Les Américains ont « inventé » le poulet trempé dans l’eau de Javel. Vous ne savez pas ce dont il s’agit ? Mais c’est bien sûr !! C’est une question de fric !! Pour diminuer les coûts de fabrication dus aux précautions sanitaires tout au long du processus industriel, on accepte un certain laxisme compensé par un « trempage » du poulet dans l’eau de Javel en fin de circuit pour éliminer à moindres frais les bactéries et autres saloperies qui se seraient développées au cours du processus industriel plutôt que de prendre les précautions qui s’imposent tout au long du processus. Génial ! Il suffisait d’y penser ! C’est d’ailleurs un procédé que l’on pourrait généraliser à beaucoup d’aliments industriels. À mon avis, cela va bientôt arriver. On parie ?
La commission européenne, qui s’occupe toujours de choses importantes, s’est penchée sur le problème. Le commissaire en charge des questions alimentaires doit étudier la possibilité d’une autorisation européenne sur l’importation de ces poulets à l’eau de Javel. L’argument du commissaire est consternant : il nous faut savoir si nous sommes pro-américains ou non !! Il ne s’agit pas d’une question de santé publique, mais d’une question d’alignement !! On applaudit à tours de bras, car on se sent tellement bien protégé ! Je crois vraiment que le monde est gouverné par des fous !! Pauvres de nos enfants…
La parallaxe est une différence de vision qui se crée lorsque l’on regarde depuis deux points de vue différents. Un point de vue unique fait courir le risque d’une appréciation partielle relevant du politiquement correct. En portant un regard différent, on peut alors percevoir des aspects cachés du monde. Regarder, écouter, et chercher un point de vue décalé peut parfois faire mieux comprendre le monde et le jeu des hommes.
03 avril 2008
02 avril 2008
68 en 2008 ?
Les manifestations étudiantes et lycéennes se multiplient. Les journalistes, dopés au sensationnel, n’omettent jamais, lorsqu’ils interrogent les manifestants, de poser la question de Mai 68. Et bien sûr les jeunes, emportés par le côté romantique existant dans toute manifestation, approuvent vivement. Il est tellement valorisant de rattacher leurs revendications à celles d’un mouvement devenu une sorte de référence protestataire. Pourtant, qui ne voit pas que ce rapprochement est totalement injustifié. Tout d’abord, les aspirations et les revendications des étudiants de Mai 68 étaient, avant tout sociétales et les mouvements protestataires revendiquaient des changements profonds dans une société où l’autoritarisme avait remplacé l’autorité, où le mandarinat avait remplacé la compétence, où la censure avait remplacé la libre information, où la télévision était d’État, où la liberté sexuelle était un rêve inaccessible. Aujourd’hui, les revendications estudiantines portent sur le nombre d’enseignants, la difficulté de logement, la cherté de la vie, le risque de chômage. C’est-à-dire qu’en 68, on a assisté à la course des enseignants paniqués derrière les revendications des étudiants, alors qu’aujourd’hui, ce sont les étudiants qui font du suivisme des revendications des syndicats de l’Éducation Nationale. Hier, les étudiants clamaient leur volonté de liberté, aujourd’hui ils réclament des moyens. En 1968, les mouvements étudiants étaient internationaux car ils ont eu lieu dans le monde entier, en 2008 ils sont franchouillards. Mai 68 était un conflit en grande partie générationnel et sociétal. Les manifestations d’aujourd’hui ont perdu le rêve et sont purement matérialistes. Peut-être cela est-il dû au fait que 1968 est deux fois plus proche de 1936 que 2008 ne l’est de 1968 ? Étant de ce type, elles se heurteront au problème incontournable de la situation actuelle : la France est devenue pauvre. Le dernier slogan de l’UNEF est révélateur de l’état d’esprit qui règne dans le milieu étudiant : la réussite est un droit !! Tous fonctionnaires !! En 1968, un slogan disait « La France s’ennuie », aujourd’hui la France est angoissée.
Il n’y a aucun risque que naisse un nouveau Cohn Bendit.
Il ne faut pas oublier qu'en Allemagne, les étudiants se sont révoltés contre une société qui portait au gouvernement des anciens nazis. Aux USA, les étudiants se sont révoltés contre la guerre du Viet-Nam et les bombes au napalm. En Tchécoslovaquie, les étudiants se battaient à Prague jusqu'à l'immolation par le feu pour leur liberté. En France, les étudiants ont mené une révolte romantique et bourgeoise.
Il n’y a aucun risque que naisse un nouveau Cohn Bendit.
Il ne faut pas oublier qu'en Allemagne, les étudiants se sont révoltés contre une société qui portait au gouvernement des anciens nazis. Aux USA, les étudiants se sont révoltés contre la guerre du Viet-Nam et les bombes au napalm. En Tchécoslovaquie, les étudiants se battaient à Prague jusqu'à l'immolation par le feu pour leur liberté. En France, les étudiants ont mené une révolte romantique et bourgeoise.
31 mars 2008
Un impossible concept
Depuis des mois et sans aboutir, les partenaires sociaux discutent et tentent de rendre objective la notion de pénibilité du travail. Cette notion est tellement vague et tellement sujette à interprétation subjective que cette discussion s’enlise et risque de perturber fortement la « concertation » sur l’allongement de la durée de cotisation aux caisses de retraite. Les syndicats veulent, à tout prix, imposer la prise en compte de ce concept de pénibilité pour obtenir une réduction de la durée de cotisation pour certaines catégories de travailleurs. Il est à craindre que, les syndicats étant foncièrement opposés à l’allongement de cette durée, ils tentent d’étendre de manière extensive cette notion de pénibilité quitte à vider de sa substance le projet gouvernemental. La question qui se pose est de savoir si ce concept peut être vraiment approché de manière objective. Un premier critère d’objectivité est la possibilité de la mesure qui écarte toute interprétation tendancieuse et subjective. Peut-on mesurer la pénibilité d’un travail ? Poser cette question revient à identifier les conséquences d’un travail dit pénible afin de les mesurer, ne serait-ce que par leur nombre et leur fréquence. On peut mesurer le nombre et la fréquence d’accidents physiques dus à un travail ; il est beaucoup plus difficile de faire les mêmes mesures sur le « stress ». Une fracture osseuse possède une réalité objective, indépendante de toute interprétation. L’anxiété n’est pas de même nature. Elle dépend de l’individu de façon importante. Si le stress devient un élément de pénibilité, alors un même travail peut être pénible pour un individu et ne pas l’être pour un autre. Cette situation est extrêmement fréquente. Enfin, il faut éviter le piège consistant à confondre prise de responsabilité et pénibilité si l’on veut éviter de classer tous les métiers comme étant pénibles !
Par contre, il convient de distinguer la pénibilité de la « dangerosité ». Le dictionnaire n’apporte aucune aide dans cette distinction. En effet, on trouve que « danger » est une situation où l’on a à redouter un mal quelconque. « Mal » est défini comme ce qui est pénible. La définition de « pénible » est une situation où l’on éprouve de la fatigue. Ainsi donc, si l’on en croit le dictionnaire, est dangereux ce qui fatigue, ce qui, sans être totalement faux, est manifestement excessif !
Un travail dangereux n’est pas forcément pénible. Il est dangereux de sécuriser les pistes de ski, ce qui n’est pas nécessairement pénible. Inversement, il est pénible de réaliser un travail répétitif sur une chaîne d’emballage, sans que ce soit obligatoirement dangereux. Il n’y a pas de bijection entre ces deux concepts. La dangerosité se mesure à la nature des risques encourus par les individus. Ainsi, le métier de pompier est assurément dangereux (et sûrement pénible) alors que celui de conducteur de TGV ne l’est pas. Il doit être possible de dresser une carte des métiers en fonction de ces deux critères à la fois et de déterminer des zones dans lesquelles le nombre d’années de cotisation est réduit d’un certain nombre d’années. Par exemple, un métier classé à la fois très dangereux et très pénible (pêcheur en mer, mineur) se verrait alloué une réduction de 5 années alors qu’aucune réduction ne serait possible pour un métier ni dangereux ni pénible (en existe-t-il ?). De manière intermédiaire, un métier relativement dangereux et modérément pénible (grutier) bénéficierait d’une réduction de 2 ans. Un métier dangereux mais sans pénibilité particulière (entretien sur autoroutes) ou un métier pénible mais sans danger (caissière de supermarché qui n’encoure que le danger de se faire licencier !) bénéficierait également d’une réduction de 1 ou 2 ans.
Il n’en reste pas moins que l’exercice reste difficile car les conditions de travail influent de façon considérable sur la dangerosité et la pénibilité d’une tâche. Selon la nature des outils utilisés (robots par exemple) une tâche peut être plus ou moins pénible. Selon les mesures de sécurité prises, une tâche peut être plus ou moins dangereuse. Or, les conditions de travail sont variables d’une entreprise à l’autre, même si la loi impose un minimum de règles. Comme il est impossible d’envisager qu’un salarié se voie attribué une réduction d’années de cotisation et que cette réduction soit refusée à un salarié exerçant le même métier mais dans une entreprise différente au prétexte que les conditions de travail sont meilleures, comment, dans ce cas, prendre une mesure collective ?
À vrai dire, je crains que, à la discussion qui s’annonce entre le gouvernement et les syndicats, l’objectivité de l’analyse ne soit pas invitée ! Il reste une vérité incontournable : avec une population vieillissante de plus en plus nombreuse (l’espérance de vie augmente d’un trimestre tous les ans !), le temps de la vie consacré au travail ne peut qu’augmenter.
Par contre, il convient de distinguer la pénibilité de la « dangerosité ». Le dictionnaire n’apporte aucune aide dans cette distinction. En effet, on trouve que « danger » est une situation où l’on a à redouter un mal quelconque. « Mal » est défini comme ce qui est pénible. La définition de « pénible » est une situation où l’on éprouve de la fatigue. Ainsi donc, si l’on en croit le dictionnaire, est dangereux ce qui fatigue, ce qui, sans être totalement faux, est manifestement excessif !
Un travail dangereux n’est pas forcément pénible. Il est dangereux de sécuriser les pistes de ski, ce qui n’est pas nécessairement pénible. Inversement, il est pénible de réaliser un travail répétitif sur une chaîne d’emballage, sans que ce soit obligatoirement dangereux. Il n’y a pas de bijection entre ces deux concepts. La dangerosité se mesure à la nature des risques encourus par les individus. Ainsi, le métier de pompier est assurément dangereux (et sûrement pénible) alors que celui de conducteur de TGV ne l’est pas. Il doit être possible de dresser une carte des métiers en fonction de ces deux critères à la fois et de déterminer des zones dans lesquelles le nombre d’années de cotisation est réduit d’un certain nombre d’années. Par exemple, un métier classé à la fois très dangereux et très pénible (pêcheur en mer, mineur) se verrait alloué une réduction de 5 années alors qu’aucune réduction ne serait possible pour un métier ni dangereux ni pénible (en existe-t-il ?). De manière intermédiaire, un métier relativement dangereux et modérément pénible (grutier) bénéficierait d’une réduction de 2 ans. Un métier dangereux mais sans pénibilité particulière (entretien sur autoroutes) ou un métier pénible mais sans danger (caissière de supermarché qui n’encoure que le danger de se faire licencier !) bénéficierait également d’une réduction de 1 ou 2 ans.
Il n’en reste pas moins que l’exercice reste difficile car les conditions de travail influent de façon considérable sur la dangerosité et la pénibilité d’une tâche. Selon la nature des outils utilisés (robots par exemple) une tâche peut être plus ou moins pénible. Selon les mesures de sécurité prises, une tâche peut être plus ou moins dangereuse. Or, les conditions de travail sont variables d’une entreprise à l’autre, même si la loi impose un minimum de règles. Comme il est impossible d’envisager qu’un salarié se voie attribué une réduction d’années de cotisation et que cette réduction soit refusée à un salarié exerçant le même métier mais dans une entreprise différente au prétexte que les conditions de travail sont meilleures, comment, dans ce cas, prendre une mesure collective ?
À vrai dire, je crains que, à la discussion qui s’annonce entre le gouvernement et les syndicats, l’objectivité de l’analyse ne soit pas invitée ! Il reste une vérité incontournable : avec une population vieillissante de plus en plus nombreuse (l’espérance de vie augmente d’un trimestre tous les ans !), le temps de la vie consacré au travail ne peut qu’augmenter.
29 mars 2008
Le monde est énervant
• Parler correctement, en respectant les règles de la langue, me paraît être la moindre des politesses lorsque l’on intervient sur les médias. Et pourtant, il n’est pas un jour sans que l’on soit agressé par des fautes grossières qui sont autant de marques de mépris pour ceux qui écoutent. En voici quelques exemples récents :
- un Président de la République: les réformes mises-t-en route
- tout le monde : ils veulavoir, ils peuvêtre
- un scientifique : les astronautes sont entraînés à l’isolation (au lieu de l’isolement)
- un député : mille neuf cent soixante-quatre z’insultes …
- un parlementaire : je ne vais pas m’alourdir (au lieu de m’appesantir)
- des ministres : cet audit va-t-être … , des mandats internationals …
- un ancien premier ministre : les fonctions qu’elle postule
- un politique : ces affrontements sont normal du dictatorisme (sic)
- un membre du gouvernement : ils sont instrumentés (re-sic)
- un porte-parole du gouvernement : je tiens-t-à dire …
- une candidate célèbre : la bravitude, il faut que les français savent …
- un journaliste (de la 5) : qu’on ne soit pas caricaturaux
- un sociologue et professeur (sic !) : éraser (au lieu de éradiquer)
- un autre journaliste : le réjouissement
- un animateur de télévision : le canalisateur (au lieu du catalyseur).
Décidément, l’inculture est largement partagée.
• Dans l’art du langage, l’utilisation d’expressions toutes faites et reprises par tout le monde, comme un phénomène de mode, est également très énervant. Qui n’a pas entendu :
- la nuit de tous les dangers, l’année de tous les risques,
- la montée d’adrénaline
- la bourse fait du yoyo
- le système de santé le plus performant
- le silence assourdissant (du président, de la majorité, de l’opposition)
- il faut mettre de la transparence
- le mari de Carla, le président du pouvoir d’achat
- une société de la performance
- le vieux lion est mort
- le président bling-bling
• Avez-vous assisté à quelques séances de questions au gouvernement sans remarquer le jeu théâtral et systématique auquel on assiste impuissant ? Souligné par des vociférations, l’opposition utilise un discours manichéen dont les éléments constitutifs sont toujours les mêmes : « politique ultra-libérale, cadeau aux plus riches, sacrifice de la fonction publique, échec de votre politique, vos renoncements,… alors ma question sera très simple : quand allez-vous retirer votre projet de loi ? »
La majorité n’est pas en reste, qui utilise abondamment les litotes et les formules obséquieuses : « avec courage, la lucidité du gouvernement, les résultats prometteurs, le président s’est engagé, etc … »
Invariablement, le gouvernement réponds : « Vous avez raison, … »
On garde l’impression d’une pièce de théâtre, répétée à l’envi et dont on peut donner les répliques avant de les entendre.
• Pour convaincre le chaland télévisuel, les professionnels du marketing utilisent toutes les ficelles possibles, même les plus grosses. Donner une apparence faussement scientifique aux messages publicitaires est devenu la nouvelle arme de ces bonimenteurs grâce à l’utilisation abusive de pourcentages qui n’ont absolument aucune signification. On peut se demander l’intérêt de l’information consistant à annoncer que la biscotte machin-chouette contient 99% de blé ! Du coup, on se demande de quelles saloperies est fait le 1% qui manque !! Imaginez comment vous allez vous y prendre pour vérifier que votre nouvelle crème miracle a permis effectivement une diminution de 77% de vos rides ! Ou bien que cette même crème de perlimpinpin a remodelé l’ovale du visage à 67 % ! Les publicités s’ornent des mots magiques « scientifiquement prouvé » sans qu’il soit précisé ce qui est scientifique ni ce qui est prouvé. On voit également fleurir des labels inventés de toutes pièces (élue voiture « citoyenne » de l’année, élu saveur de l’année !!) qui cherchent à faire croire au consommateur naïf qu’il ne tient qu’à lui de faire partie d’une grande famille de gens éclairés et informés s’il ne veut pas passer pour un imbécile. Enfin, si l’on parle des arnaques publicitaires, on ne peut passer sous silence l’intrusion abusive, pour ne pas dire scandaleuse, des arguments touchant à la santé pour vendre des produits alimentaires. Avec les margarines qui éliminent le cholestérol, les produits de petits déjeuner qui facilitent le transit intestinal (bon appétit !), les boissons qui font maigrir (en contenant 99% d’eau comme toute boisson), les concentrés miracle qui contiennent tout un monde d’omégas à numéros variés qui prétendent soigner le cœur, l’estomac, et que sais-je encore, les yaourts qui « mettent de l’ordre à l’intérieur », les supermarchés se transforment en pharmacie, les publicitaires en Diafoirus, les consommateurs en gogos manipulés. Je m’abstiendrai de m’énerver sur le portrait absolument désolant que la publicité donne de la femme, idiote, inculte, ne trouvant d’intérêt à la vie que dans la tranche de jambon et l’odeur de ses sanitaires, etc… car, comme disait Chateaubriand : « Il faut être économe de son mépris, il y a tellement de nécessiteux »..
• La télévision et la radio sont envahies par des émissions dont le seul objet est la congratulation réciproque des participants et la promotion publicitaire éhontée de produits audio-visuels médiocres voire sans intérêt aucun (disques, livres, films, …) dont la notoriété ne durera que le temps nécessaire pour rentabiliser l’investissement de la production. Ces émissions sont construites sur la base de faux interviews qui se ressemblent tellement que l’on se demande s’il ne s’agit pas d’un enregistrement type (« à la page truc, vous avez écrit que … », « si vous trouvez de quoi il s’agit, vous gagnerez un exemplaire du CD de machin »,…). Toutes ces émissions secrètent une auto-congratulation et une auto-satisfaction absolument indécentes. On a les journalistes qu’on mérite. Et je passe sous silence toutes ces émissions de télé-réalité qui mettent en scène des débiles mentaux, l’invasion des écrans par ces séries américaines de polars qui se ressemblent tellement qu’il n’y a que le titre qui change !
• Jusqu’au milieu du XXème siècle, le rôle de l’édition était la diffusion de la littérature. Aujourd’hui, le rôle de l’édition est de faire de l’argent au moyen de coups marketing et en noyant le marché du livre d’un monceau d’ouvrages dont les auteurs sans imagination ni talent ne savent rien faire d’autre que de raconter leur vie et d’exposer publiquement leur intimité. Tous ces livres qui encombrent les rayons des librairies n’ont comme destinée que de disparaître dans les greniers ou au pilon après avoir berné quelques milliers de naïfs. On a les écrivaillons qu’on mérite.
Bien évidemment, cette liste d’énervements est très très loin d’être exhaustive.
- un Président de la République: les réformes mises-t-en route
- tout le monde : ils veulavoir, ils peuvêtre
- un scientifique : les astronautes sont entraînés à l’isolation (au lieu de l’isolement)
- un député : mille neuf cent soixante-quatre z’insultes …
- un parlementaire : je ne vais pas m’alourdir (au lieu de m’appesantir)
- des ministres : cet audit va-t-être … , des mandats internationals …
- un ancien premier ministre : les fonctions qu’elle postule
- un politique : ces affrontements sont normal du dictatorisme (sic)
- un membre du gouvernement : ils sont instrumentés (re-sic)
- un porte-parole du gouvernement : je tiens-t-à dire …
- une candidate célèbre : la bravitude, il faut que les français savent …
- un journaliste (de la 5) : qu’on ne soit pas caricaturaux
- un sociologue et professeur (sic !) : éraser (au lieu de éradiquer)
- un autre journaliste : le réjouissement
- un animateur de télévision : le canalisateur (au lieu du catalyseur).
Décidément, l’inculture est largement partagée.
• Dans l’art du langage, l’utilisation d’expressions toutes faites et reprises par tout le monde, comme un phénomène de mode, est également très énervant. Qui n’a pas entendu :
- la nuit de tous les dangers, l’année de tous les risques,
- la montée d’adrénaline
- la bourse fait du yoyo
- le système de santé le plus performant
- le silence assourdissant (du président, de la majorité, de l’opposition)
- il faut mettre de la transparence
- le mari de Carla, le président du pouvoir d’achat
- une société de la performance
- le vieux lion est mort
- le président bling-bling
• Avez-vous assisté à quelques séances de questions au gouvernement sans remarquer le jeu théâtral et systématique auquel on assiste impuissant ? Souligné par des vociférations, l’opposition utilise un discours manichéen dont les éléments constitutifs sont toujours les mêmes : « politique ultra-libérale, cadeau aux plus riches, sacrifice de la fonction publique, échec de votre politique, vos renoncements,… alors ma question sera très simple : quand allez-vous retirer votre projet de loi ? »
La majorité n’est pas en reste, qui utilise abondamment les litotes et les formules obséquieuses : « avec courage, la lucidité du gouvernement, les résultats prometteurs, le président s’est engagé, etc … »
Invariablement, le gouvernement réponds : « Vous avez raison, … »
On garde l’impression d’une pièce de théâtre, répétée à l’envi et dont on peut donner les répliques avant de les entendre.
• Pour convaincre le chaland télévisuel, les professionnels du marketing utilisent toutes les ficelles possibles, même les plus grosses. Donner une apparence faussement scientifique aux messages publicitaires est devenu la nouvelle arme de ces bonimenteurs grâce à l’utilisation abusive de pourcentages qui n’ont absolument aucune signification. On peut se demander l’intérêt de l’information consistant à annoncer que la biscotte machin-chouette contient 99% de blé ! Du coup, on se demande de quelles saloperies est fait le 1% qui manque !! Imaginez comment vous allez vous y prendre pour vérifier que votre nouvelle crème miracle a permis effectivement une diminution de 77% de vos rides ! Ou bien que cette même crème de perlimpinpin a remodelé l’ovale du visage à 67 % ! Les publicités s’ornent des mots magiques « scientifiquement prouvé » sans qu’il soit précisé ce qui est scientifique ni ce qui est prouvé. On voit également fleurir des labels inventés de toutes pièces (élue voiture « citoyenne » de l’année, élu saveur de l’année !!) qui cherchent à faire croire au consommateur naïf qu’il ne tient qu’à lui de faire partie d’une grande famille de gens éclairés et informés s’il ne veut pas passer pour un imbécile. Enfin, si l’on parle des arnaques publicitaires, on ne peut passer sous silence l’intrusion abusive, pour ne pas dire scandaleuse, des arguments touchant à la santé pour vendre des produits alimentaires. Avec les margarines qui éliminent le cholestérol, les produits de petits déjeuner qui facilitent le transit intestinal (bon appétit !), les boissons qui font maigrir (en contenant 99% d’eau comme toute boisson), les concentrés miracle qui contiennent tout un monde d’omégas à numéros variés qui prétendent soigner le cœur, l’estomac, et que sais-je encore, les yaourts qui « mettent de l’ordre à l’intérieur », les supermarchés se transforment en pharmacie, les publicitaires en Diafoirus, les consommateurs en gogos manipulés. Je m’abstiendrai de m’énerver sur le portrait absolument désolant que la publicité donne de la femme, idiote, inculte, ne trouvant d’intérêt à la vie que dans la tranche de jambon et l’odeur de ses sanitaires, etc… car, comme disait Chateaubriand : « Il faut être économe de son mépris, il y a tellement de nécessiteux »..
• La télévision et la radio sont envahies par des émissions dont le seul objet est la congratulation réciproque des participants et la promotion publicitaire éhontée de produits audio-visuels médiocres voire sans intérêt aucun (disques, livres, films, …) dont la notoriété ne durera que le temps nécessaire pour rentabiliser l’investissement de la production. Ces émissions sont construites sur la base de faux interviews qui se ressemblent tellement que l’on se demande s’il ne s’agit pas d’un enregistrement type (« à la page truc, vous avez écrit que … », « si vous trouvez de quoi il s’agit, vous gagnerez un exemplaire du CD de machin »,…). Toutes ces émissions secrètent une auto-congratulation et une auto-satisfaction absolument indécentes. On a les journalistes qu’on mérite. Et je passe sous silence toutes ces émissions de télé-réalité qui mettent en scène des débiles mentaux, l’invasion des écrans par ces séries américaines de polars qui se ressemblent tellement qu’il n’y a que le titre qui change !
• Jusqu’au milieu du XXème siècle, le rôle de l’édition était la diffusion de la littérature. Aujourd’hui, le rôle de l’édition est de faire de l’argent au moyen de coups marketing et en noyant le marché du livre d’un monceau d’ouvrages dont les auteurs sans imagination ni talent ne savent rien faire d’autre que de raconter leur vie et d’exposer publiquement leur intimité. Tous ces livres qui encombrent les rayons des librairies n’ont comme destinée que de disparaître dans les greniers ou au pilon après avoir berné quelques milliers de naïfs. On a les écrivaillons qu’on mérite.
Bien évidemment, cette liste d’énervements est très très loin d’être exhaustive.
26 mars 2008
La mauvaise route
Les Français ne se pardonnent pas d’avoir guillotiné Louis XVI. Ils ont toujours eu besoin, encore aujourd’hui, de l’homme providentiel, du père de la Nation, de l’homme miracle. Ils ont eu Napoléon, ils ont eu De gaulle. Aujourd’hui, les socialistes, qui n’ont pas compris cet aspect de la population française, se trompent de chemin en clamant qu’ils doivent d’abord construire un projet avant de choisir un champion. Ils se trompent lourdement. Les Français ont besoin d’un champion, ne serait-ce que pour pouvoir mieux le brûler. Le « PROJET » n’est, finalement, pour les socialistes, qu’un prétexte pour ne pas choisir entre l’excès de candidats à la carrière d’homme providentiel. François Mitterrand était devenu l’homme incontournable avant de proposer son projet. Aujourd’hui, les socialistes, gélifiés au milieu d’un maelström d’ambitions personnelles, ne veulent pas choisir. Et ils avancent comme prétexte, la nécessité de construire un projet avant d’avoir un candidat à l’élection présidentielle. Il s’agit là d’un manque de courage caractérisé qui annonce de profondes désillusions pour ce parti. Les socialistes n’ont pas compris comment fonctionnent les Français, aussi catastrophique que soit ce comportement. Ils ont choisi la mauvaise route.
Ces analystes qui ne servent à rien
Pratiquement tous les jours, les écrans de télévisions sont envahis par de soi-disant experts en analyses politiques qui viennent décortiquer la vie politique française et nous livrer de brillantes analyses sur la situation et sur les projets et idées des hommes politiques du moment. Je vais vous dire ce que j’en pense. Ces analystes sont des illusionnistes. L’analyse est toujours extrêmement facile à faire et ne demande aucunement d’être expert. Il suffit de constater que, pour entrer en politique, il faut avoir une ambition personnelle démesurée et que tout est inféodé à cette ambition. Cela permet un décodage extrêmement facile du discours des hommes politiques. Point n’ait besoin d’experts !
24 mars 2008
Culture et connaissance
Au début, il y eut la note, puis vint la partition. La systémique utilise deux concepts de base : l’élément et la relation entre éléments. La physique identifie les particules et les forces entre celles-ci. La chimie manipule les molécules et leurs liaisons. Objet et relations entre objets semblent construire une loi générale. Il semble que l’on puisse utiliser cette loi pour préciser la différence entre culture et connaissance. Connaître la date de la bataille de Poitiers n’a d’intérêt que si l’on comprend qu’elle est l’aboutissement d’un vaste et long processus d’expansion de l’Islam depuis Babylone jusqu’en France en traversant le Maghreb, processus qui perdura depuis les années 400 avant JC jusqu’au XVIIème siècle où, réduit au Califat de Grenade au cœur de l’Alhambra, les musulmans furent définitivement chassés d’Espagne. C’est cette compréhension que l’on appelle la culture. Savoir quelle est la hauteur du Mont Blanc est une chose ; savoir que les Alpes sont la création d’un long processus de tectonique entre les plaques africaine et eurasienne en est une autre. Savoir reconnaître une fugue de Bach d’une sonate de Chopin ne fait pas une culture musicale ; replacer l’une et l’autre dans l’histoire musicale des XVIIIème et XIXème siècles est un élément d’une véritable culture musicale. La connaissance est attachée aux faits, la culture est la compréhension de ce qui relie les faits entre eux. La même différence existe entre un dictionnaire et une encyclopédie. Il ne peut pas y avoir de culture sans connaissance, mais la connaissance peut exister sans culture. Aujourd’hui, Internet est un magnifique outil de connaissance, mais n’apporte rien de culturel. L’acquisition de la culture demande intelligence, effort et enseignement. La connaissance ne demande que de la mémoire. La note ne suffit pas pour créer la mélodie, il faut la partition.
17 mars 2008
Aveuglement ou tricherie ?
Les élections municipales viennent d’avoir lieu. Comme à chaque élection, tous les participants exposent leur satisfaction. On ne sait pas trop quelle est la véritable raison de leur satisfaction, mais il s’agit là d’une figure imposée qui prouve que la rupture en matière de posture politique n’est pas encore pour aujourd’hui. Il n’en reste pas moins vrai que la gauche a remporté un nombre de succès appréciable qui semble donner à nouveau au Parti Socialiste une légitimité qu’il avait perdue à force d’inconsistance et de rivalités internes. Mais il y a un autre indicateur qu’il ne devrait pas sous-estimer, celui de l’abstention. L’histoire montrera que les abstentionnistes sont majoritairement de droite, ce qui veut dire que la majorité des Français n’est pas devenue un peuple de gauche. Ces abstentionnistes de droite ne sont pas allé voter pour signifier leur désapprobation d’un style de présidence trop éloigné de l’idée qu’ils se font du style et de la conduite d’un Président de la Vème République. Et, lorsqu’on entend les commentaires du Parti Socialiste expliquant que la défaite de la Droite tient au fait que les résultats attendus par les Français ne sont pas au rendez-vous des élections, que ce même parti propose d’augmenter les retraites et les salaires, de supprimer les franchises médicales, d’encadrer les prix de la grande distribution, voire de supprimer les dégrèvements fiscaux accordés aux entreprises, c’est-à-dire de faire l’impasse sur l’état de faillite du pays et « oublier » que l’emploi créateur de richesse est créé uniquement par l’entreprise, on se dit que ce parti n’est pas encore prêt pour la relève. À moins que ce discours ne soit qu’un écran de fumée et que le futur (et tant attendu) programme du Parti Socialiste soit aux antipodes de ce discours.
11 mars 2008
Falsifiable et vérifiable pour être crédible
La physique fondamentale est dans un état désespéré. Non pas seulement parce qu’elle manque de moyens, mais surtout parce qu’elle court un risque important de se trouver dans une impasse. Le Graal de la confrérie des physiciens est de trouver une loi unique et universelle à partir de laquelle le monde qui nous entoure pourrait trouver son explication. Une loi qui soit à la fois belle et simple. Une loi du « tout ». Le chemin pris pour trouver cette loi est celui de « l’unification des forces fondamentales ». En effet, le monde que nous connaissons est régi par quatre forces : la force électromagnétique qui régit le comportement des particules élémentaires chargées électriquement (les électrons et les protons, notamment), la force nucléaire faible qui régit la désintégration radioactive, la force nucléaire forte qui permet la stabilité du noyau atomique et, enfin, la gravité. L’idée fondamentale de la recherche de la « théorie du tout » est qu’au début de l’Univers, dans le domaine des très hautes températures, ces quatre forces n’en faisaient qu’une. Puis l’Univers est passé par différents stades d’énergie qui ont vu ces forces se différencier les unes des autres à mesure que la température diminuait pendant l’expansion, par un phénomène appelé « brisure de symétrie ». Aujourd’hui, le monde est froid et les quatre forces sont distinctes les unes des autres. Le fond cosmique diffus est à 3°K. Cette voie a permis « d’unifier » les forces en question sauf la gravité. En effet, la gravité est la plus faible des quatre forces et son influence peut être négligée dans la majorité des cas. C’est ce qu’a fait la théorie quantique qui a révolutionné la physique et qui régit le monde de l’infiniment petit. Mais la Relativité générale a montré qu’au tout début de l’histoire de l’Univers, celui-ci était infiniment petit, infiniment chaud, infiniment dense. Dans de telles conditions, la gravité devient prépondérante et il est alors injustifiable que la physique quantique n’en tienne pas compte. Pour sortir de cette contradiction, et pour unifier la gravité avec les trois autres forces, les physiciens ont « inventé » ce qu’ils appellent la théorie des cordes. D’après cette dernière, les particules élémentaires de matière ne sont pas ponctuelles, mais sont des éléments à une dimension, appelés « cordes » et ressemblant à un fil infiniment mince, et capables d’entrer en vibration de différentes façons. Cette théorie a connu un très grand succès, accaparant la très grande majorité des physiciens (et des budgets de la recherche fondamentale), car elle semblait conduire à la grande unification tant recherchée, la gravité n’étant qu’une corde particulière parmi les autres (chaque force est portée par une particule virtuelle dite « boson », la gravité étant portée par le graviton comme la force électromagnétique est portée par le photon). Hélas, très vite il est apparu qu’existaient potentiellement plusieurs théories des cordes, à chaque tentative de rendre compte des caractéristiques du monde que nous connaissons. Le plus grave est qu’aucune de ces théories n’a été capable d’apporter les preuves de sa véracité. Les cordes sont de dimensions trop petites pour pouvoir être observées directement avec les moyens actuels. Plus un élément est petit, plus l’énergie nécessaire pour l’observer est élevée. Les cordes demandent des énergies hors de portée. Une théorie physique, pour prétendre au nom de théorie, doit pouvoir être falsifiable et vérifiable. Pour être crédible, une théorie doit fournir au moins une prédiction nouvelle attachée à une expérience non encore réalisée. Pour que celle-ci ait un sens, il faut qu’elle permette d’obtenir éventuellement un résultat contredisant la prédiction. C’est en ce sens que l’on dit la théorie falsifiable. Il faut, évidemment, qu’elle soit vérifiable, c’est-à-dire qu’on puisse vérifier la prédiction nouvelle. C’est ce qui s’est passé pour la Relativité générale qui a prédit l’expansion de l’Univers, l’existence de lentilles gravitationnelles, la trajectoire de la planète Mercure, le décalage des horloges, phénomènes aujourd’hui avérés par l’expérimentation. De la théorie de la Relativité générale est issue la formule la plus connue du monde entier : celle qui stipule l’équivalence entre la masse et l’énergie (E = Mc2). Cette formule a été vérifiée de la façon la plus terrifiante qui soit par l’explosion des bombes d’Hiroshima et de Nagasaki ! Or, actuellement, aucune théorie des cordes n’est falsifiable ni vérifiable. De plus, le nombre possible de théories différentes devient énorme. À l’heure actuelle, il semble qu’il puisse exister 10 à la puissance 500 théories différentes (10 suivi de 500 zéros, c’est-à-dire un 10 suivi de cinq lignes de zéros) !! Il devient donc impossible de trouver la théorie du tout, unique et universelle. Pour sortir de cette contradiction dramatique, les physiciens ont alors « inventé » le principe anthropique. Toutes les théories des cordes forment un « paysage » dont chaque point est un univers possible. Notre monde est ce qu’il est parce qu’il est le seul où a pu se développer une vie qui a produit ce que nous sommes. Si le monde avait été différent, nous ne serions pas là pour rechercher la loi d’unification. Il n’est donc plus utile d’expliquer pourquoi le monde est comme il est puisque, parmi tous les mondes possibles (les multivers), nous sommes dans le seul exemplaire qui nous permette d’exister. Les autres univers sont soumis à des lois différentes et restent à jamais inaccessibles, et toutes les lois sont possibles. C’est ce qu’on peut appeler une pirouette dont on peut se demander quelle en est la raison véritable. Voilà plus de cinquante ans que des milliers de physiciens éminents se sont engouffrés dans la théorie des cordes, persuadés qu’ils étaient sur le chemin de la vérité. Mais cette vérité est semblable au Mont Saint-Michel de la famille Fenouillard : plus on approche, plus le but s’éloigne. Ayant consacré un tel effort (et tant d’argent) dans cette recherche, le monde des physiciens a du mal à accepter cet échec et tente de construire des arguties métaphysiques pour justifier ce qui n’est encore aujourd’hui non pas une théorie mais une croyance. La situation actuelle de la physique est aujourd’hui la suivante : la physique quantique est incompréhensible, la théorie des cordes n’est ni vérifiable ni falsifiable, la voie semble bouchée vers une théorie du tout. De quoi faire des cauchemars de physiciens ! Cependant, tout espoir n’est pas perdu. Un certain nombre d’entre eux, reprenant le processus normal de la recherche en prenant comme point de départ de leurs réflexions le résultat des expérimentations, ont lancé la recherche sur d’autres voies dont les premiers résultats sont saisissants car ceux-ci semblent remettre en cause la Relativité restreinte et la Relativité générale, fondements de la physique depuis plus de cinquante ans. Certaines conjectures supposent en effet que la vitesse de la lumière est variable avec le temps, hypothèse qui va à l’encontre de l’hypothèse de base de la Relativité, à savoir la constance de cette vitesse qui s’avère être une limite et celle des particules sans masse comme le photon. Des mesures d’une difficulté extrême sont en cours sur des rayonnements qui, venant des confins de l’Univers, ont mis plus de dix milliards d’années à nous parvenir. La science redécouvre la voie de l’expérimentation qu’elle semblait avoir perdue depuis plusieurs dizaines d’années.
L’économie se veut une théorie scientifique. Diverses théories (keynisienne, monetariste,…) ont vu le jour et leurs auteurs sont restés célèbres. Peut-on dire que ces théories sont falsifiables et vérifiables ? Comme il a été dit plus haut, être vérifiable et falsifiable veut dire que la théorie est capable de faire au moins une prédiction nouvelle qu’une expérience peut éventuellement contredire. Or, l’économie a toujours été incapable de la moindre prédiction. Aucune crise n’a jamais été prévue, aucune évolution importante de la croissance n’a jamais été anticipée. Sans prédiction, aucune expérience ne peut être envisagée. La conclusion s’impose d’elle-même : l’économie est peut-être un savoir, ce n’est pas une théorie.
L’économie se veut une théorie scientifique. Diverses théories (keynisienne, monetariste,…) ont vu le jour et leurs auteurs sont restés célèbres. Peut-on dire que ces théories sont falsifiables et vérifiables ? Comme il a été dit plus haut, être vérifiable et falsifiable veut dire que la théorie est capable de faire au moins une prédiction nouvelle qu’une expérience peut éventuellement contredire. Or, l’économie a toujours été incapable de la moindre prédiction. Aucune crise n’a jamais été prévue, aucune évolution importante de la croissance n’a jamais été anticipée. Sans prédiction, aucune expérience ne peut être envisagée. La conclusion s’impose d’elle-même : l’économie est peut-être un savoir, ce n’est pas une théorie.
07 mars 2008
Recyclage
L’art principal des gourous du consulting est linguistique. Il suffit, en effet, d’inventer un mot pour désigner un processus de conseil pour que les trompettes de la renommée plongent le monde de l’entreprise ou politique dans l’admiration sans réserve. Et, la plupart du temps, le processus rebaptisé n’a pas grand-chose d’innovant en comparaison des pratiques antérieures. C’est ainsi que, dans les cabinets de conseil intervenant en entreprise, on a vu fleurir, au cours des vingt dernières années, un florilège de vocables et d’expressions qui, en fait, se révèle n’être qu’un coup de peinture sur un ancien support : l’excellence, le business process engineering, la qualité totale, le management par objectif, la théorie Z, l’organisation en flux tendus, l’orientation client, le produit total, le QQOQC, le business to business, le knowledge management, le reengineering, le budget base zéro, etc, etc … ! Le pétrole s’épuise mais pas l’imagination des consultants. Un nouveau concept monte à l’horizon de la renommée : le storytelling, c’est-à-dire l’art de raconter des histoires au service de l’entreprise ou du politique. Les ouvrages sur le sujet se multiplient et deviennent la nouvelle bible des managers. Il s’agit, paraît-il, d’une véritable révolution dans l’art du marketing ou de la manipulation politique. Or, il me revient en mémoire une idée que j’ai mise en pratique (car j’ai aussi été consultant !) dans les années 1980 : lorsque nous avions une proposition d’intervention à présenter à une entreprise, plutôt que de donner une liste interminable de références concernant nos interventions antérieures, nous avons décidé d’en choisir deux ou trois et de détailler la mission que nous avions remplie et la façon dont elle s’était déroulée. Sans le savoir, nous avions inventé le storytelling !! Comme il faut bien donner un peu d’épaisseur à ce concept, les « inventeurs » y font entrer de force le discours marketing, les outils de simulation, les promesses des candidats politiques ou des présidents de la République. Les gourous du storytelling nous disent, sérieusement, que « les opérations psychologiques sont destinées à adresser des informations sélectionnées à des leaders et des publics dans le but d’influencer leurs émotions, leurs motivations et, finalement, leur conduite ». On ne peut mieux dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! C’est ainsi que le monde fonctionne depuis qu’un homme a voulu échanger (un objet, une idée, …) avec un congénère. On ne peut pas dire qu’utiliser l’affirmation plutôt que la vérité soit un comportement très nouveau !! Il n'y a, finalement, que deux problématiques en entreprise : persuader le client et réduire les coûts. Le consulting est, en fin de compte, une belle machine à recycler.
05 mars 2008
Aidez-moi !!
Si vous êtes un fana de l'informatique, de Flash, de l'animation 3D avec le logiciel Blender, faites-vous connaitre en répondant par l'intermédiaire d'un commentaire à ce message. Nous aurons alors de nombreux échanges !!
Démocratie et mensonges
Depuis que l’homme n’est plus seul sur Terre, il a cherché à tromper son voisin. L’art de la guerre consiste à prendre l’adversaire à revers, c’est-à-dire à lui faire croire à une manœuvre qui n’existera pas et à le surprendre avec une autre qu’il n’attendait pas. L’art du commerce consiste à faire croire au client que l’on est meilleur que son concurrent avec des arguments qui font peu de cas de la vérité et de la transparence. Le marketing et la publicité consistent à manipuler le futur consommateur avec de fausses vérités et des apparences trompeuses. L’art religieux consiste à demander de croire sans rien démontrer. L’art de la politique consiste à faire rêver les électeurs avec une description de l’avenir que tous les acteurs savent pertinemment fallacieuse. La démocratie, dont la pierre de fondation est l’élection, n’échappe pas à ce péché originel humain et s’avère malade des manœuvres cherchant à fausser le verdict populaire par de multiples manipulations de l’opinion. L’esprit moutonnier de l’homme, la peur de la singularité, la lâcheté ambiante et universelle, crée un vrai boulevard à toutes ces manipulations. Ce qui vient de se passer en France et en Russie, ce qui se passe aux USA, en sont une démonstration étonnante. En écoutant les discours électoraux des candidats américains à la présidence, on a énormément de mal à identifier ce qui constitue leurs convictions profondes au sein de propos faits de généralités compassionnelles. La majorité des dépenses de campagne sont de nature marketing et les candidats régurgitent des discours élaborés par des soi-disant spécialistes du marketing et de la manipulation. En examinant ce qui s’est passé en Russie, on ne peut pas oublier les assassinats et les empoisonnements, la grossière manœuvre politique mettant au pouvoir un fantoche servant de paravent à l’ancien dictateur. En analysant les élections françaises, on s’aperçoit rapidement que la rigueur politique a été allégrement remplacée par la recherche de l’émotion populiste et manipulatrice par les deux principaux candidats. La démocratie s’appuyant sur le vote des électeurs, l’homme est ainsi fait que plutôt que de convaincre, il cherche à tromper et à manipuler. Churchill avait raison : la démocratie est le pire des systèmes, à défaut de tous les autres.
28 février 2008
L’agriculture biologique, une utopie ?
En 1900, la Terre supportait 1,9 milliard de ses enfants, elle en supporte 6,3 milliards aujourd’hui et elle en aura 9,5 milliards à la fin du XXIème siècle. Les experts démographes prédisent que ce chiffre de 9,5 milliards sera un maximum. En est-on vraiment sûr ? Peut-être. Il n’en reste pas moins vrai que l’agriculture se trouve confrontée à un défi : celui de nourrir cette population, en constante augmentation pendant encore quatre vingts ans au moins. En face de cette évolution démographique, la Terre propose et les hommes disposent d’une surface cultivable limitée, qui semblerait même en régression constante à la suite de la diminution de la population d’agriculteurs et de l’urbanisation des surfaces. La France a perdu, entre 1992 et 2002, plus de 700.000 hectares au profit de sols bâtis, de surfaces d’agrément, des routes et parkings, et des surfaces revenues à l’état naturel. Il semble donc qu’il faille rendre de plus en plus efficace une agriculture sur laquelle repose un tel défi. La diminution des rendements semble condamnée par la simple logique consistant à nourrir de plus en plus d’humains sur une surface cultivable non extensible. Pour maintenir l’efficacité agricole il faut choisir la plante qui pousse en éliminant les autres (les herbicides), il faut nourrir la plante qui pousse (les engrais), il faut écarter les prédateurs (les pesticides) et les maladies (les fongicides). L’agriculture dite biologique a peu de place devant ce constat. Il se superpose le problème de l’eau. Les nappes phréatiques se détériorent, les sècheresses se multiplient à la suite du réchauffement climatique. L’eau des rivières en été est due à la fonte des neiges et des glaciers qui s’accélère, phénomène qui court nécessairement vers une limite conduisant à la pénurie. Les disparitions de la mer d’Aral et du lac Tchad sont deux témoins de cette pénurie grandissante. La fonte des grands glaciers et des calottes glaciaires provoquera une montée des océans qui va encore restreindre les zones cultivables en front de mer. Cette diminution des surfaces sera, un temps, compensée par le dégel des pergélisols qui deviendront cultivables. Mais il restera nécessaire de s’orienter vers des plantes peu consommatrices d’eau ou de pratiquer des manipulations génétiques pour rendre ces mêmes plantes moins hydrophiles. Augmenter les rendements avec de moins en moins d’eau semble donner aux OGM de belles perspectives. Surtout si l’on demande à l’agriculture non seulement de nourrir les humains mais également de faire tourner leurs moteurs !
25 février 2008
De l’un à l’autre
« Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ». Tel était Charles De Gaulle à l'Hôtel de Ville de Paris. « Tire-toi, pauvre con », tel est Nicolas Sarkozy au derrière des vaches. Les Français ont chassé De Gaulle du pouvoir pour de mauvaises raisons. Aujourd’hui, ils ont porté au pouvoir Sarkozy pour d’autres mauvaises raisons. Finalement, la France a le président qu’elle mérite.
22 février 2008
L’école de la République est en danger
Jules Ferry a inventé l’école de la République Française. Et cette école fut un véritable succès. La troisième République a inventé l’ascenseur social grâce à l’école. Ce qui a donné à l’instituteur et au maître une mission s’apparentant au sacerdoce et leur a permis d’obtenir la reconnaissance de la Nation. Cette école de la République s’attachait à la transmission du savoir. Et ses méthodes s’adaptaient à l’âge des élèves et étaient pleines de bon sens. Ce que l’Éducation Nationale a oublié depuis trente ans. Pour écrire correctement, il fallait apprendre la grammaire. Pour pouvoir aborder les mathématiques, il fallait savoir faire les quatre opérations d’arithmétique. Pour pouvoir s’intégrer dans la société, il fallait savoir lire. Voilà ce qu’étaient les principes éducatifs de l’école de Jules Ferry. Pour que les élèves comprennent le message de leur instituteur, encore fallait-il utiliser un langage compréhensible. Comment l’école d’aujourd’hui pourrait-elle réussir lorsque même les parents ne comprennent plus le langage de l’école ? Les pédagogues de tous poils, en mal de renommée, ont voulu faire carrière en sinistrant l’Éducation Nationale et en croyant avoir découvert une méthode pédagogique nouvelle appelée le constructivisme. La réalité est qu’ils ont mené leurs expériences personnelles au détriment des enfants et qu’ils sont donc responsables de l’échec insupportable de l’Éducation Nationale. Comment ces personnages peuvent-ils dormir tranquilles lorsqu’ils sont responsables de l’échec scolaire, et donc social, de 20 % des enfants de chaque génération ? Le ministre actuel tente de remettre du bon sens dans la pédagogie. Qui s’y oppose ? Les syndicats de l’Éducation Nationale et, dans une moindre mesure, des parents d’élèves, réactionnaires au-delà du supportable. La confusion dans les objectifs, le vocabulaire jargonnant ont plongé les instituteurs dans la difficulté et la confusion. Il est peut-être important de parler informatique ou histoire de l’Art aux enfants, mais à quoi cela peut-il servir si ces mêmes enfants ne savent pas lire ? La lecture et l’écriture sont deux outils fondamentaux de l’insertion dans la société. Les pédagogues l’ont tout simplement oublié. Ce constat montre bien qu’il est urgent de réformer en profondeur les IUFM qui, manifestement, ont échoué dans leur mission. Les enseignants sont réfractaires à toute méthode imposée lorsqu’elle l’est par le gouvernement. Acceptons ce fait en leur laissant la liberté pédagogique, mais imposons leur l’évaluation de leur efficacité. Ce ne serait que justice. L’impunité dans l’échec ne peut plus perdurer sans faire peser sur la jeunesse de terribles dangers. L’échec scolaire d’un enfant est, d’abord, l’échec pédagogique du maître.
21 février 2008
Le miroir aux alouettes
Le chômage diminue de façon sensible et la communication gouvernementale ne se prive pas de le souligner. On pourrait s’en réjouir. Mais, en regardant d’un peu plus près, cette nouvelle est préoccupante. En effet, cette diminution du chômage tient à la création de plus de 200.000 emplois pendant l’année 2007. Or, ces emplois sont, dans leur grande majorité, des emplois d’aide à la personne créés avec l’aide efficace du ministère de J.L. Borloo. Dans le même temps, les emplois industriels continuent à régresser, comme le laissent comprendre les multiples fermetures d’usines en France, conséquence des délocalisations compétitives. Or, un emploi d’aide à la personne ne crée aucune richesse supplémentaire pour le pays . Ce n’est qu’un déplacement de richesse entre la personne aidée et la personne qui apporte son aide. Le pays n’est pas plus riche parce qu’un senior aura reçu (et payé) une personne venant à domicile lui apprendre à se servir de son ordinateur récemment acheté ! Par contre, un emploi industriel supprimé correspond à une production réelle supprimée, donc à un appauvrissement du pays. Encore une fois, ce n’est pas parce que le magasinier achète ses nouilles au supermarché qui l’emploie que la France devient plus riche. Le chômage diminue, mais la France se désindustrialise. Ce mouvement n’a rien à voir avec ce qui s’est passé lorsque le pays est passé de l’ère agricole à l’ère industrielle. Il y a eu substitution de production. Rien de tel en ce moment. Les emplois industriels productifs sont remplacés par des emplois non productifs. Le chômage diminue, mais le pays s’appauvrit. Ne nous laissons pas abuser par le miroir aux alouettes de cette amélioration apparente de l’emploi. La situation continue de se dégrader .
20 février 2008
Liberté, égalité … laïcité
On croyait que le problème de la cohabitation du religieux et du politique était réglé depuis 1905. La loi votée cette année-là, en fait, est extrêmement simple dans un énoncé un peu compliqué. Elle stipule que :
« • La république garantit le libre exercice des cultes, ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
• La République ne prend en charge que les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics.
• Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l'exercice d'un culte. Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit. Sont punis d'une amende ceux qui, par violence ou menaces contre un individu, l'auront déterminé à exercer ou à s'abstenir d'exercer un culte.
• Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans. »
Tout le reste du texte traite de la délicate question du transfert des biens immobiliers de l’Église à l’État.
Que peut- on penser de cette loi ? Tout d’abord qu’il n’a pas été jugé anormal, au début du XXème siècle, que l’État se mêle du religieux. Il stipule un fait, qui paraît naturel aujourd’hui, à savoir que chacun a le droit d’exercer sa religion, quelle qu’elle soit, à condition qu’il le fasse sans prosélytisme et sans signe visible en dehors de sa sphère privée. Bien entendu, aucun classement de valeur n’est précisé ni entre les religions ni entre le religieux et le laïc. Mais séparation ne veut pas dire ignorance. Peut-on faire de l’histoire sans rien connaître de l’histoire particulière des religions et des multiples interactions qu’elles ont eues sur la vie citoyenne ? Doit-on passer sous silence la Saint Barthélemy, la guerre des Chouans, l’éradication des Cathares et des Templiers, les atrocités des croisades et de l’Inquisition ? La destinée de l’Europe et du Moyen-Orient a été façonnée en profondeur par les religions. Or, l’ignorance est grande, tant chez les adultes que chez les enfants, de l’histoire des religions. Peut-on limiter l’histoire du peuple juif à la seule Shoa, en omettant l’exode du VIIème siècle avant JC provoqué par les Assyriens,la déportation à Babylone en 586 avant JC, le début de la diaspora en l’an 70 après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains, la création de ghettos espagnols par ordonnance royale en 1412 servant de précurseur à la lutte anti-sémite espagnole de XIIème siècle commençant par l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492 ? Peut-on ignorer l’histoire musulmane et de son expansion depuis l’invasion du Maghreb en 400 et de la Syrie par les Arabes en 636 jusqu’à leur arrivée en Europe et la conquête de l’Espagne en 711, leur pénétration en France jusqu’en 732, la grande renaissance de l’Islam de 1520 à 1629 qui mena les Ottomans jusqu’en Autriche ? Peut-on ignorer la différence entre un chiite et un sunnite , entre un juif ashkénaze et un séfarade ? Les massacres religieux ont jalonné l’histoire occidentale comme elle a jalonné, et jalonne encore, celle du Proche-Orient. Tirant enfin les leçons de l’Histoire, la loi de 1905, par la séparation nette des intérêts religieux et laïcs, entend éradiquer toute velléité d’actions politiques menées au nom d’une quelconque religion. La seule morale conduit l’action des hommes et cette morale est décrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme qui doit être le bien commun à toutes religions et à tous ceux qui sont athées ou agnostiques.
Liberté du choix religieux, égalité de traitement pour tous sans signe distinctif, laïcité et Droits de l’Homme.
« • La république garantit le libre exercice des cultes, ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
• La République ne prend en charge que les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics.
• Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l'exercice d'un culte. Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit. Sont punis d'une amende ceux qui, par violence ou menaces contre un individu, l'auront déterminé à exercer ou à s'abstenir d'exercer un culte.
• Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans. »
Tout le reste du texte traite de la délicate question du transfert des biens immobiliers de l’Église à l’État.
Que peut- on penser de cette loi ? Tout d’abord qu’il n’a pas été jugé anormal, au début du XXème siècle, que l’État se mêle du religieux. Il stipule un fait, qui paraît naturel aujourd’hui, à savoir que chacun a le droit d’exercer sa religion, quelle qu’elle soit, à condition qu’il le fasse sans prosélytisme et sans signe visible en dehors de sa sphère privée. Bien entendu, aucun classement de valeur n’est précisé ni entre les religions ni entre le religieux et le laïc. Mais séparation ne veut pas dire ignorance. Peut-on faire de l’histoire sans rien connaître de l’histoire particulière des religions et des multiples interactions qu’elles ont eues sur la vie citoyenne ? Doit-on passer sous silence la Saint Barthélemy, la guerre des Chouans, l’éradication des Cathares et des Templiers, les atrocités des croisades et de l’Inquisition ? La destinée de l’Europe et du Moyen-Orient a été façonnée en profondeur par les religions. Or, l’ignorance est grande, tant chez les adultes que chez les enfants, de l’histoire des religions. Peut-on limiter l’histoire du peuple juif à la seule Shoa, en omettant l’exode du VIIème siècle avant JC provoqué par les Assyriens,la déportation à Babylone en 586 avant JC, le début de la diaspora en l’an 70 après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains, la création de ghettos espagnols par ordonnance royale en 1412 servant de précurseur à la lutte anti-sémite espagnole de XIIème siècle commençant par l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492 ? Peut-on ignorer l’histoire musulmane et de son expansion depuis l’invasion du Maghreb en 400 et de la Syrie par les Arabes en 636 jusqu’à leur arrivée en Europe et la conquête de l’Espagne en 711, leur pénétration en France jusqu’en 732, la grande renaissance de l’Islam de 1520 à 1629 qui mena les Ottomans jusqu’en Autriche ? Peut-on ignorer la différence entre un chiite et un sunnite , entre un juif ashkénaze et un séfarade ? Les massacres religieux ont jalonné l’histoire occidentale comme elle a jalonné, et jalonne encore, celle du Proche-Orient. Tirant enfin les leçons de l’Histoire, la loi de 1905, par la séparation nette des intérêts religieux et laïcs, entend éradiquer toute velléité d’actions politiques menées au nom d’une quelconque religion. La seule morale conduit l’action des hommes et cette morale est décrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme qui doit être le bien commun à toutes religions et à tous ceux qui sont athées ou agnostiques.
Liberté du choix religieux, égalité de traitement pour tous sans signe distinctif, laïcité et Droits de l’Homme.
17 février 2008
Le poison est dans le fruit
Le Kosovo vient d’annoncer son indépendance, c’est-à-dire son détachement de la Serbie. Cette ancienne province serbe est grande comme deux départements français. Sa viabilité économique n’est rien moins que douteuse, mais l’esprit communautaire (et l’esprit de revanche, en l’occurrence) a prévalu sur toute autre considération. Cette indépendance va, sans aucun doute, être validée par la majorité des pays occidentaux. Il est vraisemblable que le Kosovo va ainsi servir d’exemple à d’autres tentations séparatistes, en Espagne, en Belgique, en Corse, en Italie du Nord entre autres. Tous ces communautarismes européens font courir un risque majeur à l’idée d’Europe, qu’elle soit fédéraliste ou non. Un éclatement des nations en leurs différentes composantes communautaires conduirait à la fin d’un rêve de plusieurs générations d’européens.
Le devoir de mémoire
La polémique actuelle, qui s’est levée comme un ouragan à la suite de la proposition du Président de la République demandant que chaque enfant se voit « confié » la mémoire d’un enfant mort en déportation, donne à chacun le devoir de s’interroger sur la façon dont la société exerce son devoir de mémoire. Peut-on dire que tout est fait pour que personne n’oublie plus jamais (tout tient dans le « jamais ») l’horreur que des hommes ont engendrée ? La mémoire doit-elle se satisfaire d’une connaissance généraliste et partielle, globalisante, noyant dans un anonymat rédempteur et collectif les victimes expiatoires d’une folie humaine ? Hélas, la Shoa n’est pas le seul génocide perpétré par les hommes et ne peut faire sombrer dans l’ombre immense de sa démesure le génocide des Arméniens de Turquie, des Tutsis du Rwanda, des Albanais de Serbie, des chiites irakiens. L’horreur de la Shoa n’a pas empêché celle du Rwanda ni celle du Kosovo. La mémoire ne semble pas être suffisante pour empêcher la folie collective des hommes. Alors ? Les adultes, ayant montré leur incapacité à tirer les leçons de l’histoire, doivent-ils se décharger sur leurs enfants de la mémoire de l’indicible, lorsqu’on soupçonne que cela ne sera peut-être pas suffisant ? Les adultes peuvent-ils échanger le sommeil de leur conscience par les cauchemars de leurs enfants ?
Mais le problème ne peut se limiter à cette interrogation trop facile à cause de son évidence. Instaurer chez les enfants un devoir de mémoire spécifique attaché aux enfants juifs morts en déportation ne risque-t-il pas de renforcer, sinon de créer, un esprit communautaire ? Que demande-t-on aux enfants ? De garder en mémoire le nom d’un enfant juif ou celui d’un enfant ? De même, ce devoir de mémoire s’attache-t-il à un enfant mort ou à un enfant ? Ces questions montrent qu’il est indispensable d’expliquer avec intelligence le comment et le pourquoi pour ne pas laisser l’enfant seul en face de l’horreur. Devoir de mémoire et pédagogie sont, comme toujours, indissociables. L’indignation de Simone Weil se comprend aisément si l’explication manque (encore que ses propos du 16 Février au Pavillon d’Armenonville ont été beaucoup plus mesurés). Mais l’hydre n’est pas morte qui peut renaître d’une autre folie collective emmenée par un fanatique affamé de pouvoir. Ne doit-on pas, alors, tout faire pour empêcher que l’horreur recommence ? Et, dans ce but, le meilleur moyen n’est-il pas d’éduquer les enfants dans « l’horreur de l’horreur » ? La violence est constamment mise devant les enfants par l’intermédiaire de la télévision ou des jeux video. N’est-il pas sain que les enfants comprennent très tôt que la violence n’est pas uniquement virtuelle et qu’elle peut ne pas être un simple jeu ? On meurt deux fois. La première fois lorsque la vie vous quitte, la seconde lorsque l’oubli vous efface de toutes les mémoires. Que vaut-il mieux ? Le souvenir ou l’oubli ? On objecte que l’âge est un risque et que le poids du souvenir est trop lourd pour de jeunes esprits. Il est certain que l’on ne parle pas de Hitler aux enfants du primaire. Peut-être est-ce pour cela que certains d’entre eux n’en entendront jamais parler (Hitler, connais pas !). Dans tous les domaines, les pédagogues insistent sur l’importance de l’enfance pour assimiler et comprendre. Pourquoi pas dans celui qui nous préoccupe ici ? Le risque de la culpabilité enfantine doit pouvoir être maîtrisé par une pédagogie collective. La faisabilité et la méthodologie de la mise en œuvre d’une idée comme celle-là auraient dû être soigneusement réfléchies avant de tomber dans la tentation de l’inattendu. Dans le seul but du sensationnel, a-t-on le droit de négliger une nécessaire réflexion préalable qui engage toute une société ?
Mais le problème ne peut se limiter à cette interrogation trop facile à cause de son évidence. Instaurer chez les enfants un devoir de mémoire spécifique attaché aux enfants juifs morts en déportation ne risque-t-il pas de renforcer, sinon de créer, un esprit communautaire ? Que demande-t-on aux enfants ? De garder en mémoire le nom d’un enfant juif ou celui d’un enfant ? De même, ce devoir de mémoire s’attache-t-il à un enfant mort ou à un enfant ? Ces questions montrent qu’il est indispensable d’expliquer avec intelligence le comment et le pourquoi pour ne pas laisser l’enfant seul en face de l’horreur. Devoir de mémoire et pédagogie sont, comme toujours, indissociables. L’indignation de Simone Weil se comprend aisément si l’explication manque (encore que ses propos du 16 Février au Pavillon d’Armenonville ont été beaucoup plus mesurés). Mais l’hydre n’est pas morte qui peut renaître d’une autre folie collective emmenée par un fanatique affamé de pouvoir. Ne doit-on pas, alors, tout faire pour empêcher que l’horreur recommence ? Et, dans ce but, le meilleur moyen n’est-il pas d’éduquer les enfants dans « l’horreur de l’horreur » ? La violence est constamment mise devant les enfants par l’intermédiaire de la télévision ou des jeux video. N’est-il pas sain que les enfants comprennent très tôt que la violence n’est pas uniquement virtuelle et qu’elle peut ne pas être un simple jeu ? On meurt deux fois. La première fois lorsque la vie vous quitte, la seconde lorsque l’oubli vous efface de toutes les mémoires. Que vaut-il mieux ? Le souvenir ou l’oubli ? On objecte que l’âge est un risque et que le poids du souvenir est trop lourd pour de jeunes esprits. Il est certain que l’on ne parle pas de Hitler aux enfants du primaire. Peut-être est-ce pour cela que certains d’entre eux n’en entendront jamais parler (Hitler, connais pas !). Dans tous les domaines, les pédagogues insistent sur l’importance de l’enfance pour assimiler et comprendre. Pourquoi pas dans celui qui nous préoccupe ici ? Le risque de la culpabilité enfantine doit pouvoir être maîtrisé par une pédagogie collective. La faisabilité et la méthodologie de la mise en œuvre d’une idée comme celle-là auraient dû être soigneusement réfléchies avant de tomber dans la tentation de l’inattendu. Dans le seul but du sensationnel, a-t-on le droit de négliger une nécessaire réflexion préalable qui engage toute une société ?
13 février 2008
La fosse des septiques
Neuf mois à peine après avoir élu Nicolas Sarkozy à une grande majorité, voilà les Français prêts à se jeter à nouveau dans les bras de l’opposition socialiste qu’ils ont rejetée il y a moins d’un an. La France est décidément bien malade. Le choix politique est aujourd’hui entre un parti qui soutient un homme qui n’a pas pris la mesure du rôle et du comportement d’un Président de la République et un parti déliquescent qui se meurt de ses luttes internes et de son incapacité à comprendre le monde d’aujourd’hui. Finalement, les Français ont à choisir entre la comédie dramatique et la tragédie. En dehors des palinodies électorales et municipales, les raisons sont décidément nombreuses d’être très inquiet pour l’avenir du pays. Le fric et la morale ont divorcé, la pauvreté s’étend à de nouvelles couches de la population, les entreprises sont mal en point en dépit de résultats financiers mirobolants qui résultent en grande partie de la spéculation financière et pétrolière, les syndicats se corporatisent à outrance en oubliant le bien commun, le système financier et bancaire est en danger, le monde regarde la France en rigolant gentiment, les hommes politiques ont les yeux rivés sur les sondages ce qui leur permet d’éviter d’avoir des idées et ce qui autorise les medias à toutes les arrogances voire toutes les dérives (la course à l’audimat !!), les travailleurs sociaux ne sont pas assez compétents parce que subjectifs et idéologues. Le pays est débordé par les problèmes que les politiques ont été incapables de résoudre, ou n’ont pas voulu résoudre depuis trente ans. Aujourd’hui ces problèmes ont pris une telle ampleur que le pays n’a plus les moyens de les résoudre, compte tenu de son état de quasi-faillite. C’est le cas de la délinquance et de l’insécurité en banlieue, de la crise du logement, de l’investissement et de la recherche, de l’accompagnement durant le chômage, de l’Éducation Nationale et du nombre d’élèves en échec scolaire (tous les ans, 20% d’une génération d’élèves quittent l’école sans aucun diplôme), du fonctionnement de la justice, etc … Vive la France !! N’oublions pas ce que l’on dit du coq, emblème national : c’est le seul être vivant qui chante avec les deux pattes dans la m…
11 février 2008
Une honte
Les patrons des plus importants groupes du CAC 40 ont reçu chacun en valeur médiane 6,175 millions d'euros de rémunération totale en 2007, selon une étude du cabinet Hay Group portant sur 135 groupes dont tous ceux du CAC 40. Ceci représente une augmentation moyenne de 40% pour les trois quarts de ces patrons. La France est dans une situation difficile dont une des causes est le déficit monstrueux de la balance commerciale, bon indicateur de la mauvaise performance des entreprises françaises qui perdent des parts de marché sur toute la planète. Les Français ont un pouvoir d’achat en berne et l’inflation est repartie, rendant leur vie de plus en plus difficile. N’êtes-vous pas heureux de savoir qu’il y a des patrons qui sont à l’abri de ces petites mesquineries que sont les difficultés de vivre, malgré leurs piètres performances ?
10 février 2008
Fadela contre les intellectuels
Le 10 Février a eu lieu sur France 5, dans l’émission Riposte, une confrontation entre Fadela Amara et quelques intellectuels bon teint. Une jeune femme, visiblement sincère et profondément investie dans sa mission sur les banlieues, seule face à des hommes plus ou moins jeunes, uniquement attachés à la polémique ou viscéralement opposés à Nicolas Sarkozy, s’est vue confrontée à des attaques systématiques et contradictoires, sans que cette contradiction visible ne soit, d’ailleurs, relevée par le meneur de l’émission, Serge Moati. On avait l’impression d’un combat entre la sincérité et l’engagement d’un côté et la polémique de mauvaise foi de l’autre.
On entend, dans un même tour de table, reprocher à Fadela le « paquet fiscal » qui ne la concerne absolument pas, la démagogie supposée du projet à cause de la proximité des municipales. Comme d’habitude, les contradicteurs avancent des arguments en s’appuyant sur des annonces, des mots, des faits qui, sortis de leur contexte, deviennent partiels et de mauvaise foi. Pendant toute l’émission, on a eu le spectacle d’une vraie sincérité, sans langue de bois, face à un discours construit sur la volonté farouche de s’opposer au Président à travers Fadela Amara.Lorsque l’on entend le meneur de l’émission glisser au cœur d’une phrase que Fadela Amara est soumise à l’ISF, on est interloqué devant ce qui ne peut être qu’une manœuvre de déstabilisation, car on ne voit absolument pas le rapport avec le sujet de l’émission si ce n’est la volonté de jeter un doute sur la légitimité du ministre vis-à-vis du plan banlieu. Serge Moati a inséré dans l’émission une interview de Monsieur Azouz Begag, ulcéré de n’avoir pas été appelé par Nicolas Sarkozy au gouvernement, qui reprochait au « plan banlieue » de Fadela Amara de ne pas contenir les excuses du Président sur l’emploi des mots « karcher » et « racaille ». Cette émission n’a, finalement, montré que les limites de cet exercice.
La France a trop d’intellectuels inefficaces et pas assez de Fadela Amara.
On entend, dans un même tour de table, reprocher à Fadela le « paquet fiscal » qui ne la concerne absolument pas, la démagogie supposée du projet à cause de la proximité des municipales. Comme d’habitude, les contradicteurs avancent des arguments en s’appuyant sur des annonces, des mots, des faits qui, sortis de leur contexte, deviennent partiels et de mauvaise foi. Pendant toute l’émission, on a eu le spectacle d’une vraie sincérité, sans langue de bois, face à un discours construit sur la volonté farouche de s’opposer au Président à travers Fadela Amara.Lorsque l’on entend le meneur de l’émission glisser au cœur d’une phrase que Fadela Amara est soumise à l’ISF, on est interloqué devant ce qui ne peut être qu’une manœuvre de déstabilisation, car on ne voit absolument pas le rapport avec le sujet de l’émission si ce n’est la volonté de jeter un doute sur la légitimité du ministre vis-à-vis du plan banlieu. Serge Moati a inséré dans l’émission une interview de Monsieur Azouz Begag, ulcéré de n’avoir pas été appelé par Nicolas Sarkozy au gouvernement, qui reprochait au « plan banlieue » de Fadela Amara de ne pas contenir les excuses du Président sur l’emploi des mots « karcher » et « racaille ». Cette émission n’a, finalement, montré que les limites de cet exercice.
La France a trop d’intellectuels inefficaces et pas assez de Fadela Amara.
07 février 2008
Un gros mot
Dans le petit monde médiatique et politique, se murmure un vocable fantasmatique qui cristallise toutes les peurs et toutes les oppositions : une politique de rigueur. À entendre les réactions devant ce vocable, on pourrait croire que l’association de ces deux mots est un véritable scandale. La rigueur et la politique ne peuvent être associées dans un même vocable sans provoquer immédiatement des réactions irritées et des vociférations outrancières. Et pourtant … Qu’y a-t-il de scandaleux à ce que la politique soit menée avec rigueur ? La France est-elle trop habituée au laxisme en matière d’économie politique, laxisme qui se traduit concrètement par l’insondable dette du pays, pour pouvoir imaginer que l’économie politique puisse demander un peu de rigueur ? Pourtant, l’enseignement s’attache à inculquer aux élèves et aux étudiants que la rigueur est la base de tout travail et de toute réflexion.
Doit-on voir là aussi une faillite du système éducatif français ? Ou bien, en rejoignant ce que le Général De Gaulle pensait des Français, que le peuple est tellement étranger à l’effort que toute idée de rigueur lui est insupportable ? Comment expliquer autrement ce fait qu’il n’existe aucune corporation, aucun corps de métier, aucun syndicat qui ne réclame encore et toujours plus de moyens, alors que le pays est en état de quasi- cessation de paiement et que la balance commerciale affiche des records de déficit atteignant les quarante milliards d’Euros !! Mais la réalité est têtue : la France n’échappera pas aux sacrifices nécessaires et indispensables pour retrouver le chemin d’une saine gestion. Elle ne peut continuer à imposer aux autres pays européens des règles de rigueur qu’elle refuse de s’appliquer à elle-même. Préparer vos ceintures…
Doit-on voir là aussi une faillite du système éducatif français ? Ou bien, en rejoignant ce que le Général De Gaulle pensait des Français, que le peuple est tellement étranger à l’effort que toute idée de rigueur lui est insupportable ? Comment expliquer autrement ce fait qu’il n’existe aucune corporation, aucun corps de métier, aucun syndicat qui ne réclame encore et toujours plus de moyens, alors que le pays est en état de quasi- cessation de paiement et que la balance commerciale affiche des records de déficit atteignant les quarante milliards d’Euros !! Mais la réalité est têtue : la France n’échappera pas aux sacrifices nécessaires et indispensables pour retrouver le chemin d’une saine gestion. Elle ne peut continuer à imposer aux autres pays européens des règles de rigueur qu’elle refuse de s’appliquer à elle-même. Préparer vos ceintures…
05 février 2008
Vous avez dit démocraties ?
Qu’elle soit représentative, d’opinion, directe ou participative, la démocratie est au centre des réflexions des analystes politiques et des intellectuels (ou de ceux qui se déclarent tels) sans toujours faire la juste différence entre ces diverses formes d’un même système politique. Démokratia est un terme grec signifiant le commandement par le peuple. Originellement, il désignait le mode de gouvernement des cités grecques où la maîtrise de l’Etat était l’apanage du peuple assumant l’administration des affaires publiques : l’Assemblée du peuple cumulait tous les pouvoirs et chaque citoyen avait la possibilité de participer à l’Assemblée de la cité. Il s’agit donc de ce qui s’appelle la démocratie directe. Chaque cité grecque avait ainsi son assemblée fonctionnant sur le principe de la démocratie directe du peuple. L’idée de démocratie a traversé les siècles pour s’incarner sous la forme d’un mode de gouvernement d’un pays tout entier. La participation de tous les citoyens à la gestion directe du pays étant inopérante, les compétences nécessaires à cette gestion étant de plus en plus complexes, le peuple a délégué à des hommes jugés les plus capables cette responsabilité ; la démocratie représentative était née. En France, la démocratie directe n’a pas totalement disparu puisque l’élection du Président de la République se fait au suffrage universel direct. Cependant, des évènements récents, les propos tenus lors de la dernière élection présidentielle, ont semblé remettre en cause la démocratie représentative en voulant favoriser l’émergence d’un nouveau type de démocratie : la démocratie dite participative. On a même entendu, ces temps derniers, des parlementaires juger non démocratique le fait que le Président de la République ait choisi de faire voter le texte du projet Européen par le Parlement au lieu de faire appel au référendum ! Décidément, tous les dinosaures n’ont pas disparu, il en reste quelques-uns au sein du Parti Socialiste. Avant d’analyser le concept de démocratie participative, il faut également se rendre compte que l’épisode du CPE, le blocage des Universités par une minorité d’étudiants, sont des évènements où une loi votée par l’Assemblée Nationale est rejetée par la rue ou contestée par une partie du peuple. C’est-à-dire que la légitimité de la démocratie représentative a été gravement remise en question. C’est bien pourquoi la commission dite « Balladur » sur l’évolution de la Constitution, propose (chat échaudé craint l’eau froide !) qu’une loi subisse une « étude d’impact » avant la parution des décrets d’application. Ce que l’on peut traduire de la façon suivante : il faut mettre en place une démocratie d’opinion. Tenir compte de l’opinion publique pour orienter les décisions de gestion de la Nation, tel est le principe de base de la démocratie d’opinion. Cette façon de dénaturer la démocratie comporte un risque énorme : rien ne dit que l’opinion ait raison !! L’opinion, sensible à l’émotion et versatile, peut décider contre toute raison. La peine de mort n’aurait jamais pu être abolie si le pouvoir politique s’était soumis à l’opinion. Se pose également le problème de l’appréciation de l’opinion. Il est patent que la démocratie d’opinion conduit tout droit à la dictature des sondages. Il s’agit bien d’une dictature, car il n’existe aucun contre-pouvoir. Qui ne sent que les sondages ont déjà pris une part trop grande dans la prise de décision des politiques qui nous gouvernent ? Lorsque l’on voit comment ont fonctionné les Assemblées d’étudiants, faisant fi de tout comportement démocratique, on est en droit de craindre la démocratie d’opinion, tout aussi susceptible de manipulation que tout autre manifestation d’opinion.
La démocratie directe n’étant pas opératoire, la démocratie d’opinion étant dangereuse, il reste le concept de démocratie participative. Reste à comprendre ce que ce concept recouvre. S’il s’agit, comme l’a laissé entendre la candidate de gauche aux dernières élections présidentielles, de soumettre l’action des représentants du peuple au jugement de jurys populaires, cela revient à dénier au principe du vote électoral toute justification. La délégation faite lors du vote électoral perd son sens ainsi que le principe même de démocratie représentative. S’il s’agit de faire participer le citoyen aux prises de décisions, cela existe déjà à l’échelon local à travers les comités de quartiers, les commissions ad hoc, les associations. Un examen un peu attentif de ces initiatives montre qu’il ne s’agit que de l’application au niveau local de la notion de représentativité. En effet, les participants à ces comités ou associations sont censés représenter l’ensemble des concitoyens qui leur ont délégué leur pouvoir de décision. On est bien dans le cadre d’une démocratie représentative. On peut donc conclure que le concept de démocratie participative n’est qu’un avatar de la démocratie représentative. Si les citoyens perdent confiance dans les hommes politiques, cela ne tient pas au fonctionnement de la démocratie, mais à la compétence et au courage des élus. Cela tient également à l’égoïsme du citoyen pour qui la notion de bien commun est étranger.
Le régime actuel français est, sans conteste, celui de la démocratie représentative. Cependant, nous assistons à ce qui pourrait bien devenir une dérive, voire une régression. Lorsque N. Sarkozy affronte directement les pêcheurs, les cheminots grévistes, les ouvriers, la majorité des Français louent son courage…et retiennent la leçon, à savoir que, seul, le président est apte à entendre leurs problèmes. C’est exactement ce qui se passait, il y a deux cent cinquante ans, lorsque le peuple ne s’adressait qu’au roi.
La démocratie directe n’étant pas opératoire, la démocratie d’opinion étant dangereuse, il reste le concept de démocratie participative. Reste à comprendre ce que ce concept recouvre. S’il s’agit, comme l’a laissé entendre la candidate de gauche aux dernières élections présidentielles, de soumettre l’action des représentants du peuple au jugement de jurys populaires, cela revient à dénier au principe du vote électoral toute justification. La délégation faite lors du vote électoral perd son sens ainsi que le principe même de démocratie représentative. S’il s’agit de faire participer le citoyen aux prises de décisions, cela existe déjà à l’échelon local à travers les comités de quartiers, les commissions ad hoc, les associations. Un examen un peu attentif de ces initiatives montre qu’il ne s’agit que de l’application au niveau local de la notion de représentativité. En effet, les participants à ces comités ou associations sont censés représenter l’ensemble des concitoyens qui leur ont délégué leur pouvoir de décision. On est bien dans le cadre d’une démocratie représentative. On peut donc conclure que le concept de démocratie participative n’est qu’un avatar de la démocratie représentative. Si les citoyens perdent confiance dans les hommes politiques, cela ne tient pas au fonctionnement de la démocratie, mais à la compétence et au courage des élus. Cela tient également à l’égoïsme du citoyen pour qui la notion de bien commun est étranger.
Le régime actuel français est, sans conteste, celui de la démocratie représentative. Cependant, nous assistons à ce qui pourrait bien devenir une dérive, voire une régression. Lorsque N. Sarkozy affronte directement les pêcheurs, les cheminots grévistes, les ouvriers, la majorité des Français louent son courage…et retiennent la leçon, à savoir que, seul, le président est apte à entendre leurs problèmes. C’est exactement ce qui se passait, il y a deux cent cinquante ans, lorsque le peuple ne s’adressait qu’au roi.
01 février 2008
Pauvre Afrique
Le continent noir, berceau de l’humanité, n’en finit pas de s’enfoncer dans la misère. Le spectacle que donne l’Afrique aujourd’hui est accablant. Non seulement en proie aux premières conséquences dramatiques du réchauffement planétaire, elle est dévastée par une vingtaine de conflits armés, aucune région n’étant épargnée : Somalie, Soudan, Tchad, Rwanda et Burundi, Ethiopie, Ouganda, Kenya, République Démocratique du Congo, Angola, Sierra Leone, Liberia. À cette liste, il faut ajouter l’horreur que constitue la permanence du terrorisme au Maghreb, en Mauritanie. Au premier rang des causes de ces guerres figure l’ethnisme qui pousse les peuples à tenter de régler les différends politiques par les armes à feu ou les machettes. Ce qui se passe actuellement au Kenya est symptomatique de ces antagonismes racistes (car il faut bien appeler les choses par leur nom). Les conflits à coloration tribale, souvent aggravés par le fanatisme religieux, sont nombreux : l’antagonisme Hutus-Tutsis de l’Afrique des Grands Lacs, les problèmes Afar dans la Corne, la question Targui au Sahel, le problème Oromo en Éthiopie, le conflit du Nigeria, celui du Soudant et de l’Ouganda en sont des exemples. Ces conflits s’accompagnent de déplacements de population d’une ampleur considérable (un réfugié sur deux dans le monde est africain) qui ajoutent à la déliquescence du continent. Les camps de réfugiés sont de gigantesques camps de la mort pour les plus faibles, femmes, enfants et vieillards. L’Afrique meurt de la corruption et de l’incompétence de ses dirigeants, des trafics de tous ordres dont la drogue. C’est un continent qui a produit plus de dictateurs que de poètes ou de philosophes. Devant une telle dérive, le monde entier devrait se mobiliser pour aider ces populations à sortir de ce drame. Et ceci, en s’abstenant de soutenir des dirigeants corrompus et incapables au nom d’une « real » politique uniquement préoccupée des intérêts égoïstes des pays occidentaux et asiatiques.
28 janvier 2008
L’oncle Sam
Sous le règne de W.Bush, la situation mondiale ne s’est pas améliorée, loin de là. La guerre au Moyen-Orient n’en finit pas de faire des victimes civiles, la démocratie promise en Irak reste une utopie massacrée par les attentats et le désordre, l’Afghanistan n’arrive pas à trouver une stabilité, les tensions iraniennes ne rassurent personne lorsque le pouvoir dans ce pays est aux mains d’un fou. On peut multiplier les exemples des conséquences mondiales de la politique américaine. Sous le règne de W. Bush et de son credo libéraliste à tous crins, le système financier et bancaire américain, libre de tout contrôle, est devenu totalement fou en construisant un système de prêts immobiliers aux postulants insolvables. Ce système invraisemblable a atteint une telle ampleur que le système financier du monde entier est en danger. Quelles en seront les victimes ? Les plus fragiles, c’est-à-dire les « petits » porteurs ayant investi leurs économies en bourse ou dans des assurances-vie et qui vont voir leur patrimoine s’évaporer. L’oncle d’Amérique déverse sur le monde son incurie. Non seulement, les USA exportent leur phénoménal déficit grâce à l’hégémonie subie du dollar, ils exportent leur frénésie financière coupable en contaminant l’ensemble des banques du monde entier. Ils se comportent comme si le monde était leur arrière-cour. C’est leur vision de la mondialisation !
26 janvier 2008
Les grandes menaces
Les dangers qui menacent les hommes sont nombreux et variés. L’imagination des hommes et leur « hubris » débridé multiplient à l’envi les risques encourus. Mais parmi tous ceux-ci, il en est quatre principaux : la modification climatique, le terrorisme, le monde des nanotechnologies, l’endettement des pays riches et la financiarisation de l’économie.
Tout d’abord, le réchauffement dû à l’effet de serre. Il ne s’agit plus d’un hypothétique danger, les conséquences de l’élévation des températures se manifestant déjà. Les calottes glaciaires disparaissent, monde fragile s’il en est et tellement vital pour la diversité biologique de la planète. Au rythme actuel, les glaces polaires auront totalement disparu entre 2050 et 2080. La disparition de la glace de mer aura de terribles répercussions sur la faune, la fonte de la glace d’eau douce (les glaciers) alimentera la montée du niveau des océans et perturbera la circulation des grands courants marins. D’autres lieux seront affectés par ce réchauffement, en particulier tous les pergélisols, en Alaska et en Russie. Ce milieu contient du CO2 et du méthane dissous qui seront libérés avec le réchauffement du milieu. Le méthane est un gaz à effet de serre dix fois plus nocif que le dioxyde de carbone. Les fonds marins comportent d’immenses quantités d’hydrate de méthane qui deviendra instable avec l’élévation de la température des océans, libérant le méthane. Ces émissions ne feront qu’augmenter l’effet de serre et le réchauffement, ce qui accentuera celui des océans. Ce réchauffement important aura alors une double conséquence : l’élévation du niveau des eaux et la disparition des algues sous-glacières dans les zones polaires. Or, ces algues sont à la base de l’alimentation du plancton, nourriture du krill, lui-même nourriture des grands mammifères qui vont donc disparaître. La disparition des baleines, dont les cadavres servent de nourriture à toute la faune des abysses, entraînera la disparition de cette dernière. Quant à l’élévation du niveau des océans, elle va provoquer des migrations géantes depuis toutes les zones côtières menacées. Déjà Tuvalu et certaines îles du Pacifique sont sur le point de disparaître, chaque phénomène cyclonique inonde de plus en plus les terres du Bengladesh. À cette migration des peuples inondés s’ajoutera celle des populations soumises à une sécheresse de plus en plus grave. Au total, on peut envisager entre 100 et 200 millions de migrants climatiques. Un tel déplacement de population ne pourra avoir lieu sans avoir de terribles conséquences humaines.
Il y a ensuite le terrorisme. Le terrorisme idéologique se développe aujourd’hui sur un terreau confessionnel et civilisationnel. Le prosélytisme dont il fait preuve, basé sur la frustration et la haine, permet d’envisager, à juste titre, une expansion de son implantation et une radicalisation de son action. De nouveaux 11 Novembre sont à craindre. Le terrorisme mafieux, cherchant généralement une justification hypocrite dans le nationalisme, confond, avec moins d’envergure, ses actions avec celles du terrorisme politique. C’est ce que pratiquent les FARC en Colombie, certains indépendantistes corses, l’ETA en Espagne. Enfin, la raréfaction des matières premières non renouvelables va pousser certains pays propriétaires des gisements à exercer un chantage de plus en plus important sur le reste de la planète, chantage relevant du terrorisme d’Etat.
Il existe aune autre menace, celle que constitue la convergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, techniques de l’information, sciences cognitives). Les nanotechnologies forment actuellement trois domaines principaux d’application : la nanobiologie, les nanomatériaux et
la nanoélectronique. Ces nanotechnologies vont permettre de fabriquer et de marquer des éléments de plus en plus petits, de la taille de la cellule, permettant à tout moment de communiquer et de traiter des informations sur l’individu. Déjà, un laboratoire américain privé vient d’annoncer la fabrication d’un génome complet d’une bactérie. Cette possibilité ouvre la voie à la création en laboratoire de virus et de bactéries dont il n’est absolument pas certain que l’on soit capable de maîtriser les effets. La fabrication de machines à traiter l’information, de plus en plus rapides et utilisant la physique quantique et ses lois étranges (intrication, non-localité, …) va permettre le traitement d’un volume de plus en plus grand d’informations facilitant le « suivi » d’une population entière et entraînant la disparition progressive de « l’aire privée ». Ces machines seront capables d’utiliser les derniers progrès des sciences cognitives et, de ce fait, de gérer le comportement des humains qui vont y perdre leur libre-arbitre…sans même s’en apercevoir !
Enfin, il reste l’endettement des pays riches. Ces pays accumulent une dette qui prend des proportions effrayantes. Les USA empruntent 800 milliards de dollars par an et leur dette publique atteint les 8000 milliards de dollars. La dette allemande est de 1500 milliards d’Euros, la dette française dépasse les 1200 milliards d’Euros, la dette italienne dépasse les 100% de son PIB , la dette belge atteint 95% du PIB et la dette française représente 66% du PIB. En Europe, la moyenne de l’endettement est de 75% du PIB européen. Comment les actifs futurs pourront-ils payer le service de la dette ? Beaucoup de pays dits développés ont appliqué une politique keynésienne, consistant à emprunter pour relancer la consommation, donc l’activité et la création de richesses. Mais ce processus ne fonctionne que si l’accroissement de richesses est plus grand que l’emprunt additionné des intérêts. Dans le cas contraire, la dette augmente. C’est ce qui s’est passé à cause du laxisme des pays dits développés. Les pays pauvres sont également, et par définition, endettés. Or, ils sont, pour beaucoup, incapables de payer les intérêts de leur dette.
Aggravant encore ce risque de faillite généralisée, l’activité financière est, aujourd’hui, beaucoup plus importante que l’activité industrielle, ce qui veut dire qu’une grande partie de la création de richesses est totalement artificielle. La financiarisation outrancière de l’activité se trouve à la merci d’une baisse du dollar, d’un crash immobilier, d’une baisse boursière (trois évènements qui sont en train de se produire). Voulant alimenter coûte que coûte (c’est bien le mot !) le marché financier et la spéculation, les organismes bancaires ont mis sur le marché des produits de plus en plus sophistiqués et risqués, sans que ne s’exerce le moindre contrôle ; ce qui a conduit à la crise actuelle des « subprimes » qui plonge l’ensemble des économies occidentales dans la tourmente et menace leur population de difficultés importantes. Les banques, dont les "traders" réalisent des opérations en principe illicites, sont monnaie courante - sans jeu de mot - (France, USA, japon, Irlande, Angleterre.Le monde occidental est plongé dans une frénésie de l’argent « à tout prix » qui le pousse à délaisser l’économie réelle pour un jeu qui ressemble de plus en plus à une économie casino. Et, dans un tel jeu, on sait bien que les joueurs sont toujours perdants.
Il est classique de dire que l’avenir est incertain. Il est aussi dangereux.
Tout d’abord, le réchauffement dû à l’effet de serre. Il ne s’agit plus d’un hypothétique danger, les conséquences de l’élévation des températures se manifestant déjà. Les calottes glaciaires disparaissent, monde fragile s’il en est et tellement vital pour la diversité biologique de la planète. Au rythme actuel, les glaces polaires auront totalement disparu entre 2050 et 2080. La disparition de la glace de mer aura de terribles répercussions sur la faune, la fonte de la glace d’eau douce (les glaciers) alimentera la montée du niveau des océans et perturbera la circulation des grands courants marins. D’autres lieux seront affectés par ce réchauffement, en particulier tous les pergélisols, en Alaska et en Russie. Ce milieu contient du CO2 et du méthane dissous qui seront libérés avec le réchauffement du milieu. Le méthane est un gaz à effet de serre dix fois plus nocif que le dioxyde de carbone. Les fonds marins comportent d’immenses quantités d’hydrate de méthane qui deviendra instable avec l’élévation de la température des océans, libérant le méthane. Ces émissions ne feront qu’augmenter l’effet de serre et le réchauffement, ce qui accentuera celui des océans. Ce réchauffement important aura alors une double conséquence : l’élévation du niveau des eaux et la disparition des algues sous-glacières dans les zones polaires. Or, ces algues sont à la base de l’alimentation du plancton, nourriture du krill, lui-même nourriture des grands mammifères qui vont donc disparaître. La disparition des baleines, dont les cadavres servent de nourriture à toute la faune des abysses, entraînera la disparition de cette dernière. Quant à l’élévation du niveau des océans, elle va provoquer des migrations géantes depuis toutes les zones côtières menacées. Déjà Tuvalu et certaines îles du Pacifique sont sur le point de disparaître, chaque phénomène cyclonique inonde de plus en plus les terres du Bengladesh. À cette migration des peuples inondés s’ajoutera celle des populations soumises à une sécheresse de plus en plus grave. Au total, on peut envisager entre 100 et 200 millions de migrants climatiques. Un tel déplacement de population ne pourra avoir lieu sans avoir de terribles conséquences humaines.
Il y a ensuite le terrorisme. Le terrorisme idéologique se développe aujourd’hui sur un terreau confessionnel et civilisationnel. Le prosélytisme dont il fait preuve, basé sur la frustration et la haine, permet d’envisager, à juste titre, une expansion de son implantation et une radicalisation de son action. De nouveaux 11 Novembre sont à craindre. Le terrorisme mafieux, cherchant généralement une justification hypocrite dans le nationalisme, confond, avec moins d’envergure, ses actions avec celles du terrorisme politique. C’est ce que pratiquent les FARC en Colombie, certains indépendantistes corses, l’ETA en Espagne. Enfin, la raréfaction des matières premières non renouvelables va pousser certains pays propriétaires des gisements à exercer un chantage de plus en plus important sur le reste de la planète, chantage relevant du terrorisme d’Etat.
Il existe aune autre menace, celle que constitue la convergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, techniques de l’information, sciences cognitives). Les nanotechnologies forment actuellement trois domaines principaux d’application : la nanobiologie, les nanomatériaux et
la nanoélectronique. Ces nanotechnologies vont permettre de fabriquer et de marquer des éléments de plus en plus petits, de la taille de la cellule, permettant à tout moment de communiquer et de traiter des informations sur l’individu. Déjà, un laboratoire américain privé vient d’annoncer la fabrication d’un génome complet d’une bactérie. Cette possibilité ouvre la voie à la création en laboratoire de virus et de bactéries dont il n’est absolument pas certain que l’on soit capable de maîtriser les effets. La fabrication de machines à traiter l’information, de plus en plus rapides et utilisant la physique quantique et ses lois étranges (intrication, non-localité, …) va permettre le traitement d’un volume de plus en plus grand d’informations facilitant le « suivi » d’une population entière et entraînant la disparition progressive de « l’aire privée ». Ces machines seront capables d’utiliser les derniers progrès des sciences cognitives et, de ce fait, de gérer le comportement des humains qui vont y perdre leur libre-arbitre…sans même s’en apercevoir !
Enfin, il reste l’endettement des pays riches. Ces pays accumulent une dette qui prend des proportions effrayantes. Les USA empruntent 800 milliards de dollars par an et leur dette publique atteint les 8000 milliards de dollars. La dette allemande est de 1500 milliards d’Euros, la dette française dépasse les 1200 milliards d’Euros, la dette italienne dépasse les 100% de son PIB , la dette belge atteint 95% du PIB et la dette française représente 66% du PIB. En Europe, la moyenne de l’endettement est de 75% du PIB européen. Comment les actifs futurs pourront-ils payer le service de la dette ? Beaucoup de pays dits développés ont appliqué une politique keynésienne, consistant à emprunter pour relancer la consommation, donc l’activité et la création de richesses. Mais ce processus ne fonctionne que si l’accroissement de richesses est plus grand que l’emprunt additionné des intérêts. Dans le cas contraire, la dette augmente. C’est ce qui s’est passé à cause du laxisme des pays dits développés. Les pays pauvres sont également, et par définition, endettés. Or, ils sont, pour beaucoup, incapables de payer les intérêts de leur dette.
Aggravant encore ce risque de faillite généralisée, l’activité financière est, aujourd’hui, beaucoup plus importante que l’activité industrielle, ce qui veut dire qu’une grande partie de la création de richesses est totalement artificielle. La financiarisation outrancière de l’activité se trouve à la merci d’une baisse du dollar, d’un crash immobilier, d’une baisse boursière (trois évènements qui sont en train de se produire). Voulant alimenter coûte que coûte (c’est bien le mot !) le marché financier et la spéculation, les organismes bancaires ont mis sur le marché des produits de plus en plus sophistiqués et risqués, sans que ne s’exerce le moindre contrôle ; ce qui a conduit à la crise actuelle des « subprimes » qui plonge l’ensemble des économies occidentales dans la tourmente et menace leur population de difficultés importantes. Les banques, dont les "traders" réalisent des opérations en principe illicites, sont monnaie courante - sans jeu de mot - (France, USA, japon, Irlande, Angleterre.Le monde occidental est plongé dans une frénésie de l’argent « à tout prix » qui le pousse à délaisser l’économie réelle pour un jeu qui ressemble de plus en plus à une économie casino. Et, dans un tel jeu, on sait bien que les joueurs sont toujours perdants.
Il est classique de dire que l’avenir est incertain. Il est aussi dangereux.
21 janvier 2008
Rien ne change jamais
La commission Attali vient de proposer de supprimer le département. Immédiatement, la quasi-totalité des élus départementaux – essentiellement ceux des conseils généraux – montent « aux créneaux » pour condamner l’idée d’une telle réforme. Pourtant, lorsque l’on fait le compte des différents échelons administratifs, on est un peu effaré : la commune, l’intercommunalité, le canton, le département, la communauté urbaine, la région, l’Etat. Lorsqu’on recherche une amélioration de l’efficacité et de l’efficience de l’administration, il semble justifié de poser la question de l’utilité d’un tel foisonnement des structures. Le canton a déjà disparu de fait. On ne peut guère songer à faire disparaître la ville. La région est le seul échelon à la taille européenne. Il ne reste donc que le département ! Ce débat se rattache d’ailleurs à la résistance de ceux – nombreux – qui refusent que les plaques minéralogiques des automobiles ne portent plus le numéro du département. Vous souvenez-vous des cris d’orfraie de tous ceux qui ont protesté véhémentement lorsque la numérotation téléphonique a fait disparaître des abrégés évocateurs des différents quartiers de Paris au prétexte que le numéro de téléphone permettait de localiser facilement son propriétaire grâce aux abrégés de Maillot, Gobelins, etc… Comment aurait-on fait avec les téléphones portables ? Les Français se distingueront toujours par leur refus systématique du changement. C’est bien la seule chose qui ne change pas ! Le temps des diligences n’est pas si loin où la population clamait que les voyages en chemins de fer étaient mortels parce qu’il serait impossible de supporter des vitesses de trente kilomètres à l’heure.
16 janvier 2008
Le mauvais chemin
Créer du progrès social est (ou devrait être) l’objectif prioritaire des gouvernants, quelle que soit leur couleur politique. Mais pour créer du progrès social, il fait D’ABORD créer des richesses afin de pouvoir les redistribuer. Un pays sans richesse ne peut gagner la guerre contre la pauvreté. En France, la plus grande partie du PIB est l’œuvre des PME, voire des TPE. L’indicateur majeur de la création de richesses du pays est sa balance commerciale. Or, celle-ci n’a jamais été aussi déficitaire qu’aujourd’hui (presque 40 milliards d’Euros). Jamais la France n’a eu aussi peu de clients dans le monde. Jamais l’offre de l’industrie française n’a été aussi peu attractive. Cette double constatation conduit tout droit au constat suivant : les PME ne sont pas assez compétitives. L’offre de ces industries devient obsolète. La force de l’Allemagne est d’avoir un tissus de PME performantes qui sont la cheville ouvrière du succès à l’exportation. Certes, le modèle allemand n’est pas nécessairement idyllique car la demande intérieure n’a jamais été aussi atone. La santé d’un pays se mesure au dynamisme des trois facteurs suivants : la demande, les exportations, l’investissement. En France, sur ces trois indicateurs, deux sont dans le rouge : les exportations et l’investissement, et plus précisément, l’investissement dans les PME. Un moteur à trois cylindres dont deux ne fonctionnent pas ne peut pas avancer. Or, la politique gouvernementale (aiguillonnée en cela par l’opposition et les syndicats) est focalisée de manière obsessionnelle et exclusive sur l’amélioration du pouvoir d’achat, c’est-à-dire sur la relance de la demande. C’est une erreur fondamentale. L’avenir est obscur et inquiétant car le pays est engagé par l’ensemble du monde politique et syndical dans le mauvais chemin et il n’est pas certain que le monde industriel ait la volonté suffisante pour en changer.
10 janvier 2008
La violence du monde qui nous attend
La violence physique est inhérente à l’homme, elle est consubstantielle de son être même. A travers toute son histoire, l’Europe a grandi dans la violence. Le vingtième siècle n’a pas été avare de démonstrations de violence dépassant l’imagination. Les millions de morts de la guerre de 1914-1918, les millions de morts de la Shoa et de la guerre 1939-1945 ont été les produits monstrueux de cette violence. Elle a été le produit d’une volonté hégémonique politique, organisée par des hommes qui ont cherché à installer sur une partie de la planète un terrorisme d’Etat. Les invasions et les croisades ne sont pas autre chose. À la fin de la dernière guerre, les Etats Européens ont tenté de s’organiser pour éviter le renouvellement de telles violences guerrières. Et il faut bien constater que l’Europe connaît la paix depuis plus de cinquante ans. Aujourd’hui, l’horizon s’obscurcit d’une menace d’un nouveau type de violence venant s’ajouter à celle due au terrorisme, succédané de la violence guerrière : la violence économique dans laquelle les armes guerrières sont remplacées par les matières premières. Les deux exemples suivants en sont la démonstration. La Russie est une puissance énergétique plus importante que l’Arabie Saoudite grâce aux réserves de gaz et de pétrole, entre autres, qu’elle possède. Cette puissance « énergétique » est utilisée par la Russie pour mettre en œuvre une politique « de chantage » vis-à-vis des Etats qui étaient sous sa domination au temps de l’URSS, voire vis-à-vis de l’Europe, afin de servir une volonté de puissance. « L’arme énergétique » devient plus dissuasive et plus opératoire que l’arme nucléaire. Les pressions politiques que la Russie exercera sur ses interlocuteurs iront croissant avec la course aux approvisionnements dans laquelle les états développés et en voie de développement vont se trouver plongés avec la raréfaction progressive des ressources. Cette course va pousser les pays comme la Chine, et bientôt comme l’Inde, à utiliser n’importe quels moyens pour accéder à ces ressources. L’éthique, la morale, l’application des règles utilisées jusqu’à aujourd’hui par les pays dits civilisés, vont voler en éclats dans un monde où rien ne sera interdit pour sécuriser les approvisionnements en énergie. Le chantage va, dans ce cas également, devenir une arme d’Etat. La Chine a déjà commencé à utiliser une telle politique sur le continent africain où elle alimente la corruption pour arriver à ses fins.Les USA,premier pollueur de la planète et poussés par un égoïsme national élevé, rejettent le protocole de Kyoto et refusent tout effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre sans vouloir tenir compte des effets catastrophiques déjà perceptibles dans les pays du Sud, ce qui est une violence exercée envers ces populations.
09 janvier 2008
Attali ou Stiglitz ?
Nicolas Sarkozy fait appel aux prix Nobel pour donner une consistance au concept de politique de civilisation. Il faut bien deux prix Nobel pour essayer d’assimiler ce concept développé par E. Morin tout au long d’un bon millier de pages sans qu’il soit certain que quiconque ait bien compris ce que ce concept signifiait. Travail sans doute difficile si l’on constate qu’aucun intellectuel français ne s’est approprié cette idée. Les BHL et consort n’ont pas avancé une seule idée sur le sujet. Peut-on penser que Joseph E. Stiglitz sera à la hauteur ? Que peut-on attendre de l’auteur de « La grande désillusion » ou de « Quand le capitalisme perd la tête » ? Il serait prétentieux de prévoir à l’avance les résultats de ses réflexions, mais il est absolument certain que ses éventuelles préconisations ne seront pas teintées de libéralisme échevelé, loin de là. Il n’est que de lire ses ouvrages pour en être convaincu. On peut, certes, apprécier le fait que le Président de la République fasse appel à des intellectuels de tous bords pour éclairer ses décisions et ses choix politiques. Ce n’est que le prolongement de « l’ouverture », mise en œuvre depuis le début de sa magistrature et qui a plongé la gauche en état de coma avancé. Mais il y a un gros « Mais ». En effet, si l’on peut approuver l’idée que des hommes de talents existent dans tous les partis politiques et qu’il est bon pour le pays de faire appel à leurs compétences, il faut quand même qu’existe une certaine cohérence ou, autrement dit, que les contradictions ne soient pas aveuglantes. C’est ce qui risque d’arriver avec la commission « Attali » d’une part et le travail de J.E. Stiglitz d’autre part. Autant Attali est l’homme du libéralisme et de la mondialisation, autant le prix Nobel est un adversaire résolu de la mondialisation et du consensus de Washington. La suppression de l’indépendance des banques centrales, la suppression des bourses des matières premières agricoles, l’interdiction des brevets sur les OGM, l’introduction d’une taxe généralisée du type « Tobin » font partie des préconisations du prix Nobel de l’économie. Il est à parier que les contradictions avec les préconisations de la commission « Attali » seront fortes.
07 janvier 2008
Le profit et la morale
En France, et contrairement à d’autres pays, le mot « profit » crée immédiatement des réactions de suspicion voire d’agressivité démesurée. Il porte en lui les relents d’une lutte de classes surannée. C’est pourquoi les syndicats français, qui n’ont pas encore fait leur révolution culturelle, et l’extrême gauche s’emparent régulièrement du sujet pour y puiser à profusion des causes de revendications populistes en considérant le profit comme immoral. Objectivement, le profit est une rémunération variable, incertaine mais espérée, du risque pris par le détenteur d'un capital investi. L’existence du profit permet de rémunérer le risque pris par le détenteur du capital. Plus précisément, lorsque le propriétaire du capital investit dans une entreprise, le profit doit, non seulement rémunérer le risque pris par l’investisseur, mais également financer l’évolution de l’entreprise tant dans la modernisation de son outil de production que dans la recherche et développement. Lorsque le capitaliste investit uniquement sur les marchés financiers, le profit attendu rémunère uniquement le risque pris par l’investisseur. On voit donc que, dans les deux cas, la notion de profit est attachée à celle de risque. Il en est toujours ainsi, dans toutes les activités humaines. On fera la différence entre profit et plus-value : la plus-value, en terminologie financière, est un gain en capital (différence entre la mise initiale et le prix obtenu en cas de revente des parts dans l'entreprise). Le travail exige une contrepartie en terme de salaire, le risque exige une contrepartie en terme de profit. C’est une simple règle économique d’échange où la morale n’a pas sa place. Le profit dégagé par une entreprise est un résultat collectif, la morale est un sentiment individuel. L’analyse marxiste, qui regarde le profit comme illégitime car soustrait à la rémunération du travail, ignore volontairement la notion de risque économique. Or, la marche du monde montre à l’évidence que le risque est partout et que la survie d’une entreprise n’est pas garantie. C’est d’avoir ignorer cette notion que le marxisme est mort et que reste incompréhensibles ceux qui continuent à y faire référence.
D’où vient le profit réalisé par une entreprise ? De la seule différence entre son chiffre d’affaires (représentatif de ses ventes totales) et ses coûts globaux de production (comprenant une part de rémunérations salariales, une part de coût de fonctionnement, une part de participation à la vie sociale : impôts et prélèvements). Où va le profit ? À l’investissement, à l’augmentation des salaires, à la rémunération des actionnaires, c’est-à-dire à chacun des trois acteurs : l’entreprise, le salarié, l’actionnaire. La répartition dépend du pouvoir de négociation de chacun de ces acteurs. Le pouvoir de négociation de l’actionnaire repose sur sa capacité à reprendre son capital (en vendant ses actions, menace que savent parfaitement utiliser les fonds de pension), le pouvoir de négociation du salarié dépend de celui de ses représentants (en général les syndicats), le pouvoir de l’entreprise s’exerce à travers son conseil d’administration et les décisions des administrateurs. La morale, là non plus, n’a pas sa place. Il s’agit de politique d’entreprise. Certes, des dérives peuvent apparaître au moment de cette répartition du profit. L’exigence des actionnaires peut être prohibitive, la pression syndicale peut être excessive, l’investissement peut être dévoyé vers des voies uniquement financières. Il ne faut pas compter sur la morale pour éviter ces dérives. Seule, la politique peut les encadrer. C’est l’expression de cette politique qui peut départager la gauche et la droite. C’est l’efficacité de cette politique, qui se mesure par l’existence d’un profit pour l’entreprise, qui mesure la compétence de la classe politique. Substituer la morale à la politique n’aboutit qu’à des coquecigrues ou des raisonnements captieux.
Karl Max a oublié, disais-je, la notion de risque économique et il a considéré que la rémunération du capital était un détournement de la richesse au détriment du travail. Ce qui pouvait paraître discutable au XXème siècle peut s’avérer vrai au XXIème avec l’envolée de la spéculation financière! En effet, quand on rapproche le fait que les dix plus gros banquiers londoniens se sont partagé 10 milliards d’Euros de bénéfices en 2007 avec le fait qu’une grande partie de la population du monde essaye de vivre avec moins de 2 dollars par jour, on est en présence d’une monstrueuse injustice. Ce fait est significatif du fait que les riches le sont de plus en plus, les pauvres le sont également de plus en plus. L’écart devient insupportable et générera, si aucune réglementation ne vient freiner les gains spéculatifs immoraux, des mouvements de révolte qui peuvent être dévastateurs et d’une extrême violence.
D’où vient le profit réalisé par une entreprise ? De la seule différence entre son chiffre d’affaires (représentatif de ses ventes totales) et ses coûts globaux de production (comprenant une part de rémunérations salariales, une part de coût de fonctionnement, une part de participation à la vie sociale : impôts et prélèvements). Où va le profit ? À l’investissement, à l’augmentation des salaires, à la rémunération des actionnaires, c’est-à-dire à chacun des trois acteurs : l’entreprise, le salarié, l’actionnaire. La répartition dépend du pouvoir de négociation de chacun de ces acteurs. Le pouvoir de négociation de l’actionnaire repose sur sa capacité à reprendre son capital (en vendant ses actions, menace que savent parfaitement utiliser les fonds de pension), le pouvoir de négociation du salarié dépend de celui de ses représentants (en général les syndicats), le pouvoir de l’entreprise s’exerce à travers son conseil d’administration et les décisions des administrateurs. La morale, là non plus, n’a pas sa place. Il s’agit de politique d’entreprise. Certes, des dérives peuvent apparaître au moment de cette répartition du profit. L’exigence des actionnaires peut être prohibitive, la pression syndicale peut être excessive, l’investissement peut être dévoyé vers des voies uniquement financières. Il ne faut pas compter sur la morale pour éviter ces dérives. Seule, la politique peut les encadrer. C’est l’expression de cette politique qui peut départager la gauche et la droite. C’est l’efficacité de cette politique, qui se mesure par l’existence d’un profit pour l’entreprise, qui mesure la compétence de la classe politique. Substituer la morale à la politique n’aboutit qu’à des coquecigrues ou des raisonnements captieux.
Karl Max a oublié, disais-je, la notion de risque économique et il a considéré que la rémunération du capital était un détournement de la richesse au détriment du travail. Ce qui pouvait paraître discutable au XXème siècle peut s’avérer vrai au XXIème avec l’envolée de la spéculation financière! En effet, quand on rapproche le fait que les dix plus gros banquiers londoniens se sont partagé 10 milliards d’Euros de bénéfices en 2007 avec le fait qu’une grande partie de la population du monde essaye de vivre avec moins de 2 dollars par jour, on est en présence d’une monstrueuse injustice. Ce fait est significatif du fait que les riches le sont de plus en plus, les pauvres le sont également de plus en plus. L’écart devient insupportable et générera, si aucune réglementation ne vient freiner les gains spéculatifs immoraux, des mouvements de révolte qui peuvent être dévastateurs et d’une extrême violence.
02 janvier 2008
C’est pas cher …
Depuis plusieurs années, la croissance est tirée par la consommation. Le gouvernement le sait bien, qui mène une campagne médiatique sur le pouvoir d’achat. Mais les Français ont le sentiment justifié que leur pouvoir d’achat diminue du fait d’une augmentation des prix sensible, conséquence d’une flambée des prix de certaines matières premières. Il y a là une contradiction que peu d’économistes relèvent : le pouvoir d’achat diminue et la consommation augmente. Quelle est la raison de cette sorte d’oxymore économique ? La raison est purement psychologique. Le passage à l’Euro a fait perdre leurs repères aux consommateurs. Lorsque la monnaie était le Franc, un prix de 100 était une barrière qui séparait ce qui semblait cher de ce qui ne l’était pas. Un article à 90 francs avait un prix raisonnable, le même article à 110 francs paraissait cher. L’Euro a agi comme une grande lessiveuse en brouillant les repères des consommateurs qui ont gardé les mêmes ordres de grandeur en tête sans faire le changement de monnaie : en dessous de 100 Euros, le prix est raisonnable, donc il est possible, voire intéressant, d’acquérir l’article. Rares sont les consommateurs qui convertissent immédiatement 100 Euros en 655 francs ! Le résultat est que la consommation reste soutenue, mais lorsqu’un ménage fait ses comptes, il finit bien par s’apercevoir que son budget est limité et que ses possibilités globales d’achat diminuent. Voilà pourquoi votre fille est muette !! Les vendeurs des grandes surfaces spécialisées d’ailleurs ont bien compris le phénomène, qui restent vagues, voire mensongers, lorsqu’ils sont questionnés sur la valeur d’un article en francs car ils savent bien que ce renseignement risque d’empêcher l’acte d’achat. Mesdames, dites-vous que ce que vous achetez est plus de six fois plus cher que ce que vous croyez !!
31 décembre 2007
La mondialisation vue par les asiatiques
Tout le monde connaît le fabricant sud-coréen Hunday. Ce fabricant a décidé de pénétrer le marché européen en proposant des véhicules à bas prix tout en respectant des critères de qualité suffisants. Lorsque l’on cherche à fabriquer à coûts réduits dans cette industrie, deux voies sont possibles : automatiser la production et trouver une main d’œuvre bon marché. Or, s’il est toujours possible d’automatiser la fabrication (et la conception), le coût de la main d’œuvre est une contrainte endogène. Hunday a donc décidé d’ouvrir une usine dans un pays à coût de main d’œuvre extrêmement concurrentiel et relativement proche du marché convoité, c’est-à-dire en Turquie. Dans ce pays, la main d’œuvre non spécialisée est abondante et peu chère. Mais il y a un autre avantage à choisir la Turquie : compte tenu de la politique des petits pas de l’Europe envers ce pays, il n’y a actuellement pas de taxe à l’importation entre l’Europe et la Turquie. Ce fait réduit donc le coût des produits importés en Europe en provenance de la Turquie. La construction automobile est une industrie à haute technicité qui demande généralement une main d’œuvre spécialisée et formée. Hunday a donc résolu cette contradiction apparente en conservant et en automatisant la plus grande partie de la fabrication des pièces détachées (70%) en Corée du Sud et en ouvrant une usine de montage en Turquie où se réalise la fabrication des pièces les plus simples (30%) et l’assemblage final des pièces détachées. À partir de la Turquie, Hunday est ainsi en mesure de proposer en Europe des automobiles extrêmement compétitives. Cette organisation résulte d’une analyse sans complexe et opportuniste du marché mondial et de la maîtrise du choc culturel que les méthodes de management coréennes ont provoqué dans l’usine Turque.
Mais l’analyse de Hunday ne s’est pas arrêtée là. En effet, l’Ukraine est un grand pays, voisin de la Turquie, mais qui ne fait pas partie de l’ensemble européen et qui impose donc des taxes à l’importation des produits finis. Pour contourner cette difficulté, les véhicules assemblés en Turquie et destinés à l’Ukraine, sont alors démontés (!) en partie (le bloc-moteur, le volant, les pneus, …) après essais du véhicule complet et expédiés comme pièces détachées en Ukraine, évitant ainsi les taxes à l’importation, et où les voitures sont rapidement remontées pour être vendues sur le marché local.
Ce que fait la Corée, d’autres pays en voie de développement le font également. Ces pays regardent le monde comme un marché unique que l’innovation en matière d’organisation leur permet de conquérir. Les Sud-Coréens ne craignent pas les délocalisations lorsqu’elles leur ouvrent de nouveaux marchés.
Mais l’analyse de Hunday ne s’est pas arrêtée là. En effet, l’Ukraine est un grand pays, voisin de la Turquie, mais qui ne fait pas partie de l’ensemble européen et qui impose donc des taxes à l’importation des produits finis. Pour contourner cette difficulté, les véhicules assemblés en Turquie et destinés à l’Ukraine, sont alors démontés (!) en partie (le bloc-moteur, le volant, les pneus, …) après essais du véhicule complet et expédiés comme pièces détachées en Ukraine, évitant ainsi les taxes à l’importation, et où les voitures sont rapidement remontées pour être vendues sur le marché local.
Ce que fait la Corée, d’autres pays en voie de développement le font également. Ces pays regardent le monde comme un marché unique que l’innovation en matière d’organisation leur permet de conquérir. Les Sud-Coréens ne craignent pas les délocalisations lorsqu’elles leur ouvrent de nouveaux marchés.
28 décembre 2007
Le miroir aux alouettes
Le pouvoir d’achat est devenu l’étendard de la politique gouvernementale et de la revendication de l’opposition. Il a été une promesse récurrente du candidat à la présidence de la République, il est la hantise du gouvernement. Il y a deux manières d’augmenter le pouvoir d’achat : l’augmentation des salaires ou l’utilisation de l’épargne. Le pays est en état de faillite, la dette est colossale, la balance commerciale est déficitaire, le pays paye chaque année 50 milliards d’intérêts de la dette. Il n’y a donc pas moyen d’augmenter les salaires sans risquer de mettre en danger les entreprises et donc de voir le chômage reprendre à la hausse. Il ne reste apparemment que l’utilisation de l’épargne. Préoccupé du court terme, c’est le choix qu’a fait le gouvernement. Utiliser l’intéressement prématurément revient à dépenser une épargne. Payer des jours de RTT revient à « liquidifier » une épargne-temps qui a sa valeur monétaire. Réduire à un mois au lieu de deux la caution des locataires revient à réduire l’épargne potentielle des propriétaires. Or, l’épargne c’est l’investissement à moyen terme et l’investissement est le seul chemin pour moderniser l’offre industrielle et de services pour équilibrer enfin la balance commerciale. C’est aussi la seule voie pérenne pour que les entreprises se trouvent dans un cycle de croissance, donc d’augmentation de la production et, finalement, utilisent la possibilité proposée par le gouvernement d’augmenter le nombre d’heures supplémentaires. Il est absolument nécessaire que la France travaille plus (elle est le pays occidental où le nombre d’heures travaillées est parmi les plus faibles). Mais, pour cela, il faut qu’il y ait matière à travailler. Ouvrir les magasins le Dimanche, par exemple, permet de créer un chiffre d’affaires supplémentaire du fait des achats des touristes qui dépensent leurs devises sur le sol français. Favoriser les heures supplémentaires ou inciter au rachat des RTT sont des mesures qui, contrairement aux 35 heures, ne comportent pas en elles-mêmes le risque d’une diminution globale de la quantité de travail. Il faut impérativement que la France gagne des parts de marché dans le monde pour équilibrer enfin la balance commerciale et pour que le pays s’enrichisse réellement, ce qui permettrait d’augmenter les salaires, seule voie pérenne pour améliorer durablement le pouvoir d’achat. Il est donc nécessaire que l’offre soit renouvellée, donc que l’investissement soit relancé vigoureusement. C’est pourquoi les mesures du gouvernement, qui poussent à l’utilisation à court terme de l’épargne, est une mauvaise solution. Dans le meilleur des cas, ces mesures auront un impact limité dans le temps et dans leur ampleur. Si l’on assiste à une amélioration du pouvoir d’achat, celle-ci sera de courte durée et au détriment de mesures favorisant l’investissement. Le moyen terme est sacrifié au profit du court terme. Les constantes préoccupations électorales sont le talon d’Achille des démocraties. La situation ne peut que s’aggraver. Nous n’échapperons pas à une politique de rigueur, limitant les dépenses et les salaires, entraînant une augmentation temporaire du chômage. J’en prends le pari à l’aube d’une année que je crains difficile.
16 décembre 2007
Le sabre et le goupillon
La morale est-elle soluble dans la politique, ou, autrement dit, la politique peut-elle être morale ? Voilà une question, vieille comme les démocraties, qui se repose avec plus d’acuité depuis le voyage en Chine de N. Sarkozy et la venue en France de Kadhafi (le guide, der Führer en allemand). La Chine détient le record du monde des mises à mort de ses citoyens et le clown libyen a porté la prise d’otages et le terrorisme au rang de méthode de gouvernement. Le président Français est reçu en grandes pompes à Pékin et Kadhafi est invité à passer ses royales vacances en France, tout cela au nom de l’efficacité économique. Doit-on condamner une telle attitude ou se souvenir de ce que dit Créon à Antigone, expliquant que tout le monde ne peut pas dire non et qu’il faut bien que certains acceptent de dire oui si l’on veut que la cité perdure. Dire non est tellement plus facile que de dire oui ! Refuser permet de se préserver de tout doute, de toute mauvaise conscience, de toute responsabilité. Il n’y a qu’un pas entre ce refus et l’aboulie totale. Accepter en sachant que la morale est blessée, en faisant naître un doute qui envahira la conscience, en acceptant d’être l’objet de critiques virulentes et justifiées est plus difficile. Faut-il refuser l’euthanasie quelles que soient les souffrances ? Faut-il refuser la guerre quels que soient les dangers ? Faut-il refuser la prison quelle que soit la faute ? A la Libération, De Gaulle disait : « la France n’a pas besoin de vérité, elle a besoin d’unité nationale ». Il faut des Créon si l’on veut qu’existent des Antigone. La démocratie consiste à permettre à la voix d’Antigone d’être audible, tout en acceptant que Créon se compromette pour qu’Antigone puisse exprimer son désaccord.
13 décembre 2007
Le corporatisme est partout
Le corporatisme est partout
Le ministère de la Justice envisage de simplifier la procédure des divorces par consentement mutuel en remplaçant le passage devant le juge par un simple contrat signé devant notaire. Plus rapide, beaucoup moins cher. Que croyez-vous qu’il arrive ? Le fait de ne plus passer devant le juge supprime la nécessité d’avoir un avocat, parfois deux, pour obtenir un divorce. Et donc, les avocats se précipitent pour décrier ce projet, parfois dans des termes dont la grossièreté rappelle celle de potaches mal élevés. Le nouveau bâtonnier des avocats de Paris justifie cette « bronca » en plaidant (c’est bien le mot !) le fait que la présence du juge est un élément fondamental pour la « réussite » (sic) du divorce !! Permettez-moi de parler en connaissance de cause : lors de mon propre divorce, j’ai rencontré le juge deux fois dix minutes à peine et la seule question qui m’a été posée est : « êtes-vous sûr de vouloir divorcer ? » On a du mal à distinguer l’élément fondamental dans cette prestation. La réaction des avocats n’est qu’une réaction purement corporatiste, surtout lorsque l’on sait que les divorces par consentement mutuel sont les plus nombreux. Ainsi, je n’hésite pas à dire que les justifications alambiquées du bâtonnier lors de l’émission télévisée du 13 Décembre 2007 étaient parfaitement ridicules tellement elles étaient de mauvaise foi.
Le ministère de la Justice envisage de simplifier la procédure des divorces par consentement mutuel en remplaçant le passage devant le juge par un simple contrat signé devant notaire. Plus rapide, beaucoup moins cher. Que croyez-vous qu’il arrive ? Le fait de ne plus passer devant le juge supprime la nécessité d’avoir un avocat, parfois deux, pour obtenir un divorce. Et donc, les avocats se précipitent pour décrier ce projet, parfois dans des termes dont la grossièreté rappelle celle de potaches mal élevés. Le nouveau bâtonnier des avocats de Paris justifie cette « bronca » en plaidant (c’est bien le mot !) le fait que la présence du juge est un élément fondamental pour la « réussite » (sic) du divorce !! Permettez-moi de parler en connaissance de cause : lors de mon propre divorce, j’ai rencontré le juge deux fois dix minutes à peine et la seule question qui m’a été posée est : « êtes-vous sûr de vouloir divorcer ? » On a du mal à distinguer l’élément fondamental dans cette prestation. La réaction des avocats n’est qu’une réaction purement corporatiste, surtout lorsque l’on sait que les divorces par consentement mutuel sont les plus nombreux. Ainsi, je n’hésite pas à dire que les justifications alambiquées du bâtonnier lors de l’émission télévisée du 13 Décembre 2007 étaient parfaitement ridicules tellement elles étaient de mauvaise foi.
12 décembre 2007
Kadhafi, la honte ?
Parallaxe. Soit un pays dirigé depuis quarante ans par un dictateur ayant pratiqué des abominations comme le terrorisme et la prise d’otages (et qui croira que la France n’a eu aucune relation avec cet homme pendant quarante ans !). Soit un peuple muet soumis à cette dictature qui souffre d’un manque de libertés individuelles, d’un excès de pauvreté et d’un isolement obsidional. Soit un projet national consistant à créer une union économique des pays riverains de la Méditerranée. Quels sont les choix qui s’offrent à la politique étrangère du pays porteur de ce projet ? Il n’y en a que deux. Ou bien exclure le pays en question du projet au nom d’une certaine morale, ou bien profiter de toutes les occasions pour réintégrer ce même pays dans ce que la langue de bois diplomatique appelle « le concert des nations » pour pouvoir l’intégrer dans le projet. En face de cette alternative une conclusion s’impose : l’exclusion signifie l’abandon d’un peuple à son sort difficile. La bonne conscience de ceux qui choisissent cette solution est un peu courte car elle fait l’impasse sur l’avenir de ce peuple. La question qui se pose est la suivante : faut-il préserver sa bonne conscience en prenant des postures indignées et en abandonnant à son sort toute une population ou ne vaut-il pas mieux se « compromettre » avec le dictateur pour faire émerger une chance d’évolution vers plus de liberté et de démocratie en permettant la participation au projet méditerranéen pour le plus grand bénéfice de ce peuple en déréliction ? En quoi consiste cette « compromission » ? À prendre au mot un dictateur qui dit renoncer aux pratiques terroristes et (ce qui n’est pas négligeable) à la bombe. Ne soyons pas naïfs ! La diplomatie est un grand jeu de poker menteur. Prendre au mot ne veut pas dire être convaincu de la sincérité du discours. Prendre au mot ne veut pas dire perdre toute vigilance.
Le voyage du Président de la République en Algérie n’a soulevé aucune polémique en France. Et, pourtant, qui peut croire que le ministre algérien des anciens combattants n’avait pas reçu, au préalable, l’aval du pouvoir pour tenir son discours antisémite ? Or, l’antisémitisme est la marque de fabrique du terrorisme islamique. Le terrorisme officieux et actuel algérien est-il plus acceptable que le terrorisme libyen du passé ?
Ce que l’on peut dire, c’est que Kadhafi en France pendant cinq jours, c’est long, très long, trop long … car l’homme est détestable.
Le voyage du Président de la République en Algérie n’a soulevé aucune polémique en France. Et, pourtant, qui peut croire que le ministre algérien des anciens combattants n’avait pas reçu, au préalable, l’aval du pouvoir pour tenir son discours antisémite ? Or, l’antisémitisme est la marque de fabrique du terrorisme islamique. Le terrorisme officieux et actuel algérien est-il plus acceptable que le terrorisme libyen du passé ?
Ce que l’on peut dire, c’est que Kadhafi en France pendant cinq jours, c’est long, très long, trop long … car l’homme est détestable.
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