élèves. Jusqu’à présent, on pouvait croire que l’envie des élèves à suivre leurs cours se nourrissait de la capacité de leurs professeurs à les intéresser, voire à les passionner ! On pouvait croire que la motivation désintéressée des professeurs trouvait ses racines dans la passion de la transmission du savoir ! Naïfs que nous étions ! L’argent est le seul nerf de la guerre ! Personne n’oserait mettre en cause la pédagogie du professeur et sa capacité à passionner ses élèves. Le plus navrant, dans cette histoire, est que cette carotte pécuniaire risque d’être efficace.
S’invertir dans un projet d’avenir, l’Europe pour les Irlandais et la vie pour les élèves, devient secondaire et, seul, à l’image des traders qui ont plongé le monde dans la débâcle, le bénéfice financier immédiat a de l’importance. Vénalité, quand tu nous tiens !!

24 septembre 2009

Le mirage de la voiture électrique

Au salon de Francfort, les constructeurs d’automobiles jouent à celui qui fera l’annonce la plus fracassante sur la réalité de la voiture électrique, solution évidente d’avenir selon eux. On peut tout d’abord se demander pourquoi il a été nécessaire d’attendre cette crise économique pour que les constructeurs s’intéressent enfin à une solution alternative au moteur thermique à essence ou au diesel. D’autre part, il est à craindre qu’il ne s’agisse là que d’une posture destinée à rassurer les gouvernements qui ont massivement investi dans cette industrie pour éviter des faillites retentissantes. Peut-on réellement croire que la solution de la voiture électrique à pile lithium-ion soit une alternative crédible ? Il se pose, en effet, un certain nombre de questions. Tout d’abord, l’autonomie qui atteint péniblement 200 kilomètres environ (et ce n’est qu’un effet d’annonce des constructeurs) confine l’utilisation de cette voiture électrique à une utilisation urbaine ou à petits déplacements. C’est-à-dire qu’il s’agit, à l’évidence, d’une seconde voiture pour un ménage ayant des envies de déplacements plus importants (déplacements professionnels, vacances, etc …). Or, ceux qui ont la possibilité d’acquérir plus d’un véhicule font partie de ce que l’on appelle les privilégiés. Cette solution est donc discriminatoire puisqu’elle va pénaliser, par la taxe carbone, les ménages qui seront dans l’obligation de conserver une voiture à plus grande autonomie. Jusqu’ici, les performances médiocres confinent la voiture électrique dans des dimensions qui ne permettent pas son utilisation par plus de 4 personnes. Les familles avec 3 ou 4 enfants ne trouveront dans ce véhicule qu’une seconde voiture. Discrimination encore par l’argent. De plus, si le temps de rechargement de la pile n’excédait pas le temps d’un plein d’essence dans n’importe quelle station-service, il serait possible d’envisager de longs parcours avec ce véhicule à pile. Hélas, les temps de rechargement partiel les plus courts (toujours un effet d’annonce) sont de l’ordre d’une heure. Qui peut envisager un voyage demandant un arrêt d’une heure tous les 200 kilomètres, qui accepterait de mettre 9 heures au lieu de 5 pour se déplacer de 500 kilomètres ? Ce n’est pas sérieux. Pour recharger complètement la pile, le temps nécessaire atteint alors 6 à 8 heures. Ce rechargement doit donc se faire à domicile. Pour tous ceux qui habitent dans un immeuble dont le parking souterrain abrite leur voiture, il n’y a pas de prise électrique, protégée d’une utilisation pirate par un usurpateur indélicat, au droit de chaque emplacement. Il n’y a donc que dans les garages particuliers de pavillons que ce rechargement peut être envisagé dans des conditions acceptables. Il y a donc, là aussi, une discrimination. Tous les ménages habitant en immeuble collectif et n’ayant pas les moyens d’avoir une seconde voiture sont exclus de cet avenir radieux … et ils sont nombreux ! Enfin, les constructeurs présentent leur véhicule comme n’émettant aucun gaz à effet de serre mais omettent de parler des processus de fabrication des piles, consommateurs d’énergie dont la provenance n’est pas exempte de questions. De plus, cette solution à pile lithium-ion remplace une ressource fossile non renouvelable (le pétrole) par une autre (le lithium) tout aussi fossile et non renouvelable. Les gisements exploitables de lithium sont très peu nombreux et sont essentiellement localisés en Bolivie et au Chili. À quand le remplacement de l’OPEP par l’OPEL (Organisation des Pays Exportateurs de Lithium) ? À l’évidence, la voiture électrique à pile classique n’est pas une solution à long terme. D’autres recherches doivent impérativement être menées, notamment sur la pile à hydrogène dont le combustible principal peut s’obtenir à partir de l’eau qui est une ressource inépuisable. L’avenir automobile n’est pas encore radieux, n’en déplaise aux constructeurs d’automobiles.

17 septembre 2009

Suicides et entreprises

Depuis plusieurs années, les entreprises (surtout les grandes) modifient en permanence leur organisation pour s’adapter à la mondialisation et à la financiarisation de l’économie. La mondialisation les incite à augmenter en permanence leur productivité face à des concurrents dangereux ; la financiarisation les oblige à réduire drastiquement leurs coûts pour améliorer leurs profits pour le plus grand bénéfice des actionnaires. Ces contraintes ont une conséquence directe : la mise sous pression de plus en plus forte du salarié. Le stress et l’angoisse sont le bien commun de ces entreprises. Le salarié est, en permanence, poussé à la performance par tous les moyens dont certains relèvent de la torture morale afin d’obtenir le départ des moins performants. Les moyens sont variés. Mettre le salarié en demeure d’atteindre des objectifs contradictoires en est un. Dévaloriser le salarié sous prétexte de réorganisation en est un autre. Détruire les temps et les espaces collectifs pour isoler le salarié et le fragiliser est encore un de ces moyens. La suppression des collectifs de travail aboutit à l’individualisation des objectifs, un sentiment obsidional et remplace la compétition externe par une compétition interne tout aussi sauvage. Le résultat en est que la chasse aux temps « morts » se paie par des salariés « suicidés ». Les décisions à très court terme remplacent la réflexion à moyen terme, sacrifiant ainsi la préservation de l’employabilité du salarié sur l’autel de la rentabilité immédiate et de son arme préférée : le licenciement ou la démission imposée. Comment s’étonner alors des 23 suicides en 18 mois dans une entreprise qui compte dans ses effectifs des employés au statut de fonctionnaire, inaptes à supporter de telles contraintes inconnues dans le secteur public ? Par contre, on peut s’étonner du silence assourdissant du Medef sur ce sujet … Pourquoi, également, un tel bruit médiatique pour France Télécom et un tel silence pour les 20 suicides annuels au sein du ministère de l'Equipement ?

13 septembre 2009

Vox Internet, vox Dei

Qu’est-ce qu’une conviction ? La définition du dictionnaire est : certitude raisonnée. C’est-à-dire une certitude qui se construit sur un raisonnement, nourri par la recherche de l’information. Mon expérience personnelle est que, pour se construire une conviction réellement argumentée, il faut lire énormément. La recherche de l’information, sa lecture attentive, une réflexion approfondie et parfois longue, sont indispensables à la formulation d’un avis quelque peu fondé. Aujourd’hui, la recherche d’une information utilise souvent, et –hélas- parfois exclusivement, les pages Web d’Internet. Pour beaucoup d’adicts d’Internet, ce que l’on trouve sur ce réseau a plus de valeur et de crédibilité que tout ce que l’on peut obtenir d’un quelconque expert ou par la lecture attentive de livres ou de journaux : il vaut mieux, par exemple, chercher sur Internet des sites dits médicaux plutôt que de consulter son médecin ; il suffit d’interroger Wikipédia plutôt que de lire des livres spécialisés. Les blogs font flores. Leur lecture est instructive. Ils sont généralement accompagnés de commentaires d’une indigence étonnante. Mal formulés, mal écrits, faux, mensongers, grossiers, vulgaires, insultants, la plupart de ces commentaires sont révélateurs du danger que représente la « vox populi ». Il n’y a rien de plus dangereux que l’opinion de la foule, car celle qui s’exprime est souvent la plus extrémiste. C’est sûrement ce que l’on va me reprocher à la lecture de cet article, à ceci près que je ne suis pas majoritaire dans l’expression de ce point de vue. Dire que l’expression de milliers d’internautes vaut bien plus que l’avis d’un seul expert est un terrible contresens. Si F. Mitterrand s’était aligné sur le souhait populaire de l’époque, jamais il n’aurait imposé la suppression de la peine de mort. N’oublions jamais ce fait. C’est en ignorant la « vox populi » et en forgeant sa conviction personnelle que F. Mitterrand a fait faire à la société française une évolution majeure. S’en remettre uniquement à ce que l’on trouve sur le Web au détriment d’une réflexion personnelle et d’un travail singulier est un terrible appauvrissement intellectuel. Il y a, chez les adicts d’Internet, un certain intégrisme consistant à exclure toutes autres voies d’information, ou du moins à les considérer comme obsolètes. Cette attitude comporte de grands dangers. Internet fournit le meilleur comme le pire et il est absolument nécessaire de garder un esprit critique qui s’alimente à d’autres sources d’information. Pour preuve, voilà ce que l’on peut lire sur le portail de la secte Scientologie : l’homme est immortel, il vit plusieurs vies, ses capacités sont illimitées, l’homme est foncièrement bon. Uniquement des contrevérités et des énormités.